Mercredi 17 avril 1996
Chère Marie,
Et voilà ! Mes amis savent que je suis une Slytherin. C'était absolument pas prévu, mais bon... C'est comme ça.
Ça s'est passé après le dîner hier soir. À part Draco et Tracy, qui étaient en entraînement de Quidditch, nous étions tous dans la Suite. Tous, c'est à dire les cinq mages (enfin, quatre, du coup...), et les étudiants qui nous sont proches, des quatre maisons. Une bonne petite vingtaine de personnes, quoi.
On était en train de faire nos devoirs tous ensemble, DCFM (un devoir sur les boucliers magiques, lesquels sont efficaces contre quels types de sorts, quand les utiliser...). Et ça a lancé un mini-débat entre Hermione, Daphné, Padma et moi d'un côté, et Blaise, Theo, les jumeaux Weasley et Susan de l'autre. On n'était pas d'accord sur l'utilisation d'un bouclier en particulier. Nous, on était sûres qu'il est efficace si on le lance assez vite, les autres prétendent que c'est plus simple d'éviter le sort physiquement, à cause de la longueur de l'incantation. Ce n'est pas tout à fait faux, sauf qu'à partir de la sixième année, on apprend à ne plus formuler à voix haute ses sortilèges, ce qui permet de passer cette barrière. Enfin bon, pinailles techniques, mais c'est ce qui fait aussi l'intérêt de ce genre de groupe de travail.
Et Blaise et moi nous sommes lancés dans une sorte de joute verbale. Tu me connais, j'aime ça, quand je trouve quelqu'un capable de me répondre. C'est aussi comme ça que nous sommes devenues amies, toutes les deux : tu étais la seule dans le groupe à comprendre mon humour et à me répondre au lieu de te vexer. Et Blaise, tout comme Draco d'ailleurs, est un adversaire beaucoup plus que convenable. J'ai même souvent l'impression d'être en désavantage par rapport à eux, ne serait-ce que parce que l'anglais est leur langue maternelle et qu'ils en maîtrisent mieux les subtilités.
Puis les jumeaux sont intervenus :
« Tu devrais être à Slytherin, Manon...
–Mais nous trouvons...
–... Que ce refrain vient un peu trop souvent... »
Euh, oui, en effet. Moi aussi je trouve que ça revient trop souvent. Et cette fois, j'ai mis trop de temps à répondre. Pas par rapport au groupe dans son ensemble, mais surtout par rapport aux Slytherins, justement, et par rapport à Harry, qui avait écouté notre débat sans intervenir jusque là.
Il a eu un petit rire :
« Est-ce que tu as toi aussi joué avec Seth ? »
Je l'ai regardé un moment, avant de comprendre son allusion à sa propre Répartition, où il a supplié le Choixpeau de ne pas l'envoyer à Slytherin.
« Non, j'ai répondu. C'est le Choixpeau qui a décidé de m'envoyer à Gryffindor. Je l'ai laissé faire. Je n'ai rien contre aucune maison. J'aurais juste aimé ne pas être à Ravenclaw.
–Pourquoi ? a demandé Padma.
–Pas assez l'esprit scolaire, j'ai répondu. Ravenclaw a d'ailleurs été la première maison écartée à cause de ça. Hufflepuff, ensuite, parce que je suis trop curieuse et aime trop mettre mon nez dans les affaires qui ne me concernent pas. Je suis très loyale, mais ma curiosité est trop forte. »
Il y a eu des rires. Ma curiosité est ce qui fait que nous sommes tous là aujourd'hui, et ils le savent tous.
« Mais ça a été serré entre Gryffindor et Slytherin. »
J'ai hésité, ne sachant pas comment formuler la suite : je ne veux pas braquer mes amis. Puis j'ai haussé les épaules : la franchise provocatrice a généralement bien marché, jusque là :
« Les jumeaux ont raison. Je devrais être à Slytherin. Vous en êtes tous conscients. Ça fait plusieurs mois que vous me le dites. Noël pour les jumeaux, janvier pour les Slytherins eux-mêmes...
–Ah oui ? s'est étonnée Hermione.
–S'ils sont venus me parler à moi et pas à un de vous trois, ce n'est pas parce que je suis la dernière arrivée. Enfin, pas uniquement. Daphne a alors dit que je suis la plus Slytherin des Gryffindors.
–Pourquoi es-tu à Gryffindor, alors ? a demandé Neville, qui écoutait la conversation, comme à présent tout le monde dans la Suite.
–C'est le Choixpeau qui a décidé que ma place est à Gryffindor malgré ma personnalité plus adaptée aux Slytherins. Il sait que je suis une voyageuse, il sait ce que je sais, et il sait beaucoup plus que ça. La... conversation avec lui a été plus qu'étrange. Je pense qu'il savait, au moment de ma Répartition, que je suis mage, et que trois autres sont à Gryffindor, et un seul autre à Slytherin. C'est plus facile pour un Gryffindor d'aborder un Slytherin que l'inverse. Les Gryffindors se méfient de tout ce que peut dire un Slytherin, alors que les Slytherins considèrent les Gryffindors comme l'honnêteté même, leur plus grand défaut, une preuve de leur absence d'instinct de survie. »
Il y a eu de nouveaux rires et j'ai secoué la tête en continuant :
« Je suis d'accord avec ça. Je suis une Slytherin, et malgré tout ce que j'ai pu me dire pour me convaincre que le Choixpeau a tort et qu'il m'a bien envoyée chez les Gryffindors parce que c'est la maison qui me convient, je suis obligée de reconnaître que je suis une Slytherin : j'ai menti, retenu la vérité, annoncé ce que je voulais annoncer, joué avec les mots... pour que tout se passe au mieux de ce que je voulais. Je n'avais pas de plan pré-établi, mais j'ai un objectif, et pour l'instant, tout ce que je dis, tout ce que je fais, est en fonction de cet objectif.
–Quel est cet objectif ? m'a demandé Harry.
–Que ce qui se passe dans les livres ne se passe pas en vrai. Dans les livres, plusieurs personnes dans cette salle sont mortes à la fin de la guerre. Vous avez tous perdu des proches, des personnes qui sont essentielles à votre équilibre. Mon but est de vous aider à faire en sorte que le plus de monde possible s'en sorte vivant et pas trop abîmé. Pour l'instant, ça marche plutôt bien, mais les vraies épreuves, dans les livres, n'ont pas encore commencé.
–Sérieusement ? s'est exclamé Harry. Tout ce que nous vivons depuis Noël...
–Ça ne s'est pas passé dans les livres. À part ton interview avec Skeeter. Depuis Noël, depuis que nous sommes allés voir les Guérisseurs à St Mungo, nous avons complètement quitté la trame des livres. Mais ce n'est pas pour autant que certains événements ne se dérouleront pas. Certains, qui ne sont pas encore passés, reviennent beaucoup trop souvent dans les autres histoires pour que je les mette complètement de côté. »
J'ai fait une pause pour réfléchir à ce que j'allais dire ensuite, puis j'ai soupiré :
« Cette façon de penser, c'est bien plus Slytherin que Gryffindor. Le Choixpeau sait que je pense comme ça. Mais il m'a envoyée à Gryffindor. Parce qu'il avait besoin que vous trois, Harry, Hermione, Neville, mais aussi tous les Gryffindors qui sont ici et d'autres, me fassiez confiance. Vous ne m'auriez jamais fait confiance si j'étais à Slytherin.
–Pourquoi voulait-il absolument que nous te fassions confiance ? m'a demandé Harry.
–Parce que nous sommes cinq mages, et que ça signifie forcément quelque chose. Parce qu'il sait que j'avais le pouvoir, grâce à ma curiosité et à mon aptitude à remuer ce qu'il ne faut pas, de vous libérer de vos verrous. Parce qu'il sait que j'étais une des seules à pouvoir mettre en grippe la machine de Dumbledore. Et pour foutre en l'air le plan de Dumbledore, il fallait que j'accède au pion central : toi. En me répartissant à Gryffindor, il a augmenté mes chances de pouvoir faire connaissance avec toi.
–Qu'est-ce qui nous dit que tu n'as pas de mauvaises intentions ? » a demandé Fred, méfiant.
Et voilà. Maintenant qu'ils savent que je suis une Slytherin, finie l'amitié chaleureuse. J'ai eu un sourire triste :
« Je me suis soumise une fois au Veritaserum pour prouver ma bonne foi, je suis prête à recommencer. Je suis prête à laisser Hermione entrer dans mon paysage mental et voir ce qu'elle veut... Je ne vous ai pas trahis. Je n'ai aucun intérêt à vous trahir.
–À part te faire mieux accepter. » a suggéré Ginny.
J'ai secoué la tête :
« Le Choixpeau a mis une condition à ma Répartition à Gryffindor : à la prochaine rentrée, je dois rejoindre ma vraie maison, Slytherin. Je savais dès le début qu'à un moment ou un autre, au plus tard en septembre prochain, vous découvririez tous que je suis une Slytherin. Vous mentir sur ma personnalité ou mes objectifs aurait été contre-productif : vous m'auriez fait confiance jusqu'à ce que vous appreniez ma vraie maison, mais ensuite ? Tout aurait été détruit. Ce n'est pas dans mon intérêt, ni le vôtre. Et ce n'est pas parce que je suis Slytherin que je n'ai pas de valeurs. J'ai tout fait pour démonter le système de Dumbledore, basé sur la manipulation et le mensonge. Même si je ne vous ai pas tout dit, parce que je dois aussi compter avec les conditions d'un voyage temporel, je vous ai dit le maximum de ce que je pouvais. À quoi bon vous libérer d'un système manipulateur si c'est pour vous enfermer dans un autre, même si cet autre est le mien ? »
J'ai fait une légère pause avant de continuer :
« Vous le savez à présent : je suis une fervente partisane de la pensée critique. Je suis pour que tout un chacun puisse se construire librement ses propres opinions, en réfléchissant à la raison pour laquelle il les adopte. C'est complètement antithétique avec un système manipulateur. Non, je ne vous ai jamais menti sur ce que je suis. De toute façon, si je suis douée pour retenir la vérité, je suis une piètre menteuse. Je suis incroyablement distraite, et je finis toujours par me trahir. La preuve : le Choixpeau m'a demandé de mentir sur ma vraie maison, et vous avez découvert la vérité bien avant septembre prochain. »
J'ai senti leur doute continuer, et j'ai ajouté, avec un sourire :
« Et je l'ai dit sous Veritaserum : je n'ai aucune intention de manipuler Harry. Pourquoi je le ferai avec vous ?
–Juste après lui avoir dit que tu l'aimais ? » s'est moqué George.
J'ai souri, alors que les autres ricanaient. L'ambiance s'est détendue considérablement, et c'est déjà une petite victoire.
« Oui, juste après. Écoutez, tous les Slytherins ne vous veulent pas du mal. Vous devriez le savoir, maintenant que vous fréquentez régulièrement des Slytherins dans cette Suite. La seule chose que vous pourriez leur reprocher, c'est de penser un peu trop à leur survie propre et d'être moins versés dans les grandes causes altruistes. Et encore. Draco est un mage qui se bat bec et ongle contre Voldemort, alors que c'est l'archétype même du parfait petit Slytherin. Et Salazar Slytherin, le fondateur de leur maison, a été un des quatre mages à participer à la fondation de la toute première école de magie de Grande Bretagne. Il y a de bons Slytherins, comme il y a de mauvais Gryffindors. Arrêtez de voir le monde en noir et blanc... »
Il y a eu un silence, pendant lequel les Gryffindors se sont montrés gênés, et les Slytherins satisfaits. Harry m'a regardée un moment, m'étudiant, puis m'a fait un sourire chaleureux, en accord avec toute son aura. Il ne remet pas en cause sa confiance en moi. C'est un vrai soulagement... Ça aurait été dur de perdre mon petit copain, celui qui m'a amenée à faire tant de progrès dans ma perception de moi et de ma sexualité, simplement parce que mes couleurs sont vert et argent et non rouge et or...
Puis Susan a demandé :
« Qu'est-ce qui ne s'est pas encore passé d'important ?
–Je ne peux pas répondre. C'est une des conditions du voyage temporel : ne pas révéler le futur.
–Tu ne peux rien nous dire du tout ? » a demandé Hannah.
J'ai réfléchi, puis j'ai répondu :
« Le prochain vrai gros truc, qui risque peut-être de se passer, mais je n'en suis pas sûre, et que je crains en même temps que j'espère, va se passer entre l'anniversaire de Draco et le mien. Il peut y avoir des choses avant, puisque nous avons déjà bien bouleversé les choses par rapport aux livres, mais cet événement-là... Oui, entre l'anniversaire de Draco et le mien.
–Comment est-ce que tu connais la date d'anniversaire de Draco ? a demandé Blaise.
–Je la connaissais avant de venir ici. Le 5 juin. »
Ils m'ont regardée avec des yeux ronds, et j'ai ri :
« Il y a quelques anniversaires qui sont connus, dans les livres et la littérature parallèle. Harry et Neville, forcément, puisque leur date de naissance a tout à voir avec ce qui nous arrive pour le moment. 30 et 31 juillet. Hermione, son anniversaire est mentionné dans un des livres, je crois. 19 septembre. Ron, il n'est jamais mentionné, mais on le connaît par les interviews de l'auteur, et donc la littérature parallèle l'a repris. 1er mars. Idem pour les jumeaux. 1er avril. J'ai toujours cru que c'était une blague de l'auteur, d'ailleurs. Ginny aussi a du être mentionnée, mais je ne m'en souviens pas. Draco, pareil... On n'en parle pas dans les livres, mais l'auteur l'a mentionné, et la littérature parallèle l'a récupéré. J'ai vu en janvier dernier que c'était la bonne date, quand on a découvert qu'il est mage.
–Si l'auteur l'a mentionné, c'est que Draco est un personnage important ? » a demandé Blaise.
J'ai hésité, puis j'ai ri en repensant aux nombreuses fanfictions.
« La réponse absolue est oui. Mais pas toujours de la même façon. Dans les livres, c'est lui l'ennemi de Harry, à l'école. Un peu comme les quatre premières années, sauf que ça a duré toute leur scolarité. Ce sont des livres jeunesse, donc le monde est divisé entre gentils et méchants principalement, et pour apprendre aux enfants que ce n'est pas forcément le cas dans la vraie vie, certains méchants se révèlent pas si méchants, et certains gentils pas si gentils. Draco est un de ces méchants pas si méchants. J'ai toujours bien aimé le personnage, dans les livres, surtout quand on découvre qu'il n'est pas si méchant. C'est un peu l'histoire d'une deuxième chance qu'il a manquée, et d'une troisième qu'il a enfin su saisir. À mes yeux, dans les livres, et je précise bien : dans les livres, parce qu'ils ne sont pas comme ça en réalité, Harry et Draco sont un peu des miroirs inversés. Tous les deux doivent se détacher de leur enfance, et de l'éducation qu'ils ont reçue avant d'entrer à Hogwarts. Harry est dans les livres le parfait Gryffindor, et Draco le parfait Slytherin. Ils se détestent cordialement. Je n'ai jamais vu ça après mon arrivée, donc je ne sais pas si c'est vrai...
–C'est vrai, est intervenue Hermione. La trame que j'ai aidée à construire pour les trois premiers livres... c'est vrai.
–Bon. Continuons, donc... Dans les livres, Draco n'a jamais l'opportunité de choisir le camp opposé à Voldemort.
–Il devient un Deatheater ? a demandé Daphne dans un souffle.
–Dans les livres, oui. Draco, c'est une série de mauvais choix qui entraînent d'autres mauvais choix, jusqu'à ce qu'il comprenne dans quelle galère ça l'a mis et qu'il se ressaisisse enfin, presque trop tard.
–S'il est Deatheater, c'est déjà trop tard... a fait Padma en fronçant les sourcils.
–Non. Dans les livres, il est devenu Deatheater parce qu'il est fils de Deatheater. Je crois que dans les livres, il suit leur idéologie, mais n'adhère pas à... leurs moyens d'action. Dans les livres, ça commence à vraiment déraper pour lui à partir de l'événement dont je vous ai parlé, en juin. Ça ne se passera pas en vrai. Ce qui s'est déjà passé dans la réalité empêche ce potentiel dérapage, même si cet événement se passe. Mais dans les livres... Harry et Draco sont des miroirs inversés : deux garçons dont on attend des choses beaucoup trop lourdes pour eux, qui doivent faire des choix terribles, et subissent des choses qu'aucun adolescent ne devrait subir. Ce sont deux personnes seules au milieu d'une foule. Ils sont tous les deux entourés d'amis et d'admirateurs, mais ils sont seuls. Dans les livres, Draco me fait beaucoup de peine. Parce qu'on apprend à le détester avec les premiers livres, jusqu'à ce qu'on découvre ce qu'il subit vraiment dans les derniers. Et pour beaucoup de lecteurs, qui ont grandi avec les livres, qui ont passé des années à le détester, c'est déjà trop tard, il n'y a pas de rédemption possible. C'est peut-être à cause de mon empathie, mais l'idée qu'on puisse rester isolé à vie, parce qu'on a fait quelques mauvais choix, et qu'en face des vraies épreuves, on a enfin fait les bons, mais que personne ne veut en tenir compte, je trouve ça assez terrible. Au moins, ici, on sait que Draco fait les bons choix. Ce qui a sauvé Draco, dans l'univers littéraire, c'est l'adaptation en films.
–C'est quoi ça ? a demandé Blaise.
–C'est comme si tu regardes une pièce de théâtre sur une photo de sorcier, avec du son, des changements de décor, et tout... j'ai expliqué. C'est visuellement très réaliste, même les films qui représentent la magie alors que les non-magiciens ne croient pas en son existence réelle. Les livres ont eu un succès énorme, et donc les producteurs de film ont su que s'ils les adaptaient en film, ils auraient du succès aussi. Et l'acteur qui joue Draco est plutôt mignon, de l'avis de la plupart des adolescentes. Personnellement, je n'ai jamais pensé ça, mais bon... Du coup, comme les adolescents sont assez simplistes, généralement, et que les adolescents non-magiciens vivent quand même pour la plupart dans un monde beaucoup plus sûr que le vôtre, un garçon mignon peut être un crétin, mais ne peut pas être un méchant. Du coup, voilà le Draco des livres réhabilité.
–Tu ne trouves pas Draco séduisant ? » m'a demandé Hannah.
Je l'ai regardée, moqueuse. Je retire ce que je viens de dire : il n'y a pas que les adolescents non-magiciens qui réduisent les caractéristiques d'un garçon à son physique...
« Le vrai Draco est séduisant, il faudrait être aveugle pour dire le contraire. Mais... Je sais que je suis très difficile comme fille. Et je trouve que l'acteur qui joue Draco n'est pas mignon.
–Et celui qui joue Harry ?
–Non plus. En plus, sacrilège, il a les yeux bleus... »
Tout le monde a éclaté de rire et j'ai continué :
« Mais le Harry des livres et des films n'est pas censé être beau, non plus.
–Et comment il fait pour avoir du succès avec les filles s'il n'est pas mignon ? a demandé Ginny.
–J'ose espérer que les filles, aussi superficielles qu'elles puissent être, auraient fini par remarquer la personnalité d'un garçon au delà de son physique, j'ai ricané. Je n'ai jamais dit que le Harry des livres et des films était laid. Il... est banal ? À part les yeux verts dans les livres. Enfin, ça, c'est moi. J'ai toujours craqué sur les yeux verts... »
Surtout quand c'est un beau vert émeraude comme Harry, et pas un vert noisette comme celui de mes sœurs. J'ai adressé un sourire outrancier à Harry qui m'a répondu de la même manière. J'ai ajouté :
« Et puis certains d'entre vous le savent déjà : le Harry des livres, et donc des films, n'a pas de succès avec les filles. Enfin... Si... Mais plus à cause du fait que c'est Harry Potter qu'à cause de son physique. Et comme... et comme dans les livres, le pauvre a un gros problème de timidité avec les filles, le fait qu'il soit mignon est encore moins nécessaire.
–Un problème de timidité avec les filles ? a répété Blaise avec un grand sourire moqueur.
–Inutile de répéter ça encore une fois, Manon, est intervenu Harry, gêné, mais je l'ai ignoré avec un grand sourire :
–Disons juste que j'ai été surprise de voir Draco et Harry se faire concurrence pour savoir qui est le plus grand séducteur de Hogwarts, à mon arrivée. Dans les livres, aucun des deux n'a ce trait de caractère.
–Il y a beaucoup de personnes qui ont été changées, pour les livres ? m'a demandé Daphne.
–Changées complètement ? Quelques unes. Dumbledore est un vrai gentil, dans les livres. Enfin, il est écrit comme tel, même si je trouve déjà, malgré ses airs de gentil, qu'il est franchement limite. Mais bon, ça n'atteint pas les sommets que ça atteint en vrai. Molly Weasley. Qui reste tout au long de l'histoire la femme un peu trop maternante mais tout de même une vraie maman pour les enfants Weasley, Harry et Hermione. Ginny, même si ces changements, déjà amorcés aujourd'hui, sont encore dans l'avenir et je n'en parlerai donc pas. Ron, qui reste tout au long de l'histoire le meilleur ami de Harry. Neville, qui est victime du fait qu'on laisse complètement de côté dans les livres tout ce qui concerne la noblesse et la chevalerie magique, et qui reste donc limité à un gentil petit Gryffindor un peu timide et maladroit, jusqu'au dernier livre, où il se rapproche du Neville que vous connaissez. D'ailleurs, l'acteur reprend physiquement ces traits, il est beaucoup plus rond que le vrai Neville. Le père de Draco, même si je ne peux rien vous dire à ce sujet. Le parrain de Harry, qui est plus responsable en réalité que dans les livres. »
Harry et Hermione ont éclaté de rire.
« Paddy ? a fait Harry avec incrédulité. Responsable ?
–Oui, responsable, j'ai souri. Dans les livres, il te considère comme une copie de James, et non comme le fils de James et Lily. Il veut être ton meilleur ami, et pas ton parrain. Il te pousse à faire des choses insensées. Et toi, ça te pousse à le protéger, au lieu que ce soit lui qui te protège, parce que tu sais qu'il est complètement... imprévisible et peu prudent. »
Il y a eu des ricanements, mais Harry m'a regardée très sérieusement. Je l'ai senti réfléchir, puis il a dit lentement :
« Tu as dit que dans certains possibles, il mourait. C'est le cas dans les livres, n'est-ce pas ?
–Oui, j'ai reconnu.
–Tu as dit que je n'étais pas au courant de ce que tu m'as appris ce Noël avant l'année prochaine, avant que j'ai payé un prix déjà trop lourd. C'est sa mort ? »
J'ai hésité, puis j'ai hoché la tête.
« Les événements de juin... Ils sont liés à sa mort ? »
Nouvelle hésitation, profonde inspiration, puis j'ai de nouveau répondu par l'affirmative, avant d'ajouter :
« Sauf que ça ne pourra pas se dérouler comme ça, même si ces événements surviennent.
–Pourquoi ? »
J'ai hésité, puis j'ai avoué une partie de la vérité :
« Parce que ces événements ont été provoqués par ton envie de le sauver. Il se passe quelque chose qui... Ce sera un piège, j'ai fini par reconnaître plus fermement. Dans les livres, on t'attire dans un piège. Tu sais que c'est un piège, mais tu n'en reconnais pas la vraie nature. Tu y fonces tête baissée, parce que ton parrain est apparemment en danger. Tu ignores les avertissements de Hermione, qui est la seule de ton entourage à comprendre que tu n'as pas besoin d'intervenir. Le piège se referme, et l'Ordre doit intervenir pour vous en libérer, parce que bien sûr, tu n'y vas pas seul. Ton parrain fait partie de ceux qui doivent t'aider à sortir de ce piège. Il est tué lors de la... libération. Dumbledore profite de ta culpabilité et de ton état de détresse pour assener le dernier coup en annonçant ce que je t'ai appris à Noël.
–Pourquoi tu espères que cet événement va se dérouler ? m'a demandé Hermione, visiblement choquée.
–Parce que c'est celui qui va obliger le Ministère et la Grande Bretagne à reconnaître le retour de Voldemort. Maintenant, je dis que ça ne peut pas se dérouler comme dans les livres, tout simplement parce que si ça se passe, Harry saura quelle est la vraie nature du piège, et que nous allons pouvoir prendre des précautions supplémentaires. Et dans les livres, il n'y a pas cinq mages. »
J'ai vu le moral de Harry remonter, et je lui ai souri, avant de me tourner vers les autres, soudain très froide :
« Je ne veux pas que tout ceci sorte de cette salle. Vous allez tous me jurer immédiatement sur votre vie que tout ce qui se dit dans la Suite des Fondateurs, à quelque moment que ce soit, ne pourra jamais sortir de la Suite des Fondateurs. Hors de question que Voldemort ait le moindre petit minuscule soupçon que Harry se doute qu'il lui tend un piège. »
Tout le monde a clairement hésité, puis les jumeaux sont intervenus :
« On peut leur faire prêter une variation du Serment de l'Ordre du Phoenix. Il nous empêche de faire remonter quoi que ce soit à Tu-Sais-Qui.
–Non, j'ai répondu fermement. Vous avez juré sur votre magie pour l'Ordre. Je veux un serment sur la vie. Parce que certaines informations discutées ici valent le prix de perdre sa magie, j'en suis parfaitement consciente. »
Le doute a continué à planer, et Hermione a ajouté, avec la même froideur déterminée que moi, ayant parfaitement compris l'enjeu :
« C'est ça ou vous me servez de cobayes pour mon mentalisme. »
Susan nous a dévisagées toutes les deux puis a sorti sa baguette et a juré :
« Moi, Susan Bones, je jure sur ma magie et ma vie que tout ce que j'ai vu, entendu ou lu, et verrai, entendrai ou lirai, dans la Suite des Fondateurs, ne pourra être répété en dehors de la Suite, par quelque moyen que ce soit, sauf autorisation expresse de Hermione Granger, Manon Nestral, Harry Potter, Neville Longbottom ou Draco Malfoy. Qu'il en soit ainsi. »
Après une hésitation, Hannah, puis Padma, puis tous les autres, y compris les Slytherins, ont prêté le même serment. J'ai poussé un soupir de soulagement quand Theo a reposé sa baguette.
« Merci. Nous vous libérons en ce qui concerne.. le programme scolaire. Ce serait dommage que vous ne puissiez pas rendre vos devoirs réalisés ici. »
Il y a eu des sourires, mais l'ambiance était encore tendue. Neville est alors intervenu, chaleureusement :
« L'avantage, c'est que maintenant, nous pouvons avoir ce genre de discussions plus sincèrement, sans devoir utiliser des précautions infinies quand on parle de quelque chose de sensible.
–Surtout que vous n'êtes pas tous au courant des mêmes choses, et que ça complique encore la tâche... a soupiré Harry. Je ne sais pas comment vous faites, les Slytherins, pour gérer au quotidien ce genre de situation où chacun de vos interlocuteurs sait des choses différentes que les autres ne doivent pas savoir...
–Une question d'habitude, a répondu Blaise avec un sourire. Et puis, ça en devient presque un jeu. »
J'ai vu Harry hausser un sourcil dubitatif. Pourtant, c'est vrai, c'est presque un jeu, un jeu d'équilibriste, de stratégie, de hasard aussi... Hermione a froncé les sourcils :
« Vous voulez tout leur dire ?
–Non, pas tout, a dit Harry. Les affaires de l'Ordre restent les affaires de l'Ordre, mais ce qui nous concerne, pourquoi pas ? En tout cas, pour ce qui me concerne, je n'ai pas de problème. Ensuite, c'est surtout Manon et Draco qui doivent réfléchir à ce qu'ils peuvent dire ou non.
–On attend le retour de Draco alors, j'ai déclaré. Son entraînement ne devrait pas durer encore bien longtemps.
–Et comme ça, Tracy sera là aussi. » a ajouté Daphne.
J'ai souri. Tracy la née-moldue a une amitié très forte avec Daphne la sang-pur élevée selon les principes traditionnels. Je crois que c'est leur amitié qui rend Daphne aussi affirmative dans son rejet des concepts prônés par Voldemort et compagnie.
Nous avons alors parlé de choses innocentes en attendant le retour de Draco et de Tracy. Lorsqu'ils sont revenus, Tracy est venue s'installer avec nous autour de la longue table, mais Draco a filé à l'étage. Comme nous quatre Gryffindors, il a pris l'habitude de prendre sa douche dans la Suite après le sport. L'avantage des douches individuelles est incomparable... Tracy est la seule fille de leur équipe, elle a donc la possibilité d'être seule dans les vestiaires, mais je comprends que Draco préfère attendre quelques minutes et ne pas être entouré de cinq gars.
Une fois Draco avec nous, nous les avons mis tous les deux au courant du serment qui nous permettrait de discuter tranquillement dans la Suite, sans craindre de voir certaines informations se balader dans le château ou plus loin.
« Et comment vous en êtes arrivés à faire parler Manon sur des choses qu'elle garde secrètes depuis presque six mois ? a demandé Draco.
–Nous avons appris qu'elle était Slytherin, » a dit Neville avec un sourire à mon attention.
Ça m'a fait chaud au cœur. C'était celui parmi les cinq dont je craignais le plus la réaction. Je me moque que les autres au-delà de notre petit groupe de mages mettent du temps à accepter le fait que je sois une Slytherin, voire n'acceptent jamais. Par contre, ça m'aurait fait mal que les quatre personnes dont je dépends le plus ici, à tous niveaux, n'acceptent pas cette appartenance.
Draco a froncé les sourcils :
« Je sais ça, c'est une évidence. À se demander pourquoi elle a été répartie à Gryffindor. Sans offense, Manon. Où est la nouvelle là-dedans ? »
Il y a eu des ricanements autour de la table, principalement de la part des Slytherins. J'ai soupiré :
« Je suis une Slytherin. Je suis à Gryffindor de façon temporaire, le temps que les Gryffindors, et surtout Harry, Hermione et Neville, aient confiance en moi, chose qu'ils ne pourraient pas faire si j'étais à Slytherin. Donc le Choixpeau m'a mise temporairement à Gryffindor, jusqu'à la rentrée prochaine. »
Draco a haussé un sourcil, seul signe extérieur de la surprise que je voyais dans son aura. Puis il a éclaté de rire :
« Ha ! Les Gryffindors incapables de se fier à la moindre parole d'un Slytherin, n'est-ce pas ? Et incapables de se rendre compte qu'il faut plus que deux couleurs et un blason pour faire de quelqu'un une petite lionne quand c'est un serpent dans le cœur.
–Je suis un félin ! » je me suis exclamée, un peu vexée.
Le rire de Draco s'est amplifié :
« Je sais ça, darling. Mais pas une lionne... »
Non, pas une lionne. Pas une fille vivant en clan, chassant pour le mâle du groupe. Une panthère. Une indépendante, défendant farouchement son territoire, et n'y autorisant des étrangers que lorsqu'elle le désire. J'ai secoué la tête en souriant. Draco s'est calmé et a continué, toujours grand sourire :
« Bon, vous avez découvert ceci, ce qui a certainement du choquer tous les pauvres Gryffis ici présents. Et je suppose que ça a entraîné une discussion sur la possibilité de continuer à faire confiance en Manon ou non.
–En effet, j'ai répondu.
–Et vous avez décidé que oui, si vous êtes toujours tous ensemble autour de cette table. »
J'ai souri : bonne déduction.
« OK. Et vous avez donc décidé d'inclure tous ceux qui ne sont pas encore au courant de nos petites histoires dans le secret, en demandant une garantie ?
–C'est ça. Non pas qu'on ne leur fasse pas confiance dans l'absolu... j'ai commencé, avant de secouer la tête : si, c'est ça, en fait. Nous avons des garanties pour les autres, et pas pour les nouveaux, qui sont tous des Slytherins habitués depuis leur tendre enfance à jouer double, triple ou quadruple jeu. Comme j'avais déjà lâché une information importante, c'était le serment ou Hermione qui leur faisait oublier cette discussion. Alors, Tracy ? Prête à te joindre à nous à un tout autre niveau ? »
Tracy a échangé un regard avec les autres Slytherins, y compris Draco, qui ont tous marqué leur assentiment d'une manière ou d'une autre.
« Quel serment je dois prêter ? » a-t-elle fini par demander.
Elle a rapidement prêté serment, et nous nous sommes occupés de mettre tout le monde à niveau. Certaines informations avaient été révélées uniquement lors des réunions à Grimmauld Place, avant notre installation à Lions' Rock, d'autres uniquement lors de la rencontre avec les Bones et les Abbott, puis enfin, au cours des discussions suivantes, les choses se sont diluées. Là, nous en avons profité pour nous assurer que tout notre groupe d'amis de confiance soit au courant des mêmes choses.
Et ils savent à présent tout ce qui peut nous concerner : nos héritages magiques, y compris celui des Fondateurs, et celui de Merlin pour Harry et Morgane pour moi, l'Ordre d'Avalon, nos pouvoirs réels, les Horcruxes, y compris celui en Harry, et le fait qu'ils sont à présent tous détruits sauf deux, dont l'incarnation actuelle de Voldemort, nos formes Animagus. Les filles ont été émerveillées par ma forme de léopard, et je commençais à me sentir vraiment vexée (bon sang, je suis un prédateur, quand est-ce qu'on va arrêter de me voir comme un chaton sous prétexte que mes armes sont moins visibles que celles des quatre autres ?), et du coup, je me suis amusée à rugir, et elles ont toutes reculé précipitamment. Les autres mages ont éclaté de rire, et j'ai repris ma forme en bougonnant quelque chose du genre : « je ne suis pas un joli chat qui ronronne... », ce qui a bien sûr amplifié l'hilarité de mes chers amis...
On leur a également expliqué tout ce qui concerne mon voyage temporel et que j'ai pu annoncer à un moment ou à un autre de ma présence. Cette histoire de possibles, notamment, dont les Slytherins n'étaient pas encore au courant. Ils ont beaucoup mieux compris du coup la conversation qui les a amenés à prêter leur serment. Draco a raconté à tout le monde l'histoire de sa famille, la véritable allégeance de son père. Pour la toute première fois, Harry et Draco ont également parlé de l'amitié entre leurs parents, avant que James et Lily ne partent à Godric's Hollow.
Cela nous a amené à révéler la vraie histoire avec Dumbledore, notamment le fait que les parents de Harry savaient parfaitement qu'ils servaient d'appâts en quittant Lions' Rock, mais qu'ils ont accepté parce que Lily avait découvert ce rituel de magie noire pour protéger Harry des sorts de magie noire pouvant le tuer, même si elle n'avait sans doute pas prévu que James nourrirait aussi la protection, lui permettant d'être encore efficace aujourd'hui.
Bref, pratiquement tout ce qui nous concerne a été mis sur la table. Même ceux qui en savaient le plus (les Weasley, Susan et Hannah) ont découvert des choses.
Draco était heureux de cette conversation. Il ne nous a jamais rien dit, mais il a du se sentir à l'écart à ne pas pouvoir inclure ses propres amis dans notre cercle de confiance. Et même si j'ai exigé un serment, il est satisfait de voir que c'est enfin le cas. Et personnellement, je le suis aussi : plus d'esprits Slytherins ne peuvent pas faire de mal lors de certaines discussions stratégiques, notamment lorsqu'on doit gérer des choses tenant à la politique ou à l'opinion publique. Les Gryffindors ont des tas de qualités, mais on ne peut pas dire qu'ils soient extrêmement avides de maîtriser l'image qu'ils dégagent. La seule préoccupation de Harry à ce sujet est qu'on ne parle pas de lui, et non de contrôler ce qui peut justement se dire sur lui.
Nous avons gagné de véritables soutiens. Susan a promis de nous consacrer dimanche prochain pour nous parler de l'Ordre d'Avalon lors de notre cours de culture et politique. Theo et Blaise nous ont promis d'aborder toute la culture souterraine du monde magique : magie illégale, trafics, « bonnes » adresses... Les Malfoy, malgré leur réputation de mages noirs, se tiennent sagement éloignés de tous ces business douteux, car ils sont trop près des lumières publiques et que c'est du coup trop dangereux. Mais ils n'hésitent pas à s'adresser à d'autres familles pour leurs besoins spécifiques, comme des ingrédients rares ou interdits pour des potions ou rituels, ou des objets de magie noire... Les Nott et les Zabini font partie de ces familles qui ont fait de ce monde souterrain leur royaume. Et c'est évident que ça nous sera utile. Du coup, même si les Gryffindors et les Hufflepuffs présents ont grincé des dents, nous avons accepté avec chaleur cette proposition.
La discussion a duré longtemps. Très longtemps. Ce qui nous a arrêté, en fait, c'est le fait que nous cinq, les mages, devions aller en entraînement avec Remus.
Ça nous a tous choqués de voir qu'on avait passé la nuit à discuter, sans même prendre la peine de dormir. Et la question, immédiate : comment tenir toute une journée de cours après une nuit blanche et deux à trois heures de sport ? Et pauvre Draco, qui avait Quidditch hier soir et de nouveau ce soir, avant l'Astronomie...
Alors nous avons proposé deux choses : un, un petit déjeuner léger pour ceux qui font partie du groupe d'entraînement de Remus. Et surtout, surtout, une potion énergisante, bien plus efficace que mon café (que j'ai pris quand même), pour ne pas dormir en cours. Nous en avions fait un stock, lors de nos sessions potions du lundi. Une dose ce matin, y compris pour ceux qui auraient quand même réussi à dormir quelques heures, au petit déjeuner (le vrai), et pour les moins résistants à la fatigue, une autre ce midi.
Du coup, entre la potion et mon café habituel, j'ai réussi à tenir toute la journée sans trop de problèmes. Le reste du groupe n'a montré aucun signe particulier de fatigue non plus. Et Padma est venue trouver Draco pour lui demander si c'était possible qu'on puisse en avoir dans un mois ou deux, quand les révisions pour les OWLs se feraient plus intenses. Draco a catégoriquement refusé. Ce stock, nous l'avons fait pour des circonstances exceptionnelles, et uniquement de celles qui sont spécifiques à notre condition de mages. Hors de question qu'il commence à créer un réseau de distribution de potions d'endurance.
Ouf... Parce que ces potions sont très simples à faire, ce qui veut dire que c'est Neville et moi qui les fabriquons. Nous fabriquons tous les deux toutes les potions qui peuvent être incluses dans le programme jusqu'aux NEWTs, et Hermione, Harry et Draco s'occupent des potions les plus complexes. Harry bénéficie grandement de son statut d'Héritier Magique de Slytherin, Hermione en est même un peu jalouse. Le meilleur reste sans conteste Draco, avec à la fois cet Héritage Magique et son talent naturel.
Padma a été déçue de voir qu'elle ne pourrait pas étendre son temps de révision sur les nuits (ces Ravenclaws sont complètement fous, moi je te dis...), mais elle n'a pas insisté. Heureusement, d'ailleurs. Non seulement, notre stock n'est pas là pour ça, mais en plus ces potions ne remplacent pas le vrai sommeil, et ça peut devenir dangereux de trop en abuser. Certes, il n'y a pas les effets nocifs sur le cœur et les artères du café à trop haute dose, mais la privation de sommeil est toute aussi dangereuse pour le cerveau.
Là, nous sommes avant le dîner. Je n'ai pas Arithmancie comme Hermione et Draco, donc j'ai une heure de plus de libre. Mes devoirs sont terminés, et donc me voilà. Hermione et Draco sont revenus dans la suite depuis un petit moment. D'ailleurs, je crois que maintenant que j'en ai fini avec ces deux derniers jours, je vais rejoindre Harry, Draco et Neville dans leur discussion sur ce qui peut être utile pour protéger un lieu. On compte augmenter la protection sur Godric's Hollow.
À bientôt !
Bisous
Note de l'auteur :
Mon avis sur la "mignonnitude" des acteurs de Harry Potter est bien sûr totalement subjectif, et lié en grande partie à mon asexualité : je ne suis attirée sexuellement par personne, et une partie de la description "mignon"/"canon"/"sexy" est basée sur la capacité de l'observateur à être attiré(e) par cette personne. Je reconnais que Radcliffe et Felton peuvent être beaux, esthétiquement parlant, mais de là à les qualifier de sexy, il faudra demander à quelqu'un d'autre, je passe mon tour ;)
Par ailleurs, dans un échange par MP avec Gilgalad Swiftblade, je m'étais rendue compte que j'avais oublié de parler de l'évasion d'Azkaban. Dans les livres, elle a lieu en janvier 1996 (mi janvier a priori, même s'il n'y a pas de date précise, mais Harry et Cho viennent à ce moment-là juste de convenir d'aller ensemble à Hogsmeade "le mois prochain" pour la St Valentin).
Je m'étais donc dit, tant pis, je l'intégrerais plus tard et tenterais de justifier ça en disant que Voldemort avait été perturbé par l'arrivée des mages, l'arrestation de Dumbledore et tout ça... J'avais réussi à trouver une date en mai, ça se goupillait finalement pas trop mal...
Et voilà que dans le cadre de la relecture complète de cette histoire, je me rends compte qu'il y a déjà eu plusieurs allusions à cette évasion : début janvier, Draco explique ses mauvaises fêtes de Noël parce que sa tante Bella a voulu fêter sa prochaine introduction parmi les Deatheater à coup de Cruciatus. Donc, forcément, pour ça, elle doit être en liberté... Plus tard, en février, quand Amelia Bones remet sur le tapis l'absence de procès de Sirius Black, le Ministère parle de la complicité de Black dans "l'évasion de l'automne dernier"...
Donc, après moults délibérations intérieures, je me suis dit que ce serait plus simple de maintenir ce que j'ai déjà écrit (et que vous avez donc déjà lu), plutôt que de tout remodifier pour faire une vraie belle évasion médiatisée en mai.
Donc je vous prie d'accepter dans la trame de cette histoire que l'évasion d'Azkaban s'est faite beaucoup plus tôt que dans le canon, avant même l'arrivée de Manon... Voldemort était pressé de retrouver ses ultra-fidèles pour relancer le recrutement à grande échelle...
(C'est pas la première fois que je vous fais le coup d'une justification a posteriori... Comme quoi, il y a pas mal de failles dans cette histoire ;) Mais du coup, merci beaucoup à vous qui me les signalez, j'essaie de les corriger quand je peux, ou de leur trouver une explication, même un peu tirée par les cheveux comme celle-ci ;) )
Réponse aux guest reviews :
Guest : Merci pour ta review ! Pour ta question concernant petite Manon et ses soeurs, tu auras ta réponse plus tard dans la première partie :) Je ne t'en dis donc pas davantage aujourd'hui :)
A lundi prochain pour la suite !
MAJ le 15/07/2018
