Inspection à l'arène de Céladopole

Le plafond vitré de la serre est peu à peu envahi par la végétation.

Il faudrait faire quelque chose, songe vaguement Erika. Toutefois les vitres paraissent encore propres, elles ont été nettoyé il y a peu, donc rien ne presse.

La championne ferme les yeux, la pelouse est toujours autant confortable, elle peut bien dormir encore un peu.

Des cris colériques la tirent soudain de sa torpeur, ça ne ressemble pourtant pas à ses élèves d'élever le ton sans raison, peut-être un dresseur ? Elle se rappelle avec un peu de retard que ses disciples ont réservé la journée pour essayer des nouvelles combinaisons de coiffures et de kimonos et espère vaguement que les filles n'ont pas été trop désagréables avec le visiteur, elle reconnait volontiers que la gente masculine n'est pas vraiment la bienvenus dans les lieux.

Curieusement la porte s'ouvre presque aussitôt sur deux apprenties rougissantes, Erika ne comprend pas grand choses à leurs balbutiements, mais devine facilement qu'il y a un problème.

-avons-nous de la visite ?

-oui, quelqu'un demande à vous voir.

La championne se redresse avec nonchalance.

-mais il ne s'agit pas d'un dresseur. Intervint la deuxième dresseuse en se trémoussant d'un pied sur l'autre.

Étouffant un bâillement Erika s'attarde sur les bruits qui lui parviennent encore depuis le fond du couloir.

-a-t-il énoncé l'objet de sa visite ?

Les filles baissent la tête, honteuses et marmonnent de concert une phrase indistincte.

L'experte en végétaux se prépare à insister sur l'importance d'une élocution claire, quand une silhouette facilement reconnaissable franchi la porte laissée entre-ouverte.

-Erika, je crois qu'il va de nouveau falloir discuter de l'accueil dans cette arène.

Le maître de la ligue semble suffisamment exaspéré pour l'apathie quitte la championne, elle rajuste son kimono avec grâce et offre à son vis-à-vis le sourire le plus innocent de son répertoire.

-je crois qu'il y a eu quelques malentendus, pourquoi ne pas en discuter ici autours d'une tasse de thé.

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Assis en seiza autour d'une table basse préalablement vaporisée par doux parfum, la championne constate avec plaisir que le maître commence à se détendre. Elle termine solennellement les préparatifs nécessaires à la cérémonie du thé, puis verse le breuvage dans les tasses.

-aujourd'hui j'ai fermé l'arène pour trier le matériel que nous utilisons pour les présentations publiques des cérémonies traditionnelles, c'est pour cela que tout est en désordre. Ment effrontément Erika.

-ce qui n'explique pas le manque de politesse chronique dont vos disciples font preuve envers les hommes et ce depuis au moins quatre ans.

-je réprimanderai sévèrement les filles à ce sujet.

-j'ai également reçu des plaintes concernant la grille horaire des combats, certains dresseurs doivent attendre jusqu'à dix jours pour un match, il y a également beaucoup d'annulations sans raisons apparentes même en cas de faible affluence.

-je vais voir ce que je peux faire dans l'immédiat.

Peter soupir découragé, quoiqu'il dise Erika n'en fait toujours qu'à sa tête concernant son arène. Il n'a que peu d'espoir de voir les choses changer d'ici l'année prochaine.

-je suis quand même tenu de revenir le mois prochain pour contrôler que tout est en règle.

L'arène sera impeccable.

Peter n'en doute pas un seul instant, c'est la même chose chaque année.

-je vous verse une deuxième tasse de thé ?

Il acquiesce silencieusement, son regard s'attardant sur les gestes aussi gracieux qu'efficaces de la championne.

-vous resterez bien méditer quelques heures dans la serre.

Peter n'arrive même plus à se fâcher de constater qu'elle exploite impunément ses points faibles.