Nous voici donc au chapitre 24. Dans le courant de la semaine, vous aurez l'épilogue qui est en beta lecture.
Je crois que nous avons un peu perdu l'esprit calendrier de l'avent mais j'espère que vous apprécierez les deux derniers chapitres malgré tout.
Bonne lecture et à très vite pour l'épilogue.
24. Les vacances de Maggie
Vêtue de son nouveau pyjama licorne, Maggie traversa la grande salle pour rejoindre la table des professeurs. Au vu du nombre très réduit d'élèves présents dans le château, la directrice avait proposé à tous de se rassembler pour célébrer les fêtes. Elle voulait quelque chose de convivial et elle avait donc elle aussi imposé un thème.
- Maggie Sawyer, voilà la plus belle tenue de soirée pyjama qu'il m'ait été donné de voir depuis très longtemps, s'exclama la directrice avec un sourire contagieux puis se tournant vers les autres personnes autour de la table, sans vouloir vexer personne ici. J'avoue que lorsque j'avais proposé de trouver la tenue de nuit mignonne la plus originale pour le repas de Noël, je n'avais pas envisagé vos choix, mais je vous félicite tous.
La directrice avait choisi pour sa part un pyjama arc-en-ciel orné de donut brodés. Les professeurs qui passaient Noël à Poudlard avaient opté pour des robes de chambre à paillettes, pour des pyjamas kilts ou encore pour des bons vieux pilous tout doux.
Il ne restait finalement que trois élèves à Poudlard, découvrit Maggie. C'était bien moins que ce qu'elle avait imaginé. Un élève de Serpentard dont la mère était professeur de vol et un élève dont Maggie ne connaissait presque rien.
La gryffondor était étonnée du nombre de places à table. Il restait énormément de chaises vides, au moins une trentaine. Elle n'eut pas le temps de poser la question à son voisin de table que bientôt elle en découvrit la raison. Les elfes qui avaient préparé le repas étaient invités à le déguster. Comme quoi, l'égalité entre humains et elfes avançait de jour en jour.
Après des heures de discussions endiablées, d'une danse improvisée – tango elfique pour tous – les rares habitants du château rejoignirent leurs dortoirs. Maggie entendit des pas précipités derrière elle et une voix l'interpella :
- Maggie, as-tu un instant ?
- Oui madame la directrice Laners, je n'ai personne qui m'attend dans mon dortoir, plaisanta la septième année.
- C'est vrai, nous sommes je pense les deux seules gryffondor encore présentes dans ce château, fit la directrice dans un sourire. Même si je suis censée être neutre, je peux me permettre ce soir d'être la lionne échevelée que j'étais dans mon jeune temps. Rentrons dans la tour, nous serons bien mieux autour d'un joli feu de bois craquant dans la salle commune.
La professeure Laners était une jolie femme d'une cinquantaine d'années qui avait été nommée à ce poste à la surprise de tous. Elle avait été professeure de défense contre les forces du mal et excellait dans la gestion de l'école. D'un geste, la directrice transforma deux coussins en plaids moelleux.
- Pour être encore plus à l'aise. Maggie, tu sais de quoi je voudrais te parler ?
Maggie rougit. Elle avait enfreint un nombre considérable de règles de Poudlard au cours des dernières semaines. Allait-elle être réprimandée ? Perdre son insigne de préfète-en-chef ? C'était assez horrible comme perspective mais elle avait ainsi pu faire des folies avec Alex et rendre sa dernière année totalement épique.
- Je suis désolée, j'avoue que j'ai…
- Chut, non, je ne veux pas savoir, rit la directrice tout en agitant les mains. Tout préfet quel qu'il soit a toujours pris parfois quelques libertés concernant le règlement. C'est normal, je le concède. Si tu es un jour prise la main dans le sac… nous aviserons à ce moment-là.
Un clin d'œil de son aînée rendit Maggie un peu nostalgique. Elle n'avait plus vraiment de contacts avec des adultes dans un cadre autre que pédagogique. Cette discussion était déroutante.
- D'accord, promit Maggie. Ça me va. Parfaitement.
- Ce que je voulais savoir, c'est si tu as des projets pour l'année prochaine.
- Oh.
Maggie était embarrassée de devoir parler de ça. Elle avait littéralement mis ce sujet de côté pour ne pas mourir à cause de l'anxiété. Ne pas y songer était la solution la plus viable et la plus stupide aussi.
Sophie Laners fixait avec intérêt sa jeune élève. Que se passait-il dans cette jolie petite tête ?
- Maggie ?
- Je dois trouver du travail. Pour subvenir à mes besoins, m'installer et réfléchir à ce que je pourrais faire comme études quand j'en aurai les moyens.
Un soupir ponctua ses paroles. C'était celui de la directrice. Maggie releva la tête pour la dévisager un instant avant de se rappeler que c'était très impoli.
- Non, déclara fermement la directrice. Enfin, en théorie, oui c'est la meilleure chose à faire, j'en conviens. Mais je ne peux pas laisser les choses se dérouler ainsi. Je te connais Maggie. Je te vois tous les jours te battre pour être parfaite et je pensais que tu n'oserais jamais vivre normalement dans ce château. Fort heureusement, une rumeur de rien du tout et pouf. Tout s'est mis en place, n'est-ce pas ?
Un sourire que l'on aurait pu qualifier de niais naquit sur les lèvres de la directrice.
- Vous n'avez pas provoqué cette rumeur quand même ?!
- Oh non, rigola la directrice, j'aurais pu, vraiment, mais disons que je me suis contentée de simplement laisser cette rumeur courir… Ceci n'est pas le sujet, jeune fille. Ce que je veux dire, c'est que je veux t'aider. On ne choisit pas sa famille et tu as eu la malchance de naître dans une famille bien trop obtuse.
Maggie détestait parler de sa famille. Les blessures étaient encore bien ouvertes et elle pensait sincèrement ne jamais pouvoir faire son deuil.
- Vous n'êtes pas obligée… commença Maggie.
La septième année se tut en sentant une main douce se poser sur la sienne.
- Considère-moi un peu comme ta marraine, Cendrillon. Tu as désormais une sorcière très têtue de ton côté, profite.
Le reste de la soirée fut bien plus calme, les deux femmes papotèrent de tout et de rien et explorèrent toutes les pistes de carrière possible.
Maggie faillit s'étrangler de rire à quelques propositions. Il fallait dire que la directrice avait des idées très vastes qui allaient de 'conductrice du train de Poudlard', à 'Ministre de la Magie' ou encore l'exceptionnel 'dompteuse de scroutts à pétard'.
- Merci pour la soirée, Maggie. Bonne nuit.
Avant d'aller dormir, la gryffondor libéra le petit hibou qui attendait avec impatience de délivrer sa missive.
'Chère Maggie,
J'espère que Boule de Coton ne se sera pas perdu et que tu ne recevras pas cette lettre dans six mois. Je t'écris pour ce dire à quel point je suis sous le charme de mon cadeau. Il est splendide. Ce bracelet est tout simplement époustouflant. Je te soupçonne de l'avoir fait toi-même. C'est bien un petit pendentif chat qui se balade dessus n'est-ce pas ? Il se cache très souvent dans mes vêtements la journée avant de rejoindre son bracelet pour la nuit et je n'ai pas encore pu le voir complètement. Il est très joueur. C'est le bijou le plus hypnotique du monde. Même Kara passe des heures à le regarder.
J'espère que ta soirée au château se passe bien et que tu ne t'ennuies pas trop.
Je t'embrasse et j'attendrai ta réponse avec impatience.
Alex'
La semaine passa rapidement. Entre les très nombreuses lettres qu'Alex lui envoyait et auxquelles Maggie envoyait de très longues réponses, ses recherches du futur emploi idéal et les activités inventées par la directrice pour occuper les journées de vacances, Maggie était pour ainsi dire encore plus fatiguée que lorsqu'elle était en cours.
Il fallait dire qu'ils jouaient de malchance depuis quelques jours. Le patinage sur la glace du lac fut, malgré un début prometteur, un échec total et ils finirent tous à l'infirmerie. Tomber dans le lac en hiver n'était vraiment pas une bonne idée. Le concours d'échecs géant emmena également trois personnes à l'infirmerie. Quant au Quidditch, ce fut tout simplement annulé. Les professeurs s'étant découvert une phobie de ce jeu, il n'y avait pas assez de participants.
Et puis, un matin, la préfète-en-chef se rendit compte que ses ASPIC avançaient à grands pas et fit une crise d'angoisse. Seule et un peu assommée, elle essaya de se calmer. La seule technique efficace étant d'ouvrir un livre pour réviser, ses vacances devinrent des plus studieuses. Et avec le nombre de professeurs qui s'ennuyaient, Maggie avait une panoplie de professeurs particuliers.
- Miss Sawyer, Darla avait raison, vous êtes une véritable nouille en divination.
- Mais…
- Vous mélangez votre carte du passé avec celle du présent… Allez, on recommence.
Quand la nouvelle année arriva, Maggie proposa une sortie à Pré-au-Lard pour éviter toutes les récentes catastrophes. Cette idée fut acceptée à la majorité. Ils se déplacèrent en petits groupes et la directrice insista pour que Maggie rencontre un de ses amis qui était directeur d'une petite université de magie au Pays de Galles. La rencontre fut très instructive. Maggie décida dans l'heure qu'elle ne voulait en aucun cas étudier l'économie magique et encore moins la politomagie.
Elle sortait du bistrot lorsqu'elle rentra littéralement dans une serdaigle bien connue.
- Lena !
Un sourire ravi apparut sur le visage de la brunette.
- Hey, Maggie. Comment vas-tu ?
- Bien bien, fraîchement. Et toi ?
- Humf, le visage de la jeune fille reflétait une certaine aigreur. Je suis avec mère et Lex. Je donnerais cher pour fuir ces deux-là. Je les ai semés pour tenter de trouver un cadeau pour Kara. S'ils l'apprennent, je suis fichue.
- Des soucis avec eux ?
- Oh non, ne t'inquiète pas, pas de gros soucis, juste les cas habituels. Ma mère me cherche un prétendant en fait. Pour me marier. Après mes études… Voyant la figure horrifiée de la Gryffondor, Lena reprit rapidement. Non, ne fais pas cette tête horrifiée Maggie, je gère. Aucun risque. Avec mes futures études en droit magique, j'en ai pour au moins sept années de tranquillité. Laisse-moi te payer un verre de vin chaud. J'en rêve.
Elles trouvèrent un petit café désert au bout d'une rue moins passante. Installées près du feu, elles trouvèrent rapidement leur sujet favori : les Danvers.
- Tu sais qu'Alex ne parle que de toi chez elle ? Leur mère a même un calepin où elle tient un décompte du nombre de fois où Alex prononce ton nom et où Kara prononce le mien. Alex gagne haut la main.
Maggie faillit s'étrangler en buvant un peu de vin chaud tellement elle riait.
- Elles sont impayables en fait. Moi qui croyais qu'Alex était discrète…
- C'est fichu. Au moins, ça fera de chouettes anecdotes à raconter à votre mariage, n'est-ce pas ?
- Pas au mien, au tien. Il faut vraiment que tu arrives à te débarrasser des menaces de ta famille. Épouse plutôt Kara demain et fini le mariage arrangé par maman.
- Maggie Sawyer, tu seras mon témoin à mon mariage. D'accord ?
- Si tu es toujours d'accord de m'avoir comme témoin d'ici là… promis.
- Parfait !
