Dimanche 5 mai 1996
Chère Marie,
J'en ai appris des belles sur Harry hier... Bon, tout d'abord, juste une confirmation, c'est un grand malade sur un balai, et notre entraînement quotidien et la forme physique que ça nous donne n'arrange absolument rien. Ensuite... Ben tu verras...
Je crois que je commence à être immunisée face à l'inconscience de Harry sur un balai. Le match a duré plus longtemps que la dernière fois, une bonne heure quand même. Une heure pendant laquelle les Poursuiveurs de Gryffindor n'ont pas laissé une seule fois le Souaffle entre les mains de l'équipe de Hufflepuff, à part le temps pour leur Gardien de le récupérer et de le remettre en jeu après un but. Le temps que Harry attrape le Vif d'Or, Gryffindor a gagné 350 à 0... Et est donc quasi certain de remporter la finale, puisqu'ils ont 260 points d'avance sur Slytherin.
Les pauvres Hufflepuffs se sont tellement fait humilier pendant ce match que même Lee, aux commentaires, était blasé en annonçant un nouveau but de Gryffindor à la fin. Je crois que c'est ce qui a décidé Harry à tenir son pari avec les jumeaux : un match de Quidditch, c'est aussi un spectacle et si les spectateurs sont blasés, ce n'est pas bien. Sa figure du jour ? Il a étalé le Vif d'Or par terre. Un peu comme une feinte de Wronski, quand l'Attrapeur file à toute vitesse vers le sol pour redresser au dernier moment, en sachant que l'Attrapeur adverse aura cru qu'il a vu le Vif d'Or, et en espérant qu'il ne saura pas redresser à temps. Sauf que ce n'est pas une Feinte, puisqu'il y a vraiment le Vif d'Or en jeu, et qu'il n'a pas redressé au dernier moment : il s'est laissé tomber par terre pour plaquer le Vif d'Or au sol.
Tout le monde a cru qu'il s'était crashé. Je crois que le seul qui n'était pas inquiet de tout le stade, c'était Draco. Le seul. Parce qu'il connaît mieux que personne le talent de Harry sur un balai, même si ça le tue de le reconnaître, et qu'il sait également par quel entraînement on passe tous les matins. Il a bien compris que Harry savait parfaitement ce qu'il faisait. Même moi, j'ai mis un moment à comprendre qu'il n'était pas blessé. Il a fallu pour ça que Harry se redresse en tenant le Vif d'Or à bout de bras, tout sourire et en pleine forme.
Tu imagines bien que Angie a à nouveau hurlé sur lui. Mais j'ai compris comment il a fait (une fois que Draco m'a expliqué en me retenant pour ne pas que j'aille le gifler à nouveau) alors finalement pas moi. Harry a mélangé ses compétences de vol et ce que nous avons appris en entraînement : comment chuter, notamment. Quand je l'ai vu après, dans la Tour de Gryffindor pour fêter la victoire, il m'a dit qu'il a fait appel au jaguar en lui. Le jaguar sait comment se réceptionner dans des situations qui paraissent improbables. Il doute qu'il en aurait été capable sans l'entraînement intraitable de Remus et cet Animagus félin. Bref, je ne suis pas sûre qu'on verra un jour le Saut de Potter (c'est comme ça que les jumeaux ont appelée cette figure) dans un match qui n'implique pas Harry.
Hermione, elle, a crié sur les jumeaux. Et quand elle s'énerve, elle est bien plus impressionnante que Angie, dis donc. Apparemment, les jumeaux auraient demandé à Harry s'il avait déjà quelque chose de prévu pour la grande finale. Mauvaise idée. Surtout parce qu'à ce moment-là, Harry était entouré des filles de l'équipe et de Hermione. Hermione a laissé les filles s'échauffer un peu la voix, histoire que tout le monde ait bien le temps de constater que le spectacle continuait, puis a pris le relais. Et tu n'affrontes pas une Hermione énervée... Les jumeaux, qui ont pourtant l'habitude de gérer une Molly Weasley, ne savaient plus où se mettre. Les autres Gryffindors étaient partagés entre l'amusement de les voir se faire rabrouer comme ça et la compassion. Personnellement, je ne suis pas arrivée à choisir entre les deux. À la fin, c'était limite s'ils ne la suppliaient pas de les laisser s'excuser auprès de l'équipe pour encourager un de leurs camarades à un comportement aussi irresponsable.
C'est moi qui l'ai calmée en lui assurant que les jumeaux étaient proprement repentants. Elle s'est alors tournée vers moi :
« Et tu n'es pas fâchée envers Harry ?
–Je crois que la seule chose qui calmera Harry, c'est d'avoir un accident, j'ai répondu tranquillement. Tant que ce n'est pas le cas, tous les cris et les gifles du monde ne serviront à rien.
–Il aurait pu se tuer !
–Non. Il aurait pu se blesser, se briser les os dans un ou plusieurs membres, mais ni son torse, ni sa tête, n'ont jamais été exposés. »
C'est Draco qui m'a fait remarquer ça. Et il a ajouté que c'était parfaitement conscient de la part de Harry, à la façon dont il a ajusté sa position quelques secondes avant de tomber. Harry a toujours été en parfait contrôle et a tout fait pour limiter la casse s'il devait y en avoir.
« Ben dis donc, ta petite amie n'a pas l'air de franchement tenir à toi, Harry... »
Il y a eu soudain un silence à l'intervention de Ron. Il ne m'avait pas manqué, celui-là. Je me suis tournée vers lui, avec un sourire doucereux :
« Je vais finir par croire que tu es jaloux, Ronnikin. Tu aimerais tant que ça être à ma place ? »
Comme pour appuyer quelle place je parle, Harry m'a entourée de ses bras pour me serrer contre lui, un petit sourire sur le visage et son aura teintée d'amusement et de moquerie. Les autres ont ricané et Ron a rougi jusqu'aux oreilles (et chez lui, c'est à prendre au sens littéral).
« Je ne suis pas pédé ! »
J'ai secoué la tête, méprisante :
« Je me fous complètement de ta sexualité, Ronald. Par contre, je m'en moque moins si tu as l'intention de me piquer mon mec. »
Il y a eu des rires, et j'ai senti la poitrine de Harry vibrer dans mon dos alors qu'il retenait son propre amusement. Les jumeaux sont intervenus :
« Tu sais, faudrait déjà que Harrykin soit partant, a dit Fred.
–Et il a largement prouvé son hétérosexualité, a continué George.
–N'est-ce pas, Harry ? » ont dit les jumeaux en chœur.
L'amusement de Harry s'est accru, et j'ai senti qu'il y avait une sorte de sous-entendu. Je me suis tournée vers Harry, sourcils froncés, puis j'ai regardé les jumeaux, qui affichaient un air innocent, mais dont l'aura était teintée de moquerie, envers Harry principalement. J'ai demandé, lentement :
« Dans votre fameuse liste, il y avait des garçons, n'est-ce pas ? »
J'ai senti le choc circuler dans la salle au fur et à mesure que mes paroles les atteignaient. Harry m'a serrée un peu plus fort, affectueux, avant de répondre avec assurance, à la place des jumeaux :
« Bah, c'est l'âge ou jamais de tester, non ? »
Je l'ai regardé, stupéfaite, puis j'ai eu un rire :
« OK. Ça veut dire qu'en plus de me méfier de toutes les filles de ce château, je dois aussi me méfier des mecs ?
–Tu ne dois te méfier de personne, chérie. »
Il m'a embrassée dans le cou, et j'ai senti toute son affection et tout son... amour. Un je t'aime par sentiments. Comment résister à ça, franchement ?
« Tu le crois ? » m'a demandé Ron.
Je lui ai lancé un regard méprisant :
« Je suis empathe. Tu devrais le savoir depuis le temps. On ne peut pas me mentir. Même Harry ne peut pas. »
J'ai senti un nouveau baiser dans le cou, et cette fois, l'affection était teintée de désir. Ça m'a donné envie de me retourner pour avoir un vrai baiser, et tant pis s'il y a du monde autour. Mais Harry me tenait trop fermement. Je crois que ça l'amusait de me frustrer ainsi.
Il y a eu un moment de silence choqué, puis Seamus a demandé :
« Sérieux, mec, t'as couché avec des gars ?
–Sérieux... » a seulement répondu Harry.
À son amusement, j'ai senti qu'il y avait du dossier là-dessous. J'ai donc demandé :
« Combien ? »
Il s'est tendu, puis a du comprendre que je m'amusais aussi, puisqu'il s'est détendu rapidement avant de répondre :
« Une douzaine. »
Oh ben ça ! Je ne m'attendais certainement pas à un tel nombre. Je m'attendais à quelque chose genre deux ou trois. Histoire de se tester et de s'amuser. Mais apparemment, Harry a été un peu plus loin que les simples tests... Même les jumeaux ont été surpris :
« On n'en a que trois !
–J'imagine, a répondu Harry tranquillement. Certains sont bi, comme moi, mais d'autres sont franchement gays, et ils n'ont sans doute pas envie que ça se sache. Ils sont bien plus discrets que les filles.
–Et comment ça se fait que personne n'ait sauté sur le gros titre que ferait un Harry Potter bi ou gay ? j'ai demandé.
–Parce que ça ne se sait pas que je couchais aussi avec des garçons, et je n'ai eu aucun scrupule à leur faire croire qu'ils étaient chacun le premier avec lequel je tentais la chose. Bon, c'est un peu mort, maintenant, puisqu'il y en a deux qui sont ici ce soir, mais... »
Il a eu un vague geste de la main, montrant son indifférence. Il s'est penché à nouveau vers moi, sa voix beaucoup plus séductrice :
« Et je suis avec toi, maintenant. Alors ça n'a plus aucune importance. »
J'ai eu un gloussement en sentant ses mains me caresser, en même temps que la vague d'émotions qu'il m'envoyait. Il jouait, ouvertement.
« Deux Gryffis ? a demandé Fred. Nous n'en avons qu'un sur la liste. Avec deux Puffs. »
J'ai senti une étrange vague de tristesse chez Harry, mais il n'en a rien montré et a continué à sourire :
« Ça ne m'étonne pas. Je ne sais pas comment vous auriez pu savoir, pour le deuxième.
–Sans dire les noms, tu peux donner les maisons de tous ? a demandé George.
–Histoire qu'on mette la liste à jour ? » a complété Fred.
Harry a éclaté de rire avant de répondre :
« Deux Gryffis, donc. Deux, trois... Cinq Puffs, trois Claws, deux Serpents, un de Beauxbâtons. »
Fred a pris des notes avec un air de businessman et j'ai eu du mal à me retenir de rire. Dean a froncé les sourcils :
« Des Serpents ? Tu t'es frotté à eux ?
–Bah je l'ai fait pour les filles, pourquoi pas pour les gars ? Ils sont beaucoup plus libérés question sexe que n'importe quelle maison, c'est même avec eux que j'ai commencé. »
J'ai froncé les sourcils :
« Avec toutes les contraintes sociales qu'ils s'imposent, tu considères qu'ils sont plus libérés ?
–Je crois que justement, c'est à cause de toutes ces contraintes sociales. Tant que leurs coucheries ne se savent pas, ils s'en moquent. Du coup, ils sont beaucoup plus prêts que d'autres à avoir simplement une aventure et pas une histoire sérieuse. Comme les autres n'ont pas cette pression sociale, ils auront envie beaucoup plus rapidement de demander un engagement ou au moins de sortir du secret. »
Ça se comprend. C'est toujours dans les sociétés en apparence les plus strictes qu'il y a eu les plus grandes débauches... Je peux difficilement reprocher à Harry d'en profiter, alors qu'il n'a jamais caché qu'il cherchait simplement à s'amuser.
« Et tu n'as pas peur que ça se sache à présent ? a demandé Hermione, visiblement inquiète.
–Non. Je suis en couple avec Manon. L'homosexualité est mal vue parce qu'ils s'imaginent que ça met en danger leurs précieuses lignées. Je suis avec une fille, aujourd'hui, et qui correspond aux critères Potter. »
J'ai froncé les sourcils : il était en train de sous-entendre qu'il envisagerait bien de passer sa vie avec moi, je ne me trompe pas ?
Il a du le comprendre, car j'ai senti l'amusement dans son aura disparaître, pour ne faire place qu'à de la tendresse et de l'affection. Puis il m'a chuchoté, pour que personne d'autre n'entende :
« Je t'aime et tu le sais, chérie. Si on me demande aujourd'hui avec qui je compte me réveiller chaque matin du reste de ma vie, c'est évident que c'est toi. Mais je suis conscient que nous avons tous les deux un problème avec la notion d'engagement, alors non, je ne te présenterai pas encore de bague de fiançailles. Mais je t'aime quand même. »
C'est beau, hein ?
J'ai l'air sarcastique, dit comme ça, mais ça m'a vraiment touchée. On en avait déjà parlé, tous les deux, de ce problème d'engagement. Moi, j'ai passé ma vie à ne pas voir à plus loin que quelques mois, deux trois ans maximum, et à apprendre à changer rapidement d'amitiés et de lieu de vie. Du coup, je me lasse rapidement des personnes qui m'entourent. Tu es en fait une survivante de l'amitié, pour moi, avec nos cinq ans. Tu es la première personne avec laquelle je garde un lien aussi fort aussi longtemps, en dehors de mes sœurs et mes parents, et surtout, dont l'amitié survit vraiment à l'éloignement. Du coup, ça me fait un peu peur pour la pérennité de notre relation, à Harry et moi.
Et lui, évidemment, a beaucoup de mal à envisager une relation à long terme quand déjà ce que nous avons lui semble long. Il est en train d'apprendre ce qu'est aimer et être aimé. Alors forcément que pour l'instant, il a peur d'une idée aussi loufoque que le mariage.
Heureusement, nous avons ici quinze ans, bientôt seize. Trop jeunes pour prendre une telle décision. Je lui ai déjà dit que je n'attendais rien de lui, qu'on irait à notre rythme, et que c'est évident qu'avec la guerre qui se prépare, c'est de la folie de prendre de tels engagements. Ça l'a rassuré, de voir que je n'exige pas de lui une relation durable, ni de preuve de son amour avant la fin de la guerre. Malgré tous les progrès qu'il a fait, malgré la valeur de sa propre vie qu'il est en train d'acquérir, malgré l'Horcruxe qui a été détruit, Harry a toujours peur de mourir avant la fin du conflit, et il a l'impression que si on était fiancés ou mariés, le choc serait encore plus dur pour moi que si on est simples petits amis.
Harry a passé toute la soirée à jongler entre ceux qui le félicitaient pour sa nouvelle figure de Quidditch, ceux qui s'amusaient au sujet de ses conquêtes masculines, tantôt dégoûtés, tantôt poussés à montrer qu'ils sont totalement OK avec ça, quitte à se montrer d'une familiarité complètement déplacée avec Harry, et moi. Pas que je demandais de son attention particulièrement, mais il avait envie de montrer (à moi comme aux autres) que ce n'est pas parce qu'il a un passé volage et dissolu que c'est encore le cas aujourd'hui.
Personnellement, je me moque complètement qu'il ait pu coucher avec des garçons. Il fait ce qu'il veut de son corps, et s'il se sent assez à l'aise pour assumer une certaine bisexualité, alors tant mieux pour lui, même si je suis consciente qu'un tel comportement montre certainement un côté destructeur. Trop d'aventures, en trop peu de temps... Mais c'est fini aujourd'hui, et tout ce que je demande, c'est que tant qu'on est ensemble, il n'aille pas voir ailleurs. Mec ou fille, rien à foutre. Je suis jalouse et possessive, je m'en rends de plus en plus compte, et hors de question qu'il ait le moindre écart. C'est réciproque, cette jalousie, d'ailleurs. Même les flirts de Draco ont parfois du mal à passer avec Harry, alors qu'il sait parfaitement que je ne dirai jamais oui à Draco.
Hermione dit que c'est parce que nous avons tous les deux peur de l'abandon. Pour Harry, ça se comprend. Pour moi... C'est vrai que j'ai toujours eu du mal avec la notion de perte. J'ai trop perdu d'amitiés que je prenais pour durables, simplement parce qu'un nouveau déménagement, un nouveau changement d'école... Et cette notion s'est renforcée quand nous nous sommes installés dans la Loire, alors que c'est la première fois qu'on passe autant d'années quelque part (Louise qui n'a jamais déménagé à neuf ans, je trouve ça irréaliste...) : vous avez tous votre famille, vos proches, vos amis d'enfance, de maternelle, primaire... à proximité. Vos amitiés peuvent être durables parce que vous n'êtes jamais partis. Et ça met en avant le fait que j'ai fait trois maternelles, deux primaires, que ma famille habite à pas moins de cinq cent bornes de chez moi... Et pour moi, les déménagements ont repris avec la fac. Nouvelles amitiés, nouvelle ville, encore une fois. Et je me préparais à faire de même avec ce voyage en Allemagne. C'est facile pour moi de déménager, j'ai l'habitude. Mais du coup, oui, ça me rend possessive dès que j'ai l'impression d'avoir enfin une amitié ou une relation qui pourrait survivre à un nouveau départ (et si tu veux savoir si ça me rend possessive par rapport à notre amitié, la réponse est oui : j'ai souvent jalousé la chance d'Amélie de pouvoir continuer à te voir tous les jours alors que j'habitais dans une autre ville et qu'on s'est vues moins de fois en trois ans que j'ai de doigts sur une main...).
Enfin bon... Sur un registre plus joyeux, c'est amusant de voir le détachement de Harry par rapport aux révélations qui il y a quelques mois auraient fait office de scandale à Gryffindor. Mais comme il le dit : il n'a absolument aucun problème avec sa sexualité, et il est du coup bien placé pour savoir que ce n'est pas parce qu'on est gay ou bi qu'on n'est pas viril. Je crois que ça ne viendrait à l'idée de personne de traiter Harry d'efféminé. Du coup, il se moque complètement de ce qu'on peut lui dire.
Un des deux garçons Gryffindor, c'est Dean. Il est gay, l'a reconnu et c'est lui qui a avoué l'histoire, et Harry l'a soutenu. C'est celui dont les jumeaux n'étaient pas au courant, et c'est normal : ça s'est passé dans le dortoir des deux garçons, en quatrième année. Harry avait la réputation de ne jamais amener de conquêtes dans son lit, et jamais les jumeaux n'auraient eu l'idée d'y regarder. D'ailleurs, techniquement, Harry n'a pas failli à sa réputation : ça s'est passé dans celui de Dean. Pour les autres garçons, tout ce que les jumeaux et les autres ont pu obtenir, c'est que Harry n'a jamais couché avec un mec plus jeune que lui. Donc, ils sont tous aujourd'hui en cinquième année ou plus.
À la tristesse de Harry, je sais qu'un des Hufflepuffs est Diggory. Je lui en ai parlé hier soir quand on s'est retrouvés seuls tous les deux, et il l'a reconnu. Diggory se cherchait, Harry avait envie de s'amuser. Cho est au courant. Ça s'est passé avant que Cho et Cedric soient ensemble. La réputation de coureur de Harry était encore récente, à l'époque, mais commençait à bien se répandre. Et il se murmurait qu'il n'était pas très regardant sur le sexe de son ou sa partenaire. Non pas qu'il couche avec n'importe qui, il avait fait savoir dès le début qu'il avait ses exigences. Mais homme ou femme n'en faisait pas partie.
Quand tu y réfléchis, c'est quand même amusant de savoir que Harry et moi sommes presque des opposés exacts en matière de sexe : lui complètement à l'aise et libéré, et moi qui ai eu besoin de quatre mois avec un garçon en qui j'ai confiance pour enfin passer le pas. Garçon qui est d'ailleurs le seul avec lequel j'ai jamais couché (volontairement), et pour l'instant, je tiens à ce que ça reste le cas.
Sinon, aujourd'hui, la machine à rumeurs a commencé à fonctionner très tôt puisque au petit déjeuner ce matin chez les Slytherins, certains étaient déjà au courant des révélations de Harry à la soirée des Gryffindors. C'est Draco qui nous en a parlé :
« Alors comme ça les braves lions sont choqués de voir le mâle dominant s'amuser avec les autres mâles ? »
Je n'ai pas pu m'en empêcher : j'ai éclaté de rire. Ça ressemble presque à une fable de La Fontaine pervertie... Les autres Slytherins ont juste ricané et Harry a haussé les épaules :
« Ça les choque autant qu'ils veulent, je m'en moque... Je fais bien ce que je veux...
–Je n'ai jamais dit le contraire. »
Harry l'a étudié un moment avant de sourire :
« Toi aussi, tu t'es amusé ?
–Pas autant que les rumeurs le disent à ton sujet. Disons que j'ai essayé une ou deux fois, et que je n'ai pas été convaincu. Je n'ai pas recommencé ensuite. C'est vrai que tu as touché à des Serpents ?
–Oui, a répondu Harry légèrement. Tu as bien touché à des Lionnes, où est le problème ? »
J'ai ricané :
« Il essaie de comprendre quel garçon Slytherin aurait pris le risque de voir sa réputation être ternie par une histoire de cul avec toi, tout simplement. Tu n'es pas un simple Lion, tu es Harry Potter...
–Ça, les deux Serpents en question en avaient parfaitement conscience. Je sais que pour l'un des deux, ça a même été un critère décisif. »
Draco a haussé un sourcil, et je l'ai senti réfléchir sérieusement. J'ai retenu un nouveau ricanement : impossible pour le Prince de Slytherin de ne pas savoir lequel de ses sujets a couché avec Harry Potter. Mais il n'a plus rien dit, et il a attendu qu'on soit plus que tous les cinq pour demander à Harry :
« Bon, allez. C'est qui les deux Slytherins ?
–Je n'ai pas dit aux Gryffindors qui sont les deux Gryffis avec lesquels j'ai couché, tu ne penses bien que je ne vais rien te dire, a répondu Harry avec un sourire. Je n'ai pas honte, mais eux aussi ont le droit à leur intimité.
–Les deux sont encore là ?
–Oui, tous les deux. Et tous les deux plus âgés que moi. On étudie quoi, aujourd'hui ? »
Draco l'a étudié un moment, puis s'est tourné vers Neville pour qu'ils commencent leur cours, sur les arts sorciers (c'est une série de cours, qu'on a interrompue la semaine dernière pour Susan, mais qu'on a attaquée il y a un mois).
Draco n'a pas renoncé, c'est évident dans son aura, mais il a décidé d'utiliser sa panoplie Slytherin plutôt que de cuisiner Harry comme un simple Gryffindor : Harry sait trop bien esquiver les réponses, quand il veut, et Draco sait que ça ne mènera à rien.
Du coup, il n'en a pas reparlé de la journée. Et Harry non plus. Comme d'habitude, il laisse les rumeurs glisser.
Enfin, c'est la découverte du week-end pour moi : Harry bi. Il s'éloigne de plus en plus du personnage des livres... C'est amusant tout ce qui a été tu dans les romans. Tu crois que ça a encore à voir avec le fait que ce soit un lectorat jeune et que ce n'est donc pas approprié pour eux de savoir que leur héros n'a pas de préférence de genre quand il s'agit de sexe ? On ne saura jamais...
Note de l'auteur :
Quand j'ai écris cette histoire, j'étais aussi à fond dans Tumblr, avec tous ces comptes prônant les droits et la visibilité LGBT(QIA+) (mais A pour "Alliés", pas "Asexuels/Agenres/Aromantiques", parce que quand même, hein, faut pas être trop tolérants non plus ;) ) et je crois que ça a eu de l'influence sur la sexualité que j'ai donné à mes personnages... ;)
D'ailleurs, Harry n'est pas bi, comme le dit Manon, il est pansexuel. Comme elle l'écrit, le genre de la personne qu'il fréquente n'entre pas dans l'équation. La différence est subtile, mais elle est là : un bi sera intéressé par les hommes comme par les femmes (sous-entendu : leur genre a quand même un peu d'intérêt), mais un pan sera intéressé par une personne, quel que soit son genre (qui n'a aucune influence dans l'intérêt que peut lui porter le pan). Mais je me suis dit qu'à 21 ans, je ne connaissais pas ce terme, donc j'ai respecté ça avec Manon.
Enfin, pour ceux qui ne seraient pas très familiers avec ces sexualités, ce n'est pas parce qu'il est pan qu'il est volage. Les deux n'ont absolument rien à voir. L'un est une orientation sexuelle qu'il n'a pas choisie (même s'il s'en accomode très bien) et l'autre est un style de vie choisi, en fonction de son vécu et de son caractère. Et aucun des deux ne vient comme un cheveu sur la soupe. Il y avait des indices dès les premiers chapitres de cette fic ;)
Rien à voir, mais je me suis fait spoiler sur Games of Thrones en lisant une fic HP sur ce site il y a quelques jours... Je fuis soigneusement tous les spoilers parce que je ne découvre la saison habituellement qu'à sa sortie en Blu-Ray. Je pensais être en sécurité en lisant des fics dédiées à un autre univers, mais apparemment, non... Donc je préfère vous prévenir qu'il est absolument hors de question qu'on parle de Games of Thrones sur cette fic, ou même dans les commentaires. C'est une fic Harry Potter, pas un crossover, et je ne veux rien voir qui vienne d'un autre univers sans que ça ait un lien avec l'intrigue... Je vous préviens aussi que je vous maudirai pendant au moins cent générations si vous me faites apprendre quelque chose concernant la saison 7 avant que j'ai pu la voir de moi-même...
Réponse aux guest reviews :
Chaton : tu as oublié de te connecter pour commenter, tête de linotte ;) Je t'ai répondu en MP :)
A lundi prochain pour la suite !
MAJ le 16/07/2018
