Dimanche 21 juillet 1996

Chère Marie,

Ben la séance d'hier n'a pas été belle. Les Aurors ont posé un contexte à tous ces chefs d'accusation. Motivation, mode opératoire... Tout ce qui a pu être déduit des preuves apportées et des interrogatoires déjà effectués. Et non, ce n'est pas beau.

L'histoire derrière toutes ces machinations ? Elle a commencé il y a quarante ans exactement, en 1956, quand Dumbledore a pris le poste de directeur de Hogwarts après avoir refusé pour la deuxième fois de devenir Ministre de la Magie. Nous sommes une dizaine d'années après la chute de Grindelwald, et le prestige de Dumbledore est à son apogée. Il est le champion de la lumière, détenteur de l'Ordre de Merlin Première Classe, vient tout juste d'être élu président-sorcier du Wizengamot pour son premier mandat, dispose d'une oreille attentive au Ministère, et ses années d'enseignement sans tâche à Hogwarts sont donc couronnées par sa nomination au poste de directeur.

Tout aurait pu être parfait, donc. Dumbledore est encore jeune pour un sorcier, à l'apogée de sa carrière, il ne lui reste plus qu'à profiter de sa gloire. Sauf que non. Dumbledore a une sorte de complexe de dieu : lui seul peut à présent éradiquer le mal de la société britannique. Il voit donc d'un très mauvais œil la carrière brillante que commence le jeune Charles Potter (le grand-père de Harry) au Wizengamot. Tout juste diplômé, celui qui vient d'être nommé Héritier Potter, après le refus de son aîné de prendre le titre, fait déjà ses marques dans la cour des grands. Son père, Lord Edward Potter, reconnaît son fin sens de la politique et le laisse représenter la famille au Wizengamot et dans toutes les réunions politiques. Et Charles est doué, très doué. Tout le monde voit en lui le retour en force de la famille Potter au sommet de son prestige et de son influence. Et Dumbledore doit certainement se dire que ce jeune Charles Potter, qu'il connaît parce qu'il a été son professeur de Métamorphose à l'école, est une menace pour sa propre réputation : avec un tel prodige, Dumbledore ne sera que deuxième, et Albus Dumbledore refuse d'être second en quoi que ce soit. Commence le temps des complots pour s'assurer qu'on continue donc à le voir comme le parfait porteur du flambeau de la lumière, rôle normalement défendu par les Potter.

Il commence doucement, en s'assurant d'avoir des alliés partout. Il fait de Hogwarts son sanctuaire, avec des professeurs acquis à sa cause, même s'il faut pour cela utiliser de quelques compulsions et influences, voire même de chantage. C'est à ce moment-là que McGonagall commence à recevoir différentes influences pour renforcer sa loyauté envers Albus. Puis il y a le Wizengamot, où il assure mandat après mandat sa place de président-sorcier, en usant là aussi de réseaux et de relations. Lord Charles Potter devient un « allié », et n'a jamais brigué la place de président-sorcier : il a toujours estimé que la neutralité imposée de ce poste ne lui convenait pas. Mais Dumbledore se moque de défendre des idées, il veut le prestige. Donc il fait tout pour garder le poste. Et parce qu'il faut qu'il reste visible auprès de l'opinion publique, il affiche ses convictions pour la tolérance envers les Moldus, les Nés-Moldus, les créatures magiques... tout en sabotant en arrière-plan l'une après l'autre les propositions de loi de Lord Potter dans ce sens : il sait parfaitement que les créatures, n'étant pas aussi influençables que les humains, sont loin de lui vouer le même culte, et il n'aimerait pas qu'elles aient tout d'un coup voix au chapitre.

À Hogwarts, tout le monde chante ses louanges, c'est l'un des meilleurs directeurs que l'école ait eu depuis les Fondateurs, etc etc... Dans les années 60, un jeune homme, Tom Riddle, vient demander le poste de Professeur de Défense contre les Forces du Mal. Dumbledore sait que Riddle a tué lors de sa scolarité à Hogwarts : il sait que le jeune homme est derrière l'ouverture de la Chambre des Secrets fin des années 40. Il sait également les rumeurs selon lesquelles Riddle s'est tourné vers les magies les plus noires et les plus sombres, pour acquérir puissance et éternité. Il sait également que Riddle commence à rassembler des hommes autour de lui, des fidèles qu'il appelle Deatheaters, parce qu'ensemble, ils vaincront la mort. Mais au lieu d'arrêter Riddle, de l'empêcher d'aller plus loin dans cette voie, il lui fait simplement un sermon, lui refuse le poste et le laisse partir tranquillement. Est-ce que Dumbledore avait déjà senti la menace que représentait Riddle ? Est-ce qu'il avait vu en ce jeune homme trop ambitieux un potentiel adversaire pour raviver son flambeau de défenseur du bien qui commençait déjà un peu à s'essouffler ? Mystère.

1971. Entre James Potter à Hogwarts. Dumbledore se méfie toujours. James est à la fois le fils parfait de son père, intelligent et doué, aussi apte que Charles à se faire ses propres idées sur les choses, mais aussi beaucoup plus enclin à se débarrasser de la morale pour faire un bon coup. Dumbledore, au lieu de le surveiller sans rien faire, décide de s'attacher la loyauté du gamin. Influences et compulsions au menu, évidemment, mais aussi faveurs : peu de punitions pour les Maraudeurs, ou bien alors très faibles par rapport à la nature de leurs actes, encouragement de leur attitude tête-brûlée... Cela semble fonctionner : James semble tout à fait loyal à Dumbledore, même s'il reste le fils de son père et un vrai Potter. Pour lui, les deux ne sont pas incompatibles.

Surtout que dans les années 70, période de la scolarité de James, monte une nouvelle menace, un nouveau Lord Noir, encore plus terrible que Grindelwald, et surtout, agissant sur le sol britannique. Entre en scène Voldemort. Tout le monde en Grande Bretagne a oublié ce si brillant étudiant des années 40, Tom Riddle. Tout le monde, sauf Dumbledore, qui sait parfaitement qui se cache derrière ce pseudonyme de Lord Voldemort. Mais il n'agit pas ouvertement. Il aurait été facile de rompre la boucle de la peur en enlevant le masque de Lord Noir à Riddle, en le montrant pour ce qu'il est : un orphelin d'une cinquantaine d'années qui n'a toujours pas résolu son problème d'Œdipe et préfère s'en prendre aux cibles faciles dans le système magique britannique : les Moldus et les Nés-Moldus. Il aurait été facile de montrer que celui qui se prétend Sang-Pur ne l'est pas, lui coupant ainsi tout soutien de la noblesse traditionaliste. Mais Dumbledore ne fait rien de tout ça. Il monte plutôt un groupe secret paramilitaire qu'il nomme Ordre du Phoenix, selon les vieux Ordres de la noblesse, démontrant à son tour son envie d'appartenir à une société à laquelle il n'a pas droit. Il laisse Voldemort installer la peur et la terreur, et il agit comme si en effet, Voldemort était un puissant mage noir représentant une menace certaine pour le pays. C'est l'attitude de Dumbledore, sa passivité face à Voldemort alors qu'il occupe plusieurs postes stratégiques dans la communauté magique et dispose d'une influence considérable, qui va donner son véritable pouvoir au Lord Noir.

Et les conflits commencent. Larvés, d'abord. L'Ordre du Phoenix s'oppose aux Deatheaters, Dumbledore à Voldemort. Dumbledore doit être heureux : il a enfin un nouveau Mage Noir auquel s'opposer pour se positionner comme défenseur du bien. À côté de ça, les vieux Ordres se mobilisent également, dont celui de la Table Ronde. Les Bones, les Longbottom et les Potter forment leurs jeunes hommes pour qu'ils remplissent le devoir de la famille : protéger le pays des criminels. Edgar Bones, Frank Longbottom et James Potter sont cette nouvelle génération. Ils sont entraînés dès l'enfance, comme chaque jeune homme de leur famille, mais à leur adolescence, leurs pères renforcent les leçons, dès les premiers signes de la montée de Voldemort. Tous les trois sont trop jeunes, leurs pères sont trop vieux et n'auront pas le temps de récupérer leur jeunesse et leur force... Alors les trois adolescents sont formés, plus ou moins en secret.

Les trois familles, contrairement à Dumbledore, ne cherchent pas la gloire. Elles ont suffisamment d'Histoire sur les épaules pour savoir que la gloire est éphémère. Alors elles incitent leurs jeunes chevaliers à rejoindre l'Ordre du Phoenix plutôt que de se comporter en héros solitaires. Les trois jeunes renâclent un peu, mais croient au prestige de Dumbledore, et finissent par accepter d'obéir à un commun.

La guerre devient ouverte contre Voldemort. Et pourtant, Dumbledore applique une politique étrange dans son Ordre : ses membres ne doivent pas se complaire dans le mal, et doivent donc se limiter à stupéfixier ou immobiliser les adversaires, sans les blesser et encore moins les tuer. Les Aurors membres font valoir leur serment au Ministère pour se passer de cette consigne et les trois Chevaliers de la Table Ronde font valoir leur propre Ordre et leurs privilèges pour agir sans cette contrainte qu'ils jugent stupide. Sur la totalité des combattants de l'Ordre du Phoenix, seuls une petite dizaine accepte d'aller plus loin qu'une simple immobilisation de l'adversaire. Forcément, l'Ordre se fait réduire en miettes à chaque rencontre, et n'est miraculeusement sauvé que par l'intervention à chaque fois à point nommé de Dumbledore, qui n'hésite pas à se servir de sa magie la plus spectaculaire pour faire reculer l'ennemi.

Mais tout le monde trouve ça tout à fait normal et crie à l'héroïsme de Dumbledore, le seul qui parviendra à défaire le pays de Voldemort.

77. Coup dur pour les Potter : Lord Charles et sa femme sont assassinés par les Deatheaters, et James se retrouve propulsé Lord à peine majeur, alors qu'il n'a pas encore fini sa scolarité, et commence à peine sa relation avec Lily. Cela va le forcer à mûrir rapidement, abandonner ses frasques de Maraudeur, et quitter brutalement l'enfance protégée qu'il a eue jusque là.

79. La descente aux enfers. James commence à avoir des soupçons, et en parle à ses deux frères d'armes et à ses amis Maraudeurs. Remus est de plus en plus impliqué dans la lutte contre le ralliement des loups-garous à la cause de Voldemort, sur l'insistance de Dumbledore qui connaît pourtant le dégoût de Remus pour sa condition. Pettigrew prend la Marque des Ténèbres, et commence à espionner l'Ordre pour Voldemort. Dumbledore s'en rend compte, et se sert de lui pour faire passer certaines informations, certaines fausses, d'autres vraies, à son nouveau Maître. Pendant ce temps, il se rend également compte de la méfiance grandissante des trois chevaliers et de Sirius Black envers lui, et commence à comploter pour se débarrasser de ces éléments gênants, parce qu'ils n'obéissent pas aux règles de l'Ordre et parce qu'en plus ils osent se méfier de lui.

Il commence doucement, en révélant à l'Ordre qu'il y a un traître dans leurs rangs, et en laissant sous-entendre que c'est Remus. James et Sirius s'éloignent donc de leur si intelligent ami. Mais James se marie avec Lily Evans. Une jeune femme elle aussi trop intelligente pour son bien. Dumbledore est persuadé qu'elle et James mettront à jour ses projets, et il en est hors de question. Frank, lui, épouse Alice, et Edgar a déjà épousé Mary et a déjà un garçon. Dumbledore prend peur : les trois familles sont à présent en mesure de continuer leur lignée, et donc de transmettre les enseignements de l'Ordre de la Table Ronde. Il est de plus en plus urgent d'agir.

La famille Bones est décimée, seule la petite fille, Susan, tout juste née, survit au massacre, et est confiée à sa tante, Auror. Mais les hommes de la lignée ne sont plus.

80. Naissance de Neville et de Harry au mois de juillet. Les deux familles sont ravies, Alice est nommée marraine de Harry et James parrain de Neville. Les deux garçons redonnent de l'espoir aux deux familles, surtout après le massacre chez les Bones et la perte de leur frère d'arme et de sa famille. James augmente la sécurité de Lions' Rock pour protéger son fils, et Lily et lui commencent à prendre leurs prédispositions au cas où. Ils n'ont jamais pensé à la mort jusque là, mais avec un fils, ils doivent aussi penser à son avenir.

Puis surprise : on découvre que Harry est mage. Ses accidents magiques n'en sont pas : il contrôle ce qu'il fait. Seul un mage peut avoir ce type de contrôle à cet âge. Avant même de savoir parler, Harry est déjà capable de faire des petites blagues à son père. James est ravi. Ce n'est pas exceptionnel chez les Potter, mais c'est quand même très bon signe. Dumbledore en est informé lors de l'une de ses visites. Harry a peur de lui, ce qui le surprend : c'est la première fois qu'un bébé a peur de lui. James lui explique que Harry est mage, et doit voir quelque chose dans la magie de Dumbledore qui ne lui plaît pas. Il ne faut pas en tenir compte, ce n'est qu'un nourrisson qui ne connaît encore rien à la magie. Mais la nouvelle effraie Dumbledore. Il craint les Potter depuis l'arrivée de Charles au Wizengamot : Charles est un fin politicien, James est un excellent combattant, le meilleur de leur camp, et voilà que la prochaine génération est mage. Le jeune Harry aura le pouvoir de vaincre Voldemort, et Dumbledore estime qu'il en est hors de question : c'est à lui de s'en occuper, pour sa gloire. Alors il décide de tout faire pour que Harry devienne un outil entre ses mains, et que Dumbledore puisse bénéficier de sa puissance, sans pour autant que le jeune Potter puisse réclamer sa part de gloire.

La prophétie tombe à point nommé. Selon ses descriptions, seuls deux enfants sont concernés, Harry Potter et Neville Longbottom. Les deux familles se protègent encore davantage : les Longbottom se retranchent dans leur Manoir, en fermant complètement les accès, et les Potter augmentent encore la sécurité de Lions' Rock, la transformant en forteresse inexpugnable. Mais pour Dumbledore, ce n'est pas bien. Il sait que Lions' Rock ne tombera jamais sous les coups de Voldemort : elle est trop ancienne, trop bien protégée. Il faut faire sortir les Potter de là. Et il leur explique donc que non, Lions' Rock n'est pas suffisant, Voldemort est le plus puissant mage noir rencontré en Grande Bretagne, et malheureusement, les défenses du domaine ne suffiront certainement pas. Par contre, il connaît la protection idéale, infaillible pour protéger la petite famille. Alors si James et Lily veulent bien lui faire confiance...

Il lui faudra des mois de négociations, puis le couple Potter accepte, non sans prendre de nouvelles précautions : nouveau testament, leurs biens confiés à leurs avocats... Mais Dumbledore est là lors de la rédaction du testament, et n'est pas particulièrement inquiet. Il propose de les héberger dans un petit cottage qui ne paie pas de mine, dans lequel Voldemort ne songera jamais à chercher la si prestigieuse famille Potter. Et il propose de la protéger par Fidelius. James demande aussitôt à ce que Sirius Black, son meilleur ami, soit Gardien du Secret. Il sait que Sirius, parrain de Harry, ne trahira jamais son frère de cœur. Dumbledore aussi le sait, et il incite Sirius, via influences, à proposer à James Pettigrew comme Gardien. Pettigrew que Dumbledore sait être un Deatheater. D'après "Sirius", Pettigrew est parfait, personne ne se doutera que c'est lui le Gardien. Et Sirius le protégera. James cède.

Et voilà la nouvelle cachette mise en place, début octobre 1981.

Tout le monde connaît les événements du 31 octobre 1981. Ce que ni Voldemort, ni Dumbledore n'avaient prévu, c'est que bébé Harry survive à l'attaque. Sirius est le premier à se rendre sur les lieux. Il vient d'aller chez Peter et a vu l'appartement vide, et il a aussitôt compris. Mais il est arrivé trop tard : James et Lily sont morts, et Harry pleure dans son berceau, devant un tas de robes noires, tout ce qui reste de Voldemort, et une cicatrice sanguinolente sur le front. Sirius est effondré, mais il est le parrain du bébé, et il est temps de prendre fonction : il décide d'emmener jeune Harry avec lui pour s'en occuper, et lui transmettre tout ce que James aurait du lui transmettre.

Mais ça ne va pas se passer comme ça : à la sortie de la maison l'attend Dumbledore. Grâce à ses outils de surveillance, il sait qu'un drame vient de se passer. Il affiche son soulagement à la vue du bébé vivant, et insiste auprès de Sirius pour qu'il lui soit confié. Sirius refuse : Harry est son filleul, et seul un noble du même Ordre ou du même niveau qu'un Potter peut s'occuper de Harry. Il compte assurer sa garde, et bénéficier du soutien de Frank Longbottom et Amelia Bones pour tout ce qui concerne les spécificités Potter. Mais ça, c'est hors de question pour Dumbledore : ça ferait de Harry le prochain chevalier Potter, mage de surcroît, et dans ce cas, comment assurer son ascendant sur lui ? Il influence donc Sirius pour qu'il lui laisse le bambin, et l'envoie à la chasse de Pettigrew, espérant que ça le fasse arrêter au passage.

Dumbledore emmène Harry à Hogwarts, où Pomfrey le rencontre pour soigner cette vilaine cicatrice. Qui ne veut pas partir. C'est donc une trace de magie noire. Dumbledore va explorer le cottage et use de Légilimancie sur le jeune Harry pour comprendre ce qui s'est passé : Voldemort a voulu tuer Harry d'un Avada Kedavra, mais Harry, pour une raison mystérieuse, a survécu, n'ayant pour seule trace que cette cicatrice. Dumbledore soupçonne bien plus et examine à son tour Harry. Ce qu'il découvre, personne n'en sait rien, il garde ses conclusions pour lui. Certainement l'Horcruxe, mais personne, ni Pomfrey, ni les Aurors qui ont fait ce récit, ne peuvent le soupçonner. Ce qui est certain, c'est ce qu'il fait ensuite : il bride la magie de Harry, la limitant à celle que devrait avoir un jeune sorcier moyen. Il prive également le bébé des souvenirs de ses parents, pour ne pas le traumatiser davantage de cette perte terrible. Et il explique qu'il sait que Voldemort n'est pas vraiment mort, et qu'il reviendra, et qu'il faut se montrer vigilant.

Et il décide de confier l'enfant à ceux à qui James et Lily ne voulaient surtout pas qu'il soit confié : la sœur de Lily et son mari, Moldus et méprisant complètement la magie. Dumbledore le sait. Il était là lors de la signature du testament. Mais il explique que Lily a du certainement utiliser une très vieille magie dérivant de l'amour maternel pour protéger son fils, et qu'avec une légère modification, cette protection pourra continuer tant que Harry vivra chez quelqu'un partageant le sang de sa mère.

Harry est donc déposé le lendemain soir du meurtre de ses parents sur le palier des Dursley, avec juste une lettre de Dumbledore expliquant que les parents de Harry sont morts et qu'il serait très généreux de la part des Dursley de veiller sur le jeune Harry. En compensation, Dumbledore promet une subvention mensuelle conséquente pour assurer les frais d'éducation de Harry, la mise en place de boucliers de protection sur la maison pour les protéger de tous les sorciers, le blocage des pouvoirs de Harry, et l'assurance qu'aucun sorcier ne viendra jamais les déranger : bref, ils n'auront en aucun cas affaire à la magie. Tout cela sera valable uniquement s'ils veulent bien s'occuper de Harry jusqu'à sa rentrée à Hogwarts, et ensuite uniquement les étés. S'ils font preuve de bonne volonté, ces avantages leur seront proposés jusqu'au dix-septième anniversaire de Harry. Les Dursley acceptent.

Pendant ce temps, Dumbledore fait en sorte que personne ne remette en cause ce placement : les Longbottom sont agressés par des Deatheaters furieux de la défaite de leur Maître et Sirius est emprisonné à Azkaban sans procès : Dumbledore témoigne qu'il était bien le Gardien du Secret des Potter, et c'est donc à cause de lui que le pays vient de perdre deux héros. Pour faire bonne mesure, les parents de Lily sont également assassinés dans les semaines qui suivent. Dernier témoin du testament, Dumbledore assure qu'il est inutile de le lire tant que le jeune Harry n'aura pas l'âge de le comprendre, et en attendant, Dumbledore, dans sa grande bonté, s'assurera que le jeune Potter est bien pris en charge comme il le convient. Il est nommé sans plus de discussion tuteur exclusif de Harry, une semaine après la mort de James et Lily.

Il tient sa promesse aux Dursley : rien du monde magique ne les atteint les années suivantes : le courrier pour Harry est détourné pour atterrir chez Dumbledore, que ce soit celui des fans comme les missives plus importantes de Gringotts ou de ses avocats... Et quand quelqu'un fait signe de s'intéresser de trop près à Harry, Dumbledore fait tout pour l'en dissuader.

Remus Lupin lui donnera du mal : en 87, quand Harry a sept ans, il parvient à retrouver la trace de celui qu'il considère comme son neveu, et parvient à le rencontrer, à la sortie de l'école. Remus est choqué par l'état de l'enfant : trop petit, trop maigre, des vêtements trop grands, des traces de coups un peu partout, et un comportement typique d'un enfant sévèrement maltraité. Il parvient à inciter l'enfant à le suivre. Harry, ayant toujours rêvé que quelqu'un vienne le sauver des Dursley, le suit sans trop de discussions. Remus parvient à cacher Harry pendant deux semaines. Deux semaines pendant lesquelles il essaie de montrer à son neveu ce que c'est qu'une vraie vie de famille. Ces deux semaines lui font mal au cœur, à cause du comportement absolument choquant de l'enfant, qui s'attend à chaque moment à recevoir un coup, qui se précipite pour faire la moindre corvée et qui, et c'est ce qui va rendre Remus fou de rage, va même lui demander s'il a besoin de certains... services. Apparemment, son oncle en serait friand pour se calmer après une dure journée.

Dumbledore mettra donc deux semaines à le retrouver, puis parviendra à mettre la main sur les deux fugitifs. Harry est ramené chez sa tante sans plus de discussions, ses souvenirs de Remus et de ces deux semaines supprimés, et Remus aussi verra sa mémoire modifiée et les compulsions visant à le décourager de retrouver Harry renforcées.

Harry grandit donc chez les Dursley, malheureux, maltraité, tandis que dans le monde sorcier, tout le monde vénère son nom et s'imagine qu'il vit comme un prince choyé, le jeune héros Potter, gâté par quiconque a la chance d'en avoir la garde. Dumbledore ne décourage pas ces rumeurs, au contraire. Il sait parfaitement que du coup, tout le monde aura beaucoup d'attentes concernant Harry lorsqu'il réintégrera le monde sorcier, et qu'il ne saura pas comment les gérer. Et Dumbledore compte bien être là pour le guider et le soutenir, et faire en sorte que Harry le voit non seulement comme celui qui l'aura sorti de sa misère chez les Dursley, mais en plus sera son mentor dans le monde sorcier.

Dumbledore prépare soigneusement la réintroduction de Harry dans le monde sorcier : il s'allie avec une famille proche de lui, les Weasley. Molly Weasley née Prewett est une petite cousine à deux ou trois degrés, et lui porte un véritable culte. Elle accepte donc immédiatement ses projets : faire en sorte d'offrir à Harry une famille, la première vraie famille pour ce pauvre orphelin ayant malheureusement grandi sans amour, et faire en sorte qu'il veuille tellement rester dans la famille qu'il décidera d'épouser la seule fille de la fratrie, Ginny. Un contrat de mariage est même prévu, et Ginny est proprement éduquée à devenir la future Madam Potter. On ne parle pas de Lady, parce que Dumbledore n'a aucune intention de révéler à Harry qu'il est noble. Ronald, qui a lui le même âge que Harry et devrait faire sa rentrée en même temps, est influencé pour faire en sorte qu'il veuille devenir l'ami de Harry Potter, le Garçon-qui-a-Survécu.

Dumbledore est ainsi assuré que le jeune Harry sera influencé par une famille proche de lui, et restera dans son camp, parfait petit outil. L'étape suivante consiste en l'entraînement. Et pas un entraînement tel que les futurs chevaliers-mages de la Table Ronde en reçoivent, non. Cet entraînement est destiné avant tout à façonner Harry, à enraciner en lui la conviction qu'il doit agir pour le bien de la communauté, qu'il est malheureusement le seul à pouvoir le faire, et bien sûr, Dumbledore compte bien être présent à l'arrivée pour lui dispenser les enseignements nécessaires.

Dumbledore prépare donc la première année de Harry, avec la Pierre Philosophale en guise d'appât pour Voldemort, un parcours à la hauteur de Harry et de ses amis choisis par Dumbledore, avec ce qu'il faut de challenge pour les valoriser, mais assez peu compliqué pour que ce ne soit pas insurmontable pour des première année.

Mais Dumbledore n'avait pas prévu plusieurs choses : premièrement, que Harry ne soit pas le seul mage de sa promotion. Le jeune Neville, complètement ignoré par Dumbledore une fois qu'il a découvert que Harry était mage, en est finalement un aussi. Une Née-Moldue, Hermione Granger, est également mage, et enfin, au grand désarroi de Dumbledore, l'Héritier Malfoy, le jeune Draco, est mage. Dumbledore avait déjà prévu pour Draco Malfoy le rôle d'opposant à Harry, afin de lui montrer où se trouve le bien, quitte à favoriser le clivage entre Gryffindor et Slytherin. Alors il intervient et décide de brider ces trois nouveaux mages. Il ne faut surtout pas que la magie de Harry se sente attirée par la magie des autres. Il ne réfléchit même pas à la signification de la présence de quatre mages en même temps, tout focalisé qu'il est à faire de Harry son outil parfait pour la défaite ultime de Voldemort. Il va même jusqu'à faire en sorte que Harry, qui ne connaît encore rien au monde sorcier, soit méfiant envers Slytherin, afin de ne pas y être envoyé.

Et ça marche : il est envoyé à Gryffindor. Malheureusement pour Dumbledore, Granger et Longbottom aussi, mais ce n'est pas grave, il pourra gérer : Granger est une Née-Moldue et ses parents ne se rendront compte d'absolument rien, et Augusta Longbottom est persuadée que l'absence d'accidents magiques de son petit-fils veut dire qu'il est presque Squib et non au contraire mage. Placer sur lui un bridage puissant ne pose donc aucun problème.

Commence alors la scolarité de Harry, étroitement surveillée par Dumbledore. Ses amitiés et ses inimitiés sont encouragées, voire créées, par le directeur. Ron Weasley devient son meilleur ami, Draco Malfoy son pire ennemi, comme prévu. Mais Hermione Granger se greffe au duo de Gryffindors, et résistera à tous les efforts de Dumbledore pour s'éloigner d'eux. Dumbledore, tout au long de la scolarité de Harry, le soumettra à divers tests et épreuves, non pas pour faire de lui un parfait futur Lord ou un parfait chevalier comme il le devrait, mais pour renforcer les convictions qu'il veut implanter en Harry.

Plusieurs personnes se rendent compte des mauvais traitements que Harry subit chez les Dursley, mais sont aussitôt traitées en conséquence : mémoire effacée, et compulsions pour les inciter à se désintéresser de Harry.

Toute la vie de Harry est ainsi orchestrée par Dumbledore : ses résultats scolaires moyens, son attitude tenant à la fois du courage chevaleresque et de l'abnégation absolue, son sens du sacrifice surdéveloppé, et bien sûr sa confiance inébranlable en Dumbledore, renforcée au cours des années.

Puis vient le Tournoi des Trois Sorciers. Harry a prévenu Dumbledore de ses rêves étranges mettant en scène Voldemort qui reprend des forces et parle de l'événement. Dumbledore a entendu les bruits qui courent. Il sait donc que Voldemort se prépare à frapper fort pour pouvoir renaître au plus fort de son pouvoir. Et lorsque Harry est inscrit contre son gré au tournoi, au lieu de l'en sortir, comme il aurait pu le faire en tant que tuteur de l'Héritier Potter, il l'incite à céder et accepter sa participation. Il encourage le faux Moody à se placer comme protecteur pour Harry, pour mener à bien sa mission auprès de Voldemort. Et vient la troisième tâche. Celle qui va voir la renaissance de Voldemort.

Ce retour ne se passe pas comme prévu, ni pour Voldemort, qui aurait espéré que ça reste secret, ni pour Dumbledore, qui aurait espéré que le Ministère le croit. Alors il fait machine arrière, et montre une distance avec le garçon qu'il a pourtant en tutelle et toujours ouvertement soutenu. Oh, oui, il va bien le défendre lors du procès, mais là aussi, il refuse de faire appel aux privilèges Potter. Les signaux sont flous, pour Harry qui a l'impression d'être abandonné, comme pour l'opinion publique, qui refuse de croire au retour de Voldemort, mais croit encore au prestige de Dumbledore, même s'il est écorné. Mais Dumbledore tolère cette baisse de popularité : il sait que ce n'est que passager. Bientôt, tout le monde verra qu'il avait raison, et il sera à nouveau vu comme le défenseur ultime du bien.

En attendant, il reforme l'Ordre, et le mobilise sur la protection de la prophétie au Ministère de la Magie, sans expliquer ce qu'ils protègent réellement. Pour ce qu'ils en savent, ceux attribués à cette mission de garde pensent qu'ils surveillent une arme très importante qui ne doit surtout pas tomber entre les mains de Voldemort.

Pourquoi Dumbledore s'est éloigné de Harry, laissant ainsi la place au doute chez l'adolescent, aucune idée. Sans doute avait-il un plan, quelque chose qui montrerait à Harry qu'il ne faut jamais douter de sa bonne parole.

Mais il n'a jamais eu le temps de le mettre en place : je suis arrivée, comme un cheveu sur la soupe, le soir de Halloween 1995. Je suis également mage, et surtout, je suis une empathe, et je viens d'un futur que Dumbledore ne connaît pas. J'affirme ne pas connaître leur avenir, mais Dumbledore est méfiant. Il me bride ma magie, et me garde à Hogwarts pour me surveiller, prêt à réagir si je me montre récalcitrante.

Et je le suis, récalcitrante. Je suis le grain de sable dans la machine de Dumbledore. Je me lie d'amitié avec Harry et Hermione, je suis répartie à Gryffindor, mais reste ouverte aux autres maisons, y compris les Slytherins. Et à Noël, tout dérape pour Dumbledore. Tu connais la suite, je ne vais pas la répéter ici. Mais les Aurors ont parlé de la visite à St Mungo, de la découverte des influences et des verrous, puis la levée de tout ceci. Puis les discussions qui ont révélé à Harry son héritage Potter. La découverte de la duplicité de Dumbledore, avec la découverte du contrat de mariage et des détournements de fonds et d'objets des coffres Potter...

Et la descente aux enfers pour Dumbledore, avec l'erreur d'avoir agressé ma famille, et du Dementor's Dream qui a permis de révéler cette histoire. Il est démis de ses fonctions, et placé en cellule au Ministère pour répondre aux questions des Aurors non seulement sur mon dossier, mais celui de Harry également. Les témoignages sont rassemblés, et malgré les déclarations dans la presse, les charges s'accumulent.

Dumbledore est innocenté pour l'histoire du contrat de mariage et de l'Amortentia, et réinstallé à Hogwarts, à temps pour rajouter la charge de harcèlement sur le dossier.

Et nous voilà donc aujourd'hui, enfin, hier, dans une salle de tribunal, à écouter les Aurors raconter ça et plus (je t'ai épargné certains détails), en listant en même temps les preuves qu'ils ont pour chaque nouvel élément qu'ils apportent à ce récit incroyable : des souvenirs à lire en Pensine, des témoignages sous Veritaserum, des documents officiels...

Ça leur a pris presque la journée pour tout raconter. C'est absolument édifiant et accablant. Et ce ne sont que les preuves concrètes, et il n'y a pas encore ce que vont apporter les témoignages dans les jours à venir, avec les interrogatoires croisés des avocats des deux parties... C'est évident que cela va apporter de nouveaux éléments, qui ne pourront pas forcément être appuyés par des preuves, mais qui vont quand même marquer le déroulement de ce procès.

On commencera par les témoins les moins importants pour finir avec Harry, puis Dumbledore en tant qu'accusé. Ça commence demain.

Ça va être la partie la plus longue du procès, en fait. Hier, les deux parties ont pu poser des objections sur certaines preuves, mais globalement, les Aurors ont bien fait leur boulot, Amelia savait que le dossier devait être blindé si elle voulait qu'il passe. Le récit que je viens de te faire est donc prouvé de bout en bout, à part les quelques interrogations que j'ai exprimées.

Effrayant, n'est-ce pas ?

Et je n'ai pas hâte de voir ce que les interrogatoires vont révéler sur les zones d'ombre qui restent encore. Ça risque d'être encore plus moche.

Nous sommes rentrés assez tard hier, et Harry était bouleversé par ce qu'il venait d'apprendre : cela fait des décennies que Dumbledore complote contre et utilise les Potter. C'est à cause de lui que Harry se retrouve seul sans aucun membre de sa famille aujourd'hui. Tout ça pour de la gloire. Rien d'autre que de la gloire. Tous ces morts, toutes ces années, pour quelque chose d'aussi éphémère. Dans son genre, Dumbledore est aussi criminel que Voldemort.

Hier soir, Harry a passé la soirée reclus dans sa suite. Il a refusé de voir qui que ce soit. Sauf moi. On a passé la soirée dans le canapé de sa suite, il a pleuré un bon moment. Tous les souvenirs de son enfance et du début d'adolescence sont revenus en masse avec le récit des Aurors. Et il faut ajouter tout ce que nous avons appris sur ce qui s'est passé depuis les années 50-60. Il a du mal à le digérer. Alors j'ai fait comme aux vacances de Noël : je l'ai laissé pleurer contre moi et dire tout ce qu'il avait sur le cœur. Il n'a pas hésité à le faire plusieurs fois pour moi depuis janvier, alors à mon tour de lui rendre la pareille.

Ça fait bizarre de le voir aussi... fragile. J'ai l'habitude de le voir fort. D'habitude, c'est lui qui me console quand je ne vais pas bien. Là, c'est l'inverse. Je n'aime pas ça. Du tout. Mais en même temps, je n'ai pas le droit de lui demander de retenir toutes ces émotions. Je suis même contente qu'il les exprime, et qu'il me fasse suffisamment confiance pour me laisser le soutenir pendant un moment de faiblesse. En fait, ce n'est pas que je n'aime pas le voir exprimer ces émotions, c'est le fait qu'il ressente ces émotions à la base. Je n'aime pas le voir souffrir.

Et ça fait depuis un mois qu'il n'arrête pas : la mort de Sirius, puis mon procès, où j'ai eu besoin de son soutien, qu'il m'a gentiment apporté tout en bouillonnant contre ceux qui m'ont fait souffrir, et maintenant ce procès. Harry est une aura d'émotions négatives, pour le moment. Et je suis contente que ça sorte, et je préfère que ce soit en pleurs qu'en cris, on ne termine pas en dispute comme ça, mais ça ne m'empêche pas de détester qu'il souffre autant.

C'est le deuxième jour, et je souhaite déjà que ce procès soit terminé. Il va être épuisant, moralement et nerveusement. Les vacances en France seront bien méritées...

Aujourd'hui, dimanche normal : sport le matin, et apprentissage l'après-midi. Nous sommes allés tous les cinq avec Luna dans la forêt du domaine rencontrer la colonie de fées. Ce sont de toutes petites créatures, très farouches et difficiles à approcher. Luna les avait repérées lors de l'une de ses explorations, et a réussi à établir le contact avec elles. Elle leur a demandé s'il était possible qu'on soit présentés. Et donc nous voilà.

La fée est une créature de la magie, l'antithèse du Dementor : elle se nourrit des émotions heureuses, elle aussi, mais sans les retirer de leur hôte pour n'y laisser que les pires souvenirs, mais au contraire en les renforçant et en les rappelant à la mémoire de la personne. Du coup, ça nous a fait beaucoup de bien, et c'est aussi pour ça que Luna voulait qu'on les rencontre. Il existe différents types de fées, celles-ci sont des fées des bois, c'est assez commun. Aux fêtes de Noël ou de Yule, elles quittent leurs forêts pour se percher sur les arbres de Noël dans les foyers. Ça renforce l'atmosphère festive. Ce qu'on appelle l'esprit de Noël vient de là, en fait. Il existe aussi des fées des lacs, Luna dit qu'il y en a à Hogwarts : elles n'habitent pas dans l'eau, mais sur les plantes qui vivent au bord de l'eau voire sur l'eau : roseaux, nénuphars... Les fées des montagnes vivent sous terre et aident les nains à trouver les filons de minerais précieux. Et il y a des fées des villes, aussi, qui se nourrissent de tout le bourdonnement d'activité propre aux groupements plus ou moins importants d'humains habitant dans un espace limité. Il y en a dans le château de Hogwarts. Elles le quittent pendant l'été pour s'installer à Londres, et reviennent à la rentrée en même temps que les étudiants.

Les fées que nous avons rencontrées tout à l'heure sont nombreuses, près d'un millier. C'est une grosse colonie, d'après Luna. Mais c'est un bon signe : ça veut dire que la forêt a une aura magique positive, créée par la diversité des animaux et des créatures qui y vivent en paix. Il y a de la prédation, bien sûr, puisqu'il y a toujours la chaîne alimentaire qui existe, mais il n'y a pas de mal en soi : pas de créature qui tue pour le plaisir de tuer, par exemple, ou qui menace de prendre le contrôle de la forêt.

Il est difficile de communiquer avec les fées : elles ne parlent pas. Elles communiquent par émotions. Donc je pourrais y arriver, mais elles n'ont pas la même façon de percevoir les émotions que nous, et donc ça complique un peu les choses. Et puis faut être honnête, il y a aussi l'état d'esprit. Nous n'avons pas franchement les mêmes valeurs. J'ai beau être une empathe, me nourrir des émotions positives des autres et les renforcer ne m'intéresse pas particulièrement, ni m'est d'une d'utilité quelconque. Et mon côté Slytherin m'incite à trouver une utilité dans ce que je fais. Je ne suis pas franchement une altruiste désintéressée. Je ne l'ai jamais été et je ne pense pas commencer maintenant.

Donc du coup, les fées et moi ne sommes pas vraiment sur la même longueur d'onde. Luna est beaucoup mieux placée que moi pour communiquer avec elles. Ça a amusé les autres que les licornes aient un tel effet positif sur moi, mais que je sois incapable de communiquer avec les fées. Ce n'est pas grave. Personne n'est parfait, n'est-ce pas ?

En tout cas, à défaut de pouvoir pleinement communiquer avec elles, ça m'a quand même apaisée. Et je ne suis pas la seule. Ça nous a tous fait du bien. Et les fées sont tolérées par toutes les créatures de la forêt, et elles connaissent les lieux parfaitement. Du coup, un petit ensemble de fées nous a fait visiter les lieux importants des bois de Lions' Rock : une des mares où viennent s'abreuver les licornes, la grotte où se cache la seule chimère de Grande Bretagne... Quand j'ai appris la présence de la chimère, j'avoue que j'ai un peu paniqué : c'est un prédateur redoutable. Mais les fées n'ont pas peur d'elles. En même temps, aussi petites, elles ne présentent aucun intérêt pour la chimère. Nous, en revanche, nous présentons une possibilité de repas beaucoup plus conséquente.

Ma peur a fait rire Neville. Même Hermione et Draco ont semblé amusés. Apparemment, la chimère est en effet un prédateur, mais jouit d'une très mauvaise réputation, pas du tout à la mesure de la réalité. La chimère serait à considérer comme n'importe quel prédateur d'un endroit. Une panthère dans la jungle ne me semble pas particulièrement maléfique, n'est-ce pas ? Alors pourquoi est-ce que j'aurais plus peur de la chimère que de la panthère ? La chimère est une créature magique dans le sens où elle a été créée par la magie et appartient au monde mythologique, mais elle n'a aucun pouvoir particulier, contrairement au griffon ou à la panthère des flammes, par exemple. C'est... un animal... Avec des griffes de lion, deux têtes (une de lion, une de chèvre...) et une queue de serpent venimeuse. Mais c'est un animal... Donc les sorciers ont peur de la magie de la vie, mais pas d'une chimère... Faut parfois pas chercher à comprendre...

En tout cas, cette journée dehors nous a fait du bien, et demain, on attaque à nouveau le procès.

À demain ?

Bisous


Notes de l'auteur

Désolée pour le retard de publication, j'ai plus ramé que prévu pour faire ma fiche sur le forum, les idées ne voulaient pas s'agencer de manière intelligible...

Les fées, c'est principalement pour ne pas vous laisser sur une note aussi glauque ;)

Et tout ce que j'ai raconté sur Dumbledore n'est évidemment pas canon. Il y en a un peu, mais il y a surtout beauuuucoup de clichés utilisés dans les différentes fanfictions, que j'ai tentés d'agencer en quelque chose de cohérent. Vous avez maintenant la vision d'ensemble de ce que j'ai imaginé pour Dumbledore. Qu'en pensez-vous ? Crédible ou non ?

Fiche Forum de la semaine :

Un léger lien avec le contenu de cette semaine, puisqu'on va parler de tout ce qui touche à la noblesse magique britannique ! :) Vous pouvez consulter la fiche à cette adresse : fanfiction(point)net/topic/208440/168899137/1. N'hésitez pas si vous avez des questions à les poster à la suite du post ! :)

À la semaine prochaine pour la suite ! :)