Bonjour à tous/tes !
Je pensais publier plus rapidement, mais j'ai un peu pris mon temps, et me voilà avec un nouveau chapitre. Bien que cette histoire n'ait pas beaucoup de vues/reviews/tout le tralala, je suis quand même contente de voir qu'elle intéresse certaines personnes ! Et je remercie ceux et celles qui l'ont fav, vous êtes adorables, et je vous invite à laisser une petite review pour me dire ce que vous en pensez !
Je ne vais pas parler plus que nécessaire. Bonne lecture !
Mercredi 18 janvier 1985. 08h40, Hawkins, Indiana.
- « Steve Harrington, t'es vraiment qu'un crétin ! »
Le concerné tourna la tête, surpris d'entendre Dustin lui adresser la parole avec ce ton coléreux, et haussa les sourcils en le voyant se rapprocher de lui, l'air vraiment en colère. Qu'avait-il fait de mal au juste ? Le garçon aux cheveux bouclés s'arrêta devant lui et croisa les bras sur sa poitrine.
- « Quoi encore ? »
- « Quoi encore ? Tu me demandes vraiment ? » s'offusqua Dustin qui ouvrit grand les yeux, outré par l'attitude du jeune homme. « Tu te fous de moi ? »
Steve était complètement à la masse sur ce coup. Il réfléchit quelques instants avant de penser à Christie. Qu'avait-il fait de mal au juste ? Il l'avait raccompagné chez elle, et elle l'avait invité à dîner pour le remercier de l'avoir défendu face à Billy et également pour l'avoir ramené chez elle. Il avait accepté, et les parents de la jeune femme avait été ravi de voir que leur fille semblait avoir sociabilisé avec quelqu'un d'autre que Jonathan Byers. La soirée avait été plus que correct. À vrai dire, elle ne lui avait pas beaucoup parlé, et avait davantage discuté avec les parents de cette dernière. Steve avait cependant eu le droit à une bise légère de la part de Christie et était rentré chez lui tôt, déstabilisé par ce qu'il venait de vivre. Il jeta un regard vers Dustin, qui attendait toujours devant lui, l'air renfrogné, et comprit.
- « Tu m'en veux pour ça ? » Il leva les mains au ciel. « C'est elle qui m'a invité ! »
- « Tu l'as ramené chez elle ! »
- « Écoutes abruti, c'était ça ou Billy Hargrove lui collait au cul, t'aurais préféré ça ? »
À en croire l'expression de Dustin, il n'était pas au courant du problème nommé Billy. Avec un soupir las, Steve lui expliqua rapidement la situation dans laquelle la jeune femme était avec le frère de Max, et au fur et à mesure des explication du jeune homme, l'enfant aux cheveux bouclés sentait la colère monter en lui. Elle avait des problèmes à cause d'eux, il s'en voulait terriblement. Cependant, elle ne lui en avait pas parlé, alors qu'ils avaient beaucoup discutés après l'école le jour précédent. Pourquoi ne lui avait-elle rien dit ? Les deux garçons restèrent silencieux quelques secondes, et ce fut Dustin qui rompit le silence lorsqu'il se rappela de ce qu'avait dit le jeune homme juste avant.
- « Attends comment ça elle t'a invité ? »
En voyant le regard noir que l'enfant lui adressait à cet instant, il n'était pas au courant qu'il avait mangé chez les Henderson le soir précédent. Steve ne put s'empêcher de se mordre l'intérieur de la joue en sentant un petit sourire se nicher au coin de ses lèvres. La situation était vraiment bien trop comique. Dustin semblait être à deux doigts de la crise cardiaque. Sa cousine avait invité Steve Harrington à manger chez elle alors qu'elle ne le connaissait pas ? C'était surréaliste. Et le pire pour lui était le fait que le jeune homme avait accepté l'invitation.
- « Non mais je rêve ... »
Le garçon leva les bras au ciel, l'air désemparé, et contourna Steve sans lui adresser un seul regard, alors que ce dernier était surprit de ce retournement de situation. Alors maintenant, Dustin ne s'inquiétait non pas de savoir que sa cousine semblait avoir attiré l'attention de Billy mais plutôt du fait que Steve puisse se rapprocher d'elle. Il se pinça l'arête du nez en se demandant quand sa vie avait pu devenir un tel foutoir avant de se mettre en route vers le lycée. Et dire que la journée ne faisait que commencer. L'air frais le fit frissonner et il retrouva avec plaisir la chaleur humaine des couloirs de l'école. Alors qu'il récupérait ses affaires pour la matinée de cours, il se rendit compte que ce matin était le premier depuis longtemps où il n'avait pas le ventre noué à l'idée de croiser Nancy, où ses pensées ne croulaient pas sous un mélange d'enfants à protéger, de cheveux longs, de monstres et de regards bleus innocents. Ce matin, Steve Harrington était juste Steve Harrington.
Lorsque Christie Henderson arriva ce matin, elle ne pensait pas tomber sur son jeune cousin qui l'attendait, droit comme un piquet, le regard froid. Elle rit légèrement en le voyant aussi sérieux, se demandant combien de temps cela allait durer et la raison de cette apparente colère.
- « Salut Dust', tu vas bien ? »
- « Christie, faut qu'on parle. » Il avait un air sérieux, et remit son sac correctement sur ses épaules avant de continuer. « A propos de Steve Harrington. »
La jeune femme leva les yeux au ciel en soupirant de lassitude. Voilà que son propre cousin allait lui faire une leçon de moral pour avoir accepté qu'un garçon de son âge la ramène. Elle posa sa main sur l'épaule du jeune adolescent devant lui.
- « Dust', laisses-moi gérer, d'accord ? »
- « Ah, donc tu l'aimes bien ! » Dustin plissa les yeux. « Me dis pas que tu le trouves mignon ! »
- « Quoi ? Mais non ! » Elle ferma les yeux quelques instants avant de reprendre sa respiration. « J'essaye juste de me faire un ami. » Le garçon resta silencieux alors que Christie lui lançait un regard. « Tu comprends ? »
- « Pourquoi tu m'as pas dis que t'avais des problèmes avec Hargrove ? »
- « Pour la même raison que toi pour Will. Je ne voulais pas que tu t'inquiètes. Et tu es trop jeune pour ce genre d'histoires, alors mêles-toi de tes fesses compris ? » Elle leva un doigt vers Dustin en fronçant les sourcils, ayant soudainement l'air très sérieuse. « Je ne rigole pas Dust'. »
- « Arrêtes de me parler comme si j'étais un gamin, j'ai 13 ans ! »
- « T'as raison. » La jeune femme hocha la tête. « Ok, je suis désolée de pas t'avoir prévenu. »
La sonnerie retentit et Christie sursauta en se rendant compte qu'elle et son cousin allaient être en retard en cours. Elle déposa un bisou sur la joue du garçon en tournant les talons et se mit à courir dans les couloirs en priant de ne pas être la seule élève dans son cas. Son inattention lui valut de percuter quelqu'un avec force. Elle tomba à la renverse et ses fesses touchèrent le sol sans aucune douceur. Un petit grognement de douleur s'échappa d'entre ses lèvres et elle vit une main tendu devant elle qu'elle agrippa sans faire attention à son propriétaire.
- « Merci ... »
Elle leva la tête et reconnut Steve. La soirée précédente lui revint en mémoire, et pour la première fois de sa vie, elle se sentit gênée. Incapable de dire un mot de plus, elle fuit le jeune homme en sentant ses joues brûler et trottina jusque sa classe avant de s'écrouler sur sa chaise, le coeur battant la chamade. Elle ne put s'empêcher de se faire la réflexion qu'elle venait d'agir avec stupidité, et ne fit même pas attention à Jonathan qui prit son silence pour de l'ignorance volontaire, alors qu'elle avait simplement l'esprit ailleurs. Christie n'avait jamais été le genre de fille qui se faisait raccompagner chez elle, et le trajet avait été très silencieux. Ni elle ni Steve n'avait prononcé un seul mot. Lorsqu'ils étaient arrivés à destination, elle l'avait invité sur un coup de tête avant de regretter quasi-immédiatement sa décision, et lorsqu'il avait accepté, l'air surpris, elle s'était sentit profondément stupide. Ses parents avaient adorés le jeune Harrington, et durant tout le repas, ils n'avaient cessés de lui parler, tandis que Christie se faisait toute petite sur sa chaise. Lorsqu'il dut partir, elle l'avait encore remercié, et lui avait planté un baiser sur la joue avant de faire volte face en montant les escaliers en quatrième vitesse et avait claqué la porte derrière elle, laissant un Steve Harrington hébété sur le palier de sa maison. Christie se passa la main dans les cheveux en soupirant. Dans quoi s'était-elle fourrée ?
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- « Alors ? T'as réussi ? Tu l'as fait ? »
- « Parles moins fort » siffla Mike en jetant un regard noir à son ami qui se dandinait sur sa chaise. « Oui j'ai réussi. »
Will sentit ses lèvres s'étirer en un large sourire alors que son coeur battait la chamade. Il n'avait cessé de penser à la jeune femme, à ce qu'il allait bien pouvoir lui dire, et il n'en avait quasiment pas dormi. Le jeune garçon n'avait plus qu'une hâte : rentrer chez lui pour savoir si elle avait répondu. La matinée s'annonçait très longue pour le jeune Byers. Mais tout le groupe d'enfants avaient hâte de savoir ce que la jeune femme allait dire. Ils étaient tous curieux, même Dustin qui n'avait pas encore digéré que sa cousine lui ait caché quelque-chose. Mais il ne pouvait nier qu'elle n'avait fait que l'imiter. Ils ne s'étaient jamais mentit de toute leur vie. Dustin tenait bien trop à elle, et il commençait à s'en vouloir de lui avoir fait une scène plus tôt dans la matinée. Le garçon essayait d'enterrer sa culpabilité alors qu'ils avaient commencés à discuter à voix basse, spéculant sur l'origine de la jeune femme. Ils étaient tous persuadés qu'elles étaient comme Elfe : une expérience du laboratoire d'Hawkins qui s'était échappé. Si elle était comme Elfe, alors elle devait avoir des pouvoirs ! Maxine avait donné quelques idées. Des pouvoirs psychiques ? Manipulation des esprits ? Lucas s'était imaginé des compétences en gestion du feu et Mike avait levé les yeux au ciel face à l'air ravi de son ami. Dustin, lui, avait commencé à la surnommer « la démofille », ce qui n'avait pas vraiment plu à Will car il lui avait donné un coup de coude dans l'estomac, l'air sombre.
- « Oh allez Will, avoues que le surnom est trop cool ! »
- « Elle n'a rien à voir avec le démogorgon, les démochiens et tout le reste ! » avait répliqué le jeune Byers.
Mais son ami n'avait pas tenu compte de ses réflexions, et à son grand désarroi, tout le groupe l'appelait maintenant la démofille. Avec un soupir, Will regarda l'horloge accroché au mur de la classe dans laquelle ils venaient de rentrer, et geignit. La matinée allait longue ...
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Lorsqu'elle sortit de sa deuxième heure de cours, Christie avait presque oublié la raison de son malaise. Elle avait affronté quelques regards insistants de Billy, mais à vrai dire, le jeune homme semblait commencer à se désintéresser d'elle, ce qui lui allait très bien. Alors qu'elle allait se diriger vers son dernier cours de la matinée, elle entendit quelqu'un prononcer son prénom, et se retourna en plissant les yeux pour voir qui l'avait interpellé. Jonathan trottinait vers elle, tenant ses cahiers contre lui. Elle s'arrêta au milieu du couloir pour l'attendre, et quand il fut à sa hauteur, esquissa un sourire.
- « Toujours aussi lent Byers. »
- « Et toi, toujours aussi agréable Henderson. » Il pinça les lèvres. « Tu m'as ignoré toute la matinée. »
La jeune femme baissa la tête en se sentant coupable. Il n'avait pas tort. Elle n'avait cessé de penser à Steve, espérant qu'il ne se fasse aucune idée quant à la soirée précédente, à Billy Hargrove et à comment elle allait faire pour s'en débarrasser, à son cousin a qui elle avait caché des choses. Elle n'était définitivement pas douée pour les relations humaines ...
- « Désolée » dit-elle simplement d'un air penaud. « J'avais l'esprit ailleurs. »
- « J'avais cru comprendre ... » Le jeune homme sourit à son tour, et elle comprit qu'il ne lui en voulait pas. Après tout, lui non plus n'était pas un as dans ce domaine. « En fait, je voulais te parler de quelque-chose. De Nancy, pour être sincère. »
Christie haussa les sourcils, surprise. Que venait faire Nancy Wheeler dans tout ça ? Elle avait déjà croisé plusieurs fois la jeune femme auparavant, lorsqu'elle venait rendre visite à sa tante et son cousin. Elles n'avaient jamais vraiment discutés, et jusqu'à lundi, elle était persuadée que Nancy était une fille comme les autres, c'est-à-dire l'exact opposé d'elle et de Jonathan.
- « Nancy ? »
- « Je sais que tu n'aimes pas la plupart des gens. C'est pour ça que tu es mon amie d'ailleurs » un petit rire s'échappa d'entre ses lèvres. « Mais Nancy est une fille bien. J'aimerais vraiment que tu essayes de la connaître. »
- « Je ne te promets rien ... » Elle hocha la tête. « Tu vas finir par faire de moi quelqu'un de sociable, Byers. »
Un léger sourire déforma les lèvres du jeune homme en face d'elle. Christie n'avait même pas fait attention au fait qu'ils s'étaient remis à marcher, et quand elle croisa le regard bleu de Billy Hargrove, sa joie naissante s'évapora quasi-immédiatement. Elle se contenta de soupirer en contournant le garçon.
- « Toujours un plaisir de te voir Henderson. »
- « Alors contentes-toi de ce plaisir et fermes-là Hargrove. »
Billy se passa la langue sur sa lèvre inférieure en riant légèrement, nullement impressionné par la répartie de la jeune femme. Il tourna la tête vers Jonathan et vit que ce dernier le toisait d'un air mauvais.
- « Byers, ça va ? »
Ce dernier ne répondit pas, et se contenta de lever les yeux au ciel en s'asseyant loin du garçon qui ne l'avait pas quitté du regard. Christie s'installa à ses côtés, en essayant d'ignorer le garçon aux cheveux longs qui avait visiblement décidé de reprendre son petit jeu. Il s'accouda contre le mur derrière la blonde, toujours aussi souriant.
- « Alors mon ange, t'as passé une bonne soirée avec Harrington le loser ? »
Sa voix trahissait sa colère, mais surtout sa jalousie. Il n'appréciait pas du tout le rapprochement qui était en train de se faire sous ses yeux, et il ne comprenait pas ce que la jeune femme pouvait bien trouver à Harrington.
- « T'es bouché ? Je t'ai déjà dis de me lâcher la veste Hargrove. »
Elle n'avait même pas daigné lui adresser un regard et avait parlé froidement. Alors qu'il allait répliquer, le professeur entra dans la salle, et il se mordit l'intérieur de la joue en allant s'assoir à quelques mètres de Christie et Jonathan, qui avait sourit à la jeune femme en l'entendant répondre sans hésiter à Billy. Ce dernier serra les poings et prit son mal en patience. Elle voulait jouer à ça ? Très bien. Il allait jouer aussi. Mais ce qu'elle ne savait pas, c'est que Billy Hargrove avait toujours un coup d'avance, et qu'il ne perdait jamais.
Christie était rentrée seule, et avait tout de suite commencé à réviser dans sa chambre. Son nouveau disque tournait en boucle dans sa chambre depuis déjà une heure lorsqu'elle eut enfin fini de s'arracher les cheveux pour son contrôle de mathématiques du lendemain. En soupirant, elle ferma son livre avant de jeter un coup d'oeil à l'extérieur. Il était aux alentours de 14h30 et elle commençait à avoir faim. Le soleil était présent, déversant ses rayons qui réchauffaient l'atmosphère. Elle enfila ses chaussons et descendit dans la cuisine en chantonnant, ravie d'être seule toute la journée. Ses parents n'étaient pas là avant ce soir, et elle avait refusé l'invitation de Jonathan à venir réviser avec lui chez Nancy, ne désirant pas se retrouver à tenir la chandelle. Elle irait à la rencontre de la jeune Wheeler, elle se l'était promit, mais sans son ami dans les parages. Toujours aussi guillerette, Christie s'installa dans le canapé et s'enroula dans un plaid moelleux et s'apprêtait à allumer la télévision quand la sonnerie du téléphone sonna, la faisant sursauter. Avec un grommellement, elle se releva et alla jusqu'au combiné en traînant les pieds.
- « Résidence Henderson, j'écoute. »
- « Euh ... Christie ? »
Elle sentit ses joues chauffer en reconnaissant la voix de Steve, et hésita à raccrocher sans lui répondre, mais elle se résigna. La jeune femme déglutit.
- « Je peux savoir où tu as eu ce numéro Harrington ? » Il rit légèrement.
- « J'ai mes petits secrets. L'annuaire. »
- « Oh. »
Elle resta silencieuse quelques instants, alors que de l'autre côté du combiné, Steve cherchait ses mots. Il regrettait déjà ce coup de fil, mais il se racla la gorge en prenant son courage à deux mains.
- « Écoutes, je sais que tu dois te dire que je m'imagine des trucs par rapport à hier, mais je t'assure que ce n'est pas le cas. » Steve se pinça les lèvres en baissant les yeux, le visage de Nancy flottant dans ses pensées. « Je m'excuse. »
Christie ne put retenir un petit rire en l'entendant s'excuser alors qu'il n'avait strictement rien fait de mal, à part essayer d'être gentil avec elle, et elle dodelina de la tête en souriant.
- « Ne t'excuses pas Harrington. Tu n'as rien fait de mal. »
- « Si tu le dis ... » Il avait murmuré ces mots pour lui même. « Enfin. Je voulais juste ... Tu sais, éclaircir les choses. »
Un silence s'installa entre les deux adolescents, chacun cherchant quoi dire à l'autre pour détendre l'atmosphère. La jeune femme enroula le fil du combiné autour de son doigt en songeant à son repas de fortune ainsi qu'à ses cours de sciences qui l'attendaient en haut, et soupira.
- « Tu tombes un peu mal, j'ai encore pas mal de révisions et mon estomac crie famine. »
- « Oh. » Steve se sentit stupide. « Je devrais m'y mettre aussi. Alors, à demain Henderson. »
- « Attends ! »
Il raccrocha sans lui laisser le temps de répondre, laissant la jeune femme avec un sentiment de culpabilité, ayant l'impression d'avoir donné l'air d'être dérangée par le garçon. En soupirant, elle retourna dans le salon pour prendre ses friandises et retourna dans sa chambre. Christie excellait en sciences, mais était vraiment la pire en relations humaines.
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En voyant son jeune frère se précipiter dans sa chambre à peine après avoir franchi le seuil de leur salon, Jonathan sentit son coeur se serrer. Il ne lui avait quasiment pas adressé la parole depuis ce soir où il leur avait parlé de la mystérieuse jeune femme qui l'avait "sauvé" et qui maintenant semblait dans leur monde. Il avait essayé de comprendre, de lui parler, mais Will s'était muré dans un silence de plomb et ni sa mère ni lui n'arrivaient à lui tirer plus de quelques mots par jour. Le garçon savait que son frère ne laisserait pas tomber. Il allait foncer tête baissée à la moindre occasion. Mais il ne voulait pas l'empêcher tout contact. Il voulait s'assurer qu'il ne courrait aucun danger. Leur mère, elle, était d'un tout autre avis. Mais Jonathan ne pouvait pas lui en vouloir. Peut-être qu'il allait regretter ses actes, mais son frère était son meilleur ami, et il voulait l'aider.
- « Will ? » Silence. Jonathan toqua légèrement à la porte. « Je sais que tu es là. Je peux entrer ? »
Un grommellement se fit entendre, et le jeune homme entra dans la chambre de son frère en mettant ses pensées en ordre. Will était assit en tailleur sur son lit, les mains posées sur les chevilles, le regard rivé vers l'extérieur. Il la cherchait. Jonathan s'installa en face du garçon qui l'ignorait royalement.
- « Tu sais quoi Will ? » Il haussa les épaules. « T'as gagné. J'en ai marre de te voir silencieux. »
Le jeune garçon tourna légèrement la tête en lançant à son frère un regard interrogatif. Que voulait-il dire par là ? Jonathan renifla.
- « Je dirai rien à maman si tu acceptes mon aide. »
Il sentit son coeur bondir dans sa poitrine en entendant ces mots, et ses yeux se mirent à pétiller de joie à l'idée que son frère l'aide à rencontrer sa sauveuse.
- « Vraiment ? »
Jonathan pinça les lèvres en hochant la tête, et Will ne put retenir son exclamation de joie en sautant dans les bras du jeune homme qui rit légèrement en voyant le garçon aussi heureux. Cela comptait beaucoup pour Will. Son frère l'avait toujours soutenu, dans tous les moments de sa vie, et jusqu'à cet instant, il souffrait de ne pas pouvoir compter sur lui. Sans plus attendre, Will sortit les lettres qu'ils avaient échangés avec la jeune femme, et Jonathan fut surpris de voir plusieurs papiers.
- « Si je comprend bien ... »
- « Tu l'aurais pas accepté. » Will lui avait coupé la parole.
- « En effet, mais tu aurais pu au moins attendre quelques jours non ? »
Will secoua la tête de gauche à droite en signe de négation, et Jonathan soupira, hésitant quelques secondes à revenir sur ses paroles, mais l'air ravi de son frère lui fit vite oublier sa colère. Il attrapa un des papiers et parcouru les quelques mots rédigés d'une écriture qu'il ne connaissait pas, et qu'il identifia comme étant celle de la jeune femme inconnue. Elle semblait connaître le prénom du jeune garçon ainsi que celui de ses amis, le sien également, ce qui signifiait qu'elle les avait suffisamment approché pour entendre leurs conversations.
- « Elle a un prénom ? »
- « Mh-mh. Dustin l'appelle la démofille » il grimaça. « Mais elle n'est pas un monstre. Je le sais. »
Et Jonathan voulait le croire. Il le voulait réellement. Il ne cessait de se dire que si l'inconnue lui voulait du mal, elle l'aurait fait depuis bien longtemps. Visiblement, cela faisait un moment qu'elle rodait dans le coin. Jonathan tiqua en lisant ce qui semblait être être leur dernier échange. Elle n'avait écrit qu'une simple phrase qui ressemblait à un rendez-vous chez Mike Wheeler. Le jeune homme se frotta la tempe en fermant les yeux, et sentit ses mains se mettre à trembler. Il était en colère à nouveau, mais cette fois-ci, la joie de son frère ne le calma pas.
- « Will ... »
- « Tu as dis que ... »
- « Je ne dirai rien à maman » il rouvrit les yeux et fixa son frère droit dans les yeux. « Tu comptais accepter ça ? » Will hocha la tête, et Jonathan retint un juron. « Et j'imagine que tu n'en as parlé qu'avec les autres ? »
- « Non ... On l'a dit à Steve. » Le garçon serra les dents en regardant son grand frère, craignant sa réaction.
Ce dernier sentit sa gorge se nouer. Son frère avait plus confiance envers Steve Harrington qu'envers lui-même ... La colère fut remplacée par la peine, et Will vit le regard de Jonathan s'assombrir. Harrington les avait beaucoup aidé, c'était un fait. Mais il ne pensait pas que son frère se tournerait vers lui en premier.
- « ... Et ? »
- « Il a refusé de nous aider et nous as dit qu'on avait un problème. »
Jonathan ne put retenir un petit rire en entendant ces mots. Sur ce point, il était d'accord avec Harrington. Son frère et ses amis avaient vraiment un problème pour courir tête baissée ainsi. Après ce qu'ils avaient vécus quelques mois auparavant, ils n'avaient pas réfléchis une seule seconde et avaient acceptés de rencontrer une inconnue venant d'un monde de monstres. Mais Will n'avait aucune crainte et était fou de joie à l'idée de la voir bientôt, surtout maintenant que son frère était dans la confidence. Ce dernier posa la lettre sur ses cuisses en lançant un regard en coin au garçon.
- « Tu comptais la rencontrer seul ? »
- « Je ... » Will n'y avait pas vraiment pensé. Depuis le refus de Steve, il avait tout misé sur ses meilleurs amis pour l'accompagner. Mais maintenant, son frère était au courant. Cela changeait tout. « Je préférerais que tu sois là. »
- « Comme si tu avais le choix maintenant. »
Jonathan renifla en relisant les quelques mots de l'inconnue. Le rendez-vous était fixé à samedi, jour où il avait prévu d'aller réviser avec Nancy à la bibliothèque, les parents de cette dernière n'étant pas là de la journée, laissant la maison des Wheeler libre. Ils avaient pensés à tout, et le garçon se dit qu'ils avaient beaux n'être qu'une bande de pré-adolescents de 13 ans, ils étaient malins. Il regarda quelques instants par la fenêtre, cherchant inconsciemment du regard l'inconnue, comme son frère à coté de lui. Un silence s'installa entre les deux Byers, chacun étant perdu dans ses réflexions. Jonathan, lui, n'arrivait pas à penser à autre chose qu'aux nombreux bouts de papiers qu'il avait sur les jambes. Elle savait lire et écrire, cela confirmait son idée qu'elle n'était pas un des monstres de l'Upside Down. L'enthousiasme de son frère avait atténué sa colère, mais il était toujours inquiet quant aux intentions de la jeune femme. Maintenant, lui aussi était impatient. Dans quoi s'était-il fourré ?
Jeudi 19 janvier 1985. 08h07, Hawkins, Indiana.
Billy regardait la pluie tomber par la fenêtre, le ventre noué par la rage et la peur. Il effleura du bout des doigts le bleu qui commençait à se former sur son avant-bras en serrant les dents. Hier, il était rentré tard. Son père l'attendait. Et il n'avait pas apprécié que son fils lui réponde. Alors, il avait encore frappé. Il se rappelait le bruit que son dos avait fait quand il l'avait envoyé contre le mur, il se rappelait la douleur quand son poing était tombé sur sa joue, il se rappelait le regard fuyant de sa belle-mère et les cris de Maxine qui lui disait d'arrêter, les insultes de son père à son encontre. Billy ferma les yeux en respirant lentement, tendant de calmer les battements de son coeur, et enfila une chemise pour camoufler son bleu. Par chance, son père dormait encore et sa belle-mère était déjà parti. Il croisa le regard de Max, qui finissait de déjeuner en silence. Quand elle le vit entrer dans la cuisine, il vit dans ses yeux qu'elle était désolée pour lui. Billy se contenta de renifler en se servant un verre de lait et l'avala sans prononcer un mot avant de se racler la gorge.
- « Magnes-toi Max. »
- « Ouais ... » Elle se leva et mit son bol dans l'évier. « Tu ... »
- « J'ai pas envie d'en parler. »
La jeune fille se tourna vers son demi-frère qui lui tournait le dos, et qui tentait de retenir ses larmes. Il était fatigué. Épuisé. Il haïssait son père si fort. Sa vie était un véritable enfer à cause de lui. Lorsqu'il grimpa dans sa voiture, il mit le volume si fort qu'il n'entendait plus le bruit du moteur de son véhicule. À ses côtés, Max n'osait dire un mot. Billy roulait vite, si vite que le paysage était flou. La rage qu'il ressentait se reflétait sur sa conduite incertaine et dangereuse. Il aurait voulu continuer, rouler à l'infini, s'en aller de cette ville pourrie, abandonner sa famille et vivre enfin la vie qu'il voulait. Il ne voulait plus jamais sentir les coups de son père, ni entendre sa soeur hurler de peur, voir sa belle-mère impuissante. Il serra le volant entre ses doigts en se garant devant le lycée, attendant que sa soeur descende pour lâcher les quelques larmes qui menaçaient de tomber de ses yeux à tout moment, mais elle ne semblait pas vouloir le laisser seul.
- « Allez casses-toi, vas retrouver ta bande de débiles » grogna Billy en agitant sa main vers elle.
- « T'es vraiment qu'un con Billy ... » Elle secoua la tête en le regardant.
- « Dégages ! » Il lui lança un regard noir.
Elle pesta avant de s'extirper de la voiture et grimpa sur son skate avant de s'éloigner de lui. Il la suivit des yeux avant de pincer les lèvres, et sentit une larme rouler sur sa joue. Un gémissement s'échappa d'entre ses lèvres alors qu'il enfouissait son visage dans ses mains, la gorge serrée. Il était en colère. Contre son père et sa violence, contre sa soeur, contre sa belle-mère, contre lui-même, contre le monde entier. Il voulait juste pleurer, hurler, cracher sa haine, abandonner ses peurs, mais il ne pouvait pas. Il essuya les larmes aux coins de ses yeux avant de souffler, et regarda son reflet dans le rétroviseur. Ses yeux étaient rouges, mais il pouvait faire passer ça pour un manque de sommeil. Il n'avait aucune marque au visage. Son père savait où frapper pour que cela ne se remarque pas. Grace au rétroviseur, il vit la voiture des Henderson s'arrêter et Christie descendre, son sac sur les épaules. Sa colère s'atténua légèrement, et il alluma une cigarette en claquant la portière de la voiture derrière lui, le regard rivé vers la jeune femme qui ne semblait pas l'avoir vu. Billy était en colère. Il avait besoin de se calmer. Et Christie était parfaite pour ça.
- « Salut Henderson. » Il sourit. « Comment tu vas ? »
La blonde leva les yeux au ciel en voyant le jeune homme se stopper devant elle, et croisa ses bras sur sa poitrine en le regardant avec un air sombre. Elle ne semblait pas décidée à lui répondre, et Billy pinça les lèvres en recrachant la fumée vers elle avec un sourire narquois.
- « Tu sais Henderson, Je suis sûr qu'Harrington est fou de joie à l'idée d'oublier la petite Nancy avec toi. J'espère que tu es heureuse de servir de bouche-trou pour ce loser. »
Il vit son visage se décomposer lorsqu'il eut finit sa phrase, et toute sa colère s'en alla, remplacée par un sentiment de satisfaction. Elle avait voulu jouer, et Billy Hargrove ne perdait jamais. Si elle ne voulait pas de lui, alors il allait la détruire. Et la vengeance ne faisait que commencer. Toujours souriant et emplit de fierté, Billy se rapprocha d'elle en calant sa cigarette entre ses lèvres. La jeune femme serra les poings et le contourna sans même un regard pour lui.
- « Allez Henderson, c'est tout ? Tu vas m'ignorer ? »
Il n'avait pas envie qu'elle s'en aille maintenant. Il n'en avait pas fini avec elle. Il ne faisait que commencer. La jeune femme souffla du nez et se retourna, les poings enfoncés dans les poches, l'air blasée.
- « Ta braguette est ouverte. »
Billy jeta un coup d'oeil à son pantalon et la blonde retint son rire face à la scène en s'éloignant du garçon qui grogna. C'était immature, elle en avait conscience. Mais elle était très fière d'elle. Ça avait fonctionné, et elle était sûre d'être tranquille au moins quelques minutes avant le début des cours. En entrant dans le bâtiment, elle retira sa capuche et secoua la tête pour remettre ses cheveux correctement et vit au loin Steve lui adresser un léger sourire timide. Les paroles de Billy lui revinrent, confirmant ses pensées comme quoi le jeune homme avait bien été amoureux de Nancy Wheeler, qui était maintenant avec Jonathan. En y repensant, Christie se rappela de l'air désolée de la brune et de la gêne de son ami. Visiblement, cette relation avait un passé houleux. Elle se mordit la lèvre en entendant dans sa tête ce que Billy avait dit après. Un bouche-trou. Steve voulait-il vraiment se rapprocher d'elle dans l'idée d'oublier son ex ? Non, elle ne le pensait pas. Il avait dit ça uniquement pour la blesser. Décidément, les relations humaines étaient bien compliquées pour elle. Christie bouscula quelqu'un et pesta.
- « Fais gaffe ... Hey, Christie, salut. »
Steve lui souriait timidement. Il ne manquait plus que lui ... Elle sourit à son tour, sans pour autant oublier les paroles d'Hargrove.
- « Salut Harrington. » Elle pointa le doigt sur la poitrine du garçon en pinçant les lèvres. «Tu m'as raccroché au nez hier. C'est très malpoli. »
Steve haussa les sourcils en frissonnant lorsque le doigt de Christie l'effleura. Il avait vraiment fait ça ? Il était si stressé lors de son coup de fil qu'il n'avait même pas entendu la jeune femme lui répondre. Ce qu'il pouvait se sentir stupide, là maintenant. Stupide comme un adolescent lambda de 17 ans. Il se frotta la nuque, l'air désolé.
- « Tu m'as dit que tu voulais réviser. »
Elle dodelina de la tête, sans perdre son petit sourire. Il n'avait pas tort.
- « Mais cela ne voulait pas dire que tu devais me raccrocher au nez, Harrington. »
- « Tu es au courant que j'ai un prénom, Henderson ? »
- « Je sais Steve, mais j'aime bien ton nom. »
La conversation transpirait la normalité. Steve se sentait bien. Il ne se rappelait pas de quand datait sa dernière conversation sans rapport avec des monstres, des enfants, un monde parallèle ... Il avait l'impression d'être enfin redevenu un garçon de 17 ans avec des préoccupations normales. Il n'avait pas remarqué que la jeune femme avait prit un de ses livres qu'il serrait contre sa poitrine, et lorsqu'il la vit se mordre la lèvre à la vue de ses notes, il sentit son coeur louper un battement. Il essaya de récupérer son livre mais Christie était bien plus rapide que lui et s'était retournée en claquant de la langue face aux résultats des tests qu'elle avait sous les yeux.
- « Eh bien ... C'est ... » Elle semblait chercher ses mots, et pinça les lèvres. « Catastrophique. »
- « S'il te plait, Christie, rends-moi ça. » Steve tendit la main vers elle, mais la jeune femme ne leva même pas les yeux vers lui. Il soupira. « C'est ... Gênant. »
- « C'est surtout très mauvais Harrington. » Son regard parcouru les notes du jeune homme. « Les sciences ... L'histoire ... Je ne savais pas que c'était possible d'avoir de si mauvaises notes. » Christie haussa les sourcils. « 2 ? Réellement ? »
Steve hésitait entre lui arracher le livre des mains ou partir en courant, la honte sur ses épaules. Son regard croisa celui de la blonde qui lui souriait.
- « Ok, j'ai l'impression que tu as grand besoin d'aide sur ce coup. » Elle lui tendit son livre. « Quand est ton prochain test ? »
La honte fut remplacée par la surprise. Elle lui proposait vraiment son aide ? Non, elle lui imposait, même. Steve haussa les sourcils en la regardant, un peu perdu, et ne put s'empêcher de penser à Nancy. Elle était la dernière à avoir voulu l'aider pour ses notes, et il se rappelait de ce qui s'était passé par la suite. Mais Christie n'était pas Nancy. Il ne la voyait pas de la même manière. Et Christie avait des intentions tout à fait innocentes. Le jeune homme récupéra son livre en se mordant la lèvre.
- « Hm ... La semaine prochaine. »
- « Parfait. » La sonnerie retentit dans le couloir et Christie lui tapota l'épaule en souriant. « On se voit à midi. »
Elle fit volte-face et s'éloigna vers son prochain cours, laissant un Steve Harrington hébété et encore un peu surpris par ce qu'il venait de vivre. Il ne comprenait pas la jeune femme, mais était presque heureux qu'elle lui ait proposé son aide. Il avait l'impression de retrouver enfin une vie normale, et ne put s'empêcher de sourire légèrement, malgré le regard noir que Billy Hargrove lui lançait au même moment. La journée commençait bien pour le garçon.
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- « Tu es sûr qu'elle ne lui veut aucun mal ? »
- « Nancy, si elle lui voulait du mal, elle lui en aurait déjà fait, tu ne crois pas ? »
Nancy tiqua. Jonathan venait de lui raconter tout ce qu'il avait apprit sur l'inconnue le jour précédent avec son frère. Ils étaient au fond de la bibliothèque du lycée, à l'abri des oreilles indiscrètes, et pouvaient parler sans craindre d'être dérangés. La jeune femme n'était pas d'accord avec Jonathan, et elle refusait de la recevoir chez elle.
- « Je n'ai pas confiance. »
- « Nancy ... »
- « Non Jonathan. » Nancy posa son doigt sur sa bouche. « Je suis contre. »
Le jeune homme serra les dents en lançant un regard sombre à sa petite-amie qui ne se laissa pas impressionner. Il se pinça l'arête du nez en soupirant avant de baisser la tête.
- « Je ne laisserai pas mon frère seul. Tu comptes laisser Mike ? Dustin ? Lucas ? Max ? » Il haussa les sourcils.
- « Je ne veux pas la rencontrer ... » Elle ferma les yeux. « Elle n'a pas sauvé Barbara ... »
Jonathan se mordit l'intérieur de la joue en voyant l'air triste de sa petite-amie qui semblait au bord des larmes à l'évocation de sa défunte amie. Le jeune homme posa sa main sur l'épaule de Nancy en plongeant son regard dans le sien.
- « Je suis désolé Nancy ... Mais elle a sauvé Will. Sans elle, il aurait fini comme Barb' ... »
La douleur était toujours aussi lancinante, transperçante, et la culpabilité lui broyait les épaules. Son regard devia vers une des tables de la bibliothèques où Steve était en pleine révisions, et elle eut l'impression qu'elle allait s'écrouler tant ses épaules étaient lourdes. Jonathan lui caressa la joue et elle baissa les yeux vers ses chaussures.
- « Ce n'est pas fini, hein ? »
- « C'est pour ça que je veux la voir Nancy. Pour connaître la raison de sa venue ici. »
- « On sait ça que ça veut dire Jonathan ... » marmonna la jeune femme en relevant les yeux vers son petit-ami. « Le portail, les monstres ... Ça n'en finira jamais. »
Jonathan ne savait quoi répondre. Car elle avait raison. Elle ne voulait aucun mal à Will, mais sa venue ne pouvait être un hasard. Mais il ne pouvait laisser son jeune frère seul face à tout ça. Il comprenait parfaitement que Nancy ne veuille pas la rencontrer dans l'immédiat, et décida donc de changer le rendez-vous à chez eux. Il lui sourit tendrement avant de déposer un léger baiser sur son front. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est qu'une oreille indiscrète avait tout entendu de leur conversation. Une oreille qui s'était rapproché par hasard, et qui se posait maintenant milles questions. Lorsqu'elle alla se rassoir, Christie avait l'impression que son cerveau allait exploser. Steve lui lança un regard interrogatif pendant qu'elle semblait perdue dans sa contemplation du livre devant elle. Des monstres, un portail, un monde à l'envers, Barb', Will ... Will. C'était en rapport avec Will. Et elle avait entendu le prénom de son cousin. Il était impliqué dans tout ça. Christie déglutit en revenant à elle-même, en pensant au repas de famille qui avait lieu demain soir. Visiblement, Dustin lui cachait quelque-chose, et elle était prête à tout pour le découvrir.
Chapitre un peu long (même trop long), j'hésitais à le raccourcir ou le couper, mais je le trouvais bien ainsi. J'espère que ça vous a plu, et on se retrouve bientôt ! Bisous à vous !
