Bonjour/bonsoir à vous ! Je suis désolée, j'ai un peu pris mon temps pour publier, le temps de me remettre complètement de ma péripétie à l'hôpital et de m'habituer au chômage fraîchement retrouvé, but now I'm here ! Je vais tenter de reprendre un rythme correct de publication, soit un chapitre toutes les deux semaines environ, pour garder une régularité, I KNOW I CAN DO IT !
Bref, je vais cesser de tergiverser, bonne lecture !
- « Henderson ... »
Elle avait finalement daigné ouvrir la porte, uniquement parce-qu'elle savait que Steve était en route. Son estomac était toujours noué, et en voyant Billy Hargrove devant chez elle, à quelques mètres d'elle, puant la bière et la cigarette, elle eut un haut le coeur. La jeune femme croisa les bras sur sa poitrine, et frissonna en sentant l'air frais s'infiltrer sous sa veste. Billy souriait, et en voyant l'air sombre de la jeune femme, il rit légèrement en se léchant la lèvre inférieure.
- « Qu'est-ce que tu fous ici Billy ? »
Ce dernier fit un pas en avant, et Christie recula instinctivement, ce qui élargit le sourire du jeune homme en face d'elle. L'odeur d'alcool lui donnait littéralement envie de vomir, et elle serra les dents en le voyant se rapprocher encore.
- « Un petit oiseau m'a dit que tu avais passé la journée avec ce loser d'Harrington ... » Il avait la voix traînante, mais son regard était lucide et rivé vers Christie. « Je suis vraiment déçu de toi Henderson. Moi qui pensais que tu avais du gout ... »
Christie plissa du nez en le regardant, se retenant de lui cracher au visage, et sentit la colère remplacer la peur. Elle n'était plus effrayé par le jeune homme ivre qui se tenait devant elle. Carol n'avait donc pas comprit qu'il se servait d'elle ... La jeune femme secoua la tête.
- « T'es vraiment qu'un con Billy. Dégages. »
- « Oh, Christie, quel langage ! » Il fronça les sourcils. « Je suis sûr que ce loser ne t'a même pas touché ... »
Elle voulut reculer, rentrer dans sa maison et fermer la porte derrière elle à clés, se réfugier dans son lit et attendre que Steve arrive, mais elle n'eut pas le temps de faire le moindre geste que Billy l'agrippa par le bras et la tira vers lui. Elle percuta le torse du garçon, et l'odeur de bière lui prit si violemment le nez qu'elle sentit son estomac se retourner. Elle releva les yeux et tenta de se défaire de l'étreinte du garçon, mais il avait beaucoup trop de force comparé à elle, même alcoolisé. Il souriait toujours, et elle sentait son coeur battre la chamade. Le jeune homme huma la chevelure de Christie et ronronna de plaisir.
- « Lâches-moi Hargrove ! »
Billy ricana légèrement en entendant la panique dans la voix de la jeune femme qu'il tenait entre ses bras, et soupira à son visage, la forçant à le regarder droit dans les yeux.
- « Harrington t'a déjà tenu contre lui comme ça ? » Il haussa les sourcils. « Non ... Quel loser. Incapable de prendre les devants ... »
Il la serra un peu plus contre lui, sentant contre son torse les pulsations du coeur de la jeune femme qui avait les lèvres serrées. Elle n'arrivait pas à croire que Billy était dérangé au point de venir jusque chez elle l'agresser physiquement. Sans hésiter, elle releva le genou et frappa dans l'entrejambe du jeune homme qui se plia en deux de douleur avec un grognement de mécontentement. Christie le bouscula, et il tituba quelques instants alors que la jeune femme le regardait, le souffle court et la gorge nouée. Le bruit d'une voiture lui fit lever les yeux et elle sentit le soulagement l'envahir en reconnaissant la voiture de Steve Harrington. Elle ferma la porte à clés derrière elle, et avant que Billy ne puisse bouger, courut jusqu'au véhicule qui s'était arrêté brusquement sur la route devant sa maison.
- « Henderson ! » hurla Billy en se redressant.
Christie lui envoya un regard noir et s'engouffrât dans l'habitacle de la voiture avant de claquer la portière. Sans même lui parler, Steve enfonça la pédale d'accélération. La jeune femme avait la gorge si serrée qu'elle n'arrivait pas à prononcer le moindre mot. Elle était encore sous le choc de ce qu'elle venait de vivre. À ses côtés, le jeune homme avait les doigts crispés sur le volant, et ne savait quoi dire pour rassurer la blonde. Il tourna le regard vers elle et croisa son regard vert qui provoqua chez lui un frisson.
- « Désolée ... » Elle avait murmuré ce mot, si bas qu'il ne faillit pas l'entendre.
- « Ne t'excuses pas pour quelque-chose dont tu n'es pas responsable Christie. »
La jeune femme sourit, se rappelant qu'elle lui avait répliqué la même chose quelques jours auparavant. Elle soupira en se prenant le visage entre les mains. Steve se mordit la lèvre avant de lui prendre la main, et elle sursauta en sentant la peau du garçon entrer en contact avec la sienne.
- « Je t'emmène chez moi. Il ne sait pas où j'habite. »
Elle ne lui répondit pas, et serra davantage la main du jeune homme, sentant la peur et la colère s'évaporer peu à peu, remplacés par un sentiment de sécurité. Les yeux sur la route, Steve commençait à se détendre, bien qu'il n'ait qu'une envie : faire demi-tour et démolir Billy pour avoir osé toucher Christie. Il souffla du nez en enroulant ses doigts autour de ceux de la jeune femme, espérant que ce contact calme cette dernière, et roula silencieusement jusque chez lui. Ses parents n'étaient pas encore couchés, et il n'était pas sûr qu'ils acceptent qu'il ramène une inconnue sous leur toit. Steve sortit de la voiture, et fit signe à Christie de le suivre silencieusement. Il ouvrit la porte de sa maison, et lui montra l'escalier du doigt avant de refermer derrière lui avant de lui faire comprendre de monter discrètement.
- « Steve ? »
Le jeune homme serra les dents, et Christie grimpa les escaliers d'un pas léger alors que Steve arborait une mine décontracté. Lorsque son père apparut dans son champ de vision, il souriait légèrement, contrairement à l'homme devant lui qui le regardait par dessus ses lunettes, l'air sévère.
- « Je peux savoir où tu étais ? »
- « J'étais parti rendre le livre d'une amie d'école » mentit Steve avec assurance.
- « À 23h, un samedi soir ? »
Steve fronça les sourcils en haussant les épaules.
- « Une acharnée des révisions. »
Le père de Steve resta silencieux quelques secondes avant de soupirer, et tourna les talons en marmonnant dans sa barbe, à moitié convaincu par les explications de son fils. Le jeune homme souffla avant de monter les escaliers quatre à quatre, et se dirigea jusque sa chambre en refermant la porte derrière lui. Christie l'attendait, assise sur son lit et Steve eut l'impression d'être revenu plusieurs mois auparavant, l'image de Nancy le frappant de plein fouet. Il se rapprocha de la jeune femme avant de s'asseoir à ses côtés. Elle regardait ses pieds, et semblait gênée. Il sentit un frisson le parcourir lorsqu'elle reprit sa main entre les siennes, et lorsqu'elle posa sa tête sur son épaule, son coeur loupa un battement. Le jeune homme baissa les yeux vers la jeune femme, qui avait fermé les yeux et semblait apaisée.
- « Merci Steve. »
Ce dernier ne répondit pas, se contentant de faire de petits cercles du bout des doigts sur le dos de la main de la jeune femme, qui commençait à se calmer au fur et à mesure que le temps passait. Au bout d'une dizaine de minutes, elle rouvrit les paupières et croisa le regard de Steve qui l'observait, silencieux. Elle se racla la gorge en réalisant qu'elle était recroquevillé contre le jeune homme, et s'éloigna de quelques centimètres, s'asseyant en tailleur sur le lit, sans pour autant lâcher la main de Steve.
- « Tu devrais dormir. » Il sourit. « Je vais prendre la chambre d'amis ... »
Christie serra les dents en le regardant se lever, et lorsqu'il lâcha sa main, elle sentit sa gorge se nouer. La jeune femme ne voulait pas être seule, pas après la soirée qu'elle venait de vivre. Alors qu'il s'apprêtait à sortir, il jeta un regard derrière lui et croisa le regard de la jeune femme qui n'avait pas bougé.
- « Restes. »
Sans attendre sa réponse, elle retira ses chaussures ainsi que sa veste, et se réfugia sous la couverture qu'elle remonta jusqu'à son menton. Steve était en proie à un combat interne, hésitant entre rester et s'en aller. S'il restait, il aurait l'impression de profiter de la situation, même s'il n'avait aucune intention, mais il ne voulait pas la laisser seule. Sans un mot, il rebroussa chemin, avant de s'installer aux côtés de la jeune femme qui était recroquevillé sur elle-même, les paupières fermées. Steve ne put s'empêcher de la regarder, un léger sourire aux lèvres. Il appréciait le visage de la jeune femme, d'avantage lorsqu'elle semblait aussi sereine. Son samedi soir ne se déroulait pas de la manière qu'il avait espéré, mais il en était heureux. Le garçon éteignit la lumière et ferma les yeux à son tour, et sentit Christie bouger pour poser la tête sur son épaule. Instinctivement, il enroula son bras autour de la nuque de la jeune femme et soupira lentement, repensant aux paroles de Dustin, et se jura intérieurement de ne jamais révéler au garçon le moindre détail cette soirée.
Dimanche 22 janvier 1985. 10h26, Hawkins, Indiana.
Jonathan réfléchissait à toute vitesse, alors que Dustin peinait à reprendre son souffle. Le jeune garçon avait voulu rendre visite à sa cousine, décidé à lui dire la vérité, mais il n'avait trouvé qu'une maison vide. Il avait alors paniqué et s'était réfugié chez les Byers, qui avaient accueillit le garçon, étonnés de le voir débarquer un dimanche matin chez eux. Joyce avait écouté le garçon qui avait prit soin de ne rien mentionner concernant Leia, et lui avait préparé une boisson chaude tandis que ses deux fils regardaient Dustin, aussi paniqués que lui. Jonathan serra les dents.
- « Eh merde ... Merde, merde, merde ...»
Dustin leva les yeux vers lui, complètement désespéré, et le jeune homme se gifla mentalement en se rappelant du coup de fil auquel ils n'avaient pas répondus le soir précédent. Joyce dormait déjà, et Jonathan n'avait pas atteint le combinée à temps. Ce dernier courut presque jusqu'au téléphone et composa le numéro de Steve Harrington, les mains tremblantes, alors que Will essayait de rassurer son ami.
- « Maison Harrington ? »
- « Bonjour monsieur, excusez-moi de vous déranger mais ... Votre fils est-il là ? » Jonathan tentait d'avoir l'air calme et détendu, mais sa voix lui semblait être celle d'un autre.
- « Qui le demande ? »
- « Jonathan. Je suis un camarade d'école » ajouta-t-il.
Il entendit le père de Steve l'appeler, puis, quelques secondes après, la voix du jeune homme parvint à ses oreilles.
- « Byers ? »
Jonathan reprit sa respiration et ferma les yeux.
- « Christie est introuvable. Dis-moi que tu sais où elle est. »
- « Elle est en sécurité chez moi. »
- « Comment ça, en sécurité ? » Il contracta la mâchoire en entendant les mots de Steve, sentant sa tension grimper en flèche.
- « Je t'expliquerai plus tard, mes parents partent bientôt ... »
- « J'arrive tout de suite. »
Sans lui laisser le temps de répondre, il raccrocha, les mains encore tremblantes et légèrement en colère contre Steve Harrington. Pourquoi Christie était-elle chez lui ? Et pourquoi en sécurité ? Que s'était-il passé pour qu'elle laisse tout allumé dans son salon, mais qu'elle avait pensé à fermer la porte à clé ? Dustin le regardait alors qu'il enfilait une veste, le regard sombre et lorsqu'il voulut prendre ses clés, c'est Will qui les prit.
- « Tu sais où elle est ? »
- « Si tu sais, on vient avec toi » ajouta Will.
Jonathan souffla du nez en cherchant du soutien avec sa mère, mais cette dernière ne lui adressa qu'un petit sourire en coin en regardant son plus jeune fils qui semblait déterminé. Il leur fit signe de le suivre en suivant du regard Dustin, qui allait surement faire une crise cardiaque en voyant où sa cousine était. Sans un mot, il démarra la voiture, et se mit en route vers la maison Harrington, l'esprit emplit de questions.
oOoOoOo
- « Tu peux venir, ils sont partis. »
Christie soupira en descendant les escaliers sur la pointe des pieds, s'attendant à voir les parents de Steve débarquer à tout moment, mais les parents du jeune homme étaient absents pour le reste de la journée, et lorsqu'elle croisa le regard du garçon, elle se sentit rassurée, même si elle avait l'impression d'être une fugitive qui se cachait du gouvernement. Alors que Steve était parti dans la cuisine pour lui préparer un petit déjeuner, la jeune femme visita le salon, et fut impressionnée par la baie vitrée ainsi que la piscine. Visiblement, Steve n'avait pas de problèmes d'argent, et vivait confortablement. Elle alla s'asseoir sur le fauteuil face à l'immense porte fenêtre, et se perdit dans la contemplation du paysage, repensant au soir précédent avec un frisson. Elle avait encore du mal à réaliser ce qui lui était arrivée, et se rendait compte qu'elle allait devoir croiser Billy tous les jours. Maintenant qu'elle savait de quoi il était capable, elle était terrorisée à l'idée d'être seule en sa présence.
- « Hey, ça va ? »
Elle tourna la tête et remarqua qu'elle serrait entre ses doigts un oreiller si fort que ses jointures étaient blanches. Christie acquiesça en lâchant le coussin et se tourna vers Steve qui lui avait apporté un café au lait ainsi que quelques viennoiseries qu'il avait trouvé dans ses placards. Elle lui sourit, et le jeune homme s'installa sur le canapé à quelques mètres d'elle, en serrant sa tasse de thé entre ses mains.
- « Jolie maison Harrington. »
- « Je commençais à m'habituer à ce que tu m'appelles par mon prénom ... » soupira le jeune homme, l'air déçu.
Elle haussa les épaules avant de boire une gorgée de café sous le regard de Steve qui avait encore du mal à réaliser ce qu'il venait de vivre. En une semaine, sa vie avait prit un tournant inattendue et alors qu'il observait Christie qui semblait détendue, il sentait son ventre faire des bonds en se rappelant la nuit précédente. La jeune femme avait dormi à poings fermées mais Steve avait eu du mal à trouver le sommeil, l'esprit embrouillé et perdu dans ses pensées entre le monde à l'envers, Leia, Christie, Billy Hargrove, les menaces de Dustin, Nancy ... Un bruit de poing contre la porte d'entrée fit sursauter Christie, et alors qu'elle pensait que Billy avait finalement trouvé le domicile de Steve, ce dernier souffla du nez en se préparant mentalement à affronter Jonathan, qui devait être très en colère. À peine avait-il ouvert la porte qu'il se fit bousculer par une masse de cheveux bouclées.
- « Espèce de crétin ! Abruti, sombre enfoiré, fils de ... »
- « Dustin ! »
Le jeune garçon leva les yeux vers sa cousine qui se tenait derrière Steve et qui le regardait, l'air sévère, et il courut vers elle avant de la serrer contre lui, le souffle court. Il avait eu si peur ... Si peur qu'elle ait été enlevé par un démogorgon, si peur qu'elle ait disparu comme Barbara ...
- « Hey, doucement gamin, ça va, je suis là » murmura Christie à l'oreille de son cousin en caressant ses cheveux bouclés. « Et tu vas t'excuser auprès de Steve tout de suite ! »
- « Et pourquoi je ferais ça ? »
- « Parce-que lui a répondu à mon coup de fil, et est venu m'aider. »
Elle avait tourné la tête vers Jonathan qui regardait ses pieds l'air penaud. Steve fut impressionné de voir l'autorité naturelle qu'elle avait soudainement acquise, et était plutôt heureux de savoir qu'elle prenait sa défense. Le plus âgé des Byers se balança quelques secondes de gauche à droite avant de soupirer.
- « T'aider ? » Dustin regardait sa cousine l'air interloqué.
- « Oui, m'aider. » Elle déglutit. « Hargrove était devant chez moi, complètement saoul ... Si Steve n'était pas venu, il aurait surement défoncé ma porte. »
Jonathan s'en voulait, il s'en voulait vraiment et n'avait qu'une envie : disparaître à tout jamais. Il n'avait pas fait attention à Christie ces derniers jours, au point qu'il n'avait même pas remarqué qu'elle avait de gros problèmes avec Billy Hargrove. Le jeune homme se mordit la lèvre en pestant, alors que Steve le regardait, peiné. Il savait qu'il s'en voulait, mais Jonathan avait déjà beaucoup de soucis, et il n'avait pas à se sentir responsable.
- « Je suis vraiment désolé Christie ... »
Elle ne prononça pas un mot et lui fit signe de la main qu'elle ne lui en voulait pas, mais Jonathan n'arrivait pas à se défaire de la culpabilité. Il détestait le fait que Steve Harrington ait été plus utile que lui alors qu'il ne la connaissait que depuis quelques jours.
- « Jonathan ... »
Will était resté silencieux jusqu'ici, rassuré de savoir que Christie était en sécurité, mais il se sentait observé depuis quelques instants, et il commençait à se sentir extrêmement mal à l'aise. Le garçon regarda autour de lui attentivement, détaillant la forêt aux alentours, et eut l'impression de défaillir en remarquant une lueur bleuté camouflée dans la végétation. Un grognement lui parvint, et il sentit son coeur s'arrêter lorsqu'il vit un monstre ressemblant à un des démochiens qu'il avait déjà vu quelques mois auparavant tout près de la faille. Il se précipita à l'intérieure de la maison, le coeur battant la chamade et referma la porte derrière lui sous le regard incrédule de Christie, alors que Dustin, Jonathan et Steve savait très bien ce que cela signifiait. Will lança un coup d'oeil vers son frère, l'air paniqué, qui comprit tout de suite.
- « Dustin, maintenant. »
- « Quoi ? Moi ? Vraiment ?! »
- « Dustin ! » s'exclama Will.
- « Hey, qu'est-ce qu'il y a ? » demanda Christie, perdue.
Le garçon aux cheveux bouclés serra les dents en croisant les prunelles vertes de sa cousine, et souffla du nez en baissant les yeux, la gorge si nouée qu'il était incapable de prononcer le moindre mot. Il ne voulait pas lui dire, pas de cette manière. Il avait l'impression d'avoir un couteau sous la gorge. En voyant que Dustin n'était pas prêt à dire quoi que ce soit, Jonathan prit son courage à deux mains, et prit une grande inspiration avant de se lancer.
- « Tout ce que tu as entendu est vrai. Le monde à l'envers existe. Les monstres existent. J'adorerais t'expliquer tout maintenant mais ... »
Un hurlement strident se fit entendre derrière la porte, et tous se crispèrent. Will agrippa la main de son frère en se réfugiant derrière lui, à deux doigts de s'effondrer, et même si Christie ne comprenait pas ce qu'il se passait, elle commençait à paniquer aussi. Dustin ne l'avait pas lâché et en entendant un deuxième hurlement, il sursauta en jurant.
- « Est-ce qu'elle est pas censé éviter que les monstres sortent ? » s'écria Steve.
- « Mais de quoi vous parlez ?! »
- « Elle est peut-être trop faible » répondit Dustin sans faire attention à ce que disait Christie.
- « Elle va venir. »
Christie s'éloigna des garçons en réalisant ce que Jonathan lui avait dit précédemment. Tout ce qu'elle avait entendu était vrai. Mais qu'avait-elle entendu au juste ? Elle n'était plus sûre d'elle-même. Tout ce qui lui arrivait ces derniers jours étaient trop pour elle, et alors qu'elle s'apprêtait à s'asseoir sur le fauteuil qu'elle occupait quelques minutes auparavant, son coeur loupa un battement lorsque son regard se posa sur une forme noire qui ressemblait à un chien de l'autre côté de la baie vitrée, mais quand la chose tourna la tête, elle n'avait plus rien d'un chien.
- « Putain, putain putain putain ... »
Christie était incapable de bouger alors que la créature semblait se rapprocher lentement, et Dustin lança un regard vers Christie, se demandant pourquoi il l'entendait jurer de la sorte. Quand il vit le démochien, il hurla si fort que Steve sursauta. Le sang de ce dernier ne fit qu'un tour, et il courut vers Christie pour l'éloigner de la fenêtre, mais la jeune femme ne bougea pas d'un centimètre.
- « Dustin, Will, allez vous mettre à l'abri » ordonna Jonathan. « Christie ... »
- « Ne me dis pas quoi faire ! » hurla la jeune femme. « C'est quoi ce truc ?! »
Le démochien, en entendant les éclats de voix, se précipita contre la fenêtre qui résista, provoquant le sursaut des adolescents qui avaient le regard rivé vers le monstre. Steve déglutit en cherchant du regard une arme, quelque-chose qui pourrait les aider à se défendre, mais il avait laissé sa batte dans le coffre de sa voiture, et il avait peur qu'en allant la chercher, la créature détruise la vitre et dévore ses amis. Alors qu'il semblait hésiter, le démochien fonça une seconde fois, sous le regard terrifié de Christie.
- « Vas chercher ta batte Harrington ! »
Steve s'élança vers sa voiture, le ventre noué et le coeur battant la chamade. Jonathan se rapprocha de la jeune femme qui semblait avoir arrêté de respirer.
- « Chris ... »
- « Si on s'en sort je te tue Byers, c'est clair ? »
Elle n'avait pas quitté le monstre du regard, alors que celui-ci semblait prêt à se jeter une troisième fois sur la vitre quand un bruit attira son attention. Christie sentit son coeur s'arrêter lorsqu'elle se rendit compte que la bête avait entendu Steve, et se jeta sur la porte fenêtre pour frapper dessus, dans l'espoir d'attirer l'attention du monstre, mais ce dernier ne lui accordait aucune attention. Sans réfléchir, elle ouvrit la porte alors que Jonathan hurlait son prénom, et la jeune femme se précipita à extérieur.
- « Eh ! Ici ! »
Elle faisait de grands gestes, et la créature tourna lentement la tête vers la jeune femme qui frissonna en entendant le grognement de la bête. La créature hurla, et Christie sursauta en voyant sa gueule s'ouvrir à quelques mètres d'elle. Dustin avait l'impression que son coeur allait lâcher, et lorsque Steve débarqua dans le salon, sa batte à la main, il sentit son ventre se retourner en voyant la jeune femme face au monstre. Cette dernière recula d'un pas alors que le monstre semblait prêt à lui sauter dessus.
- « Christie, rentres ! » hurla Jonathan.
Mais elle n'eut pas le temps de faire le moindre geste que la créature s'élança vers elle. Steve eut l'impression de recevoir une décharge d'adrénaline, et courut dehors pour se mettre entre la bête et la blonde.
- « Goutes plutôt à ça saloperie ! »
Il envoya sa batte contre la gueule du monstre, qui fut projeté au sol quelques mètres plus loin, immobile, mais Steve savait qu'il ne l'avait pas tué. Alors, il se rapprocha, et frappa à nouveau la bête qui tressauta quelques instants avant de cesser totalement de bouger. Christie le regardait, le souffle court, alors que Jonathan était resté à l'intérieur pour retenir Will et Dustin qui avaient voulus se jeter dehors pour aider les adolescents. Lorsque Steve se retourna vers la jeune femme qui était restée derrière lui, il vit son regard briller, et alors qu'il s'apprêtait à s'avancer vers elle, cette dernière recula, la main levée vers lui en signe de refus.
- « Non ... »
- « Christie ... »
- « Je vais vomir. »
À peine avait-elle prononcé ces mots qu'elle sentit son estomac se retourner et le gout de bile lui venir en bouche. Elle se tourna à temps et s'effondrât quelques mètres plus loin dans l'herbe avant de régurgiter son repas du soir précédent, sous le regard peiné des garçons. Dustin sortit, et s'agenouillât à ses côtés, la main sur son épaule. La jeune femme le repoussa légèrement, et se passa la main sur la bouche avant de se relever, tremblante.
- « Tu m'as menti. »
Le jeune garçon se sentit soudainement tout petit face au regard sombre de sa cousine, mais il n'arrivait pas à baisser la tête. Ses épaules s'affaissèrent sous le poids de la culpabilité.
- « Tu m'avais promis de ne plus rien me cacher, et tu as menti ... »
- « Christie, c'est plus compliqué que ce que tu crois ... »
La jeune femme déglutit en se frottant le visage. Ils savaient que ce jour arriverait, mais ils ne pensaient pas qu'elle serait au courant d'une manière aussi brutale. Le cadavre du démochien était encore aux pieds de Steve quand elle se rapprocha de lui, le nez plissé. Alors que Steve s'apprêtait à l'empêcher d'approcher plus du monstre mort, il croisa son regard et comprit pourquoi Dustin s'était soudainement recroquevillé sur lui-même, et la laissa faire. Christie prit une grande inspiration avant d'observer le cadavre qui gisait là, la gueule encore à moitié ouverte. Elle ne fit même pas attention à l'arrivée précipitée de Mike Wheeler, qui était accompagné de sa soeur et d'une jeune femme qu'elle ne connaissait pas. Ces derniers s'arrêtèrent brusquement en voyant la cousine de Dustin face au monstre, et Leia sentit sa poitrine gonfler en la reconnaissant. Mike et Nancy se regardèrent, et le garçon comprit ce qui s'était passé.
- « Tout le monde va bien ? » s'enquit Nancy, inquiète.
- « Excepté lui » Christie donna un petit coup de pied au monstre « et toute mon innocence, pas de victimes. »
Steve faillit exploser de rire en entendant le ton détaché de la jeune femme, surpris. Comment pouvait-elle être si sarcastique dans un tel moment ? Lui-même avait eu du mal à y croire durant plusieurs jours après qu'il ait fait la rencontre du démogorgon d'une manière aussi brutale qu'elle venait de le faire. Le jeune homme se rendit compte que cela leur faisait un nouveau point commun. Christie se redressa, et lança un regard vers les adolescents qui lui faisait face, et renifla.
- « Je veux tout savoir. Maintenant. Plus de mensonges. »
oOoOoOo
Jonathan avait tenu à ramener Christie chez elle, bien que la jeune femme voulait absolument rentrer seule, mais elle n'avait pas résisté lorsqu'il l'avait gentiment prit par le bras pour m'inviter à monter dans sa voiture. Nancy lui avait sourit quand elle était passé à ses côtés mais la blonde n'avait pas levé les yeux vers elle, encore trop abasourdie par ce qu'elle venait d'apprendre. Steve sentit son coeur se serrer en voyant l'incompréhension et la peur sur le visage de sa nouvelle amie, mais ne dit rien et laissa Jonathan partir avec elle. Quand ils disparurent derrière la porte, Dustin soupira en s'affalant dans le canapé sous le regard de Leia qui se sentait encore groggy.
- « C'était plus facile que ce que j'avais imaginé ... » marmonna Mike en se frottant le visage.
- « Parles pour toi, elle me déteste maintenant. »
- « Elle ne te déteste pas Dust' » répondit Steve.
- « Toi, ne me parles pas, compris ? » grogna le garçon.
Steve leva les yeux au ciel avant de tourner la tête vers Nancy, qui semblait être la seule à être de bonne humeur. La jeune femme avait bien vu le regard que le garçon avait pour Christie, elle le connaissait presque par coeur. Oui, Nancy était heureuse, car son ex petit-ami semblait enfin tourner la page, et elle ne pouvait que se réjouir de cette nouvelle. Tout ce qu'elle espérait désormais, c'était que la jeune blonde ressente la même chose envers Steve, car il n'avait que trop souffert.
- « Christie, parles-moi s'il te plait ... »
La jeune femme était restée silencieuse depuis qu'ils étaient partis de chez Steve, et lorsque Jonathan parla, elle sursauta. Parler ? Elle n'arrivait même pas à ordonner ses propres pensées, alors comment pouvait-elle prononcer un seule mot ? Elle venait d'apprendre l'existence d'un monde parallèle dans lequel Will Byers avait été retenu par un monstre qui avait tué cette Barbara, et avait été confronté à un démochien. Christie renifla en tournant la tête vers son ami.
- « Pour dire quoi ? »
- « Tu vas refouler tout ça. La colère, la peur, je sais ce que c'est. Et tu vas exploser. Alors vides ton sac maintenant ... »
- « Je suis fatiguée Jonathan. Et j'ai envie de rentrer chez moi. » Elle croisa ses mains sur ses jambes. « J'ai encore du mal à réaliser. Laisses-moi un peu de temps, tu veux bien ? »
Il ne répondit pas, et reporta son attention sur la route en hochant la tête. Le garçon aurait surement préféré qu'elle lui hurle dessus, et le ton presque détaché qu'elle venait d'utiliser ne lui inspirait aucune confiance. Il savait qu'elle allait craquer, tôt ou tard, et espérait simplement qu'elle ne soit pas seule ce moment-là, car il ne voulait pas qu'elle fasse de bêtise. Lorsqu'il la déposa devant chez elle, il lui adressa un petit sourire auquel elle ne répondit pas, et la regarda s'éloigner le coeur serré, avec l'impression d'avoir perdu son amie. Ce soir-là, Christie ne parla presque pas à ses parents, et mangea à peine avant d'aller se coucher, l'esprit embrouillée. Elle avait refusé le coup de téléphone que Dustin passa, et était monté se coucher tôt. Quand elle passa devant le miroir du couloir menant à sa chambre, elle remarqua alors qu'elle ne portait pas sa veste habituelle mais celle de Steve, et sa gorge se noua. La jeune femme n'avait même pas fait attention lorsqu'elle s'était en allée de la maison du garçon, et soupira avant de s'enfermer dans sa chambre. La veste portait l'odeur du garçon chez qui elle avait passé la nuit, et elle se surprit à humer ce parfum, ressentant ce sentiment de sécurité qui l'avait envahi lorsqu'elle l'avait vu le soir précédent.
- « Crétin d'Harrington ... » murmura-t-elle.
Christie s'enroula dans sa couverture, la veste contre le coeur, et s'endormit en regrettant presque de ne pas pouvoir sentir le garçon à ses côtés.
Hihihi ... Mh. J'aime bien ce chapitre. J'espère qu'il vous a plu autant qu'à moi, et je vous fais des bisous !
