Hey ! Bon, je suis désolée j'ai un peu tardée (encore, mais, vous devez être habitué.e.s maintenant non ?) Je voulais publier jeudi maiiiis vous me connaissez, j'ai complètement oublié. Enfin bref, I'm here !
Pour celles et ceux qui ont lus les commentaires, jusqu'ici, Jane était absente non pas par véritable choix mais tout simplement parce-que j'avais mal compris la fin de la saison ... Alors, don't worry she's coming ! Genre, très bientôt haha. Je suis désolée !
Bref, je vous laisse lire ce chapitre, bisous à vous et bon week-end ! (pas de note de bas de page ce coup-ci, on est concis ! o/)
Lundi 23 janvier 1985. 08h42, Hawkins, Indiana.
Lorsque Steve arriva au lycée ce matin-là, il passa plusieurs minutes à chercher du regard une chevelure blonde, espérant la croiser au détour d'un couloir pour lui parler, s'excuser de lui avoir caché l'existence du Monde à l'Envers, s'assurer qu'elle allait bien. Le jeune homme n'avait quasiment pas dormi de la nuit, ses pensées s'embrouillaient, passant des monstres à l'inconnue, puis sur Billy Hargrove, et Christie. Christie ... Son odeur était sur l'oreiller, et cela faisait parti des choses qui avaient empêchés Steve de s'endormir. Et il ne la voyait nul part dans le lycée. Avec un soupir, il s'adossa contre son casier, le regard perdu vers l'entrée du bâtiment, espérant silencieusement qu'elle apparaîtrait, un léger sourire aux lèvres, qu'elle poserait ses yeux verts sur lui, et qu'elle lui parlerait comme si tout ce qui s'était passé après qu'ils se soient quittés samedi après-midi ne s'était pas produit. Mais aucune blonde à l'air malicieux ne pointa le bout de son nez.
- « Elle ne viendra pas. »
Steve sursauta en entendant la voix de Jonathan à ses côtés. Il ne l'avait même pas vu s'approcher de lui, et en croisant son regard, il se sentit soudainement stupide. Le garçon qui lui faisait face, lui, ne prêta aucune intention au léger rougissement des joues de Steve, tout l'inverse de Nancy, qui arborait un léger sourire en coin.
- « Comment tu peux en être sûr ? » Sa voix était plus sèche qu'il ne l'avait voulu.
- « Je suis passé chez elle ce matin » répondit Jonathan sans relever l'aigreur du garçon. « D'après sa mère, elle est malade. D'après moi, elle continue d'utiliser le coup du faux vomi qu'elle a mit au point quand elle avait 11 ans pour louper ses cours de sport. »
Le coeur de Steve se serra à l'entente de ces mots. Il était triste car il n'allait pas voir Christie aujourd'hui, mais il y avait autre chose qu'il n'arrivait pas à définir. Ses épaules s'affaissèrent, et il tourna simplement les talons pour se diriger vers son cours, avec l'impression d'avoir une pierre qui venait de tomber dans son estomac. Il n'avait pas apprécié le ton qu'avait employé Jonathan, et avait l'impression que le jeune homme avait juste voulu lui prouver qu'il la connaissait mieux que lui. Steve secoua la tête de gauche à droite en soufflant du nez. C'était stupide de penser ainsi ! Évidemment qu'il la connaissait mieux. Il la connaissait depuis l'enfance. Alors qu'il s'apprêtait à rentrer dans la salle de son premier cours de la journée, l'esprit ailleurs, son regard croisa celui de la dernière personne qu'il voulait voir. La pierre dans son estomac s'alourdit mais son coeur se desserra aussitôt, battant la chamade à cause de la colère qui venait de l'envahir brusquement. Steve ne fut pas le seul à ressentir cette haine viscérale. Jonathan avait serré les dents lorsque Billy Hargrove s'était stoppé devant leur salle de cours, un léger sourire aux lèvres alors qu'il discutait avec une fille qui semblait hypnotisée par le garçon. Jonathan sentit la main fraîche de Nancy se poser sur son bras et il frissonna. La jeune femme avait bien vu l'expression de son petit-ami changer brusquement, et elle tenta de le calmer.
- « Ne fais pas attention à lui ... »
- « Je ne peux pas Nancy » gronda Jonathan en tournant la tête vers elle. « Pas après ce qu'il a fait. » Il reporta son attention vers Billy qui souriait toujours, et souffla du nez. « Comment ose-t-il se pointer là, comme si il n'avait rien fait de mal ... »
Le jeune homme enfonça ses poings dans ses poches pour se retenir de les envoyer dans la mâchoire du garçon aux cheveux longs, et Nancy grinça des dents lorsque ce dernier leur adressa un regard noir sans pour autant arrêter de sourire. Maintenant, elle aussi était en colère contre lui, mais elle ne laissa rien paraître, et se contenta de tirer son petit-ami par le bras pour le forcer à la suivre dans la salle de cours où les élèves commençaient à s'installer. Tandis qu'elle sortait ses affaires, Jonathan ne pouvait détacher son regard de son ennemi, qui semblait chercher Christie. Son air joyeux disparut, et il grogna légèrement avant de croiser finalement les yeux sombres de Jonathan qui renifla avant de finalement détourner le regard.
- « Tu baisses les yeux Byers, c'est bien. »
- « Vas chier Hargrove » rétorqua Jonathan.
- « Je vois que Christie et toi partagez le même langage grossier ... »
Jonathan sentit le sang lui monter à la tête en entendant Billy prononcer le prénom de son ami, mais il n'eut pas le temps de répondre car Nancy tourna les yeux vers lui, les sourcils froncés, donnant à son visage doux un air sévère qu'il n'avait pas vu souvent chez sa petite-amie.
- « Ne parles pas d'elle Billy, compris ? On sait très bien ce que tu as fait samedi espèce de minable. »
Billy se lécha la lèvre inférieur et ricana en entendant la si gentille Nancy Wheeler lui parler de cette manière. Cette dernière ne l'avait pas lâché des yeux et semblait le défier de lui répondre.
- « Oh, oui, samedi soir ... » Il ferma les yeux en inspirant longuement. « Si seulement ce crétin d'Harrington n'était pas intervenu ... Je suis sûre qu'elle aurait craqué. »
Jonathan serra si fort la mâchoire que ses dents crissèrent et Billy sourit largement en rouvrant les yeux, avant d'enchaîner à voix basse en se penchant légèrement vers les deux adolescents qui semblaient à deux doigts de lui sauter dessus pour le faire taire.
- « Ses cheveux étaient encore humides et sentaient la fraise ... Et sa poitrine collée contre mon torse ... » Il mima un frisson de plaisir en se mordant la lèvre. « J'ai encore la sensation de son coeur battant la chamade ... »
- « Fermes ta gueule » siffla Jonathan. « Je te jure que je vais te le faire regretter Hargrove. »
- « Monsieur Byers, monsieur Hargrove, quelque-chose à ajouter ? »
Leur professeur les toisait d'un air sévère par dessus ses lunettes, et Billy fut forcé de se remettre sur sa chaise, un léger sourire aux lèvres, partagé entre la satisfaction d'avoir mit en colère Jonathan Byers et la frustration lié au souvenir de la soirée de samedi. Lorsqu'il avait vu sa proie s'enfuir aux côtés de Steve Harrington, il avait ressenti une colère noire l'envahir, mais la douleur qui habitait son entrejambe à ce moment l'avait empêché de bouger suffisamment longtemps pour qu'il perde leur trace. Il était alors retourné à la fête, fou de rage, et avait fini ce qu'il avait commencé avec Carol qui ne semblait pas lui en vouloir d'être parti précipitamment quelques instants auparavant. Il n'acceptait pas que Christie puisse le repousser. Personne n'avait jamais repoussé Billy Hargrove, et le pire à ses yeux était surement le fait que cet abruti de Steve Harrington lui plaisait. Il grogna en serrant son crayon entre les doigts, le regard rivé vers la place vide en face de lui. Elle allait le payer très cher. Elle n'avait encore rien vu.
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Lorsqu'elle avait 11 ans, Christie avait développé une recette imitant à la perfection le vomi, et quand elle s'était rendue compte qu'elle n'allait pas dormir du reste de la nuit, elle s'était finalement levée, et avait rejoint la cuisine sur la pointe des pieds pour préparer sa supercherie. Les restes du repas de la veille suffisait largement, accompagné d'eau et de sirop. Ensuite, elle monta le saladier contenant sa mixture, et posa son front une dizaine de minute contre le radiateur, puis avait courut aux toilettes avant de mimer des bruits de régurgitation tout en versant le saladier dans la cuvette avant de cacher le saladier derrière le meuble, à l'abri des regards. Comme elle l'avait espéré, son père s'était levé et l'avait rejoint dans les toilettes avec un petit soupir.
- « Retournes te coucher Chris, je vais prévenir le lycée que tu es malade » marmonna-t-il, encore à moitié endormi.
La jeune femme s'était alors réfugié sous sa couverture et avait attendu patiemment que ses parents partent travailler, écoutant leur conversation matinal, le coup de fil de son père à son école. Elle sentit son coeur se serrer lorsqu'elle entendit la voix de Jonathan à la porte de la maison, sa mère lui répondit gentiment qu'elle était malade -mais elle savait que Jonathan ne tomberait pas dans le panneau, il était au courant de sa supercherie-, et lorsque la maison redevint silencieuse, elle s'était levé à nouveau. Elle attrapa quelques vêtements propres et lorsqu'elle croisa son reflet dans le miroir de la salle de bain, elle se rappela qu'elle portait encore la veste de Steve Harrington. L'odeur commençait à faiblir, à son déplaisir, et elle soupira avant de s'engouffrer dans la cabine de douche avec l'espoir que l'eau chaude la détendrait et éloignerait ses mauvais rêves. Mais rien n'y faisait. Ses pensées étaient hantées par l'image du monstre qui avait faillit l'attaquer le jour précédent, et elle ne pouvait s'empêcher de penser à Will, qui avait été enlevé dans ce monde parallèle par une autre créature. Lorsqu'elle sortit de la douche, elle s'habilla rapidement, passa la main dans ses cheveux pour les coiffer, et pour la deuxième fois de la journée elle croisa son reflet. Son teint était pale, ses yeux semblaient avoir rapetissés pendant la nuit, elle n'avait vraiment pas une bonne mine. Avec un grognement, elle sortit de la salle de bain, et retourna dans sa chambre pour enfiler sa paire de chaussures ainsi que sa veste. Il pleuvait légèrement, alors Christie enfonça un bonnet sur sa tête, puis prit son sac et sortit enfin de chez elle. Les cours avaient commencés depuis une bonne heure, et ses parents n'allaient pas rentrer avant la fin de la journée. Elle hésita un court instant à aller voir le sheriff Hopper, mais ses jambes refusaient d'avancer, paralysées par la peur. Elle voulait faire quelque-chose contre Billy, parler à quelqu'un du Monde à l'Envers et elle savait qu'Hopper était au courant, qu'il lui dise qu'il avait une solution pour empêcher cet autre monde de fusionner avec le leur, qu'il allait les protéger des monstres. Christie avait l'impression d'être une petite fille terrorisée, et elle détestait ça.
- « Et puis merde » pesta-t-elle.
Elle se dirigea vers la cabane du jardin où son père rangeait la batte de baseball qu'il avait depuis l'adolescence, ainsi qu'un pistolet bien dissimulé sous l'établi. La jeune femme cacha le pistolet ainsi qu'une boite de balle dans sa poche, et referma la cabane derrière elle avant de grimper sur son vélo et se mit en route vers la forêt où elle pourrait s'entraîner au tir sans craindre d'être dérangée. Elle ne voulait pas être cette petite fille faible. Elle ne l'avait jamais été auparavant. Elle voulait apprendre à se défendre. Et si un monstre avait le malheur de pointer le bout de son nez, il le regretterait, foi de Henderson !
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Jim Hopper détestait qu'on le dérange le matin. Les coups de fils se résumaient souvent à un chat dans un arbre, un vélo volé, ou encore des jeunes qui traînaient en ville en faisant les idiots. Mais lorsqu'il reçut un coup de téléphone lui disant que des coups de feus ressemblant au bruit d'une arme avait retentît dans la forêt, près de la maison des Byers, il n'hésita pas une seconde et sauta dans son pick-up et se mit en route vers l'origine du bruit. Tout le long du trajet, il sentait sa tension monter, se demandant pourquoi des coups de feus avaient été tirés dans la forêt, la chasse étant interdite dans cette parcelle de terrain. Il n'en avait jamais parlé à Joyce, ni à personne d'autre, mais Jim ne croyait pas un seul instant que le portail ait complètement été fermé. Il ne pouvait pas y croire, et il ne pouvait s'empêcher de penser aux possibles monstres qui pourraient s'échapper du Monde à l'Envers. C'est l'esprit embrouillé que Jim Hopper s'arrêta sur le bas côté et décida de continuer à pieds. La forêt était silencieuse, et seul le bruit de la pluie tombant sur les feuilles brisait la quiétude. Jim se mit en route sans vraiment savoir par où commencer, et sursauta lorsqu'un coup de feu retentit droit devant lui.
- « Bordel de merde » marmonna-t-il en se frottant la barbe.
Il accéléra le pas, déterminé à attraper le petit malin qui s'amusait à tirer tel un cow-boy dans la forêt et lui faire payer pour l'avoir dérangé pendant son deuxième café matinale, mais lorsqu'il vit une petite silhouette se dessiner à l'horizon, l'incompréhension le stoppa net dans son élan. De loin, il était incapable de voir le visage de la personne qui se tenait devant lui, mais les longs cheveux blonds qui s'échappaient du bonnet ainsi que la petite taille et la forme de la silhouette lui confirmait qu'il ne s'agissait pas d'un adolescent mais d'une jeune femme. Jim se racla la gorge, ce qui provoqua un sursaut chez la blonde qui tourna les talons, le pistolet braqué vers lui. Le sheriff leva les mains devant lui en signe de paix, et lorsqu'il vit le visage de l'adolescente, il manqua de s'étrangler. Il avait l'impression de se retrouver en face de Dustin. Seul la couleur de ses yeux ainsi que la forme plus féminine de son visage étaient différents. La jeune femme ouvrit grand la bouche en voyant qu'elle était en train de braquer un agent de police, et lâcha son arme en levant les mains à son tour.
- « Excusez-moi chef Hopper, je pensais que c'était ... Autre chose. »
- « Tout va bien gamine » répondit Hopper en se rapprochant. « C'est quoi ton nom ? »
- « Christie Henderson. » Elle sourit légèrement. « Je suis la cousine de Dustin. »
Hopper hocha la tête, se rappelant alors de ce qu'avait dit Joyce quelques jours auparavant. La jeune femme avait défendue Will ainsi que les autres enfants sans même les connaître, et était une amie de Jonathan. Le sheriff se pencha et attrapa le pistolet qui était à terre, avant de se redresser pour faire face à Christie qui ne semblait pas inquiète de s'être faite surprise en train de tirer au plein milieu de la forêt par le chef de la police. Jim haussa les sourcils en la regardant.
- « Je peux savoir pourquoi tu n'es pas en cours ? »
- « Je m'entraîne » répondit-elle en enfonçant les mains dans ses poches.
- « Tu sais qu'il y a les stands de tirs pour ça gamine ? » demanda Jim en rangeant le pistolet à sa hanche.
Ce qu'elle avait dit précédemment lui revint alors en mémoire. Elle n'avait pas dit quelqu'un d'autre, mais quelque-chose. La jeune femme haussa les épaules en le regardant.
- « Je sais que vous êtes au courant chef Hopper. Pour le Monde à l'Envers, les monstres, le portail ... C'est pour ça que je m'entraîne. »
- « Je ne vois pas de quoi tu parles Henderson » grommela Hopper en soufflant du nez.
- « Oh vraiment ? Et si je vous demande comment va El' ... »
Jim serra les dents en entendant le surnom de la jeune fille qu'il avait recueilli, dont il s'était occupé et qu'il avait protégé pendant près d'un an, jusqu'à l'adopter légalement. L'expression du sheriff dû trahir ses émotions car Christie arborait maintenant un air satisfait, et Jim ne put s'empêcher de remarquer à quel point elle ressemblait à son cousin en ce moment-même.
- « Vous mentez mal pour un agent de police » railla Christie.
- « Je vois de qui tient Dustin » rétorqua Jim. « Écoute gamine, le portail a été fermé, tu ne cours aucun danger. »
Il avait beau de pas y croire, il devait la rassurer. Il ne pouvait accepter le fait qu'une adolescente se sente obligée d'apprendre à manier une arme à feu par peur des monstres qui avaient faillis les tuer quelques mois auparavant, et qui avaient tués Bob. Mais lorsqu'il vit la surprise dans le regard de Christie, il sentit son ventre se tordre.
- « Vous n'êtes pas au courant de ça ... » murmura la jeune femme, l'air ébahi.
- « Craches le morceau. »
- « Vous êtes vraiment brusque vous savez ? »
Jim Hopper releva les épaules, dominant encore plus l'adolescente qui ne semblait aucunement impressionné par le sheriff qui avait la gorge si noué qu'il fut incapable de répondre. Les craintes de l'homme furent confirmés lorsque Christie prononça ces derniers mots.
- « Les monstres sont de retour, chef Hopper. »
Jim n'avait pas hésité un seul instant. Il savait qu'aujourd'hui, Joyce ne travaillait pas. C'est pour quoi il décida en une seconde d'aller chez elle, et il ne se retourna pas lorsque Christie le héla. Le sheriff rebroussa chemin jusque son pick-up, l'esprit si embrouillé que ses oreilles en bourdonnaient presque. Il savait que les monstres allaient revenir, mais il n'imaginait pas qu'ils soient déjà de retour. Et l'apprendre de la bouche d'une adolescente de l'âge de Jonathan qu'il ne connaissait pas et qui lui courait après à cet instant précis l'avait encore plus bouleversé. Il grimpa dans le véhicule et sursauta en voyant Christie monter à ses côtés, le souffle court et l'air déterminé. Hopper se pinça l'arête du nez en retenant un juron.
- « Vous ne m'avez pas rendu mon pistolet » se justifia Christie.
- « Confisqué gamine » rétorqua Jim en posant ses mains sur le volant. « Descends maintenant ou je t'emmène au poste. »
- « Donc vous ne comptiez pas retourner en ville, j'ai tord ? »
L'homme croisa le regard vert de la jeune femme et serra à nouveau les dents. Il détestait la déterminations des adolescents, il détestait la perspicacité des enfants, et voilà qu'il se trouvait avec un mélange parfait des deux.
- « Vous allez voir Joyce, n'est-ce pas ? » continua la blonde en mettant sa ceinture. « Ça me va. Je viens avec vous. »
- « Génial » railla Hopper en allumant le contact. « Vraiment génial. »
Il n'arrivait pas à croire qu'il venait de céder à une gamine de 17 ans, et pourtant, il se dirigeait vers la maison de Joyce Byers accompagnée de Christie, qui avait croisé ses mains sur ses jambes et avait retiré son bonnets, libérant une masse de boucles impressionnantes. Un silence pesant s'était installé entre les deux personnes. Par chance, le trajet ne dura qu'une poignée de minutes, et la maison des Byers se dessina devant eux avant que la gêne ne vienne s'installer à tour. Lorsqu'il s'arrêta, Jim se tourna vers Christie qui fixait le tableau de bord.
- « Tu me laisses lui parler, compris ? C'est à moi de lui annoncer. Tu ne sais pas ce qu'elle a vécu et par quoi elle est passée et tu manques visiblement de tact, alors ... »
- « J'ai compris » l'interrompît Christie, l'air vexée. « Je la boucle. On y va ou on continue à s'échanger des piques chef ? »
Jim inspira longuement, hésitant brièvement à enfermer Christie dans le pick-up, mais il n'imaginait pas comment expliquer à Joyce pourquoi l'ami de son fils était enfermée dans son véhicule. Il sortit en premier du véhicule, la jeune femme sur les talons, et avant même qu'il ne fasse un pas, la porte de la maison des Byers s'ouvrit, laissant apparaître Joyce qui semblait surprise de voir Jim. Lorsqu'elle croisa le regard de Christie qui se tenait derrière le chef Hopper, la surprise se transforma en incompréhension.
- « Bonjour Joyce ! » salua joyeusement Christie alors que Jim levait les yeux au ciel.
- « Christie ? Pourquoi tu n'es pas en cours, et ... Que fais-tu avec Jim ? » balbutia Joyce en naviguant du regardentre les deux personnes qui se tenait devant elle, l'air perdu.
- « Joyce, je dois te parler, à l'intérieur, c'est important » annonça Jim d'un ton doux qui étonna Christie.
L'air de la mère de famille changea à nouveau, passant de l'incompréhension à la peur. Et Jim détestait voir cette expression sur le visage de Joyce. Lorsqu'il rentra dans la maison, il attendit que l'adolescente qui l'accompagnait entre à son tour, et ferma la porte derrière lui avant de retirer son chapeau et s'asseoir sur une des chaises autour de la table dans la cuisine. Joyce retourna à sa place, silencieuse, et reprit sa cigarette sans quitter Jim du regard. Christie, elle, semblait avoir perdu sa jovialité et avait retrouvé son air stressé que le sheriff avait brièvement vu chez elle lorsqu'il l'avait surprise. Ce dernier se racla la gorge.
- « Elle est au courant pour le Monde à l'Envers. »
Christie haussa légèrement les épaules, l'air penaude tandis que Joyce semblait à deux doigts de fondre en larmes, et la mère de famille attrapa la main de la jeune femme en soupirant, l'air désolée, mais avant qu'elle ne prononce un mot, Hopper enchaîna.
- « Écoute Joyce, ce que je vais te dire ... Ne va vraiment pas te plaire. » Jim ne savait pas par où commencer, ni de quel manière lui annoncer.
- « Craches le morceau Jim » marmonna Joyce en levant les yeux vers lui. « Ne tournes pas autour du pot. »
Christie jeta un regard vers le sheriff Hopper qui semblait avoir du mal à trouver ses mots, et se racla la gorge avant de prendre la parole. Elle en savait plus que lui sur ce coup-là, et malgré les paroles de Jim précédemment, la jeune femme savait ce qu'avait vécu Joyce. Elle prit la main de cette dernière entre les siennes en lui souriant timidement.
- « Vos fils ne voulaient pas vous effrayer Joyce, c'est pour cela qu'ils ne vous ont rien dit ... »
- « C'est en rapport avec cette fille, mh ? » La mère de famille souffla du nez en baissant les yeux. « Je savais que sa venue ici était un mauvais signe ... »
- « Calmes-toi Joyce ... »
- « Tu l'as rencontré, n'est-ce pas ? » coupa-t-elle en s'adressant à Christie. « Jonathan aussi, ils m'ont mentis, ils ... »
- « Ne voulaient pas vous inquiéter » finit Christie en tournant la tête vers le chef Hopper, en quête de soutien. « Ils comptaient vous le dire ... »
- « Je suis leur mère, Christie ! » s'écria Joyce en se redressant. « Et ils ne m'ont rien dis ! Et ... Et comment tu as su pour tout ça ? »
Jim haussa les sourcils en questionnant du regard la jeune femme, curieux lui aussi. Elle ne lui avait rien dit à propos de la manière dont elle avait été mise au courant, et Joyce savait que les enfants avaient mis au point un langage et s'étaient promis de ne rien lui dévoiler quant au Monde à l'Envers. Alors pourquoi avaient-ils renoncés si rapidement ? La seule raison à cela aurait été que Christie le devine toute seule, ou pire encore.
- « Tu en as vu un » souffla Jim en serrant la mâchoire. « C'est pour ça que tu t'entraînais. Tu en as déjà croisé un, c'est ça ? »
Christie se sentait soudainement très mal à l'aise, et se rendit compte qu'elle aurait donné n'importe quoi pour être en cours à cet instant précis, quitte à devoir supporter Billy Hargrove. La jeune femme croisa ses doigts et leur raconta alors tout ce qu'elle savait, tout ce qu'elle avait apprit le jour précédent, sans omettre le moindre détail, allant jusqu'à expliquer la raison de sa présence chez Steve Harrington. Tandis que Joyce semblait à deux doigts de fondre en larmes face au récit de la blonde, Jim tiqua et ne put s'empêcher de relever un détail. Il n'avait pas lâché l'adolescente du regard, et se frotta la barbe en inspirant. Tout cela lui semblait si insensé. Ces adolescents avaient tant subit, et maintenant, leurs pires cauchemars étaient de retour. Jim décida de s'en aller, voyant que Christie n'avait pas l'air décidé à bouger de chez Joyce. Après tout, la jeune femme connaissait très bien la mère de famille, et alors que Jim se levait, cette dernière lui adressa un regard en se rapprochant légèrement de lui.
- « Merci. »
Hopper hocha la tête; et Joyce sourit légèrement, et Hopper tourna les talons en ouvrant la porte, avant de sortir de la maison, le coeur serré. Il n'avait pas oublié la raison pour laquelle la jeune Henderson avait atterrît chez Steve Harrington, et alors qu'il remontait dans son pick-up, il ne pouvait empêcher son esprit de reconstituer la scène qu'elle avait brièvement décrite, pouvant presque sentir la peur qu'elle avait du ressentir en voyant Billy Hargrove devant chez elle, et surtout face au démochien qui avait failli l'attaquer. Le sheriff contracta la mâchoire en jetant un coup d'oeil vers la forêt, et jura en frappant le tableau de bord, la gorge nouée. Il était le sheriff, il s'était promit de protéger cette ville, et surtout ces enfants. Mais il avait faillit à sa tâche, et les monstres étaient de retour. Plus nombreux, plus puissants. Et la seule personne qui pouvait les sauver était cette inconnue qui semblait avoir un passé aussi sombre que Jane. Jim renifla en sentant une larme rouler sur sa joue, et se gara devant le commissariat, incapable de bouger de son véhicule. Il devait la rencontrer.
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Steve avait passé la journée à éviter Jonathan et Nancy, jusqu'à préférer manger à l'extérieur pour ne pas avoir à se justifier quant à son attitude froide du matin à l'égard du jeune homme. Mais il avait également passé sa journée à éviter Billy Hargrove, non pas par peur de se faire insulter, mais pour ne pas être tenté de lui envoyer son poing dans la mâchoire. Cependant, lorsqu'il sortit de son dernier cours, il croisa le regard bleu de son exe, et soupira alors qu'elle se rapprochait de lui.
- « J'irai m'excuser plus tard Nancy » grommela Steve en voulant la contourner, mais la jeune femme le rattrapa par le bras, l'air surprise.
- « Non, Steve attends, ce n'est pas de ça dont je voulais te parler ... »
Ce dernier haussa les sourcils en voyant que Nancy semblait partagée entre la joie et l'incompréhension. Il croisa les bras sur sa poitrine en voyant Jonathan se rapprocher à son tour, le même air inquiet au visage.
- « Hopper est devant le lycée. »
Ce fut au tour de Steve d'être surpris par la révélation, et sans un mot, le jeune homme se précipita dehors, curieux de savoir pourquoi le sheriff était là aujourd'hui. Il pensa un instant à une possible faille, mais il balaya bien vite cette option. Si Jim avait vu un monstre, il n'aurait surement pas attendu patiemment devant le lycée, mais aurait débarqué en plein cours pour les forcer à dire toute la vérité. Lorsqu'il croisa le regard de ce dernier, Steve déglutit face à son air sévère.
- « Il sait. »
- « Comment pourrait-il être au courant ? » gémit Nancy.
- « Il n'est pas là pour ça ... Regardez. »
Jonathan suivit du coin de l'oeil Billy Hargrove se diriger vers sa voiture, l'air sombre, mais alors qu'il passait à coté du sheriff sans lui accorder un seul regard, ce dernier lui agrippa le bras en fronçant les sourcils. Nancy tendit l'oreille, et bien que Jim parlait à voix basse, elle entendit chaque mot de leur conversation.
- « Deux secondes, Hargrove » gronda Hopper. « Je vais être bref, et tu vas gentiment m'écouter. » Il sourit légèrement. « Si jamais j'apprends que tu as refoutu un pied devant chez Christie Henderson, ou que tu as posé ta main sur elle, je t'arrête pour tentative d'agression et harcèlement. Compris ? »
Billy déglutit à son tour et sentit son coeur louper un battement. Le jeune homme hocha simplement la tête et le sourire de Jim s'élargit alors qu'il lâcha le bras du garçon.
- « Parfait. Maintenant dégages de ma vue. »
Steve et Jonathan, qui avaient entendus eux aussi, faillirent s'étouffer avec leur salive en entendant Jim Hopper être aussi sérieux, et Nancy ne put retenir un petit rire nerveux en voyant l'air choqué de Billy qui ne s'attendait surement pas à ça venant du sheriff. Mais surtout, les trois adolescents se posaient la même question : Comment avait-il su ? Hopper tourna la tête vers eux et leur satisfaction d'avoir vu Billy Hargrove être ridiculisé de la sorte fut vite remplacé par la crainte, et tandis que le sheriff se rapprochait d'eux, les adolescents se sentaient devenir de plus en plus petits. Jim renifla en les regardant les uns après les autres, avant de croiser ses bras sur son torse.
- « Écoutez-moi bien vous trois. J'ai été appelé ce matin en urgence parce-que votre petite copine blonde au sale caractère était en train de tirer au pistolet dans la forêt. Vous avez quelque-chose à dire à propos de ça ? »
Le coeur des trois jeunes loupèrent un battement lorsqu'ils comprirent que Christie avait été surprise la main dans le sac. Steve était inquiet quant à son état et se demandait si elle était en sécurité, tandis que Jonathan se sentait responsable de ce que la jeune femme avait fait. Elle avait peur, et pour vaincre sa peur, elle avait décidé d'apprendre à tirer seule, dans la forêt, sans prévenir qui que ce soit. Nancy, elle, se rendit compte qu'elle avait plus de points communs avec Christie qu'elle ne l'avait imaginé. Elle aussi était passé par cet état de crainte quelques mois auparavant. Mais aucun ne prononça un seul mot, et Hopper enchaîna, la voix encore plus basse.
- « Et pour couronner le tout, il semblerait qu'elle soit au courant de tout. Et même plus. Alors maintenant, tous ensembles, eux compris » il pointa du doigt le groupe d'enfants qui venaient tout juste de sortir du collège et qui s'étaient stoppés net en voyant la scène qui se déroulait devant le lycée, avant de reporter son attention vers les adolescents qui lui faisaient face. « On va aller en discuter chez Joyce, où votre copine est surement encore. Et croyez-moi, ça va barder. »
Sans attendre leur réponse, Jim tourna les talons et remonta dans son pick-up avant d'allumer le contact, sans quitter du regard le groupe qui s'était formé devant lui. Les enfants avaient rejoint les adolescents, l'air penaud. Steve fut le premier à retrouver l'usage de ses jambes et fit signe aux enfants de le suivre, avant de se diriger vers sa voiture le ventre noué. Dustin et Mike le suivirent, tandis que le reste des enfants décidèrent de rester avec Jonathan et Nancy. Les trois plus âgés se lancèrent un dernier regard avant que Steve ne monte dans la voiture, le coeur battant la chamade.
- « On est mort. »
- « On est plus que mort » grommela Mike.
- « Fermez-là tous les deux » ordonna Steve en serrant le volant entre ses doigts. « Tout va bien se passer. »
Mais il n'y croyait qu'à moitié.
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Leia avait sentit cette faille s'ouvrir si brusquement qu'elle en avait eu le souffle coupé tant la douleur était intense. Alors qu'elle s'apprêtait à sortir pour rejoindre la maison des Byers, elle changea de destination, et chercha l'emplacement de la faille quelques instants avant de sentir une nouvelle vague de douleur qui lui arracha un grognement. Elle n'avait encore jamais ressenti une telle sensation. La jeune femme inspira avant de se diriger vers la faille, avec l'impression d'avoir un poignard enfoncé dans sa poitrine. La pluie avait cessé, et l'air était si humide qu'elle pouvait sentir sa veste s'humidifier à chacun de ses pas dans la forêt. Alors qu'elle se rapprochait de la lueur bleuté caractéristique des failles, un craquement derrière elle la fit se retourner. Un hurlement strident lui perça les tympans alors qu'une forme noir lui fonçait dessus. Leia leva la main et repoussa son assaillant à l'aide d'une puissante onde de choc qui projeta ce dernier contre un arbre et tomba au sol, inerte. Leia fronça les sourcils en posant son regard sur la chose qui venait de l'attaquer et sentit son estomac se nouer. C'était un monstre, un monstre comme elle n'en avait jamais vu. Son long corps était recouvert de piques qui se dressaient, menaçants, et sa gueule allongées étaient encore grande ouverte. Ses dents acérées brillaient sous la lumière du soleil couchant.
- « Qu'est-ce que ... »
Un nouveau hurlement se fit entendre, suivit de plusieurs autres, et Leia eut l'impression de défaillir en comprenant qu'elle était prise au piège au milieu d'une véritable meute de monstres inconnus, beaucoup plus dangereux que les démochiens. La jeune femme déglutit. Elle n'avait aucune chance face à eux, et lorsqu'elle vit l'un d'eux foncer à nouveau sur elle, son esprit se dirigea vers les deux seules personnes qui pouvaient l'aider, en priant qu'ils l'entendent et viennent à son secours.
