Bonjour ! Je tenais à m'excuser pour le léger retard, comme d'habitude, j'ai un peu traîné et j'ai réécris deux fois ce chapitre, ne sachant pas trop où j'allais mais je pense avoir réussi à écrire quelque-chose de correct ! Beaucoup de dialogues, peu d'actions mais j'ai beaucoup aimé l'écrire, surtout la fin.
Bonne lecture à vous !
Lorsque la sonnerie annonçant le début des cours avait retentit, Christie avait essuyé les larmes qui perlaient au coin de ses yeux et était sortie de la cabine où elle s'était terrée légèrement tremblante. Son regard s'était posé sur son reflet et la jeune femme avait soupiré avant de se passer un coup d'eau froide sur le visage, constatant avec satisfaction que cela avait atténué la rougeur de ses yeux. Elle renifla et rejoignit sa salle de classe, les sens en alerte, mais elle ne vit nul part Billy Hargrove et s'installa à sa place habituelle sans faire attention aux regards qui s'étaient posés sur elle. Lorsqu'elle sentit une main tapoter son épaule, elle sursauta en se retournant brusquement et se détendît en voyant qu'il s'agissait de Jonathan. Ce dernier ne dit rien, mais il vit dans son regard que quelque-chose s'était produit, quelque-chose qui avait tiré des larmes à la blonde si forte habituellement. En la voyant se tendre quand Billy entra dans la salle de classe, le jeune homme serra les dents et adressa au garçon aux cheveux longs un regard noir auquel il répondît par un petit sourire narquois.
- « Laisses tomber » soupira Christie en reportant son attention vers la fenêtre qui donnait sur la cour. « Il en vaut pas la peine. »
- « Je suis censé laisser ce connard faire pleurer ma meilleure amie sans rien dire ? » siffla Jonathan en écarquillant les yeux.
- « S'il te plaît ... Ne t'en mêles pas. T'as suffisamment de problèmes comme ça. »
- « Christie ... »
- « Pas ici. »
Elle avait sentit le regard de Billy se poser sur elle alors qu'elle parlait et s'était crispée. Jonathan souffla du nez d'un air rageur sans dire un mot, et Christie resta muette durant le reste de la matinée, évitant soigneusement son ami ainsi que Nancy malgré leurs tentatives de discuter avec elle. À l'heure du déjeuner, elle se faufila jusqu'au réfectoire, sa capuche sur la tête, et prit de quoi manger avant de se diriger à l'extérieur, à l'abri des gens. L'adolescente avait besoin de tranquillité, le brouhaha autour d'elle étant en train de faire naître chez elle un mal de tête. Avec un soupir, elle retira veste et la posa au sol avant de s'asseoir dessus et croqua dans l'un des fruits qu'elle avait sur son plateau sans grande conviction. Le soleil avait beau réchauffer l'air, elle avait toujours aussi froid et elle frissonna en sentant une bourrasque traverser sa chemise.
- « Tu vas attraper froid. »
La voix la fit sursauter et elle leva les yeux en clignant les paupières avant de reconnaître Steve. Comment était-il arrivé sans le moindre bruit ?
- « Tu m'espionnes Harrington ? »
- « Non, je viens te tenir compagnie. J'ai croisé Nancy et Jonathan ... »
- « Si tu viens pour me dire qu'Hargrove est un crétin et bla et bla et bla, merci mais non merci je m'en passerais volontiers » l'interrompit Christie en secouant la main devant son visage, l'air renfrognée.
- « Alors je ne le dirai pas. Mais je le pense » dit-il avant de s'installer à ses côtés, souriant.
- « Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle » marmonna l'adolescente en faisant référence aux lèvres étirées du jeune homme.
- « Je me disais simplement que j'avais de la chance d'être en compagnie d'une jolie fille. »
La remarque de Steve eut le mérite de la faire sourire à son tour alors que ses joues se réchauffaient. Elle croisa son regard chocolat et se fit la réflexion qu'il était vraiment beau garçon. La jeune femme retourna à sa contemplation de la cour du lycée, son coeur battant légèrement plus vite qu'habituellement.
- « Viens à la maison. Ce soir. »
Christie faillit s'étouffer avec sa gorgée d'eau et mit quelques secondes avant de réussir à respirer correctement avant de se tourner vers un Steve qui attendait sa réponse, l'air tout à fait serein. Elle écarquilla les yeux en le regardant.
- « Tu m'invites à passer la soirée chez toi ? » demanda-t-elle, perplexe.
- « Tu m'as invité à diner chez toi il y a une semaine, à toi de venir chez moi » répondît Steve en haussant les épaules.
Il tentait d'avoir l'air détendu et même légèrement indifférèrent, mais le jeune homme mourrait littéralement d'inquiétude. Il n'avait aucune idée de ce qu'il était en train de faire, ne savait pas quoi dire, et le regard de Christie ne laissait paraître aucune émotion. Pourquoi l'avait-il invité ?! Parce-qu'il voulait la voir ailleurs qu'ici, ailleurs que chez les Byers, il voulait passer un peu de temps avec elle ... Et si elle refusait ? Peut-être était-ce trop rapide, peut-être qu'il venait de gâcher le début de leur ... Leur quoi, au juste ? Qu'étaient-ils ? De simples amis ou plus ? L'esprit de Steve était bouillonnant de questions, mais il s'efforçait de garder une expression quasiment neutre.
- « C'est d'accord. »
Elle hocha la tête en riant légèrement, rire qui réchauffa Steve. Elle avait accepté ! La joie qu'il ressentait en cet instant précis était telle qu'il dut se retenir se l'entourer de ses bras et de la serrer contre lui, et se contenta de la regarder alors qu'elle n'avait plus aucune trace de tristesse sur son visage. Ses yeux verts brillaient et ses joues étaient roses, ses lèvres pleines étaient étirées et dévoilaient ses dents blanches et le soleil caressait sa peau hâlé, et faisaient ressortir le blond de ses cheveux. Un court instant, il se perdit dans sa contemplation et imprima dans son esprit cette vision de Christie qui rayonnait grâce à lui.
Ils passèrent le reste de la pause du midi ensemble avant de finalement rejoindre leurs cours respectifs. Sur le chemin, ils croisèrent Billy Hargrove qui adressa une insulte à Steve, mais celui-ci haussa simplement les épaules, totalement indifférent à la haine du garçon aux cheveux longs qui ne sembla pas apprécier l'ignorance des deux adolescents. Christie, elle, se sentait beaucoup mieux que plus tôt dans la matinée, et la présence d'Harrington n'y était pas pour rien, mais lorsqu'elle dut le quitter, sa peur de se retrouver seul en compagnie de son ennemi la reprit et elle se mit à angoisser à la simple idée qu'il puisse se venger de leurs attitudes durant le cours de sport qui avait lieu après ses deux heures de maths. Christie déglutît en attrapant Steve par le bras alors qu'il s'apprêtait à entrer dans la salle de son prochain cours et le garçon se retourna, l'air surpris.
- « Tes parents t'en voudraient si tu séchais les cours ? » se risqua-t-elle. « Juste celui de sport. »
- « Une élève aussi sérieuse que toi serait prête à louper un cours aussi important que celui de sport ? » s'indigna faussement Steve.
- « Si ça peut nous empêcher de nous faire violenter par Billy, oui. »
Elle vit la mâchoire de Steve se contracter et il secoua la tête.
- « Tu penses qu'il est assez stupide pour tenter quoi que ce soit ? »
- « Il est fourbe » répondit Christie. « Je l'ai vu et entendu la semaine dernière. Sa popularité le protège. Je n'ai pas envie d'entendre ses insultes pendant une heure et demie. »
Il sembla réfléchir quelques secondes alors que la sonnerie retentissait dans le couloir, leur indiquant qu'ils devaient retourner en cours, mais la blonde était pendue aux lèvres de Steve, attendant sa réponse légèrement anxieuse. Il finit par acquiescer, les sourcils froncés, et Christie faillit lui sauter au cou tant elle était soulagée qu'il accepte.
- « 15h, je t'attendrai à la bibliothèque » lui dit-elle avec un sourire.
Elle hésita un instant avant de se hisser sur la pointe des pieds et de planter un baiser sur la joue de Steve qui resta totalement immobile, l'air surpris. Si la jeune femme avait pu lire dans les pensées, elle n'aurait entendu qu'un bourdonnement sourd venant de la tête du garçon tant ce simple geste l'avait déconnecté de la réalité. Il la regarda s'éloigner d'une démarche si légère qu'elle donnait l'impression de flotter, ses longs cheveux bouclés se balançant dans son dos au rythme de ses pas rapides, et secoua la tête pour reprendre ses esprits avant de rentrer dans sa salle de cours sous le regard méprisant de Carol. Alors qu'il s'installait au fond de la classe, la brune s'assit à ses côtés et dut se racler la gorge pour attirer l'attention du jeune homme qui se tourna vers elle, l'air surpris. Le petit sourire moqueur qui déformait ses lèvres n'avait rien de bon.
- « Alors Harrington, tu t'intéresses aux petites geeks maintenant ? » balança-t-elle en jouant avec son crayon.
- « Ça se pourrait bien » répondît Steve. « Ça te pose un problème Carol ? »
- « Tu vas la jouer comme avec Wheeler ? L'inviter chez toi, la tirer ... Et finir par te faire larguer pour un autre ? »
Elle souriait toujours. Depuis quand Carol était-elle une peste avec lui ? Depuis Billy Hargrove ... Bien. Elle voulait jouer ? Steve allait jouer aussi. Il se redressa sur sa chaise et pencha la tête sur le côté en pinçant les lèvres.
- « Dis-moi Carol, est-ce que Tommy est au courant de tes galipettes avec Hargrove ? » demanda-t-il.
Le regard de Carol s'assombrît et il entendit le crayon en bois qu'elle tenait entre ses doigts se briser avec un bruit sec, faisant naitre chez lui un sentiment de satisfaction. Il lui adressa un petit clin d'oeil avant d'ajouter.
- « Sois gentille, et ne me parle plus. Ni à moi, ni à Christie, ni à aucun autre de mes amis. Ou toute l'école sera au courant de tes petites folies extraconjugales. Tu ne voudrais quand même pas que cela arrive ... »
- « Vas chier Steve » cracha Carol.
Steve n'était pas aussi puéril d'ordinaire, mais le comportement de Carol et le fait de savoir que Christie était assez mal pour vouloir sécher les cours, et tout cela à cause de cet abruti de Billy Hargrove, tout le poussait à se rabaisser à ça. Il soupira en reportant son attention sur son cahier grand ouvert et se mit à écrire, attendant impatiemment la fin de son cours pour rejoindre la blonde au plus vite et s'éloigner de ce lycée qui était devenu un véritable enfer pour lui.
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Jonathan sentit un projectile sur son crâne et se retourna, près à incendier l'expéditeur, mais lorsqu'il croisa les prunelle vertes de Christie, il ravala ses mots et arqua un sourcil d'un air curieux. La jeune femme l'avait ignoré toute la matinée, l'évitant durant les cours et avait même totalement disparue au cours du repas. Il n'avait pas pu se placer à ses côtés pour ce cours-ci et avait vu qu'elle semblait de meilleure humeur bien que son expression laissait comprendre qu'elle était tout de même pensive. Christie lui montra le bout de papier qu'elle lui avait envoyé avec une précision rare sur la tête et il comprit qu'il contenait un message. L'adolescent déplia la boulette et lut « 15h, bibliothèque, sèches le sport, besoin de parler. Nancy aussi. », avant de relever les yeux alors que la blonde semblait attendre sa réponse. Sans plus attendre, il dégaina son crayon et griffonna sa réponse - positive - avant de lui lancer en faisant attention à ne pas être vu par leur professeur. Elle déchiffra le gribouillis qu'était l'écriture de Jonathan et lui adressa un sourire éclatant avant de sentir le regard de Billy se poser sur elle.
- « On envoie des petits mots d'amour ? » ricana ce dernier alors qu'elle avait légèrement tourné la tête, suffisamment pour le voir du coin de l'oeil.
- « Lâches-moi la veste Billy » répliqua-t-elle dans un murmure à peine audible.
- « Tu sais ce que tu as à faire pour ça ... » Il lui fit un sourire qui se voulait charmeur mais qui dégouta au plus haut point la jeune femme.
- « T'es vraiment dégueulasse ... »
- « J'ai toujours ce que je veux Henderson, tu comprends ? Et je te veux toi. »
Elle lui lança un regard si noir qu'il en perdît son sourire un court instant. Christie savait avoir l'air menaçante lorsqu'elle le désirait, et elle commençait à saturer du garçon qui se trouvait derrière elle. Elle ne savait pas pourquoi elle avait eu si peur de lui jusqu'ici et regrettait amèrement que ce crétin l'ai fait craqué plus tôt dans la matinée.
- « Tu n'as aucune idée de qui tu es en train de faire chier Hargrove » grogna-t-elle, ses yeux clairs envoyant des éclairs. « Alors arrête avant de faire le pas de trop et de le regretter. »
- « Surveilles ton langage Boucle d'Or » répondit Billy en fronçant les sourcils.
- « Sinon quoi ? Tu vas me refaire ton petit spitch de ce matin ? Ou tu vas m'attendre devant chez moi, au risque de croiser mes parents ? » Elle sentit un petit rictus se nicher au coin de ses lèvres. « T'es vraiment un minable. »
Elle le vit serrer les bords de sa table jusqu'à rendre ses jointures blanches et son regard s'assombrir avant de se tourner vers le tableau, le coeur battant la chamade tant elle était en colère. Pourquoi avait-il fallut que cela tombe sur elle ? Qu'avait-elle bien pu faire pour mériter que Billy s'intéresse autant à elle ? L'adolescent sembla lâcher l'affaire, du moins pour le moment, mais Christie fut satisfaite en comprenant qu'il la laissait tranquille pour le reste du cours. Jonathan n'avait rien entendu, mais il avait bien vu que la blonde avait dit quelque-chose qui n'avait pas plu à Hargrove qui la fusillait de ses yeux bleus alors que la jeune femme jouait avec son crayon, de nouveau l'air pensive. Lorsque la sonnerie annonçant la fin du cours retentit, Christie sauta presque sur ses pieds et s'éclipsa si rapidement que même Billy ne put la suivre ne serait-ce que du regard. Elle avait balancé ses affaires dans son sac à la vitesse de l'éclair et avait piqué un des plus beaux sprints de sa vie jusqu'à la bibliothèque devant laquelle elle s'arrêta, le souffle court. Steve l'y attendait déjà, sa veste en jeans sur le dos et les cheveux en bataille, signe qu'il venait juste d'y passer la main d'un geste nerveux. En voyant la blonde arriver, les joues roses et haletante, il eut l'air surpris.
- « Tout va bien ? » s'inquiéta-t-il.
- « J'ai juste couru un peu, au cas où ... Tu-sais-qui décide de me suivre » répondit-elle en se frottant la nuque. « Je crois que je l'ai énervé. »
- « On devrait y aller maintenant alors, avant que ... »
- « On doit attendre Jonathan et Nancy » l'interrompit la jeune femme.
- « On est juste là » intervint la voix de son ami qui venait d'apparaître derrière elle, la main de Nancy dans la sienne. « Alors, le programme ? »
- « On va chez moi. On y sera tranquille. Allons-y. »
oOoOoOo
À peine arrivée chez elle, Christie referma avec soin la porte derrière elle et envoya les autres dans le salon où ils s'installèrent, légèrement perplexe quant à ce que la jeune femme voulait d'eux. Ils se demandaient pourquoi elle les avait entraîné ici, les faisant louper un cours. Lorsqu'elle finit par s'asseoir avec eux, son visage était fermée.
- « Billy m'a menacé ce matin » annonça-t-elle d'une voix morne. « Il m'a coincé et m'a fait un joli petit spitch sur son désir de m'avoir et tout le tintouin. »
Steve serra tellement ses dents qu'elles grincèrent et son regard croisa celui de la blonde qui haussa les épaules avant de continuer.
- « Apparemment, Hopper lui a fait une petite mise au point. Mais ça n'a rien changé. Bien au contraire ... »
- « Il est super furax » compléta Nancy en plissant son nez dans une mimique trahissant son dégoût. « Préviens Jim ! Il ... »
- « Jim ne peut rien sans preuves. Et je refuse d'aller aussi loin pour ce merdeux » marmonna Christie. « Je pensais que l'ignorer serait suffisant, mais il est tenace. »
- « On devrait le piéger. »
Ils tournèrent tous la tête vers Jonathan qui s'était penché en avant, les mains croisées devant son visage et l'air pensif.
- « On va le faire chanter. Le coincer et lui faire dire ce qu'il a fait et ce qu'il compte faire. Il faut qu'on ait des preuves qu'il te harcèle. Avec ça entre nos mains, Billy sera rapidement du passé. »
- « Et si jamais il continue, on transmet l'enregistrement à Hopper » continua Nancy. « Je sais que tu ne veux pas que ça ailles jusque là Christie, mais là, c'est très grave » ajouta-t-elle en voyant que la principale intéressée s'apprêtait à la contredire. « On peut facilement l'avoir, comme on a eu le laboratoire. »
- « C'est malin » intervint Steve en hochant la tête. « Et c'est la seule solution pour qu'il te lâche enfin. »
Christie jeta un coup d'oeil vers Nancy qui semblait observer Steve de manière un peu trop insistante, et cette dernière tourna brusquement les yeux vers elle avec un léger sourire aux lèvres. La petite-amie de son meilleur ami était plus étrange qu'elle ne l'avait pensé ...
- « J'ai toujours mon enregistreur quelque-part chez moi » enchaina Nancy. « Je pourrais te le donner demain avant le début des cours. »
- « Attendez deux minutes ... » Christie se pinça l'arête du nez en fermant les yeux. « C'est vraiment trop là ... »
- « Chris, il t'a menacé ! » s'exclama Jonathan en levant les mains en l'air. « Il est venu devant chez toi, il te harcèle, tu peux pas le laisser continuer comme ça, qui sait jusqu'à où ce connard est capable d'aller. »
- « Je sais pas ... » Elle soupira. « Vous avez surement raison, mais ... Laissez-moi y réfléchir, d'accord ? »
L'heure suivante fut destinée à l'élaboration du plan « Billy Hargrove », plan auquel Steve participa avec beaucoup d'entrain sous le regard perplexe de Jonathan. Il avait comprit qu'il était intéressé par Christie depuis le début, mais était agréablement surpris de voir que le jeune homme était réellement inquiet pour elle. Il avait eu quelques réticences quant à leur rapprochement, mais il lui suffisait de voir le regard qu'il avait lorsqu'il observait même brièvement le visage de la blonde quand elle s'adressait à lui, ses yeux se mettaient à briller dès qu'il entendait sa voix. Christie semblait tout aussi intéressée par Harrington et Jonathan ne put s'empêcher de sourire en voyant les deux adolescents se lancer des coups d'oeils à la dérobée. La nuisance qu'était Billy Hargrove avait au moins un côté positif : il permettait à Christie et Steve de se rapprocher. Au bout d'une heure, la blonde se racla la gorge et se redressa, les mains croisées devant elle.
- « Bien, alors résumons ... » Elle regardait Nancy. « Il y a une soirée organisée ce week-end, c'est bien ça ? » Wheeler hocha la tête. « Alors j'y vais ... »
- « On y va tous » corrigea Jonathan.
- « Billy y sera, c'est sûr et certain. Il ne louperait pas une occasion de faire la fête » enchaîna Steve. « Là, il suffit qu'il te voit, qu'on le laisse boire un peu ... »
- « Et je l'emmène a l'écart pour lui tirer les vers du nez » finit Christie. « Vous serez dans le coin au cas où ça tourne mal. On enregistre tout et ... »
- « On se sert de l'enregistrement pour le faire chanter » continua Nancy, un air malicieux sur le visage. « Si il continue, on le donne à Hopper qui l'arrêtera pour harcèlement et tentative d'agression avec preuves. »
Christie s'esclaffa en se renfonçant dans le canapé.
- « C'est un bon plan » souffla-t-elle. « Tordu et dangereux, mais ça va marcher. »
- « Tu es sûre que tu ne veux pas faire ça plus tôt ? » demanda Jonathan en se frottant le menton. « Je veux dire, il risque de ... »
- « Non, il m'a bien dit qu'il ne tenterait rien au lycée » l'interrompit Christie en haussant les épaules. « Il sait que c'est trop risqué, et il va se contenter de me balancer des piques, j'en suis à peu près sûre. Alors on va attendre ce week-end. »
Il acquiesça simplement et la blonde lui adressa un petit sourire confiant. Elle était étonnée de voir l'entrain qu'avait mit les trois adolescents dans de plan ridiculement tordu qui avait pour but de la débarrasser de Billy, mais elle leur en était redevable. Eux voulaient simplement que la jeune femme soit tranquille pour des raisons différentes. Nancy voulait l'aider car elle se sentait responsable de l'avoir entraîné dans toute l'histoire du monde à l'envers, Jonathan voulait se racheter pour l'avoir délaissé ces derniers temps et Steve voulait simplement que Christie ne soit plus tourmenté par ce crétin. Il voulait qu'elle puisse vivre sa vie sans craindre que Billy ne la lui pourrisse continuellement. Lorsque Jonathan et Nancy durent partir, cette dernière fut agréablement surprise de l'étreinte que Christie partagea avec elle, et son petit-ami lui adressa un regard du style « Je te l'avais dis » alors qu'ils montaient dans sa voiture. La blonde se tourna vers Steve qui était en train de remettre sa veste.
- « Je devrais y aller aussi. »
Il releva les yeux vers elle en souriant alors qu'elle hochait lentement la tête en se mordillant la lèvre inférieure.
- « L'invitation tient toujours » ajouta-t-il alors qu'il s'apprêtait à entrer dans sa voiture, la main posée sur la poignée de la portière. « J'espère que tu aimes le pain de viande. »
Elle rit légèrement.
- « Je ne suis pas difficile » répondit-elle. « 18h30 ? Le temps que je me change et que je prévienne mes parents. »
- « Oui ! Oui, parfait, 18h30, c'est ... C'est très bien. »
Il bafouillait ... Quel idiot ! Il n'avait pas bafouillé une seule fois durant toute l'heure qu'ils avaient passés ensemble, et maintenant qu'il était seul avec elle le voilà qui butait sur ses mots tel un parfait crétin ! Elle souriait toujours alors qu'il se raclait la gorge d'un air gêné. Elle devait le prendre pour un vrai abruti maintenant.
- « Bien, alors ... À ce soir, Steve Harrington. »
Elle lui lança un dernier regard avant de refermer la porte derrière elle, laissant Steve avec ses pensées d'adolescent lambda de 17 ans. Il grimpa dans son véhicule et démarra précipitamment avant d'accélérer en direction de chez lui. Tout devait être parfait ! Absolument tout !
Mardi 24 janvier 1985. 17h32, Hawkins, Indiana.
Leia avait dormi une bonne partie de la journée, ne se réveillant qu'aux alentours de 15h. Lorsqu'elle s'était redressée, Joyce s'était installée à ses côtés et lui avait apporté de quoi manger et de quoi se rafraîchir, ce qu'elle avait accepté avec joie. Pendant qu'elle déjeunait, la mère de famille avait appelé Hopper qui lui avait promit de venir dès qu'il avait finit son service, accompagné de Jane. Elle avait ensuite envoyé l'adolescente prendre une douche et lui avait prêté des vêtements à elle. Leia semblait avoir meilleure mine après s'être reposée, nourrit et lavée. Le jeans délavé qu'elle portait laissait voir ses jambes maigres, signe qu'elle était clairement sous-alimentée. La chemise en flanelle à carreaux rouges apportait un peu de couleur à son visage pale et les cernes autour de ses yeux s'étaient légèrement estompées. Quand elle vit Jonathan entrer dans la maison, suivit de près par Will, elle sourit largement à ce dernier qui se précipita dans ses bras comme si elle était sa propre soeur.
- « Leia ! Tu vas bien ? »
Elle hocha la tête en caressant les cheveux fins du garçon avant de saluer Jonathan qui lui adressa un petit signe de la main alors qu'il s'asseyait à table aux côtés de sa mère qui observait d'un oeil attendri son plus jeune fils se blottir dans les bras de l'adolescente qui l'avait sauvé.
- « Tout s'est bien passé ? » s'enquit Jonathan en tournant les yeux vers sa mère.
- « Oui, oui tout s'est très bien passé » répondit Joyce avec un léger sourire. « Hopper ne devrait pas tarder, lui et Jane vont bientôt arriver. Je l'ai appelé pour discuter de tout ça ... »
Le jeune homme reporta son attention vers son jeune frère qui racontait sa journée à Leia qui l'écoutait attentivement et acquiesça. Comme en réponse aux paroles de Joyce, le bruit d'un moteur leur parvint de l'extérieur et ils n'eurent pas besoin de se lever pour savoir qu'il s'agissait du sheriff accompagné de sa fille adoptive. Cette dernière entra en première dans le salon des Byers et alla embrasser la mère des deux garçons avant d'adresser à Jonathan un sourire timide - elle n'avait jamais réellement parlé avec celui-ci -.
- « Salut El' » salua-t-il avec un petit signe du menton. « Comment tu vas ? »
- « Bien » dit-elle simplement.
- « Hopper » ajouta l'adolescent en voyant Jim entrer à son tour.
Le sheriff soupira alors que Jane était partie rejoindre Leia et Will sur le canapé et déposa un baiser tendre sur le front de Joyce, puis serra la main de Jonathan en s'installant à table avec eux. Il jeta un coup d'oeil vers Leia qui venait de prendre sa fille adoptive dans ses bras et haussa un sourcil.
- « Elle a l'air d'aller mieux » marmonna-t-il.
- « Elle s'est reposée et a mangé » l'informa Joyce. « La pauvre gamine en a bavé Jim ... Tu n'imagines même pas à quel point. »
- « Est-ce qu'elle t'a parlé de son passé ? » questionna Jim en se tournant vers elle, intéressé.
La mère de famille secoua la tête alors que Jonathan déglutissait en se rappelant ce qu'il avait vu lorsqu'ils l'avaient soignés le soir précédent. Joyce alluma une cigarette avant de se lancer, les mains légèrement tremblantes.
- « Elle a des marques sur tout le corps. Des cicatrices profondes, partout ... » Joyce prit une bouffée et la recracha en se mordant la lèvre. « J'ai vu son dos lorsque l'on a dû la déshabiller pour nettoyer ses blessures. »
- « C'est comme si on lui avait infligé volontairement ces marques » continua Jonathan. « Presque toutes les cicatrices étaient nettes, si précises ... »
- « Ils m'ont fait ça pour tester ma résistance. »
Tous tournèrent la tête vers l'origine de la voix qui n'était autre que Leia. La jeune femme s'était approché silencieusement, suivie de près par les deux enfants, et quasiment tous la regardaient d'un air choqué, exceptée Jane dont l'expression se rapprochait plus de la colère que de l'incompréhension. Leia renifla avant de retirer sa chemise lentement et de dévoiler ses bras marqués par des cicatrices blafardes qui couvraient 90% de sa peau.
- « Ils ont voulus m'éliminer lorsque j'ai créée le monde à l'envers » expliqua-elle en traçant du bout des doigts les vestiges de son passé. « Mais ils se sont rendus compte que mon corps se régénérait plus rapidement. Ils voulaient savoir jusqu'où cela pouvait aller. »
Joyce avait les yeux écarquillés d'horreur et Jim jura dans sa barbe alors que Leia déglutissait difficilement.
- « Ça a commencé avec des petites blessures, semblables à des griffures, et puis ils ont été de plus en plus loin. »
Elle releva son débardeur et leur dévoila son dos qui avait l'air d'avoir été brûlé à vif. Bien qu'il avait déjà vu ces cicatrices, Jonathan fut encore une fois choqué face à ces marques qui témoignaient de la souffrance que la jeune femme avait connue.
- « Ils ont continués ainsi jusqu'à ce que Jane s'échappe. Ils ont mobilisés tant d'hommes que j'ai réussi à me faufiler hors du sous-sol où ils faisaient leurs expériences sur moi ... et j'ai entendu Will. »
Ce dernier releva les yeux vers elle et croisa ses prunelles d'un bleu irréel.
- « J'ai été dans le monde à l'envers pour l'en sortir, mais je n'arrivais pas à m'en échapper. C'était comme si une force m'y retenait ... Alors je me suis mise à le protéger en espérant que quelqu'un finisse par l'en sortir, au moins lui. Et c'est arrivé. » Elle sourit. « Mais je ne pouvais toujours pas m'enfuir. En quelques sortes je ne voulais pas retourner dans ma propre dimension, à cause des hommes du laboratoire. Mais je l'ai entendu ... »
- « Le monstre de l'ombre ? » demanda Will, et elle acquiesça.
- « Il était en colère, et il a lâché prise un court instant. J'en ai profité pour m'enfuir et lorsque j'ai compris que Jane allait fermer le portail, j'ai tenté de retenir les démochiens de toutes mes forces. Quand elle a réussit, j'ai décidé de rester à Hawkins. Je savais que ce n'était pas fini. »
- « Et maintenant, le gros méchant monstre est très en colère et veut fusionner les deux mondes » conclut Jim qui ne l'avait pas quitté du regard. « Gamine, je suis vraiment désolé de tout ce qui t'es arrivé ... »
Elle ne répondit pas. Son visage avait perdu toute expression et elle semblait épuisée. Elle remit sa chemise lentement et s'installa sur la dernière chaise libre autour de la table en croisant ses petites mains sur ses jambes, les yeux rivés sur ses doigts qu'elle triturait dans tous les sens.
- « Je dois détruire le monde à l'envers. Je l'ai créée, j'en suis la source. Je suis celle qui doit l'anéantir ... Mais il est si étendu, je ne peux pas y arriver seule. »
- « Je vais t'aider. »
Leia tourna la tête vers Jane, puis vers Jim qui la fixait toujours. Ce dernier semblait pensif. Il n'arrivait pas à s'enlever de la tête la vision de sa peau blafarde marqué par les traces d'expériences abominables qu'elle avait pu subir tout au long de sa vie, mêle aux cicatrices liées aux monstres qu'elle avait affronté dans ce monde parallèle et dans le leur.
- « On va tous t'aider » ajouta finalement Jim en pinçant les lèvres. « Vous ne pouvez pas faire ça seules. »
- « Et il est hors de question que vous deviez affronter ça seules » intervint Jonathan. « On est tous dans le même bateau, on s'en occupera tous ensembles. »
Elle avait une famille. Elle avait un prénom et une identité. Une semaine auparavant, la jeune femme était seule, perdue, sale, dans les bois, abandonnée. Aujourd'hui, elle était entourée des gens qu'elle avait tenté de protéger tant bien que mal, ces gens qui tenaient désormais à elle, qui lui avaient donnés un prénom. Elle avait un toit au dessus de sa tête et les vêtements qu'elle portait, elle ne les avait pas volé cette fois-ci. Un sourire sincère vint étirer les lèvres de la jeune femme alors que pour la première fois de sa vie, elle était plus qu'un chiffre sur son poignet et qu'une simple expérience. Elle était vivante et avait enfin une vie digne de ce nom.
Cette fois-ci, je vais tenir mes délais, I sweaaaaaar ! Je vous fais des bisous, et à bientôt.
