Bonjour à toutes et à tous, je sais, ça fait beaucoup trop longtemps, mais j'ai eu ce qu'on pourrait appeler un passage à vide où je n'arrivais plus à écrire pour cette histoire, j'en suis vraiment désolée !
EN PLUS, ce chapitre est moins long que les autres, mais je ne savais pas comment le couper autrement et je l'aime comme ça, alors ... Enjoy ! (oui, pas beaucoup de blabla encore une fois, je cours rédiger le chapitre suivant pour que ce genre de "pause" n'arrive plus haha !)


Mardi 24 janvier 1985. 18h37, Hawkins, Indiana.

Steve Harrington était stressé. Il avait rarement été aussi stressé dans sa vie et n'avait pas le souvenir de l'avoir été simplement parce-qu'une fille allait venir chez lui. Mais ce n'était pas n'importe quelle fille : il s'agissait de Christie Henderson, et elle allait rencontrer ses parents, parents qui ne pouvaient s'empêcher de regarder leur fils s'agiter dans tous les sens avec un petit sourire moqueur au coin de leurs lèvres. Il s'arrêta brusquement devant eux, l'air ahuri.

- « Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? »

- « Toi chéri » répondit sa mère en pouffant. « Cesses de te torturer, tout va bien se passer. »

Eux non plus n'avaient jamais vu leur fils dans cet état. Il ne cessait de vérifier la cuisson du repas en cours, avait remit le col de sa chemise correctement au moins une dizaine de fois, se recoiffait dès qu'il passait à proximité d'une surface qui lui renvoyait son reflet. Il jeta un coup d'oeil vers l'horloge et un poids lourd tomba dans son estomac. Elle était en retard. Un léger retard, mais il commença à angoisser. Et si elle ne venait finalement pas ? N'en faisait-il pas trop ? Après tout, ce n'était qu'un repas ... Un repas avec ses parents. Alors qu'il était en train de se demander si tout cela n'était pas une mauvaise idée, le bruit de la sonnette le tira de ses songes et il se précipita vers la porte d'entrée, inspira profondément et l'ouvrit. Christie avait troqué ses éternels jeans sombres et ses chemises trop grandes contre une robe couleur verte d'eau qui s'arrêtait à ses genoux, laissant la peau halée de ses mollets respirer. La robe était simple, mais elle lui allait divinement bien. Elle avait discipliné ses cheveux qui retombaient sur ses épaules en une cascade de boucles définies, et avait ajouté une touche de couleur à son visage, relevant le vert de ses yeux à l'aide d'un peu de doré sur ses paupières. Ses lèvres brillaient légèrement et étaient étirées en un sourire doux. Il ne sait pas combien de temps il resta dans l'encadrement de la porte à la regarder, se demandant si elle était bien réelle. Steve dut se gifler mentalement pour reprendre ses esprits et s'arracher à sa contemplation.

- « Tu es ... Vraiment magnifique » finit-il par dire.

- « Tu n'es pas mal non plus » répondit-elle.

Il l'invita à entrer avant de refermer la porte derrière elle, respirant à pleins poumons son parfum léger qui persistait dans l'air. En arrivant dans le salon où se trouvaient ses parents, Christie croisa ses mains devant elle, intimidée, et Steve se racla la gorge en croisant le regard de sa mère qui s'était levée et qui se dirigeait vers l'adolescente en priant pour que la soirée se déroule de la meilleure manière possible.

oOoOoOo

Chez les Byers, une toute autre ambiance régnait. Will s'était réfugié dans sa chambre après que Jim ait commencé à évoquer avec Leia les différentes possibilités pour réduire à néant une fois pour toute le monde à l'envers dont une impliquant la disparition de la jeune femme, une douleur lancinante dans la poitrine. Il était allongé en boule dans son lit, la main sur le torse, et retenait ses larmes difficilement. Il refusait de la perdre, elle l'avait sauvé et méritait de vivre plus que n'importe qui. À la vue de ses blessures, le jeune Byers avait sentit son estomac se retourner et il avait bien faillit vomir en imaginant les souffrances qu'elle avait du endurer à cause des hommes du laboratoire d'Hawkins. Pourquoi fallait-il qu'elle paye pour des actes dont elle n'était pas responsable ? Quand est-ce que le sort cessera de s'acharner sur eux ? Will renifla alors qu'il entendait la porte de sa chambre grincer, puis le matelas s'affaisser à ses côtés. Il se redressa légèrement, et son regard croisa celui de Leia. Cette dernière l'avait suivie et avait hésité à entrer quelques instants, mais la peine du garçon était si grande qu'elle ne pouvait le laisser seul dans son coin. Elle posa sa main froide sur celle de Will qui prit ses doigts entre les siens avec un soupir.

- « Je ne veux pas que tu meurs » avoua-t-il au bout de quelques minutes silencieuses. « Je refuse que tu t'en ailles, que tu te sacrifies ... »

- « Si cela peut tous vous sauver alors je le ferais sans hésiter. Will, je suis responsable de toutes ces horreurs, les monstres, ce monde parallèle, et tu dois accepter que ... »

- « Non ! » Il avait hurlé. « Tu n'es responsable de rien Leia, tu ne voulais pas tout ça, de la même manière que Jane ne voulait pas ouvrir le portail ! Les seuls responsables de tout ça, ce sont les hommes du laboratoire ! Si tu es responsable de ça, alors je suis responsable de la mort de Bob ! »

Il porta la main à sa bouche lorsqu'il réalisa ce qu'il venait de hurler, et se rua vers le salon où sa mère se trouvait. Nul doute qu'elle l'avait entendu. Les Byers avaient toujours fait attention à ne pas mentionner l'homme qui s'était sacrifié pour eux, et voilà qu'il venait de tout ruiner. Joyce serrait si fort son mégot de cigarette qu'il était totalement écrasé, et en voyant Will arriver en courant, l'air navré, Jonathan posa son bras sur les épaules de sa mère et la serra contre lui.

- « Je ne voulais pas ... Je suis désolé, maman » bredouilla le garçon en croisant les yeux humides de Joyce avant de se jeter dans ses bras.

- « Non chéri, tu n'y es pour rien » répondit-elle en reniflant.

Jim lança un regard en coin vers sa fille qui avait la tête baissé et fixait ses doigts, l'air pensive, puis vers Leia qui avait suivi Will et qui se tenait accoudée contre le mur du couloir, observant d'un air triste la famille Byers qui se tenaient les uns les autres. Il était réellement impressionné par cette jeune femme pour qui il éprouvait un respect profond, principalement à cause de son passé douloureux. Il n'osait imaginer le quart de ce qu'elle avait dû vivre, et la voir debout et prête à endurer de nouvelles horreurs pour les sauver tous ne faisait que renforcer ce sentiment de respect. Alors que Will continuait de murmurer des excuses, Jane releva les yeux vers Leia et lui sourit.

- « Le gamin a raison » finit par dire Jim. « Tu n'as pas à mourir. »

- « Hopper ... »

- « C'est non négociable. C'est de leur faute, pas de la tienne » ajouta-t-il d'un ton dur en faisant référence aux hommes du laboratoire.

- « Vous croyez que cette idée me plait ? » s'exclama Leia en croisant ses bras sur sa poitrine, les lèvres pincées. « Je n'ai pas envie de ça moi non plus ... Mais c'est une possibilité, détruire la source pour détruire le monde à l'envers et vous le savez aussi bien que moi ! »

- « Stop ! Personne ne va mourir, personne ne parle de mourir, tout le monde s'assoit et se tait ! » explosa Joyce d'un ton dur. « Il y a une autre solution, il y a forcément une autre solution ... Il doit y avoir une autre solution ... »

- « Il y a quelque-chose auquel nous n'avons pas pensé » intervint la petite voix de Jane qui avait relevé la tête. « Ce portail, dans le laboratoire ... C'était un portail direct vers lui, n'est-ce pas ? »

Leia acquiesça, intriguée par ce qu'allait proposer l'enfant qui renifla avant de continuer sous le regard de son père adoptif dont la mâchoire était contractée.

- « Et si on l'ouvrait à nouveau et qu'on le combattait ? »

- « Oui, et on pourrait tout aussi bien sauter du haut de l'Empire State Building ! Non mais qu'est-ce qui ne va pas chez vous tous ? » s'exclama Jim en tapant du poing sur la table. « Je commence à me dire que tous les gamins de cette foutue ville ont virés suicidaires ! »

- « Ne hurlez pas, c'est une bonne idée » l'arrêta Leia en lui envoyant un regard noir. « Je n'y avais même pas pensé. Le monstre de l'ombre, c'est lui qui contrôle tout dans le monde à l'envers. Le problème ... C'est qu'il est très bien protégé. Je ne pourrais pas m'occuper du portail, des monstres et de lui, même avec l'aide de Jane. »

- « Donc, retour à la case départ » marmonna Jonathan.

- « Il y a les autres. Les enfants comme nous. Ils pourraient nous aider. »

Jane avait pensé immédiatement à Kali. Le fait que Leia se soit également enfuie lui donnait l'espoir que d'autres comme elles avaient pu faire de même.

- « Avant de faire quoi que ce soit, est-ce qu'on est sûr qu'ils vont accepter de nous aider ? » demanda Jim.

- « S'ils refusent, nous sommes tous morts » répondit Leia. « Ce n'est pas qu'Hawkins dont il est question en ce moment-même, mais de la terre entière. Ils ne peuvent pas refuser. »

C'était la meilleure idée qu'ils aient eus jusqu'ici, et malgré la peur qui les rongeait tous ainsi que les doutes qui persistaient dans leurs esprits, ils finirent par comprendre qu'il s'agissait également de leur meilleure option. Avec un soupir, Hopper se frotta le visage.

- « Très bien. Et comment on va les retrouver ? »

Jane se tapota la tempe d'un air malicieux.

- « Avec ça.»

oOoOoOo

Par il ne savait quel miracle, le repas s'était parfaitement déroulée. Ses parents avaient discutés avec Christie de sa vie, son déménagement, sa famille, et Steve se demandait si tout cela n'était pas un rêve alors qu'il finissait de débarrasser la table avec l'aide de la blonde qui avait un petit sourire aux lèvres. Tout s'était bien passé et il avait encore du mal à réaliser que la jeune femme était bien là sous son toit, et qu'elle venait tout juste de rencontrer ses parents qui avaient eus l'air de l'apprécier quasi instantanément. Sa mère et elle avait longuement discuté du travail des parents de la jeune femme à l'hôpital tandis que son père avait été surpris de voir que Christie s'y connaissait autant en sport, et avait eu avec elle un débat interminable sur la saison de baseball et sur les meilleures équipes.

- « Je crois que tes parents m'apprécient Harrington. »

La petite voix de la jeune femme le tira de ses rêveries. Il croisa son regard pétillant de malice et son coeur loupa un battement lorsqu'il la vit debout dans son salon, deux assiettes dans les mains et les cheveux légèrement décoiffés, ses boucles folles commençaient à pointer le bout de leur nez, et il la trouvait rayonnante en cet instant précis. Un petit rire le secoua, et il hocha la tête de haut en bas en lui prenant les assiettes des mains non sans les frôler avec un frisson.

- « Eh bien, je crois que mon père t'en veut un peu d'avoir autant dénigré les Red Sox de Boston, mais dans l'ensemble, tu t'en es bien tiré » lui répondit-il en commençant à nettoyer les assiettes. Dans son dos, Christie leva les yeux au ciel avant de s'adosser contre le plan de travail à ses côtés pour pouvoir le regarder tout en lui parlant.

- « Avec tout le respect que je dois à ton patriarche, les Tigers de Détroit sont bien meilleurs » dit-elle en haussant les épaules. « Mais je crois que je suis influencée par le fait qu'ils viennent du Michigan. »

- « Tu crois seulement ? Ou tu es sûre, mais tu ne veux pas l'admettre ? » demanda l'adolescent en haussant un sourcil d'un air narquois.

- « Laves en silence » rétorqua Christie en lui donnant une petite tape sur l'épaule.

- « Alors tu as le droit de te moquer de moi, mais pas l'inverse, c'est bien ça ? »

La blonde ne lui répondit pas, se contentant de lui tirer la langue, ce qui le fit pouffer de rire.

- « Est-ce que ça te manque, Lansing ? » s'enquit Steve.

- « Pas vraiment » marmonna Christie, l'air pensive. « J'ai toujours bien aimé Hawkins, c'est une petite ville tranquille si on oublie le monde parallèle et les monstres qui rodent ces derniers jours » ajouta-t-elle avec un clin d'oeil. « Et puis, je ne vois pas pourquoi Lansing me manquerait lorsque les seules personnes que j'apprécie un tant soit peu sont réunit ici. »

- « Billy Hargrove fait parti de cette équation ? »

Nouvelle tape sur l'épaule.

- « Tu veux réellement parler de ça maintenant et par conséquent gâcher notre rendez-vous ? »

Steve faillit s'étouffer avec sa salive en entendant les derniers mots et déglutit avec difficulté.

- « Alors, tu considères ça comme un rendez-vous réussi ? »

- « Oui. »

Il ne savait quoi répondre, et se contenta de terminer de nettoyer l'assiette qu'il avait dans les mains puis essuya ces dernières avant de se tourner vers Christie qui était restée à ses côtés, un léger sourire déformant ses lèvres pleines. Steve inspira puis ouvrit la bouche, mais la jeune femme lui coupa l'herbe sous le pied et prit la parole avant lui.

- « C'est maintenant que tu dois m'embrasser, Harrington. »

Le coeur de l'adolescent s'affola alors que la blonde semblait attendre sa réaction, l'air anxieuse, état dans lequel il ne l'avait encore jamais vu. Lentement, Steve se rapprocha d'elle, guettant le moindre signe qui aurait pu signifier un changement d'avis chez Christie, mais cette dernière resta immobile, ses joues rebondies se colorant chaque seconde un peu plus. Il se pencha vers elle, remarquant uniquement à cet instant qu'il la dépassait d'une bonne vingtaine de centimètres, et la vit se hisser sur la pointe des pieds pour déposer d'elle-même un baiser timide sur les lèvres de Steve qui sentit son ventre se mettre à bondir dans tous les sens. Les lèvres de la blonde était encore sucrées du dessert et douces comme de la soie. Il passa l'une de ses mains dans ses boucles et perdit ses doigts dans cet océan blond alors qu'elle avait prit son visage en coupe en réduisant l'espace entre eux, leurs corps se frôlant presque.

- « Steve chér... Oh. »

La voix de sa mère le fit sursauter et Christie baissa la tête immédiatement, rompant leur baiser au passage, mais elle ne s'éloigna pas à sa plus grande surprise, restant si proche de lui qu'il pouvait presque entendre son coeur qui devait battre aussi vite que le sien.

- « Jonathan Byers est au téléphone, il te demande, mais je peux lui dire de rappeler plus tard » finit-elle en se mordant la lèvre pour retenir son sourire.

L'euphorie dans laquelle nageait les deux adolescents fut remplacée par une angoisse si grande que Steve eut l'impression qu'il allait rendre tout son repas, et la blonde semblait tout aussi proche de vomir que lui.

- « Non, non, je vais ... C'est sûrement en rapport avec ... »

- « Le devoir d'histoire de demain » finit Christie à sa place d'un ton détaché. « Tu devrais prendre le coup de fil. »

- « Oui, euh ... Oui, tu as raison, mais tu ... »

Il était incapable de terminer sa phrase, son coeur battant à tout rompre alors qu'il voyait dans le regard de la jeune femme qu'elle avait l'air dans le même état de panique que lui, pourtant elle arrivait à garder un air détendue, et elle l'empêcha de s'enfoncer en secouant la main devant son visage, un faux sourire accroché aux lèvres tandis que sa mère attendait dans l'encadrement de la porte, l'air ravie.

- « Ne t'inquiètes pas chéri, Christie ne va pas disparaître le temps de ton appel » pouffa-t-elle. « Voudrais-tu boire quelque-chose en attendant le retour de Steve ? » ajouta-t-elle à l'intention de la blonde qui hocha la tête.

- « Avec plaisir, madame Harrington ! » s'exclama cette dernière avec un peu trop d'entrain.

Du coin de l'oeil, Steve la vit lui adresser un petit signe de tête et se décida à aller prendre le téléphone dans le couloir qui était encore décroché. La main tremblotante, l'adolescent attrapa le combiné et le porta à son oreille, une boule dans la gorge. Il déglutit.

- « Byers ? »

- « Harrington, Christie est chez toi ? » questionna la voix de Jonathan à travers l'appareil.

Steve fronça les sourcils en haussant une épaule, décontenancé.

- « Oui, mais pourquoi ... »

- « Prends-là avec toi et rejoins-nous au laboratoire d'Hawkins dans 10 minutes, on a peut-être une solution. »

- « De quoi tu ... Mais t'es cinglé ! » siffla le jeune Harrington. « Le laboratoire ?! »

- « Écoutes, l'idée ne plait à aucun de nous et je crois même qu'Hopper est à deux doigts de la crise de nerf, mais je t'expliquerai sur place. »

- « Byers ! Eh ! Non, hors de ... »

Mais il entendit le bip-bip signifiant que Jonathan venait de raccrocher. Rageusement, Steve remit le téléphone à son emplacement avec un petit grognement de mécontentement.

- « Quelque-chose ne va pas ? » questionna la voix douce et angoissée de Christie derrière lui.

- « On peut dire ça comme ça » soupira-t-il en se passant la main dans les cheveux pour reprendre ses esprits, puis passa devant elle en lui faisant signe de le suivre. « Comment es-tu venu ? »

- « Euh ... Mon père m'a amené et doit venir me chercher d'ici encore une bonne heure, mais pourquoi cette question, Steve ? Qu'est-ce qu'il se passe ? »

- « Je n'en sais rien, Jonathan veut qu'on les rejoigne au laboratoire tout de suite, je n'en sais pas plus » lui répondit-il en murmurant.

- « Quoi ? Mais ... » La jeune femme avait l'air perdue. « Ok, ok, oui, allons-y vite » marmonna-t-elle en posant la main sur la poignée de la porte d'entrée. « Mais, et tes ... »

- « Maman ! Papa ! » les héla-t-il en haussant la voix. « Jonathan a besoin d'aide pour ses révisions, on le rejoint chez lui, ne vous inquiétez pas ! »

- « Ne rentres pas trop tard Stevie » lui ordonna la voix de son père.

Christie haussa un sourcil.

- « Facile » commenta-t-elle en ouvrant la porte.

L'adolescent ne répondit pas et se contenta de lui adresser un petit sourire avant de fouiller dans sa poche pour récupérer ses clés, et ouvrir sa voiture. Sans attendre, il s'engouffra dans l'habitacle face au volant et sentit le parfum léger de Christie envahir le petit espace clos. Le jeune homme démarra la voiture, et tourna la tête vers la blonde qui le fixait d'un air amusé.

- « Stevie » s'esclaffa-t-elle, et Steve leva les yeux au ciel en comprenant la raison de son sourire. « C'est mignon. »

- « Tes parents ne te donnent pas de surnoms ridicules ? »

- « Je ne le trouve pas ridicule ! » s'exclama la blonde en croisant ses bras sur sa poitrine. « Si tu veux savoir, le mien est bien pire et c'est à cause de Dustin qu'il a été popularisé au sein de ma famille. »

- « Tu as conscience que tu es obligé de me le dire maintenant ? S'il te plait Christie » ajouta l'adolescent en l'entendant souffler du nez. « Si tu ne me le dis pas, je demanderais à ... »

- « C'est bon, c'est bon ! » le coupa-t-elle, et Steve ne put retenir son sourire. « Quand il était petit, Dustin n'arrivait pas à prononcer correctement mon prénom à cause de sa dysplasie cléidocrânienne ... Ses dents » précisa-t-elle en voyant qu'il semblait perdu. « Christie était trop difficile pour lui alors ... Il m'appelait Teetie. »

Steve dut se mordre l'intérieur de la joue pour retenir son éclat de rire, et Christie enchaina.

- « Ça a duré plusieurs années, et mes parents m'appellent encore ainsi de temps en temps ... Ma tante ne s'en est jamais remise, alors pour me venger de lui, je l'ai appelé Dustinet devant elle » un petit ricanement la secoua. « Oeil pour oeil, dent pour dent. »

- « J'espère que tu ne m'appelleras jamais Stevinet » marmonna Steve.

- « Ne me tentes pas Stevie ... »

Ils s'esclaffèrent tous deux en même temps, avant de laisser le silence s'installer dans la voiture, chacun étant perdu dans ses propres pensées. Steve pensait à la soirée qui venait d'être gâchée à cause d'un simple coup de téléphone tandis que Christie ne cessait de se repasser en boucle le court baiser qu'ils avaient échangés quelques instants auparavant, baiser interrompu par la mère du jeune homme qui était à ses côtés. Elle déglutit avant de lui jeter un regard en coin et ne put s'empêcher de relever sa beauté, se demandant même comment était-ce possible de passer à côté.

- « À propos de toute à l'heure, dans la cuisine, quand on ... » Elle s'arrêta, et vit les lèvres de Steve tressaillir, comme s'il tentait de dire quelque-chose, mais il resta muet. « Je ne sais pas pour toi, mais ... Enfin, je veux dire, je sais qu'on ne se connait pas beaucoup et que ... »

- « Je t'apprécie énormément Christie » l'interrompit le jeune homme. « Et si c'est ce qui t'inquiètes, sache que j'aimerais beaucoup que toi et moi, ce soit sérieux. »

- « Dustin va te tuer. »

Steve tourna la tête brièvement et croisa son regard, puis ils pouffèrent à nouveau de rire à l'unisson.

- « Mais l'idée me plait bien. »

Il voulut lui répondre, mais devant eux, la silhouette du laboratoire commençait à se dessiner. La lune était pleine et donnait à l'endroit une allure encore plus effrayante que dans les souvenirs de Steve qui étaient pourtant encore récents et fidèles dans sa tête. Un frisson lui parcourut l'échine alors qu'il apercevait le 4x4 du sheriff entourés de plusieurs ombres noires qui se dévoilèrent lorsqu'il se gara à quelques mètres, et inspira profondément en coupant le contact avant de sentir la main de Christie presser la sienne doucement.

- « Allons-y. »

Hopper avait les bras croisés sur ton torse massif et semblait être plus en colère que jamais, tandis que Jane et Leia discutaient à voix basses avec les Byers. Joyce leva la tête en entendant la voiture de Steve, et Jonathan serra les dents en le voyant avancer vers eux, la main de son amie dans la sienne. Cette dernière frémit alors que le vent s'était levé entre le moment où ils avaient quittés le domicile des Harrington et leur arrivée au laboratoire abandonné. Aussitôt, Steve retira sa propre veste et la déposa sur les épaules découvertes de la jeune femme qui le remercia d'un petit signe de la tête sous les regards de Joyce - attendrie - et de Jonathan - entre la colère et la perplexité -.

- « Tout le monde est là ? » grommela Hopper. « Alors on y va. »

- « Attendez, deux secondes, personne ne va nous dire pourquoi est-ce qu'on nous a demandé de venir ici ? » questionna Christie en se rapprochant de Jim.

- « C'est moi qui t'ai recommandé » intervint Jonathan. « On a besoin de ton aide Chris. » Elle eut l'air surprise, et il enchaîna. « Dis-moi que tu sais toujours entrer par effraction n'importe où. »

- « Attends, quoi ? Par effrac... C'est une blague ?! » s'écria Steve alors que le sheriff s'était prit le visage entre ses mains, désespéré.

- « C'est de pire en pire » marmonna-t-il dans sa barbe. « Et tu crois vraiment qu'elle est capable de forcer un laboratoire gouvernemental ? Stop, c'est ridicule ... Harrington, ramènes là chez elle et rentres chez toi, je m'occupe de ... »

- « Partez si vous le désirez, moi je reste » le coupa Christie en passant devant lui. « C'est un défi de taille. »

- « Tu ne vas quand même pas essayer de ... Eh, gamine ! Arrêtes de courir ! »

Mais la blonde ne l'écoutait plus et se dirigeait déjà vers la cabine qui gardait l'énorme portail du laboratoire abandonné, l'air déterminée. Jim pesta et dut accélérer le pas pour rester à sa hauteur. Il la regarda détailler le poste de travail quelques secondes avant de se mettre à genoux et d'arracher le boitier du dessous sans aucune difficulté. Will la regardait faire et siffla, admiratif.

- « La roublarde » souffla-t-il.

- « Si tu me dis que c'est encore en rapport avec ce foutu jeu ... »

- « Excusez-moi, mais j'essaye de me concentrer » intervint la voix étouffée de Christie. « C'est un véritable casse-tête, tant de fils et de câbles ... »

- « Tu penses pouvoir y arriver ? » demanda Jane en se rapprochant.

- « Si tout le monde se tait et me laisse réfléchir 5 minutes, oui. »

Son ton autoritaire fit naître chez Jim un certain agacement, mais il se contenta d'enfoncer ses poings dans ses poches et s'adossa contre le mur derrière la jeune femme, observant ses gestes qui laissait transparaître son expérience en la matière. Tous restèrent silencieux, attendant nerveusement le moment où la blonde abandonnerait, mais cette dernière ne mit que quelques secondes avant de grommeler quelque-chose à elle-même, et un sourire vint déformer ses lèvres tandis qu'elle attrapait un câble rouge.

- « Sésame, ouvres-toi. »

D'un coup sec, elle arracha le câble et un bruit de cliquetis se fit entendre alors qu'elle se redressait, l'air fière. Hopper haussa un sourcil en la toisant du regard, perplexe.

- « Comment ... Non, tu sais quoi, je ne veux pas savoir où tu as appris à faire ça » se rattrapa le sheriff en secouant la main devant son visage avant de tourner les talons. « Foutus gamins surdoués adorateurs de technologies ... »

- « J'ai simplement ouvert le portail et désactivé le système de sécurité » répondit la blonde.

- « Simplement ? » répéta Steve, impressionné. « Tu es incroyable Christie ! »

Elle sentit ses joues se réchauffer alors que toutes les paires d'yeux étaient braquées sur elle, et Jonathan se racla la gorge en tournant la tête vers Steve, ses yeux sombres lui envoyant des éclairs.

- « On devrait pas trainer, venez, dépêchons-nous » ordonna-t-il.

Ils se resserrèrent tous, jusqu'à former un petit groupe uniforme, puis avancèrent en suivant Hopper. Christie se pressa un peu pour être à la hauteur de Joyce qui lui adressa un sourire tendre.

- « Joyce, est-ce qu'on va nous dire ce qu'on fait ici ? » demanda-t-elle à voix basse.

La mère de famille hocha la tête avant de lui répondre.

- « Tu sais que Jane a des ... pouvoirs, et ils lui permettent de retrouver les gens grâce à une photo d'eux. Elle va s'en servir pour trouver les enfants comme elle et Leia. »

- « Il y en a d'autres ? » s'étonna Christie.

- « On espère »murmura Leia en la regardant. « C'est notre seule solution. Ils gardaient nos dossiers dans une salle bien protégée au dernier sous-sol. »

- « On rentre, on vole les dossiers et on repart, ni vu ni connu » enchaîna Will.

- « Et on espère ne pas se faire attraper par les grosses méchantes bêtes ainsi que le gouvernement au passage » ajouta Steve. « Super plan, à peine risqué. »

- « Cool, cool cool cool cool cool » se mit à répéter la blonde en se frottant le visage. « Alors allons chercher d'autres gamins bizarres pour sauver le monde. »


J'espère que cela vous a plu, j'espère également vous retrouver d'ici deux semaines environ, encore navrée pour l'absence et merci d'être encore là, des bisous à vous, portez vous bien ! :coeur: