Merci à ceux qui mettent cette fiction dans leurs favoris. Une review peut-être?
J'ai dû entrer dans un état second. J'entendis des cris stridents qui me firent revenir à moi.
Hein ? Quoi ? Pourquoi elles crient ? Pourquoi ça empeste la rouille ? Pourquoi elles me regardent comme si elles avaient vu un fantôme ?
Je baisse la tête. Sous mes cuisses, il y a un cadavre impossible à reconnaître tellement il est amoché. Son visage n'a presque plus de peau. Ses vêtements sont lacérés et couverts de sang. Comme les miens. En fait je suis entièrement recouverte de sang qui n'est pas le mien. Je panique.
Mais…? Pourquoi ? Qu'est-ce que ça fait là ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
J'essaie vainement de m'essuyer, les mains tremblantes. Et puis je me rappelai d'un coup que celle qui m'avait recouverte de sang, c'était moi. Celle qui venait de s'acharner sur quelqu'un en l'écorchant vif, c'était moi. Celle qui avait pris son pied en massacrant, c'était moi. Celle qui venait de tuer un homme, c'était moi ! Je regardai, hébétée, mes jambes, mes bras, mes seins couverts de sang, les filles qui me fixaient horrifiées et la rue entièrement déserte.
Non. Merde ! Merde !
Je me relève difficilement sans quitter le cadavre décharné des yeux que je n'arrive pas à fermer. Je manque de tomber.
Ce n'est pas moi qui ai fait ça. Ce n'est pas moi!
Une fois de plus –mais ça fait longtemps que je ne les compte plus-, je me retourne en évitant de croiser le regard terrifié des filles et, toujours couverte de sang, je cours très loin en me fichant bien de savoir où je vais. Boire, baiser et courir sont les seuls moyens que je connais pour me vider la tête. Je n'étais plus du tout d'humeur à batifoler et je n'avais pas de gnôle sur moi. Alors je cours. Je cours le plus vite, le plus loin possible.
Kuina ne serait pas fière de moi. D'abord je vends mon cul, je m'acharne sur un ennemi qui était sûrement déjà mort depuis longtemps et puis surtout, je m'enfuis, une fois de plus.
Je n'y peux rien Kuina. Je ne suis pas courageuse. Je n'ai pas d'honneur. Je suis lâche, indigne, nymphomane et alcoolique. Je ne serais jamais comme toi, ma chérie. Jamais!
Alors que j'étais perdue dans mes pensées et mes larmes, je trébuchai sur un caillou avant de m'écraser au milieu de tonneaux vides. Mes genoux et mes bras se retrouvèrent en sang, sang qui se mêlait à celui qui avait séché sur ma peau. Je m'asseyais tant bien que mal en position fœtale contre un mur avant de continuer à pleurer. Je n'entendis pas tout de suite les cliquetis de fer qui venaient de la rue d'à côté –quelle rue? Je n'en savais rien, il faisait nuit et je n'avais pas regardé devant moi lorsque je me suis enfuie. Je me relevai pour jeter un œil au combat, je n'avais pas vraiment autre chose à faire.
Mais…? Non, c'est pas vrai. C'est pas vrai! J'y crois pas! Je me suis évanouie et je rêve, c'est pas possible!
J'aurais tout vécu aujourd'hui! L'un des bretteurs, c'était Zoro! Ma pousse d'algue! Mon bout de salade! Mon petit pois! Je l'avais enfin retrouvé! Heureuse de voir enfin ce cauchemar de voyage terminé, je me mettais debout pour aller le voir mais la vue sordide qui s'offrit à moi m'horrifia au plus haut point.
Tout ce sang…lui aussi était couvert de sang! Etait-ce le sien? Aucun moyen de le savoir. Le pire est qu'il avait l'air d'apprécier, de jouir même! Un grand sourire carnassier barrait son visage sombre. Il semblait être déterminé à trucider son adversaire sans que cela le dérange le moins du monde. A le voir, je me dis même que trancher ce mec en lamelles tout en se vidant de son propre sang allait lui procurer un orgasme! Comme si une anémie avait quoi que ce soit d'orgasmique…
Zo-chan… qu'est-ce que tu es devenu? Un démon? Oui, c'est ça, tu es possédé. Je ne vois que ça. Le bout de chou que j'ai connu n'était pas une espèce de monstre sado-masochiste assoiffé de sang!
