Hellow !
Ça va vous ? Moi ça va. Plus qu'une semaine avant la sortie de KH3, j'suis comme un gosse la veille de Noël, intenable.
Bon, cet OS n'est pas vraiment de la romance, quoiqu'on peut en voir à travers les lignes, peut-être. Et il n'est pas super joyeux non plus. J'espère que ça vous plaira !
Bonne lecture !
Les éclats de rire de son double lui crevaient les tympans. Il n'en éprouva pas de ressentiment, rien qu'une peine diffuse qui s'ajouta à sa misère, un sentiment d'injustice, un « j'ai l'impression de mourir, et lui, ça le fait rire » amer.
Ventus avait l'impression que son cœur allait se déchirer en deux.
Au début de la journée, la sensation ne s'apparentait qu'à un léger vague à l'âme, puis la douleur s'était mise à enfler, jusqu'à ce qu'il se retrouve là, roulé en boule sur son lit au beau de la nuit, presque incapable de respirer, d'empêcher les larmes de couler ou la sueur de tremper ses draps.
Vanitas venait de débarquer, alerté par la détresse de sa moitié et vaguement curieux. Ven avait réussi, entre deux respirations vibrantes, à décrire la chose qui le rongeait et, visiblement, son côté obscur comprenait de quoi il retournait, contrairement à lui.
« Van... Qu'est-ce qui m'arrive ? »
Il sentait qu'il lui manquait quelque chose, sans saisir quoi, et faute de mieux, il ne pouvait que se recroqueviller sur lui-même, serrer les draps à s'en faire pour atténuer un minimum la terrible agonie. Qu'est-ce qui se passait, bon sang ?
L'autre se redressa – son amusement l'avait plié en deux – et essuya une larme d'hilarité du coin de son œil jaunâtre.
« Oh, non, alors ça, c'est trop beau pour être vrai !
-Arrête ! Ce n'est pas... Je vais mourir. »
Vanitas continua de sourire comme un gamin le jour de Noël. Ventus ne comprenait pas, ne comprenait rien. Ils étaient alliés, à présent, ça ne devrait pas le réjouir autant !
« J'ai bien peur que non, déclara-t-il calmement. Mais au bout d'un moment, tu regretteras sans doute que ce ne soit pas le cas.
-Dis-moi ce qui se passe !
-Oh, allons Ventus. Ven. Tu aurais déjà dû comprendre tout seul. Ça fait déjà quelques heures que Sora est parti en mission, non ? Sans toi. »
Sora. Son cœur s'affola de plus belle. Pourquoi ? Est-ce que...
À son départ, il n'avait rien ressenti d'autre qu'une espèce d'inquiétude idiote. La première fois qu'ils se séparaient aussi longtemps depuis...
« Je ne-
-Oh, fais un effort ! Tu as fusionné avec lui, et maintenant vous êtes à nouveau deux personnes différentes. Alors, tant qu'il dormait dans la chambre à côté, je suppose que ça allait, mais maintenant qu'il se trouve à l'autre bout de la galaxie... »
Même à travers le sang qui battait à ses tempes, il entendait la satisfaction cruelle qui perçait dans la voix de son double.
Non. Il retint un haut-le-coeur lorsque l'évidence s'imposa à lui. Sora. Sora qu'il voyait tous les jours depuis son réveil, Sora qui lui manquait toujours trop vite, même s'ils passaient la plupart de leur temps ensemble, Sora dont il terminait les phrases parfois presque sans y penser, Sora qui résonnait trop parfaitement avec sa propre partition pour que ce soit naturel.
Qui lui était devenu indispensable, et pas seulement à cause de toute l'affection qu'il lui portait.
« Non.
-Eh si ! s'exclama Vanitas. Tout ça parce que tu l'as préféré à moi. C'est moche le karma, hein ?
-Tu... Tu veux dire... ? »
Il ne parvint même pas à poursuivre. La douleur se logeait dans son cœur, tellement aiguë qu'elle s'étendait à tout, et la panique n'arrangeait rien. Si son esprit confus saisissait bien l'allusion, alors Vanitas avait subi la même chose ? À cause de lui ?
« Eh oui. C'est moins drôle, quand on se trouve de l'autre côté, pas vrai ? »
Ton dur et froid. Difficile de l'en blâmer, s'il disait la vérité. Si la conscience de Ventus n'était pas déjà saturée du supplice, sans doute la culpabilité lui aurait-elle coupé le souffle. Vraiment ? Il avait infligé une telle agonie à Vanitas, en refusant de fusionner de nouveau avec lui ? Pas étonnant qu'il ait souhaité si ardemment redevenir complet !
« Comment... hoqueta-t-il. Comment tu fais pour supporter ça ? »
Il crut voir Vanitas hausser les épaules, mais il ne parvint pas à en être sûr. Son attention se baladait à des milliers de kilomètres, comme si son cœur fouillait le cosmos à la recherche du morceau qu'il lui manquait. Ç'aurait dû être Vanitas, d'ailleurs, cette moitié qui le complétait, et ç'aurait été tellement plus simple pour tout le monde. Pourtant, Ventus avait décidé de quémander l'aide de Sora afin de réparer son cœur lacéré et il en payait désormais le prix.
Même ainsi, il ne parvenait pas à regretter. Il avait juste besoin que Sora revienne. Viscéralement.
« Bof, souffla Vanitas. Ça va mieux, depuis que je suis ici. Quant à avant... On s'habitue à tout, même à vouloir crever. Rassure-toi, Sora n'est parti que quelques jours, ça ne durera pas des années dans ton cas. Quoique, tu ne vas pas oser le lui dire, hein ? À quel point tu as besoin de lui. Et il repartira. Il va encore t'abandonner sans même s'en apercevoir. »
Trop confus pour y réfléchir, Ven ne releva pas. Il devait se raccrocher à quelque chose, à la douleur de ses doigts crispés autour des draps et à celle qui éclatait dans son crâne à force de serrer les dents.
« Il faut que tu m'aides ! »
Il avait subi ça et survécu, sans doute pourrait-il...
Un rire bref. Oh, il put presque sentir la satisfaction de Vanitas vibrer dans toute la pièce.
« Non. »
Et Ventus comprenait. Il le détestait, mais il comprenait, à présent.
« Non, répéta plus sèchement Vanitas. Personne ne m'a aidé, moi. Tu as loupé ta chance. Débrouille-toi tout seul. »
Des bruits de pas et la porte qui claque, lui vrillant les tympans. Voyant son dernier espoir s'envoler, Ventus se recroquevilla et se mit à sangloter, parce qu'il se retrouvait à présent complètement seul, seul, seul.
Yup, comme je disais : pas joyeux tout ça. À la base ça devait être un morceau d'une fic longue, mais que je n'écrirais probablement pas, tout compte fait, alors voilà (et même si jamais je le fais, ce sera du point de vue de Vanitas de toute façon donc ça sera pas trop redondant, bref). Je trouvais juste l'idée assez intéressante pour être écrite à part, j'sais pas.
Bisous !
