Hey ! (Attention, ce "Hey" restera jusqu'à la toute fin et au fil des chapitres le nombre de "!" augmentera considérablement ! XD)

Tout nouveau chapitre enfin publié ! Merci à ceux qui m'ont laissé une review, ça m'a fait très plaisir ! (Ho oui que ça me faisait plaisir ! Et ça me fait toujours plaisir aujourd'hui ! ^^)

Je vous laisse avec la suite et j'espère que ça vous plaira ! (Ce chapitre, comme tous les suivants, a été miraculeusement corrigé par crazybells et heureusement ! Si vous repassez par ici croyez moi, c'est beaucoup mieux qu'avant ! ;-))

Attention ! Vous trouverez dans ce chapitre un gros spoil du dernier épisode de la dernière saison de Game of Thrones ! Donc si vous ne l'avez pas vu... Bah désolée... Continuez à lire par contre hein ! Ça sera le seul de toute l'histoire ! ;-)


Chapitre 1 : PDV Bella

« Bienvenue à l'aéroport international O'Hare de Chicago, nous espérons que vous avez passé un agréable voyage, il est 9 : 49 PM, heure locale, la température extérieure est de 55.4° F, le temps est mitigé avec des risques de pluie. À la sortie de l'appareil, un bus vous emmènera à vos bagages que vous pourrez récupérer après être passé dans nos magasins Duty Free. Merci d'avoir voyagé avec nous, tout notre équipage vous souhaite un agréable séjour ! À bientôt pour un autre voyage avec American Airlines ! »

Enfin ! Ça faisait plus de six heures que j'étais dans cet avion, je n'en pouvais plus ! Entre l'homme à côté de moi qui m'avait draguée pendant tout le vol et le bébé qui avait pleuré pendant plus de la moitié du trajet et m'avait, par la même occasion, empêchée de dormir ce qui m'aurait, entre autres, permis d'échapper à mon voisin, je pouvais dire clairement que j'étais morte ! Ajouté à cela le fait qu'il fallait encore que je récupère mes bagages, que je prenne le taxi qui allait me coûter une blinde et qu'ensuite que je récupère la clé de mon – j'en suis persuadée – minuscule studio que je devrai partager avec une autre personne ! Je veux dormir, pitié !

Vous trouvez que je me plains trop ? Tant pis pour vous ! Vous devrez me supporter avec mon caractère de cochon que vous le vouliez ou non ! C'est ma vie, c'est moi qui décide. De tout ! Si vous n'êtes pas content, ciao !

Je me demandais quand cet engin de malheur allait s'arrêter, ma seule envie était de sortir et le mec à côté de moi commençait à beaucoup trop me coller à mon goût… Heeelp !

Au bout d'une attente qui me parut interminable, tous les passagers commencèrent à sortir, je les suivis et passais devant des hôtesses qui affichaient des sourires légèrement crispés. Je devais avouer qu'avec six heures de vol, retenir un sourire digne des pubs Colgate était un exploit, bonjour les crampes !

Après avoir pris le bus, aussi serrée qu'une sardine dans sa boîte, j'arrivais dans l'aéroport et je me dirigeais vers le carrousel à bagages en espérant voir le mien le plus vite possible. Bien heureusement, il fut l'un des premiers à sortir de la trappe et je pus enfin m'atteler à chercher un taxi qui accepterait de m'emmener à l'autre bout de la ville sans que je n'aie à lui donner toutes mes économies en échange. Peut-être qu'en draguant le chauffeur je pourrais négocier un prix abordable, non ? À bien y réfléchir, habillée comme je l'étais, rien n'était moins sûr… Je portais un pauvre leggins troué aux genoux – attention, ce n'était absolument pas une question de style, mais étant de nature très maladroite, j'avais du mal à rester sur mes deux pieds tout le temps – un vieux sweat trois fois trop grand pour moi et, bien sûr, je me payais une tête de « J'ai pas dormi depuis trois jours, tu le sais alors fous moi la paix ! » donc, pour la drague, on reviendra…

Une fois dans le taxi après une bonne heure de recherches, je me retrouvais à observer la ville à travers la fenêtre teintée. J'avais toujours aimé ça : voir les gens dans leurs vies, tranquilles, sans qu'eux ne puissent me voir.

J'aimais voir les employés pressés de rentrer chez eux après une longue journée de travail, les courageux du soir qui arrivaient, grâce à je ne sais quelle motivation, à aller faire du sport, les groupes de jeunes qui traînaient dans la rue ou, tout simplement, les amoureux, les jeunes couples ou les un peu moins jeunes, qui se baladaient main dans la main et qui profitaient, eux aussi, du paysage que donnait cette immense métropole. À vrai dire, je pense que je les enviais, je n'avais jamais réussi à avoir tout ça. Tout ce que j'avais toujours voulu. Être le bébé dans les bras de sa mère dans ce parc-ci ou la petite fille juste à côté qui s'amuse à jouer avec ses amis.

Je recherchais ce bonheur à tout prix, mais j'en avais peur en même temps. Tout ceci pouvait s'arrêter un jour. Ces personnes pouvaient perdre l'être aimé, le frère, la sœur, ceux qui avaient toujours été pour là eux à cause d'un stupide accident et, fatalement, tout le bonheur que je voyais serait détruit par un événement qui n'aurait duré, en tout, qu'une demi-seconde.

Je pense que si un psy m'entendait à ce moment-là, il me dirait que j'étais en dépression et me prescrirait tout un tas de médicaments. Mais je savais déjà que non. Je voyais la vie telle qu'elle était, dure, sournoise et impitoyable, mais j'allais faire en sorte d'être heureuse le plus longtemps possible. C'est pour cela que j'avais tout prévu et que j'étais alors en route pour le grand A de ma vie : ma nouvelle maison !

Le taxi me déposa devant un bâtiment à l'aspect moderne, ce qui contrastait largement avec les bâtiments principaux de l'université, où j'aurais cours, à seulement quelques rues de là.

Je pénètrais dans ce qui me semblait être l'entrée principale et je priais pour que je trouve rapidement la responsable afin qu'elle me donne les clés de mon appart et que je puisse enfin dormir.

Une dame d'une cinquantaine d'années aux cheveux colorés en rouge était assise derrière un comptoir et lisait un magazine qui ressemblait un peu trop à un Play-boy pour femme à mon goût.

« Heu… Excusez-moi… Demandais-je doucement afin de ne pas troubler le silence des lieux. »

Aucune réponse.

« Madame, s'il vous plaît, répétais-je un peu plus fort. »

Toujours rien.

« Bon, écoutez-moi ma p'tite dame ! Arrêtez de baver devant des corps d'hommes que vous ne pourrez jamais voir autrement qu'en photo et qui, soit dit en passant, sont bien trop jeunes pour vous et veuillez bien faire ce pour quoi vous êtes payée ! Criai-je cette fois au beau milieu du hall. »

« S'il vous plaît, rajoutais-je un peu plus calmement cette fois après m'être rendue compte de mon excès. »

La quinquagénaire releva finalement les yeux de son fameux magazine et me lança un regard noir, tout en commençant à parler :

« Les gamins, tous aussi mal polis les uns que les autres, à mon époque…

-À votre époque, si l'on vous voyait lire ce genre de chose, vous seriez considérée comme une couguar. À bien y penser… C'est encore le cas aujourd'hui, non ? Répliquais-je en lui faisant mon fameux sourire de petite peste. »

Oui, je pouvais être vraiment garce quand je le voulais, mais je n'aimais pas me laisser faire et je l'assumais complètement !

Mouchée, elle demanda à vérifier mon identité avant de me donner – un peu brusquement – les clés de ma chambre et je pus enfin sortir de ce maudit hall.

« Attendez, jeune fille ! Je me dois de vous prévenir que je ne tolérerais aucune sortie après vingt-trois heures et que vous n'êtes autorisée à ramener aucune personne ne faisant pas partie de cette résidence ici !

-Quoi ?! Mais pourquoi ? M'exclamais-je hors de moi.

- Je vous connais, vous et vos petits camarades, toujours à organiser des fêtes ou à ramener des personnes bizarres dans mes pattes ! Si vous n'êtes pas contente, allez dormir ailleurs ! Le reste du règlement est affiché sur ce tableau ! Dit-elle en me désignant un tableau en liège à côté de la porte. »

Cette fois, c'était elle qui m'avait eue. Pas que je voulais spécialement faire une soirée et ramener des gens dans la minuscule chambre qui me servirait dès lors d'appart, mais je détestais qu'on m'interdise quelque chose. Ça n'avait jamais posé problème avant, puisque je n'étais pas du genre à dépasser les bornes et que l'on pouvait me faire confiance, mais cette femme ne me laissait pas le choix de ma conduite et ça, je pensais ne pas pouvoir le supporter longtemps. Il ne restait plus qu'à espérer que je la croise le moins souvent possible et qu'elle me laisse tranquille.

Après être restée quelques secondes immobile devant cette si charmante hôtesse d'accueil, je tournai les talons brusquement et me dirigeai vers les escaliers jusqu'au troisième étage où je savais que se trouvait ma chambre.

J'ouvris la porte de mon nouvel appartement qui portait le numéro 327 et entrai dans mon futur chez moi.

Faites qu'il ne soit pas trop petit et que je puisse au moins respirer ! Priai-je.

Je jetais un coup d'œil à l'intérieur et aperçus deux petits lits, tous les deux collés aux murs qui se faisaient face et, entre eux, deux petites commodes ainsi qu'une fenêtre qui donnait sur le parc jouxtant la propriété.

Au moins une chose est sûre, c'est, qu'une fois de plus, je ne manquerais pas de verdure.

À droite, une porte ouvrait sur ce que j'identifiais comme étant une salle de bain avec un lavabo et une simple douche. Un grand miracle pour moi : les toilettes étaient séparées ! S'il y avait bien quelque chose que je ne pouvais pas supporter, c'était lorsque quelqu'un entrait dans la salle de bain pour faire sa commission alors que je me trouvais déjà dans la douche !

Au vu des affaires qui étaient là, ma colocataire devait déjà s'être installée. J'espérais que ça n'allait pas être une maniaque du rangement et qu'elle allait me laisser faire ma vie comme je l'entendais.

Espérons également pour elle qu'elle ne s'attache pas aux autres trop vite puisqu'elle ne deviendrait surement pas ma meilleure aime, ni même une amie !

Eh oui ! Toujours cette peur de perdre les personnes que j'aimais, alors autant n'aimer personne, comme ça le problème était réglé ! Et puis la meilleure manière de procéder était de ne pas s'attacher ou de d'abord choisir avec minutie ceux avec qui je pouvais rester pour ensuite construire ma vie surement et durablement. Oui, cela pouvait paraître égocentrique de choisir avec autant de minutie les personnes qui seraient dignes de moi et de mes ambitions, mais je ne voulais en aucun cas être déçue, ou pire, souffrir… Je l'avais été bien trop de fois à mon goût et je ne voulais plus de cela.

Rester un être solitaire me pesait parfois, mais je préférais regarder, observer et étudier les personnes qui pourraient me correspondre plutôt que de me jeter dans la gueule du loup sans avoir la certitude qu'il ne me mangerait pas.

Après avoir déposé mes affaires, je décidais de me coucher immédiatement sachant que j'avais pas mal d'heures de sommeil à rattraper et que je commencerai à emménager pour de bon le jour suivant.

OooOooOooOooOooOooOooOooOoo

Le lendemain matin, je me réveillais au son d'une porte qui claquait et c'était toute groggy que je vis une jeune femme aux cheveux noirs avec la peau pâle et qui portait des habits qui feraient bien d'être jetés à la poubelle. Elle se tenait juste au-dessus de moi et m'observait bizarrement avec un regard qui – je devais l'avouer – me faisait un peu flipper.

« Heu… Bonjour ? Hésitais-je.

- Tu es enfin arrivée ! Je me demandais quand tu allais finalement venir, je t'attendais avec impatience ! Je n'avais jamais personne pour venir aux soirées avec moi ! Maintenant, on va être toutes les deux, ça va être super ! Tu es arrivée tard, je te l'ai déjà dit ? Je vais t'emmener t'inscrire, tu vas voir ça va être super ! Je te ferais visiter tout le campus aussi, les gens sont géniaux, enfin personne ne me parle, mais tu vas voir, toutes les deux, on va devenir de grandes amies, on se fera de supers soirées et on fera tout ensemble ! Au fait, je m'appelle Angela et toi ? Attends, je devine ! Ambre ! Ha non, tu n'as pas une tête à t'appeler Ambre… Alors sinon Clémence ! C'est bien Clémence non ? Non ! J'ai mieux ! Laurette ! Ou sinon ça peut aussi être Lilas ou, Sofia ou, Nina ou, Clara ou, Saraaaah… »

Je restais figée. Je devais être en plein rêve… J'en venais même à regarder autour de moi pour voir si un éléphant rose qui jouait des claquettes arrivait. La femme, enfin, Angela, était tombée comme morte sur le second lit que comportait la chambre et qui devait, vraisemblablement, être le sien. En effet, j'avais fermé la porte à clé la veille et seule ma colocataire possédait le double des clés.

J'étais vraiment très, mais alors là, très mal tombée ! Moi qui ne voulais pas d'une maniaque, je me retrouvais avec une folle qui vous réveillai à 6h12 du matin pour vous sortir toutes sortes de choses incompréhensibles pour, enfin, tomber de fatigue sur son lit ! À 6h00 du mat' je vous rappelle !

Je commençais à avoir vraiment très peur pour les années à venir… Espérons que, comme avec la couguar de l'accueil, je ne la croise que très rarement !

Réveillée pour réveillée, je décidais de prendre ma douche et de me préparer pour mon inscription qui avait lieu à 7h45. « Aucun retard ne sera toléré ! » nous avait prévenu l'agent infiltré de Harvard. À moins que ce soit de Yale ?

J'aurais très bien pu me lever à 7h00 ! J'étais à moins de trois rues de l'université !

« Tu aurais pu avoir une panne de réveil et être renvoyée dès le premier jour, estimes-toi heureuse qu'Angela ait été là ! Me chuchota une petite voix dans ma tête. Et ça te permettra de visiter ton campus et de commencer ton repérage ! Allez courage ! »

Une fois ma douche et mes encouragements finis, j'enfilai rapidement un jean brut, slim bien évidemment, un chemisier blanc, tout simple, ainsi que mon manteau fétiche couleur crème et mes petites boots noires à talons.

Je pris mon sac et mes clés et m'apprêtai à franchir la porte lorsque je me posai une question… Qu'est-ce que je devais faire de la fille à moitié morte dans son lit ? J'avais lu que les élèves de la même promotion se retrouvaient dans les mêmes chambres, donc, logiquement, elle devrait s'inscrire aujourd'hui, comme moi…

Finalement, je m'avançais vers elle et la secouai un bon coup, après tout, elle, elle ne s'était pas gênée pour me réveiller ! Après trois essais infructueux au bout desquels elle n'avait laissé échapper qu'un énorme ronflement à en faire trembler les fenêtres, j'insistais d'une voix forte :

« Eh oh ! Angela, réveille-toi, tu dois aller t'inscrire !

-Mufbrphsknci… Miaedlich...

-Désolée, mais je ne comprends pas le Mumphien… Allez, lèves-toi ! Tu dormiras plus tard !

-Humm… Arrte cheriwww… Jsuis ftiger… Ed…»

Bon… Madame n'avait vraiment pas envie de se lever, tant pis ! Avec un peu de chance, elle serait renvoyée et j'aurais la chambre pour moi toute seule ! Eh oui ! La garce egocentrique refaisait son apparition ! Mais, que voulez-vous, on ne change pas une personne !

J'abandonnais et décidais de partir en fermant la porte à clé ce qui, en plus de me soulager des ronflements de ma colocataire, lui assurait sa sécurité. Je décidais ensuite d'aller au Starbucks du coin avant me rendre à mon inscription.

C'est une quinzaine de minutes plus tard que j'arrivais, café à la main, devant l'immense bâtiment à l'aspect gothique que j'adorais. Je sentais que j'allais aimer étudier dans un cadre comme celui-ci : les bâtiments anciens étaient entourés d'un immense parc qui bordait le lac Michigan et, le tout, au cœur de la ville ce qui permettait d'avoir tous les commerces possibles à moins de cinq minutes du campus !

J'aperçus le flot d'élèves qui se dirigeait vers la partie gauche du bâtiment et je suivis le mouvement en contournant une grande fontaine qui se trouvait au centre la place principale. J'arrivais dans un grand amphithéâtre où je m'assis dans un coin au premier rang, à côté d'un groupe de filles à l'air superficiel qui étaient en train de jacasser – je crois – sur tous les potins de l'université qui avaient eu lieu l'année précédente – je crois – .

« Non mais je te jure ! Elle a vraiment sauté dans la piscine toute nue et après…

-En plus, il est trop beau, tu peux pas savoir, David Beckham à côté, c'est rien ! Tu le verrais, il est...

-Je sens que cette année elle va vraiment être trop dure ! Une fille m'a dit qu'elle avait le temps d'aller au spa qu'une seule fois par semaine, tu te rends compte ? En plus, tous les profs ressemblent à de vieux poireaux, on peut même pas fantasmer pendant ces cours de merde… »

Seigneur, faites qu'elles ne soient pas toutes comme ça, on dirait qu'elles ont régressé depuis le lycée, c'est pas possible !

Au bout de vingt minutes de commérage intense, elles se turent alors qu'un vieil homme bedonnant montait sur l'estrade et se plaçait devant un pupitre. Je remarquais à ce moment-là que l'amphithéâtre était plein à craquer et que des vigiles avaient fermé toutes les issues.

« Bonjour à toutes et à tous ! Je vous souhaite la bienvenue dans la magnifique université de Northwestern, je suis persuadé que vous allez vous y plaire et apprendre pleins de choses qui feront de vous les femmes et les hommes de demain ! Je souhaite juste vous rappeler quelques règles en vigueur en ces lieux cette année. Chaque manquement à ce règlement sera archivé et, au bout de trois fautes, l'élève sera définitivement renvoyé. Tout d'abord, vous allez, dans quelques minutes, vous inscrire définitivement et, pour cela, vous devrez adhérer aux règles suivantes :

Les animaux ne sont pas acceptés sur le campus et dans les chambres.

Les élèves veilleront à avoir une tenue correcte.

Les élèves fourniront un travail nécessaire à la réussite de leur cursus.

...

Les élèves en retard ne seront en aucun cas tolérés. »

Suite à ce dernier point, nous entendîmes un immense fracas venant du fond de la salle.

C'était un jeune homme vraiment... Wouah… Il était grand, au moins un mètre quatre-vingt-cinq, musclé exactement comme j'aimais, une carrure imposante mais différente de celle d'un bodybuilder. Il avait des cheveux bruns avec de magnifiques reflets cuivrés assez longs pour que je puisse passer ma main dedans, mais, hélas, je ne pouvais pas voir ses yeux de là où j'étais. Ce mec était définitivement parfait, pour moi, rien que pour moi !

Hélas mon coco, on ne risque pas de se rencontrer de sitôt puisque tu as tout juste une heure vingt de retard - Eh oui, le doyen avait tenu à citer toutes, oui toutes les clauses du règlement et je vous le dis, ça en fait vraiment beeeaaaucoup ! - Je pense que je peux te dire au revoir beau gosse, tu resteras à jamais gravé dans mon cœur !

Il commença à descendre les marches, totalement à l'aise malgré tous les regards fixés sur lui et, finalement, s'assit à une place vacante au premier rang.

« C'est bon monsieur, vous pouvez reprendre, dit-il avec un sourire en coin qui me fit tout de suite fondre. »

Qu'est-ce qui m'arrivait à moi ? Ce n'était pas parce qu'il avait une belle gueule qu'on pouvait tout lui passer, non ?

Je m'attendais à ce que le doyen le vire, mais, au contraire, celui-ci lui sourit très gentiment et reprit son speech là où il s'était arrêté.

C'était quoi ce bordel ? Ça faisait une heure qu'il nous énumérait toutes ces règles et monsieur arrive, en en enfreignant plusieurs, et il ne lui arrivait rien ! Soit ces règles étaient complètement bidons, soit l'égalité des chances n'existait pas dans cette école.

Je regardais le dieu grec assit au premier rang et le trouvais, tout d'un coup, beaucoup moins beau…

OooOooOooOooOooOooOooOooOoo

Une fois le long et soporifique discours du doyen de l'université fini, je me rendis aux inscriptions qui, en tout et pour tout, ne durèrent qu'une quinzaine de minutes.

Nous lever à six heures pour un discours inutile… Cette école ne tournait vraiment pas rond…

J'étais en train de sortir du bâtiment où je m'étais inscrite lorsque j'entendis un grand cri :

« Vanessa ! Vanessa ! »

Je regardai autour de moi et ne remarquai personne, quand, d'un coup, je me retrouvais à terre, écrasée sous le poids d'une fille habillée de façon, comment dire ? Peu descriptible… C'est grâce à cela que je reconnus Angela, ma camarade de chambre.

« Désolée, mais moi, c'est Bella. Commençais-je. Pourrais-tu t'enlever de moi, ce n'est pas que tu es lourde, mais quand même…

- Oh, je suis vraiment désolée, désolée, désolée, mais t'as changé de nom ? Ce matin tu m'as dit que tu t'appelais Vanessa ! »

Angela me regarda avec des yeux de chien battu, ce qui, sur certaines personnes, pouvait être vraiment mignon, mais qui, sur elle, la rendait juste encore plus bête que ce qu'elle paraissait généralement.

« Je pense que ce matin tu étais trop morte pour comprendre quoi que ce soit ! Répondis-je en la regardant de haut en bas. »

Bien que je ne pense pas pouvoir apprécier cette fille un jour, et malgré le fait qu'elle m'a réveillée largement trop tôt, j'avoue que l'épisode de ce matin-là pourrait être considéré comme drôle… Dix ans plus tard…

« Oh seigneur ! Je suis vraiment, vraiment, vraiment désolée ! Dit-elle en me remettant debout et en me serrant les mains. Hier je suis allée à la dernière fête de l'été, et elle était vraiment gé-ni-ale ! J'ai peut-être un peu trop forcé sur l'alcool, mais je te promets que ça n'arrivera plus jamais, jamais, jamais !

-Hum ouais, contente d'avoir fait ta connaissance hein, mais je dois aller manger, on se revoit plus tard ! Dis-je en enlevant mes mains des siennes et en me reculant petit à petit.

-Oh super, génial, méga bien, je vais pouvoir te montrer tous les endroits et toutes les personnes qui sont troooop cool ici ! Regarde, on va aller à la cafétéria, c'est là où y'a toutes les personnes les plus intéressantes et en plus c'est juste à côté ! »

Elle me prit le bras et me traîna jusqu'à cette fameuse cafétéria bien malgré moi. J'allais avoir du mal à me débarrasser d'elle, mais, en relativisant, ça me permettrait peut-être de rencontrer toutes ces personnes dites « trop cool » et espérons-le, certaines seraient peut-être dignes de mon intérêt…

Nous nous installâmes à une table isolée et Angela commença à me décrire le fonctionnement de l'université.

« Comment tu sais tout ça ? T'es bien en première année, n'est-ce pas ?

-Oui oui ! La toute première, mais je suis arrivée ici au tout début de l'été ! La plupart des étudiants restent sur le campus quand ils ne vont pas en voyage car l'ambiance est trop, trop, trop, cool ici ! Il y a eu des fêtes tout l'été et ça a été les meilleures vacances de ma vie !

-Ha, je comprends mieux ton état ce matin… Comment as-tu fait pour t'inscrire ? Lui demandais-je curieuse. Tu n'as pas assisté au fameux discours qu'il ne fallait absolument pas rater et où il ne fallait absolument pas arriver en retard. »

Quoique, vu qu'ils ont laissé passer ce mec ce matin, ce foutu règlement ne devait être que du pipeau…

Angela était morte de rire sur la table et gloussait de façon à ce que toute la cafétéria nous regardait…

« Holala qu'est-ce que t'es bête ma pauvre ! Ce discours est là juste pour faire peur aux nouveaux étudiants. En vrai, cette université est très peu crédible, je me demande comment elle peut être aussi bien classée… La plupart des élèves viennent ici que pour s'amuser, elle n'a une bonne réputation que parce que les fils et filles à papa ne disent que du bien d'elle et que leurs parents font des dons très chers puisque leurs mômes sont heureux ! Aucune personne ne faisant pas partie de l'université connaît cet aspect-là, tu ne le découvres qu'une fois que t'y es !

-Tout ça, ce n'était que du bluff ? Mais comment fait-on pour avoir notre diplôme si les élèves font tout ce qu'ils veulent ?

-Oh, tu peux très bien travailler mais les tentations sont très grandes, ce qui fait que peu le font, la plupart sont riches et ont leur diplôme simplement en payant.

-Je ne m'attendais vraiment pas à ça… »

Je finis de manger mon repas dans un silence ponctué des remarques d'Angela sur tel ou tel aspect de la vie ici. Si j'avais bien compris, ici tout le monde était là pour faire la fête et l'on ne se souciait pas de ses études. Cette université était également régie par les plus riches qui étaient aussi les plus populaires et qui pouvaient donc faire tout ce qu'ils leur chantaient, ils allaient même jusqu'à humilier les autres. Vraiment pas ce à quoi je m'attendais encore une fois…

Le silence se fit dans la salle quand le dieu grec de tout à l'heure entra.

« Oh mon Dieu ! C'est Edward Cullen ! Me chuchota Angela. »

« Beaucoup trop prétentieux pour moi, dis-je en me concentrant sur mon plat. Ça doit être un de ces fils à papa vu comment il est entré ce matin…

-Et pas que ! C'est le roi de cette université, tout tourne autour de lui, les garçons le jalousent et les filles rêvent de sortir avec lui bien qu'elles sachent qu'Edward Cullen ne sort avec personne. Elles sont presque toutes passées dans son lit, mais elles espèrent encore… Moi aussi d'ailleurs…

-T'as déjà couché avec lui ? Dis-je presque dégoutée.

-Malheureusement non… Il paraît que je ne suis pas assez bien pour lui, il n'a pas encore cherché à me draguer, dit-elle en soupirant

-Estime-toi heureuse ! Les filles qui sont à ses pieds sont tombées bien bas je trouve ! C'est pas parce qu'il est beau qu'il peut tout se permettre ! Les gars comme ça me dégoûtent ! Profiter ainsi de ses avantages… »

J'étais vraiment en colère que cet Apollons soit le souverain de cette ruche. J'aurais bien aimé pouvoir me rapprocher de lui – il fallait dire qu'il était vraiment magnifique – mais la façon qu'il avait de regarder les gens de haut, comme s'il était supérieur aux autres me dégoûtait… Je devais avouer que je regardais aussi les autres de cette manière parfois… Bon ok ! Souvent… Mais je ne lui ressemblais pas non plus ! Je n'affichais pas mon mépris envers les autres devant tout le monde moi !

C'est ça, voile-toi la face ! Me murmura ma conscience.

« Mais il est vraiment trop parfait ! Ajouta Angela en bavant. Il est vraiment intelligent en plus, c'est le major de sa promo ! Il va entrer en quatrième année de médecine et il est promis à un grand poste. Il est vraiment gentil avec nous quand on lui plaît, on a l'impression d'être la huitième merveille du monde à ses yeux, il paraît que c'est un putain de dieu du sexe et il n'est jamais méchant avec nous ouvertement. Bon, ok, il a déjà fait un ou deux mauvais coups, mais les personnes qui ont eu affaire à lui le méritaient, je te le jure ! Comparé à Rosalie, c'est un ange !

-Rosalie ? Demandais-je surprise. »

Pour moi, Edward était le must de l'arrogance.

« Rosalie Hales, fille du millionnaire Roger Hales et de sa femme Élisabeth Hales. Si Edward est le roi, Rosalie est la reine, elle ne marche jamais sans sa cour autour d'elle, elle est beaucoup plus superficielle et méchante qu'Edward. Elle a toujours voulu être avec lui pour enfin réunir le couple royal, mais Edward n'a jamais rien voulu entendre et n'a même pas voulu coucher avec elle. Elle était vraiment vexée et, depuis, elle ne fait même plus attention à lui ! Enfin, c'est ce qu'elle veut lui faire croire ! Tout le monde sait que dès qu'il a le dos tourné, elle le regarde comme un morceau de viande. En tout cas, Rosalie est une vraie peste ! Elle est beaucoup plus active qu'Edward au niveau de son « royaume », mais on sait tous qu'en vrai, c'est Edward qui commande, c'est le seul capable de l'arrêter, mais il n'utilise pas beaucoup son pouvoir… Il n'a jamais voulu être le roi au contraire de Rosalie qui elle a tout fait pour accéder au pouvoir…

-On se croirait vraiment dans un remake de Game of Thrones avec toutes ces histoires de royautés… Sauf que cette série-là ne disposerait pas d'un budget à plusieurs centaines de millions et n'aurait le droit qu'à Rosalie dans le rôle de Cercei Lannister… Mais après tout, tout le monde sait qu'elle meurt à la fin ! Et puis, de toute façon, qu'est-ce qu'ils peuvent nous faire si on fait quelque chose qui ne leur plaît pas ? Nous envoyer un dragon ?

-Ils te le feront payer crois-moi, ne te mets pas là-dedans, tu le regretterais !

-N'importe quoi, on se croirait au lycée avec la chef des cheerleaders et le quarterback de l'équipe de football qui contrôlent tout…

-Rosalie est chef des cheerleaders et Edward quarterback de notre équipe… »

Bonjour le cliché !

« Mouais, tout ça ne me plaît pas tellement… C'est tellement cliché… »

Voyant-là une bonne excuse pour pouvoir partir, je saisis ma chance.

« Tout ça, c'est n'importe quoi ! Désolée Angela, mais je dois partir… Me remettre de mes émotions et… Heu… Acheter un vélo… Ouais, c'est ça, le mien est vraiment vieux et il m'en faut un autre de toute urgence !

-Trop cool ! On pourra aller faire des balades rien que toutes les deux ! Tu verras, ce sera génial !

-Ouais… C'est ça… Génial ! »

J'essayais de paraître enthousiaste, mais ce n'était pas gagné…

« Bon ben bye Angela !

-C'est ça bisou, fais attention à toi, bisous, bisous, bisous ! »

Cette fille était littéralement folle, pas méchante mais folle. Un peu comme cette école d'ailleurs, j'espérais qu'elle avait exagéré, avec elle, on ne savait jamais…

OooOooOooOooOooOooOooOooOoo

Je parcourais les couloirs du bâtiment où j'aurais cours et essayais de repérer les différentes salles avec mon emploi du temps – pas très chargé – à la main quand j'entendis une fille en insulter une autre.

Je levais la tête de mon papier pour voir une grande blonde, vraiment magnifique, le genre à qui tout le monde voudrait ressembler, se moquer et insulter une autre fille, vraiment petite, qui aurait pu être belle si ses habits ressemblaient à quelque chose et si elle n'avait pas le regard aussi triste.

Elles étaient entourées d'une petite dizaine d'autres filles qui gloussaient et se moquaient également de la plus petite.

« Ma pauvre Brandon, commença la blonde, je ne comprends toujours pas comment tu as pu intégrer une université comme celle-ci, il n'y a absolument rien de bien en toi ! »

Toutes les pimbêches à côté rigolèrent. Je devais avouer que la pauvre petite faisait peine à voir… Mais dire une chose aussi méchante était inhumain. Je m'avançais donc vers la blonde en poussant toutes ses copines et lui crachai :

« Un sac à trois mille dollars ne fait pas de toi quelqu'un non plus, désolée de te décevoir… »

Toutes les filles se retournèrent vers moi et poussèrent de petits cris outrés. La blonde, elle, me fusilla du regard.

« Tu sais à qui tu parles ?

- Oui ! À une pétasse qui pète plus haut que son cul et qui se croit supérieure aux autres parce qu'elle a le dernier sac Chanel, c'est ça non ? »

Elle leva sa main prête à me gifler, mais une autre, beaucoup plus grande la retint.

« Rosalie, qu'est-ce que tu fais ? »

Le détenteur de cette main avait une voix magnifique et, malheureusement, était celle de mon dieu grec…

Edward Cullen. Je me trouvais en ce moment même face à Rosalie Hales, la reine se faisant disputer par le roi...

« Eddyyyyyy ! La vilaine fille m'a insultée ! »

Elle pouvait pas crier plus fort ? Elle ne m'avait percé qu'un seul tympan pour le moment.

« Je pense, Rosalie, que tu étais plutôt en train de harceler cette pauvre fille-là, dit-il en désignant la jeune fille presque en pleurs, et que celle-ci, dit-il en me désignant, a voulu rabattre ton caquet. Et elle a bien fait. N'as-tu pas autre chose à faire, comme te peindre les ongles par exemple ?

- Oh Eddy, on dit se manucurer les ongles, pas peindre mon chéri, regarde, je vais t'apprendre comment faire ! »

Elle attrapa sa main et essaya de le faire avancer vers la sortie, mais lui, lui arracha sa main des siennes et répliqua :

« J'en ai rien à foutre Rosalie, je ne veux pas passer une seconde de plus avec toi, allez va faire joujou avec tes ongles et emmènes tes amies avec toi ! Dit-il en désignant les filles qui gloussaient et le regardaient avec des yeux de merlan frit. »

Elle partit en claquant ses talons vertigineux sur le sol, furibonde, suivie de toute sa troupe qui courait après elle.

Bon, je devais bien avouer que Cullen avait gagné des points sur ce coup-là et qu'il méritait peut-être mon attention…

Celui-ci se retourna vers nous et nous lança :

« La prochaine fois ne vous mettez pas dans la merde ! Je ne serais pas toujours là pour vous sauver, dit-il en nous lançant un regard dédaigneux et, sur ce, il tourna les talons et sortit à son tour du couloir. »

Je devais rêver… Comment pouvait-il être aussi… Autant… Raaaahhh, je n'avais même pas de mot pour le décrire ! C'était décidé, je haïssais Edward Cullen de toute mon âme !

Suite à cette constatation je me retournais vers la fille restée plantée dans le couloir et lui demandais gentiment :

« Comment tu t'appelles ?

-A-Alice Brandon… Mer-merci de m'avoir aidée mais-mais je dois partir… »

Et, sans un mot de plus, elle s'enfuit vers la sortie.

Voilà que j'essayais d'être gentille et on me fuyait ! On ne m'y reprendra pas à deux fois… Au moins en voilà une qui ne cherchera pas à nouer des liens avec moi...