Heyyy!
J'espère que vous allez toutes (et tous?) bien!
Un nouveau chapitre ou j'essaye un peu quelque chose de différent avec un nouveau PDV de quelques lignes, j'espère que ça va vous plaire!
Petite dédicace à crazybells et à une de ses histoires que j'ai adoré bien qu'elle soit énormément triste! Et c'est une fois de plus elle qui a corrigé ce chapitre, merciiii!
Réponse aux reviews anonymes:
Lau : Merci pour tes reviews à la chaîne, ça me fais énormément plaisir de voir que tu prends le temps de commenter chaque chapitre. Merci!
Hé ouais quel trésor hein... XD
Bella et Edward sont mignon quand ils ne se disputent pas? Mince il vont pas le rester très longtemps alors! XD
Halala beaucoup de monde se pose des questions sur Jessica, c'est vrai qu'elle est bizarre en ce moment hein ! La suite te révélera pourquoi elle l'est autant! ;-)
Encore merci! Bisous!
Chapitre 11: PDV externe
Le soleil se levait sur Chicago et l'herbe était encore mouillée de la rosée matinale. La ville s'éveillait et les premiers travailleurs sortaient de chez eux, leurs enfants, endormis, bénéficiaient encore de nombreuses minutes pour se prélasser dans leur lit.
Une jeune femme, elle, tournait en rond dans sa chambre, nerveuse.
Ses affaires étaient éparpillées partout autour d'elle, typique des chambres d'adolescentes. Elle tenait à la main un carnet dont elle tournait et retournait les pages, fébrile, marmonnant sans cesse, usant au passage le tapis présent sous ses pieds.
« Non… Non… Comment est-ce possible ? Ça aurait dû marcher… »
Elle tournait les pages sans s'arrêter, cherchant une information sans la trouver.
« Ça aurait dû marcher ! »
Ses mains tremblaient et son corps était secoué par de nombreux frissons.
« ÇA AURAIT DÛ MARCHER ! »
Elle jeta le carnet contre un mur sur lequel il rebondit pour tomber sur le lit. La jeune femme enragée, ne s'étant pas calmée grâce à ce geste violent, commença à détruire le reste de la pièce, éventrant les coussins qui laissèrent une multitude de plumes s'envoler dans la chambre, sortant parfois par la fenêtre ouverte malgré la froideur hivernale qui s'installait déjà en ce début novembre.
« Non, c'est pas possible ! Je vais la tuer ! LA TUER ! »
Elle continuait sa destruction massive, fauchant tout ce qu'il se trouvait sur son passage, déchirant les livres, éparpillant les quelques bibelots sur les étagères.
La femme s'arrêta brusquement, le visage rouge et le souffle erratique, et ramassa calmement le carnet sur le drap.
Elle se posta devant la fenêtre, regardant les dernières plumes voler au loin, ses mains, pour ne pas trembler, empoignaient fermement le carnet jusqu'à faire blanchir ses jointures.
Une fois les plumes hors de sa vue, elle regarda amoureusement son carnet, caressant sa couverture d'une main tremblante.
« Un jour je t'aurai. »
PDV Bella
En ce lundi matin, je me levais de bonne heure, ayant passé la quasi-totalité des dernières vingt-quatre heures à dormir aussi bien avec Edward que dans ma petite chambre d'étudiante que je partageais toujours avec Angela.
Je pouvais clairement dire que dormir avec l'un avait été beaucoup plus agréable que dormir avec l'autre mais je ne pouvais pas me plaindre puisque Angela ne m'avait pas refait de crise.
Certes, elle était tout aussi survoltée et gamine qu'avant, mais ça je pouvais gérer. Alors que les crises du type « je veux absolument te ressembler et qu'Edward m'aime plus que tout », ça, non !
Depuis ce fameux jour, je faisais en sorte de passer le moins de temps possible avec elle et mon emploi du temps surchargé par Jessica m'y aidait beaucoup.
Malgré l'appréhension que j'avais eu la veille en rentrant, et qui me prenait toujours quand je devais rester seule avec elle, tout s'était bien passé.
J'avais cru qu'elle serait déjà au courant de ce qui s'était passé pendant la soirée dans la forêt, vu la vitesse à laquelle les gossips circulaient dans Northwestern et le fait qu'elle semblait toujours être une des premières à les connaître et à les divulguer, mais non. J'en étais heureuse, la dernière chose que je voulais était de revivre tous ces moments de doute, d'incertitude et de peur en les racontant encore et encore.
Je savais que j'aurais à le faire quand les policiers allaient m'interroger et j'appréhendais assez ce moment pour ne pas vouloir le subir deux fois.
Nous avions mangé un plat à emporter comme tous les jours et à ce moment-là, je regrettais de ne pas avoir su profiter de la nourriture de la mère d'Edward quand j'en avais l'occasion. Un bon repas fait maison était toujours meilleur que ces repas hyper caloriques aux sourcesdouteuses que l'on pouvait obtenir pour quelques dollars à tous les coins de rue.
À peine trois phrases avaient été échangées entre nous quand nous avions été nous coucher, bien qu'elle ait essayé de m'interroger pour savoir où j'avais découché la veille. Mes réponses monosyllabiques avaient dû la décourager et je me rendais compte à ce moment-là que je n'avais jamais été aussi froide avec elle. Même les premiers jours, je m'étais efforcée d'être gentille afin que notre colocation se passe le mieux possible. Je n'en avais plus rien à faire : si elle ne se plaisait pas avec moi elle partirait et ça serait tant mieux, sinon je devrais attendre l'année suivante pour demander à changer de chambre et de bâtiment : voir Gertrude minimum deux fois par jour rendait la vie dans cet appartement, si on pouvait appeler ça un appartement, encore plus difficile.
Une fois dans mon lit, j'étais restée plusieurs minutes devant l'écran de mon téléphone, dans le noir complet, à me demander si, oui ou non, je devais envoyer un message à Edward pour le remercier. Finalement après avoir tapé et retapé les mots plusieurs fois, cherchant la meilleure formulation possible : celle qui ne faisait pas trop niaise mais qui n'était pas trop cérémonieuse non plus, je lui avais envoyé quelques mots et avais éteint mon téléphone juste après, sachant que si je ne le faisais pas, je ne saurais pas m'empêcher de le regarder toutes les deux secondes pour vérifier s'il m'avait répondu.
Bien que je tentais de m'en empêcher, après m'être étirée et réinstallée plus confortablement sous les couvertures chaudes qui me couvraient, je rallumai mon portable, appréhendant sa réponse, m'insultant mentalement d'avoir été aussi conne et d'avoir envoyé un message si peu de temps après que l'on se soit vu. J'aurais dû attendre de m'être reposée avant de le faire et je ne m'en rendais compte que ce matin-là, plusieurs heures après l'envoi du message.
Le message s'afficha et je le lus avec empressement :
« Je ferais tout pour toi princesse, je regrette juste que tu ne sois pas restée plus longtemps… Bonne nuit bébé, rêve bien de moi. »
Je levais les yeux au ciel sous son excès d'ego, sachant pertinemment qu'il n'était pas comme ça lorsqu'il était avec moi. Mais je rougissais quand même à ces surnoms qu'il me donnait tout le temps, peu importe ce que je puisse dire.
Je ne répondis pas, ne sachant que dire à un message aussi concis et décidais d'écrire à Alec afin que l'on se voit après mes cours. J'avais besoin de me vider la tête et de voir quelqu'un avec qui je pourrais parler de ce qu'il s'était passé et qui pourrait me changer les idées.
Je me préparais rapidement, Angela était toujours endormie à mon plus grand bonheur et je sortis emmitouflée dans le premier sweat qu'Edward m'avait prêté. Celui qu'il m'avait prêté la veille était beaucoup plus chaud et j'avais décidé que je le garderais pour les nuits froides qui viendraient.
Vous avez bien compris, je ne vais en aucun cas les lui rendre. C'est lui qui a insisté hein, soyons bien clairs !
Malgré le mauvais week-end que j'avais subi et le fait que je ne m'étais jamais sentie aussi peu en sécurité, j'essayais d'accueillir cette journée avec bonne humeur et légèreté, le message d'Edward et le fait que je voyais Alec cette après-midi-là m'aidant beaucoup.
Une fois sur le campus, mon éternel café de chez Starbucks à la main, je m'empressais de rentrer dans ma salle pour ne pas avoir à subir trop longtemps les chuchotements que je provoquais à nouveau sur mon passage. Moi qui pensais que si Angela n'était au courant de rien, cela voudrait dire que les autres ne le seraient pas également… J'avais bel et bien faux et, ce jour-là plus que jamais, je détestai avoir tord.
Malgré mon avance quand j'entrais dans notre amphithéâtre, Jessica était à son poste et semblait, comme d'habitude, tout contrôler. Elle portait des petites lunettes bien qu'elle n'en n'avait encore jamais mises et ça concordait parfaitement avec son look de secrétaire avec des vêtements sobres mais classes.
À part ce samedi, je ne l'avais jamais vue autrement que dans ce genre de tenue et bien qu'elle faisait un peu trop professionnelle à mon goût, je devais avouer que ça la mettait agréablement en valeur. Sans compter que j'avais déjà entendu quelques étudiants qui fantasmaient sur la petite secrétaire sexy qu'elle incarnait parfaitement, le côté coincé en affriolait plus d'un !
Je la rejoignis tout en haut des escaliers, me demandant pourquoi elle avait cru bon de se placer aussi loin de l'estrade alors que la salle serait presque vide : retour de week-end avec une grosse soirée oblige, ajouté au fait que notre première heure était de l'économie, matière que la plupart des étudiants détestait et ratait le plus possible.
Elle m'accueillit chaleureusement, me demandant si j'allais bien, son inquiétude visible sur ses traits.
Une fois qu'elle fut rassurée, nous nous mîmes à discuter, attendant que le prof arrive :
« Alors pas trop dur de revenir à la vie normale après ce qu'il s'est passé ? Me demanda-t-elle en voyant plusieurs élèves nous dévisager.
-Ça va, je crois que je commence à avoir l'habitude d'être au centre de l'attention de tous et que je ne m'en rends même plus compte. En fait, non, ça c'est faux, c'est horrible de sentir tous ces regards te suivre partout ! J'ai l'impression qu'on va me sauter dessus à tout moment et m'accuser de faits plus horribles les uns que les autres ! Mais bon… On peut rien y faire. »
Jessica me pressa l'épaule quand je poussais un soupir défaitiste et ô combien théâtral, ma tête posée sur ma main, le corps à moitié affalé sur le bureau.
« Au moins j'ai fait en sorte de nous placer tout au fond, comme ça tu ne sentiras pas ces horribles regards te lacérer la peau tout le long de la journée !
-Merci, t'es un ange Jessica, ça se voit que tu as l'habitude de ce genre de chose !
-Pas du tout, avec Rose c'était direction le centre de la salle pour que tout le monde puisse la voir ! Par contre, l'avantage avec elle c'était que je n'avais pas à subir ces horribles cours d'économie ! Je sais pas comment tu fais pour réussir à avoir, ne serait-ce que la moyenne dans ce cours, le prof est si barbant !
-Ça va… Moi je sais pas comment tu fais pour être là un matin aussi tôt alors que tu n'as pas cours avant neuf heures ! Ton lit ne te manque pas des fois ?
-Mon lit est beaucoup moins intéressant que de prévoir ton emploi du temps ! Cela dit, à dix-sept heures tu as rendez-vous avec un agent fédéral qui viendra sur le campus pour t'interroger, Edward sera là aussi, puis demain tu as ton boulot à la bibliothèque comme tous les mardis et mercredis, s'il te plaît, fais-moi le plaisir d'aller à ton cours de cheerleading, ça fait deux semaines que tu le manques, tu vas finir par être ridicule le jour du match puisque tu n'y seras jamais allée et ça c'est pas tolérable ! Débita-t-elle.
-Tu sais le plus simple ? C'est que je n'aille pas au match ! Comme ça je vais pas aux entraînements donc je suis contente et je ne suis pas ridicule donc tu es contente ! Tout est bien qui finit bien ! Je suis un génie t'as vu ? M'exclamais-je en souriant fièrement.
-Toi un génie ? Le monde va mal… Tu deviens aussi arrogante que ton stupide petit ami. Stupide petit ami qui joue à ces dits matchs et qui serait très heureux de voir sa petite amie l'encourager ! Contra-t-elle, ne voulant pas lâcher l'affaire.
-Il sera tout aussi content si je suis dans les gradins en train de l'encourager en criant son nom !
-Ton petit ami hein, souleva-t-elle. »
Je rougis n'ayant pas fait gaffe et tentai de me justifier pitoyablement :
« Tu es la seule qui as parlé de petit ami et puis, de toute façon, qui te dit que je parlais d'Edward hein ?
-Qui te dit que je parlais d'Edward, hein ? Répondit-elle sournoisement en plissant les yeux.
-Le cours va commencer… Murmurais-je me détournant pour regarder le professeur installer ses affaires.
-C'est ça, tu peux t'échapper aujourd'hui mais un jour je découvrirai ce qu'il se passe entre vous et surtout ce que tu ressens pour lui ! »
Je continuais de l'ignorer en regardant droit devant moi alors que je voyais du coin de l'œil qu'elle m'observait toujours et me regardait avec un petit sourire aux lèvres pensant savoir exactement ce que je ressentais.
Cela, elle ne pouvait tout bonnement pas le savoir, puisque je ne le savais pas moi-même. Le Edward avec qui j'avais passé la journée de la veille était l'exact opposé de celui qu'on m'avait décrit quand j'étais arrivée ici. On disait qu'il était calculateur, méchant même parfois, mais leader et vraiment dragueur et ce n'était que sur ce dernier point que j'étais d'accord. Je ne l'avais vu que taquin, blagueur et protecteur avec moi mais la description que tout le monde faisait de lui était à l'encontre de ce qu'il représentait pour l'école… Rosalie l'était aussi malheureusement, ça me prouvait que tout cela était peut-être vrai…
Bien qu'Angela n'était pas une source sûre, je ne pouvais pas m'empêcher de repenser à une phrase qu'elle m'avait dite la première fois que nous nous étions parlées : « Il est vraiment gentil avec nous quand on lui plaît, on a l'impression d'être la huitième merveille du monde sous ses yeux ». Ce qui me gênait le plus était le « quand on lui plaît », je savais très bien que je lui plaisais et il ne s'en cachait pas.
Comme Angela l'avait dit, j'avais l'impression d'être la huitième merveille du monde à ses yeux et la douceur dont il avait fait preuve la veille avec moi me le montrait bien. Mais une fois que je me serais donnée à lui… Que se passerait-il ?
Je sentais que j'étais déjà attachée à lui, si ce n'est plus, et ce que m'avait dit sa mère me faisait espérer, mais si elle avait tort ? Moi qui avais prévu de ne pas m'attacher deux mois auparavant je me retrouvais à prier pour qu'un mec ne fasse pas que jouer avec moi…
Je soupirais lourdement et Jessica me jeta un regard interrogateur auquel je répondis par un hochement de tête négatif, lui indiquant de ne pas faire attention à moi.
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Les heures défilèrent lentement tandis que les cours s'enchaînaient et je regrettais de ne pas avoir plus parlé à Jessica pendant les deux heures d'économie qu'elle avait passées avec moi puisque je ne pouvais pas m'empêcher de penser à Edward et à mettre en doute tout ce qu'il m'avait dit.
Ce doute fut encore plus grand lorsque je reçus un message de sa part me demandant si l'on pouvait se voir cette après-midi-là.
Était-ce une technique pour avoir ce qu'il voulait plus vite, pour trouver par la suite une nouvelle proie plus intéressante que moi ou voulait-il vraiment que nous passions du temps ensemble en dehors des sorties réglementaires que se devaient de faire le roi et la reine ?
Généralement je ne doutais pas de moi à ce point, choisissant au pif une des deux solutions, me disant que je verrais ce que ça donnerait, que la vie ne m'avait pas envoyé sur ce chemin pour rien. Mais là, quelque chose m'empêchait de prendre cette décision sur un coup de tête.
Je refusai sa proposition, m'excusant, puisque je devais voir Alec au même moment et il ne me recontacta pas de toute la journée.
Une fois mes heures de cours finies, je sortis de mon bâtiment, me rendis à notre fontaine et sautais dans les bras d'Alec, comme à notre habitude.
Une fois nos retrouvailles faites, nous nous dirigeâmes vers notre café bras dessus bras dessous et il me questionna sur la fameuse soirée.
« Horrible ! Dis-je en me blottissant un peu plus contre lui. »
Il me faisait du bien, il me calmait et ses bras étaient chauds, me réconfortant merveilleusement bien.
« Qu'est ce-qu'il s'est passé ? Me demanda-t-il. Cullen a fait son gros lourd comme d'habitude ? »
Je rigolais à sa remarque et lui demandais :
« Qui t'a dit que c'était un gros lourd ?
-Toi ! »
Nous étions arrivés au café et nous commandâmes chacun de quoi boire et de quoi manger avant de continuer notre discussion côte à côte dans de grands fauteuils ultra-confortables devant une table de bois.
« C'est toi qui me l'as dit la première fois que l'on s'est rencontré, tu as passé deux heures à te plaindre de lui ! Dit-il en souriant, se rappelant de ce fameux jour. Tu avais l'air de le détester plus que tout ! Mais ça a changé pas vrai ? Demanda-t-il regardant sa tasse de chocolat chaud plutôt que moi.
-Je sais paaaas, gémissais-je en posant la tête sur son épaule. Il est tellement… et si… Arrrgh il m'exaspère !
-J'avais cru le comprendre oui, dit-il en plongeant son regard dans le mien tout en me caressant la joue de la main.
-Il a été tellement gentil avec moi hier je sais pas comment j'aurais fait sans lui après ce que ces hommes m'ont fait, mais j'ai peur qu'il fasse semblant et-
-Quoi ? On t'a fait quoi Bella, qu'est-ce que ces hommes t'ont fait ? Me demanda-t-il en me prenant par les épaules et en me regardant, la peur qu'il me soit arrivé quelque chose visible dans ses yeux.
-Rien, c'est rien-
-Isabella Marie Swan dis-moi ce qu'il t'est arrivé et tout de suite, dit-il avec aplomb. »
C'était la première fois que je le voyais aussi désespéré et qu'il haussait la voix devant moi.
« Calme toi, lui dis-je en lui prenant les mains avant de me rapprocher de lui jusqu'à ce que l'on soit collé l'un à l'autre. »
Je lui racontais l'entièreté de la nuit de samedi à dimanche, n'omettant aucun détail, à sa demande, et je finis par me retrouver sur ses genoux, celui-ci m'y avait attirée à l'instant où je lui décrivais avec peine les moments d'attentes insupportables que nous avions dû subir dans le froid et la peur.
Moi qui pensais que tout cela était déjà derrière moi, que je n'y repenserais plus que comme une histoire d'Halloween que j'aurais entendue dans un concours d'histoires pour faire peur, je me rendis compte que sans la présence d'Edward d'abord, puis d'Alec, j'y aurais repensé dans des moments beaucoup plus sombres et que j'aurais craqué tôt ou tard, versant les larmes que je versais à ce moment-là sur Alec, seule et plus désespérée que jamais.
Heureusement ce moment de peine et de douleur se passa accompagné de douces caresses dans les cheveux ainsi que de paroles réconfortantes murmurées à l'oreille.
Une fois ma crise de larmes passée, je me redressais sur le torse d'Alec, lui souriant gentiment tandis qu'il essuyait les larmes encore présentes sur mes joues de ses pouces, embrassant par la suite chacune d'elles.
« Et toi sinon ? Demandais-je cherchant à changer de sujet tout en restant serrée contre lui, ma tête reposant contre son épaule.
-J'ai fini une œuvre, une peinture pour être plus précis qui s'intitule « Par amour ».
-Elle représente quoi ?
-C'est assez dur à expliquer, il faudrait que tu la vois pour comprendre…
-Tu me montrerais ?
-Bien sûr, pourquoi cette question ?
-Je sais pas… Tu ne m'as jamais montré aucune de tes œuvres…
-Je savais pas que ça pourrait t'intéresser… Et puis je ne suis pas si doué que ça donc…
-Bien sûr que tu es doué, je veux dire pourquoi ne le serais-tu pas ? Tu as été reçu dans la plus grande école d'art, bon derrière celle de New York et celle de San Francisco mais tout le monde sait que c'est juste surcoté là-bas ! M'exclamais-je.
-C'est pas ce que disent mes profs… Ils disent toujours qu'il manque quelque chose dans mes œuvres, quelque chose que je n'arrive pas à saisir…
-Ce sont juste de vieux fous qui veulent te rabaisser puisque tu es meilleur qu'eux ! Contrais-je en lui embrassant la joue. Moi je suis persuadée que tu es très doué et que tu deviendras un grand artiste !
-Tu es beaucoup plus sûre que moi sur ce point...
-C'est pour ça que tu as besoin de moi et que je suis là ! »
On continua à discuter de nombreuses minutes encore, se témoignant des gestes d'affection très souvent tandis que je restais sur ses genoux tout du long.
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Dix-sept heures arriva rapidement et je ne vis pas le temps passer.
Alec me proposa de me raccompagner jusqu'à Northwestern où Jessica avait réussi à faire venir des policiers afin qu'ils nous interrogent Edward et moi et j'acceptai, heureuse de passer plus de temps avec lui.
Nous arrivâmes aux abords de la fontaine où le rendez-vous était fixé et je me calai une fois de plus dans les bras d'Alec, sachant qu'il devrait bientôt partir.
Quelques minutes à peine après que nous soyons arrivés, Alec se détacha de moi et, tandis que je lui jetai un regard étonné, il me désigna quelqu'un derrière moi et dit :
« L'emmerdeur est là, et il a pas l'air content de me voir… »
En effet, Edward arrivait à grands pas vers nous, ses yeux nous lançant des éclairs alors qu'il serrait les poings et contractait la mâchoire. Sa chemise blanche partiellement déboutonnée, son jean noir et ses cheveux ébouriffés criaient la décontraction mais sa posture, elle, hurlait la rage contenue.
Je me détachais doucement d'Alec alors qu'Edward n'était qu'à quelques mètres de nous. Je ne savais pas vraiment comment agir : mon mensonge pouvait me coûter cher que ce soit dans un sens comme dans l'autre.
Alec serait sûrement blessé de découvrir que je m'étais servie de lui pour rendre jaloux Edward et ce dernier semblait déjà hors de lui.
Je restais près d'Alec, n'ayant pas le courage d'aller affronter la colère d'Edward et le laissais venir jusqu'à nous.
« Hum… Salut Edward… Tentais-je maladroitement.
-Swan… À ce que je vois ça va mieux. Dit-il cassant.
-Hum, oui, merci. Edward voici Alec un ami, j'insistais bien sur le mot « ami » puis continuai : Alec c'est Edward, mais tu sais déjà qui c'est… Murmurais-je plus doucement ne voulant pas qu'Edward entende et se focalise sur cette partie. »
-Enchanté. Alec assez gêné lui tendit la main mais Edward l'ignora, préférant plutôt me regarder avec interrogation, colère et ce que je pensais pourvoir identifier comme de la peine. »
Je voulus me rapprocher de lui afin de mettre les choses au clair mais Jessica débarqua et Alec en profita pour me dire au revoir en m'enlaçant avant de poser un baiser sur ma joue.
Une fois mon ami parti, Jessica nous conduisit dans une salle qu'elle avait réussi à obtenir de l'administration. Durant toute l'attente, j'eus l'impression qu'Edward fit tout pour se tenir le plus éloigné de moi.
Lorsque les policiers arrivèrent, nous nous installâmes à une table et ils commencèrent à nous poser à chacun diverses questions sur le début de soirée mais Jessica dut partir plus tôt que prévu ayant cours.
Edward leur raconta d'abord notre traversée du pont ainsi que la rencontre avec les deux hommes à l'énigme et je continuais, leur narrant la recherche du premier indice ainsi que ce qu'il y avait de marqué dessus.
Lorsque je commençais à décrire avec peine l'attaque des vikings ainsi que notre traversée de la forêt à leurs trousses, seules, Alice et moi, Edward, qui n'avait esquissé aucun geste envers moi depuis nos retrouvailles plus tôt cette après-midi-là, me pressa doucement le genou puis prit ma main, me donnant un peu plus de courage.
Il raconta ensuite ce qu'il avait pu entendre de ses agresseurs, des diverses insultes dont il avait été l'objet aux simples remarques sur le chemin et nous révéla que ces hommes n'étaient pas que de simples mercenaires mais avaient bel et bien une dent contre lui, ce qui les incriminait autant que celui qui avait organisé tout ça.
Les policiers nous firent faire la liste des divers coups et blessures que nous avions plus graves pour Edward que pour moi : ma lèvre avait déjà dégonflé mais me faisait encore un peu souffrir alors que lui garderait les bleus sur son ventre encore plusieurs semaines.
Une fois toute l'histoire mise au clair, les policiers nous informèrent qu'ils auraient peut-être encore besoin de nous plus tard, pour avoir plus de précisions, donc, que nous ne devions pas quitter la région pour le moment.
Une fois l'entretient fini, Edward et moi partîmes de la salle ensemble mais il était redevenu froid avec moi et sa main avait quitté la mienne.
Alors que je pensais qu'il ne me reparlerait plus il me fit méchamment :
« Alors comme ça, dès que tu es seule tu cours te réfugier dans ses bras… Je vois… »
Il marchait en traînant les pieds, les mains dans les poches en regardant par terre, le dos voûté.
« Edward-
-Non Bella, après ce que nous avons fait hier je comprends pas ! Que tu trompes ce type j'en ai rien à faire, mais que tu ailles fricoter avec lui moins de vingt-quatre heures après avoir passé une journée avec moi, la nuit dans mon lit, je peux pas. Dit-il en m'arrêtant par le coude pour me pousser contre un mur ensuite. Je suis tous sauf partageur, je pensais pourtant que tu le savais. Rajouta-t-il en caressant un des suçons qu'il m'avait fait la veille alors que je venais à peine de me réveiller.
-J'ai pas fricoté avec Alec ! Me révoltais-je.
-C'est tout comme, à chaque fois que tu es avec lui, tu es dans ses bras, tu l'embrasses même ! Contra-t-il.
-Ce n'est qu'un ami !
-Tu embrasses beaucoup de tes amis ? Demanda-t-il »
Je ne répondis pas, ne sachant quoi dire et Edward poussa un grognement frustré puis me lâcha brusquement, continuant sa route d'un pas lourd.
« J'ai fais ça pour te rendre jaloux, t'es content !? Hurlais-je à son encontre en le rattrapant. »
Il s'arrêta si brusquement que je lui fonçais presque dedans et alors que je ne savais quelle attitude adopter, il se retourna vers moi.
« Si tu tiens à la vie de ton ami ne refais plus jamais ça, ça m'a tué de te voir dans ses bras. »
Il me prit par les hanches et colla son front au mien, un petit sourire aux lèvres, les yeux clos et continua :
« Tu l'avoues enfin.
-J'avoue quoi ?
-Que tu as vraiment envie de moi au point de vouloir me rendre jaloux pour m'avoir. Dit-il son sourire grandissant de plus en plus. Je savais que tu ne pouvais pas être avec ce mec, il est pas fait pour toi, ça se voit.
-C'est faux, Alec est quelqu'un de génial ! Le défendis-je.
-Il est pas assez bien pour toi, contra-t-il. Tu as besoin de quelqu'un qui te protège, qui est aussi vif et vivant que toi.
-Tu connais quelqu'un comme ça ? Demandais-je, rapprochant sa bouche de la mienne en empoignant ses cheveux. »
Il ne me répondit pas, préférant m'embrasser langoureusement à la place.
Ce baiser n'était pas comme les autres, un mélange de douceur que je n'avais vue que très récemment chez lui alliée à de la force brute, Edward me serrait très fortement contre lui, semblant vouloir nous fondre l'un dans l'autre et ne me laissait aucun répit, mordant mes lèvres et jouant avec ma langue.
Quelques minutes de baiser endiablé plus tard, nous nous détachâmes l'un de l'autre essoufflés.
« Whaou… fis-je haletante.
-Ouais… Il faut que j'y aille… Dit-il en regardant l'heure.
-Ok, répondis-je un peu déçue.
-Je t'appelle demain, ok ? Me dit-il en me volant un dernier baiser puis il se détourna en direction du parking. »
Je rentrais chez moi encore plus perdue qu'en début de journée et je m'affalais sur une pile de coussins dans le coin de ma chambre, me demandant ce que j'allais bien pouvoir faire.
Bon je vous l'annonce tout de suite mais le prochain chapitre va être chaud chaud chaud!
Peut-être que c'est une bonne excuse pour laisser une review hein?
Encouragez moi à vous pondre quelque chose de pas trop mal! ;-)
