Saluuuuuut tout le monde!
Alors je vais faire très vite par grosse flemme, trois points sur ce chapitre:
-J'adore ce chapitre, je sais pas pourquoi et en plus il est enfin aussi long que je le veux!
-Un gros merci à ma crazybells d'amour qui comme d'habitude m'a corrigé ce chapitre en un temps record!
-Et j'espère que ça va vous plaire! À vous de jouer! ;-)
Réponse à la review anonyme :
Guest : Hey! Alors toutes tes questions ne vont pas avoir de réponse avant un petit moment encore! ^^ En espérant que la suite te plaise quand même! Merci pour ta review et à bientôt j'espère!
Chapitre 21 : PDV Bella
Installée sur ma chaise, derrière le guichet principal de la bibliothèque, à vingt-trois heures, je pensais à ma vie qui avait bien changé en deux semaines.
Flash back
Une fois de plus, le trajet entre Forks et Chicago me prit un temps interminable, ce qui m'incita à me questionner sur l'intérêt de vivre dans un pays aussi grand. Une vie entière ne suffirait pas à visiter la moitié de celui-ci !
Je rentrais chez moi en plein milieu de la nuit pour finalement m'écrouler comme une masse et m'endormir sitôt que le tissu de l'oreiller toucha ma joue. Mon réveil fut, lui aussi, tout aussi soudain : des éclats de voix, des cris, des chuchotements affolés et des objets qui tombaient à terre me firent me redresser en sursaut sur mon lit.
Les premiers avaient été causés par Edward, Jasper, Emmett et Alec qui s'invectivaient car l'un d'entre eux avait, semblait-il, fait tomber une boite remplie de livres sur le pied d'une Angela qui sautillait dans la pièce en tenant son membre meurtri, et qui, vu les circonstances, avait poussé le hurlement qui m'avait réveillée. Les chuchotements, eux, venaient d'Alice, de Jessica et de Rosalie qui sommaient les garçons au silence sans se rendre compte qu'elles faisaient tout autant de bruit.
Hébétée, je restais figée dans mon lit durant une durée indéterminée et ce ne fut que le choc que je subis lorsqu'Alice se jeta dans mes bras qui me démontra par A plus B que je n'étais pas en train de rêver.
En effet Jasper, Alec, Emmett, Angela, Jessica, Alice, Rosalie et Edward se trouvaient bel et bien dans ma chambre universitaire alors que le soleil n'était pas encore tout à fait levé.
« Ho Bella, tu nous as tellement manqué… Murmura Alice tout en m'étreignant. »
Je restais muette, encore sous le choc, mais, lorsque que mon amie se décida enfin à me laisser respirer, je lâchai :
« Qu'est-ce que vous foutez là ? »
Mon ton fut plus dur que ce que j'avais prévu et leurs expressions se teintèrent de remords.
Alice fut celle qui prit la parole et qui tenta de tout m'expliquer :
« Tu nous as fait très peur lorsque tu es partie et comme je l'ai déjà dit tu nous as beaucoup manqué, alors quand Angela nous a appelés ce matin, lorsqu'elle a remarqué ton retour, on a pas pu s'empêcher de débarquer malgré l'heure… »
Je hochais la tête pour lui montrer que j'avais compris, que je ne leur en voulais pas et commençais à dévisager les autres personnes présentes dans la pièce.
Qu'Angela soit là était tout à fait normal : on habitait ensemble depuis le début de l'année et, malgré tous mes efforts pour me défaire de sa compagnie, elle restait une personne intégrante à ma vie. Pour mon plus grand malheur d'ailleurs : bien qu'elle se soit calmée, elle était une des personnes que j'avais décrite comme complètement folle à ma mère. Cette fille était beaucoup trop instable et je pensais que c'était l'une des raisons de ma fuite, j'avais besoin de normalité, une normalité que je ne pouvais même pas trouver le soir en rentrant chez moi. Je voulais à tout prix m'éloigner des personnes néfastes à l'accomplissement de mon bonheur et je pensais qu'Angela faisait partie de ces personnes là, malgré toute sa bonne volonté et son désir d'être amie avec moi. Il fallait que je lui parle et que je trouve un moyen de couper les ponts avec elle.
Je décidais de mettre cette décision de côté pour l'instant et de me concentrer sur les autres personnes présentes dans la pièce.
Jessica était là aussi, ça ne me surprenait pas vraiment : elle avait toujours voulu se faire pardonner et je décidais qu'il était temps de lui donner ce qu'elle voulait.
« J'aimerais rester seule s'il vous plaît, dis-je alors qu'ils attendaient tous une réaction quelconque de ma part. »
Surpris, ils commencèrent à protester bruyamment mais je rajoutais rapidement :
« Alice, Jessica, vous pouvez rester !
-Mais Bella on est tous là pour toi, tu peux pas- commença Alec.
-Je vous reverrai plus tard, j'ai besoin de temps, le coupais-je.
-Bella- essaya Edward.
-Plus tard… Murmurais-je en le regardant droit dans les yeux. »
Les muscles de sa mâchoire se contractèrent délicieusement mais il n'ajouta rien, se contentant de souffler fortement et finit par partir sans regarder derrière lui. Jasper le suivit rapidement en adoptant le même comportement et Alec fit de même en me regardant d'un air désolé. Angela, toujours dans l'excès, partit en reniflant, les larmes s'échappant de ses yeux. Rosalie, dont je ne pris conscience de la présence qu'à ce moment-là, sembla hésiter quelques secondes, baissa la tête, effectua un demi-tour, fit mine de s'en aller, se figea sur le pas de la porte, hésita une seconde fois, se retourna, murmura un « désolée » et partit pour de bon. Emmett, lui, me fit un grand sourire, un clin d'œil et s'éclipsa rapidement, me laissant seule avec Jessica et Alice.
Un moment de flottement suivit le départ contraint des autres mais cette ambiance pesante s'interrompit lorsque, pour la seconde fois de la journée, Alice sauta dans mes bras.
Ce n'est que là que je pris conscience de mon retour et je serrais ma meilleure amie de toute mes forces. La seule, l'unique qui m'avait soutenue quoi que je fasse, même lorsque je faisais les mauvais choix et qui avait tenté à maintes reprises de me faire voir la vérité. Ma toute première amie et la plus précieuse.
Je me rendis compte de ma bêtise lorsque je lâchais Alice et que je me retrouvais devant Jessica. Bien qu'Alice ait toujours été là pour moi, elle n'avait pas été ma première amie. Jessica si. Elle était celle qui m'avait offert tout son soutien, d'abord par devoir, puis, par sympathie, celle-ci avait tenté de me protéger des vautours qui encerclaient le monde dans lequel elle vivait, celle qui avait, plus que tout, voulu que j'intègre son monde. Je l'avais détestée, moins parce qu'elle avait aimé celui que j'aimais, que parce que je détestais son monde. Et lorsqu'elle avait voulu intégrer le mien je ne l'avais pas aidée, lui en refusant l'accès. C'est moi qui avais fauté, pas elle, mais ce n'est que ce jour-là que je m'en rendis compte.
Alors qu'elle me regardait d'un air timide, je l'attirais à moi pour l'étreindre et m'excuser.
Après nos embrassades, nous partîmes prendre un café dans ce qui était devenu leur lieu de rendez-vous presque quotidien.
La patronne qui les connaissait bien, alors, les accueillit comme des reines et, à ma vue, me prit dans ses bras, s'exclamant qu'elle s'était faite du soucis pour moi à partir du moment où Alec lui avait appris la nouvelle de mon départ. Je fus touchée de sa sympathie et la remerciai chaleureusement en lui promettant de ne plus lui faire de pareille frayeur.
On s'installa dans les gros poufs qui faisaient office de chaises et les filles commencèrent à m'expliquer les changements dus à mon départ précipité mais je les coupais :
« C'est gentil les filles mais j'ai envie de voir tout ça par moi-même. J'ai trop longtemps laissé les autres guider mon regard sur les choses qui m'entouraient, j'ai pas envie de refaire la même erreur une seconde fois. »
Alice sourit doucement et dit, admirative :
« T'as l'air tellement changée… Plus posée, plus en phase avec toi même, plus heureuse. Ça fait vraiment plaisir à voir.
-Je sais, j'ai décidé de reprendre ma vie en main en commençant par m'entourer des bonnes personnes et en arrêtant de laisser les faux-semblants se mettre sur mon chemin. Répondis-je en leur prenant la main. Je ne compte plus faire de scandale et je ne compte absolument pas reprendre ce ridicule rôle de reine, conclus-je en regardant Jessica qui eut la décence de s'empourprer.
-Désolée Bella, je ne voulais absolument pas te faire te sentir mal… Ce-
-C'est oublié, la rassurais-je, tout ce que je veux c'est que tu t'extirpes de cette machine infernale qu'est la communauté de Northwestern. Je sais que c'est possible, Rosalie semble l'avoir fait, elle… »
Elles se regardèrent gênées.
« On ne sait absolument pas ce qui a fait changer Rosalie-, commença Jessica.
-J'ai pas envie de savoir de toute façon, la coupais-je une fois de plus, enfin pas de vos bouches. Tout ce qui m'intéresse est de savoir comment tu te sens. Demandais-je en me tournant vers Alice. »
Elle chercha ses mots un instant pour finalement lâcher :
« Je sais pas… Ça fait tellement de temps que je me suis habituée à la détester et voilà qu'elle revient comme si de rien n'était, qu'elle commence à pleurer ton absence sans nous expliquer la raison de sa venue parmi nous. Et-et… Je sais pas… Tout le monde semble l'accepter si facilement comme si elle n'avait jamais brisé des vies avant, comme si elle avait toujours été là. Même Edward qui sait n'a… n'a rien dit et je comprends, elle est devenue tellement simple, tellement gentille par rapport à avant… On ne peut plus la détester, mais-mais j'ai plus que tout envie de la détester ! »
Elle commença à sangloter doucement en essayant de cacher ses larmes et, émue, je me mis à genoux devant elle et la pris dans mes bras. Elle se calma au bout d'un moment et je lui chuchotais à l'oreille :
« Rien ne t'oblige à l'aimer, ni même à l'apprécier. Personne ne pourra jamais t'en vouloir pour ça. Ce qu'il faut maintenant c'est comprendre pourquoi elle a changé, il faut aussi que vous vous parliez. Si à l'avenir elle reste dans notre environnement, il faut que tu t'expliques avec elle, qu'elle comprenne le mal qu'elle t'a fait.
-Non ! Je-je…
-Pas tout de suite, la calmais-je, tu as du temps, mais le plus tôt sera le mieux, tu pourras enfin laisser cette partie de ta vie derrière toi et passer à autre chose. »
Je la calmais en lui caressant les cheveux courts de sa nuque doucement et, lorsque nous nous détachâmes, je demandais à Jessica :
« Tu sais où je pourrais la trouver ? Comme je l'ai dit, il faut que nous parlions elle et moi.
-Je pense qu'aller chez elle serait un bon début. L'université ne semble pas être un endroit propice pour une discussion au calme.
-Plus vite ce sera fait mieux ce sera, dis-je en me levant. »
J'étais en train de prendre congé lorsqu'une voix bien connue m'interpella. C'est là que j'aperçus Alec qui s'approchait à grands pas de nous.
Les filles, comprenant la délicatesse de la situation, s'éclipsèrent et nous restâmes, Alec et moi, face à face pendant un petit moment.
Il leva sa main jusqu'à ma joue et la caressa doucement en me regardant dans les yeux. Les siens exprimaient un amour inconsidérable envers ma personne et je me rendis compte à quel point j'avais merdé avec Alec.
Je m'en rendis encore plus compte lorsque celui-ci m'attira à lui et m'embrassa avec la force du désespoir.
Tout aurait été tellement plus simple si j'avais été amoureuse d'Alec. Notre histoire aurait été simple, douce et belle. Mais je n'étais pas amoureuse de lui, et il n'aurait pas dû être amoureux de moi. C'était de ma faute si, maintenant, j'étais dans ses bras, immobile, me laissant faire, alors que lui semblait plus qu'heureux de me revoir. Je l'avais utilisé, autant pour m'amuser que pour rendre un autre jaloux et aujourd'hui mon confident s'excusait de m'avoir laissée quand j'avais eu besoin de lui pour les mauvaises raisons : je n'avais pas eu besoin de lui en tant qu'ami, pas parce qu'il comptait pour moi, mais plutôt pour ressentir ce sentiment de contrôle au moment où je n'en avais aucun. Edward était celui qui me faisait perdre le contrôle, Alec était celui dont je m'étais servie pour me protéger d'Edward.
Ce jour-là il fallait non pas que je me protège moi, mais que je protège Alec.
Je stoppais notre baiser tout doucement, profitant une dernière fois de son étreinte qui savait me réconforter comme aucune autre et finis par me détacher de lui.
Je me rendis compte que ses joues étaient mouillées de larmes et que d'autres coulaient aussi sur les miennes.
Les siennes étaient des larmes de joies, les miennes par contre étaient les premiers annonciateurs des mots que j'allais prononcer.
« Bella, tu m'as tellement manqué ma Bella, ne pleure pas, les larmes ne doivent pas gâcher la beauté de ton visage, dit-il en le prenant dans ses mains et en essuyant celles-ci de ses pouces. »
« Alec, dis-je en bloquant ses mains sur mon visage et en les éloignant de celui-ci, on ne peut plus se voir…
-Comment ça ? Bella, enfin, qu'est-ce que tu dis, tout est oublié, je-ça fait bien longtemps que cette dispute n'a plus aucun sens pour moi. Je t'aime Bella, je ne veux plus rester loin de toi, le mois dernier a été bien trop difficile pour moi pour que je laisse cela se reproduire. Je t'aime Bella, je ne veux plus te quitter.
-Il est bien là le problème, Alec. Je t'aime aussi mais pas comme tu m'aimes moi. Je peux pas te demander de rester à mes côtés alors que je ne partage pas tes sentiments et que je ne les partagerai jamais. J'ai été égoïste de te garder près de moi depuis le début et, bien que ça me fasse mal de le dire, il ne faut plus que l'on se voit. C'est la seule solution… Finis-je alors que je voyais petit à petit ses traits s'affaisser.
-Quoi ? Non, non, tu ne peux pas… Bégaya-t-il alors que ses larmes de joie se transformaient en larmes de tristesse. Bella ne dis pas de bêtise, on ne peut pas... on ne peut pas se quitter…
-C'est ce qu'il faut faire Alec, murmurais-je en m'éloignant de lui, mes mains toujours dans les siennes.
-Ne me quitte pas ! Sanglota-t-il. »
Il tomba à genoux devant moi et serra mes mains très fort contre son cœur, m'obligeant à me pencher en avant.
« Tu peux pas me faire ça… »
Mes larmes roulaient librement sur mes joues, m'empêchant de voir clair et, alors que je libérais mes mains de l'étreinte passionnée d'Alec, je chuchotais difficilement :
« Adieu Alec. »
Je sortis rapidement du café en ignorant les regards surpris des personnes présentes dans les lieux et fus reconnaissante envers la gérante de ne pas m'avoir arrêtée alors que je n'avais même pas payé. Elle devait se douter que ce n'était pas le moment et que de toute façon je reviendrais m'acquitter de mes dettes.
Une fois dehors, je m'arrêtais afin de respirer posément, mes sanglots m'obstruaient les voies respiratoires.
C'était la seconde fois que je le perdais et ça faisait tout aussi mal que la première.
OoooOoooOoooOoooOoooOoooOoooO
J'avais prévu d'aller voir Rosalie mais ma rencontre avec Alec m'avait trop affaiblie émotionnellement pour que j'aille m'exposer à elle. Tout le monde disait qu'elle avait changé mais valait mieux prévenir que guérir : je ne voulais pas qu'elle arrive à m'atteindre et la meilleure façon pour cela était que je me sente bien, ce qui n'était pas le cas à ce moment-là.
Je décidais à la place d'aller à la bibliothèque pour régulariser ma situation et pour chercher un nouveau travail au plus vite si jamais j'étais renvoyée.
J'avais disparu pendant un mois, sans prévenir quiconque, même pas mon employeuse, et celle-ci ne devait pas être des plus heureuses.
Alors, lorsque je rentrai dans le bâtiment regroupant les principaux ouvrages de la ville, je m'armai de mon plus beau sourire et j'approchai d'un pas volontaire du guichet d'accueil, priant tous les dieux connus à ce jour et plus encore pour que ma patronne soit conciliante.
OoooOoooOoooOoooOoooOoooOoooO
« Ce n'est plus en mon pouvoir » qu'elle avait dit… Fulminais-je intérieurement alors que j'attendais dans une sorte de salle d'attente, assise sur une chaise en fer qui faisait pleurer mon coccyx de douleur. Ça faisait une bonne heure que j'attendais et rien n'indiquait que j'allais être prise en charge rapidement.
Ma patronne avait, elle aussi, une patronne qui avait un patron qui n'était que le sous-fifre d'un homme influant de la ville. Bref j'étais chez le big boss pour une simple histoire d'absence et de petit boulot et celui-ci devait trouver cette histoire aussi ridicule que moi puisqu'il n'avait pas l'air d'être décidé à gâcher son précieux temps à me recevoir. Je fulminais de devoir rester là à attendre un homme qui me prendrait de haut et qui m'annoncerait que je n'avais plus de boulot.
Pour passer le temps, je décidais de rallumer mon téléphone après un mois de vacances pour celui-ci.
Il commença à biper sans arrêt et je dus m'y reprendre à plusieurs fois avant de finalement réussir à arrêter le son. Malheureusement, le vibreur, lui, restait activé ce qui faisait que mon smartphone ne cessait de vibrer.
Ce n'est que quelques minutes plus tard qu'il redevint silencieux et que je pus enfin le déverrouiller. Il indiquait « 90 appels manqués » et « 120 nouveaux messages », je parcourais ces derniers, les supprimant petits à petits, découvrant qu'Alice avait surpassé tous les autres mais qu'Edward n'était pas pas en reste. Alec, Jessica, Emmett et Angela m'en avaient laissé quelques-uns. Rien de la part de Jasper ou de Rosalie. Compréhensible pour la seconde, assez moins pour le premier.
Je passais aux messages vocaux qui disaient tous à peu près la même chose et que je dus supprimer manuellement un par un. Ça me prit une grosse demie-heure durant laquelle aucun big boss ne sortit de son bureau.
Alors que je m'apprêtais à partir, renonçant pour de bon à mon poste, je vis un homme d'une soixantaine d'années, vêtu d'un costard cravate aussi gris que ses cheveux et au visage luisant, arriver par la même porte par laquelle j'étais entrée. Je le vis lui et ensuite Emmett qui discutait tranquillement avec.
Surprise, je ne réagis pas lorsqu'ils passèrent devant moi et ce n'est que lorsqu'Emmett lança une dernière blague au big boss qui s'enfermait dans son bureau que je retrouvais l'usage de la parole :
« Qu'est-ce que tu fais là ?
-J'aide une énième femme en détresse, quoi d'autre ? Dit-il joyeux. »
Tout en disant ça, il me prit dans ses bras et me fit tourner dans la pièce comme si je ne pesais rien.
« Haaaaaaa Emmett ! criais-je malgré moi.
- Chuuut ! Tu veux quand même pas mettre en colère le big boss alors que je viens juste de t'arranger le coup !
- Comment ça tu m'as « arrangé le coup » ?
-Bah quand on s'est quitté ce matin, j'ai pensé qu'à un moment ou à un autre tu t'inquiéterais pour ton boulot, donc j'ai fait en sorte de passer un petit coup de fil au monsieur très riche qui gère cette bibliothèque et -merci papa d'être aussi riche et influant - le gentil monsieur, qui ne cherche qu'à soigner son image, a accepté de me voir pour m'apprendre ce qu'il appelle « la vie, la vraie ! ». Donc j'ai dû passer quatre heures sur un terrain de golf à écouter les hallucinations d'un vieux multimillionnaire qui ne sait plus quoi faire de son argent ainsi que celles de sa femme qui a vingt ans de moins que sa belle fille pour t'arranger le coup. Hé bam je t'annonce que tu es la chanceuse détentrice de ton ancien travail que tu avais perdu mais que tu viens juste de retrouver, félicitations !
-Emmett… Dis-je sans voix. Mon dieu, tu es formidable, comment je peux te remercier ? »
Il ouvrit les bras théâtralement et je me jetais dedans, lui offrant la plus forte étreinte dont j'étais capable.
« Tout doux, tu vas finir par me casser une côte, rigola-t-il. Malgré son petit gabarit ça a de la force cette chose-là ! Dit-il surprit en faisant mine de m'étudier comme un animal exotique.
-Merci, merci, merci ! Vraiment, Emmett, si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux compter sur moi !
-Tout ce que je veux, Bella, c'est une promesse : promets-moi que plus jamais tu ne partiras comme ça, sans prévenir personne !
-Je te le promets, dis-je émue qu'autant de personnes soient inquiètes de mon départ.
-Allez on va arrêter la séquence émotion et on va aller se manger une bonne glace, c'est la solution à tous problèmes.
-Je vous suis chef ! Dis-je en me mettant au garde à vous et en parlant comme un soldat. »
On commanda des glaces à un marchand ambulant avant de prendre place dans le Shakespeare Garden, tout près de la bibliothèque.
On parla pendant un bon moment avant que le sujet sensible soit abordé : Rosalie.
« Elle a changé, m'apprit Emmett, c'est le moins qu'on puisse dire. Elle est vraiment différente, ce n'est plus la même personne, presque. Bien sûr, elle reste tout aussi belle qu'avant mais c'est une beauté simple, sans artifice, une beauté qui est due à sa personnalité…
-T'as dû bien apprendre à la connaître puisque je ne lui connaissais aucune personnalité, moi…
-Je suis sûr qu'elle a toujours été là, mais que Rosalie n'a jamais laissé personne la voir. Je comprends que tu puisses lui en vouloir, Bella, mais Rose est une personne différente aujourd'hui.
-Rose hein, rigolais-je sarcastiquement, t'as vraiment dû apprendre à la connaître pour que tu en viennes à lui donner des petits noms.
-Tu m'as bien fait comprendre que tu ne voulais pas savoir ce qu'il s'était passé pendant que tu n'étais pas là, donc la meilleure chose que tu as à faire est d'aller la voir, dit-il durement. Tout le monde peut changer, et tout le monde a le droit à une seconde chance. Tu dois apprendre à pardonner comme tu l'as fait avec Jessica et Edward.
-Je n'ai rien pardonné du tout à Edward, répliquais-je.
-À d'autres Bella, on ne se connaît pas depuis très longtemps mais je suis un fin observateur, ne l'oublie pas. J'ai vu ta réaction ce matin, pour la première fois depuis longtemps tu ne l'as pas regardé comme si ton monde s'effondrait, il y a un mois encore tu aurais piqué une crise de nerf en nous voyant tous, mais là non, tu as voulu régler les choses de suite, sans faire de vague. Peut-être que tu nous as fait peur en partant mais tu as pris la bonne décision à l'époque, c'est la meilleure chose que tu pouvais faire. »
Il fit une pause et reprit :
« Va voir Rosalie, écoute ce qu'elle a à te dire et prends ta décision, n'essaie pas de la prendre avant d'avoir toutes les cartes en main. »
Sur ce, il se leva, posa un baiser sur mon front et partit tranquillement, me laissant seule sur le banc du parc.
Emmett avait toujours un don pour faire réfléchir les gens…
OoooOoooOoooOoooOoooOoooOoooO
Je frappais à la porte de l'immense villa de Rosalie, me balançant d'un pied sur l'autre nerveusement. Au bout d'une dizaine de secondes sans réponse je frappais de nouveau. Cette fois-ci, Rosalie m'ouvrit.
La première chose qui me choqua fut l'absence totale de maquillage sur son visage alors qu'il était plus de dix-sept heures et la seconde fut de constater que sa peau était tout aussi parfaite sans qu'avec. À quoi bon se fatiguer à se tartiner la figure tous les matins lorsqu'on est aussi belle au naturel.
Au naturel, elle l'était : ses cheveux était attachés dans un chignon approximatif alors que sa tenue se composait d'un bas de jogging et d'un pull trois fois trop grand pour elle. On était bien loin des mini-jupes et des décolletés ravageurs que je lui connaissais jusqu'alors. Malgré ça, Rosalie restait une des plus belles femmes que j'avais rencontrées à ce jour, son elle naturel reléguait, et de loin, sa version pomponnée au fin fond des abysses.
Elle me regardait avec un petit sourire gêné qui devait faire reflet au mien. J'avais été réticente, au départ, à la voir mais en pensant à sa venue dans ma chambre ce matin-là j'avais estimé avoir le droit à des explications.
Elle se racla la gorge nerveusement, ne sachant que dire. J'étais dans la même situation qu'elle mais, étant venue la déranger, il me semblait que c'était à moi de faire le premier pas.
« Salut… dis-je incertaine. »
« Tu veux entrer ? Demanda-t-elle au même moment. »
J'acquiesçai et, alors qu'elle s'effaçait, je rentrai dans sa demeure. Elle était la première personne chez qui j'étais allée en arrivant à Chicago me rendis-je compte. C'était d'un risible…
Elle m'amena silencieusement jusqu'au salon qui était tout aussi luxueux que le reste de la maison et on s'assit dans des canapés, l'une en face de l'autre.
On joua un petit moment à qui regarderait ses pieds le plus longtemps et -tatatadam- je finis par gagner ! En effet, Rosalie prit la parole :
« Tu dois te demander pourquoi je suis venue ce matin avec les autres… Commença-t-elle.
-Effectivement, c'est pourquoi je suis venue ici, répondis-je, je pense avoir le droit à quelques explications. C'est pas comme si nous avions été les meilleures amies du monde récemment.
-Oui, tu as le droit de savoir. Tout d'abord je suis désolée, vraiment. Dit-elle avec plus de conviction.
-C'est déjà un bon début, admis-je.
-J'ai été une vrai salope avec toi, comme avec les autres, mais encore plus avec toi. Je ne pouvais pas supporter que tu débarques et que tu deviennes la nouvelle attraction de l'école, que tu me piques la place que j'avais mis des années à avoir. Alors j'ai voulu te ridiculiser, te faire devenir la risée de tout le monde.
-Comme tu le faisais avec tout les autres, c'est ça ? Comme tu l'as fait avec Alice ! Quelles excuses tu as pour elle, hein ? C'est pas comme si l'idée de te faire de l'ombre avait effleuré son esprit. C'est la personne la plus douce, la plus gentille qui puisse exister. Je suis persuadée que si tu lui avais demandé d'être son amie, elle aurait accepté rien que pour te faire plaisir, bien qu'elle ne puisse supporter les personnes comme toi ! M'énervais-je d'un coup.
-Je ne suis plus comme ça, Bella ! J'ai changé, c'est pour ça que j'étais là ce matin. Quand tu es partie, je cherchais déjà à m'excuser depuis des semaines mais je n'avais jamais trouvé le bon moment. Je connais ton histoire avec Edward et je pensais que tu n'avais pas trop envie de me voir après ce qu'il t'a fait…
-Tu as bien pensé, oui. Mais c'est la même chose aujourd'hui, j'ai beau faire tous les efforts possibles je n'arrive pas à oublier le mal que tu as fait aux personnes autour de toi, je sais que je n'arriverais pas à faire de toi une amie, sachant que ma meilleure amie souffre rien qu'en te voyant. Je sais même pas si je peux te croire quand tu dis que tu as changé. C'est clair que tu as l'air d'avoir changé, physiquement et mentalement, mais qui me dit que ce n'est pas une ruse destinée à nous faire mal au moment venu.
-Bella, dit-elle en fermant les yeux fortement, semblant lutter contre quelque chose, il faut savoir que la fille que j'ai été était une vraie peste, c'est vrai. Après tout je pouvais me le permettre : je suis riche, belle, j'ai un grand avenir devant moi et toutes les portes me sont ouvertes. Alors oui, j'en ai profité, j'humiliais les gens aussi facilement que j'écrase un cafard sous ma chaussure et je jouais la fille superficielle et bête pour plaire au plus grand nombre. C'était facile, simple et ça ne me demandait aucun effort, j'aurais pu continuer des années comme ça mais quelque chose m'a fait voir la vérité et je sais maintenant que ce que j'ai fait était mal. Je regrette plus que tout mes actes et si c'était à recommencer je ne ferais plus du tout les même erreurs. »
Son ton était désespéré et ne ressemblait pas du tout à la Rosalie que je connaissais. Elle ne m'aurait jamais laissé une ouverture si grande sur elle-même, elle ne m'aurait jamais laissé un si grand champ de tir. Malgré moi, je sentais bien qu'elle commençait à m'atteindre.
« Quand j'ai appris ta disparition, j'étais vraiment très inquiète. J'avais peur qu'il te soit arrivé quelque chose de grave, tu peux pas savoir à quel point te voir ici en bonne santé me rassure. Ça peut te paraître bizarre mais je me suis inquiétée pour toi comme tous les autres mais ils n'ont pas demandé à ce que je les quitte, ils m'ont acceptée sans poser de question. Je leur en suis reconnaissante mais je te devais des explications… finit-elle.
-En effet ça me paraît bizarre… Je pense que tu leur en dois aussi, surtout à Alice. Elle est celle que tu as le plus fait souffrir et ça me tue d'être en train de te parler en sachant ce que tu lui as fait. Il va me falloir du temps avant que je pense à te considérer comme une amie, ou du moins que je ne pense plus à toi comme à une ennemie.
-Je parlerais à Alice, m'assura-t-elle. »
Sur ce je me levais et sortis de la pièce en entendant Rosalie chuchoter timidement un « Merci Bella ». Je ne me retournais pas, c'était au dessus de mes forces pour le moment.
Fin flash back
Je fus sortie de mes pensées par quelqu'un qui appela mon nom. Je redressais la tête du livre dans lequel j'étais plongée et rencontrais les prunelles vertes d'Edward. Les choses avaient bien changé en deux semaines…
S'il vous plait reviewer moi ça à fond!
J'aime vraiment ce chapitre et j'aimerais savoir si c'est aussi le cas pour vous!
