Merci pour vos reviews ! Ca me fait très plaisir ! J'espère que vous aimerez la suite !

Le lendemain matin, Hermione fut réveillée par un rayon du soleil matinal. Elle s'habilla rapidement, toute excitée. C'était la rentrée. Le soir même arriveraient les élèves. Hermione se sentait légèrement anxieuse. Et elle savait que cela ne s'arrangerait pas à mesure que la journée défilerait…

Elle s'apprêtait à sortir de ses appartements pour aller prendre son petit-déjeuner, lorsqu'un petit bruit l'arrêta. Elle se retourna vivement, ayant peur de retrouver Dumbledore dans le portrait au-dessus de la cheminée. En fait, il y avait bien quelque chose qui venait d'apparaître au-dessus de la cheminée, mais ce n'était pas l'ancien Directeur, au soulagement de la jeune femme. Elle s'approcha, et vit que deux petites feuilles de papier s'étaient accrochées sur le mur. Elle s'en saisit et regarda de quoi il s'agissait. Sur la première figurait son emploi du temps pour l'année. Par réflexe, elle chercha ses heures de cours avec Rogue. Et constata que chacun des deux cours durait deux heures. Deux heures le lundi et deux heures le vendredi. Sentant son anxiété augmenter d'un cran, elle passa rapidement à la seconde feuille, laissant pour le moment son emploi du temps de côté. Le deuxième morceau de parchemin comportait un mot de la Directrice :

Miss Granger,

Comme vous le savez, des sorties à Pré-au-Lard sont régulièrement organisées pour nos élèves. Ces sorties ayant besoin d'être encadrées, vous êtes chargée, de même que tous les professeurs, de faire partie des accompagnateurs à tour de rôle. Les professeurs qui encadrent les groupes sont répartis en binômes et alternent les sorties. Votre êtes associée au Professeur Flitwick. La sortie que vous devrez encadrer se déroulera le 20 décembre prochain. Je préfère prendre les mesures à l'avance.

Je vous remercie de votre coopération,

Minerva McGonagall

Hermione sentit ses muscles se détendre. Pendant un instant, elle avait cru qu'elle serait encore une fois associée au Professeur Rogue. Soulagée, elle prit une profonde inspiration. Au moins, si elle n'était pas chargée de l'accompagnement avec le Maître des Potions, les sorties à Pré-au-Lard ne seraient pas une corvée. Pas comme leurs cours communs… La jeune fille songea alors à arranger les choses. Bien sûr, Rogue lui faisait peur. Mais ne pouvait-elle pas essayer de faire quelque chose pour rendre leur coopération cordiale, à défaut d'être agréable ? Elle pourrait, par exemple, tenter d'engager la conversation avec son collègue. Elle savait que ce n'était pas gagné d'avance. La rentrée et l'arrivée des élèves creuseraient encore le vide entre eux : chacun devrait alors s'occuper de sa propre maison, et les rivalités seraient nombreuses. Elle espérait de tout cœur que Rogue éviterait les injustices envers les Gryffondor au moins durant leurs cours communs –elle avait remarqué sur son emploi du temps que ces cours étaient communs aux Gryffondor et aux Serpentard. Mais elle savait parfaitement qu'elle aurait pu tout aussi bien demander que Rogue lui chante une chanson : il ne changerait pas ses habitudes pour elle. Et elle avait peur de ne pas oser lui répondre. Elle avait peur de se laisser marcher sur les pieds.

Sur ses préoccupantes et sombres pensées, elle quitta ses appartements et descendit les escaliers. Arrivée dans le Hall, elle frissonna violemment. Elle venait apparemment de traverser un courant d'air glacial. La jeune femme se plaqua la main sur la bouche lorsqu'elle se rendit compte qu'elle venait en fait de passer à travers Nick Quasi-Sans-Tête, le fantôme de Gryffondor.

- Eh bien, Miss Granger, lui dit-il en s'enlevant la tête pour la saluer. Vous n'êtes pas très bien réveillée, apparemment.

Susceptible comme il était, Hermione pensa qu'il n'apprécierait pas qu'elle lui dise qu'elle ne l'avait pas vu étant donnée sa transparence. Aussi, elle prétexta qu'elle s'était perdue dans ses pensées.

- Oui, bien sûr, cela arrive à tout le monde…répondit-il. Mais faites attention, la prochaine fois…

Il fit mine de s'éloigner dans le couloir, mais s'arrêta brusquement et regarda Hermione :

- Vous aimez les surprises ?

Hermione, prise au dépourvu par cette question inattendue, balbutia :

- Les…les surprises ?

Nick hocha la tête. Celle-ci oscilla dangereusement sur sa nuque. Il poursuivit :

- Car vous en aurez une bientôt, je vous le garantis ! Même moi, je ne m'attendais pas à le voir…

Puis, sans rien ajouter, il s'éloigna en flottant dans le couloir. Hermione resta quelques instants debout devant les portes de la Grande Salle, le visage marqué par l'incompréhension. Qu'est que Nick avait-il bien voulu dire ?

Haussant les épaules, elle poussa les portes, avança de quelques pas…et s'arrêta net. La Grande Salle était vide. Enfin presque : il n'y avait qu'une personne attablée devant son petit déjeuner. Et cette personne, c'était Rogue. Hermione pesta intérieurement. C'était bien sa vaine. Elle allait être obligée de prendre son petit déjeuner en tête à tête avec Rogue. Pour elle, il n'y avait pas pire façon de commencer la journée. Elle se demanda soudain si les paroles du fantôme n'avaient pas un rapport avec la solitude du Maître des Potions, puis elle se dit que ce n'était pas possible. Pourquoi Nick aurait-il été surpris de voir Rogue ? C'est en abandonnant définitivement l'idée d'éclaircir les dires de Nick qu'elle s'avança vers la table des professeurs. Mais où pouvaient-ils tous être ? Hermione monta sur l'estrade. Comme toutes les places étaient libres, la jeune femme hésita à s'asseoir à l'autre bout de la table, à l'opposé de son collègue. Puis, se rappelant ses récentes résolutions pour améliorer la situation entre eux, elle se dit que l'éviter n'était peut-être pas la meilleure solution. Elle se força donc à s'asseoir à sa place désormais habituelle, c'est-à-dire à côté de Rogue. Il ne lui accorda pas même un regard. Il était occupé à lire la Gazette du Sorcier, ce qui étonna profondément Hermione. Elle savait le nombre de débilités qui pouvaient figurer sur une seule ligne de ce journal, et elle ne pensait pas qu'un homme comme Rogue puisse y prêter la moindre attention.

Hermione attendit quelques instants que Rogue fasse ou dise quelque chose. En vain. Elle se pencha alors vers lui.

- Bonjour…dit-elle d'une voix plus timide qu'elle ne l'aurait voulu.

Rogue ne répondit rien, n'esquissa pas même l'ombre d'un mouvement. Hermione, partagée entre l'agacement et une légère appréhension, tenta à nouveau d'engager la conversation :

- Vous vous instruisez à ce que je vois…continua-t-elle d'un ton narquois en regardant le journal.

Soudain, Rogue replia la Gazette deses longs doigts fins et la regarda. Hermione cria victoire intérieurement. Elle avait réussi à lui arracher une réaction. Les yeux onyx croisèrent les yeux chocolat et la jeune femme frémit. Le noir encore plus glacial que d'habitude des iris de Rogue montrait qu'il lui en voulait toujours d'être le nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal et, par-dessus le marché, la Directrice de Gryffondor. Rogue se décida enfin à parler.

- Puisque apparemment vous n'êtes pas décidée à me laisser lire mon journal en paix, je crois que je vais être obligé de faire la conversation avec vous. A moins que, dans un élan de générosité, vous ne m'épargniez ?

Hermione se demanda si elle n'aurait pas dû le laisser lire son journal, après tout. Il allait encore la rabaisser, comme il avait pris l'habitude de le faire durant six années… Hermione prit son courage à deux mains.

- Eh bien, sans vouloir me vanter, je pense que mes conversations sont beaucoup plus intéressantes que ce tissu d'âneries que vous appelez journal…

Rogue leva un sourcil.

- Vraiment ? Je demande à voir…

Hermione pinça les lèvres. Il essayait de la mettre en colère pour qu'elle le laisse tranquille. Il ne fallait pas qu'elle cède. Elle préféra changer de sujet.

- Où sont les autres professeurs ? demanda-t-elle.

- Je n'en ai aucune idée et je m'en fiche éperdument, répondit-il. Si vous pouviez arrêter de poser des questions… Ah, c'est vrai, j'oubliais. C'est plus fort que vous…

Puis il ressaisit son journal. Hermione ne lâcha pas prise.

- Effectivement, c'est plus fort que moi. Puis-je savoir quelles imbécilités ont retenu votre attention ?

Il lui lança un sourire mauvais puis lui tendit le journal, une lueur de triomphe dans le regard.

Hermione, sentant soudain sa gorge se nouer face à l'expression carnassière de Rogue, s'empara précipitamment du journal et se mit à lire l'article en question.

POUDLARD, PLUS MENACÉ QUE JAMAIS ?

Il semblerait que, même après la mort de l'ancien Directeur Albus Dumbledore, l'école de sorcellerie Poudlard ait encore du mal à fonctionner correctement. En effet, on peut se demander selon quels critères sont choisis les nouveaux enseignants. « D'après mes investigations, raconte Rita Skeeter, notre envoyée spéciale, il m'est apparu que la manière de choisir les professeurs est de plus en plus floue. Le poste de Défense Contre les Forces du Mal s'est avéré une nouvelle fois vacant, et on peut se poser des questions quant au choix du nouveau professeur. Il s'agit en fait d'Hermione Granger. Bien sûr, j'ai tout de suite vu clair dans son jeu. Comme elle l'avait fait il y a quelques années, elle essaie à nouveau de s'accaparer la célébrité qu'elle n'a jamais connue, et qu'elle ne connaîtra d'ailleurs jamais. Tel avait été son objectif lorsqu'elle avait pris pour cible le célèbre attrapeur bulgare Viktor Krum. Mais elle ne s'était pas arrêtée là. Insatiable, elle avait ensuite tenté sa chance du côté d'Harry Potter. Rejetée, il a fallu qu'elle trouve autre chose. L'ascension récente de Granger au poste de professeur n'est donc pas un hasard. Elle cherche avant tout à se faire voir, et il ne m'étonnerait pas de voir bientôt Granger au poste de Directrice. Poudlard a, j'en ai bien peur, de sombres jours devant lui… »

Hermione referma brutalement le journal, et le jeta sur la table, renversant au passage son verre de jus de citrouille. Elle bouillonnait de rage. Elle qui avait cru être définitivement débarrassée de cette affreuse Rita Skeeter… La journaliste avait bien préparé sa vengeance. Elle osa relever la tête vers Rogue. Celui-ci la regardait, souriant méchamment. De toute évidence, l'article du journal le réjouissait au plus haut point (tout est relatif). Il lui lança un regard glacial.

- Je ne suis pas du même avis que vous lorsque vous dites que la Gazette raconte toujours des débilités… lui dit-il sans se défaire de son rictus. Vous avez la preuve du contraire sous vos yeux.

C'en était trop pour Hermione. Le dégoût et la rage qu'elle éprouvait envers Rogue éclatèrent, disséminant sa peur.

- Vous êtes vraiment un ignoble…

- N'en dites pas plus, la coupa Rogue en se levant de table.

La lueur de triomphe brillait de nouveau dans ses yeux.

- Vous avez l'intention de m'insulter, j'en déduis donc que ma présence vous est fort désagréable. Je prends cela comme la permission d'échapper à vos bavardages.

Hermione lui lança un regard noir, mais cela ne fit que renforcer son sourire mauvais. Il quitta la salle aussitôt, sans un regard pour la jeune femme. Elle plongea son regard dans son assiette. Les portes qui se refermèrent bruyamment lui apprirent que Rogue était parti. Elle planta d'un coup sa fourchette dans une biscotte et la réduit en miettes. Elle n'avait même pas commencé l'année scolaire que Rogue l'insupportait déjà. Elle ne pourrait jamais tenir si son collègue se comportait comme cela.

Veracrasse. Troll odieux. Gnome…se répétait-elle.

Profondément énervée, elle frappa la table du poing puis se prit la tête dans les mains. Elle inspira profondément. Il fallait avant tout qu'elle se calme. Il suffirait de battre Rogue à son propre jeu. Elle n'avait plus qu'à faire de sérieux progrès en sarcasmes et en répartie…

Elle n'eut pas le temps de poursuivre ses réflexions : un hurlement résonna dans la Grande Salle, provenant apparemment du Hall. Hermione, alertée, brandit sa baguette, sauta par-dessus le banc et courut vers les grandes portes. Elle les franchit, se précipita dans le Hall, et stoppa dans un grand dérapage. Severus Rogue se tenait là, adossé contre un mur, une main sur le cœur. Il reprenait sa respiration et regardait droit devant lui. Hermione suivit le regard de son collègue…et manqua elle aussi de pousser un cri. Le fantôme de Dumbledore se tenait là, lui souriant de toutes ses dents. Hermione avait la bouche grande ouverte de stupéfaction.

- Surprise ! dit enfin Dumbledore.

Hermione comprit subitement ce qu'avait voulu dire Nick Quasi-Sans-Tête. Le fantôme de Gryffondor savait que l'ancien Directeur allait revenir. Sous forme de fantôme. Elle fut la première à se ressaisir.

- Pro…Professeur Dumbledore ? balbutia-t-elle, encore sous le choc. Mais… Le portrait…Vous…

Elle interrogea le fantôme du regard, incapable de trouver la moindre explication.

- Je sais, Miss Granger, mon retour vous paraît invraisemblable. Je me suis simplement dit qu'il fallait peut-être que je sois plus présent, vous comprenez… Il est assez dur de surveiller ce qu'il se passe depuis un tableau. Et puis, entre nous, ajouta-t-il en se penchant vers Hermione, le relief du monde me manquait ! Vous n'imaginez pas à quel point tout paraît plat, dans un portrait…

- Et vous, vous ne savez pas à quel point j'étais en paix avant que vous ne reveniez…dit soudain Severus, le regard aussi noir que s'il avait parlé à Hermione.

Cette dernière sursauta. Elle avait presque oublié la présence de Rogue. Le fantôme ne parut nullement outragé par les paroles du Maître des Potions. Il s'approcha de lui en écartant les bras.

- Severus, mon ami ! Comment allez-vous ?

- Merveilleusement bien… Je viens de frôler la crise cardiaque et j'ai une remontée d'instincts de meurtre…

Hermione lui lança un regard outré. Dumbledore rit doucement.

- Je suis désolé de vous avoir fait peur, mon cher. Mais vous comprenez, je voulais vous surprendre ! Que mon retour soit un phénomène !

Severus eut un rictus avant de répondre :

- Oh, mais ne vous inquiétez pas… Vous êtes un phénomène à vous tout seul…

Hermione prit la parole, de peur que la discussion ne tourne mal.

- Je ne pensais pas vous revoir !

Elle était ravie de retrouver l'ancien Directeur. Il lui avait beaucoup manqué. Elle ne lui en voulait presque plus pour avoir eu l'idée des cours communs…

- Et pourtant, je suis là !répondit Dumbledore.

- Sans rire…marmonna Rogue en serrant les dents.

Dumbledore ne l'entendit pas.

- Etes-vous prêts pour la rentrée ? Miss Granger, j'espère que vous n'angoissez pas trop. Ne vous inquiétez pas, tout se passera bien !

Hermione acquiesça lentement. Dumbledore se tourna vers Rogue.

- Et vous Severus ? Etes-vous préparé ?

- Je me suis effectivement préparé psychologiquement au choc de revoir ces atrophiés du cerveau plus communément appelés élèves… Par contre, en ce qui concerne le vieux cornichon qui ne peut pas me laisser respirer et qui se croit obligé de venir tout contrôler, c'est autre chose…dit-il en fusillant Albus du regard.

Puis il s'éloigna et descendit dans les couloirs menant aux cachots, sans un regard derrière lui. Hermione regarda Dumbledore, choquée.

- Mais…Mais… Il vous a insulté ! Il vous a manqué de respect !

L'ancien Directeur eut un sourire en coin.

- Vous trouvez ? Il m'a plutôt paru cordial…

Quelques minutes plus tard, Hermione pénétrait dans ses appartements. Elle avait pris congé du fantôme, celui-ci lui ayant dit qu'il allait informer les autres professeurs de son retour. Hermione resta debout au milieu du salon. Il lui semblait avoir oublié quelque chose… Soudain, elle se souvint. Elle avait prévu d'envoyer une lettre à Ron et à Harry, pour leur dire qu'elle était bien arrivée, mais aussi leur faire part de sa prochaine collaboration rapprochée avec Rogue et surtout du retour de Dumbledore. La jeune fille s'installa à la table en bois qui trônait près de la cheminée, attrapa du parchemin et une plume et se mit à écrire.

Une fois la lettre finie, elle la roula, et quitta une nouvelle fois ses appartements pour se rendre à la volière. Elle sortit dans le parc, et la brise fraîche du matin lui caressa la peau. Elle se sentait bien. Elle monta jusqu'en haut de la volière, attacha la missive à la patte d'une chouette effraie qui s'envola aussitôt, puis repartit en direction du château.

Hermione arriva dans le Hall, et s'arrêta. Son regard se porta de lui-même vers les escaliers qui menaient aux cachots. Elle pensa qu'il serait judicieux d'aller voir Rogue pour mettre au point les horaires de préparation de leurs cours communs. Une petite voix au fond d'elle lui cria que ce n'était pas à elle de courir après le Maître des Potions, et qu'elle aurait tout le temps de s'en occuper une fois la rentrée passée. Mais une autre voix plus forte résonnait. La voix Gryffondorienne, mais aussi la voix qui faisait qu'Hermione était travailleuse et consciencieuse. La jeune femme avança doucement vers les escaliers des cachots. Elle craignait Rogue, au moins un peu, c'était indubitable. Mais Rogue était son collègue, bientôt son coéquipier, alors il fallait tenter de faire disparaître cette crainte. C'est profondément résolue qu'Hermione entama la descente vers les cachots. Cependant, sa détermination sembla s'évanouir au rythme de ses pieds qui martelaient les marches de pierre, et, arrivée dans le couloir, elle hésita. Oserait-elle vraiment aller le voir ? N'avait-elle pas peur d'être rejetée et rabaissée, encore ? Si, elle en avait peur. Mais avant qu'elle ait pu songer à faire demi-tour, sa main avait d'elle-même frappé à la porte du bureau de Rogue.