Voici la suite ! Je vous remercie pour vos reviews et vos lectures ! ^^

Réponse à Patouch la mouche : Ah, c'est tout moi, ça… Je suis pas douée… ^^' Ah mais attention, on parle de Rogue, là, il va y avoir quelques problèmes… C'est clair qu'Otacus n'est pas très net… Tu trouveras des réponses très bientôt ! Merci de ta review, et désolée de t'avoir empêchée d'en laisser une autre ! J'espère que la suite te plaira !

- Mais…Je…C'est…

- Miss Granger, vous m'en voyez désolé, mais je ne parle pas le troll. Si vous pouviez vous exprimer de façon plus cohérente…

Hermione prit une profonde inspiration.

- Je ne comprends pas très bien. Vous ne me supportiez pas dix minutes en arrière et maintenant…vous acceptez de faire un effort ? dit Hermione, incrédule.

- Seulement parce que j'y suis forcé…
- Bref, répondit Hermione. Non…non, je ne vous crois pas. Qu'est-ce qui vous a poussé à changer brusquement de comportement ?
- Figurez-vous que le Professeur McGonagall est inquiète. Vous comprenez, elle a peur que je vous…brutalise. Alors elle m'a fait venir dans son bureau hier soir pour me faire comprendre que je n'avais pas d'autre choix que de bien me comporter avec vous.
- Ca n'explique rien. Ne me dites pas que vous obéissez à McGonagall, je ne suis pas assez naïve pour vous croire.
- Non, je n'écoute pas la Directrice. Mais le fantôme d'Albus est apparu et m'a certifié qu'il me laisserait en paix si je me montrais coopératif. Ca valait bien quelques sacrifices, aussi énormes soient-ils…
- Merci… marmonna Hermione, en levant les yeux au ciel. Mais je préfère que vous soyez comme ça.

Rogue ne paraissait pas très satisfait de devoir renoncer à son mauvais caractère, mais Hermione se sentait mieux. Il la laisserait un peu en paix.

- Vous viendrez m'aider à évaluer les échantillons des potions des élèves, dit soudain Rogue. Demain soir.
- Pardon ? Je vous rappelle que je suis Professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Je ne peux pas…
- Bien sûr que vous le pouvez. Vous n'avez rien apporté en rapport avec votre matière, tout à l'heure. Vous avez simplement conseillé les élèves.
- Que vouliez-vous que je fasse ? J'avais bien trouvé un petit parallèle mais…

Elle poussa un soupir et se passa la main dans les cheveux.

- Enfin… Ma trouvaille n'était pas vraiment excellente. N'en parlons plus.
Rogue la regardait, un petit sourire satisfait aux lèvres. Hermione lui tourna le dos et se dirigea vers la porte. Elle allait sortir lorsqu'une question lui vint soudain à l'esprit. Elle regarda de nouveau Rogue.
- Vous saviez que Drago Malefoy avait un frère ?
- Vous voulez parler d'Otacus ? Non, je ne le savais pas. Je l'ai appris en même temps que vous.

Hermione acquiesça d'un mouvement de tête puis sortit du bureau.

Le reste de la matinée se passa tranquillement. Hermione avait eu son premier cours de Défense Contre les Forces du Mal en tant que professeur, et elle était plutôt satisfaite d'elle. Elle avait fait cours à des Sixième Année et ils avaient eu l'air d'apprécier.

La jeune femme descendait les escaliers pour aller déjeuner dans la Grande Salle. Arrivée dans le dernier couloir, elle faillit percuter Otacus Malefoy. Elle fronça les sourcils. Le garçon leva les yeux vers elle et Hermione fut frappée par la ressemblance entre lui et son frère. Elle était passée trop vite près de lui en allant en cours avec Rogue le matin même pour l'observer plus en détail. Seul le sourire lui était apparu. Elle fronça les sourcils et regarda le garçon. Il avait les mêmes cheveux blonds que son frère, les mêmes yeux gris, le même visage pâle au menton pointu. Et toujours ce sourire insolent… Malefoy la contempla un cours instant et son sourire, qui s'élargissait inexplicablement, provoqua un frisson dans le dos d'Hermione. Puis Otacus s'éloigna. Hermione reprit son chemin vers la Grande Salle, résolue à garder Otacus Malefoy sous surveillance.

Elle s'asseyait à sa place quelques secondes plus tard. Rogue avait déjà commencé son repas. Hermione hésitait. Devait-elle lui parler ? Le laisser en paix ? Maintenant qu'elle se sentait mieux et qu'il avait dit qu'il se comporterait mieux avec elle, la jeune femme était tentée d'améliorer leurs rapports. Elle regarda dans son assiette et ouvrit la bouche pour parler lorsque des éclats de voix retentirent. Elle releva subitement la tête. Des Gryffondor étaient apparemment en pleine altercation avec des Serpentard. Hermione se leva en même temps que Rogue. Le Maître des Potions se précipita en bas de l'estrade où se tenait la table des professeurs, Hermione sur ses talons.

- Que se passe-t-il, ici ? demanda Rogue d'une voix doucereuse, une fois arrivé sur les lieux de la dispute.

Un Serpentard de Cinquième Année désigna d'un geste rageur les Gryffondor impliqués dans l'altercation.

- Ces abrutis nous ont lancé de la nourriture dessus, Professeur Rogue !

Ce dernier retroussa les lèvres et se tourna vers Hermione. Les Gryffondor regardèrent la Directrice de leur Maison.

- C'est eux qui ont commencé, Professeur Granger ! Ils nous ont insultés !
- On ne vous a pas insulté, renchérit le Serpentard, « Hippogriffes boueux », dans votre cas, c'est un compliment…

Des ricanements se firent entendre à la Table de Serpentard. Hermione se tourna précipitamment vers Rogue, le regard noir. Le Directeur de Serpentard arborait un sourire mauvais.

- Dix points en moins pour les Gryffondor…dit-il.

Son visage exprima la jubilation lorsqu'il vit l'expression outragée d'Hermione.

- Même tarif pour les Serpentard, dans ce cas ! s'exclama-t-elle.
- Les Serpentard n'ont pas causé de gaspillage de nourriture, répondit Rogue.
- Ils ont insulté les Gryffondor !
- Peut-être qu'ils le méritaient… Enfin, il n'y a pas besoin de dire « peut-être »…

Même les disputes des Gryffondor et des Serpentard s'étaient arrêtées. Ils étaient tournés vers les deux professeurs, certains les yeux exorbités par l'étonnement, les autres avides de savoir l'issue de l'échange… Sans s'en rendre compte, au fur et à mesure de leurs répliques, Rogue et Hermione s'étaient rapprochés l'un de l'autre. Soudain, s'apercevant du silence qui régnait dans la Grande Salle, ils tournèrent la tête et s'aperçurent que toutes les têtes étaient braquées sur eux. Ils s'écartèrent et, se lançant un regard noir, retournèrent s'asseoir. Hermione observa Rogue et dit entre ses dents :

- Vous m'aviez dit que vous feriez des efforts…

Rogue haussa les sourcils.

- C'est ce que je fais. Quand vous admettrez que votre Maison n'est qu'un ramassis de…
- Stop ! le coupa Hermione d'une voix plus aiguë que d'ordinaire. Vous ne m'avez rien laissé dire aujourd'hui, mais je vous promets que la prochaine fois, j'aurai le dernier mot.

Les lèvres de Rogue s'étirèrent en un sourire narquois.

- Ne promettez rien, Miss Granger…

Après manger, Hermione se dirigea vers sa salle de classe. Elle avait cours avec les Troisième Année. Elle voulait commencer par les Epouvantards. Elle repensa soudain à Remus Lupin, et le choc qu'elle ressentit fut si fort qu'elle s'arrêta de marcher. Les images de son adolescence se mirent à défiler avec netteté dans sa tête, et elle ne put stopper les souvenirs de la mort du loup garou. Les larmes aux yeux, elle reprit son chemin. Elle cligna plusieurs fois des paupières pour refouler ses pleurs. Les fissures au fond de son âme mettraient sûrement du temps à se ressouder. Elle en vint à penser à ses deux meilleurs amis et à la lettre qu'ils lui avaient envoyée. C'était la première fois qu'elle y réfléchissait vraiment. Il y avait des meurtres de sorciers. Qu'est-ce que cela pouvait bien signifier ? Hermione espérait que le coupable serait bientôt attrapé.

Elle arriva devant la salle de classe et ouvrit la porte. D'un coup de baguette, elle repoussa les tables et les chaises au fond de la classe. Elle tira la vieille penderie où nichait l'Epouvantard de Poudlard au centre. Elle comptait imiter le cours qu'elle avait vécu sept ans plus tôt, dans cette même salle de classe. Elle s'approcha de l'armoire, pour vérifier que tout était bien en place. Elle effleura doucement la poignée, la porte s'ouvrit soudainement…et quelque chose s'écroula sur le plancher. Hermione hurla d'horreur. Le cadavre de Harry gisait, face contre terre, tandis qu'une marre de sang s'élargissait autour de lui.

- Ridikulus ! cria-t-elle.

Mais le sortilège ne fonctionna pas. Car Hermione n'avait aucune idée de ce qui pouvait ridiculiser le cadavre de son ami. Celui-ci prit alors la forme du cadavre de Ron. Elle porta une main à son cœur. D'ordinaire, elle aurait gardé son sang froid. Mais en ce moment, c'était impossible. L'Epouvantard exacerbait tout ce qu'elle s'efforçait de contenir au fond de son esprit depuis son retour dans l'école: ses souvenirs de la Guerre, de ceux qu'elle avait vus mourir entre les murs de Poudlard, mais aussi les pensées de son propre cours sur les Epouvantards, de Remus, de ses amis… Elle s'enfouit le visage dans les mains, tremblante, pour ne plus avoir à supporter l'atroce vision qui s'imposait à elle. Les larmes coulaient entre ses doigts, et elle ne comprenait pas pourquoi un simple Epouvantard pouvait provoquer un tel effet sur elle. Ses nerfs étaient sûrement trop à vif…
Sanglotant, elle n'entendit pas la porte s'ouvrir. Alors qu'elle écartait doucement les doigts, elle vit le cadavre de Ron se transformer en celui d'une jeune femme rousse, gisant sur le côté, les yeux grands ouverts. Une voix froide retentit à la droite d'Hermione :

- Ridikulus

L'Epouvantard devint une grosse poupée de chiffon qui lévita doucement vers la penderie, dont la porte se referma avec un claquement sec après que la créature y soit entrée. Hermione releva la tête. Rogue la regardait, le visage impénétrable, la baguette encore levée. La jeune femme ne savait pas ce que pensait le Maître des Potions. Mais ce dont elle était sûre, c'était qu'il n'y avait aucune lueur de haine dans les yeux onyx de Rogue alors qu'il observait sa collègue. Et Hermione était sûre d'avoir reconnu la jeune femme dont l'Epouvantard avait pris la forme. Elle l'avait déjà vue sur les photos des parents de Harry. Il s'agissait de Lily Potter. (1)

Les iris noirs de Rogue redevinrent brusquement durs.

- Vous ne savez pas vous débarrasser d'un vulgaire Epouvantard ?

Hermione ne répondit pas. Elle continuait d'observer Rogue. Elle n'avait même pas prit la peine d'essuyer ses joues trempées par les larmes. En fait, elle avait l'impression que Rogue se forçait à être dur avec elle en cet instant. Derrière cette façade se cachait une faille, elle en était persuadée. Il avait une faiblesse, comme tout le monde. Mais il ne voulait pas le montrer. Et surtout pas à elle.

- Je vous ai entendue hurler en passant devant la porte de votre classe, alors je suis entré, reprit-il.

Hermione se sentait honteuse. Professeur de Défense Contre les Forces du Mal, et incapable de mettre un Epouvantard hors d'état de nuire… Une nouvelle vague de larmes franchit le bord de ses yeux et un sanglot s'étrangla dans sa gorge. Elle porta une main à son visage, prit une profonde inspiration et se tourna de nouveau vers Rogue. Elle ne voulait pas être humiliée encore plus qu'elle ne l'était déjà. Mais lorsque son regard rencontra celui de Rogue, elle manqua de sursauter. Les prunelles onyx avaient une nouvelle fois perdu ce qui les caractérisait : elles n'étaient plus froides, dures et pleines de colère. Hermione ne savait pas exactement ce qui emplissait les yeux de Rogue, car elle ne les avait jamais vus briller de cette façon, comme s'il ressentait la même chose qu'elle. Comme si l'Epouvantard avait eu beaucoup plus d'effet sur lui qu'il ne voulait l'avouer. Il entrouvrit la bouche, prêt à parler de nouveau, puis la referma sans rien dire et regagna la porte.

- Attendez… murmura Hermione.

Rogue s'arrêta sur le pas de la porte, mais ne regarda pas la jeune femme.

- Merci… dit celle-ci.

Le Maître des Potions ne répondit pas. Il resta une fraction de seconde dans l'encadrement de la porte de la classe, avant de partir sans un regard pour Hermione. La jeune femme aperçut le tourbillonnement de sa cape noire, puis il disparut dans le couloir.

Hermione s'appuya contre un mur, tentant de reprendre ses esprits. Elle se sentait complètement ébranlée, plus par la réaction de Rogue que par l'Epouvantard. Pour la première fois, Severus Rogue lui avait semblé humain. Il avait montré qu'il était capable d'éprouver autre chose que de la haine ou de la colère. Ce qu'il avait réellement éprouvé face à l'Epouvantard, Hermione n'en savait rien. Et pourquoi la plus grande peur de Rogue montrait le cadavre de Lily ? Pourquoi elle, quel lien y avait-il entre Rogue et elle, et pourquoi son cadavre alors qu'elle était déjà morte ? Hermione ignorait tout cela, et elle aurait pu en rester là. Mais Hermione n'était pas comme ça. Elle enverrait le plus rapidement possible une lettre à Harry. Après tout, Rogue n'était peut-être pas l'homme qu'elle pensait connaître.
Et elle ne savait pas à quel point elle avait raison.

Severus montait les marches de la Tour d'Astronomie. Il avait besoin de réfléchir. Quelques instants plus tôt, le flot de souvenirs qui avaient remonté du fond de sa mémoire l'avait submergé, et il avait bien cru ne pas pouvoir contenir ses émotions. Devant Granger, en plus. Mais il avait beau mettre toute sa volonté à détester son ancienne élève, il n'avait pu s'empêcher d'éprouver de la compassion pour elle. Quoi, qu'est-ce qu'il racontait ? De la compassion pour Granger ? Il soupira en gravissant les dernières marches. Oui, de la compassion. Lorsqu'il l'avait vue si désarçonnée devant le cadavre de son ami, il avait compris que la Guerre laisserait des marques indélébiles dans l'esprit de la jeune femme. Comme dans tous les esprits, d'ailleurs.

Arrivé en haut de la Tour, il s'appuya contre la rambarde. Le vent lui chatouilla le visage, et il observa le parc de Poudlard, baigné par la douce lumière du soleil de septembre. Il se sentait à vif. Il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas été confronté à un Epouvantard. Mais il n'avait pas oublié ce que ça faisait. Non, loin de là. Revoir son cadavre. Il avait beaucoup de mal à le supporter. Car alors tout le noyait. Sa culpabilité, sa douleur, son amour qu'il éprouvait encore, tout l'étreignait à la gorge, lui rappelait ce qu'il avait fait, et puis tous ses souvenirs, bons ou mauvais. Mais de tous ses souvenirs, c'étaient les meilleurs qui le faisaient le plus souffrir. Ils lui rappelaient le temps où les ténèbres semblaient inexistantes, où c'était l'innocence qui guidait la vie. Alors que Lily et lui n'étaient que des enfants, ignorant tout des événements sombres qui traceraient leur chemin… Et Severus pensait alors à ce qu'il avait fait. Il ne pouvait s'empêcher de se tenir responsable de la mort de Lily…

Il secoua la tête. Une boule lui noua la gorge. Le deuil était beaucoup trop dur pour lui.

- Tu as besoin de parler, Severus…

Rogue ne se retourna pas vers celui qui venait de parler. Il savait très bien de qui il s'agissait.

- Albus, vous m'aviez dit que vous me laisseriez tranquille
- Je ne peux pas, Severus. Toi-même, tu n'es pas tranquille. Je le sais.
- Je ne vois pas en quoi mon état vous regarde, répondit Severus sans se retourner.

Dumbledore eut un sourire. Mais ce n'était pas un sourire malicieux. Non, c'était un sourire triste. Severus fronça les sourcils.

- Vous me tutoyez, maintenant ?

Dumbledore flotta vers Rogue et s'arrêta à sa hauteur.

- Je sais que tu penses à elle

Severus continuait de contempler le parc, mais ses traits se contractèrent. Dumbledore poursuivit :

- Je suis conscient que c'est difficile, Severus, mais il faudrait peut-être songer à… à tourner la page. A arrêter de te tenir pour responsable de…
- Albus, vous ne savez rien de moi, rien de mes sentiments en ce moment, murmura Rogue entre ses dents serrées.
- J'en sais beaucoup plus que tu ne le penses…
- Laissez-moi…
- Je voudrais juste t'aider.
-Alors aidez-moi en me laissant en paix ! cracha Rogue.

Dumbledore recula doucement.

- Severus, tu n'avanceras jamais si tu restes enfermé entre les murs de ton passé…
Puis il disparut. Pour Severus, c'était les mots de trop. Un gémissement sortit de sa gorge, et une unique larme roula le long de son nez avant de tomber dans le vide.

Quelques heures plus tard, Hermione se rendait dans le bureau de la Directrice. McGonagall l'avait en effet convoquée, et Hermione ignorait pourquoi. Perdue dans ses pensées, elle arriva devant la gargouille qui bloquait l'entrée du bureau directorial. C'est alors qu'elle se rendit compte que McGonagall ne lui avait pas transmis le mot de passe. La jeune femme croisa les bras et se mordit la lèvre inférieure.

- Euh… Fizwizbiz ? proposa-t-elle à la gargouille d'une voix timide.

La statue fit non de la tête en ricanant. A ce moment, des pas résonnèrent dans le couloir. Hermione se retourna vivement. C'était Rogue. Elle sentit immédiatement son visage s'empourprer. Quel sarcasme lui dirait-il encore, après l'événement de l'après-midi ?
Le Maître des Potions s'avança vers la jeune femme. Lorsque leurs regards se croisèrent, Hermione fut surprise de constater que Rogue avait plutôt l'air fatigué.

- Vous venez voir McGonagall ? lui demanda-t-il.

Pas de sarcasmes. Pas de remarques blessantes.

- Oui. Mais elle ne m'a pas donné le mot de passe… répondit-elle d'une petite voix.

Elle s'attendait à ce que Rogue se moque. Ca lui ressemblerait bien… Mais il n'en fit rien. Il répondit simplement :

- Alors il ne nous reste plus qu'à tester…

Hermione lui lança un regard interrogateur.

- Je suis moi aussi convoqué et je n'ai pas le mot de passe non plus… expliqua-t-il.
- Oh… Dans ce cas… Avez-vous une idée de la raison pour laquelle le Professeur McGonagall nous a demandé de venir ? renchérit Hermione.
- Non, pas la moindre. Mais si elle veut encore nous exposer une idée d'Albus, je pense que j'aurai du mal à conserver mon calme…

Hermione eut un petit rire. Severus la regarda, les sourcils levés.

- Je vous fais rire, maintenant ? demanda-t-il, mi amusé, mi étonné.

La jeune femme pencha la tête sur le côté.

- Disons que vous êtes nettement plus agréable à côtoyer quand vous oubliez de me détester.
- Oh, mais ne vous inquiétez pas ! Je n'oublie pas, Miss…

Il eut un petit sourire moqueur.

- Bon, essayons de trouver ce mot de passe, dit-il soudain. Alors… Chocogrenouille ?

Hermione se retint de rire. C'était idiot, mais elle n'aurait jamais pensé qu'un mot comme Chocogrenouille puisse un jour franchir les lèvres de Rogue…

- Patacitrouille ? proposa Hermione.
- Fondants du chaudron ? continua Rogue.

Puis Hermione observa son collègue. Celui-ci lança un regard noir à la gargouille qui riait devant leurs tentatives infructueuses.

- Je n'ose même pas imaginer à quel point nous devons avoir l'air idiot… dit Rogue.
Hermione se mordit de nouveau la lèvre. Puis elle se résigna à poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis quelques minutes.
- Je peux savoir pourquoi je n'ai pas eu droit à ne serait-ce qu'un seul de vos regards assassins alors que nous sommes au même endroit depuis un moment ?

Rogue eut un rictus narquois.

- Mes…regards assassins, comme vous le dites si bien, vous manquent à ce point ?
- Bien sûr que non ! répondit Hermione en levant les yeux au ciel. Mais je n'ai pas l'habitude de pouvoir vous regarder sans…trembler de peur !

Elle sourit. Rogue eut une moue faussement déçue.

- Je suis bien obligé de me résigner à vous laisser en paix…

Hermione ne comprenait pas. Rogue ne pouvait pas avoir changé d'attitude en si peu de temps, surtout à son égard. C'était tout simplement inconcevable ! Soudain, la gargouille pivota, et McGonagall apparut dans les escaliers qui menaient à son bureau.

- Eh bien, voyons ! Je vous attends depuis cinq bonnes minutes !

Rogue haussa un sourcil.

- Si vous aviez daigné nous transmettre le mot de passe…
- Aurais-je oublié ? Vous m'en voyez navrée. C'est Kilt et Cornemuse !

Rogue et Hermione détaillèrent la robe à motifs écossais que portait McGonagall.

- De toute évidence…murmura Rogue.

Un court instant plus tard, ils pénétraient dans le bureau directorial. Rogue et Hermione prirent place sur des fauteuils tandis que la Directrice s'asseyait dans son siège derrière son bureau. Elle redressa son chapeau et dit :

- Donc, si je vous ai fait venir, c'est pour vous demander quelque chose…

Hermione sentit Rogue se tendre à côté d'elle.

- Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je voudrais que vous repreniez le club de duel !
- Pardon ? dit Rogue d'une voix doucereuse. Nous ?
- Oui, Severus, vous ! Tous les deux ! dit-elle en pointant du doigt tour à tour Rogue et Hermione.

Hermione fronça les sourcils.

- Je ne suis pas sûre de bien comprendre… Etant Professeur de Défense Contre les Forces du Mal, je veux bien que vous me demandiez cela, mais…

Elle regarda Rogue.

- …en ce qui concerne le Professeur Rogue…
- Je pense que vous pourriez vous aider mutuellement ! Qu'en pensez-vous ?
- Je pense qu'il y a du Albus derrière tout cela… répondit Rogue, les dents serrées. Mais je pense aussi que je n'ai pas le choix, n'est-ce pas ?
- Exactement, répondit McGonagall dans un sourire. Vous commencerez demain.
- Très bien…dit Rogue.

Il se leva et quitta le bureau. Hermione regarda McGonagall. Celle-ci lui fit un bref signe de tête, et Hermione se précipita à la suite de Rogue. Le Maître des Potions avait déjà une bonne avance. Elle lui courut après et le rattrapa.

- Professeur Rogue ! Attendez !

Rogue s'arrêta et la regarda.

- S'il vous plaît… Voilà… En fait, ce serait bien que l'on se comporte de la même façon que tout à l'heure…Sans accrochages… dit Hermione.

Elle se sentait profondément idiote.

- Vous comprenez… Ce serait plus… agréable. Non ?

Rogue avait levé un sourcil. Il soupira.

- Entendu… marmonna-t-il. Mais ne vous attendez pas à ce que nous fassions ami-ami. C'est juste que je n'ai aucune envie de me battre. Et encore moins avec vous.

Puis il s'éloigna dans le couloir.

(1) Harry n'a pas parlé à ses amis de l'amour de Rogue pour Lily. Ron et Hermione en savent juste assez pour être convaincus de l'innocence de Rogue, et du rôle qu'il a joué.

Une petite review ? ^^