Bonjour à tous !
Je suis désolée pour ce long retard, je reviens tout juste de trois semaines de vacances. Mais voici la suite ! Je vous offre deux chapitres d'un coup !
Merci à tous pour toutes les reviews que j'ai reçues sur le précédent chapitre, ça me fait vraiment très plaisir ! :D
Réponse à athina : Euh, eh bien… Disons qu'il y a encore de la marge ! Merci de ta review !
Réponse à Guest (1) : Merci ! ^^ Il serait temps qu'ils s'y mettent ! ^^ Merci pour cette review !
Réponse à Guest (2) : Rogue pas grincheux existe-t-il vraiment ? ) Et puis, si ça va trop vite, ce n'est pas drôle… ^^ Merci pour ta review !
Réponse à Clo : Merci, je suis contente que ma fic te plaise ! Je suis ravie de t'avoir fait rire avec cette scène ! Hermione n'a pas vraiment de chance avec moi… Justement, pour savoir si c'est Bellatrix, rendez-vous dans ce chapitre ! Eh oui, on va savoir ! ^^ Merci pour ta review, j'espère que la suite te plaira ! :D
Réponse à Patouch la mouche : Hey, te voilà de retour ! Ca me fait plaisir de retrouver tes reviews ! Je suis super contente que tu aimes toujours autant, au point d'avoir imaginé la suite ! :O Pour répondre à ta question, oui, mes vacances se sont bien passées, même si je n'ai pas pu écrire… Mais me revoilà avec la suite ! C'est génial que ces deux chapitres t'aient plu ! Ah, la scène de la fin… Je suis assez fière de moi, et à vrai dire, moi aussi je me demande où j'ai été cherché ça ! D Ne t'inquiète pas, les révélations sur l'histoire arriveront en temps voulu (et oui, il te faudra être patiente ! :p) Justement, voici la suite, qui je l'espère, te plaira !
Un énooooorme merci pour toutes tes reviews ! (Moi, ton auteur de fic préférée ? Oh, je suis touchée ! :') ) Merciiiii !
Menacés
Hermione poussa un grognement quand la lumière du jour traversa ses paupières. Elle rabattit d'un coup sa couette sur ses jambes et grimaça en ouvrant les yeux. Elle s'étira. Quelle heure pouvait-il être ? Elle consulta son réveil… et bondit de son lit. Il était dix heures, qu'allait dire Rogue ? Encore une réflexion désobligeante, certainement. Elle fut tentée de sourire lorsqu'elle s'aperçut qu'elle ne cessait de craindre les sarcasmes de son collègue.
Elle contourna son lit et écarta la barrière de drap. Le lit de Rogue était vide et fait.
Elle jeta un coup d'œil dans la salle de bains. Personne.
Il a dû descendre déjeuner, se dit-elle.
Elle entra dans la salle de bains, ôta son pyjama, et se glissa dans la douche. Elle actionna le robinet, et laissa l'eau brûlante couler sur sa peau. Les mots qu'elle tentait en vain de chasser tournaient sans cesse dans son esprit. Mission. Mangemorts. Peur.
Le moment était venu.
Elle leva la tête et l'eau ruissela sur son visage. C'est alors qu'elle entendit des coups sourds résonner. Elle pensa d'abord à un problème de canalisation. Elle coupa le robinet, mais les coups ne s'arrêtèrent pas, devenant plus distincts. Hermione se rendit compte qu'on frappait à la porte. Ou plutôt, qu'on tambourinait.
- Qui peut bien…, commença-t-elle.
Mais celui qui martelait la porte ne tarda pas à se faire connaître.
- Granger ! Ouvrez ! Cette stupide carte magnétique fait encore des siennes !
La jeune femme poussa un glapissement. Elle sortit de la douche, et poussa un juron. Pas de serviettes. Et bien sûr, elle n'avait pas pris de vêtements… Et elle n'avait pas le temps de remettre son pyjama, Rogue n'attendrait pas… Le seul habit présent dans la salle de bains était un peignoir. Celui que Rogue avait utilisé pour sa douche de la veille. Elle haussa les épaules. Elle s'en saisit et l'enfila. Il était bien trop grand pour elle, mais c'était juste pour aller ouvrir la porte.
Resserrant le peignoir autour d'elle et rejetant ses cheveux dégoulinant dans son dos, elle sortit de la salle de bains et ouvrit la porte de la chambre.
Elle trouva Rogue le poing levé, prêt à marteler une nouvelle fois la porte. Il la contempla de haut en bas. Hermione se sentit rougir. Resserrant nerveusement son peignoir, elle rompit le silence :
- Vous n'étiez pas obligé d'ameuter tout l'hôtel, vous savez…
- Je sais. Je ne fais ça que pour vous embêter, voyez-vous, dit-il en levant les yeux au ciel.
Il fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que vous faites avec mon peignoir ? demanda-t-il, menaçant.
- Du tennis, ça ne se voit pas ?
- Ne jouez pas à ça avec moi. Pourquoi portez-vous mon peignoir ?
Hermione se mordit la lèvre inférieure.
- Je… Je n'avais pas de serviettes, alors… Comme je devais vous ouvrir…
Rogue leva un sourcil.
- Bien sûr…, susurra-t-il de sa voix doucereuse. Tout à fait crédible. Figurez-vous que ce peignoir fait partie de mes affaires.
Il entra dans la chambre. Hermione referma la porte.
- Eh bien la prochaine fois, vous n'aurez qu'à ranger vos affaires, comme ça, je ne les prendrais pas…
Puis elle demanda :
- Pourquoi n'avez-vous pas utilisé votre baguette pour ouvrir la porte ? Ca ne vous a pas dérangé, hier…
- Hier, le couloir était vide. Aujourd'hui, une petite vieille est sortie d'une des chambres voisines… Je n'allais pas sortir ma baguette, vous comprenez…, acheva-t-il d'une voix froide.
- Mais certainement, répondit Hermione en souriant. Elle n'a d'ailleurs pas dû se poser de questions en vous voyant marteler la porte.
Rogue grimaça.
- Oh si, elle m'a justement posé une question. En bref, elle m'a demandé si je venais de… me faire larguer par vous. Mais de quoi je me mêle ?…
Hermione émit un grognement étrange puis rétorqua.
- Vous avez toujours une touche avec la réceptionniste pour vous rattraper…
Sans attendre de réponse, elle se dirigea vers sa valise et récupéra ses vêtements sous le regard mi amusé mi énervé de Rogue, avant de retourner dans la salle de bains.
Elle en sortit quelques minutes plus tard.
- Vous avez déjeuné ? demanda-t-elle à son collègue.
- J'ai perdu l'espoir de vous attendre à neuf heures trente.
- J'étais fatiguée…, marmonna Hermione. Et de toute façon, je n'ai pas faim.
Une boule lui comprimait la gorge.
- Eh bien dans ce cas, si vous me certifiez que vous ne vous plaindrez pas d'avoir faim dans une heure, allons-y.
- Vous me traitez comme une gamine ! s'exclama Hermione.
- N'est-ce pas ce que vous êtes ?
Hermione ouvrit la bouche mais n'eut pas le temps de répondre : Rogue était sorti dans le couloir. Hermione se dépêcha de s'élancer à sa suite après avoir jeté un dernier coup d'œil au plan du dossier de Kingsley.
Son angoisse s'amplifiait. Le moment était venu. Et ils ne savaient toujours pas ce qu'ils allaient affronter.
Quelques instants plus tard, les deux sorciers quittaient l'hôtel. Severus jeta un regard à Hermione. Elle semblait légèrement plus pâle que d'habitude. Mais elle paraissait cependant décidée. Ils longèrent l'hôtel et tournèrent dans une impasse habitée seulement par quelques containers. Au-dessus d'eux se dressait un mur de trois mètres de haut. Derrière se trouvait le hangar. Derrière se trouvaient certainement des Mangemorts.
Ils s'arrêtèrent au bout de l'impasse.
- Zut, aucune porte…, murmura Hermione. Comment passer ? L'entrée se trouve du côté de la grande rue, d'après le plan du dossier. Et on ne doit pas se faire repérer…
Elle entendit Rogue soupirer derrière elle.
- Quoi ? dit-elle en se retournant vers lui. J'ai encore dit une bêtise ?
Rogue eut un sourire en coin.
- Je vois que vous avez pris l'automatisme de vous poser la question… Non, pour une fois, vous n'avez rien dit d'idiot, ce qui m'étonne fortement, soyez-en sûre… Cependant…
Il s'approcha d'Hermione et regarda le haut du mur, les sourcils froncés.
- Il va falloir passer par-dessus, déclara-t-il d'un ton neutre.
- Par…dessus. Evidemment.
Hermione se passa une main dans les cheveux. Rogue s'approcha d'elle et se pinça l'arête du nez. Puis il regarda Hermione, du regard de celui qui a envisagé toutes les possibilités et qui se voit contraint de prendre la pire.
- Ce qui va se passer maintenant doit rester entre nous, compris ? dit-il.
Sa collègue haussa les sourcils.
- Je ne…, commença-t-elle.
Elle comprit soudain ce que Rogue voulait dire lorsqu'il posa un genou au sol en joignant ses mains, paumes vers le ciel. Hermione ouvrit la bouche, incrédule.
- Vous voulez me faire la courte échelle, déclara-t-elle.
Rogue eut un rictus.
- Bravo, belle observation… Je ne veux pas, je dois. Il y a une différence, Granger. Peut-être insignifiante pour vous, mais pas pour moi.
- Bon…, dit Hermione. Je… J'escalade le mur, je regarde si la voie est libre, puis je saute de l'autre côté. Mais vous, comment comptez-vous passer ?
Rogue regarda dans l'impasse.
- Eh bien, répondit-il, je m'amuserai à monter sur des containers…
Si la situation n'avait pas été si dangereuse, la vision de Rogue escaladant des containers aurait pu faire rire Hermione.
- Dommage que je sois trop petite pour pouvoir me servir des containers…, soupira la jeune femme en s'approchant de son collègue. Je n'atteindrais pas le sommet…
Elle posa son pied dans les mains jointes de Rogue. Sans prévenir, celui-ci la hissa, si bien qu'Hermione manqua de perdre l'équilibre.
- Doucement ! s'écria-t-elle en se rattrapant à une irrégularité du mur.
- Granger, sachez que premièrement, je ne suis pas là pour vous ménager ; deuxièmement, il me semble que vous savez très bien que je n'ai aucune formation de cirque ou de cascadeur ; troisièmement, vous allez faire moins de bruit, ou vous risquez de nous faire repérer.
- Vous avez terminé ? demanda Hermione en levant un sourcil.
- Non. Quatrièmement, vous allez vous dépêcher de monter, parce que vous ne pesez pas le poids d'un Vif d'or, si vous voyez ce que je veux dire !
- Je n'ai pas besoin que vous me serviez de balance personnelle, merci !
Hermione, frustrée et rougissante, se redressa difficilement. Elle posa un pied sur l'épaule de son collègue — tout en appuyant fortement pour essayer de lui faire mal — et parvint tant bien que mal à atteindre le sommet du mur. Elle jeta un coup d'œil rapide de l'autre côté. Il n'y avait rien d'autre qu'un vieil hangar désaffecté et un tas de palettes de supermarché abandonnées. Pas de signe de vie. Prenant son courage à deux mains, elle se hissa sur le rebord, et s'assit dessus avant de se préparer à sauter. Elle regarda Rogue, soudain prise de panique.
- Vous n'allez pas me laisser seule, hein ?! Vous me rejoignez ?
Les coins de la bouche du Maître des Potions se contractèrent.
- Je ne suis pas encore assez cruel pour vous laisser aux mains de Mangemorts sanguinaires. Et puis, je n'ai en aucun cas envie de subir les remontrances de Dumbledore si jamais je vous laissais tomber. Ce qui ne me déplairait guère en ce moment…
Hermione leva les yeux au ciel.
- Et je vous précise que je trouve inquiétant le fait que vous ayez tant besoin de moi, acheva Rogue.
Hermione crispa les poings. Essayant de maîtriser son énervement et son angoisse (qui, les deux ensembles, ne faisaient pas bon ménage), elle parvint à sauter au bas du mur et à atterrir sans se faire trop de mal.
- Vous êtes entière ? demanda Rogue depuis l'autre côté. Je doute fortement que les Mangemorts nous aident à vous transporter aux urgences si jamais vous vous étiez fait mal…
- Et vous vous croyez drôle ?
- Hilarant.
Hermione soupira ostensiblement, puis observa les alentours. Il n'y avait personne. Absolument personne. Elle plongea la main dans sa poche et agrippa fermement sa baguette. Elle leva son arme devant elle.
Elle entendit alors un bruit de roulettes. Rogue déplaçait les containers de l'autre côté. Il la rejoignait.
Hermione et lui ne se supportaient pas. Et pourtant, le savoir à ses côtés procurait à Hermione une impression de sécurité. Elle l'entendit atterrir en bas du mur. Il s'approcha d'Hermione et aussitôt, il brandit sa baguette. Il scruta minutieusement les environs, cherchant le moindre mouvement susceptible de trahir la présence d'un ennemi. Mais il n'y avait personne.
Tout à coup, un vacarme retentit non loin d'eux. Hermione sursauta violemment et sa baguette manqua de lui échapper des mains. Un chat de gouttière venait de sortir d'une poubelle de métal. La jeune femme porta une main à son cœur.
- On a peur d'un chat, maintenant ? Et vous comptez affronter des Mangemorts ? Etonnant que personne ne voie en vous la petite effrontée sûre d'elle que vous êtes réellement…
Hermione se tourna brusquement vers son collègue.
- Ca suffit ! s'exclama-t-elle en contrôlant cependant la force de sa voix. Qu'est-ce que vous cherchez, exactement ? Vous voulez m'enfoncer ? Me montrer que c'est vous qui commandez ? Je m'en moque éperdument, figurez-vous ! Oui, j'ai peur ! Oui, je suis sur les nerfs ! Mais je n'ai rien à faire de vos réflexions insupportables ! Alors maintenant vous allez cesser ce jeu, où je fais la mission seule !
Rogue ouvrit la bouche pour répliquer.
- Et j'en suis capable ! le devança Hermione. C'est vrai que vous pouvez vous montrer utile, mais il se trouve que j'ai aussi appris à me débrouiller !
- Légendaire fierté gryffondorienne, quand tu les tiens…, susurra Rogue, ses lèvres se retroussant en un sourire moqueur.
Hermione le fusilla du regard. Elle s'approcha lentement de son collègue. Ses cheveux semblaient plus ébouriffés que d'ordinaire, et ses joues s'ornaient de plaques rouges. Elle pointa sur Rogue un index accusateur et menaçant.
- J'en ai assez… Vous ne me supportez pas, et croyez-le bien, c'est réciproque. Ce n'est pas de ma faute si Dumbledore et McGonagall passent leurs journées à comploter sur notre dos. Et je ne suis plus une gamine. Je sais que vous m'en voulez pour le poste de professeur que j'occupe, et parce que je suis l'amie de Harry. Mais vos sautes d'humeurs et vos moqueries blessantes, eh bien…
Elle s'interrompit. Rogue leva un sourcil.
- Continuez, je vous en prie, cela devient vraiment intéressant.
Hermione eut un rictus.
- Vous pouvez vous les mettre où je pense ! cracha-t-elle.
Elle se détourna de son collègue, satisfaite. Rogue ne répondit même pas.
Qu'il ne compte pas sur moi pour lui avouer que je me sens plus en sécurité avec lui…, pensa la jeune femme.
Elle était contente d'avoir su lui tenir tête. Il fallait qu'il apprenne à stopper son comportement blessant.
Elle soupira en s'approchant du hangar.
Et puis quoi, encore ?...
Severus observa Hermione se diriger vers le hangar, baguette pointée. Oui, vraiment, elle avait grandi. C'était indubitable. Elle commençait à plus s'affirmer. En fait, quand il y réfléchissait, leurs relations se résumaient à une succession de provocations verbales. C'était ainsi. Il ne pouvait rien y faire. Il ne la supportait pas, il ne l'avait jamais supportée. Et pourtant…
Granger ne voulait pas l'avouer, mais Severus savait qu'elle ne se plaignait pas de ne pas être seule pour surveiller des Mangemorts…
Si Mangemorts il y avait. Depuis l'événement du café, Severus avait la preuve que des partisans du Seigneur des Ténèbres avaient commencé à se réunir de nouveau. Mais étaient-ils vraiment ici, dans ce hangar ? C'était ce qu'ils allaient tenter de découvrir.
Hermione s'avança prudemment d'une fenêtre couverte de crasse. Elle entendait Rogue qui la suivait de près. Elle s'accroupit, se cachant de la vue de ceux qui pouvaient éventuellement se trouver à l'intérieur. Elle risqua un regard par la vitre. Bien sûr, elle ne vit rien. Elle essuya un peu de saleté avec la manche de sa veste, puis regarda à nouveau. Le hangar était vide.
- Il n'y a personne…, dit-elle, partagée entre le soulagement et l'anxiété.
S'ils n'étaient pas là, où se cachaient-ils ?
Elle aperçut une vieille porte qui pendait sur ses gonds non loin d'elle. Mais avant qu'Hermione n'ait pu esquisser un geste, elle vit Rogue s'en approcher prudemment.
- Qu'est-ce que vous faites ? lui demanda précipitamment Hermione. Nous ne sommes chargés que de la surveillance, pas de l'infiltration !
Rogue se tourna vers sa collègue.
- Granger, la seule chose qui m'importe, c'est de pouvoir clore au plus vite cette mission – qui selon moi, est complètement inutile – afin que nous puissions rentrer à Poudlard au plus vite. Je ne serais plus obligé de me coltiner votre présence à longueur de temps, et ce sera mieux pour tout le monde !
- Mais je n'en doute pas…, répondit Hermione en se levant.
- Alors dans ce cas…
Et Rogue pénétra dans le hangar. Hermione le suivit. Avaient-ils raison de faire ça ? Elle l'ignorait. Mais après tout, il n'y avait l'air d'avoir personne. Si réellement les Mangemorts étaient nombreux, dans le hangar, ils n'auraient pu se cacher avec autant de discrétion. Hermione voulait savoir.
Les deux sorciers s'avancèrent prudemment dans le hangar, baguette pointée, sens à l'affût. De nombreuses particules en suspension flottaient dans la salle où ils se trouvaient, et une âcre odeur de vieille essence alourdissait l'air. Toujours pas de signe d'une présence humaine. Ils continuèrent d'avancer. Le hangar était complètement vide. Aucune machine moldue, aucun objet sorcier. Rien.
- Il faudrait que Schaklebot arrête de jouer à des jeux de hasard sur la carte de Londres…, déclara Rogue au bout d'un instant. Voilà où ça nous mène.
Hermione abaissa sa baguette. C'est alors qu'elle vit Rogue se tendre.
- Chut ! souffla-t-il.
Hermione sentit son cœur s'accélérer. Qu'y avait-il ?
- Ecoutez…, dit doucement Rogue.
Hermione tendit l'oreille, tentant d'écouter au-delà des battements effrénés de son cœur. Le sang battait à ses tempes. C'est alors qu'elle entendit quelque chose. Des bruits étouffés. Hermione frémit. Des râles. Etouffés, mais audibles. Quelqu'un se trouvait dans le hangar. Ou à proximité. Hermione aperçut alors une grille d'aération sur le sol. Sans faire de bruit, elle la montra à Rogue.
Ils avaient compris tous les deux. Il y avait quelqu'un sous le hangar. Quelqu'un de prisonnier. Quelqu'un qui souffrait.
Hermione s'avança vers la grille, située à cinq mètres d'elle.
Tout se passa alors très vite. Des éclats de voix provenant de l'extérieur parvinrent aux oreilles des deux collègues, ainsi que des bruits de pas. Plusieurs personnes arrivaient. Hermione sentit deux mains lui attraper les bras et la tirer vers l'arrière. Elle sursauta violemment avant de se rendre compte qu'il s'agissait de Rogue. Le Maître des Potions la poussa derrière un tas de vieux cartons et s'y cacha lui aussi. Heureusement, les nouveaux arrivants pénétraient dans le hangar par une porte située à l'opposé de la cachette des deux professeurs.
Hermione, haletante, tentait en vain de se calmer. Mais son cœur tambourinait douloureusement dans sa poitrine. Elle tourna la tête vers Rogue. Celui-ci lui fit signe de ne faire aucun bruit en portant un doigt à ses lèvres. Hermione essaya de respirer calmement. Les éclats de voix se rapprochaient. Soudain, la porte du hangar s'ouvrit avec fracas.
- J'en ai assez ! Vous n'êtes qu'une bande de parfaits incapables !
La terreur d'Hermione atteignit à ce moment son paroxysme. Elle se poussa le plus possible derrière les cartons et se retrouva collée à Rogue. Elle le sentit se tendre une nouvelle fois à ses côtés. Lui aussi avait reconnu cette voix. Une voix de femme. Cinglante. Hystérique.
La voix de Bellatrix Lestrange.
Elle était là, à quelques mètres d'eux. Elle avait réussi à échapper à Azkaban. Elle était à la tête du groupe de Mangemorts.
Des images apparurent par flash devant les yeux d'Hermione. La torture qu'elle lui avait fait subir au manoir des Malefoy. Le souvenir insupportable des Doloris successifs firent frissonner la jeune femme. Elle se sentit prise de nausées. Tout son corps se tendait à l'écoute de cette voix qui réveillait tant d'horreur dans la mémoire de la jeune femme. Comme si la moindre parcelle de sa peau, le moindre muscle, se rappelait de la douleur insoutenable du sortilège Impardonnable… Comme si son corps lui-même se souvenait.
Les paroles des Mangemorts stoppèrent les pensées d'Hermione.
- Je vous avais dit de vous débrouiller pour me le ramener ! Aujourd'hui !
- Il s'est enfui…, répondit une voix d'homme qu'Hermione identifia comme étant celle de Dolohov.
- Imbécile ! Il fallait utiliser la Marque au moment même où vous le teniez ! Ce n'est pas pour rien que je me suis épuisée pour la faire fonctionner de nouveau !
- Je sais, mais il nous a eus par surprise… Drago est doué en sort… Il nous a simplement…euh…faussé compagnie au moment où l'on s'y attendait le moins…
Le dialogue fut interrompu par les mêmes râles que ceux entendus par Hermione et Severus quelques instants plus tôt.
- FERME-LA ! hurla Bellatrix.
Les râles s'interrompirent aussitôt.
Hermione, pétrifiée, tenta d'avaler sa salive. Mais sa gorge était affreusement sèche. Et les poussières qui traînaient dans le hangar lui donnaient une furieuse envie de tousser…
- As-tu donné à manger à notre…hôte ? demanda Bellatrix. Et puis, il faudrait l'occuper un moment. Il ne fait que de râler.
Dolohov ricana. Il y eut un bruit métallique. Hermione en déduisit qu'on soulevait la grille d'aération sur le sol du hangar.
- Il est temps de lui donner sa petite séance quotidienne de Doloris ! chantonna Bellatrix.
A ces mots, les râles recommencèrent, plus déchirants qu'avant.
Hermione crispa les poings. Depuis quand cette torture durait-elle ?
Soudain, Bellatrix éclata de rire. Le sang d'Hermione se figea. Elle vit Rogue se redresser brutalement. L'attaque d'Otacus dans le couloir défila dans la mémoire de la jeune fille. Elle avait entendu le rire de Bellatrix Lestrange. Elle s'en souvenait, à présent. L'évidence la transperça comme un pic acéré, et elle eut l'impression que son cœur lui tombait dans la poitrine. Le rire hystérique et aigu s'était élevé de la bouche d'Otacus Malefoy.
