Bonjour bonjour !
Voici la suite, après la coupure un peu brusque du chapitre précédent… ^^'
Merci à toutes pour vos reviews, j'espère que ce chapitre va vous plaire !
Bonne lecture !
Réponse à Patouch la mouch : Je suis contente que tu aies aimé ces deux chapitres !
Eh oui, c'était bel et bien Bellatrix… Ah, je te l'accorde, elle ne rassure pas…
C'est vrai qu'ils se comportent comme des gamins, mais j'aime bien les faire réagir comme ça ! Et ce n'est pas fini ! ^^
Eh bien oui, aucun répit pour ce pauvre Severus ! Je le maltraite un peu, le pauvre…
Ouh, tu parles déjà de la fin ? Ne t'inquiète pas, il reste beaucoup de chapitres ! Mais je suis touchée que tu me dises que mon histoire te manquera… Et moi je n'aurai plus tes reviews quand ma fic sera terminée ! :(
Et je t'en prie, c'est normal que je réponde à tes super reviews !
Et voici donc la suite ! Je sais, j'ai été sadique à la fin du précédent chapitre… Mais bon, voici le nouveau chapitre !
Severus refuse d'admettre beaucoup de choses, et c'est pas fini, je peux te le dire ! Mais on va bien arriver à faire quelque chose de ces deux-là ! ^^ Concernant le sort qu'a reçu Hermione, c'est un mystère pour le moment… Mais les réponses viendront en temps voulu !
Je suis vraiment contente que tu aies aimé ces chapitres ! Encore merciiii ! Et bonne lecture de la suite ! :D
Ste-Mangouste
- Tu crois qu'elle va bientôt se réveiller ?
- Je n'en sais rien, Ron ! Arrête de poser cette question, c'est angoissant…
Ce furent ces voix qui réveillèrent Hermione. Elle poussa un gémissement. Elle tenta d'ouvrir les paupières, mais une lumière crue lui brûla la rétine. Elle gémit de nouveau.
- Hermione ! s'écria Ron. Harry, elle se réveille ! Hermione, Hermione !
- Ron, ne la brusque pas, goujat ! s'écria une voix féminine. Il faut qu'elle reste tranquille.
Ron n'écoutait pas. Il s'appuya sur le rebord du lit.
- Hermione ! Hermione, tu m'entends ?
- Tmcrzzzlera… répondit Hermione, la bouche sèche et la voix rauque.
- Quoi ? s'exclama Ron, soudain paniqué. Harry, tu crois que ça lui a fait perdre la parole ?!
- Tu…m'écrases…bras… parvint à dire Hermione au prix d'un énorme effort.
Ron vira au rouge pivoine.
- Ah…pardon…, s'excusa-t-il en s'écartant vivement.
- Ron, tu es vraiment un imbécile…
- Mais, Ginny…
- Gi…nny ? marmonna Hermione.
Elle sentit une main prendre la sienne.
- Je suis là, Hermione, je suis là. Et Harry aussi.
- Et moi ! dit Ron.
- Elle l'avait sûrement compris, idiot ! s'exclama sa sœur.
Hermione sourit et tenta de rouvrir ses paupières. Elle plissa les yeux pour s'habituer à l'éclairage. Elle était allongée sur un lit, d'après la sensation de moelleux sous elle. Ses yeux lui confirmèrent son hypothèse après qu'elle soit parvenue à les ouvrir complètement. Elle esquissa un mouvement pour se redresser. Aussitôt, Ginny et Harry se précipitèrent pour l'aider.
- Doucement, Hermione… Tu ne dois pas faire d'effort important…
- Qu'est-ce que…, commença à dire Hermione de sa voix rauque.
Ginny lui tendit un verre d'eau. Tout en buvant, Hermione observa autour d'elle. Elle était dans une chambre d'hôpital. Sûrement à Ste-Mangouste. Elle essaya de rassembler ses souvenirs. Elle se souvint de Nott, du sortilège qu'elle avait reçu, de son altercation avec Rogue. Puis de la douleur fulgurante dans son dos, du sang. Et du néant. Rien d'autre.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda-t-elle, contente d'avoir retrouvé sa voix grâce au verre d'eau.
Harry redressa ses lunettes.
- On voulait te demander la même chose, Hermione…
La jeune femme fronça les sourcils.
- Rogue et moi sommes allés au hangar où devaient se trouver les Mangemorts, et…
- On sait, l'interrompit Harry. Rogue nous l'a raconté très brièvement…
Ginny fusilla Ron du regard.
- N'est-ce pas, Ron ? On n'a pas pu avoir les détails par ta faute !
Hermione, ne comprenant pas, regardait alternativement ses trois amis.
- Ron a insulté Rogue lorsque nous sommes arrivés après avoir appris que tu avais été blessée, poursuivit Ginny.
- C'est bien fait pour lui ! se défendit Ron.
- Tais-toi, Ron ! s'exclama sa sœur.
- Qu'est-ce qu'il a dit ? demanda Hermione à Ginny.
Celle-ci lança un regard noir à son frère. Ron leur tournait le dos et, la tête rentrée dans les épaules, observait ce qu'il se passait dehors par la fenêtre. Puis Ginny se tourna de nouveau vers Hermione.
- Il a dit à Rogue que tout était de sa faute et que tu risquais de mourir à cause de lui, qu'il aurait mieux fait de rester dans les rangs de…Voldemort, car on aurait eu au moins une chance de le voir disparaître.
- Ron ! cria Hermione aussi fort que sa voix encore affaiblie le lui permettait. Mais qu'est-ce qui t'a pris ?!
- J'étais énervé…, marmonna Ron.
- Mais… Tu n'as pas le droit de lui dire ça !
Ginny haussa les épaules.
- De toute façon, tu connais Rogue. Il lui a répondu de se calmer immédiatement, et lui a dit qu'il avait au moins l'avantage de déjà se trouver à l'hôpital si jamais il se prenait son poing dans la figure. Il l'a ensuite prié de disparaître de sa vue, parce qu'il craignait justement d'avoir un spasme malencontreux de l'avant-bras en direction de sa joue…
Hermione baissa la tête pour camoufler son sourire.
Harry se racla la gorge.
- Alors, Hermione. Raconte-nous.
La jeune femme l'observa un instant. Elle sentait son dos la brûler un peu. Elle ferma les yeux, tentant de remettre ses souvenirs et ses pensées en place. Cependant, sans qu'elle puisse dire pourquoi, sa tête paraissait être un brouillard confus où se mêlaient images, bruits et douleurs…
Elle se concentra de toutes ses forces et des bribes de mémoire lui parvinrent.
Elle se souvenait être entrée en courant dans la ruelle. Nott s'était retourné. Malgré la confusion de son esprit, Hermione se souvenait parfaitement du regard et du sourire qu'il lui avait lancé. Il savait qui elle était. Il l'avait reconnue.
Il avait froidement et sûrement levé sa baguette, l'avait pointée sur elle. Un éclair de lumière bleue brilla dans les brumes des souvenirs d'Hermione. Les détails lui revinrent brusquement. Elle n'avait pas eu le temps de riposter. Par réflexe, elle s'était retournée, exposant son dos, et avait levé les bras pour protéger sa tête. Elle se souvenait du froid mordant qui avait frappé son corps, puis elle était tombée et s'était éraflé la joue et le bras. Elle avait entendu le bruit caractéristique du transplanage. Ensuite, Rogue était arrivé, et ils s'étaient disputés. Violemment.
Hermione grogna légèrement à ce souvenir et ses amis crurent qu'elle avait mal. Ils voulurent la faire se rallonger complètement, mais elle refusa. Elle leur expliqua du plus détaillé qu'elle le pouvait la scène de la ruelle, en omettant toutefois l'altercation avec Rogue.
A la fin de son récit, la jeune femme s'inquiéta légèrement : Ginny avait les yeux écarquillés et la bouche pincée, Ron avait blêmi et semblait au bord de la syncope, tandis que Harry l'observait intensément.
- Mais Hermione…, articula Ron. Qu'est-ce qui t'a pris de suivre Nott ?
Hermione fit un sourire crispé. Elle voulut hausser les épaules, mais la douleur de son dos l'en dissuada. Elle se mordit les lèvres. Elle se sentait bête et honteuse. Rogue le lui avait bien fait remarquer. Qu'est-ce qui lui avait pris de se lancer seule à la poursuite de Nott ? Qu'est-ce qui lui avait pris de croire qu'elle aurait pu le stopper seule ?
- Tu aurais dû nous prévenir…, ajouta Harry.
- Ca va, j'ai compris…, marmonna Hermione, ayant l'impression d'être une enfant à qui l'ont faisait des remontrances. Rogue en a déjà mis une couche, pas la peine d'en rajouter… Je ne le referai plus.
- Cela est sûr ! s'exclama une voix à l'entrée de la chambre.
Les quatre jeunes gens se tournèrent brusquement vers la porte. McGonagall se tenait là, bras croisés, affichant un regard sévère derrière ses lunettes rectangulaires. Hermione s'enfonça dans ses draps. Ca allait encore être pour elle… Mais qu'est-ce qui lui avait pris ?
La Directrice de Poudlard s'avança. Hermione sentit sa gorge se serrer. Rogue la suivait. Que lui avait-il raconté ?
- Miss Granger, j'ai eu si peur ! s'exclama McGonagall en s'approchant du lit de la jeune femme.
Celle-ci remarqua Rogue lever les yeux au ciel et cela lui donna envie de sourire.
- Mais pourquoi avez-vous suivi ce Mangemort ? Vous auriez pu vous faire tuer !
- Je sais…
- On ne dirait pourtant pas…, marmonna la voix grave du Maître des Potions.
Hermione le fusilla du regard puis s'aperçut que Ron s'apprêtait à provoquer Rogue une fois de plus.
- On n'a pas besoin de vous ! s'exclama le rouquin.
Rogue se tourna lentement vers son ancien élève. Un rictus mauvais déforma ses lèvres.
- Je suis content de voir que vous avez encore l'illusion que vous servez à quelque chose, Weasley…, susurra-t-il d'une voix doucereuse. Mais comme on dit, l'espoir fait vivre…
Ron poussa un mugissement et s'élança sur Rogue. Harry bloqua son meilleur ami en l'attrapant par les bras, puis l'entraîna à l'extérieur de la chambre en l'empêchant de se débattre, avec un sourire d'excuse à l'attention d'Hermione.
- Ne touchez pas Hermione ! cria Ron avant que la porte ne se referme.
Ginny se précipita à son tour hors de la chambre au plus grand malheur d'Hermione, qui se retrouva seule avec McGonagall et Rogue.
La Directrice soupira.
- Miss Granger, je vous croyais plus responsable que cela…
- Je ne voulais pas le laisser filer ! se défendit Hermione.
- Vous auriez dû prévenir les Aurors, répondit sévèrement McGonagall.
Hermione se renfrogna. Pourquoi fallait-il qu'on la prenne pour une gamine ? Peut-être parce que c'est ce que tu es…, souffla une petite voix dans sa tête. Elle soupira. Elle jeta un regard à Rogue. Un rictus étirait ses lèvres. Hermione fronça les sourcils. Il se moquait d'elle, évidemment. Il lui avait fait un sermon lorsqu'il l'avait retrouvée. Elle s'était presque battue avec lui, et à présent qu'elle s'apprêtait à recevoir les remontrances de McGonagall, il profitait du spectacle. Mais Hermione savait qu'il prendrait aussi une revanche personnelle…
- Qu'on dit les Médicomages ? demanda-t-elle soudain pour retarder le moment des reproches de McGonagall.
- Que Merlin avait dû regarder du bon côté au moment où le sort vous a frappée ! répondit la Directrice.
Hermione déglutit difficilement.
- C'est une chance que vous vous soyez retournée pour exposer votre dos, Miss Granger, continua McGonagall en enlevant ses lunettes et en s'asseyant au bord du lit. Le Dr Carter qui vous a examiné a dit…
Elle se retourna vers Severus, peut-être pour qu'il parle. Elle n'eut, bien sûr, droit à aucun soutien de sa part. Elle se tourna de nouveau vers Hermione.
- Il aurait suffi que le sortilège vous frappe de front pour vous tuer…
Hermione sentit son cœur faire un bond. Elle savait qu'elle avait failli mourir. Et pourtant, se l'entendre dire de cette façon la perturba.
- Quel… Quel était le sortilège, exactement ? murmura-t-elle.
- On l'ignore…, soupira McGonagall.
- Je suis en danger ?
- D'après les examens qui ont été fait, tout est normal. Vous avez juste une vilaine coupure au dos.
Hermione se souvint du sang sur sa main lorsqu'elle avait touché son dos douloureux dans la ruelle. Mais tout cela était trop simple. Bien trop simple. Elle avait vu le regard de Nott, avait compris qu'il l'avait reconnue. Et Bellatrix contrôlait Otacus pour les tuer, Rogue et elle. Alors pourquoi Nott lui aurait-il jeté un sort qui pouvait ne pas la tuer ? Ou peut-être pensait-il qu'elle était vraiment morte et que c'était pour cela qu'il avait transplané directement. Soudain, une autre évidence lui traversa l'esprit. Le Mangemort n'avait pas été surpris de la voir. Bellatrix savait qu'ils étaient partis, Rogue et elle. Elle avait dû se rendre compte de leur absence par les yeux d'Otacus…
Puis Hermione pensa à Lucius Malefoy. Il était mort. Les accents déchirants de sa voix sèche résonnèrent dans la tête d'Hermione. Elle se souvint de ses dernières paroles. De son dernier râle. Sauvez…Otacus…
Ainsi, cela voulait dire qu'il savait. Il savait ce qui arrivait à son fils. Il savait qu'il était contrôlé.
Hermione fronça les sourcils. Quelque chose la dérangeait dans toute cette histoire. L'Imperium que subissait Otacus avait l'air d'être un stade avancé de la Magie Noire. Ce n'était certainement pas facile de le maintenir ainsi sous une emprise étrangère, bien qu'il soit un enfant. Bellatrix devait y mettre toute sa hargne… Et Hermione ne pouvait pas croire que tous ces efforts soient uniquement destinés à les anéantir, Rogue et elle, dans le seul but de la vengeance.
- Miss Granger ? Vous m'écoutez ?
- Elle cherche quelque chose ! s'exclama Hermione en se redressant, s'adressant uniquement à Rogue.
- De quoi parlez-vous ? cracha-t-il d'une voix méprisante.
- Oui, de quoi parlez-vous ? répéta McGonagall.
- Bellatrix ! cria Hermione, ne prenant pas le temps de leur expliquer le cheminement de ses pensées.
La Directrice jeta un regard inquiet à Rogue, puis posa une main sur le front d'Hermione.
- Vous avez de la fièvre… Je vais faire venir le Dr Carter.
- Je vais très bien ! s'insurgea Hermione.
Le Professeur McGonagall se leva.
- Severus, restez ici. Je vais chercher le Dr Carter.
Les protestations d'Hermione ne purent rien y faire.
Une fois la Directrice sortie, Hermione, ignorant la brûlure de sa blessure, rejeta sa couette et passa les jambes d'un côté du lit.
- Qu'est-ce que vous…, commença Rogue.
- Pas le temps ! l'interrompit Hermione. Il faut prévenir Harry et Ron pour que…
- Vous ne devez pas bouger !
Rogue fut près du lit en deux enjambées et attrapa Hermione par les épaules pour l'immobiliser et la recoucher.
- Lâchez-moi, je vais très bien !
En fait, elle savait que c'était tout le contraire. Elle avait froid et transpirait pourtant. Elle avait de la fièvre. Tout cognait sourdement dans sa tête.
Elle se débattit, mais Rogue la maintenait fortement. Il la plaqua sur le matelas, faisant venir les larmes aux yeux d'Hermione quand son dos heurta le lit.
Severus tenait sa collègue plaquée sur le lit par les épaules. Elle refusait de rester là et tentait de se lever. Il se sentit anxieux. L'état de Granger avait changé en quelques minutes. Sa peau s'était recouverte d'une fine pellicule de sueur et ses yeux brillaient de fièvre. Il posa sa main sur le front d'Hermione, le visage soucieux. Elle était brûlante. Que se passait-il ? Au fond de lui, il savait ce qui arrivait. Tout le monde pensait qu'Hermione souffrait d'une simple blessure. N'y avait-il pas assez eu de morts et de batailles pour que le monde comprenne que les Mangemorts poussaient la magie dans les extrêmes frontières du Mal ? Hermione avait bien plus qu'une coupure, c'était certain. Mais qu'avait-elle vraiment ?
Il laissa sa main un instant sur le front d'Hermione, tentant d'évaluer le degré de sa fièvre. Il alors vit le visage de la jeune femme se détendre et il eut moins de mal à la maîtriser. Elle ferma les yeux.
- Votre main est fraîche… articula-t-elle d'une voix étrangement faible.
Rogue fronça les sourcils. Il voulut retirer sa main, mais Hermione l'en empêcha. Severus voyait briller la fièvre dans les yeux d'Hermione. Elle n'allait pas bien. Elle lui agrippa la main et la posa sur son front, puis sur sa joue. Severus put sentir la chaleur qui émanait de la peau du visage d'Hermione. Il décida de la laisser faire. Au moins, il n'avait pas besoin de la maintenir. Il laissa la jeune femme balader ses doigts froids sur ses joues. Il sentit la douceur de sa peau sous sa main. Elle avait la peau très douce. Ces pensées le ramenèrent à la réalité et il retira brusquement sa main.
Il n'avait pas à la laisser faire ça. Parce qu'il avait peur de voir défiler ses propres pensées…
Tout brillait. La lumière semblait plus éblouissante et lui irritait la rétine. Son dos la brûlait. Elle avait chaud, et elle tremblait de froid. Elle vit Rogue s'approcher d'elle.
Elle se sentait affreusement mal, tout à coup. Mais elle devait se lever, elle devait aller parler à Harry et Ron, leur dire que Bellatrix préparait forcément quelque chose, quelque chose qui allait plus loin que la vengeance.
Hermione sentit deux mains lui agripper fermement les épaules et la plaquer sur son matelas.
Les larmes lui piquèrent les yeux alors qu'une douleur fulgurante, comme une flamme, comme un fer rouge, lui transperçait le dos. Elle ne dit rien, muette sous la souffrance. Tout se brouilla devant ses yeux, les larmes de douleur se mêlant à celles de la fièvre. Le sang battait à ses tempes, tandis que sa blessure semblait à vif. Elle n'en connaissait pas la taille ni la profondeur. Pourtant, il lui semblait que son dos entier était en feu. Elle tenta de se débattre. Mais les mains qui la maintenaient étaient trop fortes, elle était trop faible.
Hermione avait l'impression de flotter, mais sa douleur la maintenait à… A quoi ? Elle ne savait pas. Elle ne savait plus. Elle ne savait pas où elle était. Elle savait seulement qu'elle avait mal et qu'elle brûlait de l'intérieur.
C'est alors qu'elle sentit la fraîcheur sur son front. Cela calma la brûlure et les échos dans sa tête. Elle sentit comme une vague froide se répandre dans son crâne, et, malgré la douleur dans son dos qui persistait, elle se sentit mieux. Elle écarquilla un peu les yeux pour distinguer plus nettement son entourage, à travers les larmes de sa fièvre.
Une silhouette. Qui ? Elle ne savait pas. Elle ne s'en souvenait plus.
Debout devant elle, bras tendu. Sa main. C'était sa main, à cette silhouette, froide et apaisante, qu'elle sentait sur son front. Elle se sentait aller mieux…
- Votre main est fraîche, parvint-elle à dire.
Elle ne savait pas à qui elle parlait. Elle l'avait su, pourtant, non ?
Elle distingua soudain la silhouette se tendre, et elle sentit que cette main allait lui être retirée. Mais elle ne voulait pas. Elle se sentait mieux ainsi, avec cette main froide qui diffusait sur son front brûlant une vague apaisante.
Elle avait tellement mal… Elle avait tellement chaud….
Non, elle ne voulait pas qu'on lui ôte cette main. Elle ne voulait pas ressentir encore une fois cette fièvre.
Alors elle attrapa la main. Ses joues aussi brûlaient, et elle souhaitait éteindre ce feu, qui lui rongeait déjà le dos. Elle poussa un soupir en sentant la main céder à sa demande.
La fièvre lui consumait les joues. Elle agrippa plus fortement les doigts froids et les balada sur son visage, sentant avec soulagement l'insupportable chaleur la quitter un peu.
C'est alors que la main se retira brusquement. Pour de bon.
- Votre main…, murmura Hermione, d'une voix tremblante.
Rogue ne la lui donna pas. Il ignora ses pensées, et observa Hermione. Sa fièvre l'avait transportée ailleurs. Elle semblait oublier qui il était, oublier les frontières entre eux, oublier leurs disputes, leur affrontement récent. Elle souffrait.
Quelle était cette fièvre exactement ? Un début d'infection ? Ou autre chose ?
Rogue penchait plus pour la deuxième possibilité.
Quoi que ce sortilège puisse être, ça ne pouvait rien être de bon…
Severus posa ses yeux sur le visage d'Hermione. Il repensa à sa main se promenant sur cette peau lisse et douce… Avait-elle été consciente que c'était sa main à lui ?
Soudain, la porte s'ouvrit et le Dr Carter entra, suivi de près par le professeur McGonagall. Celle-ci jeta à Hermione un regard inquiet, puis un autre regard, étonné cette fois, à Rogue. Elle fronça les sourcils. Le Maître des Potions était assis sur le lit d'Hermione, ayant été obligé de le faire en tentant de la bloquer. Severus tourna les yeux vers McGonagall, anxieux.
- Elle a eu un accès de fièvre rapide et assez violent…, souffla-t-il d'un ton grave.
C'est alors qu'il sentit quelque chose dans sa main. Quelque chose de brûlant.
Il se retourna brutalement vers Hermione. Encore dans un état second provoqué par sa fièvre, elle recherchait la fraîcheur, qu'il lui avait retirée en lui enlevant sa main. Hermione avait tendu le bras et avait saisi la main gauche du Maître des Potions, cherchant encore une fois le froid pour ses doigts brûlants.
Il voulut encore une fois retirer ses doigts. C'est alors qu'il croisa le regard d'Hermione.
Il lut la souffrance dans les iris brillants et lointains, et il sentit quelque chose se briser en lui en sentant les petits doigts brûlants serrer les siens, à la recherche d'un froid apaisant.
La seule chose qu'il fit alors, la seule chose qu'il fut capable de faire, fut de serrer un peu les doigts d'Hermione dans les siens.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !
