Bonjour tout le monde !
Désolée pour cette attente…
Je vous remercie pour vos lectures et vos reviews ! :D
Réponse à Patouch la mouch : Je suis vraiment désolée de t'avoir fait attendre ainsi, je suis touchée de voir à quel point tu attends les nouveaux chapitres ! Ne t'inquiète pas, j'ai très bien compris ce que tu voulais dire par « C'est trop court ! », je suis désolée si je t'ai fait croire que j'avais mal interprété, mais rassure-toi, ce n'est pas du tout le cas !
Voici donc le nouveau chapitre ! Je te remercie, encore et encore (et encore et encore et encore… ^^) pour toutes les super reviews que tu me laisses !
Je suis contente que tu aies aimé le précédent chapitre, les dialogues entre Ron et Rogue (Mouahaha ! Effectivement, il t'a bien inspirée le gars à qui tu as dit ça ! ^^) !
Je te le redis encore, je suis désolée de l'attente ! J'espère que tu ne m'en veux pas trop…:/ Mais je vais poster plus rapidement à partir de maintenant.
Encore MERCI pour tes commentaires ! :D A très bientôt !
Réponse à MlleDawn : C'est toi que je remercie pour ta review ! :D Merci beaucoup, je suis contente que ma fic te plaise ! Voilà donc la suite, j'espère que tu aimeras !
Réponse à Zosma07 : Merci, je suis ravie que tu aies aimé ce dernier chapitre ! Et voici la suite ! Merci de ta review ! :D
Réponse à Clo : Ne t'en fais pas pour le retard, je le suis moi-même dans les publications… Eh oui, c'était bien Bellatrix ! Je sais, je n'ai pas été très sympathique avec Lucius, m'enfin…
J'aime bien écrire les disputes entre Rogue et Hermione ! ^^
Voici la suite ! Merci de ta review ! :D
Sauve
- Un antidouleur… Et un antipyrétique, dit calmement le Dr Carter.
Il s'approcha d'Hermione et la força à avaler deux cachets. Les yeux de la jeune femme brillèrent d'un éclair de lucidité avant que ses paupières ne se ferment et qu'elle ne sombre dans le sommeil. Elle lâcha les doigts de Rogue et celui-ci se sentit rassuré.
Pourquoi ? Pourquoi lui avait-il laissé sa main ? C'était Granger ! Mais il n'était pas un monstre. Il avait bien vu qu'elle souffrait.
Un spectre passa devant ses yeux. Une femme aux cheveux roux. Elle aussi avait souffert avant de mourir, sous les sorts du Seigneur des Ténèbres. Elle aussi aurait eu besoin d'une main à serrer.
Il ferma les yeux brutalement. Ce n'était pas la même chose ! Granger n'allait pas mourir. Et Granger n'était pas… elle. Il soupira.
Le Dr Carter retourna doucement Hermione pour l'allonger sur le côté.
- Je dois examiner sa blessure, expliqua-t-il aux deux professeurs. Nous lui avons lancés les sorts de soins de secours et nous lui avons fait un bandage quand elle est arrivée. Il faut que je vérifie que la cicatrisation a bien commencé et que sa fièvre n'est pas provoquée par un début d'infection.
Il regarda tour à tour Rogue et McGonagall.
- C'est assez surprenant…, dit-il. Si vous ne voulez pas voir…
- Nous restons, asséna fermement McGonagall avant que Rogue n'ait pu faire un geste. Et vous aussi, Severus. Peut-être que le fait de voir la blessure vous rappellera quelque chose ou vous donnera une piste pour identifier le sort.
Severus serra les poings si fort que ses jointures blanchirent. Il n'était plus un Mangemort. Mais cela, personne ne semblait le comprendre. Pourrait-il un jour se débarrasser de l'étiquette qui lui collait sournoisement à la peau ?
Carter dégagea la couette d'Hermione et ouvrit l'arrière de la chemise d'hôpital de la jeune femme profondément endormie. Il découvrit lentement son dos. Puis, d'un mouvement de baguette, il fit disparaître le bandage d'Hermione, laissant la blessure à l'air libre.
McGonagall porta ses deux mains à sa bouche.
- Par Merlin…, souffla-t-elle, horrifiée.
Elle détourna les yeux.
Severus écarquilla les siens et crispa la mâchoire.
- Severus…, murmura McGonagall, les larmes aux yeux. Ce… Ce n'est pas possible… Dites-moi que vous connaissez ce sort…
Le Maître des Potions avait le regard figé sur le dos d'Hermione. Il sentit un sentiment de culpabilité contre lequel il était impuissant l'envahir peu à peu. Il aurait dû la rattraper…
- Ne vous inquiétez pas, dit soudain Carter devant l'air inquiet et choqué des deux autres. Elle est hors de danger.
- Hors de danger ?Vous avez vu l'état de son dos ?! cracha Rogue en montrant Hermione d'un geste vif du bras. On dirait qu'elle a été…coupée en deux !
McGonagall gémit. C'était exactement l'impression qu'elle avait eue.
Une énorme coupure, de la largeur d'un poignet, traversait le dos d'Hermione de la base de sa nuque jusqu'au bas de son dos. Du sang suintait et les lèvres de la plaie semblaient noircies, comme brûlées. Rogue eut d'abord peur à la vue de cette blessure, qui semblait avoir été causée par un Sectumsempra… Serait-ce encore de sa faute ? Cependant, avec un soulagement relatif, il avait remarqué l'aspect noirci des lèvres de la blessure, et cela lui avait permis d'être sûr que ce n'était pas son sort qui avait frappé Hermione. Le Sectumsemprane brûlait pas la peau ainsi…
Carter soupira.
- Je suis rassuré, la cicatrisation a commencé, dit-il.
- C'était… pire que cela, avant ? articula Minerva d'une voix blanche.
Le médicomage ne répondit pas, et ce fut plus explicite que s'il avait dit quoi que ce soit. Il agita la baguette et le dos d'Hermione se retrouva de nouveau entouré de bandages immaculés. Il griffonna quelques notes sur un carnet puis, sans un mot, sortit de la chambre, l'air pensif.
Severus et McGonagall restèrent silencieux quelques instants, tout deux observant Hermione qui dormait paisiblement. Elle semblait si loin de ce qu'elle avait vécu quelques minutes auparavant…
- Severus, dit soudain McGonagall. Pouvez-vous nous dire ce que c'est ? Par quoi elle a été touchée ?
Rogue sentit la colère emplir ses veines.
- Non ! s'exclama-t-il d'une voix glaciale. Je ne sais rien, Minerva ! Ne comprenez-vous pas que je ne suis plus un des leurs ?
- Je n'ai jamais prétendu le contraire. Mais vous les avez fréquentés assez longtemps pour…
- N'y aura-t-il toujours que mon passé qui compte ? cria brusquement le Maître des Potions, d'une voix où perçait la haine.
McGonagall ôta ses lunettes, soupira puis s'approcha de son collègue et posa une main osseuse sur son épaule.
- Je ne voulais parler que de votre rôle d'espion, Severus. Je ne voulais pas vous blesser. Je sais très bien qui vous êtes.
Elle sourit tristement. Severus voulut lui répondre que non, justement, elle ne savait pas qui il était. Personne ne le connaissait vraiment. En fait, il se disait que même lui ne se connaissait pas complètement…
Il garda le silence et reporta son attention sur l'horrible blessure d'Hermione. Il était de plus en plus certain que ce sort avait quelque chose de particulier. Il avait assez de connaissances en sorcellerie et en magie noire pour savoir qu'il n'avait jamais vu ou entendu parler d'une blessure de ce genre. Il ne savait pas vraiment ce qu'il s'était passé dans la ruelle entre le moment où Hermione y avait pénétré et celui où lui l'avait retrouvée, blessée sur le sol. Ce qu'avait cherché à faire Nott, il l'ignorait. Pour le moment, du moins. Car quoi que ce sort puisse être, il ne se limitait certainement pas à une blessure, aussi profonde puisse-t-elle être… Oh non, il y avait autre chose. Quelque chose de vicieux, quelque chose d'affreux. Comme l'avait dit Minerva, il avait fréquenté les Mangemorts assez longtemps pour connaître leur soif de mort et de souffrance…
Les paroles qu'avait prononcées Hermione avant que la fièvre ne soit trop forte lui revinrent en mémoire. Peut-être avait-elle vraiment pensé ce qu'elle avait dit, peut-être le délire n'y était-il pour rien. Elle s'était exclamée que Bellatrix cherchait quelque chose. Pas seulement la vengeance. Et Severus avait beau penser que Nott n'était qu'un abruti, il pouvait très bien obéir aux ordres de Bellatrix… Peut-être avait-il vraiment cherché à tuer Hermione en lui visant la poitrine pour qu'elle se vide de son sang mais que la jeune femme s'était retournée dans un ultime réflexe… Ou peut-être avait-il anticipé ce même réflexe, et dans, ce cas, ce sort avait un réel but…
- Le Dr Carter m'a dit lorsque je suis allée le chercher qu'il comptait la garder deux jours en observation, dit McGonagall, interrompant les pensées de son collègue. Peut-être plus si son état s'aggrave ou si elle refait des crises de fièvre. Mais apparemment, tout devrait rentrer dans l'ordre…
Severus secoua la tête. Un ricanement froid et ironique monta de sa gorge.
- Parce que vous pensez vraiment qu'elle va s'en tirer comme ça ? Avec une blessure ? C'est un sort Mangemort, Minerva, pas l'invention quelconque d'un sorcier en quête d'un jeu sadique…
McGonagall soupira, mais ne répondit pas. Ses yeux semblèrent s'embuer alors qu'elle tournait la tête vers Hermione.
Severus jeta un dernier regard au dos de la jeune femme puis il fit volte-face et sortit de la chambre.
Un moment plus tard, Minerva McGonagall et Severus Rogue franchissaient les grilles de Poudlard, après avoir transplané depuis Ste-Mangouste. Ils avançaient vers le château, dans un silence pesant. La Directrice, n'y tenant plus, le rompit.
- J'espère qu'elle se remettra…
- Ce n'est pas la première épreuve qu'elle traverse, Minerva, vous le savez bien. En tant qu'amie de Potter, c'est même une habituée…
- Mais sa blessure à l'air assez…
- Critique, je sais. Mais… elle s'est endurcie, ajouta Rogue d'une voix hésitante. Elle s'en sortira…
McGonagall fronça les sourcils.
- J'ai l'impression que vous tentez de vous en convaincre vous-même, Severus…
Rogue fut si surpris qu'il s'arrêta de marcher. McGonagall l'imita.
- J'ai cru mal comprendre, Minerva…, marmonna Rogue. A quoi pensez-vous, exactement ?
Il avait l'air méfiant. Minerva sourit.
- Eh bien… Ne vous seriez-vous pas finalement un peu attaché à elle ?
- Absurde ! s'exclama un peu trop vite le Maître des Potions.
McGonagall sourit encore. Elle n'ajouta rien et se remit en marche, laissant Severus seul, immobile là où il s'était arrêté.
Il crispa la mâchoire. Quelles idées tordues McGonagall avait-elle ? Encore un stupide plan de mèche avec Albus… Non, il ne s'était pas attaché à Granger. Ca, jamais ! C'était simplement qu'il ne voulait pas se sentir coupable… Coupable de ne pas avoir été assez rapide, ni assez catégorique pour l'empêcher de poursuivre Nott. Le poids de ses anciennes erreurs se faisait toujours plus lourd… Inutile d'en ajouter de nouvelles…
Il se remit en marche. Il se sentait… mal à l'aise. Les paroles de McGonagall le dérangeaient. Comment pouvait-on penser qu'il se soit attaché à Granger ? Stupide…
Pourtant, si cela était si stupide, pourquoi y prêtait-il attention ?
Il soupira et secoua la tête, horrifié. Non, Granger n'était rien d'autre qu'une petite prétentieuse de Gryffondor, qu'une petite Je-Sais-Tout exaspérante.
Pourtant…
Elle lui avait paru si fragile, dans le taxi. Si frêle. Et finalement si forte. Il se rappela la résignation de cette jeune femme, son courage, sa volonté d'agir.
Puis le souvenir de sa propre main, sa main qu'elle avait saisie et qu'elle avait posée contre sa joue… Il se rappela sa peau, si douce. Elle ne l'avait pas rejeté. Lui, Severus Rogue, le banni. Elle, Hermione Granger, l'héroïne de la guerre.
Il chassa ces pensées troublantes, tachant d'ignorer ce poids étrange qui lui enserrait le cœur lorsqu'il pensait qu'Hermione n'avait attrapé sa main que sous l'effet de la fièvre…
Une semaine plus tard, dans sa chambre de Ste-Mangouste, Hermione faisait enfin ses valises. Le Dr Carter, après un dernier examen, lui avait permis de quitter l'hôpital. On lui avait indiqué qu'elle aurait dû rester deux jours. Cependant, bon nombre de Médicomages avaient souhaité l'examiner, tant son cas paraissait étrange, et elle avait de nouveau subi la fièvre les jours précédents. Une fièvre tout de même de moins en moins forte. Le Dr Carter lui avait donc permis de s'en aller.
Son dos lui faisait encore mal, et la blessure était encore impressionnante. La cicatrisation faisait lentement son travail, la douleur s'estompait de jour en jour.
Hermione se sentait anxieuse. L'altercation qu'elle avait eue avec Rogue lui tournait dans la tête, et elle redoutait l'instant où ils devraient mettre les choses au clair.
Elle attrapa ses pulls dans le placard et les fourra sans ménagement dans son sac.
Puis elle attrapa un bout de parchemin qui traînait sur sa table de nuit. Ce vieux morceau de papier vierge était en fait la Carte du Maraudeur. Harry la lui avait confiée quelques jours auparavant, lui assurant qu'elle en aurait plus besoin que lui pour surveiller Otacus.
Hermione soupira. N'ayant su quoi faire de ses journées dans la chambre de Ste-Mangouste, elle avait observé la Carte avec attention. La jeune femme se sentit honteuse. Ce n'était pas Otacus qu'elle avait le plus observé. C'était Rogue…
Lorsqu'elle s'était réveillée après son premier accès de fièvre, elle ne s'était souvenue de rien. De rien, sauf une silhouette et une main froide.
Elle avait réfléchi et, se remettant les idées en place, elle avait compris : elle avait attrapé la main de Rogue.
Et lui s'était laissé faire ? Pourquoi ?
Elle préféra oublier ces pensées dérangeantes et inexplicablement troublantes. Elle ferma sa valise et sortit de la chambre. Après s'être présentée à l'accueil de l'hôpital, elle transplana vers Poudlard.
- Severus, Malefoy est notre priorité ! s'exclamait au même instant McGonagall, assise face à Rogue derrière son bureau. Ce que vous avez découvert avec Miss Granger nous permet de certifier que Lestrange prépare quelque chose et que vous êtes tous deux une cible.
Severus leva les yeux au ciel.
- Vous croyez tenir un scoop, Minerva ? Je vais vous décevoir, mais nous le savons depuis un bon bout de temps, Miss Granger et moi.
McGonagall baissa un peu la tête pour dissimuler le sourire qui naissait sur ses lèvres. Cependant, Rogue le capta.
- Quoi ? demanda-t-il brusquement.
- Cela vous va très bien de parler à la première personne du pluriel, Severus…
Un rire discret s'éleva de l'arrière du bureau. Un rire très reconnaissable.
- Albus, quel mauvais vent vous amène ?..., marmonna Severus.
L'ancien Directeur sourit.
- Je venais aux nouvelles.
- Aux nouvelles ? répéta narquoisement le Maître des Potions. Vous surveillez l'ensemble des conversations à longueur de journée. Continuez ainsi et vous ferez concurrence à Rita Skeeter…
Rogue se leva de son fauteuil et s'approcha de la fenêtre du bureau directorial, au-dessous de laquelle s'étendait le parc du château.
- Severus, dit soudain Albus. Vous devez surveiller cet Otacus… Miss Granger pourra vous aider.
Le concerné soupira bruyamment. McGonagall émit un hoquet outré à l'intention de son ancien supérieur.
- Mais, Albus ! s'insurgea-t-elle. Miss Granger sera sûrement encore faible lorsqu'elle sera de retour ! Dois-je vous rappeler l'état dans lequel elle était il y a une semaine ?
- Et dois-je vous rappeler la lettre rassurante que vous a envoyée le Dr Carter, Minerva ? renchérit Albus. Elle réagit très bien aux traitements et a retrouvé son énergie.
La Directrice ne répondit pas, vaincue. Elle se tourna vers Severus, et fronça les sourcils. Son collègue fixait quelque chose au dehors, à travers la fenêtre, et paraissait tendu. Minerva s'approcha et regarda à son tour à travers les carreaux.
A une cinquantaine de mètres du château se trouvait Hermione Granger. Résignée, elle marchait vers le château, les cheveux dans le vent et sa valise à la main.
- Severus ! s'exclama McGonagall. Vous auriez pu nous dire que Miss Granger arrivait !
- Elle arrive.
McGonagall lui lança un regard noir. Puis elle reporta son attention sur la jeune femme.
- Elle semble en forme : elle ne fait même pas léviter sa valise !
A ce moment, Rogue se détourna de la fenêtre et fit mine de sortir du bureau. Il n'avait aucune envie de voir Granger. Elle lui tapait sur les nerfs. En fait, il essayait de s'en persuader lui-même. La vérité était que l'épisode de fièvre de la jeune femme flottait encore dans sa mémoire.
- J'ai du travail…, marmonna-t-il pour se justifier.
Il fit un pas en direction de la porte mais McGonagall lui empoigna le bras et le toisa sévèrement par-dessus ses lunettes.
Hermione poussa les lourdes portes du château et pénétra dans le grand hall.
- Miss Granger ! la héla-t-on.
Elle leva la tête. Ses sourcils se haussèrent lorsqu'elle aperçut McGonagall qui descendait rapidement les escaliers, tenant fermement le bras d'un Rogue boudeur.
- Miss Granger ! répéta McGonagall. Comment allez-vous ?
- Bien…, murmura Hermione, hésitante.
En vérité, elle se sentait fatiguée. Elle souhaitait regagner ses appartements. Cependant, elle avait besoin de potions de soin. Elle plongea la main dans sa poche.
- Je dois passer à l'infirmerie, dit la jeune femme. Le Dr Carter m'a donné une liste des potions que j'ai à prendre.
- A l'infirmerie ? s'étonna McGonagall. Severus vous les préparera !
Severus et Hermione, qui avaient évité de se regarder depuis que la jeune femme était rentrée, se lancèrent des regards noirs. Hermione redoutait le moment où ils devraient s'expliquer. Moment qui s'avérait imminent…
McGonagall observa tour à tour les deux professeurs qui se toisaient mutuellement.
- Eh bien, Severus ! Emmenez-donc Miss Granger dans les cachots pour lui donner ses remèdes !
Rogue plissa les yeux.
- Qu'elle aille à l'infirmerie…, cracha-t-il.
McGonagall ôta ses lunettes et soupira.
- Severus, emmenez-là dans votre bureau ! Immédiatement!
Rogue leva les yeux au ciel puis empoigna le bras d'Hermione. Celle-ci hoqueta de surprise et fut contrainte de lâcher sa valise. Elle trottina à la suite du Maître des Potions qui l'entraîna dans les escaliers des cachots.
- Vous me faites mal ! s'exclama la jeune femme en tentant de desserrer les doigts de son collègue.
Il repoussa Hermione dédaigneusement.
- Granger, dit-il en continuant sa descente, je vous prierais de bien vouloir garder le silence, je ne suis pas d'humeur à supporter vos bavardages !
- Etonnant…
Il ne répondit pas et accéléra le pas. Hermione grimaça. Elle devait marcher plus vite et, à chaque fois que ses talons heurtaient les marches de marbre, une secousse lui vrillait le dos. Elle parvint tant bien que mal à suivre Rogue, s'enfonçant vers les profondeurs du château.
Ils pénétrèrent dans le bureau de Rogue. Celui-ci alla s'asseoir dans son fauteuil, et fit signe à Hermione de prendre place sur la chaise qui faisait face. La jeune femme resta debout, les bras croisés. Rogue la regarda un instant.
- Vous êtes assez en forme pour arborer votre célèbre expression d'effronterie pure, n'est-ce pas ? susurra-t-il.
- J'aimerais vous parler…, répondit Hermione, ne relevant pas la remarque.
Rogue haussa les sourcils.
- Je sais que vous m'en voulez pour la ruelle, dit-elle. Alors j'aimerais… m'excuser.
Elle ne pensait pas un mot de ces excuses, mais elle était consciente qu'ils étaient mêlés aux mêmes événements, qu'ils étaient la cible de la même menace. Aussi avait-elle décidé de se remettre à la dure tâche de s'entendre avec Rogue.
Un sourire moqueur étira les lèvres de Rogue.
- Vous êtes déjà assez amochée, ne vous écorchez pas la bouche en formulant de tels propos…
Hermione ouvrit la bouche.
- Cessez vos sarcasmes trente secondes, voulez-vous ?
- Non, je n'en ai aucunement envie…
Hermione écarquilla les yeux.
- Mais…
Elle réfléchit un court instant avant de continuer.
- Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, j'essaie de faire des efforts pour notre… confort mutuel !
Rogue s'avança sur sa chaise, posa ses coudes sur le bureau et joignit ses doigts.
- Pour vous, me menacer de votre baguette et vous ruer sur moi consiste en un effort ?... Nous n'avons apparemment pas les mêmes notions…
Hermione poussa un petit bruit outré.
- Alors ça, c'est la meilleure ! s'emporta-t-elle. Vous l'avez bien cherché, et pourtant je viens quand même m'excuser alors que… alors que vous m'avez plaquée contre un mur en m'arrachant à moitié la joue !
Rogue se leva de son fauteuil, ses yeux lançant des éclairs. Il commença à contourner lentement son bureau.
- Figurez-vous que si vous n'aviez pas eu un soudain accès de stupidité aberrante, votre joue serait restée intacte…
- Ne remettez pas ça sur le tapis ! Vous savez très bien pourquoi j'ai suivi Nott !
Rogue continua d'avancer, s'approchant très lentement d'Hermione.
- Evidemment que je le sais… Vous l'avez suivi puisque vous n'êtes qu'une petite prétentieuse qui croit qu'elle peut tout arranger. Ou bien êtes-vous légèrement masochiste…
Hermione resta un instant bouche bée.
- Ca suffit ! s'exclama-t-elle. Je sais que vous ne m'aimez pas et que vous aimeriez par-dessus tout me voir dégager ! Mais malheureusement autant pour vous que pour moi, nous sommes plongés dans les mêmes événements et en danger de mort pour la même raison ! Alors vous allez oublier cette stupide altercation et mettre un peu du vôtre pour essayer d'améliorer nos relations !
Rogue était maintenant face à Hermione. Il refit un pas, obligeant sa collègue à reculer vers la chaise derrière elle. L'arrière des genoux d'Hermione buta dans le siège et elle y tomba assise. Rogue se pencha et plaça ses mains sur les accoudoirs, bloquant Hermione.
- Non, je n'oublierai pas, jeune fille, et je n'ai aucunement envie de céder à vos caprices pour vous faire plaisir…
Hermione fronça les sourcils, sentant la colère s'emparer d'elle.
- Nous y voilà…, railla Hermione. La vérité, Professeur, c'est que vous ne supportez pas que l'on vous tienne tête.
- La vérité, Miss Granger, répondit Rogue les dents serrées en approchant son visage de celui d'Hermione, c'est que vous avez tenu tête à la mauvaise personne… Mais cela vous ressemble tout à fait. Après tout, vous n'êtes rien d'autre qu'une petite Je-Sais-Tout vaniteuse…
- Et vous, vous n'êtes rien d'autre qu'un Serpentard arrogant et étouffé par son orgueil…
Rogue crispa la mâchoire.
- Vous pensez sans arrêt que vous avez raison, Granger, que ce soit dans vos actes ou vos paroles. Or, il serait peut-être temps d'arrêter de penser que vous pouvez tout arranger avec votre insupportable caractère…
Hermione s'apprêta à répliquer. Mais, à ce moment, une douleur sans nom lui frappa le dos. Elle comprit immédiatement. Carter lui avait dit de prendre sa potion antidouleur à heures fixes pour éviter les crises de douleurs. Elle n'avait justement pas pris sa potion. Elle aurait dû se taire et simplement demander ses remèdes à Rogue. Et au lieu de ça, elle avait voulu tout arranger…
Elle ferma les yeux violemment et serra les dents pour s'empêcher de hurler. Le dossier de la chaise appuyait sur son dos, accentuant l'insupportable souffrance. Elle se leva brutalement, mue par le désir d'arrêter la douleur. Rogue fut obligé de se pousser. L'incompréhension se lisait sur son visage.
Hermione, sous la brûlure de sa blessure, sentit ses jambes se dérober sous elle. Rogue, par réflexe, étendit les bras pour la rattraper. Il avait compris que la douleur s'était réveillée, et il n'était pas cruel au point de laisser Hermione s'écrouler sur le sol.
Il attrapa Hermione de justesse, mais ses bras heurtèrent le dos de sa collègue. Celle-ci ne put retenir son cri. Elle cambra son dos et Rogue ne put la retenir. Elle s'affala sur le sol de pierre.
- Miss Granger ! s'écria Rogue.
Il s'agenouilla à côté d'elle et s'aperçut qu'elle bloquait sa respiration. Chaque mouvement de sa cage thoracique tirait sur sa blessure…
Tous ses muscles semblaient crispés.
- Miss Granger, dit doucement Rogue. Vous m'entendez ?
Pour toute réponse, Hermione tourna ses yeux vers lui. Elle était donc toujours présente.
- Il faut détendre vos muscles…, lui dit-il.
Hermione secoua fébrilement la tête. Sa poitrine se soulevait peu mais rapidement, et sa respiration sifflait. Rogue se releva et se précipita vers ses étagères. Il trouva un vieux flacon remplit d'une substance bleue.
Il retourna vers Hermione, toujours allongée par terre, en proie à une abominable souffrance. Il lui ouvrit la bouche et y fit couler la potion.
Aussitôt, le visage d'Hermione se détendit, de même que tout son corps. Elle resta un instant haletante avant que sa respiration ne se calme.
- Que m'avez-vous donné ? demanda-t-elle d'une voix rauque.
- Un antidouleur décontractant…
Hermione hocha la tête et se redressa doucement en position assise. Elle constata qu'il ne lui restait aucune trace de la douleur, qui avait été si violente quelques secondes auparavant.
- Merci…, murmura-t-elle.
Rogue se contenta d'un mouvement de tête imperceptible.
C'est alors que des coups à la porte du bureau se firent entendre. Hermione se releva tandis que Rogue allait ouvrir, les sourcils froncés.
C'était McGonagall. Légèrement échevelée, elle se précipita dans le bureau. La potion de Rogue avait fait un effet tel qu'Hermione paraissait en pleine forme. Rien ne laissait supposer qu'elle avait souffert le martyr quelques instants auparavant, et la Directrice ne s'aperçut de rien.
- Miss Granger, Severus ! s'exclama-t-elle. Dépêchez-vous de m'accompagner !
- Il… Il s'est passé quelque chose ? demanda Hermione en s'approchant.
La Directrice acquiesça lentement.
- Une élève de Première Année Née-Moldu a été sauvagement attaquée…
Mais que se passe-t-il donc à Poudlard, entre Hermione et les attaques ?
J'espère que vous avez aimé ! Laissez-moi vos critiques ! :D
