Voici la suite ! Un chapitre, disons… haut en couleurs !

Un grand merci à tous les lecteurs et à toutes les revieweurs ! :D

Réponse à Patouch la mouch : Moi aussi, je suis contente de retrouver tes reviews, tu le sais, d'ailleurs ! ^^ C'est sûr qu'après toute cette aventure, Severus réfléchit activement ! Ce qui n'est pas très simple à écrire, car c'est un homme intelligent, il ne faudrait pas gâcher ses capacités ou émettre des hypothèses qui ne tiennent pas la route…

Eh bien, c'est Severus. Il n'a jamais supporté Hermione, et il pense qu'il ne la supportera jamais (hum, mais je suis là, mouahaha !). Tu crois que ce sera plus simple à Poudlard ? Hum, intéressant… Tu vas voir que…Tu vas voir ! ^^ Mais ne me remercie pas, c'est moi qui te re-re-re[…]redis merci pour tes reviews ! Oui, elles me font très plaisir ! Voici donc le nouveau chapitre ! J'espère qu'il te plaira ! (Contente que tu aimes cette réplique de Severus, et oui, j'ai aimé la tienne ! :D)

Réponse à Clo : Haha, contente de t'avoir fait rire avec cette réplique ! ^^ Je suis ravie que tu aies aimé ce chapitre ! Et voici donc le prochain épisode ! Merci beaucoup pour ta review ! :D


Un peu de couleur dans ce monde de brutes…

Les trois professeurs se précipitèrent hors du bureau de Rogue et gravirent les escaliers, McGonagall en tête. Ils montèrent les marches quatre à quatre jusqu'à l'infirmerie. La Directrice les emmena au fond de la salle, vers un lit entouré de rideaux derrière lesquels s'affairait Mrs Pomfresh.

Celle-ci leur fit signe de ne pas faire un bruit et leur lança un regard désolé.

- Elle a subi le Doloris…, chuchota l'infirmière, les yeux brillants. Et pas qu'un seul.

McGonagall ôta ses lunettes.

- Où a-t-elle été retrouvée ? demanda Hermione.
- Devant la bibliothèque, répondit la Directrice.

Hermione s'approcha du lit et jeta un œil au visage pâle et contusionné de la petite fille endormie.

- Des témoins ? interrogea à son tour Rogue.
- Non, aucun. C'est le Préfet en chef de Serdaigle qui l'a retrouvée. La petite est à Serdaigle aussi. Elle s'appelle Lina Donland…
- Une Née-Moldu, c'est ça ?..., murmura Hermione.

McGonagall acquiesça en silence.

- Dans ce cas, on tient déjà le coupable, déclara Rogue.

Hermione le regarda et lui indiqua qu'elle pensait la même chose que lui.

- Il faut qu'on le trouve, dit-elle. Avant qu'il ne fasse autre chose d'horrible…
- Vous voulez dire, avant qu'ellene fasse autre chose d'horrible, la corrigea Rogue d'un ton grave.

Hermione plongea la main dans la poche arrière de son jean et en sortit la Carte du Maraudeur.

- Potter est partout… et ce torchon aussi…, siffla Rogue entre ses dents.

Hermione l'ignora.

- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises…

Elle tapota le parchemin vierge de sa baguette et le plan de Poudlard s'y afficha lentement. Elle déplia la carte d'un mouvement du bras et fronça les sourcils. Elle la parcourut des yeux pendant un instant, mais ne trouva pas Otacus.
Elle releva la tête et regarda Rogue, qui se tenait les bras croisés un peu plus loin d'elle.

- Venez m'aider, vous ! s'exclama-t-elle.

Rogue ouvrit la bouche pour répondre mais il croisa le regard de McGonagall. Il rejoignit donc Hermione. Celle-ci étala la Carte sur une tablette de repas et les deux collègues s'y penchèrent, cherchant des yeux le minuscule point qui portait le nom d'Otacus Malefoy.

- Là ! s'exclamèrent-ils en même temps.

Ils apposèrent simultanément leur index sur la carte et leurs mains se touchèrent. Ils la retirèrent aussitôt. Leurs regards se croisèrent et Hermione se racla la gorge.

- Il est… Il est au sixième étage ! dit-elle soudain pour oublier sa gêne.
- Eh bien dans ce cas…, soupira Rogue.

Il se dirigea vers la porte de l'infirmerie. Hermione regarda McGonagall qui arborait un sourire bienveillant, puis se dépêcha de rattraper Rogue.
Ils montèrent dans les étages, en direction du couloir où se trouvait Otacus.

- Je ne comprends pas, dit soudain Hermione. Bellatrix sait très bien que nous savons qu'elle possède Otacus ! Elle ne peut pas passer inaperçu ! Il n'y a qu'elle qui puisse avoir attaqué Lina !
- Mais qui vous dit qu'elle veut passer inaperçu ? répondit Rogue. Comme vous l'avez si bien dit, nous savons qu'elle agit par un puissant Imperium sur Malefoy. Et c'est justement une de ses cartes ! Nous ne pouvons pas l'anéantir puisqu'il faudrait tuer Otacus pour cela. Et cette histoire lui procure une jubilation immense… Imaginez, Miss Granger… Nous voir patauger pour essayer de sauver ce gosse, les Nés-Moldu et la communauté sorcière par la même occasion…

Hermione écarquilla les yeux.

- Alors comme ça, vous vous considérez comme un… sauveur ?

Rogue soupira.

- Non, c'est vous qui vous considérez ainsi, et comme je n'ai pas d'autre choix que de vous suivre sans arrêt, voilà où cela me mène…

Il prit un air faussement affligé qui fit rire Hermione. Elle fut contente de constater que cela parvint à faire se courber la bouche mince de Rogue en un petit sourire.

La jeune femme pencha la tête sur le côté.

- Ca vous va tout de même un peu mieux de sourire que de faire la tête…, murmura-t-elle.

Rogue manqua de s'arrêter de marcher tellement il fut surpris. Il se contenta de lancer un regard étrange à sa collègue, et son sourire s'effaça. Pas celui d'Hermione. Elle aurait pu parier sur cette réaction…

Ils arrivèrent enfin dans le couloir du sixième étage. Hermione ressortit sa carte pour vérifier où se trouvait Otacus. Celui-ci marchait en direction des escaliers, à l'autre bout du couloir.

- Vite ! s'exclama-t-elle.

Ils accélérèrent le pas et se saisirent de leur baguette. C'est alors qu'un caquètement retentit dans leur dos.
Les deux professeurs se retournèrent.

- Oh non…, murmura Hermione.
- Mais qui voilà ?! s'écria Peeves l'esprit frappeur, qui flottait au-dessus d'eux.

Il s'approcha d'eux en riant.

- On fait des cachotteries ? demanda-t-il.

Hermione se mordit la lèvre. Ce n'était vraiment pas le moment…

- Va-t-en, Peeves, ordonna Rogue. Ou j'appelle le Baron Sanglant pour qu'il s'occupe de ton cas. Je suis sûr qu'il sera très intéressé…

Le visage grossier de l'esprit frappeur parut pâlir un instant, avant qu'il ne se remette à sourire de toutes ses dents.

- Le temps qu'il arrive, je peux faire quelques bêtises…

Rogue leva un index menaçant.

- Peeves…, gronda-t-il.

Hermione se recroquevilla imperceptiblement. Tout cela ne lui présageait rien de bon…

- HERMY ET SEVY FONT DES CACHOTTERIES ! brailla Peeves au milieu du couloir.
- LA FERME ! hurla Rogue aussi fort.
- HERMY ET SEVY VONT SE PLANQUER POUR…

Peeves reçut le Silenciod'Hermione de plein fouet et continua un court instant de remuer les lèvres avant de se rendre compte qu'il ne pouvait plus émettre un son. Rogue se tourna vers sa collègue.

- Bonne initiative, Miss Granger…, dit Rogue en regardant narquoisement l'esprit frappeur qui hurlait en silence.

Hermione rougit un peu, contente d'avoir réagit assez vite pour éviter à l'esprit de terminer sa phrase. Elle n'osa même pas regarder Rogue. Ce qui était complètement idiot. Qu'en avaient-ils à faire des dires de Peeves ?...

C'est alors que celui-ci arrêta ses veines tentatives pour parler. Il s'approcha des deux sorciers et se passa un doigt sous la gorge. Puis il remonta dans les airs et fit apparaître de nulle part de petites sphères de couleurs.

- C'est quoi, ça ?..., demanda Hermione, anxieuse.

La scène se joua en une fraction de seconde.

Peeves leva les bras et lança de toutes ses forces les petites boules colorées sur les deux sorciers. Rogue plongea sur le côté, évitant les projectiles. Hermione ne fut pas assez rapide. Trois sphères la heurtèrent et éclatèrent, projetant des gerbes de peinture multicolores. Elle leva sa baguette pour riposter mais Peeves disparut dans un bruit grossier.

Hermione se retrouva plantée au milieu du couloir, dégoulinante de peinture de la tête aux pieds. Rogue s'écarta du mur contre lequel il s'était plaqué d'urgence et s'approcha d'Hermione, les commissures de ses lèvres se retroussant en un sourire moqueur. Il se posta face à Hermione.

- Ces couleurs vous vont à ravir, Miss Granger…, susurra-t-il.
- Aucun commentaire…, rétorqua-t-elle en lui faisant une grimace.

Elle agita sa baguette en formulant un sort de nettoyage. Sort qui n'eut pas le moindre effet.
Rogue passa son doigt sur la joue d'Hermione et y recueillit un peu de peinture qu'il examina.

- Tout cela sent les farces et attrapes Weasley… Aucune chance de faire partir ça à la magie, c'est du tenace…

Hermione l'observa, un peu perturbée par ce geste sans vraiment savoir pourquoi.

- Vous avez encore des progrès à faire en matière d'esquive, Miss…, poursuivit Rogue qui n'avait pas remarqué le léger trouble d'Hermione. Remarquez, vous feriez un cas intéressant pour Minerva… Vous transformer en palette de peinture sans avoir recours à la Métamorphose…
- Très drôle, Professeur, vraiment…, répondit ironiquement Hermione.

Mais au moment où elle disait ces mots, elle aperçut une forme qui apparaissait derrière Rogue, comme un nuage de fumée…
Peeves.
Avant qu'elle n'ait pu dire quelque chose — d'ailleurs, souhaitait-elle vraiment prévenir Rogue ? —, l'esprit frappeur lança de toutes ses forces une sphère jaune sur le Maître des Potions, qui la reçut en pleine tête, à l'arrière du crâne. Une gerbe de peinture lui arrosa les cheveux. Puis Peeves disparut de nouveau.

Hermione ne put s'empêcher d'éclater de rire.

Les cheveux noirs de Rogue dégoulinaient de jaune. Il lui lança un regard assassin.

- Vous n'êtes pas la mieux placée pour rire…, dit-il en contemplant Hermione, tout en écartant les mèches trempées qui avaient giclé devant ses yeux.
- Et vous, vous n'êtes pas le mieux placé pour parler d'esquive, à présent !

Elle rit de plus belle, mais Otacus s'imposa de nouveau dans son esprit, et son rire s'étrangla dans sa gorge.

- Otacus ! asséna-t-elle. On doit le retrouver !

Rogue se pinça l'arête du nez.

- Bravo, Miss Granger… Et si on croise un élève errant, qu'est-ce que vous comptez dire ? Que nous repeignons le château ?
- Et pourquoi pas ?
- Parce que nous n'avons pas de pinceaux, bien sûr…, fit-il les dents serrées. A votre avis, Granger ?! Parce que ce n'est pas crédible et parce que je ne tiens pas à ce que l'on me voit dans cet état, par Merlin !

Hermione écarta les bras et regarda dans quel état elle se trouvait. Elle était recouverte d'un beau mélange de peinture épaisse et ses habits étaient fichus. D'autant plus que la peinture, en plus d'être tenace, semblait être ensorcelée afin de ne pas sécher et de demeurer bien liquide…
Elle reporta ensuite son attention sur les cheveux dégoulinants de jaune de Rogue. Pour une fois qu'elle avait une occasion de se moquer de lui… Elle avait bien l'intention d'en profiter.

- On ne risque pas de croiser tant d'élèves que ça, vous savez… Et puis, au cas où, on se cachera. Enfin, on esquivera, puisque c'est votre spécialité…

Rogue tiqua. Hermione lui fit un signe de tête pour lui indiquer d'avancer.

- Allez, on y va… Sevy.

La jeune femme s'avança dans le couloir, se retenant de rire devant l'expression furieuse de Rogue. Vraiment, elle adorait le mettre en rogne… Elle lui faisait payer six années de moqueries et de sarcasmes, après tout…

Elle manqua plusieurs fois de glisser à cause de la peinture sous ses chaussures. Elle se retourna et remarqua qu'elle était en train de laisser des traces multicolores sur les dalles du sol. Elle se jura d'envoyer une lettre à George pour lui reprocher de fournir Peeves en bombes de peinture…
Des cris retentirent soudain. Hermione stoppa net et leva sa baguette, imitée par Rogue qui faillit lui foncer dedans.

- Non ! NON !

Hermione écarquilla les yeux et son cœur se mit à battre plus vite. C'était une voix d'enfant. Un enfant qui criait de peur et de douleur.

- Otacus ! chuchota Hermione à Rogue. Il… Il attaque quelqu'un !

Rogue ne répondit pas. Il fronça les sourcils et devança Hermione, puis tourna à l'angle du couloir.
Il se figea. Hermione se dépêcha de le rejoindre. Son sang se glaça lorsque le reste du couloir entra dans son champ de vision.
Otacus était bien là, mais il n'agressait personne. C'était lui qui hurlait. Il était allongé sur le sol de pierre froide, haletant, les yeux révulsés.

- Pitié… ARRÊTEZ !

Son corps se tordait en tous sens tandis qu'il levait ses mains devant son visage pour se protéger d'un ennemi qu'il était le seul à voir…
Hermione se plaqua les mains sur la bouche. Rogue, lui, était tendu, sa mâchoire se contractant régulièrement alors qu'il observait le garçon.

Tout à coup, Otacus s'immobilisa, devenant raide, et un rire hystérique s'éleva de sa gorge.
Il se releva lentement, s'appuyant maladroitement sur ses mains. Le rire était de plus en plus fort, de plus en plus aigu. Mais il s'étrangla soudain dans la gorge de Malefoy qui s'effondra de nouveau sur le sol, parcouru de tremblements.

- Non… Non…, soufflait-il.

Hermione poussa un petit cri.

- Il arrive à reprendre le contrôle de lui-même ! s'exclama-t-elle, venant tout juste de comprendre ce qu'il se passait.

Elle brandit sa baguette et s'approcha prudemment d'Otacus. Alors qu'elle parvenait à sa hauteur, le garçon tourna ses yeux vers lui. Ses iris gris semblaient changer de couleur. Des volutes brunes s'y mêlaient, s'insinuant sournoisement autour des pupilles… Malefoy jeta à la jeune femme un regard empli de détresse, un regard venant de lui, venant du vrai Otacus, avant que son visage ne se crispe sous la douleur. Il ferma les yeux, puis les rouvrit. Ils étaient cette fois complètement bruns…

Hermione se recula d'un bond, comprenant que Bellatrix était parvenue à reprendre entière possession du corps du garçon.
Un sourire sadique déforma les lèvres de l'enfant. Il se jeta sur Hermione en rugissant. Celle-ci bascula en arrière et Malefoy passa ses mains autour de sa gorge.

- Alors, immonde Sang-de-Bourbe…, souffla la voix de Bellatrix. Laisse-moi te renvoyer à la fange à laquelle tu appartiens…

Les mains se serrèrent plus fort, coupant la respiration d'Hermione.

Tout à coup, un éclair rouge illumina le couloir et Hermione vit le visage d'Otacus se figer. Il tomba à la renverse, stupéfixé. La jeune femme tourna la tête, haletante. Rogue se tenait à quelques pas d'elle, baguette encore levée. La jeune femme se massa la gorge, encore sous le choc.

- Je vous dois la vie, n'est-ce pas ? murmura-t-elle, la voix rauque.

Rogue soupira.

- Quand on voit le peu de soin que vous en avez…

Il s'approcha de l'enfant, baguette levée. Mais le sort avait fait son œuvre, et Malefoy était bel et bien hors d'état de nuire.

- Vous ne pensez pas que… que Bellatrix pourrait le réveiller de l'intérieur ? murmura Hermione.
- Normalement, c'est bien son corps qui est stupéfixé… Cette folle ne devrait rien pouvoir faire. Vous n'auriez pas dû vous approcher de si près. A croire que les Mangemorts vous attirent…

Il poussa du pied le corps d'Otacus pour vérifier qu'il ne réagissait pas. Il n'eut bel et bien aucun mouvement, et ses yeux, redevenus gris, fixaient le plafond.

- Et maintenant ? demanda Hermione. Qu'est-ce qu'on fait ?

Rogue l'observa sans répondre.

- Eh bien…, commença-t-il.
- Vous ne savez pas, avouez-le…, dit narquoisement Hermione.
- Si, je le sais !...

Mais il n'ajouta rien. Sa collègue soupira.

- Vous et votre orgueil… C'est incroyable…

Elle se releva et s'empressa de parler avant que Rogue n'ait pu la couvrir de sarcasmes.

- Bon… Il va falloir l'embarquer à l'infirmerie. Mrs Pomfresh pourrait le maintenir endormi.

Rogue se tapota la lèvre du bout du doigt, un sourcil levé.

- Quoi ? interrogea Hermione, en levant les paumes vers le ciel.
- Vous comptez traverser le château avec ce gamin psychopathe sur les bras et couverte de peinture de la tête aux pieds ?
- Eh bien, oui…, acquiesça Hermione tandis qu'un sourire moqueur naissait sur ses lèvres. Mais je ne serai pas seule…

Rogue fronça les sourcils.

- Granger, je dois aller ôter cette horreur de mes cheveux, dit-il en montrant ses mèches jaunes, alors ne comptez pas sur…
- Oh, taisez-vous donc ! l'interrompit-elle. Vous êtes moins touché que moi ! Alors maintenant, vous allez vous dépêcher de m'aider à le transporter ! Vous comptez peut-être le laisser agresser de nouveaux élèves ?!

Elle s'approcha de lui, furibonde, tandis que son collègue croisait les bras et la gratifiait d'un regard mauvais.

- Mais oui, bien sûr, s'exclama-t-elle, ça vous ferait moins de cornichons à surveiller pendant vos cours ! C'est incroyable, ce que vous pouvez être égoïste !
- Granger, je ne vous permets pas de…
- Chut ! le coupa-t-elle. Je ne veux rien savoir ! Et ne faites pas de bruit, ça risquerait d'ameuter les élèves que vous ne voulez surtout pas croiser ! Ne venez pas vous plaindre si on nous voit !

Elle s'accroupit et attrapa Otacus sous les aisselles.

- Venez m'aider ! souffla-t-elle à Rogue. Prenez-lui les pieds !

Elle fronça les sourcils à la vue du sourire mauvais qui étirait les lèvres de Rogue. Il allait lui faire regretter ses paroles…
Le Maître des Potions s'adossa à un mur.

- Eh bien, allez-y, Granger… Ce doit être hilarant de vous voir tirer cet énergumène à travers les couloirs du château…

Hermione ouvrit la bouche de consternation.

- Vous…, marmonna-t-elle les dents serrées.

Elle leva un doigt menaçant et s'approcha de son collègue. Puis elle soupira, regarda au plafond, se mordit la lèvre et enfin lui attrapa le bras, déposant une bonne couche de peinture rouge sur la manche noire de Rogue. Celui-ci s'en aperçut et arracha son bras de l'emprise d'Hermione.

- Ne me touchez pas, vous ! cracha-t-il.

Hermione se vexa, blessée.

- Excusez-moi…, dit-elle, ironique.

Rogue s'avança pour se retrouver face à sa collègue.

- Oh non, je ne vous excuse pas… Vous m'insupportez trop pour cela…

Hermione sentait son sang bouillir. Cependant, elle vit danser les flammes de la colère dans les yeux de Rogue. Elle l'avait cherché, elle ne pouvait prétendre le contraire…

- Il manque quelque chose…, susurra-t-il en s'avançant encore, tandis qu'il contemplait Hermione dans les moindres détails.

Hermione déglutit. Son cœur s'était mis à battre plus fort, pressentant… quelque chose. C'était idiot ! Comment pouvaient-ils encore se battre alors qu'un gamin possédé par une tueuse gisait à quelques mètres d'eux ?!

La jeune femme observa Rogue, cherchant minutieusement à décrypter les expressions sur son visage. Oh oui, il allait lui faire regretter tout ce qu'elle venait de lui dire. Mais comment ?
Elle le vit passer une main nonchalante dans ses cheveux dégoulinants toujours de peinture jaune.
Soudain, Hermione comprit. Elle aperçut au même moment la main pleine de peinture fraîche de Rogue et son air ravi… Elle n'eut pas le temps de réagir. Rogue fit un brusque mouvement de la main en direction de sa collègue et toute la peinture jaune atterrit sur Hermione. Celle-ci lui lança un regard choqué, et elle fut incapable de faire un mouvement.

- Vraiment navré…, murmura-t-il en approchant son visage de celui d'Hermione, constellé de gouttelettes jaunes. Mais c'était la couleur qu'il vous manquait...

Les yeux d'Hermione furent traversés d'un éclair et elle leva brusquement ses deux mains, qu'elle venait de couvrir de peinture en frottant ses habits. Elle appliqua soudainement ses deux paumes sur les cheveux de Rogue qui, cette fois, avait eu tort de la narguer en s'approchant trop près d'elle, et qui n'avait rien vu venir.

Lui se retrouva donc couvert de rouge.

Hermione songea un instant qu'ils devaient avoir l'air complètement crétin, face à face et pleins de peinture, à se disputer de la même façon que le feraient deux enfants de quatre ans. Mais elle ne pouvait nier que cela soulageait terriblement.

- Oups…, fit-elle en prenant une voix de petite fille et en manquant d'éclater de rire devant l'expression assassine de Rogue. Je suis désolée, Sevy

Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase, déjà bien plein et à la capacité réduite.
Rogue poussa un mugissement et planta ses doigts dans les épaules d'Hermione.

- CESSEZ DE M'APPELER AINSI ! hurla-t-il au beau milieu du couloir.

Hermione agrippa les bras de son collègue.

- Ca vous va très bien, pourtant…

Elle savait qu'elle allait trop loin, et elle ne voulait pas reproduire l'altercation de la ruelle. Pourtant, pousser Rogue dans ses limites provoquait chez elle comme une montée d'adrénaline.

- Hermy, ce n'est pas mal non plus…, répondit Rogue. Stupide, déplacé, banal. Il vous convient parfaitement, non ?

Hermione approcha à son tour son visage de celui et de son collègue et s'apprêta à répondre.

- Que se passe-t-il, ici ? fit alors une voix derrière eux, coupant court aux élans téméraires d'Hermione.

Les deux sorciers se tournèrent simultanément vers celui qui venait de parler. Hermione crut un instant que Rogue allait se mettre à hurler lorsqu'il aperçut le fantôme de Dumbledore qui flottait vers eux.

L'Ex-Directeur les observa d'un air curieux, détaillant la palette de couleur qui s'offrait à ses yeux. Il ouvrit la bouche mais n'eut pas le temps de parler. Severus le devança :

- Albus, vos commentaires sont d'une inutilité consternante, aussi, n'en rajoutez pas à la situation !

Hermione se racla la gorge et s'approcha de Severus en vitesse. Elle n'avait pas envie de subir les remontrances de Dumbledore parce que Rogue et elle se disputaient… Puisque Dumbledore tenait tellement à ce qu'ils s'entendent, il n'y avait qu'un moyen pour qu'il les laisse tranquille…

Elle s'approcha du corps d'Otacus et le saisit par les aisselles. Puis elle le traîna vers Rogue, releva la tête et afficha un grand sourire à Dumbledore.

- Severus et moi allions l'emmener à l'infirmerie, dit-elle d'un ton détaché. Nous l'avons mis hors d'état de nuire.

Elle fit les gros yeux à Rogue puis désigna le fantôme d'un bref mouvement de tête. Severus fronça les sourcils mais parut comprendre.
Evidemment. C'était là le meilleur moyen pour semer l'ancien Directeur et ses sous-entendus. Simplement s'éclipser…

Il saisit les pieds d'Otacus et le souleva. Hermione et lui se décalèrent sous le regard amusé du fantôme. En lui passant devant, Severus lui lança :

- La peinture, c'est normal, et nous nous passons aisément de tous les mots qui vous passent à l'esprit !

Il s'éloigna vers les escaliers, échangeant des regards noirs avec Hermione tandis qu'ils portaient Otacus Malefoy en direction de l'infirmerie.

- Bon, Professeur…, dit soudain Hermione, alors qu'ils étaient hors de vue de Dumbledore. Arrêtons ça.
- Vous ne m'appelez plus Severus ? dit-il en grinçant des dents.

Hermione s'arrêta de marcher, surprise. Elle rougit un peu sous la peinture qui maculait ses joues.

- Euh… C'était pour faire plaisir à Dumbledore, vous voyez…

Elle soupira.

- J'ai fait ça pour vous… Je sais très bien que vous en avez assez de ses sous-entendus et de ses plans pour nous rapprocher ! Moi aussi, vous voyez… Alors bon…

Elle soupira une nouvelle fois. Rogue leva un sourcil.

- C'est assez étrange, en fait… Vous êtes tellement insupportable que vous répondre est vraiment amusant…, dit-elle en faisant un sourire moqueur.

Elle ignora le regard noir de Rogue.

- Cependant, vous n'avez pas l'air de vouloir faire la paix…

Rogue ricana.

- Il faudrait vous décider… Vous venez de me dire que vous aimiez me tenir tête…
- Simplement parce que vous ne voulez pas que l'on s'entende !

Le Maître des Potions haussa les sourcils.

- Parce que vous, vous le voulez ?
- Disons que ce serait plus facile pour affronter cette… chose ! acheva-t-elle en désignant Otacus du menton.

Un sourire narquois étira les lèvres de Rogue.
Elle était insupportable. Mais elle avait une personnalité bien à elle et surprenante, il était bien obligé de le reconnaître… Elle s'amusait avec lui, et il n'avait même pas été capable de s'en rendre compte. Lui, qui avait la réputation d'être un Légilimens accompli… Cela l'énervait malgré tout.
Mais finalement, cela ne devenait-il pas un jeu entre eux ? Ne se testaient-ils pas, se poussant mutuellement dans leurs limites ?
Il pouvait très bien la mettre au défi… Il était curieux de voir combien de temps encore elle pourrait tenir cette volonté de s'entendre avec lui…
Et puis, cela empêcherait peut-être McGonagall et Albus de faire des commentaires...

- Dans ce cas, nous verrons jusqu'à quand tiendront vos résolutions… Hermione, s'entendit-il répondre.


Alors, alors ? Quel est le verdict ? J'espère que vous avez aimé !