Bonjour ! Me revoici avec la suite !
Je suis désolée de vous avoir fait attendre, mais avec la rentrée, je n'ai pas eu trop de temps…
Enfin, voilà la suite. J'ai des chapitres d'avance, donc je vais poster deux chapitres aujourd'hui. Le premier est encore une sorte de transition, mais l'histoire avance dans le second. J'espère que vous aimerez !
Merci pour vos lectures et vos reviews !
Réponse à Patouch la mouch : Ah ça, c'est sûr que Rogue et Hermione qui se font attaquer aux bombes de peinture par Peeves, c'est invraisemblable, mais bon, ça m'amusait, alors… ^^ Mon « immense talent » ? Waouh ! Merci !
Oui, Otacus n'a pas de chance, et ça ne va pas aller en s'arrangeant… En ce qui concerne Drago, il fera bientôt une apparition. ^^
Non, la blessure d'Hermione n'a pas de rapport avec le titre, mais c'est intéressant, comme remarque ! Donc noooon, je ne te prends pas pour une folle, loin de là, mais bel et bien pour une fan, et ça me touche que tu aimes mon histoire comme ça ! :'D
En fait, le titre symbolise la frontière entre Rogue et Hermione, ce qui les sépare. Il symbolise aussi le passage du passé (l'histoire qu'on a pu suivre dans les livres de JKR) et le présent où se profile une nouvelle menace. Mais finalement, quand je repense à ton idée, je me dis que ça peut marcher avec ce qu'il va se passer dans la suite de l'histoire… Tu vas voir… ^^
Merci pour ton message d'encouragement, je suis vraiment désolée d'être en retard comme ça… Mais effectivement, la rentrée n'a pas été très simple, comme pour toi, apparemment, d'après ce que tu dis… Je n'ai pas eu le temps de toucher à l'ordinateur… Mais j'ai des chapitres d'avance, heureusement, donc je peux poster maintenant ! ^^
« petit chef d'œuvre » ? Ben dis donc, je suis gâtée, merci beaucoup !
Voilà donc la suite ! J'espère qu'elle te plaira ! Et puis, encore et toujours, MERCI BEAUCOUP pour tes reviews ! Vraiment vraiment vraiment ! :D
Réponse à Git: Merci beaucoup pour ces reviews, ça me fait très plaisir ! Je suis contente que tu aimes et que tu trouves le personnage de Rogue respecté. Ce qui n'est pas toujours évident…
C'est vrai qu'il n'est pas tendre avec Hermione, mais ça va changer ! Heureusement ! Ca prend un peu de temps, mais bon…
Je suis contente que tu aies aimé le chapitre 18, où Rogue a laissé transparaître un peu de sa sensibilité.
Merci encore pour tes reviews ! :D
Retour à un semblant de normalité
Une semaine s'était écoulée depuis la mésaventure de Rogue et d'Hermione. Une semaine durant laquelle ils s'étaient appliqués à s'éviter. Ils avaient amené Otacus à l'infirmerie, le laissant aux soins de Mrs Pomfresh, puis ils s'étaient éloignés la tête haute, chacun de leur côté.
Hermione tenait à ce que ses résolutions concernant ses relations avec Rogue soient maintenues le plus longtemps possible, et cette volonté l'avait menée à un paradoxe : pour améliorer son entente avec son collègue, il semblait qu'elle devait le fréquenter le moins possible…
Cependant, malgré l'indifférence et l'ignorance qu'ils montraient à l'égard de l'autre, les deux collègues n'en demeuraient pas moins troublés.
Troublés par la personne avec qui ils s'entendaient le moins…
Severus, durant les nuits de cette semaine, avait passé plusieurs heures dans l'obscurité de sa chambre dans son lit, les bras repliés sous sa tête, scrutant le plafond et ne trouvant pas le sommeil. Il avait fait de son mieux pour éviter sa collègue et son emploi du temps l'y avait aidé, étant donné qu'ils n'avaient pas eu besoin d'assurer un cours commun ensemble depuis le retour d'Hermione.
Severus ne fréquentait ni ne croisait sa collègue.
Et pourtant, Hermione Granger était là, bien trop présente au goût du Maître des Potions. Elle tournait dans son esprit, ne le laissant pas en paix alors qu'il aurait donné n'importe quoi pour que ce soit le cas. Il aurait voulu écarter de ses pensées ces yeux bruns plein de courage et d'effronterie, les sourires moqueurs qu'elle lui lançait parfois, cette mimique qu'elle avait de se mordre la lèvre lorsqu'il lui faisait une réflexion alors qu'elle lui tenait tête. Ces images qui le harcelaient l'inquiétaient, d'ailleurs… Comment se faisait-il que de tels détails, insignifiants lui semblait-il, aient réussi à s'imprimer dans sa mémoire ?
Cependant, là n'était pas le pire. Plus que tout, il aurait voulu oublier la sensation de sa main qu'Hermione promenait sur son propre visage, caresse si douce… Ce souvenir l'obsédait sans qu'il ne puisse rien y faire, et il lui semblait que le souvenir de Ste-Mangouste était encore bien trop présent et trop vif dans sa mémoire…
Des questions stupides lui venaient à l'esprit, et il se demandait entre autres de quelle façon il devait appeler sa collègue.
Granger ? Miss ?
Hermione ?...
Il se retournait alors sur le ventre et enfonçait en soupirant sa tête dans son oreiller, se disant qu'il était vraiment irrécupérable. Il ne savait pas ce qu'il devait faire ou penser, et il détestait ça. C'était tout simplement insupportable.
Il avait peur. Peur de ce qu'il pensait d'Hermione.
Peur de s'endormir. Car lorsqu'il parvenait enfin à trouver le sommeil, le même rêve venait le hanter. Il revivait la scène de Ste-Mangouste, il sentait de nouveau ses mains sur les joues d'Hermione. Le Severus du rêve fermait alors les yeux, s'abandonnant à cette sensation qui le terrorisait, pourtant. Il sentait Hermione lui prendre la main alors que la fièvre la torturait. Puis il rouvrait les paupières, pour se rendre compte que la femme qui lui tenait la main n'était plus Hermione Granger, mais Lily Evans…
Alors le vrai Severus se réveillait en sueur, troublé.
Il avait lu dans un quelconque livre moldu que les rêves avaient une signification. Il ne souhaitait en aucun cas savoir celle du sien…
Hermione, quant à elle, ne s'en tirait pas mieux. De nombreuses questions la taraudaient. Elle se demandait notamment pourquoi Rogue avait changé de comportement lorsqu'elle s'était blessée.
Cependant, elle se posait aussi des questions sur elle. Lorsqu'elle était rentrée à Poudlard, elle avait été soulagée, bien sûr. Et pourtant, elle avait eu envie de repartir dans cette aventure, en équipe avec Rogue. Elle se sentait en sécurité avec lui. Elle tentait de tout justifier par cette simple réponse, mais elle s'était vite rendu compte que ce n'était pas possible.
Elle avait réfléchi encore. Et, comme toujours, elle avait trouvé l'explication : une sensation étrange lui avait tordu le ventre lorsqu'elle avait compris qu'elle appréciait un peu son collègue…
Mais, elle se sentait perturbée lorsqu'elle pensait à lui. Des bribes de souvenirs brouillés de son accès de fièvre à Ste-Mangouste lui étaient revenues, et elle se voyait promenant les mains froides de Rogue sur son propre visage brûlant. Elle ne comprenait pas pourquoi il ne l'en avait pas empêché. Elle lui en voulait, d'une certaine manière, car cet étrange épisode l'amenait à se poser des questions auxquelles elle ne trouvait, cette fois-ci, aucune réponse…
La jeune femme avait tout de même décidé de mener aussi loin que possible son projet de bonne entente avec Rogue, bien qu'elle fut persuadée qu'il ferait tout pour l'en empêcher… Mais après tout, c'était cela qui donnait tout son intérêt au jeu…
Elle avait soigneusement évité son collègue durant la semaine qui avait suivi l'accident avec Peeves, mais Hermione devait se contraindre à revoir Rogue de nouveau. En effet, la date de son prochain cours commun avec lui approchait, et elle ne lui avait pas demandé ce qu'il avait fait faire aux Première Année durant la semaine qu'elle avait passé à Ste-Mangouste. Bien sûr, étant donné qu'elle ne lui avait pas posé la question, il ne manquerait pas de le lui faire remarquer en lui disant que c'était de sa faute si jamais elle avait l'air perdu durant le cours, n'ayant rien préparé. Mais Hermione était bien décidée à ne pas lui donner satisfaction…
Durant la semaine, elle avait réfléchi au cas d'Otacus. Mrs Pomfresh l'avait maintenu stupéfixé à l'infirmerie pour empêcher Bellatrix de nuire. Cependant, Rogue et Hermione savaient très bien que le véritable Otacus était toujours prisonnier de son corps et qu'ils devaient à tout prix le libérer de l'emprise de la Mangemort. Mais Hermione avait pour cela impérativement besoin de l'aide de Rogue… Et cela n'était pas pour lui déplaire…
La blessure dans le dos de la jeune femme se faisait de moins en moins sentir. Hermione avait réussi à avoir l'autorisation de McGonagall pour aller prendre ses remèdes à l'infirmerie et non pas dans le bureau de Rogue. Elle avait déduit de cette décision de la Directrice que la ruse qu'elle avait mise en œuvre pour que Rogue et elle échappent à Dumbledore avait dû fonctionner, et que le fantôme avait dû donner son avis…
Le vendredi arriva pourtant bien trop vite au goût de la jeune femme. Elle devait enchaîner deux heures de cours avec Rogue et elle se sentait perturbée. Elle craignait un peu de le revoir, alors que quelque chose au fond d'elle lui disait qu'elle en avait envie…
Elle descendit déjeuner dans une humeur un peu étrange, brumeuse, ne sachant pas vraiment quoi penser. En entrant dans la Grande Salle, elle aperçut le Maître des Potions assis à la table des Professeurs. Son cœur fit un bond lorsqu'elle s'aperçut qu'il la suivait des yeux. Hermione se rappela aussitôt ses résolutions et redressa le menton, s'avançant d'un pas déterminé vers la table.
Elle s'assit à sa place habituelle, à côté de Rogue, et se força à se tenir bien droite. Elle n'allait certainement pas lui faire croire qu'elle laissait tomber… Elle devait se mettre à la tâche, et le plus tôt serait le mieux. Et puis, elle avait compris que Rogue ne se laisserait sûrement pas faire. La curiosité naturelle d'Hermione reprenait le dessus et elle se demandait ce qu'il pourrait bien faire pour l'empêcher de mener à bien son projet…
- Bien dormi ? demanda-t-elle à son collègue en se servant un bol de café.
Rogue grogna pour toute réponse. Hermione fit un sourire moqueur et se tourna vers son collègue en penchant légèrement la tête de côté.
- C'est étrange… Je parierais que vous êtes matinal… Vous ne devriez donc pas grogner lorsqu'on vous adresse la parole de si bon matin.
Elle cala une mèche de ses cheveux derrière son oreille et entreprit de beurrer une tranche de pain.
- Sachez, Hermione, que je ne grogne pas, comme vous le dites si bien parce que l'on m'adresse la parole, mais parce que vous m'adressez la parole à peine êtes-vous arrivée… Deuxièmement, je grogne aussi parce que vous n'avez apparemment pas oublié vos résolutions, comme le montre la question que vous venez de me poser…
Hermione ricana. Severus haussa les sourcils.
- Je peux savoir ce qui vous fait rire ? lui demanda-t-il.
Hermione se tourna vers lui.
- Vous regrettez que je veuille aller jusqu'au bout de mes volontés, pourtant vous m'appelez par mon prénom…, lui répondit-elle malicieusement.
Les commissures des lèvres de Severus tiquèrent.
- La position de vos limites m'intéresse fortement… Granger…
Hermione leva les yeux au ciel.
- Vous n'êtes pas prêt de savoir où elles se trouvent, désolée de vous décevoir…
Elle s'interrompit et s'approcha un peu de son collègue.
- De toute façon, je suis certaine que vous savez que vous ne pourrez rien faire pour m'empêcher de mener mes résolutions jusqu'au bout… Severus.
Les coins de la bouche de Severus se relevèrent légèrement. Elle le testait, comme il le faisait avec elle. Ils entraient, que ce soit volontairement ou malgré eux, dans le jeu de l'autre…
Severus détourna ses yeux d'Hermione. Il porta sa tasse de café à ses lèvres et Hermione et lui restèrent silencieux un moment.
La jeune femme repensa brusquement à Otacus lorsque ses yeux se posèrent sur la table des Serpentard. Elle se tourna de nouveau vers son collègue.
- Avez-vous des nouvelles de Malefoy ? lui demanda-t-elle.
- Pensez-vous que je m'amuse à aller veiller au chevet de cette menace ambulante ?...
Hermione soupira.
- Je n'ai pas dit ça. C'est juste que…
Elle hésita à poursuivre et se mordit la lèvre.
- Oui ?
- C'est juste que le vrai Otacus est toujours prisonnier, dans son corps, alors j'ai pensé que… Que nous pourrions faire quelque chose pour le sortir de là. Pour le débarrasser de Bellatrix.
Rogue leva un sourcil.
- J'ai peut-être mal entendu…, susurra-t-il. Vous avez dit « nous » ?
Hermione se força à soutenir le regard du Maître des Potions, bien qu'elle se sente un peu gênée par cette remarque. Elle se racla la gorge.
- Eh bien, nous connaissons tous les deux la situation et nous sommes sur place…, se justifia-t-elle.
- Potter le héros ne pourrait-il pas s'en occuper ?..., marmonna Rogue.
Hermione lui jeta un regard de reproche.
- Voudriez-vous bien cessez cela ? Vous n'êtes pas obligé de critiquer Harry sans arrêt ! Gardez vos pensées, au moins en ma présence ! Nous avons des problèmes, au cas où vous ne me l'auriez pas remarqué… Et puis, j'ai réfléchi, figurez-vous…
- Le contraire aurait été aussi peu crédible que si vous m'aviez dit que Weasley avait reçu l'Ordre de Merlin…, répondit Rogue à voix basse.
Hermione le fusilla du regard tandis qu'il buvait une gorgée de café. Elle décida d'ignorer sa remarque, afin d'éviter les provocations. Car c'était cela qu'il cherchait, bien sûr… La pousser à bout. Il ne voulait pas qu'elle gagne. Mais Hermione était bien décidée à ne pas se laisser faire.
- J'ai réfléchi, donc, continua-t-elle, et le problème ne vient pas seulement d'Otacus. Il reste aussi sa mère, et Drago. Nous ne savons toujours pas ce qu'ils sont devenus, mais je pense qu'ils ne sont pas en bonne position. Etant donné que Lestrange a tué Lucius Malefoy et qu'elle se sert d'Otacus, il serait logique qu'elle veuille du mal au reste de la famille. Cependant…
Elle s'interrompit un instant pour mettre de l'ordre dans son raisonnement. Elle fronça les sourcils et continua son explication, les yeux dans le vide.
- Je ne suis pas sûre de vraiment comprendre les motivations de Bellatrix. Pourquoi se donner tant de mal à posséder un enfant, qui ne se laisse pas faire, comme nous l'avons vu dans le couloir, par simple vengeance ? Je sais bien qu'elle est folle, mais ça n'explique pas tout… Bien sûr, elle s'est servie d'Otacus pour faire payer ses erreurs à Lucius, mais…
Elle se tourna vers Rogue et fut surprise de voir qu'il l'écoutait avec attention. Elle se sentit un peu déstabilisée par cet intérêt qu'il semblait manifester à ses dires. Elle se ressaisit rapidement.
- Je pense qu'elle cherche quelque chose, poursuivit-elle. Sinon, elle aurait abandonné et probablement tué Otacus après la mort de Lucius. Après tout, c'est lui qui a fait les plus graves erreurs, pas sa femme, ni son fils… Théoriquement, continuer de posséder Otacus ne lui sert plus à rien. Alors je me suis dit… Je me suis dit qu'elle cherchait peut-être quelque chose à Poudlard.
Hermione arrêta ici son explication, le cœur battant. Rogue avait froncé les sourcils, et recommençait à se tapoter la lèvre de l'index.
- C'est effectivement une possibilité…, admit-il, presque contrarié de devoir donner raison à sa collègue. Mais la question est là : que peut-elle chercher ?
Il promena un instant son regard sur la Grande Salle, tout en réfléchissant. Puis il se tourna de nouveau vers Hermione.
- Mais après tout, Lestrange est complètement dérangée… Je ne serais pas étonné si j'apprenais qu'elle possédait Malefoy et lui faisait endurer les pires souffrances par simple amusement…
Hermione ne répondit pas. Elle n'était pas d'accord. Plus elle réfléchissait et plus elle se disait que tout était lié. A vrai dire, elle était persuadée que la présence de Bellatrix à Poudlard avait un réel but, fondé, autre que la vengeance de son Maître, et que la Mangemort cherchait quelque chose…
Une vingtaine de minutes plus tard, Hermione et Rogue se rendaient dans les cachots pour assurer leur cours. Hermione se rappela qu'elle n'avait toujours pas demandé à Rogue le travail qu'il avait mené lors du dernier cours commun avec les Première Année. Elle se décida.
- Qu'avez-vous fait faire aux élèves ? demanda-t-elle timidement.
- Aux quoi ?
Hermione fronça les sourcils.
- Aux é…
Elle s'interrompit et soupira bruyamment.
- Aux cornichons sans cervelle avec qui vous vous tuez pour essayer de faire entrer ne serait-ce qu'un brin de connaissances dans leur crâne dur…, récita-t-elle d'une voix morne.
- Bravo, vous progressez…
Elle secoua la tête.
- Vous êtes vraiment et profondément affligeant, vous le savez ?
Rogue ricana. Hermione se rendit compte trop tard de son erreur. Elle ouvrit la bouche pour répliquer, la referma, l'ouvrit de nouveau et dit :
- Ne croyez pas que vous m'aurez comme ça…
- Je ne crois rien, répondit-il. J'en suis certain.
Hermione se sentit bouillir. Elle se força à respirer calmement.
Ne pas craquer. C'était ce qu'elle devait se répéter.
Elle afficha un sourire forcé. Rogue daigna enfin répondre à sa question.
- Interrogations. Voilà ce que je leur ai fait faire. Ils ne sont pas capables d'écouter plus de trois secondes, j'ai donc testé leur capacité de concentration sur une feuille durant une heure. Inutile de vous dire que les résultats sont d'une nullité incroyable, mais ça ne me surprend pas…
Hermione ne répondit pas, sachant que défendre les élèves une énième fois ne servirait à rien, et ils entrèrent dans la salle de classe.
- Bon, et qu'est-ce qui est prévu aujourd'hui ? interrogea-t-elle.
Rogue, qui marchait vers son bureau, stoppa net se tourna lentement vers elle. Hermione fronça les sourcils : son collègue avait l'air en colère. Il s'approcha d'elle, doucement, menaçant.
- Parce que vous croyez que j'ai déjà tout prévu ? susurra-t-il. Connaissez-vous la définition du mot « commun » ?
- Mais… Je suis restée une semaine à Ste-Mangouste !
Elle ne remarqua pas l'expression étrange qui passa sur les traits de Rogue à l'évocation de ce nom. Il se ressaisit rapidement.
- Vous êtes revenue il y a plusieurs jours, n'est-ce pas ? Vos amis auraient-ils finalement déteints sur vous, vous accablant de la flemmardise et de l'oisiveté qui les définissent ?
Hermione pinça les lèvres. Elle ne supportait pasqu'on lui reproche de ne pas travailler…
- Croyez-vous vraiment que je vais m'occuper de votre part à votre place ? poursuivit Rogue les dents serrées.
- Certainement pas ! s'exclama la jeune femme. Si je ne vous ai rien demandé concernant le dernier cours, c'est parce que je savais très bien que vous alliez vous emporter contre moi, comme à chaque fois ! Mais je suis parfaitement capable de me débrouiller pour aller dans la continuité de ce que vous avez fait ! J'ai appris l'improvisation lors de l'année où j'ai vécu avec Harry et Ron !
Elle reprit son souffle, ignorant la colère qui irradiait des yeux de Rogue. Ce qu'il pouvait se montrer insupportable, parfois…
Des voix d'élèves se firent alors entendre dans le couloir. Hermione se contenta de jeter un dernier regard à Rogue et alla ouvrir la porte, remettant un peu d'ordre dans ses cheveux ébouriffés. Elle se força à se calmer et imprima à son visage une expression impassible, afin de ne rien laisser paraître devant les élèves.
Les Première Année qui entrèrent dans la salle parurent se détendre un peu en voyant Hermione. Evidemment, ils devaient se dire que la présence de leur Professeur de Défense Contre les Forces du Mal leur éviterait les interrogations surprises, et peut-être même empêcherait-elle Rogue de leur faire les pires réflexions… Bien sûr, ils ignoraient ce qu'il venait de se passer entre leurs deux professeurs…
Les élèves s'installèrent en silence tandis qu'Hermione s'appuyait sur le rebord du bureau de Rogue.
Celui-ci se plaça au devant de la classe, en prenant bien soin de ne pas regarder sa collègue. Il tenait dans les mains un paquet de copies. Il les leva un peu, les montrant à l'assemblée.
- Sachez que ce que je tiens entre les mains ne pourrait même pas servir de torchons aux elfes de maison des cuisines…, dit-il aux élèves.
Certains paraissaient terrifiés, et Hermione se rappela l'époque où elle aussi se tenait sur ces bancs, attendant fébrilement que le sombre Professeur Rogue lui rende son devoir.
Elle se prépara à intervenir, au cas où son collègue déciderait d'être un peu trop méchant. Ce qui allait certainement se passer… Cependant, elle ne souhaitait pas se faire entendre dès le début du cours. Après tout, c'était lui qui avait fait ses interrogations, il pouvait très bien lui faire la réflexion qu'elle n'avait rien à dire si jamais elle s'interposait trop vite… Et puis, elle sentait qu'il était énervé par la dispute qui venait d'avoir lieu…
Le Maître des Potions commença à s'avancer entre les rangs, promenant son regard glacial sur ses élèves. Il s'arrêta soudain devant une table et sortit une copie du paquet. Il aimait tellement rabaisser ses élèves qu'il n'employait même pas la magie pour distribuer les copies.
- Fox…, annonça Rogue. Voilà une excellente représentation de ce qui se trouve entre vos deux oreilles : le vide intergalactique.
Il laissa tomber la copie sur le bureau en faisant légèrement claquer sa langue sur son palais.
Il s'approcha ensuite d'un élève de Poufsouffle.
- Ryan…
Il jeta un regard méprisant à la copie avant de poursuivre ses commentaires.
- Le plus abruti des trolls aurait fait mieux… La collection d'idioties qui figure sur cette feuille montre seulement que vous jouez le rôle d'un pot de fleurs durant mes cours. Il serait peut-être temps de vous servir des deux appendices qui figurent de chaque côté de votre crâne vide. On appelle ceci des oreilles, voyez-vous…
Il jeta avec un profond dédain la copie sur la table.
Hermione se mordit la lèvre. Au moment où Rogue sortait une nouvelle copie du paquet, elle bondit presque et s'approcha de lui. Se demandant si elle ne risquait pas sa vie, elle arracha le paquet des mains de son collègue et se racla la gorge, reprenant rapidement la distribution avant que Rogue n'ait pu lui faire la moindre réflexion. Alors qu'elle s'avançait dans les rangs, elle sentait le regard brûlant de Rogue sur sa nuque.
- Bradburg…, dit-elle en s'approchant d'une jeune élève de Serdaigle.
- Miss Granger ? l'interrompit Rogue de sa voix glaciale et doucereuse à la fois.
Hermione se tourna vers lui, un sentiment d'appréhension grandissant en elle.
- Oui ?
Rogue s'approcha doucement d'elle.
- Il ne me semble pas que vous soyez concernée par cette interrogation… Vos commentaires, j'en suis sûr, seront trop indulgents pour ces incapables, murmura-t-il. Aussi, je vous prierais de me laisser faire mon travail, de vous contrôler et de vous abstenir de venir perturber mes actions, bien que je sois conscient que ces actes se montrent difficiles à surmonter pour la Miss Je-Sais-Tout que vous êtes… Et si vous n'êtes pas capable de faire autre chose durant ce cours que de me déranger, eh bien… Improvisez.
Hermione le toisa, les yeux plissés par la colère, mais il se dressa de toute sa hauteur face à elle et elle dû renoncer à l'affrontement bien malgré elle. Elle brandit le paquet des copies qui restaient et le colla violemment au torse de Rogue, se rendant compte que ce n'était pas vraiment la meilleure chose à faire lorsqu'elle entendit des murmures choqués s'élever de l'assemblée d'élèves. Elle n'en tint cependant pas compte. Avant de retourner s'appuyer au bureau de Rogue, elle crut voir la bouche de son collègue s'étirer en un sourire goguenard.
Elle avait encore perdu.
Il la provoquait cette fois directement devant ses élèves. Pour lui faire regretter la dispute, mais aussi pour la faire flancher, elle en était certaine.
Alors, malgré toute sa volonté, Hermione se demanda dans quoi elle avait eu l'idée de s'embarquer en voulant s'entendre avec Rogue…
A la fin du cours, Hermione attendit que tous les élèves soient sortis avant de quitter à son tour la classe. Elle s'arrêta dans l'encadrement de la porte et observa Rogue qui se tenait debout derrière son bureau. Lui la contemplait aussi, l'agacement se lisant sur son visage. Hermione soupira.
- Ne pensez pas me faire flancher si facilement et si rapidement, Severus…, dit-elle de sa voix la plus neutre possible. Je sais que vous aimez provoquer des altercations entre nous, mais ne pensez pas que je céderais comme ça.
Rogue haussa un sourcil. Il contourna son bureau et vint se placer devant Hermione.
- C'est bien dommage pour vous…, dit-il de sa voix doucereuse. La prochaine fois, vous n'aurez qu'à préparer votre travail.
- Mais…
- Et je vous attends demain soir à huit heures dans mon bureau afin de corriger avec moi les copies des Troisième Année.
Hermione ouvrit la bouche, consternée.
- Nous sommes censés travailler ensemble seulement pour nos cours communs avec les Première Année ! se défendit-elle. Les devoirs des Troisième Année en Potions ne me concernent pas !
La bouche de Rogue se tordit en un rictus mauvais.
- Cela rattrapera votre manque d'investissement. Et si vous voulez éviter de passer vos soirées en ma compagnie à corriger des idioties, je ne puis que vous conseiller de cesser de me provoquer…
- Je ne vous provoque pas ! s'insurgea Hermione. C'est vous qui…
Elle s'interrompit soudain et se passa une main dans les cheveux. Il voulait lui rejeter la faute.
- De toute façon, répondit-elle, je crois que ce n'est pas la peine de tenter de vous expliquer quelque chose puisque vous faites tout ce qui est en votre pouvoir pour me donner tort… Vous êtes parfois aussi idiot que les élèves que vous décrivez…
Elle avait dit ces derniers mots dans un murmure presque inaudible, mais Rogue semblait l'avoir entendue.
- Je vous demande pardon ? susurra-t-il, la voix lourde de menaces en approchant son visage de celui d'Hermione.
Hermione lui adressa un sourire insolent.
- Bonne journée…, répondit-elle.
Puis, rejetant ses cheveux en arrière, elle s'éloigna dans le couloir d'un pas rapide, se retenant de rire lorsqu'elle entendit Rogue claquer violemment la porte de sa salle de classe.
