Et voici le second chapitre du jour !

De nombreuses réponses concernant la blessure d'Hermione vous attendent !

Bonne lecture !


Le Rêve

Bénéficiant d'une après-midi complète de temps libre après le cours commun de Rogue, Hermione en profita pour se rendre à la bibliothèque. Elle s'enferma plusieurs heures dans la Réserve, cherchant des indices qui pourraient les mener, Rogue et elle, à débarrasser Otacus de celle qui le possédait. La jeune femme chercha dans les plus vieux et les plus horribles livres de Magie Noire, mais ses recherches demeurèrent infructueuses. Seulement, les plus vieux livres de la Réserve remontaient à la Renaissance, et Hermione se dit que ses réponses devaient se trouver dans des livres bien plus anciens…

Elle manqua le dîner, bien décidée à ne pas revenir bredouille de la bibliothèque. Mais, alors que la pendule de la Réserve sonnait minuit et qu'Hermione disparaissait derrière la pile monumentale de livres qu'elle avait posés sur la table, elle dut bien se résoudre à abandonner.

Ereintée, elle rejoignit sa chambre pour aller se coucher, quand une idée lui traversa l'esprit. Elle attrapa un bout de parchemin et écrivit une courte lettre à Harry et Ron, leur demandant s'ils pouvaient se renseigner sur l'existence de livres anciens de Magie Noire au Ministère. Après tout, les livres qu'elle cherchait étaient de véritables dangers à la vue des horreurs qu'ils devaient receler. Aussi, ils devaient bien être répertoriés dans un des départements du Ministère, avec leur titre, leur contenu et leur lieu de conservation ! Hermione posa sa lettre sur son bureau pour penser à l'envoyer le lendemain. Elle se coucha et s'endormit presque aussitôt en priant Merlin pour que les livres permettant la libération d'Otacus n'aient pas été détruits voilà bien longtemps pour cause d'un trop grand danger…

Un brouillard gris, sombre et impénétrable s'étendait de tous côtés, brouillant la vue d'Hermione. Celle-ci, haletante, tourna sur elle-même, ignorant tout du lieu où elle se trouvait, ne se rappelant plus ce qui lui était arrivé. Elle se força à respirer calmement, tenant de remettre de l'ordre dans ses pensées aussi floues que la brume qui flottait tout autour d'elle.

Elle plissa les yeux et scruta l'inconnu, cherchant en vain un repère qui pourrait lui indiquer où elle était exactement. C'est alors qu'elle distingua une ombre mouvante, perdue dans le brouillard devant elle. Floue et imprécise, l'ombre semblait s'approcher de la jeune femme. Celle-ci sentit l'angoisse poindre en elle. Elle fit un pas en avant, tous les sens à l'affût. Mais la brume vaporeuse qui l'enveloppait semblait tout étouffer, et ni sons ni odeurs ne parvenaient à Hermione. La jeune femme concentra son attention sur l'ombre qui semblait prendre forme alors qu'elle avançait rapidement vers Hermione. Bientôt, elle put en reconnaître les contours.

C'était une silhouette. Une silhouette humaine.

- Tiens, tiens…, dit soudain une voix moqueuse qui provenait de l'inconnu qui arrivait.

Hermione sursauta violemment. Elle était sûre d'avoir reconnu cette voix. De la sueur froide commença à couler dans son dos, et elle dut se faire violence pour ne pas hurler. Chaque particule, chaque atome de son corps semblait lui crier de s'enfuir, le plus loin possible à travers le brouillard pour échapper à

cellequi arrivait. Mais Hermione ne bougea pas. Elle leva simplement sa main et tâta sa poche, à la recherche de sa baguette. Elle ne sentit pas la forme familière sous ses doigts. Son angoisse et sa peur s'intensifièrent.

La silhouette continua d'avancer, repoussant dans sa marche des volutes de brouillard. Hermione l'observa approcher, se préparant à l'affront.

L'arrivante se détacha alors complètement du brouillard et Bellatrix Lestrange apparut, sourire carnassier aux lèvres.

Hermione, le cœur battant, recommença à tâter ses poches, dans l'ultime espoir de trouver tout de même sa baguette. Mais ce n'était pas le cas. Bellatrix remarqua les gestes d'Hermione.

Elle ricana.

- Dommage, n'est-ce pas ? dit-elle en s'approchant d'Hermione. Tu as beau te trouver dans ton rêve, Sang-de-Bourbe, c'est moi qui commande…

Hermione déglutit.

- Qu'est-ce que… Qu'est-ce qu'il se passe ? parvint-elle à demander.

L'autre éclata d'un rire hystérique et aigu qui résonna étrangement dans le brouillard.

- Il se passe que je gagne…, souffla Bellatrix. Endoloris !

Elle pointa sa baguette sur Hermione et celle-ci s'affaissa, tandis que son corps semblait serré dans de multiples étaux, piqué par une centaine d'aiguilles, brûlé par d'innombrables flammes.

La jeune femme hurla, mais son cri sembla noyé par la brume. Alors, la douleur s'arrêta brusquement. Elle reçut un coup dans la poitrine qui lui coupa le souffle. Elle parvint à distinguer la Mangemort qui se tenait au-dessus d'elle.

- Lève-toi, Sang-de-Bourbe ! Tu te rouleras dans la fange quand j'en aurais fini avec toi ! hurla Bellatrix.

Hermione se redressa du mieux qu'elle put, tentant d'ignorer la douleur, sachant que si elle n'obéissait pas, il lui arriverait bien pire.

- Vous n'êtes qu'une horrible…, commença-t-elle d'une voix rauque.
- Incarcerem ! cria soudain Lestrange d'une voix chantante, alors qu'Hermione venait de se relever.

La jeune femme bascula en arrière, ligotée par de nombreuses cordes qui lui opprimaient la poitrine et lui broyaient les côtes.

C'est à ce moment qu'une douleur fulgurante lui traversa le dos. Sa blessure se réveillait.
Hermione voulut hurler, mais une corde lui serra la gorge et l'en empêcha.

Bellatrix s'approcha de sa victime.

- Ta parole ne vaut rien, petite Sang-de-Bourbe… Si tu te voyais…, dit-elle en feignant une voix d'enfant et une mine attristée.

Elle agita sa baguette et les cordes qui torturaient Hermione se serrèrent. La jeune femme peina à respirer.

- Mais que va dire ce pauvre Severus ?…, murmura Bellatrix en marchant sur la main droite d'Hermione. Il avait l'air de s'attacher à toi… comme toi tu t'attaches à lui, n'est-ce pas ?

Elle écrasa encore plus la main d'Hermione et un craquement retentit. Hermione hurla, mais les cordes qui l'oppressaient ne lui permirent qu'un gémissement. Bellatrix éclata d'un rire hystérique. Elle agita de nouveau sa baguette et les cordes disparurent. Hermione reprit brutalement son souffle. Bellatrix lui attrapa le bras droit et la releva. Hermione voulut hurler lorsque ses doigts cassés bougèrent, mais elle se mordit la lèvre jusqu'au sang pour s'en empêcher. Pas de faiblesse devant Lestrange.

La Mangemort la secoua et se rit de nouveau.

- N'est-ce pas que tu t'es attachée à lui ?!

Hermione ne répondit pas. Bellatrix l'attrapa par les cheveux et plaça le visage d'Hermione à quelques centimètres du sien.

- Le traître et la Sang-de-Bourbe… Le couple parfait… Alors, est-ce que tu t'es attachée à lui ?

Elle gifla Hermione. Celle-ci sentit aussitôt un goût métallique lui envahir la bouche.

- Je… Je ne sais pas…, répondit la jeune femme.

Elle reçut une nouvelle gifle. Hermione cracha du sang.

- Bien sûr que si, tu le sais ! hurla Bellatrix d'une voix perçante. Je suis en toi, Sang-de-Bourbe, je sais ce que tu ressens !

Hermione sentit l'horreur s'insinuer dans ses veines. Que voulait dire cette phrase ? Lestrange était en elle et savait tout ce qu'elle pensait ? Les paroles que la Mangemort avait prononcées quelques instants plus tôt lui revinrent en mémoire.

« Tu as beau te trouver dans ton rêve… »

Hermione sentit son cœur rater un battement. Cette phrase semblait la clé. Cette phrase semblait la pièce qui manquait pour tout comprendre. Le cerveau d'Hermione se mit à fonctionner à toute allure, malgré la douleur. Et Hermione sut.

Elle comprit que Bellatrix pouvait entrer en elle. Elle comprit la Mangemort hantait son rêve réellement. Elle comprit qu'elle était réellement en train de se faire torturer par Bellatrix Lestrange. Elle comprit pourquoi elle avait reçu cette blessure si étrange.

Bellatrix coupa court aux pensées d'Hermione en la jetant au sol.

- Vous voulez me posséder, c'est ça ?! parvint à crier Hermione. Comme vous l'avez fait avec Otacus !
- Perspicace…, répondit Lestrange.

La Mangemort donna un coup de pied puissant à Hermione, qui roula sur le ventre. Puis, elle visa le dos de la jeune femme de sa baguette.

- Tu me répugnes, Sang-de-Bourbe… Mais tu es nécessaire à mon plan…

Le cerveau d'Hermione se remit à fonctionner. La panique et la terreur semblaient lui éclaircir les idées. Otacus, du haut de ses onze ans, parvenait à résister à Bellatrix. Pourquoi pas elle ?

Au moment où elle pensait cela, un froid mordant et insupportable lui saisit le dos, et elle eut l'impression que son corps se durcissait. Elle cria de rage et de désespoir. Une sensation étrange lui envahit le bras droit. Celui-ci se mit à bouger tout seul, sans qu'Hermione ne puisse en reprendre le contrôle. Elle entendait le rire hystérique de Bellatrix derrière elle, et ce son qui l'horrifiait lui meurtrissait les tympans.

Mais Hermione ne devait pas céder.

Elle rassembla toute la force qui lui restait, tout son courage et toute sa volonté. Et, tandis qu'elle hurlait et concentrait toutes ses forces, elle sentit le froid reculer et son bras s'immobiliser, alors que le rire de Bellatrix s'estompait.

Hermione se concentra, yeux fermés et poings serrés.

Le froid et ses forces la quittèrent subitement. Elle ouvrit les yeux, et tout ce qu'elle aperçut fut le plafond de sa chambre. Haletante, la jeune femme tenta de se remémorer son rêve, se demandant si tout cela était vrai, lorsqu'une douleur fulgurante lui traversa le dos. Elle poussa un cri. C'est alors que la voix de Bellatrix résonna dans sa tête.

-N'oublie pas, Sang-de-Bourbe… Je suis en toi, maintenant, et la nuit prochaine, tu ne seras qu'une marionnette entre mes mains…

Le rire aigu raisonna dans la tête d'Hermione avant de disparaître.

Hermione sentit des larmes rouler sur ses joues.

Tout était vrai. Elle avait compris. Si elle ne résistait pas, elle allait se retrouver comme Otacus. Possédée, contrôlée, utilisée. Mais à quelles fins ? Et si Bellatrix était en elle, elle pourrait connaître toute l'avancée de leur plan, si jamais Rogue et Hermione en avaient un ! La jeune femme eut soudain l'impression de se transformer en un danger permanent. Elle tenta de se souvenir des paroles de Lestrange et, à sa grande surprise, les souvenirs du rêve demeuraient clairs.

Bellatrix avait dit qu'elle était en elle. Hermione se dit qu'elle aurait dû le sentir. Sentir quelque chose d'étranger en elle. Mais ce n'était pas le cas. Jamais Hermione n'avait eu l'impression d'avoir quelqu'un d'autre dans sa tête. La Mangemort devait seulement parvenir à contrôler ses rêves. Et elle voulait s'en servir pour posséder le corps d'Hermione. Elle réessaierait durant les prochaines nuits… La jeune femme en déduisit que la Mangemort pouvait donc lire ses sentiments lors des rêves…

Ses sentiments. Hermione se sentit mal à l'aise. Ainsi, elle s'était réellement attachée à Rogue. Et Bellatrix le savait.

N'ayant plus envie de dormir, elle voulut se lever. Elle alluma sa chambre en agitant sa baguette, posée à côté d'elle sur la table de nuit. Elle avait besoin de réfléchir à toutes ces nouvelles informations qu'elles avaient comprises.

Mais, alors qu'elle se redressait, la douleur cuisante de son dos se réveilla, manquant de la faire hurler de nouveau. Elle porta par réflexe la main là où elle avait mal, et elle se rendit compte que son pyjama était humide et chaud. Son cœur rata un battement. Elle enleva sa main et la porta devant ses yeux. Elle était couverte de sang. Une nouvelle vague de douleur la fit se cambrer. Soudain, repensant à son rêve qui avait paru si réel, elle bougea sa main droite pour vérifier que ses os n'étaient pas réellement cassés. Ce n'était heureusement pas le cas. Mais elle se rendit soudainement compte que son bras droit, celui dont Bellatrix avait momentanément pris le contrôle, était engourdi. Un vent de panique passa en elle.

Son mal de dos la fit revenir à la réalité. Il fallait qu'elle se rende à l'infirmerie, demander ses potions à Mrs Pomfresh. Elle se leva tant bien que mal et sortit de ses appartements. La douleur de son dos lui faisait serrer la mâchoire à chaque pas. Son bras droit semblait de plus en plus raide. Pourtant, elle était maîtresse de ses pensées, et elle n'avait pas l'impression que Bellatrix se terrait au fond de son esprit pour le moment…

Hermione hâta le pas et, au bout de quelques minutes qui lui parurent une éternité, elle parvint à l'infirmerie sans croiser personne. Il devait être trois heures du matin, et Hermione remercia Merlin de ne pas avoir croisé un élève errant. Elle devait être vraiment pâle et son pyjama était imbibé de sang. Il lui collait à la peau.

Elle pénétra dans l'infirmerie au moment où une nouvelle vague de douleur traversait sa plaie. Elle ne put retenir son cri.

Mrs Pomfresh, alertée, sortit presque immédiatement de son bureau, vêtue d'une robe de chambre bleu clair. Elle ouvrit de grands yeux en apercevant Hermione qui, courbée en deux au milieu de l'infirmerie, haletait.

- Miss Granger ? l'interpela l'infirmière. Que vous arrive-t-il ?

Hermione redressa la tête.

- Ma blessure…, souffla-t-elle d'une voix rauque. Elle s'est… rouverte…

L'infirmière retint une exclamation et se précipita vers la jeune femme.

- Faites-moi voir ! la pressa-t-elle.

Hermione se tourna pour exposer son dos.
Pomfresh plaqua ses deux mains sur sa bouche.

- Par Merlin…

Le derrière du haut de pyjama d'Hermione était entièrement rouge. Un sang rouge foncé et frais.

- Miss, asseyez-vous sur ce lit ! dit l'infirmière.

Hermione s'exécuta, grimaçant lorsqu'elle dut forcer sur ses muscles. Elle maintint contre sa poitrine son bras engourdi.

Pomfresh se précipita vers l'armoire où elle gardait ses remèdes et y fouilla fébrilement. Elle trouva enfin le remède d'Hermione. Mais le flacon était vide. Elle retourna près de la jeune femme.

- Miss Granger, je…

Elle aperçut soudain le bras d'Hermione.

- Qu'avez-vous à votre bras ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

Hermione déglutit. Il n'y avait qu'une personne à qui elle souhaitait parler de son rêve pour le moment. Rogue.

- Euh… Ce n'est rien… Je… me suis cognée contre ma table de nuit en me levant…, mentit Hermione.
- Nous verrons cela ensuite, répondit l'infirmière. Miss, je n'ai plus vos remèdes. Je vais de ce pas appeler le Professeur Rogue.

Hermione sentit le soulagement s'emparer d'elle. Elle allait pouvoir lui parler cette nuit.
La jeune femme acquiesça. Pomfresh se dirigea vers le fond de l'infirmerie, là où se trouvait la cheminée.

Hermione, serrant les dents pour résister à la douleur de son dos qui ne faiblissait pas, la suivit des yeux. C'est alors qu'elle aperçut une masse dans un lit voisin. Quelqu'un qui dormait. Mais, alors qu'elle reconnaissait les cheveux blonds de Malefoy, une vague de douleur bien plus forte que les précédentes lui traversa le dos, anéantissant sa résistance. Hermione s'évanouit.

Rogue entra en trombe dans l'infirmerie, les mains chargées de flacons divers, ses éternelles robes noires volant derrière lui.

- Où est-elle ? demanda-t-il à Mrs Pomfresh qui venait l'accueillir.

L'infirmière lui désigna un des lits. Il aperçut Hermione, allongée en travers du matelas, dans une position étrange.

- Elle s'est évanouie le temps que vous montiez, Professeur…, lui dit Pomfresh.

Le Maître des Potions s'approcha du lit et posa les potions qu'il tenait sur la table de chevet. Il sortit sa baguette et fit léviter Hermione, de façon à la positionner correctement sur le matelas, laissant une grande trace rouge à l'endroit exact où elle s'était évanouie.

Puis, Rogue agita de nouveau sa baguette et allongea Hermione sur le ventre. Il se pencha au-dessus du lit et souleva le haut de pyjama d'Hermione pour découvrir la blessure.

Mrs Pomfresh et lui eurent tous deux un mouvement de recul.

Rogue fonça les sourcils et pinça les lèvres.

- Que vous a-t-elle dit en arrivant, Pomfresh ?
- Rien, si ce n'est que sa blessure s'était rouverte…, répondit l'infirmière qui ne pouvait détacher son regard de la blessure d'Hermione. Par Merlin, qu'est-ce que c'est que cette chose ?

La blessure d'Hermione, qui avait pourtant presque cicatrisé, s'était complètement rouverte et était à présent aussi large que lorsque la jeune femme était arrivée à Ste-Mangouste. Du sang en suintait sans discontinuer, et des filaments noirs partaient des lèvres de la plaie vers l'extérieur.
Severus attrapa un flacon, lequel contenait un puissant cicatrisant, et en versa une goutte sur la blessure. Il n'y eut pas le moindre effet.
Il reposa la fiole et sortit sa baguette. Il ferma les yeux, réfléchissant à un sort qui pourrait faire quelque chose.

- Vulnera Sanentur…, murmura-t-il doucement.

Il constata avec soulagement que le sang s'arrêtait de couler. Il répéta l'incantation deux autres fois. La largeur de la blessure diminua un peu, mais la plaie restait profonde. Le sort qui avait provoqué cette blessure était puissant et il n'y avait pour l'instant pas beaucoup de solutions de guérison.

- Mais comment cette plaie a pu…, commença l'infirmière. La cicatrisation avait pourtant bien… Je ne comprends pas. Comment cette plaie a-t-elle pu se rouvrir ?
- C'est ce que nous allons savoir…, répondit Rogue d'une voix basse.

Il retourna Hermione sur le dos. Elle était pâle, mais ses joues semblaient petit à petit reprendre des couleurs. Il attrapa un autre flacon de potion, ouvrit la bouche d'Hermione et y vida le contenu.

Hermione avait l'impression de flotter. La douleur semblait s'estomper petit à petit. Une voix, basse et grave, récitait des mots qu'elle ne parvenait pas à saisir. Des mots qui ressemblaient à une chanson, douce et rassurante.

Elle entendit ensuite des voix qui lui parurent étouffées. Un homme et une femme.

-Mais comment cette plaie a pu… La cicatrisation avait pourtant bien… Je ne comprends pas. Comment cette plaie a-t-elle pu se rouvrir ?
- C'est ce que nous allons savoir…

Hermione sentit qu'on la retournait. Elle n'avait pas la force d'ouvrir les yeux. Encore moins celle de parler.

Elle sentit ensuite qu'on lui ouvrait la bouche. Un liquide âcre y coula, lui piquant la langue, et descendit douloureusement dans sa gorge.

Elle retrouva ses esprits. Sa mémoire et ses souvenirs récents s'abattirent alors d'un seul coup sur elle. Le visage de Bellatrix Lestrange apparut sur l'écran noir de ses paupières. Hermione s'agita brusquement. Elle se rappela le rêve, la douleur des sorts. Elle se rappela tout ce que Lestrange lui avait dit, et tout ce qu'elle avait compris seule. Elle se souvint que Bellatrix pouvait lire en elle en provoquant des rêves. Des cauchemars. Elle se souvint que Lestrange cherchait à la posséder.

- NON ! hurla soudain Hermione.

Rogue et Pomfresh sursautèrent.

- Elle revient à elle ! s'exclama l'infirmière.

Hermione fut prise de convulsions sur son lit et se cambra en tous sens, agitant fébrilement ses membres comme pour se défendre ou frapper un adversaire invisible. Des larmes ruisselaient sur ses joues qui reprenaient de la couleur.

Rogue bondit et attrapa les bras d'Hermione, tentant d'arrêter leur mouvement. Pomfresh se précipita vers son armoire et en sortit une potion calmante.

Pendant ce temps, Rogue avait placé son genou sur les jambes d'Hermione pour l'empêcher de bouger et tenait fermement les bras de sa collègue de ses mains. Qu'avait-elle vécu cette nuit pour être dans un tel état ?

Cependant, elle redevenait consciente. Mais elle ne se calmait pas. En voyant l'infirmière arriver avec sa potion calmante, il eut une idée. Il sut qu'ils n'arriveraient jamais à faire avaler cette potion à Hermione si elle bougeait comme ça… Severus maintint fermement les poignets de la jeune femme de la main gauche. Il leva sa main droite et lui asséna une gifle. Mrs Pomfresh poussa un cri.

Hermione s'immobilisa soudain. Ses yeux s'ouvrirent en grand et se fixèrent sur Severus.
Haletante, elle l'observa un moment.

- Miss Granger ? murmura Severus en se penchant un peu vers elle, l'air soucieux.

Elle ne répondit pas, continuant de l'observer. Puis, ses yeux parurent passer à travers son collègue tandis qu'elle observait le vide.

- Hermione ?..., souffla-t-il très bas, si bien que seule Hermione pouvait l'entendre.
- J'ai compris, Severus…, répondit-elle tout aussi bas. J'ai tout compris.


Alors, qu'en avez-vous pensé ? Laissez-moi vos avis !