D'après Mariko, Naoya n'avait pas repris connaissance de toute sa discussion avec Mikuriya. Il semblait à Naoto, lorsqu'il le voyait ainsi, étendu, les yeux clos, sous les draps blancs de l'infirmerie, qu'il ne réintègrerait plus jamais le monde de la conscience. Il n'y avait rien à faire lorsqu'il s'évanouissait ainsi, Naoto le savait. Toutes les supplications, toutes les paroles du monde étaient impuissantes à le faire revenir. Tout ce qu'il pouvait faire maintenant, c'était trouver un moyen d'aider son frère, de résoudre le problème qui le maintenait dans cet état, et alors tout rentrerait dans l'ordre. Naoya se réveillerait, il pourrait l'étreindre et sentir son souffle plus prononcé dans ses cheveux, puis ils repartiraient d'ici, et le monde irait mieux de nouveau. Oui, c'était ce que Naoto allait faire. Tout comme il était entré par effraction dans un manoir presque abandonné, il y avait si longtemps, pour secourir une petite fille suppliciée par son père et dont Naoya avait lu l'esprit avant de perdre soudainement conscience et de ne plus revenir à ses sens. Tout comme ce jour-là, Naoto infiltrerait l'Ark et obtiendrait le remède dont son frère avait besoin, quoi qu'il lui en coûte.

Dans un grincement, l'homme aux cheveux noirs se pencha en avant dans son fauteuil, un peu plus près du corps inconscient de son cadet. Il laissa sa main flotter en suspension près de sa joue, puis la posa avec douceur contre sa peau et s'aperçut alors qu'elle tremblait. Des larmes semblaient également vouloir déborder de ses yeux, et il les repoussa d'un mouvement de tête rageur.

"Naoya, murmura-t-il, je vais te sortir de là. Je t'aiderai, comme je t'ai toujours aidé. Je... Je ferai n'importe quoi..."

Il aurait aimé pouvoir soulever la forme inerte de son frère et le tenir dans ses bras pendant un petit moment, mais Naoya paraissait si fragile... Et puis, sans obtenir de réponse de sa part, il aurait eu l'impression d'étreindre un cadavre, et il refusait de penser à ça. Il resta donc assis à regarder son frère et à veiller sur ses nuits, comme il le faisait toujours lorsque Naoya avait peur ou était débordé par les images horribles qu'il avait vues dans l'esprit des gens. A la différence que, ces fois-là, son cadet était agité de tremblements et de sursauts, et qu'il finissait toujours par reprendre conscience, pour confier à son frère ce qui lui faisait peur. Cette fois, le jeune homme était aussi immobile qu'une statue. Il semblait qu'il ne rouvrirait plus jamais les yeux.

L'aube violette se levait à peine lorsque Naoto perçut derrière lui le raclement familier des portes qui coulissent. Il jeta à peine un coup d'oeil dans la direction du bruit, et devina la silhouette élancée de Mariko qui patientait derrière lui.

"Qu'y-a-t-il ? demanda-t-il d'une voix monocorde, tout en sachant très bien de quoi il retournait.

-Le jour s'est levé, annonça la scientifique. Monsieur Mikuriya pense que vous devriez vous mettre en route dès maintenant. Chaque minute compte."

Elle s'était permis de glisser rapidement ce commentaire, d'une voix feutrée, basse, comme si elle regrettait déjà ses mots avant même de les avoir prononcés. Et pour cause !, Naoto gronda, contrarié.

"Je le sais, rétorqua-t-il sèchement."

Pour qui le prenait-elle ? Bien sûr que le temps pressait ! Ce n'était pas une raison pour que la perspective de quitter son frère mourant le réjouisse. Ça ne lui ressemblait pas de laisser Naoya derrière lui alors qu'il souffrait tant; il était la seule personne à pouvoir le réconforter et le protéger correctement ! Et pourtant...

"J'arrive, lança-t-il du bout des lèvres, espérant qu'elle comprendrait son désir de passer quelques minutes seul avec son cadet.

-Je vous attends à l'entrée."

La jeune femme s'éclipsa sans un bruit.

Naoto se pencha de nouveau. Comme il venait de prendre brusquement conscience que, après son départ, Naoya et lui risquaient de ne plus se revoir durant plusieurs semaines, voire plusieurs mois -mais son frère ne tiendrait jamais aussi longtemps sans traitement-, l'homme aux cheveux noirs glissa une caresse beaucoup plus prononcée sur la joue de son cadet, du dos de la main. A son âge, Naoya avait encore une peau toute lisse et douce, comme celle des bébés. Un flash tendre et douloureux lui revint à l'esprit et il se revit, tout jeune enfant de six ans, en train de caresser avec douceur et fascination la minuscule joue de son minuscule petit frère qui venait à peine de naître, et que leur mère tenait précautionneusement dans ses bras, enveloppé dans une couverture bleue. Même vingt-et-un ans plus tard, rien n'avait vraiment changé. Naoya demeurerait, pour toujours, son doux, gentil, adorable, minuscule petit frère. Qu'il soit désormais adulte ne changeait strictement rien.

Les larmes aux yeux, Naoto continua de caresser la joue de son frère durant de très longues et très précieuses minutes, puis il appuya un doux baiser sur son front brûlant de fièvre.

"Naoya..., murmura-t-il, je te promets que je trouverai le moyen de te soigner... Même si je dois pactiser avec l'Ark pour ça !"

Il garda ses lèvres appuyées sur le front de son cadet pendant quelques instants, puis déplaça son baiser à sa tempe et aux cheveux bruns poisseux de transpiration qui y affleuraient.

"Ne t'inquiète pas, Naoya, ajouta-t-il dans un murmure. Je reviendrai aussi vite que possible."

Il planta un dernier baiser sur sa joue et se redressa, le coeur lourd. Après un dernier regard plein de regret et d'angoisse à son petit frère, il quitta la chambre. Comme il sortait de la pièce, il ne vit pas le léger frémissement qui parcourut les doigts de Naoya.

/

Les couloirs jusqu'à la cafétéria étaient déserts. A cette heure-ci, les pensionnaires dormaient encore, de même que les chercheurs résidant au centre pendant la semaine, et les autres n'étaient probablement pas encore partis de chez eux. Seule Mariko était réveillée, ainsi que Mikuriya, qui l'attendait devant l'entrée, la mine aussi imperturbable que de coutume.

"Je compte sur vous pour veiller sur Naoya en mon absence, lança Naoto un peu froidement en lui accordant à peine un coup d'oeil en coin. Vous savez mieux que quiconque à quel point il est important pour moi.

-Ne t'en fais pas. Nous ferons en sorte de ralentir la progression de sa maladie jusqu'à ce que tu reviennes.

-Il n'y a pas que ça, répliqua le grand frère en se tournant vivement vers lui. Naoya s'est mis à développer un étrange pouvoir de divination depuis que nous avons quitté le centre. Ses visions sont souvent douloureuses et violentes. Il a besoin que quelqu'un s'occupe de lui dans ces moments-là."

Naoto serra les poings, gagné par une culpabilité inattendue. Il n'avait évidemment pas d'autre choix que de partir pour sauver son frère, mais savoir qu'il le laissait seul ici, sans personne qui sache comment calmer ses angoisses, ses mouvements de lutte incontrôlés durant lesquels il manquait souvent de se blesser, et le réconforter après les terribles images qui s'incrustaient dans son esprit, le remplissait d'une douloureuse culpabilité. Il était son grand frère. C'était à lui de s'occuper de Naoya -surtout qu'il était le seul à savoir comment faire. Le seul à pouvoir le câliner sans qu'il souffre...

Mikuriya perçut (ou devina) sa souffrance et posa une main réconfortante sur son épaule. Bien évidemment, Naoto ne la perçut pas ainsi, ce geste venant de l'homme qui les avait enfermés ici durant toutes ces années, et il fronça les sourcils, contrarié par ce contact importun.

"Ne t'inquiète pas, Naoto, répéta Mikuriya sans s'émouvoir de son regard sombre. J'ai appris à vous connaître, après toutes ces années. Je m'occuperai de Naoya.

-Bien."

S'il y avait une seule autre personne -une seule- que Naoya pouvait croire, et à qui il avait déjà témoigné de la confiance, autre que son frère, c'était cet homme. Aussi étrange que cela puisse paraître.

"Dans ce cas, je vais y aller, conclut Naoto à contrecœur. Faites tout ce que vous pouvez pour que Naoya aille mieux.

-Nous le ferons.

-Je vais vous accompagner jusqu'à la sortie de la forêt, Naoto, lança alors Mariko."

L'homme aux cheveux noirs acquiesça d'un unique hochement de tête. La proposition de la jeune femme n'avait rien de surprenant. Elle ne paraissait pas avoir oublié la certaine amitié qui s'était installée entre eux au cours des dernières années. Ni de son béguin pour lui, nota-t-il d'un seul coup d'oeil. Curieusement, ça le rendait surtout triste. Il y avait déjà longtemps qu'il ne ressentait plus la même chose pour elle.

"Allons-y, décréta Naoto sans détour, pressé d'en finir et de revenir vite."

Ils traversèrent le bâtiment et s'enfoncèrent dans la forêt, sous le regard pénétrant de Mikuriya. Naoto soupira, le coeur lourd. Naoya lui manquait déjà.

/

Leur progression s'était effectuée en silence. Naoto n'avait pas envie de parler et Mariko n'avait pas grand chose à lui dire. Et puis, il était tôt; ses yeux étaient encore un peu brumeux de sommeil.

Ils traversèrent donc les bois sans un mot, tandis que dansaient autour d'eux le craquement des branches sous leurs pieds, le froissement des feuilles et le cui-cui des oiseaux.

Et puis soudain, Naoto s'arrêta.

"Qu'est-ce-qui ne va pas ? s'inquiéta Mariko."

Son compagnon ne répondit rien, mais ses yeux se promenèrent sombrement sur les arbres alentour.

"Il y a quelqu'un, déclara-t-il, les sourcils froncés. Quelqu'un..."

Avant que Mariko puisse chercher le mystérieux intrus des yeux, la forêt se mit à irradier autour d'eux. Des ondes de lumière argentées, semblables aux ondulations des aurores boréales, se propagèrent depuis la cime des arbres, rendant presque floues les limites du ciel. Captivée, la scientifique ne sortit de son admiration que lorsque Naoto lui intima brusquement de reculer.

"Attention."

Le sol devant eux s'était également mis à miroiter, et à la surprise de Mariko, un groupe d'animaux indistincts sortit des fourrés. Ils étaient totalement indéfinissables, si ce n'était leurs quatre pattes caractéristiques des chiens ou des loups. Ce qui ressemblait à de la fourrure était presque transparent. Peut-être était-ce un mélange de canidé, de reptile et d'insecte, aussi absurde que cela pouvait paraître. En tout cas, nul doute que ces créatures n'étaient pas réelles.

"Qu'est-ce c'est que ça ? s'inquiéta Mariko en reculant, poussée par Naoto.

-Je ne sais pas, répondit sombrement celui-ci. En tout cas, il va falloir les combattre pour pouvoir passer."

Mais les créatures ne faisaient pas mine d'attaquer. Elles se tenaient simplement là, jaugeant probablement les deux humains de leurs yeux invisibles. Mariko leva les yeux vers son compagnon, qui se tenait toujours un pas devant elle pour la protéger. Il fixait les étranges animaux, indécis, puis replia son bras et s'avança résolument vers eux.

"Attendez ! le rappela Mariko, l'inquiétude pointant dans sa voix."

Dès qu'ils virent Naoto s'approcher, les créatures poussèrent un grognement d'avertissement et s'avancèrent vers lui. Naoto s'arrêta, marqua une pause, puis reprit résolument son chemin. Les étranges bêtes poussèrent alors un bref cri à glacer le sang et s'élancèrent vers lui. Le souffle coupé, Mariko les regarda courir vers Naoto, puis des geysers de terre et des éclats de roche volèrent près de leur pattes. Elle crut d'abord que c'était eux qui les faisaient voler dans leur élan, avant de comprendre, en entendant le grognement de Naoto, qu'il avait essayé d'utiliser son pouvoir pour les repousser. Visiblement, ça n'avait pas marché.

"Merde..."

Naoto recula de quelques pas, les mâchoires serrées. Aussitôt, les créatures s'arrêtèrent. Elles ne firent pas mine de reprendre leur place initiale, mais elles cessèrent de gronder et de cracher en direction de l'homme aux cheveux noirs.

"Qu'est-ce-que..., balbutia Mariko, éberluée.

-Ils ne veulent pas que je quitte cette forêt, comprit Naoto en revenant vers elle. Je ne sais pas ce que c'est, mais il y a quelqu'un ou quelque chose qui veut m'empêcher de partir.

-Dans quel but ?

-Je ne sais pas...

-Ça ne peut pas être l'un de nos pensionnaires ! Aucun d'entre eux ne possède la faculté de créer des... des bêtes pareilles...

-Sont-elles seulement réelles... ?

-Hein ?

-Ces créatures. Est-ce qu'elles sont réelles ? pensa tout haut Naoto en fixant les animaux hybrides. Si ce ne sont que de simples illusions...

-Mais si elles ne le sont pas, vous allez vous faire tailler en pièces ! protesta Mariko."

Naoto se tourna de moitié vers elle et la fixa de ses beaux yeux noirs. Son visage ne portait aucune trace de crainte ou d'hésitation, seulement une détermination sans bornes.

"Si c'est le seul moyen d'aider Naoya, alors je suis prêt à courir tous les risques, déclara-t-il simplement."

Il se tourna de nouveau vers les créatures. Devant les yeux de Mariko, pleins d'appréhension et de fascination, il s'avança de nouveau vers les bêtes transparentes. Elles se redressèrent aussitôt en bavant et en grondant, sur le qui-vive. Naoto marqua une pause, prit une profonde inspiration et se mit à courir vers elles. Elles poussèrent aussitôt un cri bref, à cheval entre les stridulations d'un insecte et l'aboiement d'un chien, puis elles s'élancèrent vers lui. Captivée, horrifiée, Mariko fixait du regard les deux entités qui se fonçaient dessus et attendit l'impact. Le moment sembla s'étirer pendant de longues, très longues secondes. Puis les bêtes enragées percutèrent Naoto et le recouvrirent aussitôt de leur corps enragé et de fourrure hérissée.

"Non ! cria la jeune femme, épouvantée."

Elle ne percevait plus de Naoto que les mouvements saccadés qu'il donnait pour se libérer et, parfois, un bref aperçu de son manteau noir et de ses cheveux sombres. Les bêtes continuaient de japper, de crisser et de grogner, elles semblaient mordre et pincer leur victime avec leur gueule étrange, et il ne fallut pas attendre longtemps avant que des cris de douleur retentissent.

"Naoto ! Non !"

Mariko s'avança de quelques pas puis s'arrêta, figée par le choc et l'incertitude. Devait-elle tenter de lui porter secours ? Mais elle non plus n'était pas de taille contre des bêtes pareilles. Déjà que le pouvoir de Naoto ne servait à rien... Désespérée, elle vit des geysers de terre jaillir du sol et de profondes entailles griffer l'écorce des arbres alentour, comme sorties de nulle part. Non, même la télékinésie de l'homme aux cheveux noirs n'avait aucun effet sur ces créatures maléfiques sorties du néant !

Naoto étouffait, compressé par le poids des bêtes enragées qui l'attaquaient, le mordaient, le pinçaient, le griffaient, lui montaient dessus en prenant appui sur son ventre, et leur fourrure inodore qui se pressait contre son visage. Ça ne servait à rien ! Elles étaient trop nombreuses pour lui, et son pouvoir... ce pouvoir qu'il avait tant maudit mais qui leur avait plus d'une fois sauvé la vie, ce pouvoir ne lui servait à rien aujourd'hui ! Il était inefficace contre elles, comme s'il passait au travers de leur corps sans les blesser. Il ne comprenait pas... il ne comprenait pas et n'avait pas le temps de comprendre. Il fallait... qu'il sorte de là avant que... avant que...

L'oxygène commençait sérieusement à lui manquer. Des points noirs se mirent à clignoter devant ses yeux. Naoto poussa un gémissement, autant de douleur que de désespoir, et il sentit sans pouvoir l'en empêcher ses forces l'abandonner. Non... ce n'était pas possible... il ne pouvait pas... et Naoya qui l'attendait... Naoya qu'il devait sauver, coûte que coûte... Naoya qu'il ne pouvait pas laisser seul dans ce monde...

La tête lui tournait de plus en plus. Comme dans un rêve, Naoto laissa sa tête retomber vers l'arrière, protégée des coups de crocs et des coups de griffes par ses deux bras repliés, et sentit l'engourdissement l'envahir.

"Naoya..., murmura-t-il tandis que le flou envahissait sa vision. Naoya..."

Non... ce n'était pas possible... Une vague de détresse et de désespoir lui souleva la poitrine et, cette fois, il hurla :

"Naoya ! Naoyaaaaa !"

Dans un flash, les créatures disparurent.

Le calme retomba dans la petite clairière. On n'entendait plus que les halètement de Naoto, le frémissement des feuilles et le cri des oiseaux qui étaient revenus.

"Qu'est-ce que... qu'est-ce qui s'est passé ? bégaya Mariko après de longues secondes de silence incrédule."

Elle tituba vers Naoto, les jambes encore tremblantes d'émotion, et se laissa tomber près de lui. Les griffes des créatures avaient éraflé le tissus de son manteau, de son pantalon gris et de sa chemise noire. Il portait également des traces de crocs plantées dans ses vêtements et des blessures striaient ses mains et son cou. Rien de très grave, cependant; le saignement s'arrêtait déjà presque de lui-même.

Naoto leva lentement les yeux vers Mariko, aussi déboussolé qu'elle. Alors qu'elles le tenaient à sa merci, les créatures avaient juste... disparu. Comme ça. Sans raison si explication. Enfin, si, il y avait sans doute une raison, mais Naoto n'avait pas la moindre idée de laquelle elle pouvait être pour l'instant. Il prit une minute, le temps de se reprendre et que Mariko examine ses coupures, puis il se releva.

"Allons-y, lança-t-il laconiquement. Je préfère que nous soyons partis d'ici au cas où ces créatures reviendraient."

Après une pause, la scientifique lui emboîta le pas. Ils traversèrent rapidement la forêt et émergèrent vers le petit parking qui la bordait, comme sorti de nulle part. La voiture que Naoto et Naoya avaient volée à Mikuriya en s'échappant du centre était seule sur la surface d'asphalte. L'aîné la fixa longuement, puis se tourna vers sa compagne.

"Merci de m'avoir accompagné, dit-il avec sincérité. Et faites attention sur le chemin du retour. Je ne sais pas d'où sortaient ces créatures, mais... je ne voudrais pas qu'elles attaquent d'autres personnes.

-Je... je ferai attention, affirma Mariko, quand même un peu anxieuse. Faites attention à vous aussi. L'Ark n'est pas réputée pour faire grand cas des gens qui la défient.

-Je le sais, répondit sombrement Naoto en songeant à Reiko, poursuivie sans relâche par cette organisation à deux visages, et de la démence de Sonezaki. Mais je les affronterai un par un s'il le faut pour aider Naoya."

Mariko le fixa sans répondre. Oui, elle était certaine qu'il le ferait. Et, comme elle le voyait maintenant, dur et déterminé à sauver son cadet, elle était aussi certaine qu'il réussirait.

"Soyez prudents, répéta-t-elle. Et revenez-nous sain et sauf. Naoya vous attend."

Et moi aussi, ajouta-t-elle sans le dire.

Naoto acquiesça d'un hochement de tête. Mariko le suivit des yeux tandis qu'il marchait vers sa voiture, prenait place au volant et manœuvrait habilement pour sortir du parking. Il lui jeta un dernier coup d'oeil dans le rétroviseur et s'éloigna à pleine vitesse sur le ruban d'asphalte.

Il fixa du regard la route qui s'étirait devant lui. Le siège à côté de lui était vide, alors que pas une seule fois il n'avait pris le volant sans Naoya. Mais peu importait. Cette nuit, il parviendrait à Tokyo et trouverait un moyen de pénétrer l'Ark. Coûte que coûte. La vie de Naoya en dépendait.


Et voilà le petit chapitre trois ! Que de suspense, n'est-il pas. Et du fluff, parce que je le peux ! Et qu'on ne risque pas de revoir les frères Kirihara avant un moment, malheureusement :/ Naoto, Naoya, je vous aime toujours comme une folle~