Bon… Je sais, honte à moi, encore…

Je suis désolée de mettre tant de temps à publier…

Mais voici deux nouveaux chapitres !

Réponse à Patouch la Mouche : Je suis contente que tu ne m'en veuilles pas trop. M'enfin… Oui, j'ai beaucoup de travail (et je suis désolée de ne pas t'avoir posté de 3e chapitre…) C'est vrai que ça commence à s'arranger pour Hermione et Severus, mais c'est pas encore ça… Bellatrix réelle ?! Ah non, non, non ! Il ne vaut mieux pas…

Donc voici les nouveaux chapitres ! J'espère que tu aimeras ! Et merci pour tes reviews ! :D

Réponse à Git : Merci de tes reviews ! Je suis contente que tu aimes mon style d'écriture, et ces phrases en particulier. Un « ersatz » désigne un substitut. Quand Rogue emploie ce mot, je voulais qu'il dise que Lily avait été la seule femme qu'il ait aimée, et que les autres n'avaient été que des substituts de Lily.

C'est vrai que je vous fais languir, mais bon, Hermione et Rogue sont deux personnages compliqués, alors il leur faut un peu de temps ! ^^


Escapade

Hermione ouvrit lentement les yeux, et ses paupières papillonnèrent un instant avant que ses prunelles ne s'habituent à la clarté qui inondait la chambre. Malgré les stores qui masquaient les vitres, les rayons du soleil matinal parvenaient à illuminer la pièce.

La jeune femme fronça les sourcils et poussa un gémissement en se rendant compte qu'elle avait une migraine effroyable. Aussitôt, les événements de la nuit éclatèrent dans son esprit encore embrumé de sommeil. Elle se rappela l'avant et l'après de la possession de Bellatrix, la torture et le brouillard de son rêve. Elle se souvint des paroles de Rogue, de l'attaque qu'il avait mentionnée, une attaque menée par son corps à elle !

Elle soupira, sachant que pour le moment, il ne servait à rien de se lamenter, mais qu'il fallait plutôt agir. Et vite. Il n'y avait pour cela qu'une seule solution : se rendre au musée pour dérober le livre. Au lieu de l'avoir abattue, la possession de Bellatrix avait agi en sens contraire. Elle l'avait motivée à faire tout ce qu'elle pourrait pour se débarrasser de ce sort et de cette menace qui pesait sans cesse sur elle.

Hermione bailla et voulut s'étirer. C'est seulement à ce moment qu'elle se rendit compte que la position qu'elle occupait dans le lit était étrange. Elle était en fait allongée en diagonale, les pieds à l'autre bout du lit, alors qu'elle se souvenait s'être endormie bien droite… Elle était appuyée sur quelque chose de confortable. Quelque chose de rigide mais souple à la fois. Quelque chose qui se soulevait régulièrement et qui se trouvait à l'exacte place de Rogue.

Hermione sursauta doucement, se retenant de faire un bond. Non… Elle ne s'était tout de même pas étalée au point de finir sur Rogue ?… Les yeux à présent grands ouverts, le cœur battant, une tiédeur étrange se répandant dans tout son corps, elle n'osait pas faire un geste. Et si jamais il se réveillait alors qu'elle essayait de se lever ? Mais voulait-elle seulement se lever ? Elle sentit ses joues s'enflammer. Elle s'aperçut alors que quelque chose appuyait sur son épaule et sa hanche. Elle tourna légèrement la tête…et son cœur parut s'arrêter subitement. Là, sur sa taille, reposait la main de Rogue.

Elle se mordit la lèvre, laissant ses yeux fixés sur ces doigts pâles posée sur sa hanche. Il devait dormir lorsqu'il avait bougé son bras, il était certain qu'il n'avait pas fait ça de son plein gré… Hermione ressentit un petit pincement au cœur à cette pensée.

Elle se concentra sur la respiration de Rogue. Lente et régulière. Il avait l'air de dormir profondément. Etant donnée l'animation de la nuit, Hermione pensa qu'il devait être épuisé…

Elle prit une profonde inspiration. Elle se tourna un peu sur le côté, tout doucement, pour ne pas le réveiller. Elle ne voulait pas se lever. Elle se tourna donc contre Rogue, en frissonnant lorsqu'elle constata que la main de son collègue ne bougeait pas de sa hanche, mais suivait au contraire le mouvement de la jeune femme.

Elle se retrouva collée au flanc de Rogue, le nez contre lui, et elle sentit l'odeur fraîche de celui-ci envahir ses narines. Elle sourit un peu, puis elle se redressa. Elle vit que la tête de son collègue avait roulé sur le côté. Ses cheveux lui recouvraient la joue. Hermione se redressa encore pour l'observer un peu plus, et se retrouva dans une position inconfortable. Elle voulait voir à quoi ressemblait l'expression naturelle du visage de Rogue, lorsqu'il dormait. Elle s'appuya sur son bras mais celui-ci s'enfonça dans le matelas et Hermione bascula, heurtant Rogue au passage. Il émit un grognement et bougea un peu. Hermione se tendit brusquement, les yeux écarquillés, et semblait paralysée. Si jamais il se réveillait maintenant…

Il parut cependant continuer de dormir. Mais au moment où Hermione poussait un soupir de soulagement, il gigota et ses yeux s'ouvrirent doucement.

La jeune femme, retenant un glapissement, plongea sur le côté et se coucha à l'extrême bord du lit, en tournant le dos à Rogue. Son cœur cognait dans sa poitrine mais elle avait envie de rire. C'était, après tout, une situation un peu déplacée… Elle ferma les yeux, faisant semblant de dormir et tentant de paraître convaincante.

Elle voulait se mordre la lèvre pour empêcher son rire d'éclater, mais se contenta de se concentrer sur sa respiration pour se calmer. Elle entendit un grognement derrière elle, puis un soupir, puis un bruit de draps froissés. Elle écouta Rogue se redresser dans son lit, et le tissu du lit bruissa derrière elle. Elle se sentit légèrement partir en arrière, et en déduisit que Rogue avait appuyé sa main juste derrière elle. Elle resta calme, mais faillit sursauter violemment quand un souffle chaud caressa sa joue. Il regardait si elle dormait.

Hermione resta focalisée sur sa respiration, cherchant à ne pas se trahir. Elle priait mentalement pour qu'il s'éloigne d'elle, tout en appréciant cette proximité.

Finalement, il se retira. La jeune femme l'entendit se lever, ouvrir la porte de la chambre, puis distingua les grincements du vieux plancher du couloir. Il y eut un moment de silence, suivi d'un bruit de canalisation puis du bruit de l'eau dans la douche.

Poussant un soupir, Hermione s'assit sur son lit et se frotta les yeux. Elle posa ensuite ses pieds sur le sol et se leva, grimaçant un peu lorsqu'un petit lancinement lui parcourut la colonne vertébrale. Expulsant Bellatrix de ses pensées, du moins pour le moment, elle s'approcha du placard et ouvrit la vieille porte de bois, et saisit une robe de chambre blanche. Elle s'emmitoufla dedans et sortit à son tour de la pièce.

Jetant un regard à la porte close de la salle de bains, elle prit la direction opposée et descendit les escaliers. Elle se rendit à la cuisine, où elle trouva sa grand-mère en pleine préparation du petit-déjeuner. Meredith se retourna :

- Hermione ! fit-elle avec un grand sourire.

Mais sa bonne humeur sembla s'évaporer alors qu'elle détaillait le visage de sa petite fille. Hermione songea qu'elle devait avoir une mine épouvantable. La vieille femme s'approcha vivement d'Hermione et posa une main sur son front.

- Tu es malade ? demanda-t-elle d'une voix paniquée. Tu es toute pâle ! Assieds-toi immédiatement, je vais chercher le thermomètre.

Hermione ouvrit la bouche pour protester, mais la grand-mère tira une chaise et la montra du doigt.

- Assieds-toi, je reviens !

Hermione obtempéra en se laissa tomber sur sa chaise, grimaçant quand une onde de douleur irradia dans son dos et dans son crâne. Elle entendit sa grand-mère monter les escaliers d'un pas alerte. Elle suivit des yeux le parcours de sa grand-mère en levant le regard vers le plafond, et ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle comprit que Meredith se rendait à la salle de bains, où devait se trouver le thermomètre. Mais pas que lui…

Il y eut un bruit d'ouverture de porte, suivi d'un léger cri de colère d'une voix masculine. Hermione entendit des éclats de voix sans pouvoir en discerner le sens, puis elle entendit la porte claquer violemment et les pas de sa grand-mère dans l'escalier.

Lorsque Meredith entra dans la cuisine, elle paraissait un peu mécontente. Elle saisit le thermomètre et le mit dans la bouche de sa petite fille.

- Tu le gardes une minute.

Puis elle s'approcha de la cuisinière, attrapa un poêle et retourna vers Hermione. La table étant déjà mise, elle versa dans l'assiette de sa petite fille deux gros œufs au plat, puis lui apporta quatre toasts, une plaque de beurre et un pot de confiture.

- Ensuite tu mangeras un peu. Il faut prendre des forces quand on a attrapé un coup de froid.

Hermione soupira en pensant qu'elle aurait bien aimé ne souffrir que d'un coup de froid. Elle appuya son coude sur la table et se frotta le front en attendant que le thermomètre accomplisse sa tâche, lorsque Rogue entra dans la cuisine. Il fusilla Meredith du regard, laquelle fit de même, puis jeta un regard étrange à Hermione et au thermomètre qui dépassait de sa bouche. La jeune femme se sentit rougir.

Il s'assit en face d'elle, attrapa un toast et commença à le beurrer en silence. Meredith posa brutalement la cafetière devant lui, faisant gicler du café au passage, et se tourna vers Hermione. Elle lui enleva le thermomètre, le regarda, le secoua un peu puis le regarda de nouveau.

- Un peu fiévreuse, constata-t-elle.

Elle leva un regard sévère vers sa petite fille.

- Tu mettras une écharpe si tu sors, et tu me feras le plaisir de mettre deux pulls si tu ne veux pas attraper la mort.

Hermione acquiesça mais fronça les sourcils en voyant le sourire narquois de Rogue en face d'elle.

- Bon, je vous laisse, j'ai beaucoup de courses à faire, dit soudain Meredith.

Elle embrassa Hermione sur le front et sortit de la cuisine. Quelques instants plus tard, la porte d'entrée claquait et Rogue et Hermione se retrouvaient seuls dans la maison.

Ils demeurèrent immobiles un instant, face à face, puis Hermione repoussa son assiette d'œufs. Elle n'avait pas faim.

- Mangez, dit soudain Rogue.
- Je n'ai pas très faim, répondit Hermione.

Rogue arrêta sa fourchette à mi-chemin de sa bouche et regarda sévèrement Hermione.

- Au cas où vous ne l'auriez pas compris, le ton que j'ai employé ne vous permet pas de répondre.

La jeune femme soupira ostensiblement, et planta rageusement sa fourchette dans ses œufs. Elle allait avaler sa première bouchée lorsque quelque chose cogna contre la fenêtre. Hermione et Rogue tournèrent simultanément la tête et aperçurent un hibou, avec une missive et un gros paquet accrochés à sa patte. Hermione se leva et lui ouvrit, puis elle détacha la lettre. L'oiseau s'envola tout aussitôt et la jeune femme parcourut le parchemin des yeux.

Rogue aperçut la contrariété se peindre sur les traits de sa collègue, mais il ne lui posa pas de question. Il savait très bien qu'elle allait lui parler sans lui demander son avis. Elle retourna s'asseoir, les sourcils froncés.

- Harry et Ron ne viennent pas ici pour qu'on mette au point un plan. Ils nous rejoindront au musée. Tout à l'heure. En attendant, on doit se débrouiller.

Elle attrapa le paquet.

- Attendez… murmura Rogue.

Elle leva les yeux vers lui. Celui-ci paraissait tendu. Il tendit lentement sa longue main vers le papier, et Hermione le lui donna. Le Maître des Potions prit délicatement la lettre et la leva à la lumière, l'observant avec un air concentré.

- Qu'est-ce que vous faites ? demanda Hermione avec un air d'incompréhension.
- Ca sent le piège, déclara tout simplement Rogue.

Hermione écarquilla les yeux.

- Mais…, commença-t-elle.

Subitement, son collègue abattit la lettre sur la table et avança la tête vers Hermione.

- Vous vous faites attaquée par Bellatrix, vos amis vous donnent rendez-vous dans un endroit dangereux pour finalement ne pas y être et vous laissent vous débrouiller… Comment pourrions-nous être sûrs que Bellatrix ne veut pas que nous dérobions le livre à sa place, pour ensuite nous attaquez, et s'emparez de ce trésor inestimable et horriblement dangereux ?

Hermione déglutit. Ses yeux se baissèrent sur le paquet.

- Et ça…, souffla Rogue. Qu'est-ce que ça cache ?...

Hermione tira sur le paquet, mais il ne se déchira pas. Elle fronça les sourcils.

- Il est protégé…

Rogue lui arracha le paquet des mains, et promena son œil expert sur l'emballage. Il sortit sa baguette d'une poche de son pantalon moldu. Il formula des paroles longues et complexes. Hermione fronça les sourcils.

- La protection est élevée… dit Rogue doucement. Mais ce n'est pas de la Magie Noire.

Sa collègue retenait son souffle. Le Maître des Potions prit une profonde inspiration, puis il agita sa baguette en des gestes compliqués. Il y eut un craquement, l'emballage céda, et un long tissu glissa sur les genoux de Rogue. Hermione porta ses mains à sa bouche.

- Par Merlin ! s'exclama-t-elle. Harry nous prête sa cape d'invisibilité !

Le Maître des Potions grimaça. Il empoigna la cape et la jeta à Hermione dans un geste rageur.

- Je ne veux pas toucher cette abomination…, déclara-t-il d'une voix basse.

Cette cape lui rappelait d'horribles souvenirs, les farces de Potter père, et les cent coups de Potter fils et de ses amis…
Hermione soupira.

- Ca explique la protection…, dit-elle. Il nous envoie sa cape, cela règle les problèmes. Elle nous sera utile pour tout à l'heure…

Un ricanement monta de la gorge de Rogue.

- Tout à l'heure ? Vous n'avez aucun plan, et il va nous falloir du temps pour l'organiser.

Il fronça les sourcils à la vue du sourire qui étira les lèvres d'Hermione. Celle-ci se leva et commença à débarrasser la table.

- Me connaissez-vous donc si mal ? susurra-t-elle. Cette cape suffit pour mettre au point un plan simple, et est tout ce qu'il nous faut pour le mettre en œuvre. Et pour le reste, je pense que tout tiendra en un seul mot : l'improvisation.

Deux heures plus tard, Hermione et Severus se trouvaient devant l'imposante entrée du musée, habillés à la mode moldue. Ils avaient mis un bon moment à traverser la capitale, s'étaient trompés de métro, puis de station. Rogue avait maugréé lorsqu'Hermione avait perdu l'équilibre et lui était tombée dessus lors d'un freinage un peu trop brusque de la rame, même s'il l'avait rattrapée et l'avait remise sur ses pieds…

Mais ils étaient finalement parvenus à destination.

Hermione ne savait pas encore vraiment quoi faire, mais elle gardait la tête haute pour dissuader son collègue de tout commentaire désobligeant. Cependant, celui-ci ne semblait pas avoir la tête à ça et guettait, méfiant, les alentours du musée à la recherche de quelque individu louche.

Ils pénétrèrent dans le bâtiment. Elle se dirigea d'un pas décidé vers l'accueil.

- Attendez-moi ici, dit-elle à Severus avant de disparaître dans la file de personnes qui attendaient leur tour.

Rogue s'adossa à un mur, et attendit. Il observait le visage de tous les Moldus présents dans cette véritable fourmilière. Le brouhaha continu, qui résonnait en écho sur les murs de marbre de l'atrium du musée, lui agressait les tympans. Il se demandait ce qui allait leur arriver, et pensa du même coup à Hermione. Il ne savait pas si cette escapade était une bonne idée. Après tout, sa collègue avait été entièrement possédée par Bellatrix au cours de la nuit, et il ignorait si cela pouvait avoir un effet secondaire, autre qu'un mal de dos… Il se dit soudain que sa collègue ne lui avait pas posé de questions quand à ce qu'il s'était passé pendant la possession, et il pensa qu'elle voulait justement éviter de s'effrayer avant cette mission. Mais il était certain qu'elle lui en poserait. Plus tard.

Severus s'interrogeait quant aux conséquences de leur acte. Que représentait exactement ce livre ? Il ne doutait pas qu'un pouvoir immense, voire redoutable, émanait de ces pages. S'ils parvenaient à le dérober, ils devraient être prudents… Et s'ils se faisaient attraper par les systèmes de sécurité moldus, ils ne leur resteraient plus qu'à s'évader. Lui n'aurait pas de problèmes, ayant coupé tout contact avec le monde Moldu. Mais Hermione, en revanche, y avait sa famille…

Il aperçut soudain sa collègue se frayer un chemin parmi la foule. Quelqu'un lui heurta le dos et il la vit grimacer. Vraiment, ils auraient dû attendre un peu. Severus bougea un peu son bras en attendant qu'elle le rejoigne. Il avait mal à l'épaule depuis qu'il s'était levé, et il se demandait dans quelle position il avait bien pu dormir…

Enfin, Hermione arriva à sa hauteur. Elle lui tendit un ticket d'entrée et un dépliant du musée.

- Vous comptez faire une visite guidée ? lui demanda Rogue, sceptique, en lisant ce qui était écrit sur son ticket.

Hermione l'observa.

- Non, c'est une précaution. Si jamais on se fait prendre, il nous suffira de montrer ce ticket et de dire que l'on s'est perdu…
- Evidemment… Très crédible…, dit-il d'un air sceptique. Je vous rappelle que le livre se trouve dans la salle des archives… Si jamais nous nous y perdons, nous montrerons nos tickets au gardien en disant que nous sommes assez doués pour perdre notre guide et nous retrouver dans une salle interdite au public… Il va sûrement nous croire…

Hermione soupira.

- On suivra le plan. Ces tickets serviront en cas d'extrême urgence. On trouvera la salle des archives, ou bien des couloirs y menant… Je pense que des portes dérobées qui permettent d'y accéder se trouvent dans le musée, et ces portes dérobées figurentpeut-êtresur le plan.

Elle brandit le dépliant. Rogue leva un sourcil.

- Bien sûr. Avec un peu de chance, on aura même droit aux techniques pour désactiver les systèmes de sécurité…

Hermione leva les yeux au ciel.

- Il suffit de regarder sur le plan les pans de murs vides ou cachés dans des recoins…, dit-elle d'une voix agacée.

Elle soupira et attrapa le bras de son collègue.

- Venez.

Rogue se dégagea mais la suivit. Hermione, cherchant des yeux une cachette tout en prenant un air dégagé, finit par l'emmener dans un couloir menant il ne savait où, mais qui avait l'avantage d'être désert. S'assurant que personne ne les voyait, la jeune femme ouvrit son sac et en sortit la cape d'invisibilité. Elle jeta un regard anxieux à Rogue, l'évaluant du regard.

- J'espère que ça va marcher… dit-elle d'une petite voix. Vous êtes vraiment très grand…

Elle déploya la cape et la lança sur Rogue, qui grogna, puis Hermione se glissa dessous. Elle fut rassurée de constater que la cape les recouvrait parfaitement, même s'ils devaient pour cela rester courbés dans une position inconfortable…

Ils étaient serrés l'un contre l'autre, et Hermione sentait ses joues s'enflammer…

- Bon… Il faut veiller à rester dans cette position et à ne cogner personne…

Ils avancèrent. Rogue se sentait dégoûté et profondément énervé de devoir à son tour se tenir sous cette cape qu'il détestait tant, comme il détestait les propriétaires… Et il fallait qu'il reste collé contre Hermione…

Ils regagnèrent l'atrium du musée, et prirent garde de ne toucher personne. Hermione fixait le sol, vérifiant que personne, dans la foule, ne marchait sur un pan de la cape, au risque de les découvrir. Malheureusement, une femme qui semblait pressée, son ticket à la main, les heurta de plein fouet et s'affala sur le sol. Elle avait cogné contre Hermione qui tomba sur Rogue, mais celui-ci parvint de justesse à retenir sa collègue et la cape à la fois.
La femme cria, regardant autour d'elle sans comprendre, et Rogue et Hermione jugèrent bon de déguerpir.

Ils arrivèrent devant la porte de la salle des expositions. Un groupe de visite guidée y entra, poussant la porte à double battant, et les deux sorciers en profitèrent pour s'introduire dans la salle.

Hermione sortit doucement son dépliant, sans geste brusque pour ne pas faire bouger la cape, et commença à l'observer. Ses yeux allaient du plan aux murs, cherchant une quelconque porte dissimulée. Rogue se décida lui aussi à chercher une porte et se pencha au-dessus de l'épaule de sa collègue, regardant avec elle. Hermione sentait le souffle chaud de son collègue faire bouger ses cheveux. Elle frissonna et eut un peu de mal à rester concentrée, alors qu'elle repensait à la scène du matin…

Ne voyant rien sur les murs proches d'eux, ils avancèrent prudemment.

- Là ! chuchota soudain Hermione.

Elle montra une porte métallique, dans un renfoncement du mur, équipée d'un digicode.

Les deux sorciers s'approchèrent, toujours en prenant garde de ne pas découvrir leurs pieds. Hermione fit signe à Rogue de se baisser, tandis qu'elle-même posait un genou au sol, pour examiner le digicode. Elle fronça les sourcils, puis ouvrit son sac et en sortit sa baguette, qu'elle pointa sur l'appareil. Rogue crispa la mâchoire. Stupides inventions moldues…

- Attendez…, l'arrêta-t-il.
- On n'a pas le temps ! s'insurgea Hermione.

Le Maître des Potions lui jeta un regard assassin, et Hermione fut contrainte de garder le silence.

- Dois-je vous rappeler, murmura Rogue, que les appareils électriques ne supportent pas les ondes magiques ? Vous risquez de déclencher les alarmes de tout le musée en jetant un sort à ce stupide boîtier !

Il vit Hermione pâlir. Mais elle garda sa baguette levée.

- Vous voyez un autre moyen ? demanda-t-elle. Et puis, qui ne tente rien n'a rien !

Rogue ouvrit la bouche pour répondre mais fut devancé par un cliquetis, et la porte s'ouvrit.
Hermione lui lança un sourire horriblement satisfait.

- Vous voyez que ça valait le coup d'essayer !

Rogue marmonna quelque chose d'inintelligible. Hermione poussa légèrement la porte. Devant elle s'étendait un couloir désert, éclairé de néons aveuglants. Hermione franchit la porte, suivie de Rogue.

Ni l'un ni l'autre n'avait entendu le grésillement léger et la lumière un peu plus vive que la normale des lumières du musée…

Severus referma la porte derrière lui. Il crispa la mâchoire et leva la tête vers le plafond. Il aperçut des caméras…

- Il faut se dépêcher, marmonna-t-il. Les gardiens vont se demander pourquoi une porte équipée d'un système électrique s'ouvre et se referme toute seule…

Ils avancèrent dans le corridor et Hermione poussa une petite exclamation quand Rogue lui marcha sur le pied. Il lui fit les gros yeux et lui fit signe de se taire.

Ils longèrent de nombreux corridors, tous identiques.

- Bravo, Granger, vous avez réussi à nous perdre…, souffla Rogue au bout d'un moment. Dites-moi quand il faudra sortir nos billets de visite guidée pour justifier notre présence…

Hermione le fusilla du regard.

- Figurez-vous que j'essaie de m'orienter…, souffla-t-elle. Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, tous ces couloirs se ressemblent, il y a des caméras et…

Elle fut brusquement interrompue par Rogue qui lui plaqua une main contre la bouche et la serra contre lui, l'empêchant de se débattre. Il y avait un bruit. Les yeux d'Hermione s'agrandirent. Elle l'avait entendu, elle aussi.

Ils se plaquèrent contre un mur, Rogue lâcha Hermione et la jeune femme vérifia qu'ils demeuraient bien cachés sous la cape. Quelques secondes plus tard, ils aperçurent un gardien tourner à l'angle du couloir en sifflotant. Rogue et Hermione retinrent leur souffle, serrés l'un contre l'autre, de peur d'être découverts. Le gardien leur passa devant sans les voir, et disparut dans un autre corridor.

Hermione relâcha sa respiration, soulagée. Elle montra le couloir d'où venait le gardien.

- Allons par là, dit-elle.

Ils avancèrent, vérifiant plusieurs fois derrière eux que le gardien ne revenait pas. Enfin, ils tournèrent dans le couloir.

- Oh…, souffla Hermione.

Devant eux, un grand escalier, éclairé lui aussi ne néons, plongeait dans les profondeurs du musée. Au-dessus, en lettres rouges sur un immense panneau, s'étalait le mot « ARCHIVES ».

Rogue et Hermione se regardèrent, et d'un accord tacite, ils entamèrent la descente.