Note d'auteur : un chapitre pour chaque année de Percy, à chaque fois un élément important de sa vie, un élément qui explique ses actes, ses décisions. J'ai finalement choisi de remettre le titre original qui me paraissait plus adapté. Bonn lecture !
Percy a 5 ans
Bill exhibait sa lettre en riant, courant à travers toute la maison, hurlant tel un sauvage. Il exhalait de bonheur au point que sa mère n'avait pas le courage de lui crier dessus. De plus, elle était encore enceinte et cela l'épuisait bien assez sans s'époumoner sur son fils aîné. Charlie, assis dans un arbre, boudait. Son grand frère allait partir pour Poudlard et lui devait rester avec les petits. C'était injuste.
Les jumeaux couraient en tout sens, imitant Bill, brayant tant qu'ils pouvaient. Arthur tanguait entre l'amusement et l'envie de lire son journal paisiblement. Le soleil brillait par la fenêtre et une corbeille débordante de fruits rouges trônait sur la table à manger. Les poulets piaillaient, les gnomes de jardin se cachaient, Molly portait une jolie robe blanche mettant en valeur son ventre qui s'arrondissait. C'était une sublime journée.
À l'étage, protégé du soleil, Percy lisait une fois de plus son livre , celui que lui avait offert Lupin. Lorsque la petite tête rousse dans le berceau près de lui se remis à pleurer, cependant, il abandonna son ouvrage et pris dans ses bras le tout petit Ron. En bas, personne n'allait l'entendre. Percy avait cinq ans, les yeux toujours plissés et d'épais cheveux roux. Le bébé qu'il portait faisait presque la moitié de sa taille, et hurlait à s'en déchirer les poumons. Il le berça, lui chantonna une comptine et lorsque Ron se tut enfin, il lui raconta les contes de Beedle le Barde ou les fables de Gwendoline. Percy était bien, ici. Il ne voulait pas descendre avec les autres. Bill les abandonnait, et il n'était pas près de le lui pardonner.
La guerre venait à peine de s'achever ! Ils avaient perdu deux oncles et voilà que son aîné s'en allait également. Comment pouvait il ? Papa travaillait si dur, maman était si fatiguée, comment feraient-ils sans Bill pour les aider ? Son frère était un lâche, il fuyait sa maison endeuillée.
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Percy, silencieux, immobile, les sourcils froncés, se tenait sur le seuil de la chambre de Bill. Il observait son frère faire sa valise méthodiquement, avec entrain, et s'assurer qu'il n'oubliait rien.
« Bill ? L'interpella le petit garçon
« Qu'est ce qu'il y a Percy ? S'agaça l'autre
« Pars pas. On a besoin de toi a la maison... Maman s'en sortira pas toute seule...
« Je ne vous quitte pas. Coupa sèchement Bill.
Percy le regardera sans rien ajouter, une moue septique affichée sur son visage de petit garçon trop sérieux. Plus loin, on entendait madame Weasley s'énerver contre Charlie et les jumeaux.
« Je vais à l'école, expliqua patiemment l'ainé, ainsi je pourrai apprendre et avoir un métier. On ne peut pas aider les parents en restant des gosses ignorants. Et puis c'est normal d'aller à l'école, toi aussi tu iras là-bas dans quelques années. C'est la vie. »
Le petit resta songeur un instant avant de décider que la réponse le satisfaisait. Alors il parti en dévalant les escaliers et revint de la même façon, un morceau de parchemin dans les mains. Bill lui lança une œillade curieuse.
« C'est un griffon ! Il y en avait un dans le vieux livre de papa, tu sais celui avec le registre de la famille Weasley ? Il paraît que c'était l'emblème de notre clan avant. Je sais pas pourquoi c'est plus le cas. En tout cas, il est pour toi. Tu l'emmèneras à Poudlard comme ça tu oublieras pas de revenir. »
Percy serra les lèvres lorsqu'il eu fini. Il attendait le verdict de son frère, le griffon lui avait demandé un travail de copie très difficile, notamment à cause des ombres et des griffes particulièrement détaillées. Bill observa avec fascination le dessin tracé à l'encre : que ce petit garçon soit capable d'un tel travail de précision lui paraissait aberrant. Mais plus aberrant encore que ce gamin de cinq ans en sache plus que lui sur l'histoire de leur famille. Finalement il remercia son frère, le rassura, l'étreint, et retourna à sa valise.
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Bill était à Poudlard depuis hier. Charlie était plus insupportable qu'à son habitude, les jumeaux faisaient les quatre-cent coups, Maman était épuisée et courait en tout sens avec Ronny dans les bras. Papa travaillait tard le soir, la maison était pleine de braillements, et Percy cherchait un peu de calme pour continuer la lecture du livret de famille. La nurserie étant préparée pour l'arrivée du dernier bébé, Ron dormait désormais dans une chambre juxtaposée à celle du petit Percy qui ne goûtait donc plus aucun instant de calme. Son livre résolument à la main, il décida de se réfugier dans la chambre de son frère aîné, qui lui manquait atrocement.
Et c'était là, traînant par terre, dans la poussière. La chambre était composée d'un lit, d'un placard, d'un coffre à jouets et d'un bureau. Et traînant au sol, sous le bureau, sous le regard plein de rage de Percy, c'était là : le griffon. Le griffon abandonné au sol et à la poussière, dédaigneusement laissé tomber.
Pour la première fois, Perceval Weasley se sentait trahi. Il sentait qu'on l'avait poignardé dans le dos, lui ainsi que toute sa famille, lui ainsi que tout son clan. Bill était lâche. Bill fuyait. Il fuyait le deuil, une famille trop nombreuse, les cris, les problèmes, il fuyait le poids d'être un Weasley, il fuyait les siens. Bill ne reviendrait pas. Pas entièrement. Pas pour aider. Bill ne voulait pas s'enchainer à ce livret de famille qui avait abandonné son blason et sa noblesse. Bill ne voulait pas être l'ainé d'une famille trop nombreuse, il voulait se démarquer, il voulait être quelqu'un.
Et Percy le détestait pour cela. Et Percy le méprisait pour cela. Et du haut de ses cinq ans il essuya ses larmes et se jura en lui même que jamais il en répéterai les erreurs de son frère. Percy était un Weasley, envers et contre tout. Le petit garçon ramassa le dessin et le glissa en marque page dans le livret de famille, puis alla glisser le livre à côté de celui offert par Lupin sur l'étagère de sa chambre. Enfin, il descendit. Maman avait peut être besoin d'aide en cuisine.
Note de fin : le griffon... bah ça ne fait pas parti du canon. Cette histoire de livret est de mon invention, j'admets. Mais les Weasley sont une ancienne famille de sang purs ! Ont peut donc imaginer qu'ils ont été riches à un moment, qu'ils tiennent un registre et qu'ils possèdent un blason, même s'ils sont maintenant méprisés par la communauté des sangs purs. review ?
