Percy a 6 ans.
Percy, perché dans un pommier, posait un regard plissé sur son père qui poursuivait les petits Fred et George Weasley. Arthur avait les traits tirés, quelques premiers cheveux gris venant détonner d'avec sa crinière rousse, et il boitait toujours un peu de sa confrontation avec des malfrats récidivistes le mois dernier. Dans le salon, maman était débordée. Elle tenait la minuscule Ginny contre son sein et cherchait à empêcher Ronny de se cogner à tout va alors qu'il faisait ses premiers pas vers la table de la cuisine.
Percy s'attendait à trouver la maison vide maintenant que Bill et Charlie était partis. Il n'en était rien. Il se trouvait toujours aussi invisible à ses parents, perdu dans une foule d'enfants plus jeunes, plus idiots, qui requéraient plus d'attention que lui. Remus et Sirius, son seul réconfort, ne venaient plus jamais à la maison et seul le silence répondait lorsqu'il posait des questions à leur sujet.
Les Lovegoods, leurs voisins les plus proches, venaient d'avoir une fille eux aussi et ramenaient souvent leur nourrisson à la maison. Comme s'il n'y avait pas assez de cris au terrier sans y ajouter un poupon brailleur. De plus, Percy détestait Xenophilius Lovegood. Cet homme excentrique ne lui racontait que des sornettes et semblait le prendre pour un jeune demeuré croyant aux contes de fées. Il parlait sans cesse de choses qui n'existaient pas ou n'avaient aucun sens et cela avait le don d'exaspérer l'enfant.
Mais en réalité, il y avait autre chose qui tracassait Percy. Ses frères n'étaient pas les seuls à l'abandonner : sa vue en faisait de même. Il avait toujours eu du mal à distinguer les lettres les unes des autres, cela lui avait valu des moqueries de la part de Bill, mais depuis quelques semaines la chose déjà pénible devenait presque impossible. Parfois il jurait que les lettres disparaissaient du papier. Il avait tenté d'en parler à son père qui avait marmonné qu'il devait être fatigué. Pourtant Percy savait qu'il ne s'agissait en rien de cela. Il n'avait pas osé insister mais il déprimait profondément de devoir oublier les livres, qui étaient ses seuls véritables amis. Il avait bien tenté de sympathiser avec des enfants du village mais les deux garçons qui avaient son âge ne connaissaient rien à la magie et le traitaient de menteur, de plu il les trouvait affligeants de stupidité.
Percy, perché dans son pommier, plissait les yeux pour s'entrainer à voir de nouveau. Il savait bien que les autres n'avaient jamais eu à se concentrer pour observer nettement le monde, mais s'était un effort qu'il avait toujours fait. Aujourd'hui, cet effort était inutile. Et Percy avait peur.
oOoOoOo
«Maman, je perds la vue. » assena-t-il au milieu du dîner.
Madame Weasley regarda son fils avec surprise, puis comprenant qu'il s'agissait d'une blague se mît à le gronder : « Ce n'est pas drôle Percy ! Certaines personnes souffrent réellement de cécité et c'est méchant de te moquer de leur handicape. Ne dis plus jamais ça. »
«Mais maman, j'arrive à peine à lire ! » voulu-t-il s'acharner.
«C'est normal Percy, c'est difficile à ton âge, tu as le temps d'apprendre. Ne t'en fait pas. » intervint son père avec bienveillance.
Le petit garçon baissa les yeux et serra les dents. Il ne s'attendait pas vraiment à ce que ses parents s'inquiètent, mais il espérait au moins que l'on irait voir le médecin, ou qu'on lui poserait quelques questions sur son problème. Au lieu de cela ses parents n'y portaient pas la moindre attention. Et pour cause ! Qui se souciait que le si sage Percy, du haut de ses six ans, n'arrive pas bien à étudier la chronologie de la famille quand il fallait surveiller Fred et George, empêcher Ron de se blesser, nourrir et laver toute la maisonnée, payer le loyer, et que Ginny fasse enfin ses nuits. Personne. Personne si ce n'est Percy lui même, et cela n'était pas bien plus.
oOoOoOo
On était Mercredi et, comme chaque mercredi, Molly Weasley mettait son ménage en veille pour faire classe à ses fils. Elle confiait Ginny à madame Lovegood pour la journée, s'installait dans le jardin avec ses fils et leur apprenait la vie. Ils faisaient un peu de calcule, un peu de lecture et d'écriture, de l'observation, des sciences... Parfois en été ils étudiaient les bases de l'astronomie. Ron n'avait que deux ans et bien que Molly le garda pour la leçon il ne faisait que gribouiller sur son parchemin et regarder les insectes. Fred et George étaient dissipés et s'intéressaient peu à la lecture, encore moins au calcule. Percy était habituellement assidu et buvait les paroles de sa mère, mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui le petit rouquin, qui se trouvait être l'ainé de la classe, fixait son livre comme s'il s'agissait d'un bout de parchemin vierge. Sa mère l'interrogea :
«Percy, lit nous la fable du lion et du sorcier. »
Silence.
«Percy ? » le petit garçon se répandit en larmes et en cris.
«Je vois rien ! Rien je te dis ! C'est pas des lettres se sont des tâches d'encres, ça ressemble pas à l'alphabet ! Pourquoi tu veux pas me croire ! ? »
Et Percy pleurait et hurlait et les jumeaux se moquaient et Ron qui pourtant ne comprenait rien se mit à hurler également... Alors Molly Weasley se fâcha, son teint devint si rouge que ses cheveux paraissaient blonds, son corps entier frémi, sa poitrine se gonfla et d'une rage de lionne et i tomba le silence à ses rejetons. Ceux ci essuyèrent la tempête Molly avec effroi. Un silence religieux s'installa. La mère regarda le plus grand de ses fils dans les yeux, il cru un instant qu'elle allait le frapper et il eu peur.
«Perceval Ignatius Weasley va dans ta chambre. Tu es trop grand pour pleurer de la sorte et tu fait peur à tes frères. Je ne veux plus t'entendre geindre à propos de ces problèmes de vue c'est clair ! Nous en parlerons ce soir avec ton père. Pour l'instant tu es puni. »
Le soir même, Arthur Weasley pris rendez vous à son fils chez l'ophtamologiste de Loutry Sainte-Chaspoule
