Note d'auteur : waaaa ça fait longtemps que je ne m'étais pas occupée de cette fiction ! Bon, j'espere que ça vous plaira, bonne lecture, hésitez pas à commenter...
Percy a sept ans.
Une crinière rousse et bouclée qui lui mangeait le visage déjà plein de tâches de rousseurs, deux petits yeux perçants cerclés d'énormes lunettes en écailles, tout cela perché sur un mètre trente de sérieux et d'ennui. Percy se regardait dans la glace. Il se trouvait correct.
Fred et George, cinq ans chacun, détruisaient avec application le vieux canapé du salon sous les cris de maman qui tentait de maintenir Ronald loin du panier à gâteaux qu'ils emmèneraient bientôt au gala du ministère. Madame Weasley avait obtenu du couple Lovegood qu'ils gardent leurs plus jeunes enfants, elle les en remercia plus tard d'un délicieux ragoût de potiron.
Bill, ses cheveux fraîchement coupés afin de dissimuler les mèches noires et violettes qu'il portait fièrement depuis son retour de Poudlard, trainait des pieds et rechignait à s'habiller décemment. Comme tout les adolescents sorciers de son temps, il arborait des robes aux couleurs vives et brillantes agrémentées de grelots que Molly et Arthur trouvaient insupportables. 1984 était une année d'exubérance, la terreur s'était lentement dissipée, on ne pensait qu'à célébrer la paix et la liberté. Charlie, lui, du haut de ses onze ans, se tenait droit dans une robe de sorcier brune, et ne s'était accordé comme excentricité qu'un bracelet en écailles de dragon qu'il avait chapardé à une septième année de Pouffsoufle.
Molly soupira. Elle marmonna encore quelque chose sur sa jeunesse, la mode des jupons en dentelle sous les robes de sorcières qui était décidément bien plus élégante, et enfin madame Lovegood vint sonner à la porte. Jamais Percy n'avait pénétré au ministère qu'il se figurait un endroit grandiose et solennel. Il sentait l'excitation le transcender.
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La famille Weasley apparut enveloppée de fumée verte dans une immense cheminée de marbre noir. Bill chuta à l'atterrissage, engendrant une nuée de tintinnabulements et les ricanements de Charlie. Au plus grand amusement de Monsieur Weasley, Percy et Molly eurent le même tic agacé par l'attitude des deux jeunes adolescents. Sa femme et son fils se ressemblaient, se dit il, d'une façon troublante.
Une fois sorti du foyer, Percy observa l'endroit. Jamais il n'avait rien vu d'aussi grand, majestueux et... magique. Il fut tout d'abord fasciné par l'immense statue trônant au milieu du hall, puis par les innombrables fenêtres enchantées donnant sur d'insolites paysages -il avait d'ailleurs noté que le ministère devait se trouver en dessous de Londres, et que par conséquent aucunes de ces fenêtres n'étaient réelles. Il fut rattrapé par la réalité et, constatant la masse de sorciers présents, se sentit oppressé par ceux-ci. Le petit garçon devait être le plus jeune de tout le ministère et en était fortement intimidé, il l'était d'autant plus lorsqu'il voyait la richesse des accoutrements de certains individus qu'il s'imaginait alors très haut placés dans la hiérarchie sorcière.
Il y avait notamment ce jeune homme brun aux robes brodées de fils verts et dorés, au regard perçant et à la courte barbe en pointe qui parlait avec un accent parfois abrupte, parfois charmeur. Madame Weasley non plus ne savait le lâcher des yeux, et elle murmura quelque chose comme quoi les ambassadeurs français étaient toujours des plus élégants. Par la suite elle voulu pousser Percy à rejoindre l'un des groupes d'enfants qui se formaient autour des sirops et jus de fruits, mais il n'avait d'yeux que pour l'univers des grands, de leurs beaux atours et de leurs discours sérieux. Maman paru hésiter, soupira un peu, et n'eut finalement pas l'occasion de sermonner Percy ou de l'obliger à quoi que ce soit puisque Bill se battait désormais avec une jeune fille aux cheveux tissés de mèches dorées et qui s'avérait être la filleule du ministre. Profitant que son frère agisse encore une fois de façon irréfléchie, Percy se glissa au travers de la foule en quête d'une discutions digne de son intérêt.
Ce fut d'abord vers madame Bones, qui était déjà venu manger au Terrier, qu'il tourna son attention. Du haut de ses sept ans il ne saisissait pas toutes les subtilités de son discours sur l'importation de plantes magiques mais le thème lui paraissait capital et captivant. Madame Bones ne fut pourtant plus son héroïnes lorsqu'un homme aux longs cheveux blonds, à l'allure distinguée et -ce qui plut particulièrement à Percy- s'appuyant sur une canne finement ouvragée fit son entrée dans le débat. Il s'opposa farouchement à Bones alors qu'elle appuyait que toute plante présentant un potentiel danger devait être systématiquement interdite d'importation, et alors qu'elle se récriminait contre le grand blond Percy s'entendit dire presque malgré lui :
« Il a raison. De toute façon les lois d'importation sont une affaire de cas par cas, non ? Je sais que ma voisine, madame Lovegood, qui est potioniste, elle utilise des plantes dangereuses que son cousin fait venir de très loin mais sans elles on aurait pas su guérir la fièvre de Ginny la semaine dernière et on aurait été bien embêtés. »
Les deux adultes se turent et baissèrent les yeux pour regarder le petit bout d'homme roux aux immenses lunettes qui s'était mêlé à leur débat. Lucius Malfoy, l'homme aux cheveux blonds, eut un sourire amusé.
« Et on peut savoir comment se nomme le grand spécialiste qui se range de mon avis ? »
« Perceval, monsieur. Du clan Weasley. »
Et il le dit avec tant d'aplomb et d'orgueil qu'il ne vint pas un instant à l'esprit de Lucius de se moquer de ce pauvre petit, qui n'avait évidement pas choisi d'être le fils de cet insupportable Arthur Weasley.
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Lorsqu'on rentra au Terrier, madame Weasley remercia d'abord les Lovegood puis dès qu'ils furent partis elle s'avachie sur une chaise. Elle avait passé une grande partie de la soirée à sermonner ou Bill ou Charlie et n'avait pas même pu compter sur le soutient d'Arthur trop occupé lui même à faire des courbettes à tout va. Percy, de son côté, avait grâce à monsieur Malfoy suivit un cours simplifié sur la législation sorcière en rapport avec l'économie de marcher. Puis il avait suivit madame Bones dans une autre de ses diatribes, sur les chaudrons de contrefaçon cette fois. Devant son implication, elle lui avait promis de repasser au Terrier avec quelques livres adaptés à son jeune âge.
Percy se dit que papa avait beaucoup de chance de travailler dans un tel endroit, et que l'on devait vraiment se sentir important lorsqu'on faisait parti du grand tout qui travaille au bien-être de la communauté magique.
