Bonjour à tous !
Merci pour les nombreuses reviews que j'ai reçues, ça me fait très plaisir !
Je vous poste aujourd'hui deux chapitres.
Bonne lecture !
Réponse à gabrielle : Merci beaucoup, je suis ravie que tu aies aimé ! Je te remercie pour ces compliments que tu m'écris, ça me fait très plaisir ! Voici donc la suite ! J'espère qu'elle te plaira ! Merci pour ta review ! :D
Réponse à Etoile Solitaire : Un grand merci pour ta review qui m'a fait très plaisir ! :D
Je suis ravie que tu trouves les caractères respectés, car c'est un des principaux problèmes… Je n'aime pas les fics où les personnages ont perdu leur personnalité (à moins que ce ne soit une parodie où c'est le but recherché, mais ça ne compte pas ! ^^), donc ce serait un comble que cela soit la cas dans ma propre fic… Et puis, c'est le défi à relever : parvenir à écrire une romance crédible entre Hermione et Severus sans les dénaturer.
Je pense que c'est important de mettre en place une vraie intrigue. Déjà pour ne pas ennuyer le lecteur, mais aussi parce que c'est un bon moyen de rapprocher les deux personnages ! ^^ Et Merlin sait qu'ils ont besoin d'aide, ces deux-là ! ^^
Merci pour ton soutien ! Je m'y remets, parce qu'il y avait bien longtemps que je ne postais plus ici…
Ton admiration ?! Eh ben dis donc ! Merci beaucoup ! :D
Réponse à Fahaly : Je suis contente que ma fic te plaise ! Voici donc la suite (que je poste très peu de temps après avoir reçu ta review, donc peut-être es-tu encore sur le site… ^^)
Otacus Malefoy
Hermione avait eu raison, une fois encore. Elle n'avait pas fermé l'œil de la nuit. Elle s'était tournée et retournée dans son lit, mais le sommeil était resté hors de sa portée. Toute la nuit, les événements de la soirée, la discussion qu'ils avaient eue, Rogue et elle, avaient tourné dans sa tête. Par deux fois, elle s'était levée pour se passer de l'eau sur le visage, espérant que cela calmerait son esprit. En vain.
Lorsqu'enfin, ses yeux avaient daigné se fermer, la lumière de l'aube s'était infiltrée dans la chambre, et Hermione n'avait pu faire autrement que se lever. Fatiguée, pâle, des cernes sous les yeux et d'humeur massacrante, elle s'était préparée lentement, bien décidée à descendre déjeuner le plus tard possible. Elle savait que Rogue était un des premiers présents dans la Grande Salle le matin, et elle ne voulait pas le croiser.
Elle avait poussé un grognement en pensant cela. S'appuyant sur le rebord du lavabo, elle avait contemplé son visage fatigué dans la glace. Non, justement, elle allait descendre tôt. Elle avait dit qu'elle n'abandonnait pas. Ce n'était pas en évitant Rogue qu'elle parviendrait à lui faire comprendre qu'elle tiendrait sa parole.
Minerva McGonagall, seule Professeur attablée devant le petit-déjeuner, contemplait d'un œil distrait les premiers élèves levés, occupés à manger dans la Grande Salle, tandis qu'elle sirotait une tasse de café fort. Son esprit divaguait sur diverses tâches qu'elle devait accomplir, papiers à remplir et ordres à donner à ses Professeurs. Les portes de la salle, qui s'ouvrirent à ce moment en un grand vacarme, la firent sursauter et elle sortit un peu trop brutalement de ses rêveries matinales. Elle fronça les sourcils.
Rogue venait d'entrer, en poussant les portes sans ménagement. Il avançait d'un pas déterminé, regardant droit devant lui, sa cape voltigeant dans son dos. McGonagall le vit s'arrêter à la hauteur d'un groupe de Gryffondor de Première Année sur lesquels il aboya. Une petite fille fondit en larmes. Rogue lui jeta un regard dédaigneux. Minerva reposa sa tasse de café et contempla avec sévérité son Professeur de Potions. Elle savait que l'humeur de Severus n'était jamais bonne. Mais ce matin, elle avait l'air d'être tout simplement affreuse. Il continua son chemin, et leva les yeux vers la table des Professeurs. Ses yeux semblèrent chercher quelque chose. Ou quelqu'un.
Il ne s'arrêta plus, et prit place à un bout de la table. Il jeta un regard noir à la Directrice, puis attrapa la cuillère dans le plat de porridge pour se servir. La bouillie s'écrasa au fond de son assiette avec un bruit peu appétissant, à cause du geste trop brusque qu'il avait fait avec l'ustensile.
Minerva, qui l'observait, en était à présent sûre : quelque chose n'allait pas. Pas du tout.
- Severus ? fit-elle.
Elle eut droit à un grognement d'ours et à un regard assassin. Elle ne se démonta pas, se contentant de lever un sourcil.
- Severus, venez vous asseoir à côté de moi.
Après tout, il était encore tôt, il n'était que deux professeurs à table, et il semblait étrange que l'un soit assis au milieu de la table tandis que l'autre paraissait bouder à l'autre bout. Rogue leva à son tour un sourcil.
- Et je ne vous demande pas votre avis, ajouta sévèrement McGonagall. Vous l'aurez compris, je pense…
Severus ouvrit la bouche, puis poussa un long soupir exaspéré. Il ramassa son assiette et sa tasse de café, puis vint s'asseoir à la droite de Minerva. Il ne prononça pas un mot.
- Quelque chose vous tracasse, Severus, déclara Minerva.
- Non…
- Ce n'était pas une question.
Elle eut droit à un nouveau regard noir. Severus leva sa tasse et avala une gorgée de son café fort. Puis il se tourna vers McGonagall.
- Allez donc employer votre fantastique perspicacité ailleurs, Minerva…, marmonna-t-il.
- J'ai donc raison, répondit-elle.
Elle entendit Severus faire claquer sa langue contre son palais. Tout à coup, les portes de la Grande Salle s'ouvrirent de nouveau. Et Hermione entra.
Minerva sentit Severus se tendre à côté d'elle. Elle l'observa un instant et aperçut sa mâchoire se contracter. Il attrapa soudainement un toast et se mit à le beurrer nerveusement. Sa tartine se brisa sous la force de sa poigne.
Hermione remontait d'un pas rapide l'allée entre les tables des maisons. Elle vint s'asseoir à côté de Minerva. Elle regarda ses deux collègues, s'éclaircit la gorge.
- Bonjour Professeur McGonagall. Bonjour… Severus.
Minerva répondit à son salut avec un sourire, mais Severus garda le silence, la fureur se lisant dans ses yeux. Il détourna la tête. Hermione soupira, et son visage trahissait un peu la colère.
McGonagall les regarda tour à tour. Ainsi, c'était ça. La mauvaise humeur de Severus avait un rapport direct avec Hermione. Que s'était-il encore passé ?...
Soudain, Severus se leva de sa chaise. Il jeta un long regard à Hermione, toisa Minerva, puis il quitta la table. Hermione le suivit des yeux, lèvres pincées. Minerva ouvrit la bouche pour poser des questions, mais Hermione la devança :
- Excusez-moi…, dit-elle doucement.
Et elle quitta à son tour la Grande Salle, sans avoir touché à son petit-déjeuner. Elle avait pris la décision de ne plus le lâcher. Déjà parce qu'elle n'en avait pas envie. Après, parce qu'elle avait besoin de lui. De plus en plus d'obstacles envoyés par Bellatrix apparaissaient, et ce n'était pas le moment d'être seule. Hermione voulait lui parler du livre. Ensuite… elle verrait.
Elle traversa le Hall et s'engagea dans l'escalier des cachots. La jeune femme grinça des dents. Il avait marché vite pour l'éviter, elle en était sûre… Des sons de pas autres que les siens parvinrent soudain à ses oreilles. Severus. Elle accéléra sa marche.
- Severus ! appela-t-elle.
Les pas s'arrêtèrent. Hermione sourit, satisfaite. Elle entendit alors la marche de son collègue recommencer, plus rapide. Elle grommela.
- Severus ! cria-t-elle de nouveau.
Elle se mit à courir et finit par apercevoir la cape de Rogue au tournant d'un couloir. Elle le rattrapa et l'arrêta en posant sa main dans son dos. Il se retourna brusquement.
- Qu'est-ce qu'il y a, Granger ? cracha-t-il. Vous venez me refaire une petite scène ?
- Ca va, hein ! répondit-elle, excédée.
Elle haussa un sourcil, tandis qu'un air narquois naissait sur son visage.
- Je vois qu'on ne se tutoie plus…, ajouta-t-elle.
Rogue leva les yeux au ciel.
- Qu'y a-t-il, encore ? maugréa-t-il entre ses dents.
- Je suis venue pour parler…
- Etonnant…, la coupa Rogue.
- …du livre, acheva Hermione. Je me suis dit que c'était le moment idéal, étant donné que les cours n'ont pas encore commencé.
Rogue souffla.
- Je pense que quand il s'agit de vous parler, Granger, aucun moment ne peut être qualifié d'idéal…
Il reprit sa marche. Hermione lui emboîta le pas.
- Vous pourrez vous montrer aussi désagréable que vous le voulez, vous ne m'écarterez pas de mon objectif, rétorqua Hermione.
- Là est tout le problème, Granger…, marmonna Rogue.
Le Maître des Potions s'arrêta devant la porte de son bureau.
- Ne m'ignorez pas, Severus, déclara Hermione. Faites au moins l'effort de me supporter quand ça concerne les recherches…
Elle lui lança un regard noir. Il l'imita.
Elle leva les yeux au ciel devant la réponse silencieuse de son collègue.
- Eh bien dans ce cas, faites semblant, acheva-t-elle.
Finalement, Rogue, voyant qu'elle ne s'en irait pas, ouvrit la porte du bureau puis se recula pour laisser Hermione entrer. La jeune femme leva les yeux vers son collègue, mais celui-ci évita son regard. Hermione entra dans le bureau. Rogue l'y suivit et ferma la porte. Hermione croisa les bras.
- Je pense que vous êtes d'accord pour que cette discussion ne concerne que le livre, Bellatrix et nos recherches.
- Belle anticipation, Granger…, répliqua narquoisement Severus.
Hermione poussa un soupir.
- Cela implique que ce qu'il s'est passé hier soir ne…, commença-t-elle.
- Vous venez de faire le contraire de ce que vous venez d'annoncer, la coupa son collègue.
Hermione soupira. Rogue leva un sourcil. Ils s'observèrent un instant, les yeux dans les yeux, tandis que les souvenirs de leur dernière altercation défilait dans leur tête. Hermione voulut ajouter quelque chose, mais elle sut que relancer Severus sur le sujet de ses sentiments n'était pas le choix le plus judicieux, du moins, pour l'instant, si elle voulait lui parler de Bellatrix. Oh, il pourrait repousser tant qu'il voudrait la prochaine discussion sur ce sujet, Hermione ne lâcherait pas… Cependant, pour le moment, il devenait impératif d'organiser un plan pour le livre.
- Très bien…, finit-elle par marmonner. Donc… J'ai fait des recherches. Mais…
Elle se passa une main dans les cheveux.
- Je n'ai rien trouvé qui puisse véritablement nous aider… Les livres de sorts de la Réserve ne contiennent rien. Il va falloir créer ce sortilège, mais ça ne va pas être simple si on part du néant…
- Nous ne partirons pas du néant, comme vous dites…, répondit Rogue d'une voix glaciale.
Hermione fronça les sourcils. Elle s'avança vers Rogue, et celui-ci leva les yeux vers elle.
- Vous avez trouvé quelque chose ? demanda-t-elle.
- On peut considérer cela comme tel. Le sortilège dont nous avons besoin devra certainement partir du Protego basique. Ce sera la structure de notre sort.
- Je ne parlais pas de ça, rétorqua Hermione. Je voulais simplement dire que je n'avais rien trouvé concernant un sortilège qui se rapprocherait de celui que nous voulons créer. Aucune trace d'un cas similaire…
Rogue contourna son bureau sans répondre et s'assit dans son fauteuil. Hermione prit quant à elle place sur la chaise qui trônait devant le bureau. Le Maître des Potions se tapota la lèvre du bout de l'index un instant tout en fixant Hermione avant de déclarer :
- De toute façon, nous ne partons pas du bon point. Il faut nous renseigner sur la magie qui imbibe le Livre, afin de déterminer la force et les paramètres du sortilège. C'est la première étape, et nous l'avons bêtement sautée.
- Vous voulez dire, reprit Hermione, qu'il faudrait donc d'abord travailler sur… l'histoire de ce livre ? Afin de découvrir plus d'informations sur le type de Magie Noire qu'il renferme ?
- Par exemple…, répondit-il en joignant ses doigts. Il nous faudrait retrouver les origines de sa création, les méthodes qui se pratiquaient à cette époque. Il date du Moyen-âge, je crois.
Hermione acquiesça.
- Mais les livres de la Réserve…, continua-t-elle.
Rogue l'interrompit d'un geste impatient de la main.
- Mais qui vous dit que nos recherches doivent se réduire à la bibliothèque de Poudlard ?
Hermione fronça les sourcils. Elle se pencha en avant.
- Et où d'autre voudriez-vous chercher ? demanda-t-elle.
Rogue recommença à tapoter sa lèvre supérieure du bout de son long index.
- Le livre est imprégné d'une des formes les plus perverses de la Magie Noire, dit-il lentement, le genre de Magie qui fait l'objet d'un tabou à cause des horreurs qu'elle a pu perpétrer à travers le temps. Ce n'est pas dans une école qu'on pourra trouver des livres relatant de telles informations.
Hermione songea un instant aux livres qu'elle avait feuilletés durant sa Sixième Année pour trouver ce qu'était un Horcruxe… Et au vu de ce que venait de lui dire Rogue, elle pensa qu'ils devaient faire face à une branche de la Magie aussi noire que celle-ci. Elle eut soudain peur en pensant au contenu que les pages de l'antique manuscrit qu'ils voulaient ouvrir pouvaient receler…
- Mais où chercher, dans ce cas ? demanda Hermione.
- Allons, allons, Miss Granger, n'entacher pas votre réputation… Vous devriez savoir…
Il eut un rictus.
- Il y a toujours des endroits où l'on peut trouver ce genre d'informations, lorsqu'on en a besoin… Je parle, bien sûr, des endroits où la Magie Noire, les objets et livres s'y rapportant, apportent le profit…
Hermione ouvrit légèrement la bouche, haussa les sourcils. Elle venait de comprendre.
- Oh… Je ne sais pas si…, commença-t-elle.
- Si, Miss Granger, vous savez, trancha Rogue.
Il appuya ses mains sur le bois de son bureau et s'approcha encore d'Hermione.
- Vous voyez très bien de quel genre d'endroit je veux parler. N'y en a-t-il pas un qui vous vient à l'esprit ?
Hermione réfléchit un instant, plongeant ses yeux dans les orbes onyx de Rogue.
- Eh bien, au vu de ce que vous venez de dire, je pense qu'il y aurait… l'Allée des Embrumes.
Elle regarda Rogue, attendant sa confirmation.
- Précisément, déclara-t-il froidement.
Hermione secoua la tête.
- C'est trop risqué, murmura-t-elle. Vous rendez-vous compte de tout ce qu'il nous faudrait mettre en place pour aller sans risque dans l'Allée de Embrumes afin d'aller chercher d'anciens livres ? Vous et moi sommes connus là-bas, et ce n'est pas le bon lieu pour se promener à découvert… Surtout si des Mangemorts s'y trouvent ou je ne sais quoi.
Un rictus nerveux déforma la bouche de Rogue.
- Je n'ai jamais parlé d'y aller à découvert…, rétorqua-t-il à voix basse. Et je n'ai jamais dit que vous m'y accompagnerez…
Les yeux d'Hermione s'écarquillèrent.
- Je vous demande pardon ? fit-elle, stupéfaite.
Rogue prit un air mauvais et serra les dents.
- En d'autres termes, puisque vous semblez ne pas comprendre les mots que j'ai employés, j'irai seul.
Hermione affichait une expression outragée.
- Mais… Mais…, balbutia-t-elle. Mais enfin, c'est n'importe quoi !
Elle se leva de sa chaise, les poings serrés.
- Je viens avec vous, Severus, que vous le vouliez ou non !
- Vous le faites exprès ? siffla Rogue entre ses dents. Je vous rappelle que Lestrange peut savoir où vous êtes grâce à la magie noire qui circule dans votre corps. L'Allée de Embrumes n'est pas le meilleur endroit pour des ennemis des Mangemorts, vous le savez très bien puisque vous l'avez dit, aussi vous risqueriez plus d'être un danger qu'une aide ! Dois-je vous rafraîchir la mémoire avec ce qui est arrivé à Paris ?
Hermione grinça des dents, soupira, ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais la referma avant. Elle se laissa tomber sur sa chaise. Elle ferma les yeux un instant, énervée, puis se dit que le Maître des Potions avait entièrement raison, et que Bellatrix, pouvant la repérer, risquait de venir les chercher. La jeune femme préféra changer rapidement de sujet, irritée du fait qu'elle ne pourrait pas accompagner Rogue.
- Vous ne savez vraiment rien sur le genre de magie qui protège le contenu du livre ? demanda-t-elle.
Rogue la fusilla du regard.
- J'ai peut-être une réputation qui vous amène à croire que c'est le cas, répondit-il les dents serrées, mais…
- Non, Severus, l'interrompit Hermione. Ce n'est pas ce que je voulais dire. Oubliez ça.
Il la toisa méchamment.
- S'il vous plaît, termina-t-elle.
Il ne répondit pas, se contentant d'un signe bref du menton.
- N'y a-t-il pas d'autre alternative ? interrogea Hermione. Sommes-nous…
Elle ferma les yeux, poussa un soupir excédé.
- Êtes-vous obligé de vous rendre là-bas ?
Elle réfléchit un instant, tournant et retournant dans sa tête ce que Rogue venait de dire et diverses idées qui lui venaient à l'esprit. Severus se leva de sa chaise.
- Je ne vois pas d'autre solution pour recueillir des informations sur ce livre, dit-il lentement en levant un sourcil.
Hermione se leva à son tour, se mordant nerveusement la lèvre.
- Dans ce cas, il va falloir vous préparer sérieusement. Vous ne pouvez pas y aller… à visage découvert. Il ne faut pas prendre le risque d'être reconnu là-bas… Mais je vous aiderai quand même !
- Certes…, marmonna Rogue. Cependant, il faut se dépêcher.
Hermione ferma un bref instant les yeux, réfléchissant.
- Disons… jusqu'à Halloween, préparons tout. Cela nous laisse cinq jours. Ensuite…
Elle n'acheva pas sa phrase. Elle s'avança jusqu'à la porte du bureau de Rogue, prête à s'en aller. Elle n'avait pas remarqué l'ombre qui était passée sur le visage de Rogue à l'évocation du mot « Halloween ». Severus la suivit. Elle s'arrêta dans l'encadrement de la porte.
- Severus, dit-elle en se mordant la lèvre, êtes-vous sûr que c'est une bonne idée d'aller là-bas ?
Il la contempla un instant.
- Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise idée, répondit-il. Simplement une nécessité.
Elle acquiesça doucement, et ils quittèrent le bureau pour se rendre à la salle de classe où ils devaient assurer leur cours.
Les élèves entrèrent dans un silence chargé d'anxiété. Ils prirent place devant leurs tables, les yeux levés sur le Maître des Potions, prêts à réagir au moindre danger qui pourrait venir de lui.
Hermione observait la classe. Pas de doute là-dessus, Rogue terrifiait toujours autant les élèves. Droit et raide à côté d'elle, il toisait les Première Année d'un œil mauvais.
Le regard d'Hermione atteignit le rang du fond.
Elle eut alors l'impression de recevoir un coup de poing dans l'estomac, et elle émit un hoquet étouffé. Rogue se tourna vers elle. Incapable de bouger, la jeune femme, les yeux exorbités, fixait le fond de la salle. Son collègue suivit son regard… et se figea à sont tour.
Là, installé à la table la plus éloignée du bureau, se trouvait Otacus Malefoy. Disparu depuis plusieurs semaines, emporté par Bellatrix dans Pré-Au-Lard sous les yeux de Rogue et d'Hermione. Il n'était plus réapparu depuis. Aucune nouvelle. Et voilà qu'il apparaissait en cours, comme s'il n'avait jamais disparu.
Il ne paraissait pas en pleine forme. Ses cheveux blonds étaient complètement ternes, ses joues laiteuses étaient creusées, et des cernes violacés entouraient ses yeux vides et enfoncés dans leurs orbites.
Hermione remarqua qu'une rumeur avait commencé à se propager dans le silence de la salle de classe, tandis que plusieurs élèves se retournaient et observaient d'un œil curieux le revenant.
Hermione tourna les yeux vers Severus.
- Il faut aller prévenir Pomfresh et McGonagall, chuchota-t-elle d'une voix blanche.
Rogue se pencha vers elle.
- Je vais y aller et l'emmener à l'infirmerie, répondit-il d'une voix pressée. Restez ici.
- Mais…, protesta sa collègue.
- Pas de « mais », Hermione, si jamais Bellatrix le possède, vous allez encore vous faire attaquer. Je ne prendrais pas le risque de mettre à l'épreuve votre… aimant à ennuis. Restez avec les élèves, et improvisez. Je crois savoir que vous êtes douée pour ça…
Hermione leva les yeux au ciel, mais elle retint un sourire. Après tout, Rogue tentait de la protéger…et il l'avait appelée Hermione, de nouveau.
- Très bien, très bien…, soupira-t-elle en tentant de cacher au mieux sa satisfaction.
Rogue s'éloigna d'elle.
- Malefoy, suivez-moi…, intima-t-il au garçon.
Otacus leva lentement ses yeux ternes vers lui, et se leva de sa chaise sans protester, le visage vide de toute expression. Hermione songea avec désolation qu'il ressemblait à un zombi. A quel point Bellatrix avait-elle fait usage de lui pour qu'il semble sans vie à ce point ? Et surtout, pourquoi réapparaissait-il seulement maintenant, comme si de rien n'était ? Elle aperçut Rogue se pencher vers Otacus, et elle en déduisit qu'il étudiait la couleur de ses yeux. Il se redressa ensuite et poussa Malefoy hors de la salle.
Hermione et le reste des élèves suivirent des yeux le Maître des Potions et Otacus tandis qu'ils sortaient. Severus lança à sa collègue un dernier regard avant que la porte ne se referme sur lui.
Severus marchait en direction de l'infirmerie, en regardant régulièrement derrière lui pour s'assurer qu'Otacus le suivait toujours. Le garçon avançait lentement, le regard dans le vide. Le Maître des Potions n'osait même pas imaginer ce qu'il avait subi avec Bellatrix…
Rogue lui empoigna le bras et le fit accélérer. La peau du garçon était glacée à travers ses vêtements. Ils atteignirent enfin l'infirmerie.
- Pomfresh ! aboya-t-il.
L'infirmière, penchée derrière les rideaux d'un lit, se releva. Ses yeux se posèrent sur Severus, puis sur le visage vide d'Otacus. Elle fronça les sourcils en posant un flacon sur la table de nuit du lit où elle s'affairait.
- Qu'est-ce que…, commença-t-elle.
- Plus tard, la coupa Rogue en levant une main. Occupez-vous de lui pendant que je vais chercher Minerva.
Pomfresh se dépêcha d'aller poser sa main sur le front du garçon. Elle s'agenouilla devant Malefoy, puis leva les yeux vers Severus.
Mais celui-ci se dirigeait déjà vers la sortie.
Rogue se hâta dans les escaliers vers le bureau directorial, la tête emplie d'une multitude de questions sans réponses. Il atteignit la gargouille qui barrait l'entrée, et poussa un juron en se rendant compte qu'il ne connaissait pas le mot de passe. Il se passa une main dans les cheveux, et ses yeux lancèrent des éclairs à la statue.
- Ouvre, stupide gargouille…, marmonna-t-il.
Celle-ci se contenta de ricaner. Le souvenir du soir où Hermione et lui avaient cherché le mot de passe lui revint en mémoire. Il le chassa.
- Eh bien Severus, fit soudain une voix flutée, que se passe-t-il ?
Rogue tourna brusquement la tête de chaque côté du couloir. Personne. Il pensa alors à baisser les yeux, et aperçut Flitwick à ses côtés.
- Il se passe qu'il y a urgence…, répondit Rogue les dents serrées en relevant les yeux vers la gargouille, comme si ces mots pouvaient la décider à ouvrir.
- Quel genre d'urgence ? demanda Flitwick.
Rogue crispa la mâchoire, se forçant au calme.
- Le genre d'urgence qui ne permet pas de s'attarder sur une discussion, Fillius ! cracha-t-il.
Il y eut soudain des bruits de pas dans le couloir. Les deux Professeurs tournèrent simultanément la tête, et aperçurent McGonagall qui avançait dans leur direction.
- Eh bien, Severus, vous n'êtes pas en cours avec Miss Granger ? demanda-t-elle en le toisant par-dessus ses lunettes.
Severus soupira en se pinçant l'arête du nez et avança à sa rencontre.
- Otacus Malefoy est revenu, lâcha-t-il.
- Quoi ? fit McGonagall d'une voix aiguë.
Rogue grinça des dents.
- Cessez cette manie de me faire répéter ce que je viens de dire alors que vous avez parfaitement entendu, marmonna-t-il. Je l'ai emmené à l'infirmerie. Je pense qu'il serait sage de nous y rendre immédiatement, Minerva…
Il leva un sourcil et commença à marcher dans le couloir.
- Et Miss Granger ? demanda Minerva, encore abasourdie dans le couloir.
- Elle est avec les Première Année, répondit Rogue avec impatience. Il ne valait mieux pas la laisser seule avec Malefoy.
Minerva se mit à marcher.
- Elle doit être présente aussi, cependant… Fillius, fit-elle en se retournant vers le petit Professeur, allez remplacer Miss Granger, et dites-lui de venir à l'infirmerie. Tout de suite.
Flitwick n'eut pas le temps de faire un geste que ses deux collègues avaient disparu au tournant d'un couloir.
Hermione poussa la porte de l'infirmerie, complètement essoufflée, et scruta les lieux. Elle trottina vers le fond de la salle, vers le lit entouré de rideaux devant lequel discutaient Rogue, McGonagall et Mrs Pomfresh.
Elle s'arrêta à leur hauteur mais ne dit rien, attendant qu'ils commencent. Tous trois avaient l'air grave.
- Alors ? finit-elle par demander, trop impatiente pour attendre qu'ils se décident, mais un peu anxieuse.
- Je lui ai fait boire une Potion de Sommeil, répondit Mrs Pomfresh. Son état a empiré.
- Nous l'avions tous vu, Pomfresh, fit Rogue d'une voix glaciale et dédaigneuse. L'état de son visage est suffisant pour dire cela…
- Je peux le voir ? interrogea Hermione.
- Miss Granger, commença McGonagall, l'air navré, je ne suis pas sûre que…
- Professeur, l'interrompit Hermione, je risque fort de finir dans le même état que lui —Pomfresh mit ses mains devant sa bouche l'air épouvanté—, je veux voir comment est sa blessure. C'est un moyen de connaître les avancées de Bellatrix.
La jeune femme entendit Rogue soupirer derrière elle. Mrs Pomfresh regarda la Directrice, attendant son avis. Celle-ci ferma les yeux et donna son accord d'un hochement sec de la tête.
L'infirmière s'avança et écarta les rideaux du lit, où Otacus était allongé sur le ventre. Hermione eut un hoquet et détourna immédiatement les yeux, avant de se forcer à regarder. Elle déglutit.
Le dos d'Otacus, n'était plus qu'une plaie. Il semblait ne plus avoir de peau du tout, et sa chair était à vif. Du sang suintait de partout. Mais, au milieu de son dos était encore visible la blessure principale, horriblement profonde, aux lèvres brûlées.
Hermione se souvint que lorsqu'elle avait vu le dos d'Otacus, la plaie n'était plus qu'une cicatrice. Pourquoi, alors, son dos était-il mutilé à ce point à présent, et la coupure ouverte ? La blessure d'Hermione et celle de Drago étaient encore à vif, et la jeune femme pensait que c'était ce qu'il se produisait quand ils résistaient à l'intrusion de Bellatrix. Si le petit frère de Malefoy avait une cicatrice, c'était probablement parce qu'il n'avait pu repousser Bellatrix et que celle-ci était parvenue à son but : le posséder complètement.
Alors pourquoi son dos était-il de nouveau ouvert à ce point ? Hermione trouva seule la réponse.
- Elle a fait des expériences sur lui…, murmura-t-elle.
Elle se tourna vers Severus, qui croisa son regard.
- Severus…, dit doucement la jeune femme. Sa blessure s'était refermée, vous vous souvenez ? Si elle est rouverte, c'est qu'elle a dû essayer de nouvelles choses…
Le Maître des Potions ne répondit pas, tandis que Pomfresh et McGonagall affichaient un air horrifié.
Hermione se tourna de nouveau vers le garçon. Elle contourna le lit et s'approcha de lui. Lentement, elle leva sa main, dans le but de la poser sur le front de Malefoy.
Mais, au moment où ses doigts entrèrent en contact avec la peau d'Otacus, une douleur insupportable se propagea dans son dos, et elle se cambra en hurlant. C'était cette même souffrance, inextinguible, qui la torturait lorsque Bellatrix s'attaquait à elle. Tous les souvenirs de ses affrontements avec la Mangemort vinrent torturer sa mémoire, et des larmes s'échappèrent de ses yeux. Une peur panique presque aussi forte que sa douleur au dos s'empara d'elle tandis qu'elle s'attendait à entendre le rire de Bellatrix résonner dans son crâne.
Mais la seule chose qui parvint à ses oreilles furent des cris, et elle sentit qu'on l'agrippait par les épaules pour la tirer en arrière. Le contact entre elle et Otacus se rompit, et la douleur disparut aussi vite qu'elle s'était déclenchée. Il ne demeura même pas la trace du fourmillement qu'elle avait maintes fois ressenti après une attaque de ce genre.
Des mains fortes lui firent tourner le dos au garçon et Hermione se retrouva face à Severus, les poignets enserrés dans sa poigne implacable. Pomfresh s'affairait à fermer les rideaux du lit d'Otacus, tandis que McGonagall faisait de sévères remontrances aux curieux qui avaient passé la tête au travers des rideaux de leur lit pour voir ce qu'il se passait. Severus entraîna Hermione derrière le lit d'Otacus, afin qu'aucun des élèves présents ne puissent rien voir.
Hermione scrutait le visage de Severus. Il paraissait inquiet, et Hermione, à peine remise de sa douleur, comprit qu'il était en train de regarder si ses yeux n'avaient pas changé de couleur.
- C'est bien moi, Severus…, souffla-t-elle d'une voix rauque.
Elle vit le soulagement se peindre sur ses traits, et Hermione sourit, malgré les larmes brûlantes qui continuaient de dévaler ses joues.
Bien qu'encore sous le choc, elle réfléchit à toute vitesse à ce qu'il venait de se passer. Elle s'apprêta à délivrer une théorie, mais n'en eut pas le temps. Elle aperçut l'hésitation qui s'emparait du visage de Rogue, ses yeux qui la scrutaient comme s'ils voulaient la transpercer. Il la regarda longuement, les lèvres pincées et plus pâle que jamais. Hermione sut qu'il avait eu peur que Bellatrix ne tente une nouvelle possession.
Soudain, il serra Hermione contre lui, et l'esprit de la jeune femme ne put alors se concentrer que sur les battements du cœur contre lequel reposait sa tête.
Mrs Pomfresh arriva à ce moment-là. Le Maître des Potions s'empressa de lâcher Hermione, un peu trop précipitamment. Il poussa un soupir, comme agacé par ce qu'il venait de faire, et il s'éloigna de sa collègue.
- Par Merlin, qu'est-ce que c'est que cette histoire, Miss Granger ? dit l'infirmière d'une voix basse mais précipitée. Pourquoi un simple contact avec ce garçon vous a-t-il ?...
Elle ne termina pas sa phrase.
Hermione jeta un regard à Rogue puis se tourna vers l'infirmière.
- Je… Je ne sais pas…, murmura-t-elle.
C'était un mensonge. Elle avait déjà ressenti ça quand la main de Drago possédé était entrée en contact avec son dos. Sauf que cette fois, c'était encore plus préoccupant. Car il avait simplement suffi que le bout de ses doigts entre en contact avec le front d'Otacus pour qu'elle ait mal…
- Faites-moi voir votre dos, Miss Granger, dit l'infirmière.
Un tic agita la bouche de Rogue. Hermione soupira. Se félicitant d'avoir mis un ensemble pull et jupe et non une robe, elle souleva son haut.
L'infirmière plissa les yeux.
- Votre coupure n'a pas eu le temps de saigner, fit-elle, soulagée. Mais à quoi rime tout cela ?
Hermione se redressa, et d'une voix grave, annonça :
- Ca veut dire que Bellatrix compte se servir d'Otacus pour m'attaquer.
