Bonjour à tous ! Je vous remercie pour toutes les lectures et les reviews que j'ai reçues, ça me fait super plaisir !
Aujourd'hui, je vous poste deux nouveaux chapitres ! J'espère qu'ils vous plairont !
Bonne lecture ! :D
Réponse à Etoile : Merci pour tes compliments, je suis ravie que ma fic te plaise ! Tes reviews me font très plaisir ! :D Vraiment, merci !
Réponse à calin : Merci beaucoup pour ta review, c'est super tout ce que tu me dis là ! Je suis ravie que ma fic te plaise ! Voici donc la suite pour te rassasier (pour continuer ta métaphore ^^), j'espère qu'elle sera à la hauteur de tes attentes !
Réponse àHell1 : Waouh… Merci beaucoup ! C'est vraiment un très beau compliment que tu me fais là ! Je ne sais pas quoi dire… Ca me touche beaucoup ! Merci, vraiment !
Réponse à gabrielle : Je vois que tu te poses de questions sur la fin du précédent chapitre ! ^^ Tu trouveras la réponse dans celui-ci !
Merci beaucoup, je suis contente que tu aimes ma fic ! Ah, le tutoiement… Pour ça, la langue française est très pratique !
Effectivement, c'est assez difficile d'écrire une Snapione en respectant les caractères des personnages. D'ailleurs, la seule manière que j'ai trouvé pour les rapprocher est de les plonger tous les deux dans une aventure… Je suis contente que ce soit à peu près crédible ! ^^
Réponse à mily chan : Eh ben dis donc ! Merci beaucoup ! :D Ca me fait super plaisir tout ce que tu m'écris dans ta review ! Ah, Rogue est assez coriace. Mais ne t'en fais pas, quand on l'aura poussé dans ses derniers retranchements… ^^ Ma fanfic est la meilleure que tu aies lue ?! Vraiment ?! :O Merci beaucoup ! :D Merci pour tes encouragements ! :D Voici donc la suite !
Le risque et le hasard
Severus garda son calme. Le silence régnait dans la boutique miteuse, où le Maître des Potions était à présent seul. Il observa la porte de l'arrière-boutique, se demandant ce qu'il pouvait bien se passer derrière. Il reposa le livre qu'il était en train de consulter sur l'étagère, se frotta les mains pour en ôter la poussière grasse. Puis, d'une démarche assurée et silencieuse, il s'approcha de la porte. Il se pencha, tenta de déceler le moindre son qui pourrait passer à travers l'épaisseur de bois. Mais, comme il l'avait deviné, un sort de silence avait été lancé sur le battant. Il jeta un coup d'œil par le trou de la serrure, mais la clé devait y être enfoncée de l'autre côté, et il ne put rien voir.
Ses traits se contractèrent, puis il décida de retourner à l'étagère où il se trouvait quelques instants auparavant. Il se remit à feuilleter les vieux ouvrages, mais son attention était ailleurs. Il s'interrogeait sur ce que Bellatrix était venue chercher. Ses yeux parcouraient les lignes du livre sans rien retenir, tant son esprit était occupé à bâtir des théories sur la présence de Lestrange ici. Soudain, la porte de l'arrière-boutique s'ouvrit avec fracas. Rogue tourna légèrement la tête, puis fit mine d'être plongé dans son livre. Il aperçut du coin de l'œil la silhouette encapuchonnée de Bellatrix franchir la porte rapidement et disparaître.
Il y eut un tintement de verre derrière lui. Severus se retourna. Le vendeur, pâle et tremblant, se servit un verre plein de whisky et le vida d'un trait. Puis il s'appuya contre son comptoir, leva les yeux vers Rogue mais ne dit rien.
Severus, gardant son masque indifférent et impassible, referma son livre et en prit deux autres sur l'étagère. Il se dirigea vers le commerçant et paya sans rien dire. Le regard du vendeur paraissait anxieux, angoissé, et il ne remercia ni ne salua Rogue lorsque celui-ci quitta la librairie.
Tenant fermement ses achats contre lui, Rogue vérifia qu'il n'y avait plus aucune trace de Bellatrix dans la ruelle, avant de transplaner.
Hermione était repartie vers le château d'un pas rapide, et avait gravi les escaliers quatre à quatre jusqu'à l'infirmerie. Elle avait décidé d'agir. Elle ne supportait pas de ne pas avoir pu accompagner Rogue, et voulait à tout prix être utile. Et puis, elle ne voulait pas penser à Severus et aux risques qu'il prenait au même instant dans l'Allée des Embrumes.
Elle entra dans l'infirmerie, traversa la salle puis toqua à la porte du bureau de Mrs Pomfresh. Celle-ci ouvrit presque immédiatement la porte, et afficha un air soucieux :
- Un problème avec votre dos, Miss Granger ? demanda-t-elle.
Hermione nia de la tête. Elle prit une profonde inspiration, puis déclara :
- J'ai besoin que vous m'aidiez à interroger Otacus.
Elle savait très bien que Rogue lui avait dit que le garçon devait probablement avoir été vidé. Elle lui avait même donné raison… Cependant, elle pensait que le temps n'était plus aux hypothèses, et qu'ils avaient besoin de certitudes.
L'infirmière fronça les sourcils.
- Miss Granger, c'est trop dangereux, vous le savez bien… Si jamais un contact a lieu entre vous deux, vous risqueriez de…
- Il n'y a pas besoin de contact, et je peux très bien m'écarter…
Pomfresh sembla hésiter un instant, considérant l'expression d'Hermione. Elle parut sur le point de céder, mais déclara :
- C'est non. C'est beaucoup trop dangereux. Et irresponsable de votre part.
Hermione soupira. L'infirmière prit alors un air compatissant.
- Attendez au moins que le Professeur Rogue soit revenu, dit-elle doucement.
La jeune femme acquiesça à contrecœur. Elle réfléchit un instant, se disant que finalement, Severus était nécessaire. Elle pourrait le persuader d'utiliser la Légilimencie sur le garçon.
Cependant, elle ne voulait pas rester les bras ballants en attendant qu'il rentre. Elle tenta autre chose.
- Vous avez raison… Mais dans ce cas… Laissez-moi au moins poser des questions à Drago.
Pomfresh voulut rétorquer, mais Hermione la coupa dans son élan :
- Il est maintenu sous repos artificiel depuis suffisamment longtemps pour ne pas risquer d'être possédé par Bellatrix Lestrange à tout moment. Et j'ai une baguette pour me défendre.
Hermione songeait qu'il était nécessaire de poser des questions à l'aîné des fils Malefoy. Après tout, il ne leur avait toujours pas raconté ce qu'il s'était passé entre Bellatrix et lui, ni ce qu'il pouvait savoir sur son frère, ou sur les méthodes de sa tante. Bien sûr, Hermione craignait qu'il refuse de répondre à ses questions si elle était toute seule, sans Rogue qui était beaucoup plus intimidant qu'elle, mais elle comptait employer du Veritaserum et faire preuve de fermeté.
L'infirmière pesa le pour et le contre, et finit par hocher doucement la tête en signe d'accord. Hermione la remercia en souriant, et lui demanda si elle avait en sa possession du Veritaserum, priant pour que ce soit le cas et qu'elle n'ait pas à aller fouiller dans le bureau de Rogue pour en dénicher une fiole.
Pomfresh se dirigea vers l'armoire de l'infirmerie et y fouilla un instant. Hermione croisait les doigts, mais l'expression qu'arborait l'infirmière en se redressant, les mains vides, la firent soupirer.
- Je suis désolée, Miss Granger, mais je n'en ai plus. Je ne peux que vous conseiller d'attendre encore une fois le retour du Professeur Rogue. Croyez-moi, c'est mieux comme cela. Tout ceci reste dangereux.
- Très bien, répondit Hermione. J'attendrai.
Evidemment, elle n'en avait pas du tout l'intention. Elle remercia tout de même Pomfresh et quitta l'infirmerie. Résolue, elle prit une profonde inspiration et dévala les escaliers. Une petite visite dans les cachots de Rogue s'imposait…
La jeune femme arriva essoufflée à l'entrée des escaliers menant aux cachots. Elle vérifia qu'il n'y avait personne dans les parages, puis descendit plus lentement que pour le reste des étages les marches allant vers les profondeurs de Poudlard. La froid et l'humidité commencèrent à la saisir rapidement, et elle frissonna lorsqu'elle se retrouva seule dans le long, sombre et glacial couloir des cachots. Elle eut l'impression d'être toute petite en l'absence de l'occupant et maître de ces lieux, mais elle se résolut à avancer vers la porte du bureau de Rogue. Bien que les murs de pierre soient nus, sans aucun tableaux, contrairement aux autres étages, Hermione avait l'impression qu'une centaine de paires d'yeux l'observaient, sévères. Et parmi tous ces yeux, ceux de Rogue, plus menaçants que tous les autres.
Hermione secoua la tête, horripilée par ses pensées qu'elle qualifia de stupides. Après tout, elle avait déjà volé des ingrédients dans la réserve de Rogue alors qu'elle n'était qu'en Deuxième Année. Elle n'avait pas peur. Mais elle avait l'impression de trahir Rogue. Trahir… sa confiance ?
La jeune femme grimaça. Pouvait-elle dire qu'il y avait une confiance entre eux ? Peut-être… Elle haussa les épaules, se disant qu'elle ne faisait qu'emprunter un flacon de Veritaserum, et que c'était pour la bonne cause, qu'elle n'avait nullement à se sentir coupable. Elle haussa les épaules et accéléra le pas, rassérénée.
Une fois devant la porte du bureau, elle plongea sa main dans sa poche pour saisir sa baguette, mais arrêta son geste dans un dernier élan d'hésitation. N'était-il pas plus sage d'attendre Rogue ? Elle savait bien que si. Mais elle n'en avait pas envie. Elle avait été mise à l'écart, elle agirait quand même.
Résolue, Hermione saisit sa baguette. Elle mit cinq bonnes minutes à éliminer les enchantements qui verrouillaient le bureau. Satisfaite et ignorant le léger sentiment de culpabilité qui s'infiltrait en elle, la jeune femme tourna la poignée et pénétra dans le bureau de Rogue.
Elle referma silencieusement la porte derrière elle, puis alluma les torches. Elle scruta les bocaux emplis de créatures inconnues et visqueuses en se frottant nerveusement l'avant-bras de la main gauche. La pièce, sans la présence de Rogue, avait quelque chose d'oppressant, et Hermione sentit de nouveau dans son dos les regards brûlants d'accusation des yeux invisibles.
Elle secoua la tête, puis se dirigea vers les étagères. Elle ne faisait rien de mal, après tout ! Elle ne venait pas fouiller dans les affaires personnelles de Rogue. Du moins, pas comme on pourrait l'entendre… Personne n'en saurait rien, même pas Rogue —surtout pas Rogue…
Hermione promena ses yeux sur les étagères. Il y avait là des centaines de flacons de potions, jouxtant les récipients emplis de formol. Elle les observa attentivement, cherchant à savoir de quelle manière Rogue triait et rangeait ses préparations. C'était apparemment un classement complexe, qui regroupait les potions et les ingrédients qui avaient les mêmes facultés, parfois les mêmes origines. La jeune femme soupira un instant devant la difficulté qui se présentait à elle, et se mit au travail.
Severus apparut devant les grilles de Poudlard. Il fit glisser sa capuche de sa main droite, et le contact de sa peau avec ses cheveux qui n'étaient pas vraiment les siens lui fit un drôle d'effet. Le Polynectar modifié qu'il avait employé, modifié par ses soins, permettait une transformation de deux heures, laps de temps qui ne s'était pas encore complètement écoulé. Il allait devoir prendre un antidote…
Soupirant, il poussa le lourd portail et s'engagea dans le chemin du château. Dans son esprit tournait sans répit l'image encapuchonnée de Bellatrix, et Rogue s'interrogeait sur ce qu'elle était venue chercher… Il n'en avait pas la moindre idée, et il détestait ça.
Il gardait les yeux fixés sur la silhouette imposante du château dont il se rapprochait. Les bourrasques du vent froid de l'automne faisaient claquer sa lourde cape de voyage dans son dos. Les doigts de sa main gauche étaient étroitement serrés sur les livres qu'il avait achetés quelques instants auparavant.
Rogue gravit les quelques marches du grand perron qui le séparait des lourdes portes de chêne. Les élèves devaient encore être en cours, il ne croiserait personne. Il pénétra dans le grand hall, et se dirigea vers l'escalier des cachots. Mais au moment où son pied se posait sur la première marche, une voix résonna derrière lui.
- Hé, vous là-bas ! Où allez-vous comme ça ?
Rogue tourna la tête, surpris, et ses yeux se plissèrent lorsqu'il reconnut Rusard qui arrivait vers lui, une lueur mauvaise dans les yeux, Miss Teigne sur ses talons. Severus réfléchit à toute vitesse pour tenter d'inventer un discours potable qui permettrait d'éloigner le concierge. Il ne pouvait décemment pas lui décliner sa véritable identité. Il fallait à tout prix éviter de faire circuler trop d'informations… Et mettre Rusard dans une telle confidence relevait de tout sauf de la prudence et de la raison.
- Je viens voir la Directrice, affirma Rogue sans hésiter. Une affaire concernant Poudlard qui ne vous regarde nullement.
Le visage du concierge se tordit en une grimace suspicieuse.
- Qui êtes-vous ? On ne m'a nullement prévenu de l'arrivée d'un étranger à l'école…
- Croyez-vous que l'on vous informe de tout, ici ? cracha Rogue dédaigneusement, sentant déjà que sa patience ne tiendrait pas longtemps.
- Je suis le concierge ! s'emporta Rusard en bombant le torse.
- Oui, malheureusement, je suis au courant, rétorqua Rogue les dents serrées.
Un œil de Rusard se plissa à demi tandis qu'il découvrait ses dents dans un rictus menaçant.
- Veuillez décliner immédiatement votre identité ! hurla-t-il en brandissant un doigt décharné sous le menton de Rogue.
Celui-ci prit une profonde inspiration, s'exhortant au calme.
- Je n'ai aucun compte à vous rendre, ni aucun ordre à recevoir, surtout pas de vous. Je viens voir Minerva McGonagall…
- La Directrice n'est pas là pour le moment…
Rogue pinça les lèvres. Une nouvelle idée lui vint à l'esprit.
- Dans ce cas, emmenez-moi voir le Directeur adjoint…, dit-il en levant un sourcil.
Rusard émit un drôle de grognement, puis, méfiant, fit signe à Severus de le suivre. Le fait de laisser le concierge le guider dans les cachots excédait le Maître des Potions, mais il se contint. Il partit donc à la suite de Rusard dans la direction des appartements du Directeur adjoint, vers ses propres appartements.
Hermione se releva en grimaçant et épousseta ses genoux pleins de poussière. Elle sourit en brandissant la petite fiole de Veritaserum qu'elle venait de trouver tout en bas de l'étagère. Elle écarta les mèches de cheveux qui lui tombaient devant les yeux et rangea la fiole dans une de ses poches.
Elle jeta un dernier coup d'œil aux bocaux, vérifiant qu'elle n'avait pas tout dérangé. Satisfaite, elle leva sa baguette pour éteindre les torches et ainsi effacer les dernières traces de son passage. C'est alors que des bruits de pas parvinrent à ses oreilles. Des bruits de pas qui se rapprochaient. Des bruits de pas qui indiquaient qu'il n'y avait pas qu'une seule personne.
Soudain paniquée à l'idée qu'on la prenne en flagrant délit de fouille dans le bureau de Rogue, Hermione regarda fébrilement de tous côtés pour tenter de trouver une cachette. Elle pria Merlin pour que Rogue ne soit pas déjà de retour, pour qu'il ne fasse pas partie des arrivants.
Elle avisa le dessous du bureau et se dépêcha de traverser la pièce. Elle se baissa et rampa sous le meuble, se contorsionnant du mieux qu'elle put pour trouver une position un minimum confortable. Elle eut juste le temps d'agiter sa baguette pour éteindre les torches avant que l'on ne toque à la porte.
Le cœur d'Hermione, qui cognait fortement dans sa poitrine, ralentit. Si les arrivants toquaient à la porte, c'est qu'ils cherchaient à savoir si Rogue se trouvait là et s'ils avaient l'autorisation d'entrer. Donc, logiquement, Rogue ne pouvait pas se trouver parmi les visiteurs, n'est-ce pas ?
La jeune femme commençait à avoir mal au cou. Sa tête touchait le dessous du bureau, ce qui l'obligeait à adopter une position qui raidissait sa nuque. Elle déglutit, espérant que les visiteurs s'en iraient. On frappa de nouveau à la porte.
- Il doit être absent, lui aussi, fit une voix qu'Hermione reconnut comme étant celle de Rusard. Vous…
Il ne termina pas sa phrase. Un sortilège claqua et Hermione entendit le bruit sourd d'un corps qui s'effondre sur le sol. Elle faillit gémir. Qui était là ? Son cœur se remit à s'agiter dangereusement. Qui avait attaqué le concierge ? Qui cherchait Rogue ? Les pires scénarios se mettaient en place dans l'esprit paniqué de la jeune femme. Bellatrix était peut-être parvenue à pénétrer dans le château et cherchait Rogue, ou même elle-même !
Elle se ratatina encore plus sous le bureau.
Soudain, la porte du bureau s'ouvrit, et Hermione retint son souffle. Elle avait l'impression que l'on pouvait entendre les battements de son cœur résonner dans la pièce, et elle craignait affreusement d'être découverte. Une planche de bois était fixée à l'arrière du bureau, si bien qu'on ne pouvait pas voir dessous en entrant dans la pièce. Cependant, Hermione ne pouvait pas voir non plus qui était l'arrivant. Elle entendit qu'on traînait les corps de Rusard à l'intérieur du bureau, puis qu'on refermait la porte. Hermione déglutit. Elle était prise au piège. Une crampe commençait à envahir sa jambe droite, mais elle ne pouvait pas prendre le risque de changer de position.
Les torches s'allumèrent. Elle entendit les pas se diriger vers l'étagère, puis il y eut un tintement de verre. Un bouchon qui saute. Un court instant de silence.
L'angoisse d'Hermione l'étouffait. Elle avait les yeux grands ouverts et se concentrait pour ne faire aucun bruit. Elle se mordit la lèvre au moment où la douleur de sa jambe devenait insoutenable. Les pas retentirent de nouveau. Elle entendit le sifflement d'une baguette qui fend l'air, puis un grognement peu avenant du concierge.
- Rien ne s'est produit aujourd'hui. Absolument rien. Vous vous rendiez dans la salle des trophées pour y faire du ménage.
Hermione se crispa en reconnaissant la voix basse et froide de Rogue. Que s'était-il passé pour qu'il doive effacer la mémoire de Rusard ? Elle se sentit à la fois soulagée et paniquée. Soulagée, car elle avait craint que Bellatrix soit réellement entrée dans Poudlard. Paniquée, car Rogue était de retour, qu'elle était cachée sous son bureau, qu'elle lui avait volé un flacon de Veritaserum pour aller interroger Malefoy alors qu'il lui avait clairement fait comprendre qu'elle ne devait rien tenter. Elle restait prostrée sous le bureau, hésitant sur la conduite à tenir, ne comptant plus que sur Merlin pour la sortir de là sans trop de souffrances.
La porte s'ouvrit de nouveau et il y eut des bruits de pas mal assurés. Hermione en déduisit que Rogue venait de relâcher Rusard, et que celui-ci s'éloignait en tentant de reprendre ses esprits. Le battant de bois claqua encore. Hermione était à présent seule avec Rogue.
Elle prit une inspiration, sachant qu'elle risquait d'être découverte d'un instant à l'autre. Et elle savait que plus elle attendrait, plus Rogue serait en colère lorsqu'il la trouverait. Ce qui risquait de se passer assez rapidement. Appelant à son secours tout son courage gryffondorien, elle s'extirpa difficilement de sous le bureau.
Entendant le bruit qu'elle faisait, Severus se retourna vivement, surpris. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il croisa le regard d'Hermione, avant que les traits de son visage ne se contractent sous l'effet de la fureur.
- Granger ! tonna-t-il. Qu'est-ce que vous…
- Je sais, le coupa Hermione en levant une main et en affichant un air blasé. Je n'aurais pas dû, c'était mal, je suis désolée, je suis idiote, vous me l'aviez dit, vous aviez raison, mais c'était insupportable de me sentir inutile dans une telle situation, j'aurais dû écouter, ne pas faire confiance à mes pulsions purement Gryffondor, rester pour une fois à ma place, faire preuve de plus de bon sens et de moins de bêtise.
Rogue fit un pas menaçant dans sa direction, et Hermione se demanda s'il ne valait pas mieux le laisser parler un peu avant de savoir s'il était préférable de continuer ses explications ou de s'enfuir le plus vite possible.
- Qu'est-ce que vous fabriquiez cachée sous mon bureau dans le noir ? demanda-t-il d'une voix dangereusement calme.
- Euh…, commença Hermione. C'est-à-dire que…
- La vérité, Granger.
- Très bien…, marmonna-t-elle en se frottant l'arrière de la tête. J'étais venue chercher un flacon de Veritaserum pour interroger Drago Malefoy…
Elle observa avec anxiété le visage pâle et contracté de son collègue, la fureur qui enflammait ses yeux. Elle se sentait honteuse.
Il s'approcha encore d'elle et lui empoigna avec force le devant du pull. Leurs visages furent si proches qu'Hermione loucha.
- Vous êtes venue me voler dans mon propre bureau ? siffla-t-il entre ses dents.
- Mais c'était pour la bonne cause ! se défendit Hermione. Il nous reste beaucoup d'informations cruciales à apprendre de Malefoy et Mrs Pomfresh n'avait plus de Veritaserum ! Je ne savais pas quand vous alliez revenir alors j'ai préféré…
- Vous mentez ! hurla Rogue, postillonnant sur Hermione.
Celle-ci s'empressa de sortir le flacon de Veritaserum de sa poche pour lui prouver qu'elle lui avait dit la vérité. Il lui arracha la potion des mains.
- Pourquoi êtes-vous incapable de faire ce que l'on vous dit ? continua Rogue d'une voix forte et menaçante.
- Il fallait bien que je fasse quelque chose ! s'emporta Hermione en tentant de se dégager de la poigne de fer de Severus.
- Commencez d'abord par obéir ! Potter et sa manie de se plonger jusqu'au cou dans ce qui ne le regarde pas ont déteint sur vous, Granger !
Hermione poussa un hoquet outragé.
- Je vous signale que ça me regarde tout de même un peu ! Je reconnais que j'ai eu tort, mais ne faites pas tout un drame pour un vulgaire flacon de potion !
Soudain, Rogue la poussa en arrière en fulminant, et les cuisses d'Hermione percutèrent le bord du bureau.
- J'ai des principes, Granger ! L'un d'entre eux fait que je suis en colère lorsque quelqu'un qui ne sait pas ce que sont des limites est entré chez moi sans ma permission pour y dérober un objet de ma possession !
Il bloqua Hermione sur le bureau en se postant devant elle. Elle leva les yeux au ciel.
- Il y a plus grave pour le moment ! Je suis venue pour quelque chose qu'il serait préférable de faire assez rapidement, et…
- N'essayez pas de contourner cette discussion, Granger…
Il lui lança un regard des plus noirs, puis promena ses yeux sur le reste de la pièce, cherchant probablement à savoir si Hermione n'avait pas fouillé plus en profondeur qu'elle ne voulait le laisser croire. A son grand regret, rien n'avait l'air d'être dérangé.
- Vous me croyez, maintenant ? demanda Hermione, un sourcil levé.
Il continua quelques instants son inspection avant de grogner. Il ne pouvait malheureusement rien dire… Il la saisit de nouveau par le devant du pull.
- Si je constate qu'une seule chose de ce bureau n'est pas à sa place, je vous jure que vous passerez un mauvais moment…
Il la relâcha avec dédain, et Hermione manqua de s'écrouler sur le bureau. Elle se redressa et en profita pour changer de sujet.
- Que vous a fait Rusard ?
Rogue la fixa un instant, hésitant entre répondre à la question de sa collègue ou continuer la dispute sur les actes de la jeune femme. Il fit claquer sa langue contre ses dents, choisissant finalement la première option. A contrecœur, il pensa qu'ils devaient arrêter de perdre du temps avec des disputes comme celle-ci…
- Il a eu la mauvaise idée de se trouver sur mon passage à un moment inopportun, marmonna Severus.
Il plongea alors sa main dans une grande poche de sa cape et en sortit les livres qu'il avait acheté. Les yeux d'Hermione s'agrandirent d'excitation.
- Oh, vous avez trouvé ! s'écria-t-elle en se précipitant vers les grimoires.
Rogue l'arrêta en lui empoignant le poignet.
- Ne touchez à rien pour le moment, Granger ! Au cas où votre mémoire serait défaillante, je vous rappelle qu'ils viennent d'une librairie de l'Allée des Embrumes… Il est nécessaire de procéder à un examen avant de pouvoir les lire.
- Et ensuite, nous pourrons enfin nous informer sur le type de Magie Noire qui protège le Livre ! ajouta Hermione.
Severus leva un sourcil méprisant devant l'excitation dont faisait preuve sa collègue. Puis, il saisit sa baguette et s'approcha des livres. Il l'agita en des gestes compliqués et en remuant les lèvres, suivant apparemment un rituel complexe. Une lumière blanche jaillit et engloba les livres qui se mirent à briller. Hermione leva son bras devant son visage, protégeant ses yeux. Mais, la lueur disparut aussi vite qu'elle était apparue. Hermione se tourna vers Rogue, attendant son verdict.
- Rien à signaler, dit-il d'une voix basse.
Hermione sourit et s'avança vers le bureau. C'est alors que les deux sorciers entendirent des pas précipités dans le couloir qui jouxtait le bureau. On ne tarda pas à tambouriner à la porte.
Fronçant les sourcils, Rogue alla ouvrir. Le battant laissa apparaître un élève de Serpentard, son badge de préfet brillant sur sa poitrine. Il posa ses mains sur ses genoux et se courba en deux, tentant de reprendre son souffle.
Intriguée, Hermione rejoignit Severus. Le Préfet redressa la tête.
- Professeur Rogue…, haleta-t-il. C'est Mrs Pomfresh qui m'envoie… Otacus Malefoy… Il s'est réveillé…
