Merci à tous pour vos lectures et vos reviews ! J'espère que la suite vous plaira !

Réponse à Sophie : Merci beaucoup, voici donc la suite, j'espère que tu la liras et qu'elle te plaira :)

Réponse à Karl : Merci beaucoup, je suis ravie que ma fic te plaise. Effectivement, la lecture sur l'autre site est laborieuse, mais je vais poster ici plus régulièrement maintenant. :)

Réponse à Guest (17.08): Merci beaucoup, je suis très touchée ! :D Voici donc la suite !

Réponse à Manon : Merci, contente que ma fic te plaise ! :)

Réponse à Annie : Merci beaucoup pour tes compliments ! Je te remercie également pour ta critique, et évidemment je ne la prends pas mal du tout ! Ton point de vue est juste, c'est vrai, mais j'ai écrit ça dans l'idée d'une Hermione fatiguée, à vif, et finalement mise devant les faits directement. Parce que finalement, elle n'a jamais vu de ses propres yeux Rogue au service des Mangemorts. Après, il est vrai qu'elle aurait pu le prendre de manière plus rationnelle, et que j'aurais peut-être dû la faire moins émotive. Je te remercie pour l'observation ! :p


Rogue avait le regard fixé sur Hermione. Assis chacun d'un côté de la cellule, l'un en face de l'autre, ils ne se quittaient pas des yeux. Depuis combien de tant s'observaient-ils ainsi, se jaugeant l'un l'autre ? Ils ne savaient pas, ne savaient plus, si toutefois ils l'avaient su. Un poids pesait sur leur cœur, leurs pensées ne tournant plus qu'autour d'un seul sujet : l'autre.

Hermione ne savait que penser. Elle avait été ébranlée dans ses certitudes, et elle ne le supportait pas. Elle avait toujours deviné ce que Rogue avait pu faire, avait dû faire dans sa jeunesse. Il ne pouvait en être autrement. Mais le voir ainsi, en être sûre et en être le témoin, l'avait choquée. Et pourtant…
Pourtant, elle avait envie de se jeter sur l'homme assis droit devant elle, elle avait envie de le serrer dans ses bras, de lui parler, de l'écouter lui parler. Mais elle était seulement capable de l'observer, encore et toujours, sans vraiment le voir, comme si l'image en face d'elle s'usait et se ternissait à force d'être regardée sans répit. Hermione gravait sur sa rétine l'homme en noir, l'homme qu'elle aimait. Malgré tout.

Cependant, ce n'était plus pareil. Elle devait reconnaître que du dégoût s'était insinué en elle. Comment avait-il pu… ? Comment pourrait-elle passer outre cela, à présent ?

Severus ressassait, encore et toujours, l'horreur de son passé. Il broyait du noir, les yeux rivés sur Hermione. Qu'allaient-ils devenir, à présent ? Le rejetterait-elle définitivement ?
Il serra les dents. C'était de sa faute à lui. Jamais, jamais il n'aurait dû se laisser aller à ce qu'il éprouvait maintenant. Il le savait, il l'avait toujours su.

Alors pourquoi ?

Parce qu'il en avait eu besoin. Et Hermione n'avait pas mesuré l'ampleur de ses actes, et elle s'était crue forte alors qu'elle n'était encore qu'une gamine qui entrait tout juste dans la vie, la vraie vie, voulait-il dire, celle où il faut se battre sans cesse et où tout semble vous échapper.
Le prenait-elle pour un monstre ?

« Tu n'es pas un monstre, tu n'es pas un assassin », s'était-elle bornée à dire, sûre et certaine de tout comprendre.
La chute avait été rude, pensait Rogue.

Combien de temps encore resteraient-ils face à face, emmurés dans le silence lourd de pensées ? Combien de temps encore avant que la nuit ne tombe, à moins qu'elle ne soit déjà là ? Combien de temps encore avant que Bellatrix ne revienne ?

Un bruit, soudain.
Rogue et Hermione tournèrent d'un même mouvement la tête vers la porte de leur geôle.
Le silence, de nouveau. Puis un son étouffé. Des voix.
Hermione se mit debout, en alerte. Etait-ce Bellatrix qui revenait ? Allait-elle la torturer encore, lui montrer les actes passés de Rogue pour la faire souffrir ?

Hermione tendit l'oreille. Son sang battait dans ses tympans. Elle avait les yeux rivés sur la porte devant elle. Le léger bruissement de la cape de Rogue sur le sol bétonné lui fit savoir qu'il se levait à son tour.

Elle respirait profondément, pour se calmer. La présence de Rogue dans son dos la perturbait, l'arrivée imminente de Bellatrix lui faisait peur. C'est alors que, non loin d'elle, de l'autre côté de la porte, quelqu'un prononça le prénom d'Hermione.

La jeune femme écarquilla les yeux. Avait-elle rêvé, à force de n'entendre que le silence ? Elle avait cru reconnaître la voix de…

- Hermione ?... fit une voix hésitante. Tu es ici ?
- Ron ! s'exclama Hermione, l'espoir s'engouffrant avec force en elle. Ron, je suis ici, derrière la porte !

Un martèlement de pas.

- Harry ! Hermione est là !

Hermione sentit son cœur faire un soubresaut. Un grand sourire, le sourire de celle qui n'y croyait plus, illumina son visage creusé et fatigué, et elle se retourna vers Severus, oubliant un bref instant ce qu'elle ressentait à son égard depuis la vision des souvenirs de Bellatrix.

L'air sombre du visage de Rogue lui glaça le sang. Le fait qu'elle voit ce qu'il avait fait l'avait perturbé, Hermione le savait. Et il s'enfermait encore dans sa culpabilité.

Il la regardait, et les ténèbres dans ses yeux semblaient demander pardon. Hermione ne savait plus que faire. Elle se sentait en présence d'un étranger.

Soudain, la porte trembla sur ses gonds, faisant sursauter Hermione, tandis que Rogue relevait légèrement la tête. Une lueur blanche filtra par les interstices du cadre de la porte et éclaira la geôle. Puis, une déflagration emplit l'étroite pièce, et la porte s'ouvrit en deux en dégageant une épaisse fumée. Hermione porta son bras à son nez et toussa, tandis que la fumée âcre lui piquait les yeux.

Harry Potter et Ron Weasley pénétrèrent dans la prison.
Des larmes, causées par autre chose que la fumée, débordèrent des yeux d'Hermione, qui se précipita vers ses deux amis et se jeta dans leurs bras, gémissant néanmoins lorsque sa côté fêlée lui fit mal.

Ron et Harry la serrèrent contre eux, tentant de la réconforter. Ils n'avaient pas remarqué la silhouette sombre de Rogue qui se détachait dans la fumée.

Ce fut Ron qui le repéra en premier, et il sursauta légèrement. Il serra Hermione plus fort contre lui, par réflexe.

- Vous êtes là, vous…

Il ne put s'empêcher de penser que Rogue était terrifiant. Sa haute silhouette était raide et faite d'ombres plus que de lumière. Rogue redressa le menton et observa ses deux anciens élèves d'un air méprisant, qu'ils lui retournèrent. Harry et Ron faisaient face à Rogue, serrant Hermione contre eux. Elle était la seule frontière qui séparait les deux camps.

- Comment avez-vous…, commença Hermione.
- Sortons de ce trou, l'interrompit Ron, avant que Lestrange ne revienne.

Ses yeux étaient durs et braqués dans ceux de Severus, comme si c'était lui, l'ennemi à abattre.

Les quatre sorciers sortirent de la misérable pièce, Rogue à l'écart des trois autres. Il observait, avec un goût amer dans la bouche, le bras de Ron sur la taille d'Hermione, la tête d'Hermione sur l'épaule de Ron.

Rogue se fustigeait intérieurement. Il ne pourrait jamais rattraper sa vie entière, sa vie qu'il avait gâchée et dont il payait les conséquences. Hermione comprendrait, peut-être même avait-elle déjà compris, qu'ils ne devaient pas s'aimer, et alors elle partirait avec Weasley. Et Severus resterait seul, comme il en avait l'habitude. Seul avec son remord.

- C'est McGonagall qui nous a prévenus, dit Ron tandis qu'ils s'avançaient dans le hangar. Elle nous a dit que vous aviez disparus, qu'elle redoutait le pire. Alors on a tout de suite pensé à Bellatrix.
- Pourquoi les Mangemorts sont-ils toujours dans ce hangar ? interrogea Hermione d'une voix faible. Vous saviez très bien où ils se terraient, pourquoi ne pas les avoir arrêtés ?...
- On les surveillait, répondit Harry. On voulait savoir ce qu'ils faisaient, s'il y en avait d'autres cachés autre part… Alors on avait décidé de ne pas intervenir immédiatement…

Hermione se détacha soudain de Ron.

- Attendez, dit-elle, nos baguettes sont ici, on ne va pas partir sans.
- Je sais où est la mienne, dit soudain Rogue.

Sa voix glaciale fit sursauter les trois amis, qui semblaient avoir oublié sa présence.

Il se tourna vers les caisses sous lesquelles sa baguette avait roulé lors de sa lutte avec Bellatrix. Rogue se baissa et observa sous les coffres de bois. Il parvint à voir sa baguette. Il passa sa main dans le mince interstice entre le sol et les caisses, et parvint sans trop d'effort à faire glisser sa baguette jusqu'à lui. Lorsqu'il se releva, baguette en main, il remarqua que Weasley avait la main crispée sur sa propre baguette, comme s'il se préparait à réagir à une attaque de Rogue.

Les yeux de Rogue détaillèrent les visages des trois jeunes adultes face à lui. Ils avaient tous les traits durs. Il eut l'impression de se retrouver face au trio de Gryffondor qui l'avait détesté, qu'il avait détesté.

Or, cette fois-ci, ce n'était plus pareil entre Hermione et lui. La froideur des yeux bruns de la jeune femme le poignarda en plein cœur.

Son masque glacial imprimé sur son visage, Rogue agita doucement sa baguette, espérant que Weasley ne réagirait pas.

- Accio baguette d'Hermione Granger, dit-il.

Il y eut un bruit de grincement, une vieille armoire rouillée placée au fond du hangar s'ouvrit et un mince bâtonnet de bois fila dans les airs jusqu'à la main de Severus. Par chance, Bellatrix n'avait pas jugé nécessaire l'installation de sortilèges de protection…

Rogue s'approcha d'Hermione et lui tendit sa baguette. La jeune femme la lui arracha presque des mains.

La tension entre Severus et Hermione était palpable. Harry et Ron, observant la scène qui se jouait devant eux, la sentirent. Ce fut Harry qui brisa le silence qui s'était de nouveau installé entre eux.

Hermione agita alors sa baguette pour calmer la douleur de sa côte. Elle soupira de soulagement en sentant la souffrance s'endormir.

- Il faut partir, dit soudain Harry, avant que Bellatrix ne…
- POTTER ! hurla soudain une voix stridente.

A l'entrée du hangar, entourée de quatre de ses Mangemorts, se trouvait Bellatrix. Aucun des quatre ne l'avait entendue entrer.

Le visage de Bellatrix était déformé par la haine, et, parallèlement, par une certaine jouissance. Ils étaient tous là, sous son joug. Et ils allaient tous payer !
Elle brandit sa baguette, et les sorts commencèrent à fuser dans la direction de Rogue, Hermione, Ron et Harry.
Ils se trouvaient encore une fois en fâcheuse posture.

- Sauvez-vous ! cria Harry à l'intention d'Hermione et de Rogue. Ron et moi, on va les retenir !

Les traits de Ron se crispèrent en voyant qu'Hermione lui était enlevée une fois de plus. Hermione secoua la tête et lança un sort en direction des Mangemorts.

- Non ! cria-t-elle, farouche. Je reste avec v…

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase. Une main de fer s'était refermée sur son poignet et l'entraînait vers l'autre porte du hangar. Severus.

- Lâche-moi ! s'écria la jeune femme en tentant de desserrer les doigts qui la retenaient prisonnière.

En vain. Elle ne put donc que courir à la suite de Rogue, se tournant de temps en temps pour lancer un sort et aider ses deux amis.

Severus défonça la porte d'un violent coup d'épaule. Les deux sorciers manquèrent de s'écrouler sur le sol humide. Ils se retrouvèrent dehors, dans la cour où ils étaient arrivés lorsqu'ils avaient pénétré dans le repère des Mangemorts pour la première fois, plus d'un mois auparavant. La nuit était tombée, mais malgré l'obscurité, Hermione reconnut le haut mur qu'ils avaient dû franchir.

- On n'aura jamais le temps d'escalader ! fit-elle en donnant un grand coup avec son bras pour se dégager de la poigne de Severus. Il faut aller aider Ron et Harry !

Rogue ne répondit pas. Il brandit sa baguette et fendit l'air. Un pan de mur complet s'écroula dans un terrible bruit.
Les deux sorciers entendirent alors deux respirations saccadées derrière eux. Ils jetèrent un coup d'œil dans leur dos en tournant la tête d'un même mouvement. Les deux Mangemorts massifs de Bellatrix les poursuivaient. Ceux-ci lancèrent des sortilèges qui sifflèrent méchamment aux oreilles de Rogue et d'Hermione.

Severus franchit le trou dans le mur en tirant sans ménagement Hermione avec lui. Ils se retrouvèrent dans la ruelle aux containers.

- Il faut atteindre l'artère principale ! cria Hermione. Ils ne prendront jamais le risque de lancer des sorts devant les Moldus !

Ils coururent de plus belle. Soudain, la main de Rogue glissa du poignet d'Hermione à ses doigts. La jeune femme sentit une boule enfler dans sa gorge. Elle voulut se dégager prestement, pour ne plus sentir sur sa peau la chaleur de celle de Rogue. Elle ne savait plus que faire, ni que penser. Finalement, elle n'eut pas le courage de lâcher la main de Severus, qui la rassurait malgré tout. Elle refusa de penser à Harry et Ron, qui, en ce moment-même, risquait leur vie pour qu'eux se sauvent.

Ils atteignirent le bout de la ruelle et se retrouvèrent plongés au milieu de l'effervescence urbaine. Les lumières des lampadaires et des vitrines leur agressèrent la rétine.

- Qu'est-ce qu'on fait ? cria Hermione en jetant un regard précipité derrière elle pour voir que les deux Mangemorts se rapprochaient dangereusement d'eux.
- On les distance ! répondit Rogue assez fort pour couvrir le vacarme de la circulation.

Il entraîna de nouveau Hermione avec lui. Ils coururent à toute vitesse sur le trottoir luisant d'une pluie fraîchement tombée, slalomant entre les passants qui leur lançaient des regards outrés. D'autant plus que Rogue et Hermione étaient encore vêtus de leurs habits de sorciers, et qu'ils semblaient sales avec leurs cheveux emmêlés et leurs visages noircis par la poussière.

Ils ne tardèrent pas à se retrouver trempés par les flaques dans lesquelles ils couraient. La pluie se remit à tomber, froide et drue. Leurs cheveux se mirent bientôt à dégouliner d'eau glaciale, se plaquèrent à leurs joues, leurs bouchèrent la vue.

Hermione trébucha une fois, manquant de s'allonger de tout son long sur le bitume. Rogue la rattrapa habilement par les aisselles et la remit debout.
Régulièrement, ils regardaient derrière eux. Les sbires de Bellatrix se maintenaient à bonne distance. Cependant, étant bien plus massifs que Rogue et Hermione, ils avaient plus de mal à se faufiler entre les passants.

Hermione se demandait bien ce que pourraient faire les deux Mangemorts si jamais ils les rattrapaient, étant donné qu'ils étaient entourés de Moldus. Mais elle ne comptait pas s'arrêter pour tenter l'expérience…

Ils coururent à vive allure deux bonnes minutes. Un impitoyable poing de côté déchirait le ventre d'Hermione. Elle ne pourrait pas tenir encore bien longtemps…

C'est alors qu'elle aperçut une bouche de métro. Le symbole Underground luisait au-dessus des passants, dégoulinant de pluie.

- Là ! s'écria-t-elle en le pointant du doigt.

Rogue suivit la direction de ce qu'elle lui montrait. Il ne savait pas si c'était bien prudent… Cependant, il savait qu'ils ne pourraient pas maintenir leur course encore longtemps à cette allure. Autant tenter le coup.

Il fit un geste brusque de la tête pour indiquer à Hermione qu'il acceptait, et les deux sorciers s'engouffrèrent dans les escaliers bondés pour s'enfoncer sous terre.

Les couloirs aux catelles blanches du métro grouillaient de monde. La température était brusquement montée. Rogue et Hermione étaient gênés dans leur course par leurs lourds habits trempés qui leur collaient à la peau. Ils poussaient sans ménagement les Londoniens pressés pour pouvoir passer.

Hermione se retournait régulièrement, mais ne parvenait plus à voir si les deux gorilles les suivaient toujours. Au bout d'un certain temps, la foule se fit plus dense, et Rogue et Hermione furent contraints de stopper leur course.

- Qu'est-ce…qu'il… se passe ? demanda Hermione, pliée deux, mains sur les genoux, tentant de reprendre son souffle.

Rogue respirait bruyamment à côté d'elle. Il ne répondit pas, tentant de regarder par-dessus les têtes des Moldus. Hermione l'observa. Elle vit alors les sourcils de Rogue se froncer et sa mâchoire se crisper. Il lâcha un juron. Hermione se dressa sur la pointe des pieds et regarda devant elle. Elle comprit.

Ils étaient arrivés à l'entrée des voies du métro, là où l'on devait présenter son titre de transport pour pouvoir franchir les portillons automatiques.

Elle se mordit la lèvre, tandis que Rogue tournait sur lui-même pour trouver une issue.

Hermione étudia le lieu. Des caméras partout. Des contrôleurs munis de talkie-walkie. Elle se pencha vers Rogue, oubliant un instant la répulsion qu'il lui faisait éprouver.

- Tout marche à l'électricité…, commença-t-elle. Si on faisait de la magie, on pourrait…
- Non, trancha Rogue. Si tout tombe en panne, cela risque de devenir la panique. Nous ne devons pas nous retrouver coincés… Il n'y a qu'une seule solution…

Severus et Hermione se regardèrent. Assurément, ils pensaient la même chose.

Ils partirent en même temps, la main de Rogue enserrant de nouveau le bras d'Hermione. Ils poussèrent de plus belle les Londoniens qui attendaient de présenter leur ticket. Ils se frayèrent un chemin dans la foule, sans écouter les cris indignés qui leur étaient adressés. Une fois arrivés aux portillons, ils ne s'arrêtèrent pas.

Prenant chacun un portillon, ils sautèrent sur la machine où passaient les tickets, et franchirent les barrières. Le contrôleur présent regarda bouche-bée l'homme et la jeune femme trempés au drôle d'accoutrement lui passer sous le nez. Il balbutia un instant avent de crier :

- EH ! Vous ! Arrêtez-vous, immédiatement !

Hermione et Rogue n'y firent nullement attention et s'engouffrèrent au hasard dans la première porte qui se présentait à eux. Le contrôleur s'apprêta à se lancer à leur poursuite lorsqu'il aperçut deux hommes grands et larges défoncer deux des portillons automatiques d'un coup d'épaule. L'un des deux hommes s'écroula sur le sol mais se redressa rapidement, sous les yeux écarquillés du contrôleur impuissant. Des cris retentirent dans la foule. Incapable de faire quoi que ce soit, le contrôleur regarda les deux gorilles s'engouffrer dans la même porte que les deux fraudeurs précédents. Il remarqua qu'ils tenaient à la main un drôle de petit bâton.

Enfin, il retrouva l'usage de son cerveau. Il leva son talkie-walkie à hauteur de sa bouche.

- John ! Y a quatre allumés qui viennent de passer sans tickets ! Ils ont défoncé les portillons !

Il donna la direction empruntée par les quatre sorciers et s'élança à leur poursuite.

Rogue et Hermione se ruèrent dans les escalators bondés, descendant à toute vitesse, ratant quelques marches. Le bruit aigu du freinage d'un train leur parvint aux oreilles. Puisant dans leurs dernières forces, ils continuèrent de courir, leurs chaussures trempées couinant et glissant sur le sol.

Les deux sorciers arrivèrent sur le quai au moment où le signal de fermeture des portes du train retentissait. Ils s'engouffrèrent dans l'un des wagons juste à temps et trouvèrent deux sièges libres face à face. Ils s'y installèrent, tentant de retrouver une respiration normale. Celle d'Hermione s'était faite sifflante, et elle sentait les martèlements de son cœur faire trembler sa cage thoracique.

Rogue, en face d'elle, ne semblait pas en meilleur état. Hermione le regarda passer une main sur son visage pour rabattre les cheveux collés sur son visage en arrière. Il tourna les yeux vers Hermione. Elle maintint son regard.
Enfin, la rame démarra. La jeune femme regarda autour d'elle. Aucune trace des deux gorilles. Elle poussa un soupir. Ils les avaient semés. Elle se détendit un peu.

En face d'elle, à côté de Severus, se trouvait une vieille dame avec un parapluie. Elle regardait tour à tour Rogue et Hermione en secouant la tête, lèvres pincées. Les personnes présentes dans le wagon regardaient, éberlués, la longue robe d'Hermione et la cape de Severus. Mais ni Rogue ni Hermione n'y prêtaient attention.

Hermione se laissa aller en arrière sur le dossier de son siège, essayant de se détendre. Ses pensées semblaient confuses. Il était extraordinaire que Rogue et elle aient réussi à s'enfuir si vite. C'avait été totalement inattendu. Les Mangemorts manquaient encore d'organisation. Ils étaient trop peu. Bellatrix avait dû se dire qu'il était inutile de laisser un Mangemort pour surveiller la cellule où Severus et elle étaient emprisonnés. Une chance.

Hermione ignorait toujours si Bellatrix pouvait la localiser. Et si Lestrange avait dit la vérité lorsqu'elles les avaient trouvés à Godric's Hollow ? Peut-être était-elle vraiment venue chercher Harry. Peut-être le hasard était-il seul responsable de la capture de Severus et Hermione.

Et Rogue… Les images du souvenir de Bellatrix tournaient en boucle dans l'esprit embrumé d'Hermione. Rogue avait paru si froid et inexpressif dans le souvenir, alors qu'il tuait un homme… Cachait-il déjà parfaitement ses expressions, à seulement vingt ans ?
La conscience d'Hermione menait une lutte acharnée.

Il a tué quelqu'un, tu ne peux aimer un assassin !
Il y a été forcé, pour plaire à Voldemort !
Il aurait dû refuser ! C'était un acte abominable ! Personne ne l'a forcé à entrer dans les rangs des Mangemorts, il a fait son choix !
Il ne souhaitait sûrement pas faire ça !
Qu'en sais-tu ? Tu t'es trompée sur lui, voilà tout ! Il t'avait bien prévenue de ne pas t'attacher à lui !

Hermione secoua légèrement la tête pour chasser ces douloureuses pensées, et évita soigneusement de jeter un œil à Severus.

Elle regarda donc vers l'homme assis à côté d'elle. Un journal était posé sur ses genoux. Elle tourna légèrement la tête pour lire les gros titres.

« Vol au British Museum : un inestimable document sur d'antiques rites funéraires magiques dérobé pendant une panne d'électricité »

Hermione fronça les sourcils. Se pourrait-il que…
Ce titre la mettait mal à l'aise. Et si Bellatrix avait trouvé un autre document que le Livre de Paris qu'Hermione et Rogue avait volé ? Elle se tourna vers Severus pour lui faire signe.

L'anxiété s'empara de la jeune femme. Rogue regardait quelque chose au fond du wagon, les traits tendus. Hermione se pencha légèrement en avant pour regarder dans la même direction. Son sang se glaça.

Par la vitre de la porte arrière du wagon, elle aperçut les deux sbires de Lestrange, debout dans le wagon accroché à celui de Rogue et Hermione.

- Non…, souffla Hermione.

L'homme au journal et la vieille dame la regardèrent d'un air suspicieux. Non loin des deux Mangemorts, dans le même wagon, se trouvait le contrôleur.

- Prochaine station, fit Rogue à Hermione sans lâcher les deux Mangemorts des yeux.

Justement, la rame commençait à ralentir. Plusieurs personnes s'étaient levées de leur siège et se pressaient déjà devant les portes automatiques.

Rogue fit signe à Hermione de se baisser légèrement. Ils quittèrent leur siège avancèrent vers les portes, en tentant de ne pas tomber alors que le train freinait. Rogue fit passer Hermione devant lui et elle descendit en premier. Elle observa le quai.

- Zut ! Severus, regarde ! fit-elle doucement, mais assez fort pour que Severus l'entende.

Au niveau des portes de sortie se trouvaient plusieurs contrôleurs qui scrutaient la foule avec attention.

Il y eut soudain plusieurs cris derrière Rogue et Hermione. Ceux-ci firent brutalement volte-face. Les deux Mangemorts tentaient de se frayer un chemin hors de leur wagon. L'un des deux tirait le contrôleur par l'arrière de sa veste.

- Monsieur, s'il vous plaît, disait ce dernier avec une voix qu'il espérait ferme, vous êtes en infraction et vous devez de ce fait…

Le gorille qui le portait le jeta à terre, et le contrôleur heurta violemment le sol. Il se releva en se massant la mâchoire.
Les autres contrôleurs, alertés, se rapprochèrent.

- Severus ! s'exclama Hermione. Ils nous ont tous repérés !

Hermione désignaient par ce « Ils » les contrôleurs et les deux Mangemorts.
Rogue réfléchit rapidement. Jamais ils ne pourraient sortir du métro sans se faire attraper.

Crispé, il saisit sa baguette, et en la maintenant cachée, il lança plusieurs petits sorts inoffensifs à la suite, très rapidement. L'effet fut immédiat.

Hermione leva la tête en entendant les néons grésiller au-dessus de sa tête. Le signal de fermeture des portes de la rame retentit, mais les portes ne bougèrent pas. Les lumières clignotèrent. Les Moldus présents levaient tous des yeux inquiets vers le plafond. La rumeur monta, et la foule se pressa vers la sortie, entraînant avec elle les contrôleurs. Certains réussissaient néanmoins toujours à s'approcher, et les Mangemorts progressaient toujours de leur côté, le visage déformé par la haine.

Hermione, qui avait compris ce que Rogue faisait, décida de lui venir en aide.

Le cœur battant et les mains moites, elle saisit sa baguette et lança quelques sorts. Les lumières s'éteignirent complètement et l'obscurité totale envahit le quai. Des hurlements retentirent de toute part. Un grésillement sinistre retentit quand l'électricité qui parcourait les rails se dérégla.

Hermione, épuisée, se sentait sur le point de défaillir. Elle sentit les mains puissantes de Rogue se resserrer sur son bras. Puis une désagréable sensation qu'Hermione reconnut comme étant celle du transplanage s'empara d'elle. Rogue, éreinté, prenait le risque de transplaner.

Hermione eut juste le temps de prier pour qu'ils arrivent à la destination que Rogue avait prévue en entier, avant de défaillir


J'espère que ça vous a plu !