Me revoilà enfin après une (encore) très longue absence. MAIS, j'ai une bonne nouvelle à annoncer : cette fiction est désormais terminée ! J'ai écrit tous les chapitres, donc je devrais pouvoir reprendre une publication plus régulière.

Merci à tous pour vos lectures et vos reviews qui me font toujours plaisir ! Bonne lecture !


Hermione ralentit sa marche en apercevant Rusard, qui l'observait de ses yeux malveillants sur les marches du grand perron du château.

La jeune femme eut une brève impression de déjà-vu. Elle se revit remonter la grande allée, valise à la main, lorsqu'elle se préparait à devenir professeur, en septembre.
Et un peu plus tard, lorsqu'elle rentrait de Ste-Mangouste après avoir été blessée par Nott.
Il y avait peu de temps de ça. Mais pour Hermione, il semblait que l'éternité s'était écoulée.

Elle arriva à la hauteur de Rusard, s'apprêta à lui passer devant, mais le concierge l'arrêta.

- Attendez, Professeur…, marmonna-t-il d'une voix grinçante, avec un ton qui en disait long sur la façon dont il considérait Hermione.

La jeune femme eut un sourire forcé.

- La Directrice n'a pas pu vous accueillir, poursuivit-il. Elle est occupée.
- Occupée ? répéta Hermione, intriguée.

La bouche de Rusard se déforma en un rictus étrange, comme s'il était heureux de savoir ce qu'Hermione ignorait. La grimace du concierge s'effaça quand la jeune femme lui tendit sa valise.

- Eh bien, fit-elle, si vous êtes là à sa place, c'est qu'elle a dû vous y envoyer pour que vous serviez à quelque chose.

Rusard la fusilla du regard en attrapant la valise.

Hermione, satisfaite, pénétra dans le château. Elle regarda sa montre. Quinze heures. Tous les élèves devaient être en cours. Elle décida pour commencer de se rendre dans ses appartements, afin de changer ses vêtements moldus contre ses robes de sorcière.

Elle atteignit le deuxième étage du château silencieux quand des cris étouffés parvinrent à ses oreilles. Intriguée, elle se détourna du portrait qui fermait ses appartements et scruta le couloir désert. Elle se concentra pour déterminer l'origine et la nature des bruits.
Il lui semblait qu'il s'agissait d'éclats de voix. La porte de l'infirmerie était à quelques mètres d'Hermione. Elle fut sûre que les cris venaient de là.

Hermione s'approcha de la porte. Les bruits furent plus distincts. Une dispute avait lieu à l'intérieur de l'infirmerie. Hermione tendit l'oreille. C'était des voix d'hommes.

L'une d'elle, elle en était sûre, était celle de Severus. Quant à l'autre, elle n'était pas inconnue à Hermione.

- Ron ? murmura la jeune femme pour elle-même.

Elle ouvrit la porte.

Au fond de l'infirmerie, Hermione aperçut Ron allongé sur un lit, une jambe tendue et enroulée dans un épais bandage. Au-dessus de lui était penché Rogue, et, en arrière du Maître des Potions, se tenaient McGonagall et Pomfresh, toutes deux le visage inquiet.

Adossé à la fenêtre, en face du lit, se trouvait Harry, et, flottant un peu plus loin, le fantôme de Dumbledore.

Hermione écarquilla les yeux. Pourquoi, par Merlin, ses deux amis se trouvaient-ils ici sans qu'elle en ait été informée, et pourquoi Ron était-il blessé ?

Elle ne s'avança pas tout de suite, ni ne signala sa présence. Aucun des sorciers présents ne sembla la remarquer.
Rogue lui tournait le dos. Il murmura quelque chose à Ron. Hermione ne saisit pas les mots, mais le ton menaçant lui parvint parfaitement.

- Non ! cria Ron. Je n'avalerai pas votre truc immonde ! Je suis sûr que vous cherchez à m'empoisonner, espèce de… de… Rhaaa ! Ecartez-vous de moi ! C'est de votre faute si Hermione est à l'hôpital !
- Mr Weasley, fit la voix glaciale de Rogue, je suis en train de fortement perdre patience. Alors, je vous recommanderai de bien vouloir avaler cette potion, si vous ne voulez pas que je vous la fasse boire avec le flacon…
- Mr Weasley, soyez raisonnable, renchérit McGonagall d'une voix sévère.

Tout à coup, sans prévenir, Rogue agrippa le menton de Ron, lui renversa la tête en arrière et lui enfourna le goulot de la fiole dans la bouche.

Ron se débattit face à la poigne d'acier du Maître des Potions. Il cracha la potion, se tordit sur son lit, se contorsionna étrangement et saisit son oreiller qu'il abattit sur la tête de Rogue. Harry quitta soudain la fenêtre et vint prêter main forte au Maître des Potions.

- Ron, ne sois pas idiot et fait ce qu'il te dit…, dit Harry, avec cependant un léger manque de conviction.
- Pour une fois, vous voilà de bon conseil, Potter. Weasley, écoutez votre ami où je vous étouffe avec votre oreiller !
- Psychopathe ! cria Ron. Je ne vous fais pas confiance, ni à vous, ni à vos poisons maisons !

La baguette de Rogue tourna agilement entre ses doigts et les lèvres de Ron se retrouvèrent collées. Il tenta de s'exprimer, mais seuls des sons insensés ne purent sortir de sa bouche. Il fusilla du regard Rogue et son sourire sardonique.

Ron se laissa retomber sur son lit, impuissant, et aperçut soudain Hermione. Il se figea et son regard se durcit.

Tous se retournèrent et regardèrent dans la même direction que Ron. Hermione, gênée d'avoir été surprise, se racla machinalement la gorge. Elle prit une profonde inspiration et s'avança alors dans l'infirmerie.

Rogue la regarda impassiblement. McGonagall et Pomfresh semblaient embêtées. Et Harry… Harry lui avait jeté un bref regard, chargé de colère. Hermione fronça les sourcils. Que se passait-il, encore ?

- Qu'est-ce que vous faites ici ? demanda-t-elle. Et pourquoi Ron est-il dans cet état ?

Personne ne répondit.

Hermione, mal à l'aise face au silence qui l'avait accueillie, face au manque de réaction de Harry et à l'air blessé de Ron, s'avança vers le lit. La jeune femme porta alors son attention sur Severus, qui la regardait approcher.

- Sev… Professeur Rogue, se rattrapa-t-elle en accusant le regard glacial de Severus, peux-t… pourriez-vous libérer Ron, si ce n'est pas trop vous demander ?
- C'est évidemment trop me demander, Granger…, répliqua-t-il d'une voix froide.
- Severus, ce n'est pas le moment, trancha McGonagall.

A contrecœur, Rogue agita sa baguette et Ron retrouva la mobilité de ses lèvres.

- Vous êtes vraiment un…, commença-t-il en regardant Rogue.

Il ne termina pas sa phrase, comme s'il ne trouvait pas de mot assez injurieux pour traduire sa pensée.

Ron regarda alors Hermione, et celle-ci put lire à l'intérieur des iris de son ami une haine sourde. De plus en plus déconcertée, Hermione déglutit.

- Que se passe-t-il ? demanda-t-elle en regardant tour à tour les sorciers présents autour d'elle.

Personne ne répondit et un silence pesant s'installa. Hermione affronta les regards inexplicablement durs de Harry et de Ron, sans comprendre.

- Je croyais qu'on était tes amis, Hermione.

La voix de Harry avait durement raisonné dans le lourd silence. Hermione ouvrit la bouche pour répliquer, mais Harry ne lui en laissa pas le temps.

- La moindre des choses aurait été de nous informer de ce qu'il t'arrivait, tu ne crois pas ?

Le cœur d'Hermione tressauta.

- Oh…, fit-elle.

Elle porta machinalement sa main à son dos.

- Je…, commença-t-elle en cherchant ses mots. Je ne voulais pas que vous vous inquiétiez pour moi.

Ron secoua la tête, comme outragé par la réponse qu'elle venait de faire. Hermione pinça la bouche. Qui avait bien pu leur dire qu'elle était menacée par Bellatrix ? Seules quatre personnes connaissaient la situation. Rogue, Pomfresh, McGonagall, et le fantôme de l'ancien Directeur.

Quatre personnes toutes présentes dans cette pièce.

Hermione planta ses yeux dans ceux de Severus. Il était impassible. Elle le sonda, à la recherche de la moindre émotion, mais son visage demeura de marbre. C'est alors que ses yeux d'obsidienne se tournèrent vers McGonagall.

Hermione suivit le regard de Rogue. Minerva ôta ses lunettes, et répondit à la question muette d'Hermione.

- C'est moi qui les ai informés de la situation, Miss Granger, dit-elle d'un ton naturel.

Hermione poussa un soupir qui n'échappa à personne. Elle se passa une main sur le visage. Elle ne pouvait pas en vouloir à McGonagall. Hermione songea qu'elle aurait dû informer Harry et Ron de la situation bien plus tôt. Mais, lorsque Bellatrix s'était manifestée pour la première fois, elle avait pensé résoudre ce problème seule, et elle n'avait pas voulu inquiéter Harry et Ron, qui avaient déjà énormément de soucis à cause du métier qu'ils avaient choisi. Et puis, la situation s'était aggravée, et elle n'avait pas eu envie de leur dire qu'elle leur avait caché toute cette histoire.

Elle en payait à présent les conséquences.

McGonagall poursuivit son récit.

- Cela ne pouvait plus durer, Miss Granger, et je pense que vous ne le nierez pas. J'ai fait venir Messieurs Potter et Weasley, dans l'espoir qu'ils vous aident, vous et Severus, à trouver un remède à votre situation et à celle des frères Malefoy, mais aussi pour arrêter Lestrange. Je suis étonnée que vous n'ayez pas eu la présence d'esprit de leur faire part plus tôt de la situation.

Hermione, honteuse, regarda Ron et Harry.

- Je suis désolée…

Elle ne savait que dire d'autre.

Le silence retomba un cours instant, jusqu'à ce que la voix de Rogue ne le brise.

- Si je puis me permettre, Minerva, dit-il d'une voix doucereuse, remarquez que l'arrivée de Potter et Weasley dans cette histoire n'a apporté pour l'instant que des désagréments.

Ses yeux se posèrent sur Ron et son bandage.
La situation était complètement inédite. Voilà que Severus Rogue défendait Hermione Granger face à ses deux inséparables amis.

Ron pointa Severus du doigt.

- Vous aussi, vous étiez au courant ! s'écria-t-il, plein de haine. Depuis le début vous étiez avec Hermione ! Vous l'avez empêchée de nous prévenir, avouez-le !

Rogue arqua un sourcil, puis ses yeux noirs vrillèrent ceux d'Hermione. Celle-ci écarquilla les siens. Elle lut dans le regard de Severus une flamme qui s'animait, et qui ne lui plaisait guère.

Et soudain, elle comprit.

Oh, voilà que toute la ruse Serpentard qui animait Severus se révélait au grand jour ! Il avait tout calculé ! Il essayait de monter Harry et Ron contre Hermione ! Il la forçait à leur avouer qu'elle avait préféré sa compagnie à lui à celle de ses deux amis de toujours !

Hermione eut mal. Il lui semblait que la haine qu'il vouait aux Gryffondor était plus forte que tout.

Il lui revaudrait ça. Elle le lui fit bien comprendre en plantant ses yeux bruns dans l'obsidienne qui la narguait.

Mais elle était bel et bien coincée.

- Ecoute, Ron…, dit-elle doucement, cherchant le meilleur angle d'attaque. Le Professeur Rogue m'a été d'une grande aide, et c'est bien moi qui ai décidé de ne pas vous prévenir. Je pensais que vous étiez déjà assez occupés, et que je pouvais m'en sortir seule… Ou presque.

Elle jeta un coup d'œil furtif à Rogue, et fut soudain écœurée par le petit sourire en coin qui étirait ses lèvres minces et pâles.

Elle eut envie de fermer les yeux, pour ne plus avoir à affronter les visages qui l'entouraient.
Le visage horriblement satisfait de Severus, par qui elle se sentait trahie. Le visage haineux de Harry. Le visage profondément blessé de Ron.

Cependant, elle était Hermione Granger, elle était Gryffondor, elle était courageuse. Elle avait fait ce qu'elle avait cru bon, elle s'était apparemment trompée. Mais elle ne baisserait pas les yeux. Elle aperçut le fantôme de Dumbledore, un peu en retrait, la couvrir d'un regard bienveillant et rassurant.

- Mais, Hermione…, fit Ron d'une voix abattue. Tu n'as pas fait ça ? Dis-nous que tu plaisantes !... Tu l'as préféré lui à nous ?

Hermione bouillonnait. Pourquoi devaient-ils tous se vouer cette haine intestine ? Elle pouvait bien reconnaître qu'elle avait eu tort de laisser ses amis dans l'ignorance, qu'elle n'était pas innocente dans le conflit qui avait lieu, mais elle n'en était pas non plus l'entière responsable.

- Tu nous as trahis, Hermione, acheva sombrement Ron.

Ce fut le coup de grâce. Hermione explosa.

- Vous allez tous m'écouter bien attentivement ! cria-t-elle en regardant tour à tour ses deux amis et Severus. Il est hors de question que je vous serve de trophée ou de champ de bataille ! J'ai eu tort, je le reconnais, mais maintenant que tout le monde sait ce qu'il se passe, il est hors de question de nous battre entre nous ! Je ne vous demande pas de vous embrasser ni même de vous serrer la main, mais de vous supporter ! Je sais bien que ce sera aussi difficile que de battre Bellatrix, mais vous avez tout intérêt à essayer ! Est-ce que c'est clair ?!
- Miss Granger, tenta Rogue, vous…

Il allait encore formuler une de ses répliques cinglantes. Hermione lui coupa l'herbe sous le pied.

- Oh, toi…, siffla-t-elle en pointant vers lui un index menaçant.

Elle n'ajouta rien de plus, mais le message fut assez clair pour que Severus renonce à sa pique. Il ne l'épargna cependant pas d'un regard profondément glacial.

- Hé ! s'exclama Ron. Depuis quand tu le tutoies ?!
- N'en rajoute pas, Ronald Weasley, ou je te fais avaler ta potion et ton bandage avec !

Il se tut immédiatement. Les cheveux d'Hermione étaient tout ébouriffés de colère. Essoufflée, elle se laissa tomber sur le lit de Ron. Celui-ci gémit alors qu'elle s'appuyait sur sa jambe blessée.

- Je ne veux pas le savoir ! s'écria-t-elle.

Elle consentit toutefois à s'écarter en voyant les lèvres de Ron pâlir tandis qu'il les serrait pour s'empêcher de crier.

- Maintenant que vous avez pu dire ce que vous pensiez de moi, dit-elle d'une voix dure, est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer ce qu'il s'est passé ici ?

Ron, un peu honteux, baissa la tête.
Ce fut Harry qui prit la parole.

- Quand le Professeur McGonagall a eu fini de nous expliquer ta… situation, Ron et moi avons souhaité voir les corps des Malefoy. Et…

Harry lança un regard à Ron, mais celui-ci demeura silencieux tandis que ses oreilles viraient au rose soutenu.

- Un trou de mémoire, Weasley ? demanda narquoisement Severus.

McGonagall prit la suite du récit.

- Weasley a débarqué comme une furie dans l'infirmerie, Potter sur ses talons. Il a hurlé qu'il voulait voir tout de suite Otacus, pour, je cite, « lui faire payer » ce qu'il vous avait fait. Une chance que l'infirmerie soit vide, ces jours-ci.

Elle s'arrêta un instant de parler et fixa Ron avant de poursuivre.

- Severus a essayé divers sortilèges pour stabiliser le corps d'Otacus et empêcher le retour de Bellatrix. Il a, semble-t-il, réussi à créer une sorte de barrière mentale dans l'esprit du garçon pour barrer le passage à Lestrange, mais ce bouclier s'avère encore fragile, et la situation du jeune Malefoy manque de sûreté. C'est cela ?

Elle regarda Severus, qui confirma ses dires d'un signe de tête. Elle continua.

- Malgré nos efforts pour calmer Weasley, celui-ci s'est approché un peu trop près du corps. Tout s'est passé très vite. La baguette de Weasley a eu une sorte de réaction, il y a eu une déflagration, et votre ami s'est retrouvé projeté plusieurs mètres plus loin. Il est retombé sur sa jambe.

Hermione grimaça en imaginant la scène.

- Puis on m'a appelé pour réparer les âneries, compléta Rogue. Cependant, les potions antidouleur que j'ai été obligé de fournir ne sont pas adaptées aux goûts délicats de votre comparse…

Ron lui envoya une œillade meurtrière. Hermione préféra ne pas revenir sur l'événement dont elle avait été témoin.

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire de barrière mentale ? demanda-t-elle en se relevant du lit.
- Du palliatif, en attendant d'ouvrir le Livre que nous avons ramené du musée, répondit Rogue. Le corps d'Otacus est exposé depuis trop longtemps à une magie beaucoup trop sombre et beaucoup trop puissante, dont les conséquences sont … explosives.

Il regarda brièvement Ron.

- Si nous ne trouvons pas rapidement une solution, il risque de… nous filer entre les doigts, dirais-je.

Hermione sentit l'euphémisme.

- De… mourir ? murmura-t-elle. Mais… Dans mon cas ? Je risque aussi de…

Rogue la jaugea un instant du regard.

- Je ne sais pas, finit-il par dire.

Hermione mesura à quel point elle détestait le fait que Severus ignore quelque chose. Cela l'inquiétait au plus haut point.

- Vous n'avez pas été exposée aussi longtemps que lui à la possession de Bellatrix, et votre blessure n'est pas aussi vilaine que la sienne. Nous aurons sûrement une marge. D'autant que Lestrange semble ne pas souhaiter refaire une démonstration de ses prouesses sur vous pour l'instant.

Hermione remarqua qu'il persistait à employer le vouvoiement. Elle fut un peu rassérénée par ses paroles.

La jeune femme prit un instant pour remettre ses pensées en place.

- Et Drago ? demanda-t-elle soudain.
- Toujours la même chose, répondit Pomfresh en regardant subrepticement vers un lit dont les rideaux étaient fermés, non loin d'eux. Il est maintenu dans le sommeil par des potions.

Hermione réfléchit.

- Les potions de sommeil suffisent pour empêcher que Bellatrix ne s'empare de lui ?
- C'est plus complexe que ça…, répondit Rogue. J'ai fait quelques recherches durant votre absence. L'esprit de Drago est plus fort que celui de son frère, et le sommeil artificiel a déjà prouvé son efficacité contre les intrusions de Bellatrix dans votre cas. Pour l'instant, cela devrait suffire. Dans le cas d'Otacus, Bellatrix semble avoir ouvert une brèche dans son esprit, que nous sommes pour le moment incapables de colmater.

Le silence retomba, durant lequel tout le monde réfléchit à ce qui venait d'être dit par le Maître des Potions.

- L'heure est grave, dit soudain le fantôme de Dumbledore, resté en retrait jusqu'à présent.

Hermione sursauta. Elle avait oublié sa présence.

- J'aimerais appuyer ce qu'a dit Miss Granger tout à l'heure, poursuivit-il en fixant tout le monde de ses iris désormais vaporeux. Il est temps d'apprendre à vous unir, si nous voulons avoir une chance de combattre encore une fois les heures noires qui s'abattent de nouveau sur le monde magique.

Son regard se perdit un instant, puis il reprit d'une voix lointaine :

- Il est étrange de voir que seule l'adversité permet parfois de réconcilier les esprits les plus antagonistes.

Il sourit à Severus, fit un clin d'œil à Hermione, puis s'évapora en une fumée argentée.

Les mots de Dumbledore plongèrent une nouvelle fois l'infirmerie dans le silence. Ron, les yeux écarquillés, regardait tour à tour Hermione et Rogue.

- Si quelqu'un avait l'obligeance de m'expliquer ce que ce vieux fou a encore insinué…, dit-il d'un air blasé.

Hermione sentit ses joues rougir. Elle en était persuadée, le fantôme savait ce qu'il se passait entre elle et Rogue. Elle soupira. Une nouvelle fois, Dumbledore savait plus de choses que tout le monde. Il semblait même comprendre plus de choses qu'elle-même…

Rogue lança un regard polaire à Ron.

- Oh, ne vous inquiétez pas Weasley, les paroles de Dumbledore, même avec des explications, resteraient indubitablement hors de votre portée…


J'espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à me laisser votre avis !