Merci à tous pour vos lectures et vos reviews, mais aussi aux nouveaux followers !
Réponse à Mathilde : Contente que ça t'ait plu, voici donc la suite ;) Merci !
Hermione étouffa un cri en voyant Rogue perdre connaissance. Pomfresh se précipita vers le corps inerte du Maître des Potions.
- Non ! l'arrêta Hermione. Ne le touchez pas ! Ne prenons aucun risque !
L'infirmière obéit.
Hermione avait peur. Ce n'était pas là l'effet d'un sort de Legilimencie ! On ne s'effondrait pas comme ça en voulant pénétrer l'esprit de quelqu'un ! Et Severus encore moins !
Elle réfléchit à toute vitesse, en faisant les cent pas le long du lit. Elle avait lu bien des choses sur l'esprit, l'Occlumancie et la Legilimencie. Elle devait bien avoir trouvé un cas semblable dans l'un de ses livres, par Merlin !
Elle se souvint tout à coup d'un livre particulièrement intéressant. Oui, elle s'en rappelait maintenant… Elle avait lu quelque chose sur un phénomène appelé…
- L'effet de vide ! s'écria-t-elle soudain en stoppant son manège.
McGonagall et Pomfresh, dont toute l'attention était portée sur Severus et Otacus, sursautèrent.
- Je vous demande pardon, Miss Granger ? dit la Directrice d'une voix tremblante.
- Severus a subi un effet de vide ! J'ai lu ça quelque part il y a quelques mois !
- Expliquez-vous ! la pressa McGonagall.
Hermione jeta un bref regard au corps d'Otacus toujours agité de spasmes.
- L'esprit d'Otacus est très affaibli, peut-être même inexistant… En lançant le sort, l'esprit de Severus a été comme… aspiré par le vide de celui d'Otacus… Du moins, c'est ce que je pense… Je n'arrive pas à me rappeler précisément des circonstances de l'expérience que j'ai lue…
Pomfresh avait l'air horrifié.
- Mais… Va-t-il… revenir ? demanda-t-elle d'une voix blanche.
- Ce n'est pas irréversible, heureusement, et Severus est un Maître Legilimens.
Elle se rendit compte, alors que ces mots franchissaient ses lèvres, qu'elle tentait aussi, surtout, de se rassurer elle-même.
Severus sentit dans sa tête une impression désagréable. Il eut un bref instant la sensation d'être aspiré. Puis le noir l'entoura. Il ne sentait plus son corps. Ce qui n'était pas le cas lorsqu'il lançait ce sort, généralement…
Il lui semblait que tous ses sens s'étaient endormis. Il ne percevait rien. Rien, sauf l'impression d'être là. L'impression d'être au moins vivant, quelque part.
Effet de vide, pensa-t-il. Evidemment. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait ce genre d'expérience.
Son esprit avait été aspiré par le corps vide d'Otacus.
Ce qui lui confirmait une chose : l'esprit d'Otacus était extrêmement affaibli. Voir déjà mort.
Severus se concentra. Avoir été déjà confronté à ce genre de phénomène lui permettait de savoir exactement ce qu'il devait faire.
Il imagina son corps, le matérialisa dans son esprit. Il pensa à des odeurs, des sons, des images, les fit défiler dans son esprit en un flux ininterrompu. Il jouait avec ses souvenirs, il se reconstitua un environnement, se reconstitua son corps. Il avait besoin de ses sens pour pouvoir chercher dans la tête d'Otacus des bribes de son esprit.
Severus se sentit bientôt entier. Il ouvrit mentalement les yeux. Il sentit tout de suite la présence de Magie Noire, qu'il prit de plein fouet, mais il ne s'y attacha pas. Chaque chose en son temps.
Dans les ténèbres qui l'enveloppaient, il se mit à errer, à la recherche d'une sensation qui appartiendrait à Otacus.
Une lumière faible entra soudain dans son champ de vision artificiel. Il y mena son esprit. Des nappes de brumes brillantes commencèrent à entourer Severus, dansant autour de lui un ballet hypnotique. Elles portaient avec elle des murmures, des odeurs fugaces qui chatouillèrent les sens reconstitués de Severus.
Puis, le brouillard s'opacifia, tourna encore, de plus en plus vite. Les murmures se muèrent en cris indistincts. Les sensations de précisèrent.
Les cris devinrent des hurlements.
Les visions devinrent plus nettes.
Severus se trouvait dans une maison. Une grande maison qu'il reconnut immédiatement pour s'y être rendu de nombreuses fois au cours de sa carrière de Mangemort puis d'espion. Il se trouvait dans le Manoir Malefoy.
En fait, il en surplombait le hall, appuyé contre la balustrade du premier étage.
En plus des cris, il entendit bientôt à l'intérieur-même de son esprit, une respiration saccadée. Rogue eut l'impression que les mains qui tenaient fermement le bois de la balustrade étaient les siennes. Pourtant, c'était celles d'un enfant…
Celles d'Otacus.
Il y était arrivé. Il avait retrouvé l'esprit d'Otacus, perdu quelque part au fond de limbes, dans lesquelles le sort de Bellatrix l'avait plongé.
Severus allait pouvoir comprendre l'histoire du garçon, la vivre à travers ses yeux. Peut-être cela permettrait-il de savoir comment lutter contre la possession de Lestrange…
Il se concentra pour ne pas perdre l'esprit d'Otacus, en adopta les sensations, les fit passer par ses propres sens reconstitués par la force de son esprit.
Le garçon tremblait de peur. La porte d'entrée du Manoir s'ébranlait avec force, et faisait entendre de sinistres craquements. Elle allait céder d'un instant à l'autre. Les contours de la porte se détachaient dans la pénombre du Manoir. Otacus les voyait briller. Derrière, on lançait des sorts.
En dessous de la balustrade, dans le hall, Lucius Malefoy faisait de même. Il protégeait la maison. Il protégeait son épouse. Il protégeait ses fils.
- Va-t-en avec Otacus, Narcissa ! cria-t-il, la voix rendue rauque par l'effort qu'il délivrait. Partez ! Je vous rejoindrai ! Elle est seule, je peux la contrer !
- Lucius, tu sais comme moi qu'elle…
- VA-T-EN !
Narcissa recula, jeta un dernier regard à son mari, puis se précipita dans l'escalier pour aller rejoindre son fils. Il fallait partir par la porte de derrière. Les protections du domaine empêchaient de transplaner de l'intérieur.
- Ca ne sert à rien de résister ! hurla soudain une voix aigüe de l'autre côté de la porte.
Pourquoi Tante Bellatrix faisait-elle ça ? Otacus ne comprenait pas ce qu'il se passait. Il avait vu ses parents parler tout bas le soir depuis plusieurs jours, il avait entendu le nom de Bellatrix, il avait vu les yeux de son père s'alourdir d'épuisement, les joues de sa mère se creuser d'inquiétude. Il les avait vus se taire dès qu'il approchait, il les avait vus le couver d'un regard triste et désolé. Pourquoi ?
La porte dérobée du hall s'ouvrit soudain. Narcissa sursauta et cria. Mais ce n'était que Drago.
- Père ! s'écria-t-il. J'ai condamné la porte de la cave ! Elle n'entrera pas par là ! Allons-nous-en tant qu'il en est encore t…
La fin de sa phrase fut effacée par l'explosion de la porte d'entrée. Lucius fut projeté en arrière et disparut de la vue d'Otacus, qui se mit à pleurer.
Narcissa poussa un hurlement strident.
Dans l'encadrement fumant de la porte d'entrée se tenait Bellatrix Lestrange. Son visage était déformé par la fureur et la folie. Otacus avait toujours craint sa tante. A cet instant, il eut d'elle une vision parfaitement cauchemardesque.
- Traîtres ! hurla-t-elle.
Sa voix résonna en écho dans le vaste hall.
- Vous le trahissez ! poursuivit-elle. Vous n'avez pas le droit d'abandonner la lutte pour…
- Tu ne le feras pas revenir ! cria Lucius. Il est mort ! Mort !
Bellatrix poussa un hurlement aigu.
- Endoloris !
Otacus pleura de plus belle. Il se boucha les oreilles de ses mains, mais les hurlements de douleur de son père firent tout de même vibrer ses tympans.
Drago s'élança alors et tenta de contrer Bellatrix. Mais, la baguette de celle-ci fouetta l'air et l'aîné des frères perdit connaissance en heurtant un mur du hall.
Bellatrix s'approcha de Lucius et passa sous la balustrade, quittant le champ de vision d'Otacus. Cependant, le garçon entendit très clairement sa voix sifflante.
- Comment oses-tu ? Nous l'avions tous cru mort après qu'il ait fait la peau à cette Sang-de-Bourbe de Lily Potter, et pourtant, il est revenu ! Qu'est-ce qui l'en empêchera, cette fois ? Rien ! Ce n'est certainement pas Potter fils qui a mis un terme à son règne ! Le Maître veut qu'on le retrouve, comme la dernière fois !
Sa voix mêlait fanatisme et hystérie.
- C'est fini, Bellatrix…, dit Lucius doucement.
Au bruit qu'entendit Otacus, il comprit qu'elle venait de donner un coup à son père.
Il perçut soudain des bruits à sa droite. Il tourna la tête. Sa mère le rejoignait. Il courut vers elle. Elle l'embrassa sur le front et les joues plusieurs fois, et ses larmes accompagnèrent celles du garçon.
- Il faut partir, mon chéri. Tout va bien se passer…
Otacus perçut parfaitement le mensonge dans sa voix.
- C'est vrai, tout va bien se passer, susurra soudain la voix de Bellatrix derrière eux. Tu vas venir avec Tata Bella, petit…
Otacus gémit. Sa mère lui saisit la main et l'entraîna vers l'autre volée d'escaliers qui menait au hall, derrière eux. Ils furent bloqués par un rideau de flammes qui jaillit de nulle part.
- Il y a bien longtemps que nous ne jouons plus à chat, Cissy…, susurra Bellatrix. Ce n'est plus de notre âge, tu ne crois pas ?
- Tu es folle, Bella…
Otacus leva des yeux désespérés vers sa mère. Elle était échevelée, et ses joues étaient maculées des sillons noirs de son maquillage entraîné par les larmes.
C'est alors qu'il vit s'allumer dans les yeux de sa mère une flamme farouche. Elle se dressa devant lui.
- Tu ne toucheras à aucun cheveu de mon fils, Bella.
Le rire aigu de Bellatrix résonna dans le Manoir
- Sinon quoi ? dit-elle doucement, un sourire malsain découvrant ses dents jaunies.
Narcissa tenta de garder la tête haute.
- Sinon, je… je…
Bellatrix éclata de rire. Les larmes redoublèrent sur le visage de Narcissa, mais ses traits demeurèrent fermés et durs.
- Sinon je te tue, asséna-t-elle.
Otacus sursauta. Jamais il n'aurait cru sa mère capable de dire cela. Était-elle franche ou n'était-ce là qu'une tentative de dissuader Bellatrix de l'emmener ?
Le sourire de Bellatrix s'était éteint, et elle paraissait surprise du cran de sa sœur.
- Oh…, souffla-t-elle. Tu n'en as pas le cran, de toute manière. Mais tu me blesses, Cissy…
- Mais que veux-tu veux faire de lui, Bellatrix ? Ce n'est qu'un enfant !
Bellatrix la contempla un instant. Son regard sembla se perdre, comme si elle regardait au-delà de Narcissa.
- C'est pour le bien de tous, Cissy…
Elle tendit la main pour écarter sa sœur et attraper Otacus. A cet instant, Narcissa saisit Otacus par le bras et poussa violemment Bellatrix contre la rambarde. La Mangemort poussa un hurlement de rage et agita sa baguette. Narcissa trébucha et s'écroula sur le sol. Au bout du palier, là où se trouvaient les autres escaliers, était apparu un second rideau de flammes.
Narcissa le savait. Otacus aussi. Ils étaient piégés.
Mais la mère ne voulait pas abandonner son fils. Elle se redressa pour faire face à sa sœur. Elle brandit ensuite sa baguette vers elle. Il n'y avait aucun autre moyen. Même si elle tentait d'éteindre les flammes, de fuir, Bellatrix les retrouverait tôt ou tard. Elle aurait ce qu'elle voulait.
Narcissa amorça un mouvement pour lancer un sort. Mais sa baguette lui échappa des mains, tandis que Bellatrix se précipitait sur elle. Otacus, lui, était aculé à un mur, et regardait, impuissant et choqué, la scène qui se déroulait sous ses yeux.
Les doigts de Bellatrix entouraient le cou pâle de Narcissa, dont les yeux se révulsaient.
- Tu vois par quelles extrémités je dois passer, Cissy ? Tout aurait pu être tellement simple… Mais tu fais ta forte tête, comme quand tu étais petite… Tu te souviens ? C'était moi qui te corrigeais… Tu me fais de la peine… Je t'aimais, moi… Toi, tu ne m'aimes pas ?
Bellatrix avait une voix de petite fille. Otacus crut un instant déceler une douleur véritable dans les accents de sa tante, mais cela ne dura qu'un bref moment. Horrifié, il ne pouvait détacher son regard du visage de sa mère, de son cou qui devenait peu à peu violet sous les doigts de Bellatrix.
- Tu es cruelle, Cissy…
Otacus ne pouvait plus supporter cela. Du haut de ses dix ans, il se releva et se jeta sur sa tante en criant, pour qu'elle laisse sa mère.
Bellatrix le renvoya contre le mur d'un coup de pied.
Il se cogna la tête violemment. Avant de s'évanouir, il aperçut le corps inerte de sa mère s'écrouler sur le sol, comme une poupée de chiffon, le cou violet. Ses yeux s'étaient faits vides, emplis seulement du reflet des flammes qui les avaient piégés.
- Que se passe-t-il ? s'exclama Hermione.
Elle s'approcha du lit, haletante. Le corps de Severus n'avait toujours pas bougé, depuis dix minutes qu'il était parti. En revanche, celui d'Otacus avait arrêté de trembler. Son visage se détendit un peu, à tel point qu'elle crut un bref instant qu'Otacus s'était réveillé. Il regardait droit devant lui, concentré, et paraissait conscient.
- Otacus ? murmura Pomfresh.
Il ne répondit pas, ni ne fit un signe indiquant qu'il avait entendu. Hermione fronçait les sourcils. Elle se pencha au-dessus du garçon.
- Il ne nous entend toujours pas…, annonça-t-elle d'une voix basse. Mais… on dirait qu'il… vit quelque chose…
Elle étudia les traits d'Otacus. Il semblait concentré. Apeuré, aussi.
Hermione recula.
- Severus est en train d'agir, dit-elle simplement à l'infirmière et à la Directrice, qui la regardait d'un air anxieux.
La vision se dissipa en brume, et le noir redevint total. Severus se concentra. L'enfant avait vu quelque chose d'insoutenable. Le meurtre de sa propre mère.
Et maintenant, il savait, il était certain que Bellatrix agissait dans le but de faire revenir Voldemort. C'était impossible. Impossible.
Et pourtant… Severus commençait à s'interroger. Et si… ?
Il se remit à errer à la poursuite d'autres bribes de l'esprit d'Otacus. Severus en était sûr maintenant, l'esprit d'Otacus n'avait pas complètement été détruit. Il avait été morcelé, et flottait en lambeaux. Y avait-il une chance pour qu'il revienne à lui un jour ? Il fallait essayer. Mais il y aurait des séquelles. Inévitablement.
Severus perdait la notion du temps. Il ne savait depuis combien de temps il se trouvait dans la tête du garçon. Mais il devait continuer à chercher.
Des sons lui parvinrent alors. Il venait de trouver un nouveau souvenir. Severus laissa la mémoire du garçon prendre possession de ses sens. Les brumes revinrent, toujours tourbillonnantes, les sons s'éclaircirent. Et Severus plongea de nouveau dans les sensations d'Otacus.
Otacus était enchaîné dans une pièce sombre et humide. Il avait un peu maigri, et ses poignets étaient rongés et ensanglantés par les chaînes. En face de lui, assis à une table au milieu d'épais grimoires, se trouvaient Nott et Bellatrix.
Nott pianotait du bout des doigts sur le bois de la table. Il regardait Otacus de la même manière qu'un boucher évalue une pièce de viande.
- Il ne va pas tenir, déclara-t-il, catégorique.
- Il le faudra bien, trancha Bellatrix.
Nott resta silencieux un moment, puis se tourna vers Bellatrix.
- Il y a certainement un autre moyen de parvenir à la Chambre des Secrets, Bellatrix.
- Lequel, idiot ?
Le Mangemort ne releva pas. Il n'en avait aucune idée. Ses yeux se posèrent de nouveau sur le garçon. Il se caressa la lèvre du bout de l'index.
- Très bien…, céda-t-il en soupirant. Admettons que le gamin tienne le coup, ce dont je doute… Tu ne pourras pas parvenir à la Chambre.
Bellatrix le fusilla du regard.
- Si, j'y parviendrai. Je parviens toujours à mes fins. Cette année, l'occasion se présente. Cette sale Sang-de-Bourbe de Granger a été nommée Professeur.
Nott fronça les sourcils.
- La gamine qui suit Potter comme un chien ?
Bellatrix acquiesça.
- Elle nous mènera à Potter, qui nous fournira le mot de passe pour entrer. Et puis… j'en profiterai pour faire payer à Rogue sa trahison.
Ses traits se déformèrent de rage un instant. Nott tira vers lui un des énormes grimoires.
- Le sort me paraît complexe à jeter, mais…
- Si tu t'en sens incapable, Nott, je ne te retiens pas ! cracha Bellatrix en le menaçant de sa baguette.
Les yeux froids de Nott allèrent de sa comparse à sa baguette. Il battit en retraite.
- Tu ne pourras pas atteindre Granger par le bras d'Otacus, dit-il. Ce serait trop dur à tenir pour toi.
- J'y arriverai. Peut-être même que l'occasion se présentera une autre fois, et que je pourrais l'avoir directement, cette garce…
Nott haussa un sourcil.
- Je ne vois pas pourquoi tu te sers du fils Malefoy. Tu perds ton temps. Tu ferais mieux d'attirer Granger, ou même Potter dans un piège, et…
- Tais-toi, Nott ! Incapable ! s'écria Bellatrix en frappant la table du poing. Tout est une question de stratégie. Je me place partout. A Poudlard, d'abord, avec mon neveu. Un élève de onze ans… Qui s'en méfierait ?
- Un élève de onze ans qui porte le nom honni des Malefoy…, répliqua Nott.
La Mangemort l'ignora.
- J'aurais Granger ensuite, et je me servirai d'elle pour tendre un piège à Potter. Et nous aurons accès à la Chambre. Otacus me sert aussi…d'essai. Je pourrai m'habituer au sort. Ce n'est qu'un enfant… Ce sera bien plus maniable qu'un adulte pour commencer… Et je pourrai prendre des repères dans Poudlard. Une attaque, ça se prépare…
Soudain, un râle se fit entendre. Bellatrix cracha par terre.
- Lucius en redemande…, marmonna-t-elle en sortant sa baguette. Surveille le gosse…
Elle se leva et quitta la pièce.
La vision se dissipa de nouveau.
Bellatrix cherchait bel et bien à atteindre la Chambre des Secrets. Mais dans quel but ? Cela, Severus l'ignorait toujours.
Il sentit, en quittant la vision, que quelque chose s'achevait. Il sentit l'esprit d'Otacus se dissiper, comme s'il retournait dans les limbes inconnus.
Severus eut l'impression que son esprit à lui se faisait aspirer vers l'arrière. Quelques brumes subsistèrent. Les sens de Severus captèrent quelques sons et quelques brèves images.
La voix de Bellatrix dans la tête d'Otacus. La lutte du garçon contre le sort qui l'anéantissait. La blessure, la douleur.
Puis, l'arrivée à Poudlard. Severus capta le visage d'Hermione dans les brumes, sa voix aussi. Puis il se vit lui-même, en colère, il entendit quelques-uns de ses cris contre le garçon, notamment lorsqu'Hermione et lui l'avaient surpris en train d'espionner.
Il vit le visage de Pomfresh s'occupant de lui.
Les visages de Drago, Narcissa, Lucius apparurent à leur tour, et Severus entendit des prières du garçon à leur encontre, sa volonté de retrouver son frère.
Il sentit sa peur, sa tristesse, son choc.
Toutes les émotions se mirent à tourner autour de l'esprit de Severus, le traversèrent, mirent ses sens à rude épreuve. Severus se sentait comme malmené par les restes de l'esprit d'Otacus, comme si celui-ci voulait à présent l'expulser de son corps, comme s'il ne supportait plus la présence de Bellatrix, et n'en voulait pas d'une autre en plus.
Mais Severus était fort, et le garçon, affaibli. Le fait que l'esprit d'Otacus ait rencontré celui de Rogue lui avait redonné quelques forces, si bien qu'il essayait à présent de chasser Severus. Celui-ci résista sans peine. Il fallait à présent qu'il se concentre sur des traces de la magie délivrée par Bellatrix.
Il ferma ses sens aux émotions d'Otacus. Il chercha la présence d'une seconde couche dans l'esprit d'Otacus. La marque que Bellatrix avait imposée.
Mais Severus ne trouva aucun indice permettant de faire fonctionner le sort de possession à l'envers. Il avait ouvert ses sens à l'esprit d'Otacus, mais à présent, il se rendait compte que la présence de Bellatrix imprégnait tout. Elle suintait, flottait autour de Severus. Et c'était ce trop plein de Magie Noire qui était en train de le tuer à petit feu.
Cependant, c'était comme si cette Magie n'était plus… active. Comme si Bellatrix avait finalement abandonné le corps du garçon, alors qu'il dépérissait. D'après ce que Severus venait de voir, cela était logique. Otacus ne lui était plus d'aucune utilité.
Severus ne pouvait pas immédiatement sauver le garçon. L'effet de vide puisait beaucoup d'énergie, et il lui en fallait beaucoup pour retrouver la conscience active du garçon. Le siège de ses pensées. Pour l'instant, il n'avait rencontré que des bribes de sa mémoire, ainsi que son inconscient, qui était en train de l'expulser.
Il devrait revenir. Plus tard.
Severus ferma son esprit à tout ce qui l'entourait. Puis, il repensa à tout ce qu'il venait d'apprendre, et se concentra dessus, faisant revivre les images. L'effet fut immédiat. L'effet de vide marcha à l'envers, comme si le corps d'Otacus se rappelait qu'il avait toujours un esprit, et que celui de Rogue était de trop.
L'esprit de Severus quitta le corps du garçon et la tragédie qui l'habitait.
Severus poussa un gémissement en se hissant sur ses bras pour se redresser.
Les trois femmes se précipitèrent vers lui.
- Severus ! cria McGonagall. Mon Dieu, Severus, par Merlin, que diable s'est-il passé ? Qu'est-ce que…
- Plus tard, trancha Severus d'une voix froide mais cependant un peu éteinte.
L'expérience de l'effet de vide lui avait coûté de l'énergie.
Il braqua son regard sur Hermione. Il vit à son expression qu'elle brûlait de lui poser mille questions. Mais, de son côté, Hermione lut dans les yeux de Severus que ce n'était pas le moment pour elle de l'interroger.
- Bellatrix a quitté le corps d'Otacus, asséna-t-il, le regard dur. Elle va attaquer. Soit elle pénétrera en chair et en os dans le château…
Il marqua une pause, ses yeux noirs toujours braqués dans ceux d'Hermione.
- Soit elle passera par toi, Hermione.
Comme toujours, n'hésitez pas à laisser vos critiques, remarques et idées ! Merci d'avoir lu !
