Enfin la suite ! Je vous remercie pour votre patience ! On approche doucement mais sûrement de la fin... ;)


Hermione, fébrile, hésitait. Elle venait de verrouiller magiquement la porte du laboratoire.

Elle avait deux options : partir ou rejoindre Rogue. Si elle avait été ravie du geste qu'il avait eu envers elle, elle ne savait pas comment l'interpréter, étant donné qu'il s'était enfui. Cela voulait-il dire qu'elle devait se contenter de cela pour le moment et s'estimer heureuse qu'il ait fait ce pas monumental vers elle ?

Ou bien était-ce une invitation ?

Rapidement, elle prit sa décision. C'était quitte ou double.

Elle amorça un geste en direction des appartements de Rogue, quand un bruit retentit derrière elle. Par réflexe, elle se saisit immédiatement de sa baguette. Les sens aux aguets, elle comprit que quelqu'un descendait les escaliers qui menaient aux cachots.

Cinq secondes plus tard, elle faisait face à un élève de Cinquième Année, tenant dans ses bras un rouleau de parchemin. Il s'arrêta net en voyant Hermione. Celle-ci abaissa sa baguette.

- Non mais vous avez vu l'heure ? lui dit-elle. Que faites-vous encore debout ?

L'élève lui adressa un regard étrange. Presque moqueur. Et victorieux ? Hermione eut l'impression qu'il se retenait de sourire.

- Bah je devais rendre ça au Professeur Rogue, commença-t-il, et…
- En pleine nuit ? Vous voulez écoper d'une monstrueuse retenue de sa part, si je comprends bien ? Ou de la mienne ?

L'élève écarquilla les yeux.

- Mais non, pas du tout Professeur Granger… Je sors de la retenue qu'il m'a donnée, je devais lui rendre ce parchemin avant…

La porte des appartements de Rogue grinça soudain derrière Hermione.

- Six minutes et trente-deux secondes de retard, Parker.

La voix de Rogue était basse et glaciale. Il s'avança vers eux.

- Granger, salua-t-il en passant devant Hermione.

Il tendit la main et récupéra le parchemin de l'élève. Celui-ci fit mine de se retirer.

- Vous entendez des voix, Parker ? Vous ai-je donné l'autorisation de disposer ? Et enlevez ce sourire insolent de votre visage, avant que je ne m'en occupe moi-même…

Il se tourna alors vers Hermione.

- J'y pense, Granger, vous serez certainement ravie d'apprendre la raison de la retenue de Mr Parker.

Les lèvres fines de Rogue s'étirèrent en un sourire carnassier, et ses yeux noirs vrillèrent ceux du jeune Poufsouffle. Celui-ci pâlit tout à coup.
Hermione regarda Rogue, dubitative.

- Parce que ça a une quelconque raison à avoir avec moi ? Pourtant, Rogue, vos méthodes d'enseignement et les miennes ne sont…
- Aucun rapport…, susurra Rogue.

Parker ne semblait plus aussi sûr de lui.

- Écoutez Professeur, ce n'était qu'une blague idiote de…
- Parker imagine – le dégoût me brûle la gorge rien que d'y penser, que vous et moi, Granger, batifolons joyeusement ensemble au lit.

Les joues de Parker rougirent. Hermione manqua s'étouffer.

- Je vous demande pardon ? dit-elle.

Rogue la fusilla du regard.

- Vous avez parfaitement compris, je ne répéterai pas ce tissu d'inepties.

Sur ces mots, le Maître des Potions déroula le parchemin de l'élève et y jeta un bref coup d'œil.

- Affligeant. Vous recommencerez demain.
- Mais…, tenta Parker.
- Encore un mot et ce sera la même chose tous les soirs jusqu'à Noël. Disposez.

Parker, fulminant mais à la fois honteux, s'en alla sans demander son reste.

Les deux professeurs restèrent plantés au milieu du couloir, immobiles et silencieux. Quand Hermione entendit la porte au sommet des escaliers claquer, elle put se laisser aller.
Elle éclata de rire.

Elle se sentait tout de même gênée que cette histoire se répande. Cependant, voir Rogue face à une telle situation était si absurde que le rire l'emportait. Elle soupçonnait un fantôme de les avoir vus, mais elle était sûre qu'aucun élève n'avait pu les prendre sur le fait. Ainsi, tout ceci ne demeurait qu'une rumeur qui faisait jaser, rien d'autre.

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire, Severus ? articula-t-elle, une fois son fou rire calmé.

Il la regarda avec dédain, puis, d'un signe de tête, lui fit signe de le suivre dans ses appartements.

Une fois rentrés, Rogue se dirigea vers son bureau et fouilla dans un des tiroirs.

Pendant ce temps, Hermione prenait place sur le vieux canapé.

- Ne te gêne surtout pas…, dit-il entre ses dents.

Hermione, sachant qu'il faisait exprès, leva les yeux au ciel. Elle n'attendit pas longtemps avant que Severus ne revienne vers elle, un morceau de parchemin plié entre son index et son majeur.

- Ceci, fit-il, est une œuvre artistique de Mr Parker. Je te laisse en apprécier la qualité esthétique. Je trouve que tes cheveux sont plutôt bien réussis.

Il tendit le papier à Hermione et ne la lâcha pas du regard, guettant visiblement sa réaction.
Elle ouvrit le parchemin. Et lâcha un juron.

Elle avait sous les yeux un dessin d'un homme et d'une femme dans une position obscène. Les cheveux noirs et le long nez de l'homme, ainsi que les cheveux ébouriffés de la femme, ne laissaient aucun doute quant à l'identité des personnes représentées. Le dessin était animé magiquement, ce qui rendait la chose plus gênante qu'autre chose.

Le dessin était entouré de phrases de différentes écritures, et Hermione comprit que ce papier avait dû passer de main en main lors d'un cours et que plusieurs élèves y avaient écrit leurs réflexions.

« Grosse ambiance en salle des profs ! »
« Sale »
« Je sais pas ce qu'elle lui trouve, il a de la chance le Severus »

- Dommage qu'il n'y ait pas d'épreuve de dessin aux BUSES, dit-elle, il aurait décroché sans aucun doute un Optimal !

Rogue se pinça l'arête du nez.

- C'est tout l'effet que ça te fait ? maugréa-t-il, désabusé.
- Ils sont jeunes, Severus. Et depuis quand es-tu préoccupé par les ragots qui courent à ton sujet ?

Il grogna.

- Les ragots me passent bien au-dessus de la tête. Voilà bien longtemps que je me fiche de ce que les gens pensent de moi. Je suis juste affligé par le vide entre les deux oreilles de ces jeunes. N'ont-ils donc rien d'autre à faire ? Je me demande encore pourquoi je me morfonds ici à essayer de leur apprendre, en vain, les rudiments les plus élémentaires des Potions, alors que tout ce qui intéresse ces énergumènes, c'est de savoir qui je mets dans mon lit… Tout cela à cause de ces satanés fantômes… Il faut tout de même avoir un sérieux problème pour refuser la paix éternelle dans le seul but de revenir et occuper ses heures en racontant la vie privée d'autrui.

Hermione se calmait. Rire l'avait détendue comme jamais, et Merlin savait qu'elle en avait grandement besoin en ce moment.

- Arrête, dit-elle doucement, tu n'as donc jamais été jeune ?

Il la regarda un moment, puis dit le plus simplement du monde :

- Non. Avec mes parents, et surtout mon père, je n'y ai pas vraiment eu droit…

Hermione ne dit rien. Elle sentait qu'il ne fallait pas s'aventurer en ces contrées bien trop dangereuses. Rogue s'approcha et vint s'asseoir à ses côtés sur le vieux canapé.

- Quant à toi, Hermione, je suis quand même affligé que tu ne te montres pas plus irritée que ça, en voyant que ton physique intéresse plus tes élèves que tes cours.

Il avait dit cela d'un ton étrange. Il évitait de croiser le regard de la jeune femme.

- Je rêve…, murmura-t-elle. Tu n'es quand même pas jaloux de gamins de quinze ans à la merci de leurs hormones ?

Rogue ne répondit rien. Il se leva et se dirigea vers la cheminée. Il resta un instant devant, les yeux perdus dans la contemplation des flammes.

- Non, dit-il sans regarder Hermione. Je déteste simplement que certaines choses se représentent à mon esprit alors que je m'applique à les effacer.

Intriguée, Hermione se leva. Elle vint poser son épaule sur le mur de pierre à côté de la cheminée.

- Quel genre de choses ? demanda-t-elle doucement.

Severus la regarda, plantant ses onyx désormais ardents dans les yeux d'Hermione. Il sembla hésiter un instant, puis secoua doucement la tête comme s'il abandonnait un énième combat contre lui-même.

- Me souvenir qu'il n'y a pas qu'à moi que tu plais terriblement…

Il se détacha de la cheminée, et lentement s'approcha d'Hermione. Ses yeux noirs brûlaient de désir.

oOo

Le jour était venu. Hermione ouvrit brusquement les yeux et la réalité la heurta de plein fouet.

Bellatrix.
La Chambre.
Ils devaient y descendre ce matin.

Elle étendit le bras. La place à côté était vide et froide. Elle se tourna et chercha des yeux l'horloge de la chambre. Il était sept heures du matin.

Elle se leva et se rendit dans le salon des appartements de Rogue. Il était là, à son bureau, habillé de pied en cap, une tasse fumante à côté de lui.

- Bonjour, souffla-t-il.

Elle lui répondit doucement.

- Tu ferais mieux de monter déjeuner avant que nos deux chaises vides n'attirent trop l'attention, dit Severus, moqueur. Je ne veux pas commencer une collection de dessins… douteux.

Il sourit un peu. Hermione eut un petit rire avant de partir se préparer.

Quand elle atteignit la Grande Salle, seule, l'humeur n'y était pas. Elle aperçut alors Ron et Harry attablés au bout de la table des Gryffondors, accompagnés de quelques Aurors. Elle ne tarda pas à les rejoindre, appréciant les souvenirs de ses jeunes années venus effleurer la surface de sa mémoire.

Harry l'accueillit d'un sourire, Ron fit mine d'être trop grandement absorbé par un article de la Gazette pour se rendre compte de sa présence. Elle préféra mettre ça sur le compte de l'heure matinale plutôt que sur le reste.

- Prête ? lui demanda Harry en lui tendant une tasse de thé.
- Autant qu'on puisse l'être, marmonna Hermione.

Portant sa tasse de thé à ses lèvres, Hermione laissa ses yeux se balader sur les tablées d'élèves. Elle espérait qu'il n'arriverait rien de trop fâcheux, pour leur sécurité à tous. C'est alors qu'elle croisa le regard de Parker à la table des Poufsouffles. Celui-ci chuchota quelque chose à l'oreille de son voisin sans quitter Hermione des yeux. Les deux amis pouffèrent.

Harry, qui avait remarqué le manège des Poufsouffles, se pencha vers son amie.

- Dis donc Hermione, tu leur fais beaucoup d'effet, on dirait.
- Mmh, fit-elle, le nez dans sa tasse. Simple badinerie professeur-élève, rien de grave.
- Hermione Granger badine avec ses élèves ?

Ron avait finalement daigné lever la tête de son journal.

- Remarque, ça me rassure, poursuivit-il. Je craignais que tu ne finisses par te transformer en une imitation ratée de McGonagall, châle écossais compris.
- Je te remercie, Ronald, fit-elle avec un sourire faussement pincé.

Son ami semblait faire des efforts et elle lui en était reconnaissante. Avec les événements de la veille et de la nuit – elle frissonna en y pensant, elle n'avait pas eu le temps de trop s'inquiéter pour l'expédition, mais maintenant que cela approchait, elle se sentait fébrile. Elle avait besoin de ses deux amis, pas d'un Ron jaloux et en rage.

Hermione finit son petit déjeuner et s'étira.

- Donc si je comprends bien, on est censé se retrouver dans les toilettes des filles dans une heure, c'est ça ? demanda-t-elle.
- Oui, mais je comptais donner une fausse heure à Rogue pour qu'il…

Harry et Hermione fusillèrent Ron du regard.

- Oh, ça va, si on ne peut plus plaisanter…
- Donc, reprit Harry, nous voulions ajouter deux Aurors à l'effectif, mais vue la disposition de la Chambre, je ne suis pas sûr que ce soit très utile d'y aller trop nombreux. Certains resteront donc en haut, prêts à intervenir ou à nous remonter en cas de problème.

Le regard d'Hermione se perdit dans le vide.

- J'espère que ce ne sera pas nécessaire…, murmura-t-elle comme pour elle-même.

oOo

Hermione était penchée sur le robinet, caressant du bout des doigts le serpent qui y était incrusté.

Elle se retourna vers les cinq autres personnes présentes. Harry leur répéta une nouvelle fois le sort à utiliser en cas de problème, afin de prévenir les deux Aurors en sentinelle dans les toilettes.

Mimi Geignarde n'avait pas pu s'empêcher d'intervenir, et avait jugé bon de lancer quelques phrases lourdes de sens sur Hermione et Rogue, que tout le monde avait fait mine d'ignorer, jusqu'à ce que Ron lui envoie un Stupefix dans la figure.
Elle avait alors replongé dans sa cuvette, hilare. Ron avait maugréé quelques insultes dans sa barbe, et Hermione fut pratiquement sûre qu'elles n'étaient pas destinées à Mimi.

Rogue se tenait en arrière. Il semblait à la fois contrarié et concentré. Il évitait soigneusement le regard d'Hermione.

La jeune femme, quant à elle, guettait avec attention le moindre symptôme suspect au niveau de sa blessure.

Harry s'avança, réfléchit un instant, puis prononça quelques mots en Fourchelangue.

Hermione nota que, bien évidemment, les mots n'étaient plus aussi sûrs que dans leur jeunesse, puisque la part de Voldemort qui vivait en Harry avait été détruite.
Pour ouvrir la Chambre, Harry faisait maintenant jouer sa mémoire, rien d'autre. De la même façon que Ron l'avait fait, trois ans auparavant.

Tous reculèrent instinctivement quand l'édifice se mit en branle, révélant en quelques secondes le trou béant dans le sol.

- Eh bien Potter…, fit Rogue. Granger se targue à votre place en disant que vous connaissez la Chambre des Secrets comme votre poche, et vous n'êtes pas foutu de nous trouver une entrée plus décente…

Harry se tourna vers Rogue et lui répondit le plus naturellement du monde :
- Oh, pensez-vous, je connais bien toutes les entrées, mais comme vous venez, je n'allais certainement pas en choisir une agréable.
- Alors dans ce cas, répondit Rogue les dents serrées et le regard noir, après vous…

Harry ne se fit pas prier et sauta. Il fut suivi de Ron.

Hermione jeta un regard à Rogue.

Il soupira, résigné ou désabusé, et désigna le trou d'un coup de menton.

- Saute, dit-il à la jeune femme, avant que je ne change brutalement d'avis et que je désobéisse aux ordres de la Directrice…

Hermione sourit. Il grimaça. Elle s'élança à son tour.

Au bout de ce qui lui sembla être une éternité, elle s'écroula dans les graviers en bas du conduit. Elle se releva en toussant puis s'épousseta.
Rogue ne tarda pas à arriver, dans un tourbillon de cape noire et de poussière. Il se redressa, sortit rapidement sa baguette et scruta les alentours, attentif.

- Par ici, dit Harry.

Et il emprunta le conduit droit devant. Hermione se souvenait bien que c'était celui qu'elle et Ron avaient pris. Elle eut la mauvaise idée de regarder vers Ron à ce moment et croisa son regard. Il lui adressa un pauvre sourire. Elle n'avait pas besoin d'user de Légilimencie à cet instant pour savoir à quoi il pensait, à ce que la Chambre évoquait pour lui. Elle pensait à la même chose. Elle lui sourit et fit un clin d'œil. Il hocha la tête, puis étendit le bras pour lui indiquer de passer devant.

Elle sortit sa baguette et se fraya un chemin dans les gravats, à la suite de Harry. Ils ne tardèrent pas à atteindre la salle principale, et longèrent le squelette immense du Basilic.

Elle se retourna. Severus avait ralenti et regardait le squelette du serpent géant avec attention. Tout en avançant, il étendit la main et balada sa paume sur les os polis. Puis, il leva la tête et observa les immenses voûtes de pierre, taillées à même la roche. De toute évidence, il était happé par l'atmosphère que la pièce dégageait.

Hermione reporta son attention sur ce qui se trouvait devant elle.
La statue de Salazar Serpentard se dressait là. A sa base, on pouvait voir l'ouverture béante d'où était sorti le Basilic presque dix ans auparavant.

Hermione scruta les ténèbres du trou.

C'est alors qu'elle ressentit un picotement dans son dos. Son cœur rata un battement. Non, ce n'était pas possible. Elle avait dû rêver.
Un autre picotement. Elle fronça les sourcils. Ce n'était pas spécialement douloureux comme avant, quand elle avait eu affaire à Bellatrix. C'était comme un frisson.

- Tout va bien ?

La voix de Severus près de son oreille la fit sursauter. Elle ne l'avait pas entendu approcher.

- Hein ? Euh… Oui, oui.

Elle tenta un sourire. Severus la regarda étrangement, mais ne dit rien. Il fallait qu'elle la joue plus fine si elle ne voulait pas éveiller ses soupçons.

Elle ne voulait pas remonter. Et puis après tout, c'était certainement une fausse alerte. Elle avait dû se râper le dos en atterrissant, et la cicatrice réagissait étrangement.

Hermione continua d'avancer. Elle observait avec attention les multiples conduits qui partaient de la salle principale. L'air dans la Chambre était humide et froid, et elle ne tarda pas à grelotter.

Plus ils s'approchaient de la statue, plus Hermione prenait conscience de sa taille monumentale. Elle avait l'impression de connaître cet endroit. Mais pas parce qu'elle s'y était rendue une fois. Non, c'était plutôt comme si elle connaissait cet endroit en profondeur. Elle savait que le conduit qui se trouvait dix mètres à gauche était un cul de sac, tandis que celui à droite menait à des oubliettes.

Elle fut soudainement prise d'un vertige, tandis que quantité d'informations venaient subitement se bousculer dans sa tête, lui coupant le souffle.

Était-ce Bellatrix qui lui soufflait ces images dans son esprit ? Ou était-ce carrément la Chambre qui lui parlait ?...

C'est alors que subitement, elle sut. Elle sut ce qu'ils cherchaient, ce pourquoi ils étaient venus. L'image s'imposa à elle, sembla même flotter devant ses yeux.

Hermione sentait aussi que Bellatrix savait qu'ils étaient ici. Elle pouvait sentir qu'ils approchaient de ce qu'elle recherchait.
La jeune femme accéléra le pas.
Elle sentait le regard de Rogue peser sur sa nuque.

Ils approchaient maintenant de l'ouverture au pied de la statue, et Hermione ne tarda pas à entendre un bourdonnement au niveau de son oreille gauche.

- Lumos, murmura-t-elle alors qu'ils pénétraient dans l'édifice.

Quelque chose n'allait pas. Elle le sentait. Elle savait que Bellatrix était là, tout près dans son esprit et son corps. Hermione était dangereusement proche du basculement. Cependant, ce n'était pas comme d'habitude. Et Hermione savait pourquoi.

La volonté de Bellatrix et la sienne se confondaient. Elles voulaient trouver la même chose, même si leurs desseins étaient totalement opposés. Quand l'une souhaitait devenir puissante par un moyen, l'autre recherchait la même chose pour l'arrêter.

Et Hermione savait que cet équilibre fragile entre Bellatrix et elle s'écroulerait aussitôt que le but serait atteint. Elle devait s'y préparer. Et elle devait prévenir les autres.

- Je sais ce que nous cherchons, asséna-t-elle.

Harry, qui la précédait, se retourna. Ron et Rogue s'arrêtèrent de marcher. Un silence lourd ne tarda pas à les envelopper, tandis que tous avaient leur attention vrillée sur Hermione. Soudain, Severus se rapprocha de la jeune femme et braqua sa baguette sur son visage, aveuglant celle-ci.

Hermione savait qu'il avait repéré depuis un bon moment que quelque chose clochait. Il n'avait pas arrêté de regarder vers elle, guettant le moindre signe suspect, au point que c'en était devenu oppressant pour la jeune femme.

- Arrête ça, Hermione. Tout de suite.

Ron se rapprocha rapidement, baguette levée.

- Que se passe-t-il ? demanda-t-il, méfiant.
- Ne la laisse pas prendre possession de toi, Hermione, dit Rogue, ignorant Ron, ses yeux vrillant ceux de la jeune femme.
- Elle ne me possède pas, je…
- Je sais très bien ce que tu fais, tu te sers de la connexion dans l'autre sens ! Tu ne peux pas continuer, je vais te faire remonter et…
- Tu ne vas rien faire du tout, Severus Rogue ! Regarde autour de toi et dis-moi comment tu comptes faire sans moi !

Severus tenait Hermione fermement par les épaules. Cinq secondes passèrent, durant lesquelles ils se défièrent du regard.

Le Maître des Potions n'eut pas besoin de regarder plus autour de lui. Il avait vu.

Il avait vu que l'intérieur de la statue n'était fait que d'ouvertures de conduits, et que c'était un jeu d'enfant de s'y perdre. Il avait tout de suite compris que c'était de la folie pure que de vouloir s'aventurer dans cet endroit sans la moindre indication. Le risque encouru serait de ne jamais revoir la surface.

Les mâchoires contractées, il relâcha Hermione mais se remit en garde, baguette braquée sur elle.

- Très bien. Mais au moindre signe suspect, je te jure que…
- Ce n'est pas moi l'ennemi, Severus, fit sombrement Hermione.
- Tu le deviendras si elle le décide, que tu le veuilles ou non.

Hermione prit une grande inspiration, et l'odeur de moisi et d'humidité l'écœura.

- Nous cherchons le tombeau de Salazar Serpentard, dit la jeune femme.

Les trois autres sorciers eurent l'air abasourdi.

- Attends Hermione, fit Ron, incrédule. Comment tu sais ça ?
- Je ne sais pas, je le sais, c'est tout.

Rogue fusilla Ron du regard.

- Vous ne comprenez donc pas, Weasley, qu'elle agit de la même façon que Potter il y a quelques années ? Elle laisse Lestrange partager ses visions avec elle…
- J'ai très bien compris, merci, c'est justement pour ça que je pose la question. Comment savoir qu'on va au bon endroit ? Merde, c'est certainement bourré de pièges, ici, elle pourrait se débarrasser de nous en un rien de temps si ça lui chantait !
- Je suis trop précieuse pour qu'elle se débarrasse de moi comme ça, répondit Hermione. Je peux lui apporter ce qu'elle désire sur un plateau… Mais bien sûr, le but est de détruire ce qu'elle veut avant qu'elle ne parvienne à me posséder et à m'utiliser contre vous trois.
- Donc, reprit Ron, si je comprends bien, on te suit aveuglément en espérant que Bellatrix ne nous envoie pas dans un piège, on trouve ce tombeau dont nous n'avons aucune preuve d'existence, puis on fait barrage et on le détruit, en n'écartant pas l'hypothèse que tu te transformeras peut-être en sbire de Bellatrix, c'est ça ?
- Oui, fit Hermione d'une voix blanche, en gros, c'est ça.
- Génial.
- Cette hypothèse dont vous parlez, Weasley, fit alors Rogue d'une voix grave, est malheureusement une certitude. Si nous tombons vraiment sur ce tombeau, il est certainement gorgé de Magie noire de la pire sorte. Ceci accentuera les pouvoirs de Bellatrix.

Hermione commençait à s'impatienter.

- Nous étions tous conscients du danger ! Que voulez-vous faire d'autre ? Remonter et attendre les bras ballants ?

Il y eut un silence. Tous se regardaient dans le blanc des yeux, sauf Rogue, qui fixait uniquement Hermione avec une intensité telle qu'il aurait pu la transpercer.

Ron poussa un long soupir.

- Bon, c'est par où ?


Merci d'avoir lu, n'hésitez pas à me laisser vos impressions !