CHAPITRE 14

Blablazone : Bonsoir ! C'est avec plaisir que je vous livre le chapitre 14, un peu petit je vous l'accorde. Je vous souhaite une bonne lecture et je vous dis à la semaine prochaine !

Réponse review :

Momo : Bonsoir ! Effectivement les sœurs s'éloignent mais d'un côté j'aime croire que ça montre qu'elles grandissent et qu'elles évoluent. Je te souhaite une bonne lecture.

CourtneyAckles : Bonsoir ! Je t'avoue que je n'ai jamais envisagé d'autres points de vue que celui d'Ivy. Ça peut être une bonne idée ! Par contre pour Éric je ne pense pas faire un point de vue. Pour Sevy à envisager. Bonne lecture !


Si tirer et lancer nous avait donné des courbatures, ce n'était rien en comparaison des combats de la veille. Nous trainâmes nos corps raides vers le petit déjeuner. Et c'est avec une lenteur sans nom que nous rejoignîmes nos instructeurs. Judy avait encore le visage gonflé. Les autres n'en menaient pas larges nous plus. Nous étions tous couverts de bleus. Je croisais les doigts pour qu'on n'est pas de combat ce matin. Je soupirais de soulagement en voyant les couteaux.

Malheureusement le combat d'hier avait encore une influence sur mon corps. Lancer me provoquait des pics de douleur qui faussait la trajectoire de mon couteau. J'avais du mal à faire un mouvement de rotation avec mon corps sans que mon abdomen se rappelle à moi. Pourvu que nous continuions encore après la pause. J'observais Sarine. Elle paraissait aller mal, très mal. Ses lancers manquaient de conviction. Je ne le lâchais pas du regard. Son regard était vide comme si elle était en train d'abandonner. Je décidais de lui parler lorsque nous irions manger et cela arriva bien plus vite que ce que j'aurais pensé.

- Comment te sens-tu ? posais-je.

- Pas très bien, me dit-elle en baissant la tête.

- A cause des combats ?

- Oui. Mais pas que.

- A cause d'Éric ?

- Oui, me dit-elle les larmes aux yeux. Je le trouve horrible.

- Sarine, murmura Hervé. Souviens-toi de ce qu'on a parlé, tu ne dois pas pleurer.

- Je sais.

Hervé lui essuya discrètement les yeux et déposa un baiser tendre sur son front. La curiosité était un vilain défaut pourtant à ce moment-là j'aurais voulu leur demander pourquoi ils étaient ici.

- Je ne veux plus me battre, chuchota-t-elle.

- Pourtant il le faut, répliqua Sevy. Nous sommes formés pour être des soldats. Un soldat qui ne sait pas se battre ne vaut rien. A quoi t'attendais-tu ?

- Tu pourrais être moins dur, défendit Hervé.

- Je ne fais que dire la vérité, soutint ma sœur.

Quand nous retournâmes dans la salle, les sacs de sable était de retour. J'entendis Sarine lâche un « oh non » désespéré. Sevy elle ne me lâcha pas. Elle resta près de moi pendant notre échauffement et regarda chacun de mes gestes pour pouvoir les corriger. Tris passa derrière elle pour lui dire que ce n'était pas son travail et qu'elle ferait mieux de se concentrer sur ses propres gestes. Puis notre instructrice vint m'aider. Tris avait beau être tatoué, s'habiller comme une audacieuse, parfois je la trouvais - trop - bienveillante. En même temps je connaissais peu d'audacieux et je me basais sur des préjugés.

Quand nous commençâmes les combat, Éric se pointa comme une fleur. Comme la veille il venait nous juger. Il avait beau être leader je trouvais qu'il portait trop d'importance au combat. Deux jours d'affilé ne pouvaient être qu'une coïncidence mais il serait là demain, j'en étais persuadée. Encore une fois Anan fut le premier. Judy fut son adversaire. Nous les scrutâmes. Anan et Judy étaient toujours ensemble, de la même faction. Ils affichaient chacun une expression dure. Anan frappa sans retenu et Judy eut le souffle coupé. Elle payait encore le prix de l'acharnement de Sevy. Finalement Anan la terrassa. En sortant du ring, il la prit dans ses bras et l'assit contre le mur. Il avait l'air soulagé d'avoir fini. Le prochain combat opposa Hervé et Sarine. Mon cœur se serra. Coïncidence ou pas, encore un couple qui devait s'affronter. Sans surprise Hervé gagna et il fit preuve de la même attention pour Sarine comme Anan en avait eu pour Judy. Je voyais Éric qui grimaçait à chaque fois. Ça ne lui plaisait pas mais bizarrement aujourd'hui il ne faisait aucun commentaire. C'était mon tour. Mon adversaire était Kenny. De la même taille que moi, je ne savais pas quel était son point fort. Par contre je remarquais qu'il se déplaçait lentement ce qui me permettait d'esquiver. Ma sœur ne me lâcha pas du regard. Éric soupirait d'agacement. Elle voulait que je me défende mais je n'en ferai rien. Un moment Kenny atteignit mon corps endoloris et dans un instinct de protection je répliquais par une droite qui le mit KO. Je me haïssais pour ce que je venais de faire pourtant les autres me félicitait. J'avais honte. Frapper quelqu'un qui n'avait rien demandé était une injustice. Je me haïssais, je haïssais cette faction. Sora affronta Tomas et sa vitesse l'aida à gagner. Enfin le combat final opposa Sevy à April. Les deux jeunes filles se toisèrent et tandis qu'elle se frappait sans retenu, elles échangeaient des boutades. Éric avait les lèvres pincées et il détaillait chacun de leurs gestes. Je trouvais qu'il regardait un peu trop ma sœur et j'avais peur qu'il essaie de l'humilier, encore une fois. Quand Sevy fut déclarée vainqueur j'eus l'impression que ses muscles se relâchaient, il esquissa même un sourire qui ne me rassura guère. Pour cette séance-là personne ne finit à l'infirmerie. Sevy avait une lèvre fendue et les autres quelques bleus naissants. Alors qu'on nous laissait quartier libre, j'allais m'excuser auprès de Kenny mais il ne m'en tint pas rigueur, il soutient que c'était normal. Moi je ne trouvais pas ça normal. Je trouvais cette partie injustifiée. Sevy, April, Sora et Tomas retournèrent au salon de tatouage mais cette fois-ci je ne les accompagnais pas. J'avais mal partout.

- Ivy, m'interpella Tris.

- Je me retournais vers elle, la tête légèrement baissée.

- Je sais pour hier, dit-elle simplement.

- A quel sujet ?

- Ton combat contre Sora. Quatre m'a dit que tu ne t'étais pas défendue. Et j'ai pu voir que là aussi. Battre Kenny n'était qu'un coup de chance.

- J'en ai conscience.

- Il faut aussi que tu es consciences que ça ne sera pas le cas à chaque fois. Tu dois te défendre.

- Non.

- Il n'y a pas de refus tolérable. Tu dois te battre Ivy, c'est comme ça que fonctionne l'initiation. Si tu ne le fais pas, tu risques l'échec.

- C'est contraire à mes principes. Ce n'est que de la violence gratuite, déplorais-je.

- Tu es chez les audacieux, les principes altruistes sont terminés. Il fait les laisser derrière toi. Si tu continues comme ça, Éric te poussera à bout.

- Je ne…

- Médite sur ce que je viens de dire, me conseilla-t-elle.

- Au moment où elle s'éloigna je la retins.

- Comment fais-tu ? m'étonnais-je.

- C'est-à-dire ?

- Comment fais-tu pour savoir que je suis moi, Ivy ?

- Oh ça, sourit-elle. Le regard Ivy, celui de ta sœur est différent.

Elle était la deuxième personne à me dire la même chose. C'était déroutant. Chez les altruistes les gens avaient du mal, il faut dire qu'habillée pareil et sage comme des images il n'y avait pas grandes différences entre nous. Mais chez les audacieux nous étions différentes. Même notre aspect physique venait à changer. Par hasard je tombais sur Zack dans la salle pleine de fenêtre. J'avais espéré être seule.

- Comment ça s'est passé ? bâilla-t-il.

- Mieux. Enfin si l'on peut dire.

- Tu n'es pas avec ta sœur ?

- Non. Elle a été se faire tatouer et je n'ai pas eu envie de venir.

- Oh la petite est vierge de tout tatouage, ricana-t-il.

- Et alors ? rougis-je.

- Tu fais ce que tu veux.

- Tu en as toi ?

- Ouais ! Un sur l'épaule gauche, le symbole des audacieux. Puis un ying et yang sur l'aine côté droit.

- C'est tout ? m'étonnais-je.

- Eh oui. Mais je compte bien en rajouter un ou deux.

- Ça représente quoi le ying et yang ?

- C'est pour ne pas oublier que nous ne sommes pas tout noir ou tout blanc.

Deux heures plus tard nous allâmes dîner. La présence de Zack m'était agréable. Il s'était mis en tête de me faire sourire. Pendant notre conversation j'avais oublié où je me trouvais réellement, j'avais oublié l'anxiété qui m'habitait. Je m'étonnais de ne pas trouver Sevy avec les autres.

- Où est ma sœur ? demandais-je.

- Je la pensais avec toi, elle est partie après la séance de tatouage, m'infirma April.

Je fronçais les sourcils, soucieuse. Le regard rivé sur la porte, je guettais son arrivée. April discutait de son nouveau tatouage, elle venait de se faire une cerise sur l'omoplate. Sora s'était faite un renard sur le bras gauche et Tomas rien. Elles avaient l'air ravie de leurs tatouages respectifs. Apparemment Sevy s'en était fait aussi mais April refusa de le dire. Je me redressais lorsque ma sœur passa enfin la porte. Elle alla se servir et vint nous rejoindre. A peine quelques minutes après elle, Éric entra. Coïncidence ? Evidemment ! J'espérais bien que ma sœur n'ait pas encore défié le leader. Sevy avait deux nouveaux tatouages. Une lune dans la nuque et une bande de fils barbelés lui entourant le biceps droit.

- Où étais-tu ? demandais-je.

- Je me promenais.

Sevy me mentait, encore une fois. Pourquoi ne se confiait-elle pas à moi ? Avais-je fait quelque chose de mal ? Ça m'était douloureux de savoir qu'elle me tenait à l'écart de sa vie. J'étais là pour elle et je ne m'étais jamais sentie aussi seule.

Je ne sus pas combien de temps je dormis mais quelque chose me réveilla. Dans le noir je cherchais une réponse. Au moment où la porte se referma je crus reconnaître Sevy. Encore endormie, je me levais et tâtais la couchette de ma sœur. Elle n'était pas là. Que pouvait-elle bien faire ? Je ne dormis pas de la nuit et me tourmentais en imaginant ce que pouvait bien faire ma sœur. Elle revint au petit matin, juste avant que Quatre ne vienne nous réveiller. Comme la dernière fois elle paraissait avoir bien dormi, comme si elle n'avait pas quitté son lit.


Vous êtes arrivés à la fin du chapitre. Félicitation. Si votre curiosité n'est pas rassasiée, veuillez patienter la suite arrive dans la semaine qui suit. A la revoyure !