CHAPITRE 15

Blablazone : Bonjour à tout le monde ! Miraculeusement ce matin quand je me suis levée il faisait soleil, ce n'est pas trop tôt et bon sang ça fait du bien. Comment ça va vous ?

Réponse review :

Momo : Salut ! La première intuition est souvent la bonne (et les indices sont assez visibles aussi). Je te souhaite une bonne lecture !

CourtneyAckles : Hello ! C'est ce que j'ai essayé de faire tout au long de l'histoire, faire qu'Ivy garde son côté altruiste. La découverte de ce que fait Sevy la nuit est assez simple, enfin tu liras ça. Je prends note pour la séparation des combats. Et je réfléchis toujours au point de vue de Sevy, parce que je trouve quand même que c'est une bonne idée. Bonne lecture !


Je ne pensais qu'à Sevy et à ses escapades nocturnes. Nous étions seulement novices et ils nous étaient interdits de nous promener après le couvre-feu, surtout au milieu de la nuit. Que pouvait bien faire ma sœur en pleine nuit ? Je n'avais pas envie de me mêler de ses affaires et tant qu'elle ne rencontrait pas de problème alors je ne ferais rien. La vérité c'était que je voulais des réponses. Peut-être que la prochaine fois que ça aurait lieu je la suivrais. Ou non, peut-être pas. Le cas de ma sœur m'occupait tellement que j'en oubliais de manger. Mes camarades m'obligèrent à avaler une pomme puis nous courûmes rejoindre nos instructeurs pour ne pas être en retard. Je jetais des coups d'œil incertain vers Sevy. Lorsqu'elle rencontrait mon regard elle me souriait avec tellement d'innocence. Ma sœur m'avait toujours fait confiance, elle m'avait toujours tout confié mais de plus en plus elle devenait une audacieuse, elle changeait et elle s'éloignait.

Aujourd'hui les combats auraient lieu toute la journée. De ce fait, leur durée serait rallongée. J'étais soulagée de voir qu'Éric n'était pas là, il était une source de pression en moins. Je le détestais comme il n'était pas permis pour une altruiste, son sourire satisfait lorsque l'un des adversaires se révélaient dominant et violent. Autrefois les Audacieux avaient des principes, ils étaient des défenseurs. Plus nous avancions dans cette initiation, moins j'avais l'impression qu'on nous enseignait à défendre. Qui défendions-nous ? Les factions des Sans-faction, comme si ces derniers représentaient un danger. Qu'on les laisse vivre en paix.

Pendant deux heures nous nous entraînâmes. Étirements, musculation et alternance de gestes précis. La règle d'or était d'ignorer la douleur en serrant les dents. Nos muscles brûlaient mais tant pis, nous continuions. Car si jamais ne nous nous relâchions, ça ferait un pourcentage de moins de gagner un combat. Sarine affrontait Judy. Même si l'ex-fraternelle souffrait encore de ses deux échecs, je doutais que Sarine la batte et pourtant il le fallait. Tout comme Judy, Sarine avait perdu tous ses combats. A côté de moi je voyais Hervé se ronger les sangs pour celle qu'il aimait.

- Comment vous êtes-vous retrouvé ici ? lui demandais-je dans le but de détourner son attention.

- Quoi ?

- Comment avez-vous atterri chez les Audacieux, Sarine et toi ?

- Par ma faute, avoua-t-il. Sarine savait que je voulais quitter les Erudits et elle savait ma volonté de vouloir protéger ma ville, de me rendre utile sur le terrain. Alors le jour de la Cérémonie du Choix elle a choisi les Audacieux avant moi. Si nous avions eu rien qu'un peu de temps pour nous concerter avant son choix, alors je lui aurais dit que je préférerais aller n'importe où ailleurs où nous pourrions être heureux. A cause de moi, Sarine risque l'élimination.

L'amour faisait faire des choses idiotes. Pourtant n'était-ce pas pour cette même raison que j'avais rejoint les Audacieux ? Pour ne pas être séparée de ma sœur. Par amour.

Le cri déchirant de Sarine interrompit notre conversation. Hervé ne pouvait supporter de voir Sarine se faire battre, pour une fois j'avais voulu alléger son chagrin. Pourtant le visage en sang de Sarine n'empêcha pas le visage d'Hervé de se tordre d'horreur. Son aimée était méconnaissable et elle souffrait des coups de Judy.

- Stop ! criais-je. C'est de la violence gratuite !

- Tu n'as pas a décidé, déclara Quatre.

- Judy va la tuer ! m'écriais-je. C'est ça que vous voulez donner comme image des Audacieux ?

Ils me regardaient tous comme si j'étais folle. Personne ne réagissait et je profitais que Judy ait arrêtée ses coups pour tirer Sarine hors du ring.

- Est-ce que tu m'entends ? lui murmurais-je.

- J'ai mal, pleurnicha-t-elle.

- Ça va aller, la rassurais-je.

Je posais une main sur sa joue et grimaçais lorsque que son sang resta sur mes mains. Hervé était venu à son chevet et essayait de la rassurer aussi. Lorsque je me retournais je remarquais le regard dur de Quatre et j'eus un frisson. J'avais dépassé la limite. Tris attendait qu'il se décide mais son visage fermé ne me disait rien qui vaille.

- Ivy, Hervé, à votre tour, déclara Quatre. Puisque tu étais si décidée à arrêter le combat de Sarine, si tu gagnes Ivy, elle pourra aller à l'infirmerie. Sinon elle attendra jusqu'à la pause.

Je frissonnais et suivit Hervé sur le ring. Quatre m'exposait un dilemme. Je ne voulais pas me battre pour rester accrocher à mes principes mais j'appréciais Sarine et elle souffrait. Serait-ce une preuve d'égoïsme que de renoncer à mes principes pour sauver une vie ? Une vie valait-elle mes principes ? Hervé me suppliait du regard

- Je ne peux pas, soupirais-je.

- Tu voulais une justice pour ce combat, ne pas te battre dans le vide, tu as ce que tu as voulu ! me cria Quatre.

Je cherchais du réconfort auprès de ma sœur mais cette dernière avait le regard fixé à l'autre bout de la pièce. J'allais regarder moi aussi mais Hervé attaqua. Il me plaqua sur le sol et m'asséna plusieurs coups.

- Je t'en supplie Ivy, me glissa-t-il à l'oreille. Pour elle.

Je serrais mes poings et je mis toute ma force dans mon coup. Hervé fut touché au visage et eut un mouvement de recul.

- Continue.

Je donnais un nouveau coup comme nous l'avait montré Quatre. Un coup au niveau du sternum car il ne protégeait pas cette zone. Un coup de genou dans le menton. Il perdit l'équilibre et au moment où il allait me frapper j'arrêtais son bras et le lui retournais. Un coup de pied dans le dos et il tomba par terre, à bout de souffle.

- C'est bon, Sarine peut être conduite à l'infirmerie ? me retournais-je.

Quatre fit un vague signe de tête. D'une démarche raide, Tris prit Sarine dans ses bras et releva Hervé. Lorsqu'ils sortirent enfin la tension se relâcha. Quoique nous attendions tous la réaction de Quatre.

- Pour ton insolence, vous ne mangerez pas ce midi. Prochain combat Anan et Kenny.

Je me reculais jusqu'à atteindre le mur. Sevy s'approcha de moi et me prit dans ses bras. Quelle horreur avais-je commise ? Je m'étais battue, j'avais frappé quelqu'un.

- Ne pleure plus, c'est terminé, me chuchota-t-elle.

- Je venais de remarquer que je pleurais. La culpabilité gonflait dans mon cœur. Qu'avais-je fait ?

- Tu as sauvé Sarine, n'en doute jamais.

Elle s'éloigna me laissant respirer. Je m'en voulais d'avoir fait mal à Hervé, je n'étais pas comme ça. Et c'était d'autant plus douloureux car Hervé ne s'était pas défendu. Je refusais que cette faction me change ainsi. J'apprendrais à être invisible, discrète. Je laissais l'insolence à Sevy.

Anan remporta son combat contre Kenny. Ensuite ma sœur monta sur le ring et se retrouva en face de Tomas.

Je me relevais et m'approchais. Voir souffrir ma sœur c'était comme me punir. Tomas était bon en combat et cette fois Sevy ne débordait pas de rage. Elle frappa la première, profitant de l'effet de surprise. Mais Tomas reprit bien vite le dessus. Ce combat me parut être le plus long. Tomas menait le jeu pourtant me sœur se relevait à chaque fois. A bout de force, elle luttait pour frapper. Elle ne se défendait même plus, elle ne faisait qu'attaquer. Finalement cela eut raison d'elle. Tomas l'acheva avec un coup de pied dans l'estomac. Enfin c'était terminé. Je me dirigeais vers me sœur et l'aidait à se relever. Elle me sourit gentiment mais sa lèvre fendue lui donnait un air étrange.

- Ça va aller ? chuchotais-je.

- Oui. Ne t'inquiète pas.

Les heures paraissaient s'écouler lentement. Entretemps Tris était revenu, sans Sarine et sans Hervé. Elle avait observé la fin du combat de ma sœur de loin et avec une expression fermée.

Le dernier combat n'allait pas être joyeux non plu. Sora affrontait April et autant le dire, elle n'avait aucune chance. April se démarquait parce qu'elle était la meilleure d'entre nous. Pour l'instant elle était la seule qui avait battu Anan. L'ex-sincère était un adversaire redoutable. On sentait que dans ses combats n'existaient que l'envie de gagner. April était déjà audacieuse, elle ne demandait qu'à s'accomplir. Ce dernier combat fut sanglant. Et Sora fut bien vite à terre, trop vite peut-être car Quatre exigea qu'elle se relève pour continuer.

Nous étions tous éreintés et pourtant après les combat l'entraînement repris. Nos corps meurtris étaient plus lents et moins efficace. Ce n'était pas un entraînement utile, c'était une punition. Enfin Tris nous ordonna d'arrêter et d'aller manger avant de rater le dernier service. Nous sortîmes tous, la tête baissée, abattue. Judy et Anan me jetèrent un regard mauvais comme si c'était de ma faute. Ils avaient raison, tout ça avait eu lieu parce que j'avais voulu aider Sarine.

- Où vas-tu ? me retint Sevy.

- A l'infirmerie.

- Non, tu viens d'abord manger. Tu iras plus tard.

- Mais Sevy…

- Ça suffit Ivy ! Tu en as assez fait. Sarine est hors de danger. Tu t'es montré audacieuse, dit-elle fièrement.

Je la suivis à contre-cœur. Sarine, comment allait-elle ? Notre repas fut morne, aucune discussion, nous étions tous à bout. Et tout ça n'était que le début. Tandis qu'ils rejoignaient le dortoir, je me dirigeais vers l'infirmerie. Pour une fois Ray était là, en train de fumer. Il me salua d'un geste rapide de la main et m'intima le silence. Hervé et Sarine dormaient dans le même lit, l'un contre l'autre. Doucement je m'approchais de Sarine pour jauger de son état.

- Tu vérifies mon travail ? ricana Ray.

- Non. Je voulais constater par moi-même.

- Il lui manque une incisive et elle aura plusieurs hématomes et contusions.

- Et si nous nous battons demain ?

- Je n'en sais rien très chère. Cette jeune fille est faible, qui sait si elle a un avenir chez les audacieux.

Je hochais la tête et sortis de l'infirmerie. Quand j'arrivais devant les dortoirs, Zack m'attendait.

- Où étais-tu ?

- A l'infirmerie.

- Tout va bien ?

Oui. Non. Peut-être. Je ne sais pas.

Je ne sus pas ce qui me prit mais je me laissais aller contre lui, mon front contre son torse. Il resta quelques secondes les bras ballants et me m'enveloppa d'une chaude étreinte. Ça faisait du bien. Parmi mes vices, être câlinée en faisait partie. J'aimais lorsque ma sœur me prenait longuement dans ses bras, je m'y sentais bien et en sécurité. C'était la seule marque d'affection que je m'accordais. Mais aujourd'hui tout ce que j'étais, était bouleversé. Et même si je connaissais à peine Zack, j'avais besoin de réconfort.

- Bon sang Ivy, qu'est-ce qui ne va pas ?

- Rien, chuchotais-je.

Sans que je comprenne pourquoi il me relâcha. Son regard inquiet passa par tout mon corps et je me sentis soudain gênée. Que faisait-il au juste ? J'étais peut-être une débutante mais je savais que son regard ne brûlait pas de désir pour moi. Alors pourquoi ? Au moment où il soulevait mon t-shirt je lui donnais un coup de poing dans l'épaule.

- Remonte tes manches, m'ordonna-t-il.

- Non.

- S'il te plaît, je ne vais rien te faire.

- Je ne vais pas me déshabiller parce que tu me le demandes. Maintenant laisse-moi passer.

Il secoua la tête et je crus qu'il avait abandonné mais non. A la place il me souleva et me cala sur son épaule comme un sac à patate. J'avais beau me débattre et crier, personne ne réagissait. Les couloirs étaient vides. Et lorsque nous croisâmes Rita, elle se mit à rire en nous voyant et nous lança un « vous êtes mignon ». Finalement Zack me déposa dans la fameuse salle qui était toujours vide.

- Aucune chance que quelqu'un nous voit. Maintenant relève tes manches, insista-t-il.

- De mauvaise grâce je remontais mes manches et lui tendis mes bras. Que voulait-il voir ?

- Ton t-shirt.

- Non, refusais-je.

- Pas en entier Iyv. Je ne sais pas ce que tu crois mais je ne vais pas te sauter dessus.

- Ton comportement peut prêter à confusion.

- Ce n'est pas mon but.

Les joues rouges je soulevais mon t-shirt de sorte qu'on ne voit que mon ventre. Je ne compris pas pourquoi un air peiné vint habiter son visage. Que voyait-il quand il me regardait ?

- Tu es belle, sourit-il.

Sans crier gare, il déplaça quelque chose devant moi et enleva le drap. Mon sang se glaça lorsque je vis mon reflet. Depuis le début de l'initiation j'avais réussi à éviter les miroirs, à ne pas céder à la vanité. En une journée j'avais cédé à la violence et à la vanité. J'étais incapable de quitter mon reflet des yeux. Je n'avais jamais été aussi méconnaissable. Mon teint était cireux et même si mes cheveux avaient poussé, ils étaient ternes. Mes yeux verts étaient cernés. Mais le plus marquant c'était ma maigreur. Malgré les muscles, j'étais maigre. Combien avais-je perdu de kilo depuis le début ? Depuis quand ressemblais-je à un cadavre ? Pourquoi Sevy ne régissait-elle pas ? Les larmes me vinrent lorsque je pensais à ma sœur. Ma jumelle épanouie, à laquelle je ne ressemblais plus.

- Tu me reconnais vraiment grâce à mon regard ? pleurais-je.

- Oui. Le physique joue mais tes yeux sont les plus doux.

- Je ne veux plus me voir. Jamais.

Il reposa le drap sur le miroir et s'approcha de moi lentement.

- Il fallait que tu te rendes compte Ivy. Je suis désolé.

- Tu as dit la vérité.

Je détournais le regard, perdue. Cette initiation me détruisait. Comment pouvais-je réussir à frapper avec si peu de graisse ? Comment n'avais-je pas plus de blessure pendant les combats ? A part de la chance, je ne voyais pas ce que ça pourrait être d'autre. A nouveau il me prit dans ses bras et ses mains vinrent essuyer mes larmes. Lui aussi avait un regard doux. Lentement il se pencha vers moi et déposa ses lèvres sur les miennes. Je ne savais pas ce que c'était d'aimer d'autres personnes que ma famille. Pour une fois je décidais de ne pas le repousser. J'en avais besoin et ça m'était agréable. En plus c'était mon premier baiser.

- Tu es la plus belle, dit-il en déposant un baiser dans mon cou.

- Non.

Je me reculais et ramenais mes bras autour de mes épaules.

- Ne me repousse pas, me supplia-t-il.

- Si. Zack, tu dois considérer que je peux rater l'initiation. Je peux finir Sans-faction. Il est hors de question qu'on entame quelque chose.

- Alors j'attendrai. Nous finirons cette initiation et nous réussirons tous les deux. Et après on commencera quelque chose.

- Pourquoi prendre ce risque ?

- Parce qu'au vue de ce que tu as dit j'ai l'impression que tu nous laisses une chance. Crois-moi je ne vais pas la gâcher.

Il me pressa la main et nous sortîmes. Silencieusement il me raccompagna jusqu'à mon dortoir et ne tenta rien.

- Mange, dit-il en s'éloignant.

Tout le monde paraissait dormir. Je me dirigeais vers les douches. En sortant je jetais un œil à mon reflet. J'allais me reprendre en main.


Vous êtes arrivés à la fin du chapitre. Félicitation. Si votre curiosité n'est pas rassasiée, veuillez patienter la suite arrive dans la semaine qui suit. A la revoyure !