CHAPITRE 17

Blablazone : Salut le monde ! La semaine dernière je vous avais posé cette question : quels sont vos personnages préférés dans Divergent ? J'ai pris soin de noter chacune de vos réponses variées. C'est à mon tour de répondre maintenant ! Roulement de tambour. Mon personnage préféré de Divergent est Jeanine Mattews, oui, oui, la leader Érudite, la méchante Jeanine (et autre surnom en tout genre). N'allez pas chercher pourquoi mais il en faut bien quelques-uns pour l'apprécier. Après j'aime beaucoup Tris aussi. Maintenant au risque de vous décevoir, niveau personnages masculins bah j'ai pas vraiment de préféré, peut-être Uriah mais c'est tout. Aller la confession est terminée pour aujourd'hui. Je vous souhaite une bonne lecture et je vous dis à la semaine prochaine !

Réponse review :

Momo : Coucou ! Youhou une longue review ! Je comprends, je mets toutes les fics que je lis en raccourcis pour ne pas les oublier, je déborde de favoris fanfic ça devient fou ! Oui, oui, Éric a confondu les deux sœurs, qui sait s'il ne va pas récidiver. Tu as bon goût pour les personnages mais éclaire-moi parce que je ne me souviens pas du tout de qui est Cara dans Divergent (j'ai beau cherché, je m'en souviens pas…).

Bonne lecture ! (et vive Zack, tu verras ;) )

CourtneyAckles : Hello ! Le pauvre Zack, il essaie tant bien que mal de se mettre au niveau de Sevy pour qu'Ivy est de l'affection pour lui, il faut bien qu'il fasse des erreurs pour mieux apprendre. Oui, toi pour ton personnage préféré masculin j'avais déjà la réponse. Bonne lecture !


J'eus un temps de recul lorsque je croisais Éric dans le réfectoire. Il n'avait pas l'air de se souvenir de ce qu'il s'était passé la veille parce qu'il m'ignora comme à son habitude. Pourtant moi je ne pouvais pas oublier et je le regrettais.

Nous étions tous des loques. Notre joie de vivre avait peu à peu disparu. Nous n'avions même plus l'envie de voir ce qui se cachait dans la faction audacieuse. Nous nous levions pour l'initiation et seulement pour elle. Sarine était méconnaissable et elle faisait peur à voir. Même les natifs ne nous approchaient plus. Parfois je remarquais leur regard peiné. Je n'avais jamais entendu que ça puisse être si dure de devenir Audacieux. Les autres Transferts avaient l'air de bien l'avoir vécu alors pourquoi était-ce aussi dur pour nous ? Etions-nous le mauvais millésime de l'année ? Qui resterait-il à la fin ?

Se frapper comme toujours. Alors que notre manifeste énonçait de simples mots comme protéger, défendre et servir. Mais il y avait cette compétition entre nous, ce rapport de force qu'on nous obligeait à avoir. C'était un mauvais jour, un jour où la vue du ring me donna la nausée. Et je n'avais aucune envie de rendre ce que j'avais pu manger. Lorsqu'Éric rentra, nous retînmes tous notre souffle. Nous savions que ni Tris, ni Quatre n'interviendraient s'il prenait une décision trop stricte. Il était leader et il avait le pouvoir.

- Sarine et Anan, lança Éric.

Bon sang le pire combat. Ne pouvait-il pas la laisser en paix ? Cette pauvre Sarine souffrait déjà tellement mais il s'acharnait. Anan n'allait faire qu'une bouchée de Sarine. Les autres détournèrent le regard tandis qu'Anan frappait. C'était injuste. Je restais le regard fixé sur la jeune fille au sol. J'aurais dû l'aider mais je ne l'avais pas fait. Egoïsme ou non, je ne me montrais pas altruiste. C'était de plus en plus compliqué d'évoluer comme telle. Serrer les poings et ne rien dire, voilà comment je devenais.

Hervé et April (vainqueur April), Judy et Sora (vainqueur Sora), Tomas et Kenny (vainqueur Tomas).

J'attendais mon tour la boule au ventre. Et si j'avais fait plus attention j'aurais compris pourquoi les autres me jetaient un regard effaré. April me pressa le bras avec un petit sourire puis elle me poussa vers le ring. Sevy attendait au centre. J'allais me battre contre ma sœur. Je pinçais mes lèvres pour ne pas pleurer. C'était la pire chose qu'on pouvait me faire.

- N'aie pas peur de frapper, me lança Sevy. Défends-toi. Je suis ton ennemie.

- Tu es ma sœur.

- Non. Là nous ne sommes pas des sœurs, nous sommes des adversaires et nous recherchons la victoire.

- Je refuse.

- Tu n'as pas le choix Ivy ! Tu n'as pas le droit d'échouer.

Tu n'as pas le droit de me laisser. J'avais compris Sevy sans qu'elle ne le dise. Mais je ne pouvais pas me résoudre à la frapper. Sevy frappa la première et j'encaissais. Faire du mal à une partie de moi, c'était inconcevable.

- Il est à moi, murmura-t-elle.

- Qui ?

- Peu importe. Il n'avait pas le droit. Tu as toujours été celle parfaite. L'altruiste c'était toi. Moi, on me regardait mal comme si je n'avais pas ma place. Tu avais toute la reconnaissance de nos parents.

Elle continuait de murmurer des choses incohérentes, des choses que j'aurais préféré ne jamais savoir. Ma sœur m'en voulait, elle avait de la rancœur à mon égard et je ne comprenais pas. Je trouvais ça injuste. J'avais tout quitté pour elle, absolument tout. Je lui vouais ma vie. Elle n'avait pas le droit de m'en vouloir. Alors je me suis défendue. J'ai frappé une première fois alors que ça me déchirait le cœur. J'ai frappé parce que ma sœur était une égoïste, parce qu'elle finirait par me laisser tomber, parce que je lui en voulais. Tandis qu'elle murmurait et frappait, je gardais le silence. Ça faisait mal. Puis tout s'est arrêté, j'ai reçu un dernier coup et je ne me suis pas relevée. Le sang se mélangeait à mes larmes. J'osais relever les yeux mais Sevy me tournait le dos, lorsqu'elle tourna la tête je remarquais son regard déterminé et fixé devant elle. Ce n'était pas moi qu'elle regardait, Éric peut-être. D'un seul coup, deux bras me relevèrent. Je me retrouvais en face de Tris qui cherchait à capter mon regard.

- Ivy ?

Je n'avais pas envie de répondre. Ma sœur m'avait frappé parce qu'elle voulait gagner, sans éprouver le moindre remord.

- Lâche, sifflais-je.

Ma jumelle se retourna en sursautant. Je lus un peu de tristesse dans son regard mais elle n'esquissa aucun geste. Tris finit par me prendre par le bras et m'entraîner hors de la salle. L'infirmerie, encore et toujours la même pièce. Une fois sur deux la présence de Ray. Là personne et tant mieux. Je crois que je n'ai jamais autant pleuré qu'à ce moment-là. Je me sentais mal, pas à ma place et mon instinct me criait de fuir.

Armé d'une compresse et de désinfectant, Tris me nettoya le visage.

- Je veux rentrer chez moi, avouais-je.

- Tu es chez toi.

- Non, secouais-je la tête.

Le geste de Tris me surprit. Je n'avais pas l'habitude qu'un inconnu me prenne dans les bras et je n'ai pas pu empêcher mon corps de se raidir. Jusqu'à ce qu'elle me caresse le dos en me berçant. J'aurais tout donné pour redevenir une enfant près des miens.

Il faut te reprendre, déclara Tris. Éric ne fait que te mettre à l'épreuve et apparemment il touche juste. Tu lui montres à chaque fois qu'il te touche par ses actions et tu ne dois pas.

- Pourquoi vous ne faîtes rien ?

- C'est notre leader, le tiens aussi et tu dois lui montrer qu'il ne te fait pas peur sans me provoquer.

- C'est un monstre !

- Ça suffit Ivy !

Je hochais la tête pour dire oui et je m'essuyais les yeux. Le chagrin était un sentiment d'une telle ampleur, j'aurais voulu me laisser submergée, j'y avais le droit. Pourtant je quittais l'infirmerie le pas traînant mais les yeux secs.

Affronter ma sœur se révélait être la chose la plus compliquée. Cela expliqua donc que je marchais sans but dans les couloirs afin de ne pas la voir. J'avais insulté ma sœur de lâche parce qu'elle m'avait tourné le dos, parce qu'elle m'avait obligé à ma battre contre elle et qu'elle ne m'avait même pas regardé ensuite, pas même une excuse. J'étais persuadée qu'Éric l'avait fait exprès. Pourquoi cet acharnement ?

Quand nous avions commencé des bruits de couloirs avaient résonné. Apparemment l'année dernière il avait obligé un novice à se pendre au-dessus du gouffre pendant cinq longues minutes. C'était une pratique barbare, une torture.

- Tu as une sale tête Ivy.

Je ne l'avais même pas vue. On se trouvait sur la passerelle au-dessus de la fosse. Voir tout ce monde faire du bruit et bouger sans cesse c'était fatigant. Je voulais dormir pour oublier.

- Ivy, insista Zack.

- J'ai été obligée de me battre avec ma sœur, murmurais-je en m'accoudant à la rambarde.

- Tu as gagné ?

- J'ai perdu. Sevy a toujours été la plus forte.

- Toi aussi tu es forte.

- Parle-moi d'autres choses.

Il se lança dans un long monologue et je l'écoutais avec patience. Il me raconta son enfance auprès de son grand frère, qui travaillait aujourd'hui à la clôture. Il me conta des légendes audacieuses que lui racontait sa mère pour qu'il s'endorme. Un moment il me prit la main et je le suivis. Et tandis que nous avancions, il me racontait des petits moments de la vie d'un Audacieux. Il m'expliqua pourquoi il aimait sa faction et pourquoi il était resté. Il me parla d'Archi et de Nico, aussi, amis depuis l'enfance. Soudain une brise me souffla au visage et je me rendis enfin compte que nous étions dehors.

Dehors. Ça semblait si loin. Je lâchais sa main et respirais à plein poumon l'oxygène autour de moi. Je ne pouvais pas vivre enfermer. Et ce qui se passait dans les profondeurs de ces bâtiments m'apparaissaient comme une prison. La question était de savoir comment m'en sortir.

- Tu sais ce que sont les divergents ? me posa-t-il.

Tout mon corps se tendit et mon cœur se mit à battre plus fort. Divergent, ce mot avait quitté mon vocabulaire depuis le début de l'initiation, je l'avais tout simplement oublié. Pourtant il me concernait plus que tout. Comment avais-je pu oublier ce que j'étais ?

Je me tournais vers Zack avec un air inquiet.

- Bien sûr, répondis-je.

- Mon père est un genre de « chasseur » de divergent. En ce moment il n'est pas là, il traîne du côté des sans-faction pour en dégoter quelques-uns.

- Et alors ?

- C'est quoi ton avis là-dessus ?

- Zack, soupirais-je. On ne doit pas discuter de ça.

- Pourquoi ? Rien ne nous l'interdit. Et puis les Erudits peuvent affirmer ce qu'ils veulent, nous avons encore le droit d'exprimer notre avis. Et je me disais qu'en tant qu'ancienne altruiste, tu avais peut-être un avis.

- Que veux-tu que je te dise ? Que je ne crois pas un mot de ce que dit Jeanine Matthews parce qu'elle brime ma faction. Eh bien oui, je ne crois pas que les divergents soient un problème mais mon avis ne va pas plus loin. T'es content ! m'énervais-je.

- Je suis d'accord avec toi, rit-il. C'est vraiment marrant de te voir en colère.

Il continua de me promener à travers le labyrinthe de la faction jusqu'à ce que je me rende compte qu'on arrivait au salon de tatouage. Je le regardais bizarrement mais il m'assura que c'était pour lui.

- A ton avis, « je suis amoureux d'Ivy North », ça m'irait bien dans le cou ?

- Tu n'as pas intérêt ! grimaçais-je.

- T'as raison, mon père va me renier si je fais ce truc aussi fraternel.

- Fais-toi un bon truc viril, raillais-je.

Nous feuilletâmes les albums à la recherche d'une bonne idée, d'un coup de cœur. Je devais avouer que les tatoueurs Audacieux étaient doués, leurs dessins étaient de qualité. Après bien des recherches, Zack opta pour un scorpion sur son avant-bras gauche. Je grimaçais en voyant l'animal mais restait muette, c'était son choix.

- Voilà mon tatouage bien viril, t'en dis quoi Tori ?

- Que tu vas t'en mordre les doigts.

La tatoueuse m'adressa un sourire et s'empara de ses outils. Sans que je comprenne pourquoi il me prit la main. Plusieurs minutes après que Tori est commencé je sentis qu'il serrait ma main et quand je levais les yeux sur son visage je le vis tendu.

- Tu es douillet, ris-je. Ce n'est pas possible !

Je me mis à rire de plus belle. Zack l'Audacieux était sensible. Tori se mit à rire aussi en disant qu'elle gardait le secret depuis plusieurs années. La pauvre victime serrait les dents et nous intimait de nous taire. Sentant un regard dans mon dos je me retournais. April, Sevy et Tomas se tenaient dans l'entrée du salon de tatouage et ils m'observaient. Que devaient-ils penser ? Je ne voulais jamais les accompagner et voilà qu'ils me trouvaient avec un natif. April me sourit et s'éloigna, suivit de Tomas. Mais Sevy continua de me fixer avec ses yeux verts déçu. Que pouvait-il pas se passer dans la tête de ma sœur ?

- Tu n'as pas à lui consacrer ta vie, lâcha Zack essoufflé.

Je me retournais vers lui et le remerciais d'un regard. Il ne pouvait pas savoir et il ne devrait jamais savoir qu'il avait tort en affirmant cela.

Ma jumelle savait comment me faire mal. M'ignorer était la meilleure des façons de me faire culpabiliser. Dire que plusieurs heures avant je lui en voulais. A présent c'était envolé, la culpabilité me rongeait. J'avais l'impression de l'avoir trahi mais je ne saurais expliquer pourquoi. Zack me proposa de manger avec ses amis mais je préférais rester avec mes camarades. Ce n'était pas le moment de desserrer les liens. Le soir, le sommeil ne vint pas. Je redoutais déjà la nuit d'insomnie. Au milieu de la nuit, Sevy disparut mais je ne la suivis toujours pas. Ma sœur menait sa propre vie et pour l'instant je n'y avais pas ma place.


Vous êtes arrivés à la fin du chapitre. Félicitation. Si votre curiosité n'est pas rassasiée, veuillez patienter la suite arrive dans la semaine qui suit. A la revoyure !