CHAPITRE 20

Blablazone : Quel plaisir de vous retrouver pour ce nouveau chapitre ! En route pour les simulations d'Ivy, j'espère que ça vous plaira. Ce qui amène une question, si vous étiez en simulation, citez-moi une de vos peurs.

On se retrouve la semaine prochaine ! A bientôt et bonne lecture !

Réponses review :

Momo : Coucou ! Je suis très contente de t'avoir touchée par certains passages. Un pas de plus dans le mystère Sevy ! Je n'avais jamais fait le rapprochement mais oui Sarine est assez proche de Myra dans un sens. Bon chapitre et bonne lecture !

CourtneyAckles : Salut ! Contente que l'épreuve t'es plu. Et oui, on reverra Hervé et Sarine. Bonne lecture !


Rien qu'un instant l'espoir était né dans mon cœur. Enfin nous avions terminé les combats et je m'en rendais compte seulement maintenant, au lendemain des résultats. Certains avaient la gueule de bois dû à la soirée de la veille. Vénéneuse portait bien son nom. Plus de combat, c'était une libération. Mais ce qui nous attendait était pire. Souffrir physiquement était une chose surmontable car notre corps finissait par se soigner. Souffrir mentalement était une toute autre chose, bien plus dur que la souffrance physique. L'épreuve qui allait juger de notre mental serait difficilement soignable parce que c'était nouveau et que nous ne savions pas comment la gérer. Ce qu'ils nous faisaient était quasiment une torture, de quoi devenir fou.

Quatre était venu nous lever plus tard que d'habitude et il nous avait laissé un peu plus de temps pour nous préparer et le rejoindre devant de nouvelles salles. Sevy était câline ce matin, elle me prenait dans ses bras, serrait ma main ou elle me touchait l'épaule. Ma sœur était adorable ainsi. April avait encore du mal à se remettre de sa cuite. Tris lui déposa discrètement une aspirine. Nous étions encore embrumés par le sommeil et nous réfléchissions à ce qui allait nous arriver.

Sarine n'était plus là. La douce Sarine. Elle me manquait déjà. J'avais pris l'habitude de la surveiller du coin de l'œil. J'espérais qu'ils étaient tous arrivées sain et sauf et qu'on s'occuperait bien d'eux.

- Tu as dansé avec Zack hier, ça veut dire que vous êtes ensemble ? me lança Sora.

- Non, répondis-je.

Et là je me souvins de la veille et de ma sœur embrassant Éric. Je jetais un coup d'œil à Sevy et croisait son regard amusé à mon égard.

- Je savais qu'il te plaisait ! s'exclama ma sœur. Qu'est-ce que tu attends ?

- La fin de l'initiation. Et toi quelqu'un ?

Ma sœur se tendit mais secoua la tête avec un sourire crispé. Je posais ensuite la question à Sora, histoire de ne pas éveiller les soupçons. J'allais la poser à April mais je me ravisais en la voyant se tenir la tête. Tomas était près d'elle en train de la soutenir. Tous les deux allaient bien ensemble et ils finiraient par s'en rendre compte.

Nous avons suivi les natifs vers les nouvelles salles. Quatre nous attendait devant trois portes. Il tenait un calepin et nous jetait des petits regards. Les natifs paraissaient aussi perdus que nous. Soudain Éric sortit d'une des salles et Tris de l'autre.

- Vous voilà treize mais à la fin il n'en restera plus que dix. Pour cela vous allez commencer les épreuves de simulation. Pour faire simple vous allez être confronté à vos peurs les plus terribles, nous expliqua Quatre. Vous serez appelé au fur et à mesure. Rita tu passes avec moi.

- Nico, appela Tris.

- Cherry, appela Éric.

Ils disparurent derrière les portes et nous laissèrent plein de question. Affronter ses peurs, qu'est-ce que cela signifiait vraiment ? Pendant que nous attendions, j'essayais de lister mes peurs. Mais je ne trouvais rien, ma tête était vide et cela m'agaçait. Les trois premiers sortirent et leur teint pâle n'avait rien de rassurant. Chancelants, ils passèrent entre nous sans nous voir. On se concerta tous du regard sans comprendre. April paraissait s'être remise d'un coup. Sevy fut appelée par Éric et je les suivis des yeux. Donc ils étaient ensemble ? Depuis combien de temps ? Réfléchir à Éric et ma sœur se révélait plus simple. Cela expliquait-il les escapades nocturnes de ma sœur ? Voilà pourquoi elle rentrait toujours à l'heure, Éric devait surveiller qu'elle rentre bien pour ne pas se faire prendre.

- Tu es inquiète ?

Zack me surprit. Je lui souris et haussais des épaules.

- Et toi ?

- Je suis curieux de voir ce que ça va donner.

- Je ne suis pas sûre que je veuille affronter mes peurs, avouais-je.

- Il faut que tu prennes ça comme une épreuve comme une autre.

- Je voulais ajouter quelque chose mais ma sœur sortit et elle paraissait bouleversée.

- Sevy, l'appelais-je.

Elle refusa de croiser mon regard et secoua la tête. J'essayais de l'approcher mais elle se recula de moi comme si j'allais lui faire du mal. Ensuite passèrent, Sora, April et Tomas. J'étais le seul transfert restant. La tension commençait à monter. Les séances étaient longues et lorsque les autres ressortaient ils ressemblaient à des zombies, comme s'ils sortaient du monde des cauchemars. Les peurs pouvaient peut-être s'apparenter à des cauchemars après tout. Je me mis à mordiller mon index. Je redoutais mon passage et je redoutais encore plus de passer avec Éric. Enfin trois autres natifs passèrent dont Zack et je me retrouvais seule. C'était étrange de se retrouver seule et de ne pas le vouloir. Je guettais les bruits ambiants mais le silence était partout. Mon regard était rivé sur les portes. Bientôt Zack sortit, livide, Éric à sa suite. Il passa près de moi sans m'adresser un regard.

- Zack.

Je ne voulais pas qu'il me rejette comme l'avait fait ma sœur mais j'avais compris que je ne devais pas le toucher. Je me relevais pour être à sa hauteur et je le détaillais inquiète.

- C'était dur, murmura-t-il. Je ne m'attendais pas à ça, rit-il jaune.

- Il t'a fait du mal ? demandais-je d'une voix dure.

- Bien sûr que non.

- Qu'est-ce qu'il y a alors ?

- Tu verras par toi-même. Bonne chance Ivy.

Son encouragement me fit froid dans le dos. A présent j'arpentais le couloir en faisant les cent pas. Si j'attendais une minute de plus j'allais devenir folle. Je fus exaucée lorsque Quatre et Tris sortirent. Mais je regrettais bien vite mon souhait. Archibald se faisait tout petit et il s'éclipsa la tête baissée. Son camarade n'en menait pas large non plus. A présent je regardais Quatre et Tris, attendant mon tour, au moins j'allais passer avec l'un des deux. Tris me fit signe de venir avec un sourire. Mon souffle se relâcha légèrement. Elle ferma la porte et on se retrouva dans une petite salle sans fenêtre. Au centre se trouvait un siège semblable à celui du test d'aptitude, ainsi qu'une machine avec un écran.

- Donc tu vas t'installer sur le fauteuil et je vais placer des électrodes sur ton crâne. Ainsi je pourrais suivre ta simulation depuis mon écran.

Tendue je pris place. Lorsqu'elle sortit une seringue je me reculais.

- Du calme Ivy. Le sérum que je vais t'injecter ressemble à celui du test d'aptitude, il est juste plus puissant. N'oublie pas Ivy, rien n'est réel, c'est une simulation. Pour passer à ta peur suivante il faut que les battements de ton cœur ralentissent.

- D'accord, croassais-je.

Je ressentis une légère piqûre dans le cou et je sombrais. Lorsque j'ouvris les yeux, je me trouvais dans une salle sans fenêtre et la seule lumière était une simple ampoule au bout d'un fil. J'étais attachée à une chaise et devant moi se trouvait une simple table avec une bassine d'eau. Dans quelle faction je me trouvais ? Tout me paraissait réel. Le grésillement de l'ampoule, les cordes autour de mes poignets. Soudain une porte s'ouvrit et un homme entra. Un audacieux sans visage. Lorsqu'il parla mon cœur se mit à battre plus fort.

- Qu'est-ce que tu es ? cria-t-il.

- Comment ?

- Qu'est-ce que tu es ? répéta-t-il en criant.

- Une audacieuse, répondis-je comme une évidence.

- Menteuse ! rugit-il.

Et sans que je comprenne comment il plongea ma tête dans l'eau et la maintint. Je me débâtis, tapai des pieds, je savais que l'air viendrait à me manquer. Enfin il ressortit ma tête et je pris une longue inspiration.

- Qu'est-ce que tu es ?

- Une audacieuse.

- Menteuse.

Nouveau tour sur l'eau, plus longtemps. A moitié noyé, il ressortit ma tête. J'avais froid et je cherchais désespérément l'oxygène.

- Qu'est-ce que tu es ?

- Altruiste, je criai difficilement. Je suis une altruiste.

Il se tut et quelques minutes passèrent. Quand sa main se posa à nouveau sur ma tête je sus que ce n'était pas la réponse qu'il voulait. Je mis à paniquer en sentant mon souffle m'abandonner.

Rien n'est réel.

Cette phrase me revint en tête. Rien n'était réel. Il fallait que je calme les battements de mon cœur mais j'étais perdue. Mon instinct de survie luttait pour ne pas que je meure noyée. Je me concentrais sur un autre point, les cordes. Je tirais dessus en imaginant qu'elles cèderaient. Et se fut ce qu'il se passa. Une fois mes mains libres, je pris appuis sur la table et fit peser mon poids vers l'arrière déstabilisant mon ennemi. Je me relevais, prête à me défendre mais le décor avait changé.

Je me trouvais dans le quartier des altruistes. Mais il n'y avait personne. Je me mis à courir dans les maisons afin de trouver quelqu'un. J'avais l'impression qu'un danger planait au-dessus de moi. J'ignorais depuis combien de temps je courais mais je n'avais trouvé personne. Je décidais de courir vers les autres factions. Mais où que j'allais il n'y avait personne. J'étais seule. Essoufflée et désespérée je me laissais tomber à genou et un sanglot m'échappa. J'étais seule. Seule. Seule. Un long cri m'échappa. Non c'était impossible. Soudain une petite fille s'approcha de moi. Elle posa sa main sur mon épaule et me sourit. Cette petite fille c'était ma sœur, je la reconnaissais à cause de ses genoux écorchés. Je n'étais pas seule, ma sœur était là avec moi, tout le temps.

- Sevy, l'appelais-je.

Je la pris dans mes bras et respirait sa douce odeur d'enfant. A nouveau le décor changea. Je me trouvais dans la Ruche, la même que le jour de la Cérémonie du choix. La salle était vide. Je me sentis sourire lorsque je vis mes parents au loin. Ils me firent un signe de la main avant de me tourner le dos et de s'éloigner.

- Attendez-moi !

Je courus vers eux mais j'avais beau avancer je n'arrivais pas à les atteindre.

- Attendez-moi, suppliais-je.

Je tendis la main vers eux mais ils continuaient de s'éloigner.

- Je ne veux pas vous perdre. S'il vous plaît.

Fermant les yeux, j'essayais de contrôler les battements de mon cœur. Je dus réussir car une autre peur apparut. Des bras puissants d'audacieux me retenaient.

- Ivy !

Ma sœur m'appelait. Je relevais la tête et je vis Sevy blessée, cramponnée à mes mains. Soudain des Audacieux s'emparèrent d'elle et l'éloignèrent de moi.

- Non ! Non ! Sevy !

Je me débattis mais leur poigne était trop forte. Sevy. Il fallait que je les empêche de lui faire du mal. Soudain l'un des soldats me donna un coup de poing et je fus quelques instants sonnés. Ces quelques secondes leur suffirent à pousser Sevy par terre et à pointer une arme sur sa tête. Je me mis à pleurer et à crier. Mais Sevy, en véritable audacieuse, releva dignement la tête et les toisa du regard.

- Non, pitié, non, répétais-je inlassablement. Pas ça ! Pas ça !

Sevy tourna son regard vers moi et me sourit. L'audacieux choisit ce moment pour lui tirer une balle dans la tête. Le corps de ma sœur tomba, son regard toujours sur moi. Ma sœur était morte devant mes yeux et je n'avais rien pu faire. Je devais la protéger et j'avais échouer. Sevy était morte et je n'avais rien fait. Je me mis à crier mon chagrin et soudain tout devint noir.

- Ivy ! Ivy !

Je reconnaissais cette voix, celle de Tris. J'ouvris les yeux mais je continuais de crier. Tris me maintenait fermement mais je lui donnais un coup de poing dans la joue et elle me lâcha, surprise. Je descendis du siège, arrachant les électrodes puis j'allais m'accroupir dans un coin. Mes cris avaient cessé mais je continuais de gémir ma souffrance, les mains sur le dessus de ma tête. Je me balançais d'avant en arrière, espérant me calmer.

- Ivy, tout va bien, tenta de ma rassurer Tris.

Elle s'accroupit face à moi et avança une main qu'elle recula.

- Ils l'ont tué ! m'écriais-je. Ils l'ont tué et je n'ai rien pu faire. Je les ai laissé faire !

- Ce n'était qu'une simulation Ivy.

- Sevy est morte !

- Rien n'était réel, me lança durement Tris.

- Menteuse ! Je l'ai vu mourir, je l'ai vu avec une balle dans la tête, sanglotais-je.

Quatre entra à ce même moment et il nous regarda bizarrement.

- Va chercher sa sœur, lui ordonna Tris.

Mais je n'attendais rien. Le regard mort de ma sœur me hantait. Quelques minutes plus tard, je n'étais pas calmée et la porte s'ouvrit à nouveau. L'odeur de ma sœur me chatouilla les narines et je sentis son étreinte autour de moi.

- C'est moi Ivy, tout va bien.

Je serrais ma sœur contre moi le plus fort possible, je voulais m'assurer que je n'étais pas encore dans une simulation et qu'on n'allait pas me l'enlever.

- Tu es là, murmurais-je.

- Oui. Bel et bien là.

Ma sœur se recula et essuya mes larmes. Puis elle se recula, les bras autour de son ventre comme pour se protéger.

- Sevy, je dois parler avec ta sœur, peux-tu nous laisser ? décida Tris.

- Oui. J'attends de l'autre côté.

- Je viens avec toi, proposa Quatre.

Lorsque la porte se referma à nouveau, je toisais Tris méfiante.

- Qu'est-ce que c'était ? demandais-je.

- Une simulation, rien qu'une simulation, sourit-elle tristement.

- Ce sont mes peurs ?

- Oui.

- Ivy, as ton avis, combien as-tu de peur ?

- J'étais occupée à autre chose qu'à compter mes peurs ! répliquais-je sèchement.

- Je sais.

- Combien du coup ?

- Quatre.

- Comment ça quatre ?

- Ivy, ton paysage des peurs ne contient que quatre peurs. C'est insensé. Le seul qui a fait ce résultat c'est Quatre.

- D'où son surnom, raillais-je.

- Il n'y a pas que ça Ivy.

- Quoi donc ? posais-je la gorge serrée.

- As-tu conscience que tu es divergente Ivy ? Tu as manipulé tes peurs.

- Quand ?

- Les cordes dont tu te libère, la petite fille qui apparaît…

- Ça ne veut rien dire. Ça ne concernait que deux peurs. Pour les autres je n'ai rien pu faire.

Mon cœur battait vite, trop vite. Tris venait de m'annoncer de but en blanc qu'elle savait que j'étais divergente. J'allais mourir, elle allait me dénoncer et les Erudits se serviraient de moi comme cobaye.

- Je vais t'aider.

- Pardon ?

- Je suis pareil, me rassura-t-elle. Je vais t'aider comme m'a aidé Quatre. Je vais t'apprendre à ne pas avoir recours à la création dans une simulation mais à te comporter comme une audacieuse.

- Je ne veux pas y retourner !

- Tu n'as pas le choix. Le but de l'épreuve est de vaincre vos peurs. Cette épreuve se termine devant les érudits et les leaders audacieux. Ils t'observeront surmonter chacune de tes peurs et tu ne dois pas te trahir.

- Mais…

- Nous verrons ça demain. Va rejoindre tes camarades et repose-toi.

Vacillante je me relevais et rejoignis Sevy. Elle me prit la main tout en maintenant un bras sur son ventre. Nous étions déjà le soir et je n'avais pas vu la journée passer. Tout ce que je voulais c'était me coucher, m'endormir et surtout ne pas rêver. Je redoutais déjà le lendemain.


Hey ! Voici la non-fin de l'histoire, juste une fin de chapitre. La patience est de mise jusqu'au prochain mais rien ne vous empêche d'imaginer… See you soon !