CHAPITRE 23
Blablazone : Avez-vous déjà entendu une salade chanter ? Non ? Moi non plus figurez-vous ! Par contre j'ai déjà entendu une carotte raper !
Ce genre de blague me fait rire même si certains diront que c'est nul. C'était pour changer et j'espère que ça vous aura au moins tiré un sourire ! :D A la semaine prochaine !
Réponses review :
Momo : Hello ! Continue de parler beaucoup alors ! Parle, parle ! Alléluia ! Ai-je bien lu ? Tu ne soupçonnes plus Zack, il est tiré d'affaire ?! Youpi ! Je suis contente que le chapitre t'es plu. Je pense que les simulations font partie des choses que j'ai préféré écrire. Je te souhaite une bonne lecture ! A bientôt !
CourtneyAckles : Hey ! Oui là c'est clair et net, les doutes d'Ivy sont balayés pour sa sœur et Éric. Je ne peux que te pousser à revoir Hunger Games. Et Labyrinthe c'est vrai que c'est bien aussi ! Ok je prends notes mais en une semaine j'ai bien avancé sur GOT, et bon sang mais ce final de saison 1 (ouin !). Aller bonne lecture et bonne journée !
Un jour lorsque je me rendais à l'école, j'avais croisé une vieille fraternelle. Elle était tombée devant moi et je l'avais aidé à se relever. Lorsque qu'elle fut à nouveau debout, elle me déposa deux sucettes dans la main et me remercia. Puis elle tourna au coin de la rue et quelques minutes après j'avais vu des vieux Audacieux courir dans la même direction qu'elle. Était-elle divergente ? Depuis quand notre système menait-il des chasses à l'homme ? Au lieu de comprendre le problème, nous cherchions à l'anéantir. Le système des factions avait été mis en place pour instaurer la paix. Où en étions-nous dans cette paix ?
- Debout !
Ma sœur me cria dans l'oreille puis se mit à rire. Le temps que je descende de la couchette, elle était sous la douche. Je m'étirais et frottais mes yeux. Une nuit d'insomnie venait de s'ajouter à mes bagages. Une nuit pleine de réflexion. Etrange de savoir que la nuit, je n'arrivais pas à calmer mon esprit. J'avais essayé de méditer mais je dérivais toujours. Et pourtant j'avais besoin de sommeil. Aujourd'hui ce manque se faisait ressentir plus puissamment. Je restais un quart d'heure sous la douche, jusqu'à ce que Sora passe à côté de moi et me demande si j'en avais encore pour longtemps. A table je me servis le strict nécessaire et mangeais à peine. En plus de ne pas vouloir dormir, j'arrêtais de manger, encore une fois. Je sentis Zack m'observer et discrètement il me tendit une barre céréale. Pour le rassurer je la mangeais en entier bien que mon estomac n'accepte plus rien. Quelques minutes après que je fus venue à bout de cette barre, Sevy fit glisser un fruit vers moi. Encore une fois je m'appliquais à la manger, ignorant cette envie de vomir.
J'avais échappé à la noyade mais à présent j'avais l'impression que ça faisait une éternité que je me trouvais dans le Chicago désert. Mon esprit trop préoccupé ne me permettait pas de calmer mon rythme cardiaque pour passer à ma peur suivante. J'ignorais la métaphore derrière cette ville déserte et je me retenais de toute mes forces pour ne pas faire apparaître un visage connu. J'avais traversé la ville en long en large et en travers et encore une fois je me retrouvais dans le quartier des Altruistes. Ma maison était telle que dans mon souvenir. Vide et épurée, elle me procurait de la sérénité. Finalement je m'agenouillais au milieu du salon et fermant les yeux, je cherchais à me calmer. Je me sentis tomber de sommeil. Ma tête cogna contre un des sièges des gradins, j'avais conscience d'avoir changé de peur. Je luttais pour ouvrir les yeux, me relever, regarder mes parents partir et les quitter à mon tour. La dernière peur était toujours la plus difficile parce que c'était elle qui mutilait le plus mon esprit. Cette fois-ci la fatigue se faisait ressentir dans la simulation. Je n'eus pas le temps de sauver Sevy et on me tira une balle dans la tête.
Je me réveillais le corps endolori, la vue rendue floue par mes larmes. Tris se pencha au-dessus de moi mais je la repoussais. J'avais besoin de respirer, de me calmer.
- Il faut que tu sois plus réactive. Un Audacieux est toujours aux aguets.
Je lui fis signe que j'avais compris et je quittais la salle. Pour une fois je n'étais pas passé la dernière. Les autres me regardaient comme s'ils cherchaient du réconfort dans mon état. Je jetais un rapide coup d'œil au tableau, j'étais toujours à la même place, même nombre de peur, même temps. Chancelante je réussis à rejoindre l'infirmerie. Quoique je m'effondrais à moitié sur la porte en l'ouvrant. Ray me jeta un regard suspicieux puis en me reconnaissant, il se détendit. Je ne savais pas s'il avait compris mais en tout cas il ne me posa aucune question. Pas même quand je m'allongeais sur l'un des lits et que je fermais les yeux. Je voulais dormir et j'avais assez confiance en Ray pour savoir qu'avec lui il ne m'arriverait rien.
Des personnes s'agitaient autour de moi ce qui me réveilla. Ma sieste avait été réparatrice et je me sentais mieux. Secouant la tête pour chasser les brumes de sommeil, je regardais sans comprendre un homme tenant sa jambe ensanglantée et où dépassait un morceau de tuyau. Ces gémissements de souffrance me faisaient mal au cœur et il était à deux doigt de perdre conscience.
- Aide-moi au lieu de le fixer ! tonna Ray.
Je quittais le lit pour aller le rejoindre. Attentive, j'obéissais au moindre ordre de Ray. Il savait ce qu'il faisait et j'en prenais conscience seulement maintenant. Finalement on réussit à retirer le tuyau et à « reboucher » la blessure. Les mains pleines de sang, nous échangeâmes un sourire.
- C'est du bon boulot très chère. Désires-tu dormir encore un peu ?
- Non. Je vais rejoindre les autres.
- A la prochaine.
Un peu reposée, je traversais les différents couloirs à la recherche de ma sœur. Dans ma précipitation, je rentrais dans quelqu'un et des feuilles se mirent à voler autour de moi. Mes excuses moururent dans ma gorge lorsque je vis que c'était Éric. Il allait crier mais en me voyant il se ravisa tout en gardant son regard méprisant à mon égard. En quelques gestes, je ramassais ses papiers et lui tendit. Il ne me remercia pas et passa son chemin. J'entendais mon cœur cogner, je venais d'éviter la catastrophe. Ma jumelle se trouvait en compagnie d'April dans la Fosse. Elles m'accueillirent avec des cris de joie en me voyant.
- Où avais-tu disparu ? s'enquit April.
- Nulle part.
- On a tous besoin de solitude après les simulations, me soutint ma sœur.
- La solitude n'a pas que du bon, grimaça April. Je me souviens que quelques mois avant le Cérémonie du choix, un Sincère s'est suicidé.
- Pourquoi ? s'étonna Sevy.
- Tu sais devoir toujours dire la vérité, cela n'a pas que du bon. Pendant l'initiation sincère on t'oblige à révéler tous tes secrets devant tout le monde. C'est humiliant mais la faction considère que c'est un moyen de se laver, les plus radicaux parlent de « purification ».
- Est-ce pour ça que tu es partie ? demandais-je.
- Oui. Je pense que nous ne pouvons pas tout dire. Nous mentons tous un jour et ça ne fait pas forcément défaut à autrui. Et vous pourquoi avoir quitté les Altruistes ?
- Je ne l'étais pas vraiment, avoua ma sœur. Renoncer à m'occuper de moi pour me consacrer aux autres, je ne pouvais pas m'imaginer faire ça toute ma vie. Je suis une égoïste, finit-elle.
- Ce n'est pas vrai, répliquais-je.
- Si, insista-t-elle. Je préfère me consacrer du temps.
Ma sœur me sourit tendrement. Au moins elle n'était pas prise de remord. Puis April se tourna vers moi, c'était à moi de répondre. Sauf que je ne voulais pas. Je n'avais aucune explication valable. Rien de rien. La vérité était que je voulais rester chez les Altruistes, que je me retrouvais chez les Audacieux parce que ma sœur avait besoin de moi. Mais je ne pouvais pas le dire à voix haute car cela serait avouer que j'avais tourné le dos à un principe fondamental de notre société « la faction avant les liens du sang ». Je cherchais Sevy du regard pour qu'elle me vienne en aide. Mais ma sœur fuyait, détournant la tête. Pourtant elle le savait. Tendue, je cherchais quoi dire, même si je ne voulais pas mentir. Et un miracle se produisit, Zack arriva, coupant la conversation. Je lui en serai à jamais reconnaissante. Après lui arrivèrent les autres et bientôt notre conversation tomba aux oubliettes. Tandis que nous décidions d'aller manger, je me rapprochais de Zack et rapidement je le pris dans mes bras, le relâchant aussitôt. Les Altruistes n'avaient pour habitude de se toucher et je sentis mes joues devenir rouge.
- En quel honneur ? rit-il.
- Tu m'as sauvé d'un sujet gênant.
- A ton service ! Je vais le faire plus souvent si ce n'est que comme ça que je peux avoir des câlins. La prochaine fois un baiser ?
- Il n'y aura pas de prochaine fois.
- Avoue, tu en pinces un peu pour moi.
- Tu te trompes, mentis-je.
Bien entendu que je l'appréciais. Je n'avais jamais aimé donc je n'étais pas sûre de mes sentiments mais j'étais prête à essayer avec lui.
- Nous verrons ça bientôt ! sourit-il vainqueur.
A peine furent nous assis que Sora débarqua en trombe, livide. D'une voix chevrotante elle annonça quelque chose mais nous étions trop loin pour l'entendre. Rageur, Éric se plaça devant elle, la dominant. Apeurée, Sora répéta une nouvelle fois. Éric lâcha un juron et l'agrippant par le bras il se mit à courir. Tous les Audacieux présents sortirent en courant à la suite du leader et je ne faisais pas exception. Nous nous arrêtâmes à la fosse et un cri de chagrin déchira le silence. Une femme était pendue depuis la passerelle d'en haut. Son cadavre se balançait dans le vide et ses yeux toujours ouverts paraissait fixer chacun d'entre nous.
Un inconnu décharné qui débarquait dont ne sais où. Et maintenant une audacieuse pendue. Personne ne se posait donc de question ici ?
Une première depuis que j'étais ici mais Max, l'un des leaders les plus âgés, nous ordonna de quitter la Fosse. A regret les membres obéirent mais ils jetaient fréquemment des regards vers la pendue. Ray venait de remonter le corps et je n'avais pas bougé. La mort ne m'avait jamais fait peur, je l'avais affronté, jeune.
- Ivy, retourne à ton dortoir, me lança Tris.
- Tu la connaissais ?
- Oui.
- Elle ne s'est pas vraiment suicidée ? chuchotais-je.
- Ne cherche pas le complot là où il n'y en a pas.
Elle me poussa légèrement et je rejoignis les autres dans le couloir. Ils étaient en train de consoler Sora. La pauvre était tombée sur le corps en se rendant à la cantine. Et apparemment c'était la première fois qu'elle voyait un mort.
A force de réfléchir, j'allais devenir folle. Mais le suicide de l'Audacieuse me trottait dans la tête parce que d'une manière ou d'une autre j'étais persuadée que ça n'en était pas un. Sora avait été inconsolable et le chagrin avait eu raison de son éveil. C'était la première fois que nous nous couchions aussi tôt. Cet évènement nous avait bouleversé sans qu'on en eu conscience. La mort pouvait réveiller de vieux souvenirs et notre système ne nous protégeait pas du passé.
Agitée, je quittais le dortoir avec une destination bien précise. Ray était toujours là, à moitié endormi, une cigarette encore éteinte entre les doigts. En entendant la porte se fermer il se réveilla en sursaut. Quelques secondes lui suffirent pour reprendre ses esprits et un fin sourire flotta sur son visage, comme s'il avait prévu que je viendrais.
- Tu ne peux plus te passer de moi ou du lieu ? plaisanta-t-il.
- Aucun. Je voulais savoir, elle est morte de quoi ?
- Tu te moques de moi ? Suicide ma chère, son cou s'est rompu.
- Et tu n'as rien trouvé d'autres ?
- Comme ?
- Des traces de lutte, d'autres blessures.
Ray se leva et réhaussa ses lunettes sur son nez. Ses yeux brillaient d'une lueur d'irritation.
- Je ne sais pas ce que tu cherches à me faire dire ou ce que tu penses deviner mais je pense que tu te montes la tête. Si ça peut te consoler, les Érudits récupèrent son corps demain. Déguerpi maintenant, la boutique ferme.
- Pourquoi récupèrent-t-ils le corps ?
- Sa famille l'a demandé. Elle était issue des Érudits.
- Depuis quand les familles demandent-elle le corps de leur enfant d'une autre faction ?
- Tu me poses une colle. Mais à mon avis, ses parents sont des hauts placés. Maintenant ouste jeune curieuse !
Son irritation avait laissé place à de l'amusement.
- Va dormir, me glissa-t-il en tournant des talons.
Il n'avait pas répondu à mes questions. C'était vrai, je cherchais encore la petite bête là où il n'y en avait peut-être pas. Mais pourquoi se suicider maintenant ? Pourquoi à la vue de tout le monde ? Il y avait le gouffre pour ça. Alors pourquoi choisir la pendaison ? J'avais l'impression qu'il me manquait un élément. Et j'étais persuadée que cette femme ne voulait pas mourir. Je marchais encore un peu, me cachant dans les recoins quand je croisais des membres. C'était étrange de se balader dans la faction de nuit, car même là, rien n'était silencieux. Il y avait toujours une ou deux personnes occupées à je-ne-sais quoi. Bientôt je passais près de Vénéneuse, le fameux bar. Le vacarme était assourdissant. Des gens entraient et sortaient comme s'ils ne dormaient jamais. Je restais devant la porte plusieurs minutes avant de me décider à passer mon chemin. Je n'avais rien à faire dans un bar. Quelque chose me poussa quand même à me retourner une deuxième fois et ce que je vis me glaça. Une femme dans les bras d'Éric. Vu leur proximité elle n'était pas qu'une amie. Ma sœur était-elle au courant ? Voulait-elle vraiment devenir une femme trompée ? La savoir amoureuse d'Éric ne me rassurait pas. J'avais peur qu'elle s'engage dans une relation destructrice qui finirait par la briser. Pourtant je ne pourrais m'en mêler qu'après la fin de l'initiation, lorsque Sevy serait prête à tout me raconter.
- Bouh !
J'allais frapper mais on me bloqua le poignet. Zack avait l'air fier de son petit effet. Cet oiseau de nuit ne paraissait jamais fatigué et je l'enviais.
- Tu ne dors pas ? m'étonnais-je.
- C'est difficile après ce qu'on a vu. Puis je suis plutôt hanté lorsque je m'endors.
- Je comprends. Tu la connaissais ?
- Oui. C'était Rebecca. Elle était serveuse au bar Vénéneuse.
- Tu la trouvais comment ?
- Pas déprimé, me dit-il en baissant la tête. Mais on ne connaît pas réellement les gens, la preuve.
Dans un geste de consolation je le pris dans mes bras. Il ferma ses bras autour de moi et je sentis son souffle dans le creux de mon cou. Je sentis mes joues rougirent mais je ne rompis pas cette étreinte. Il en avait besoin.
- Qu'est-ce que vous faîtes là ? aboya quelqu'un. Ce n'est pas l'heure pour ça ! Allez vous coucher !
Quelques secondes m'ont suffi pour identifier la voix de Quatre. On se retourna vers lui et Zack prit ma main dans la sienne. Soudain quelque chose me frappa, une certaine lassitude dans le regard de mon instructeur. Il était tendu, accablé. Du bout des lèvres je m'excusais et on fila sans demander notre reste. J'abandonnais Zack sur le chemin et je rejoignis mon propre dortoir. Tout le monde dormait à poing fermé. Enfin peut-être pas tout le monde parce que Sevy bougeait. Je tendis l'oreille et j'entendis des petits couinements. En posant ma main sur son épaule, elle me retourna un regard baigné de larme. Me revint en mémoire Éric sortant du bar avec une autre femme.
- C'est…, commença-t-elle.
- Je sais, l'arrêtais-je. Je sais.
Hey ! Voici la non-fin de l'histoire, juste une fin de chapitre. La patience est de mise jusqu'au prochain mais rien ne vous empêche d'imaginer… See you soon !
