CHAPITRE 24
Blablazone : Bonsoir à tous ! C'est avec chaleur que je vous retrouve pour un nouveau chapitre ! J'espère que vous prendrez plaisir à le lire. Bonne lecture et n'oubliez pas, le sommeil c'est important. On se voit la semaine prochaine !
Réponses review :
Momo : Bonsoir ! Oh bah moi pour te dire, je suis en période de vacances mais je travaille quand même mais ça ne m'empêche pas d'être complètement déphasée, toujours à chercher quel jour on est. Pour le coup, j'ai presque oublié que je devais publier ce soir. Ah non ! Tu es lié par un contrat maintenant, tu ne peux pas quitter cette fic tant qu'elle n'est pas terminée, que Zack soit méchant ou non ( :p ). Je calme tes inquiétudes, Zack n'est pas un méchant, je ne suis pas sadique au point d'essayer de te convaincre que c'est quelqu'un de bien et après détruire tout tes espoirs. Non, non, laissons le gentil Zack. Ivy aime beaucoup, beaucoup, beaucoup Zack, il faut juste qu'elle ouvre les yeux.
Bonne lecture et à vendredi prochain !
CourtneyAckles : Bonsoir ! En fait Rebecca n'est pas morte pendue, son meurtre a été maquillé en suicide. Disons que c'est suggéré, je n'ai pas fait de scène où Sevy explique à Ivy pourquoi Éric lui cause de la peine. De même que le rapprochement Sevy/Éric tu ne le verras pas vraiment. En me basant sur le point de vue d'Ivy, ça m'oblige à me restreindre et à accepter ce qu'elle voit, en soi ça me limite. C'est-à-dire que comme elle n'aime pas Éric, elle pourrait choisir d'être aveugle au rapprochement entre sa sœur et Éric. Du coup c'est assez compliqué d'afficher la relation entre Sevy et Éric. Je te souhaite une bonne lecture et je te dis à bientôt !
Ps : désolée, j'ai vu que tu avais mis la suite « Aimer un Éric » et il faut à tout prix que je trouve le temps de le lire, je vais tenter de faire ça ce week-end !
J'avais passé la nuit à consoler ma sœur. Elle était tellement centrée sur Éric qu'elle en oubliait ses cauchemars. Dans un sens celui lui était bénéfique car elle irait affronter les simulations la tête claire. Le matin finit par arriver et les lumières s'allumèrent. Sevy avait encore les yeux gonflés d'avoir pleuré. Sora s'étira et après avoir affiché un air mélancolique, elle se donna des petites tapes sur les joue et se mit à sourire. J'admirais son courage et je lui souris en retour. Tomas réquisitionna la douche en mettant en avant qu'il était une minorité parmi nous. April se moqua de lui mais consentit à lui laisse un peu d'intimité.
Lorsque nous arrivâmes dans le réfectoire, les leaders réclamèrent le silence. Même si Rebecca s'était suicidée, elle avait le droit à une sorte de cérémonie d'adieu. Cette dernière aurait lieu dans la fosse à partir de cinq heures du soir et toute la faction y été convié. Ceux désirant s'exprimer était les bienvenues.
Le sentiment de chagrin planait sur toute la faction. Éric faisait passer les simulations aujourd'hui mais il paraissait ailleurs. Il jeta un rapide coup d'œil sur ma jumelle mais celle-ci l'ignora. Pas de chance, elle passait avec lui. Quatre avait encore l'air accablé et Tris n'en menait pas large non plus. J'ignorais quel âge avait Rebecca mais elle ne devait pas être très âgée et c'était une perte déplorable.
L'air chagriné d'Éric fit apparaître une pointe de doute. Jusque-là j'avais pensé que Rebecca avait été d'une quelconque manière assassinée, peut-être même parce qu'elle était divergente. Et dans cette hypothèse je criais haut et fort qu'il en était le commanditaire. Soit il jouait bien la comédie, soit il était sincère et alors je me trompais. Si j'avais eu plus de courage, j'aurais été lui demander en espérant qu'il se trahirait. Sauf que je préférais me tenir loin de lui.
Tris me sortit de mes pensées. Je la suivis et allais m'asseoir comme par habitude. Dans deux jours je passais mon test final et je devais fournir une prestation irréprochable.
- Tu connaissais Rebecca ?
Tris arrêta son geste, la seringue de sérum à quelques centimètres de mon cou.
- Oui, soupira-t-elle. Elle était plus vieille que moi mais j'avais appris à la connaître.
- Tu soupçonnais qu'elle ferait ça un jour ?
- Ivy ! gronda mon instructrice. Ne te mêle pas de ça. Ce genre de choses arrivent et on n'y peut rien. Ne va pas t'attirer des problèmes, je t'en supplie.
- C'est vrai que ses parents Érudits veulent récupérer son corps ? Pourquoi ?
- Comment sais-tu ça ?
- Peu importe.
- Je n'en sais rien. C'est un droit comme un autre. Je ne sais pas très bien comment cela fonctionne. C'est la première fois que je vois le rapatriement d'un corps.
- Et…
Avant que je ne puisse émettre la moindre phrase, elle m'enfonça l'aiguille dans la nuque. Rebecca était toujours présente dans mon esprit et je mis quelques secondes à me rendre compte que j'étais sous simulation. Ce n'est que quand la porte claqua que je repris pied dans la fausse réalité. L'Audacieux sans visage me criait de dessus. Il me traita de menteuse et cette fois je testais toutes les factions, même Sans-faction. Mais ça ne lui allait jamais. Las de jouer, j'utilisais la technique que j'avais perfectionné.
Quelques secondes ou minutes plus tard je me retrouvais dans un Chicago désert. C'était terrible de se sentir seul au monde. On avait l'impression de devenir fou. On se posait des questions qui n'avait pas de bon sens. Et je savais que plus je passais de temps dans cette peur, plus je perdrais ma réalité. Dans cette peur, je devais lutter pour ne pas me laisser submerger. Et tandis que je calmais les battements effrénés de mon cœur, je me répétais comme un mantra « c'est une simulation ».
Enfin je passais à la suivante. La moins traumatisante, même si elle faisait mal.
Puis la pire de toutes mes peurs, la mort de ma sœur. C'était celle qui me demandait le plus de volonté parce que les sensations que je ressentais étaient accrues. Une fois sur deux j'arrivais à délivrer ma sœur mais je finissais par me prendre une balle. C'était ma peur la moins aboutie. Celle que je n'arriverais jamais à corriger réellement. Dans cette peur je n'avais qu'un objectif, sauver ma sœur.
Je me réveillais de la simulation avec l'impression d'avoir un trou dans la gorge (là où la balle m'avait traversé avant de me tuer). Je tâtais mon cou à la recherche d'une blessure mais je n'avais rien. Tris ne me regardait pas, elle était penchée sur un papier et hochais la tête.
- Demain séance en continu. Vous allez tous passer plusieurs fois afin de produire une prestation parfaite, m'expliqua-t-elle. Juste le temps de déjeuner et on recommence.
- C'est de la torture.
- C'est de l'entraînement, répliqua-t-elle.
- Pourquoi as-tu quitté les altruistes ? changeais-je de sujet.
- Je ne m'y sentais pas à ma place. J'ai toujours admiré les Audacieux. J'adore en être une.
- J'ai l'impression d'entendre Sevy, ris-je. Sauf qu'elle a un plus mauvais caractère que toi.
- Certainement, sourit Tris.
- Et Quatre ? Ça s'est fait tout seul ? C'est une sacrée coïncidence que deux Altruistes ayant rejoint les Audacieux se mettent ensemble.
- Pourtant il n'y a rien à comprendre. Ça s'est fait tout seul.
- Et de surcroît vous êtes tous les deux divergents, chuchotais-je.
- Évite de le crier sous tous les toits. Au suivant, cède ta place. Je vais finir par croire que tu y prends goût.
- Jamais !
Je sortis de la salle pas le moins traumatisée du monde. En vérité j'avais essayé d'avoir une conversation normale avec mon instructrice pour chasser les démons qui s'incrustaient en moi. J'en avais assez d'être triste et de toujours redouter le sommeil. Si je devais vivre parmi les Audacieux je voulais aussi des moments de joie, aussi éphémère soient-ils. Ma sœur était sortie depuis longtemps comme d'habitude elle ne voulait pas de moi. Alors que je m'éloignais, Zack me rejoignit en trottinant. Il sortait de sa séance avec Quatre et malgré son sourire il ne me trompait pas. Je le voyais tourner la tête derrière son épaule comme s'il s'attendait à voir quelque chose nous poursuivre.
- Où vas-tu ? demanda-t-il.
- Tu verras.
- C'est un mystère que tu ne peux pas dire à voix haute ?
- Ce n'est pas un mystère.
Et sur ces belles paroles, j'accélérais le pas. Il me suivit se tournant les neurones pour trouver où j'allais. Lorsqu'on approcha de l'infirmerie, il me jeta un drôle de regard. Je surpris même ses yeux me détailler comme s'il cherchait où j'étais blessée. Je passais la porte et saluais Ray puis j'allais m'allonger sur un lit du fond.
- Bonne nuit très chère, se moqua Ray.
- Sérieusement ? s'exclama Zack. Tu dors ici ?
- Oui. La demoiselle a besoin de sommeil et apparemment elle trouve ce lieu réconfortant, ricana l'infirmier. Drôle d'idée. Tu peux rester si tu le désires, mes lits sont à ta disposition.
- Non merci. Ivy je viendrais te chercher pour la cérémonie.
Je murmurais un vague oui me laissant emporter par les limbes du sommeil. Je retrouvais enfin les joies de dormir et je n'avais rien à craindre. Les simulations avaient le don de me fatiguer au plus haut point, si bien que je réfléchissais moins voire pas du tout ce qui me permettait de dormir. Sauf que la nuit le sommeil me fuyait. Bientôt moi aussi j'allais devenir un oiseau de nuit.
J'eus l'impression que je venais de m'endormir lorsque Ray me secoua sans délicatesse. C'était limite s'il ne me jetait pas du lit. Encore ensommeillé, je cherchais à comprendre ce qu'il me disait. Puis Rebecca me revint en pleine figure et mon cerveau recommença à tourner à plein régime. Adieu le moment de détente. Au même moment Zack entra, tenant sa promesse de venir me chercher.
La Fosse grouillait déjà de monde et ce fut avec difficulté que nous rejoignîmes le groupe d'initié. Je me glissais derrière ma sœur et lui prit la main. Elle s'y accrocha comme si j'étais sa bouée. Max commença un discours pour honorer la mémoire de Rebecca. Après lui passèrent plusieurs Audacieux, dont son compagnon. Étonnée, je vis Archi, Zack et Nico prendre la parole. Leur récit était touchant. Ils partagèrent avec nous quelques moments qu'ils avaient partagé avec Rebecca. Et ce que je compris c'était qu'elle avait fait figure de grande sœur.
Le silence était quelque chose d'étrange chez les Audacieux, presque irréel. Rebecca était bien plus importante que je ne le pensais et apparemment les autres pardonnaient son suicide.
- C'est quoi la solution ? lâcha April.
- De quoi parles-tu ? répliqua Rita.
- Quelqu'un est mort. Donc je suppose qu'on va nous demander un examen psychologique pour juger de notre état.
- Tu te trompes April, annonça Nico. Nous sommes des soldats et nous ne devons pas nous laisser toucher par des évènements de ce genre. Par an, on compte plusieurs morts par suicide dans notre faction. Souvent pendant la période d'initiation.
April le regarda interdite. Ne pas se laisser abattre mais c'était exactement le contraire que faisait les Audacieux. Et puis doucement les discussions reprirent, d'abord un chuchotement et au fur et à mesure de vraie discussion. Bientôt le silence disparu comme s'il n'avait jamais existé. La faction était passée à autre chose.
- Accompagne-moi au salon de tatouage, me glissa ma jumelle.
J'acceptais. Nous terminâmes de dîner puis nous nous dirigeâmes vers le salon. Tori était toujours là en train de nettoyer ses outils. Quand elle vit Sevy, elle se mit à sourire et arrêta son nettoyage.
- Il te reste de la place ? plaisanta la tatoueuse.
- Oui. Je voudrais le symbole audacieux sur le poignet droit, demanda Sevy.
- Quelque chose pour toi Ivy ?
- Non merci.
Sevy s'installa et de son autre main, elle enserra mes doigts. Je savais qu'elle n'avait pas mal mais il restait cette peur des aiguilles en elle.
- Ça t'aide à combattre ta peur ? lui demandais-je.
- Oui. C'est réel. Tu sais j'avais prévu de me faire le symbole audacieux après l'initiation mais j'ai besoin de me sentir audacieuse.
- Tu l'es Sevy. Tu l'as toujours été.
Le regard de ma sœur se perdit dans le vague. Quelques minutes plus tard nous sortîmes du salon. Ma sœur trépignait à l'idée d'aller nous enfermer dans le dortoir. Prise d'une soudaine impulsion je lui pris la main. Bientôt nous nous retrouvâmes sur le toit. L'air frais du soir caressa nos visages. Que c'était bon !
- J'ai l'impression d'avoir passé une éternité sans voir d'étoiles, sourit-elle. Ça fait un bien fou ! HÉ HO ! cria-t-elle.
Peureuse je posais mes mains sur sa bouche.
- Oh aller Ivy, lâche-toi, ça fait du bien.
- Je n'ai pas besoin de crier.
- Très bien.
Ma jumelle s'allongea sur le sol et me fit signe de la rejoindre. La position était inconfortable mais moi j'avais l'impression que ça faisait une éternité que je n'avais pas passé un moment pareil.
- On le fera toujours, dis-je prise de nostalgie. On s'accordera des moments, rien que toutes les deux.
- Oui, promit-elle. Tu te souviens quand on s'asseyait à la fenêtre pour regarder les étoiles ?
- Même que papa nous a pris en flagrant délit, ris-je.
- C'est vrai. Tu sais que je me plaisais chez nous. C'est juste qu'ici je me sens mieux. Les Altruistes ont beau dire mais ils jugent aussi.
- Tu te trompes.
- Vraiment ? Et quand ils me voyaient courir dans la rue ? Ou grimper aux arbres ? Ou refuser d'accompagner nos parents à la distribution ? Pas tout le temps mais ils l'ont fait Ivy. Je voudrais que tu acceptes qu'ils aient aussi des défauts.
- Être Altruiste ne veut pas dire être parfait, me vexais-je. Et avec Éric ? tentais-je.
- Je te l'ai dit plus tard.
- S'il te fait du mal, je le tue.
Sevy ricana mais n'ajouta rien. Dans son attitude j'avais deviné qu'elle lui avait pardonné. J'aurais voulu insister pour comprendre ce qui l'attirait tant chez cet homme.
- Rentrons, dis-je.
A contrecœur nous retournâmes nous enterrer. Bientôt nous pourrions nous déplacer comme nous le voulions. Sevy s'endormit vite, pelotonnée contre moi. Même en somnolant je n'arrivais pas à sombrer dans le sommeil, à passer la barrière. Doucement je sortis du lit. De mémoire je réussis à retrouver où se trouvait l'appartement de mes instructeurs. Ce fut quand même avec une certaine anxiété que je frappais à la porte, me préparant à voir quelqu'un d'autre ouvrir. Un soupir de soulagement me traversa lorsque je vis le visage de Quatre.
- Va falloir arrêter les visites nocturnes, soupira-t-il. Que veux-tu ?
- J'ai une question, une seule.
- Laquelle ?
- Est-ce que Rebecca était divergente ?
Quatre me fusilla du regard et me fit entrer puis claqua la porte. Tris se réveilla en sursaut et quand elle me vit elle se recoucha. Je m'en voulais de les déranger encore mais j'avais besoin de réponse. Quatre prépara du café et m'en tendit une tasse.
- Il faut que tu arrêtes d'en parler Ivy, me lança-t-il avec sérieux. Tu dois arrêter d'évoquer la divergence.
- Je dois me cacher, murmurais-je.
- Oui. Il y a des caméras dans toute la faction et tu pourrais t'attirer des problèmes.
- J'arrête, promis-je. Mais répond à ma question.
- Non Rebecca n'était pas divergente.
J'attendais qu'il m'en dise plus. Qu'il me confirme que Rebecca s'était bien suicidée et n'avait pas été assassinée. Mais il n'ajouta rien de plus. A la place il me demanda de rentrer au dortoir. J'avais fait une promesse et je comptais la tenir, même si elle devait me ronger.
Sevy avait déserté lorsque j'arrivais. J'étais inquiète de la savoir avec Éric. Ou alors me trompais-je et elle faisait quelque chose d'autres. Je me couchais tout en attendant son retour. Malheureusement je ne pouvais pas contrôler tous les choix de ma sœur. C'était une indépendante et si j'insistais, je finirais par détruire notre relation.
Hey ! Voici la non-fin de l'histoire, juste une fin de chapitre. La patience est de mise jusqu'au prochain mais rien ne vous empêche d'imaginer… See you soon !
