CHAPITRE 29

Blablazone : Bonsoir à tous ! Je suis vraiment, vraiment désolée, je suis vraiment en retard mais depuis vendredi je cours partout et je viens juste de trouver le temps de trouver le temps d'allumer mon ordi. Voici donc un nouveau chapitre, encore avec une ellipse. J'espère qu'il vous plaira… Je suis vraiment anxieuse pour celui-là. Vous allez me détester mais tant pis c'est écrit… Le chapitre de la semaine dernière a fait des grimaces mais j'espère que celui-là vous plaira un peu plus (surtout vu mon choix).

Bonne lecture à tous ! A la semaine prochaine !

Réponses review :

Moni : Bonsoir ! Oui j'ai eu peur en ne voyant pas ta review. Je plaide coupable pour le blabla d'Ivy et le côté un peu bisounours. Oups l'auteur est partie en vrille. Plus d'action dans ce chapitre ? Euh pas encore… J'espère que tu apprécieras tout de même. Bonne lecture et à bientôt !

CourtneyAckles : Bonsoir ! Oui c'est vrai que je me suis laissée allée avec un côté bisounours pour Ivy, j'ai un peu honte. Alors pour Sevy… il faut lire le chapitre. Bonne lecture et à bientôt !


Deux ans.

Deux années formidables depuis la fin de l'initiation.

Ce soir nous devions nous retrouver pour notre journée hebdomadaire. Pour la première fois April acceptait d'amener son petit garçon, Adam, seulement si personne ne buvait ou ne fumait. En plus, ce soir nous allions enfin voir Sevy. Ça faisait plusieurs jours qu'on ne l'avait pas vu. Elle était de plus en plus prise par son travail. Tout comme Cherry. Même si cette dernière s'était éloignée de notre groupe, elle continuait de venir parfois.

- Nous avons presque fini l'inventaire, se réjouit Ray.

- Tu as quelque chose de prévu ce soir ? lui demandais-je.

- Non.

- Menteur ! Tu vas retrouver quelqu'un.

- Oui, avoua-t-il. Et heureusement ça tombe le soir où vous n'allez pas à Vénéneuse.

Ray était trop joyeux en ce moment et je regrettais de plus en plus son cynisme. Mais le voir heureux me réchauffait le cœur. Dans un sens ça me prouvait que la faction Audacieuse n'était pas si terrible. Alors que nous finissions notre inventaire, une agitation se fit sentir. Ce fut d'abord dans les couloirs puis une troupe de soldat débarqua dans l'infirmerie. La brigade anti-divergent reconnaissable par leur brassard bicolore noir et bleu. Ils déposèrent Cherry sur un des lits. Blessure par balle.

- Je m'occupe d'elle, annonça Ray dépité.

J'observais chacun des soldats afin de les soigner du mieux que je le pouvais. C'était la deuxième fois qu'ils arrivaient blessés gravement après un passage dans les quartiers des Sans-faction. Lorsque je vis que ma sœur ne faisait pas partie des blessés, j'en fus soulagée. Elle prenait des risques pour sa vie et je m'inquiétais de plus en plus. J'avais tellement peur qu'il lui arrive quelque chose.

Enfin tout se calma. Cherry restait pour la nuit mais elle serait immobilisée pour plusieurs semaines. Alors qu'il ne restait que nous trois, Éric entra. Son visage faisait peur à voir. Il était couvert de poussière et de sang. Lorsque Ray voulut l'approcher, il le repoussa sans ménagement. Son regard glacial se posa sur moi. A ce moment-là, j'eus la peur de ma vie. Mais ce n'était rien en comparaison à ce qu'il allait me dire.

- Sevy est morte, me dit-il tremblant.

Il tourna les talons, me laissant avec cette information.

Mon monde s'effondra. Littéralement. A partir du moment où l'information fut comprise par mon cerveau, je traversais un grand vide. La tête vide, je ne pensais plus à rien. J'entendais juste cet écho « Sevy est morte ». Il ne s'arrêtait jamais et résonnait dans mon crâne inlassablement. Je n'avais plus conscience que de cet écho et j'avais perdu tous mes sens. Quelqu'un m'appela mais j'étais hors de la réalité. L'écho, toujours le même écho et son annonce funeste.

- Il ment ! criais-je. Menteur ! C'est faux, elle n'est pas morte !

Je reprenais pied dans la réalité. Ray avait posé une main sur mon épaule mais je ne la sentais pas. Mon cri avait sonné dans le vide. Tant que je croyais que c'était faux, je tiendrais bon. Tant que je n'en aurais pas la preuve, je resterais debout. Je devais faire vivre ma réalité, celle où Sevy ne pouvait pas mourir.

- Ce n'est pas un mensonge, gémit Cherry d'une voix crispée. Sevy est morte… Elle n'est pas la seule.

- La ferme ! criais-je.

Je fusillais Cherry du regard. Comment osait-elle ? Je ne voulais pas lui parler, je ne voulais pas l'entendre. Puis il y avait toujours cet écho qui torturait mon esprit. Il était un bruit d'arrière-fond dont je n'arrivais pas à me débarrasser.

M'agenouillant, je posais mes mains sur mes oreilles. Ma sœur n'était pas morte, c'était un mensonge. Elle avait dix-huit ans et on ne mourrait pas à cet âge-là.

Mon déni dura un quart d'heure. Entre-temps Cherry était tombée de sommeil et Ray ne m'avait pas quitté d'une semelle. Il restait debout près de moi. Une fois il avait tenté un trait d'humour mais je n'avais rien compris. Je m'étais à moitié redressée pour aller me réfugier dans un coin de la pièce. Là, j'avais ramené mes genoux contre ma poitrine et caché mon visage. Puis je m'étais effondrée. De lourd sanglots avaient commencé à me comprimer le cœur. J'étais inconsolable. Nous ne méritions pas ça, ma sœur et moi. J'étais tellement en colère que j'en étais à haïr le monde entier. La colère était un doux poison que je trouvais rassurant parce qu'il me maintenait encore éloigné de la vérité.

J'étais en colère contre moi parce que je n'avais pas réussi à protéger ma sœur, j'étais en colère contre elle parce qu'elle risquait sa vie sans penser aux conséquences. J'étais en colère parce qu'elle avait choisi ce poste ingrat, parce qu'elle était une meurtrière et que j'avais fermé les yeux. Ma sœur m'avait abandonné et c'était tellement plus simple de lui en vouloir, à elle. Puis je glissais sur ma situation maintenant qu'elle n'était plus. J'avais tout perdu. Je ne reverrais jamais mes parents, ma sœur n'était plus là et je vivais dans une faction dont je n'avais jamais voulu faire partie.

Il y a deux ans de cela je n'aurais jamais dû faire cette promesse. J'aurais dû rester chez les Altruistes. Et j'aurais passé mon temps à penser à ma sœur. A me demander comment elle irait. J'aurais craint chaque jour pour elle. Je me serais demandé si elle était morte, si elle serait devenue soldat. Peut-être serais-je devenue folle à force de penser à elle. Ou alors ça serait passé au fil du temps. J'aurais construit ma vie, l'oubliant peu à peu. M'étais-je trompée en la suivant ? Ou alors aurais-je pu la convaincre de rester avec moi et nous serions à l'abri ? Au fond je savais que ma sœur serait partie, elle ne se sentait pas chez elle chez les Altruistes. Elle avait toujours eu ce brin d'audace.

Je n'allais plus jamais la voir. Elle n'allait plus jamais venir nous déranger en pleine nuit suite à une dispute avec Éric. Elle ne serait plus la dernière à arriver à nos rendez-vous hebdomadaires.

Deux bras s'enroulèrent autour de moi et une odeur rassurante me chatouilla le nez. Des mots furent prononcés, des chuchotements à mon oreilles mais je ne percevais que des grésillements. Je ne voulais pas qu'on me sorte de mon cocon. J'étais en train de pleurer la perte de ma sœur et je voulais qu'on me laisse tranquille. Pourtant je n'eus pas la force de le repousser.

- Elle est morte, chuchotais-je à l'oreille de Zack.

- Je sais.

- Je ne sais pas quoi faire, avouais-je.

- Tu n'as rien à faire amour. Je vais te ramener à l'appartement et tu vas dormir.

- Non, je ne veux pas dormir. Plus jamais.

- Comme tu voudras.

- Oh non ! Ray avait un rancard, me souvins-je. Je dois rester ici.

Zack me souleva pour me porter. Je continuais de divaguer à propos de Ray. Plus tard j'appris que mon ami s'était arrangé pour rester auprès de Cherry. Ce soir, pour la première fois depuis deux ans, le dîner hebdomadaire n'eut pas lieu. Certains passèrent nous voir. Ce fut Zack qui les reçut. Je me souvins d'April se penchant vers moi et me caressant les cheveux. Son petit garçon gigotant dans ses bras. Je tendis les mains vers le petit bonhomme et il me prit le doigt.

- Tu crois que Sevy voulait des enfants ? croassais-je.

- Non. Pas encore tout du moins, me répondit April.

- Ah. Sûrement.

April resta encore un moment et elle ne parut pas s'irriter de mon regard vide et de mes réponses laconiques. Ils finirent par partir. Une fois que Zack fut allongé, il me prit contre lui et remonta la couverture sur nous. Je remarquais que je frissonnais.

- Tu veux en parler ? chuchota-t-il.

- Non.

- Ok.

Un silence se prolongea, trop lourd peut-être ce qui me poussa à revenir sur ma décision. Parler aidait, en théorie.

- Elle m'a laissé toute seule, pleurais-je. Je ne la verrais plus jamais, tu te rends compte ? La dernière fois que je lui ai parlé, c'était la semaine dernière. Ce n'est pas juste !

Je pleurais toute la nuit et il veilla sur moi toute la nuit. Le lendemain, je n'eus ni la force de me lever, ni celle de manger. Je voyais que Zack rechignait à me laisser toute seule mais je l'obligeais à aller à l'initiation. Il devait former les novices. Et puis je désirais la solitude. Lorsqu'il fut parti, je me levais et pris une douche. Puis ma solitude m'éclata à la figure. Je m'étais construite une vie mais il allait me manquer quelque chose. Un vide à l'intérieur de moi, comme si on m'avait enlevé un morceau. Plus jamais je ne serai inquiète pour ma sœur, pour ses missions suicides et pour son couple. J'étais une sœur sans sœur. J'étais une jumelle avec un bout d'âme en moins. Aujourd'hui je ne savais plus de qui prendre soin.

Tris me rendit visite et me retrouva, debout à fixer le vide. Elle me prépara à manger tout en gardant le silence. Elle attendait que je parle.

- C'est Zack qui t'a demandé de venir ? grimaçais-je.

- Oui. Il est très inquiet pour toi.

- Je vais m'en remettre, espérais-je. Je ne dois pas laisser Ray tout seul, il s'est trop habitué à moi pour l'aider.

- Tu peux reprendre quand tu veux.

- Sauf que nous sommes chez les Audacieux et la dernière chose que je dois montrer c'est que je suis faible. Demain je retournerai travailler.

- La veillée pour Sevy sera demain soir.

- D'accord. Au moins je n'aurais plus à craindre que ma sœur découvre que je suis une divergente.

Tris me fit un petit sourire, à court de mot. Je m'accordais un jour pour être effondrée, pour pleurer et m'enterrer dans le chagrin. Demain ça irait mieux, je me plongerai dans mes habitudes pour oublier. Je ne me laisserai pas dévastée.

- Parle-moi de quelque chose, peu importe.

- Dans quelques jours une partie des initiés va être éliminée, commença Tris.

- Tu t'occupes d'eux ? m'étonnais-je.

- Non mais Quatre m'a demandé de l'assister parfois. Il a en charge les natifs cette année.

- Tu participeras aux simulations ?

- Oui.

- Tu crois qu'il y aura beaucoup de divergent ?

- En théorie il y en a au moins un. J'espère que ça ne sera pas plus. C'est un danger qu'ils se retrouvent ici. Ce n'est pas le meilleur endroit pour avoir un tel secret.

- Ils peuvent compter sur toi.

Tris hocha la tête. Elle était une alliée en or et il ne fallait pas le négliger. Si divergents il y avait parmi les initiés, j'espérais qu'ils lui feraient assez confiance, comme je l'avais fait.

La veillée pour Sevy me ramena des années en arrière lorsqu'il en avait été de même pour Rebecca. La faction entière était réunie pour une minute de silence. Ma sœur était très appréciée, elle s'était investie dans la faction plus que quiconque et elle allait manquer à tout le monde. Pendant qu'ils étaient tous têtes baissées et silencieux, je les observais et je les remerciais d'être là. Travailler m'avait aidé à apaiser ma peine et à présent je luttais pour ne pas pleurer.

Quelque chose clochait dans ce paysage et la réponse m'apparut lorsque le bruit repris. Éric n'était pas là. Il ne s'était même pas déplacé pour ma sœur. Il disait l'aimer et plus que tous ces gens, c'était lui qui devait être là avec moi. Son absence renforçait ma haine à son égard. Ne faisait-il que des mauvais choix ? Qu'en pensait-il de tout ça ? Il s'était montré si froid en me l'annonçant. Pourquoi n'était-il pas resté pour m'en dire un peu plus ?

M'en dire plus, cette idée tourna dans la tête à peine quelques secondes. Quelques secondes qui suffirent à m'apporter de nouvelle question telle que comment était morte ma sœur ? En mission, oui mais comment ? Chasser le chagrin et obtenir des réponses seraient mes nouveaux objectifs. Et la seule personne qui pourrait me répondre n'était pas là.

Je remerciais tous mes amis, Sora, April et Tomas, Rita, Archi, Zack, Babe, Tris et Quatre, d'être là. Ils étaient ma famille et je compris que je n'étais pas totalement seule. Et c'était rassurant parce que je craignais pour la suite.

Ray avait été étonné de me voir revenir mais je lui avais expliqué que je n'allais pas me laisser avoir par la peine et que si je ne revenais pas aujourd'hui, je ne reviendrais jamais. J'avais besoin de concret pour mieux avancer. Je savais que ma sœur n'aurait pas voulu me voir renoncer et je voulais qu'elle soit fière de moi.

Le soir-même je ne trouvais pas le sommeil. Assise sur mon lit, je me demandais comment mes parents apprendraient la nouvelle. Ou même si un jour ils sauraient. Qu'est-ce que cela faisait de perdre un enfant qui était loin de nous ? Je n'avais pas eu le droit de voir le corps de ma sœur et si je n'avais pas fait partie des Audacieux, peut-être que l'on ne me l'aurait jamais dit. Pourtant je sentais que mes parents devaient savoir. Ils en avaient le droit quoi que puisse dire les lois. Je trouverais un moyen pour leur dire mais avant ça je devais aller parler à Éric.


Hey ! Voici la non-fin de l'histoire, juste une fin de chapitre. La patience est de mise jusqu'au prochain mais rien ne vous empêche d'imaginer… See you soon !