CHAPITRE 31
Blablazone : Bonjour tout le monde !
Est-ce que Sevy est vraiment morte ? Que cache le leader ? Cache-t-il vraiment quelque chose ? Ça vous travaille tout ça ! La plus grosse question quand même c'est : est-ce qu'Éric a tué Sevy ? Pourquoi ? La réponse… Pas maintenant. Non ça serait trop simple, je vais vous faire mijoter encore un moment. Si vous avez des hypothèses quand au pourquoi, je suis curieuse.
La bise et à la semaine prochaine !
Réponses review :
Moni : Coucou ! Donc d'après toi Éric serait un grand manipulateur ? O.o Pourquoi pas ! Haha ! Comment ça les sans-faction vont se rebeller ? Mais d'où l'info a-t-elle fuité ? Une attaque dans ce système si « parfait » ? Cultivons le mystère, c'est mieux. ( 😉) Et oui nous allons voir un peu plus Tris et Quatre dans les prochains chapitres (notamment celui-ci)! Bonne lecture !
CourtneyAckles : Hello ! Bonnes questions, bonnes questions… Mais je n'y répondrai pas tout de suite. Merci pour ta review bonne lecture et à bientôt !
Si je pensais que mon escapade était passée à la trappe et bien je me trompais. Trois jours plus tard, Quatre me tomba dessus. Au début je pensais qu'il venait en ami mais devant son regard furieux, je restais figée parce que je sentais les problèmes arriver. Quatre n'était plus mon instructeur mais j'avais conservé ce respect prof-élève à son égard, contrairement à ma relation avec Tris.
- Tu t'en va ? grinça-t-il.
- Non, mentis-je.
- Ah bon ? Parce que figure-toi, qu'il y a quelques jours de cela je t'ai vu sortir de la faction pour aller te balader, sûrement.
- J'avais besoin de prendre l'air.
- Jusque chez les Sans-faction ?
Un bref espoir comme quoi il ne saurait rien avait naquis pour mourir aussitôt. Quatre travaillait à la salle de contrôle et ça m'étais complètement sorti de l'esprit. Mais à défaut de le considérer comme mon ennemi, je pouvais en faire mon allié. Pour cela je misais tout sur la sincérité.
- C'est vrai, avouais-je. J'avais besoin de leur version de l'histoire parce que je suis presque sûre qu'ils n'ont pas tué ma sœur.
- Ivy, soupira-t-il. Il faut tu passes à autre chose.
- Non. Éric m'a menti lorsque je lui ai demandé des explications, j'en suis sûre. C'est impossible à expliquer mais je sacrifierais ce que j'ai de plus cher pour affirmer qu'Éric est un menteur.
- Ton accusation est grave. Tu pourrais être exilé.
- Je suis prête à prendre le risque. Pas pour prouver que j'ai raison de le haïr mais pour pouvoir avancer en sachant ce qui s'est passé.
Quatre allait céder. Je le lisais dans son regard qui se faisait déjà moins dur. Contre toute attente il me laissa passer en me conseillant de faire attention. Ce fut avec un véritable plaisir que je retrouvais l'air du dehors et la satisfaction de voir un horizon. Arrivée vers les ruines, je sentis qu'on me suivait. Me fiant à mon instinct, j'escaladais un morceau de mur et me plaquais contre ce dernier, attendant de voir mon assaillant. Quelle ne fut ma surprise lorsque je me retrouvais à côté de Quatre.
- Qu'est-ce que tu fais là ? m'exclamais-je.
- Je me suis dit que je pourrais peut-être t'aider.
- Me surveiller, tu veux dire. Je ne sais même pas s'ils n'essaieront pas de te tuer, à la base je pensais venir seule, faire ça toute seule.
- On le saura quand on y sera.
Et il continua d'avancer. Lorsque nous arrivâmes, quelques Sans-faction traînaient dehors. Puis ils nous virent et je les vis se tendre d'appréhension. Soudain, Sarine apparut comme pour nous sauver.
- Quatre, Ivy, nous salua-t-elle.
- Ravi de te revoir Sarine.
Il paraissait vraiment sincère. Notre jeune alliée nous mena dans le dédale des bâtiments effondrés jusqu'à ce que l'on s'enfonce si loin que la lumière perçait à peine. Du coin de l'œil je remarquais que les Sans-faction nous encerclaient et ils n'étaient guère ravis de nous voir. Quatre et moi échangeâmes un regard de connivence, au moindre problème nous pourrions compter l'un sur l'autre. Mais dans la foule, je reconnus quelques visages, des Sans-faction que j'avais aidé auprès de ma mère mais aussi des camarades de l'initiation. Soudain quelqu'un fendit la foule et je fus soulevée de terre. Nico me fit tournoyer et c'est à moitié hilare qu'il me reposa. Sa bonne humeur communicative me donna le sourire.
- Alors comme ça on déserte ? ricana-t-il.
- Pas le moins du monde, ris-je.
- Mon ange gardien. Tu sais je me suis bien débrouillée depuis que je suis parti. Ta mère m'a pas mal aidé.
- J'en suis heureuse.
- Comment vont Zack et Archi ?
- Très bien. Zack s'occupe encore des initiés de cette année et Archi est en pleine formation pour devenir leader. La rumeur veut que Max soit bientôt déchu.
- Que de bonnes nouvelles ! déclara Nico. Quatre, heureux de te revoir !
- Moi aussi.
Quatre m'étonnait de plus en plus. Il serra la main de Nico et se mit à sourire lui aussi. J'avais même l'impression qu'il était plus à l'aise que moi.
- Loin de moi de briser les retrouvailles, trancha une voix. Mais vous n'êtes pas venues pour cela.
Je levais les yeux vers celle qui venait de s'exprimer. Un peu maigre, ses cheveux bruns partaient en mèches rebelles autour de son visage. Et bien que souriante, elle n'avait rien d'avenante. Le charisme qu'elle dégageait me laissa deviner que c'était elle la chef. Son visage me parut quelque peu familier.
- Evelyn, murmura Quatre.
Je me tournais vers lui, étonnée qu'il la connaisse. Evelyn, où avais-je déjà entendu ce prénom ? Ça remontait très loin dans mes souvenirs.
- Je vous en prie, suivez-moi.
L'ordre était clairement sous-entendu et je n'allais pas me permettre de faire la fine bouche. Jusqu'à la sincérité et confiance m'avait réussi. Mais je n'oubliais pas de rester méfiante. Evelyn nous conduisit dans ce qui devait être son bureau. Elle nous désigna les chaises autour d'une grande table en fer. Nico ne nous avait pas quitté et sa présence avait quelque chose de rassurant.
- Quatre, je suis très heureuse de te revoir.
- J'aimerai pouvoir en dire autant mais je ne suis pas là pour une visite de courtoisie.
- Pourquoi alors ?
- Pour éviter qu'elle ne s'attire des ennuis, dit-il en me désignant.
Evelyn tourna son regard vers moi et me sourit.
- Ivy, ça fait tellement longtemps. Tu as bien grandi depuis la dernière fois.
- Qui êtes-vous ? lâchais-je.
- Je m'appelle Evelyn Eaton, j'étais une altruiste et…
- Vous êtes la femme de Marcus, la coupais-je. Mais maman a dit que vous étiez morte. Et…
Quatre de son vrai nom Tobias Eaton, me rappelais-je soudainement. Je tournais un regard écarquillé vers lui mais il fuyait mon regard comme s'il avait honte d'avoir ce nom en héritage. Je me recentrais sur Evelyn, depuis quand les morts revenaient-ils à la vie ?
- Je me suis faites passer pour morte, expliqua-t-elle. Et ta mère m'a été d'une grande aide. Sans elle, je n'en serai pas là où j'en suis aujourd'hui.
Ma mère avait une tendance trop altruiste et je me mis à sourire en pensant à elle. Alors que venait la question « pourquoi », je sus que je n'avais pas besoin de savoir. Ma mère l'avait aidé sans raison parce qu'elle était comme ça, si on lui demandait de l'aide elle le faisait.
- Ivy tu as demandé à me voir. Que veux-tu ?
Je lui tendis le compte-rendu sur la dernière mission de ma sœur. Evelyn le parcourut du regard, fronçant les sourcils en signe de concentration. Puis elle releva le regard sur moi et haussa les épaules.
- Je veux votre version, déclarais-je. Parce que je pense que Sevy n'est pas morte d'une balle d'un Sans-faction.
Evelyn me contempla avec tristesse et je m'attendais presque à ce qu'elle me dise que ma quête était vaine, que c'était bien eux. Mais il restait un espoir, il y en avait toujours.
- Je ne sais pas vraiment Ivy. Je ne regarde pas chaque balle que mes soldats ont tiré, grimaça-t-elle.
- Mais nous pouvons interroger les personnes qui était sur les lieux, suggéra Nico.
- Nous pourrions, hocha la tête Evelyn. Mais Ivy n'a rien à donner en échange.
Evelyn, gronda Quatre. Soulage une conscience et tu n'entendras plus jamais parler de nous.
J'observais la femme qui nous faisait face et je me rendis compte qu'elle était abîmée. Je faisais partie des personnes qui ignorait ce qu'elle avait vécu. Mais je comprenais que pour en arriver là où elle était, elle avait eu besoin de faire des compromis. L'échange qu'elle demandait était légitime. Sauf que je n'avais rien à échanger, je n'étais qu'une infirmière qui refusait de se battre.
- Je t'accorde cette faveur, céda Evelyn en regardant Quatre. Nico va les chercher.
Avec un hochement ce dernier quitta le bureau. La représente dans des Sans-faction se détourna bien vite de moi pour se concentrer sur son fils qui lui était hostile. Quatre lui en voulait terriblement. Plusieurs fois il évoqua qu'elle s'était montrée égoïste en le laissant tout seul dans les griffes de son père. Ils faisaient comme si je n'existais pas mais j'entendais tout. Et je me sentais de plus en plus mal à l'aise. Les sous-entendus sur le comportement de Marcus Eaton me donnaient des frissons. Ma mère nous avait toujours tenu à l'écart de cet homme. Je pensais que c'était parce que nous n'étions pas vraiment proche du leader mais plus ils parlaient, plus j'avais l'impression que c'était une toute autre raison.
La porte s'ouvrit pour laisser entrer cinq hommes de haute taille et le regard dur. A côté Nico paraissait nettement plus joyeux. Un à un, les hommes saluèrent leur chef et restèrent droit comme des I, comme des soldats. Ils m'adressèrent à peine un regard.
- Cette jeune femme souhaiterait avoir votre version des faits lors d'une mission qui visait à affaiblir la brigade anti-divergent, expliqua Evelyn. C'était il y a…
- Plus d'un mois, termina l'un des hommes. La dernière fois qu'on a vu ces pourritures de notre côté.
- Cherry s'est prise une balle dans la jambe, n'est-ce pas ? m'exclamais-je. Ils étaient cinq.
- A quoi elle ressemble ta Cherry ? lâcha un autre.
- Une grande blonde musclée, décrivis-je.
- Ah ouais ! s'esclaffa l'un des hommes. Je l'ai pas raté cette vipère.
- Et la jeune fille brune aux yeux verts ? Celle toujours à côté du blond baraqué ? m'empressais-je de demander.
Ils savaient. L'un des cinq savaient et j'en étais persuadée. J'approchais enfin de la vérité. Je les regardais tous, attendant leur réponse. Puis mon regard s'arrêta sur le plus jeune. Cheveux blonds un peu long et cicatrice sur la joue, il baissait les yeux et lorsqu'il croisa mon regard, il baissa aussitôt la tête. Je me levais et m'approchais de lui.
- Je veux juste savoir parce que ça me ronge, lui dis-je. C'était ma sœur. Si tu sais quelque chose, dis-le moi s'il te plaît.
- Tu peux lui répondre Oscar, l'encouragea Evelyn.
- En fait, j'devais surveiller les angles morts, enfin les coins et ils sont arrivés de nulle part. J'pense qu'ils voulaient nous avoir par derrière. Sauf qu'un moment le colosse à braquer une arme vers elle. Ils se sont disputés, vraiment très fort et il lui a tiré dessus.
- Je devins livide et le monde commença à tourner autour de moi.
- Tu es vraiment sûr ? tremblais-je. Le colosse c'est un homme blond couvert de tatouage ?
- Oui, confirma Oscar.
Mes jambes se dérobèrent et personne n'eus le temps de me rattraper avant que ma tête cogne le coin de la table. Nico et Quatre se précipitèrent à mon chevet mais j'étais juste sonnée. Je réussi à ma relever, agrippant la table comme si ma vie en dépendait.
Il l'a tué. Il l'a tué. Il m'a menti. Il a dit qu'il l'aimait.
Je jetais un regard désemparé à Quatre parce que je ne savais plus quoi faire. Je savais mais je n'avais rien prévu pour la suite. J'étais incapable d'éclater en sanglot, de crier ou de prononcer le moindre mot, mon cœur était enserré et je cherchais à respirer un peu mieux.
- Je suis navrée Ivy, déclara Evelyn.
- Nous allons rentrer, c'est dangereux de rester ici. Nous avons pris trop de risque, lança Quatre.
- Si un jour tu changes d'avis, tu es le bienvenue Tobias.
- C'est Quatre maintenant.
- J'ai une dette envers vous, murmurais-je.
- Exact, affirma Evelyn. Nico va vous reconduire.
Sans l'aide de Quatre je ne crois pas que j'aurais pu bouger, sans lui je me serai effondrée. Nico aussi me soutenait, je sentis vaguement sa main sur mon épaule. Pourquoi Éric avait-il fait une chose pareille ? J'émettais nombre d'hypothèse. Je savais mais à présent je voulais comprendre. Aux dernières nouvelles il était amoureux d'elle, ils étaient heureux. Qu'est-ce qui poussait les membres d'un couple à se tuer ? J'entendis à peine Nico nous souhaiter au revoir. Quatre était un peu mon repère pour les quelques minutes jusqu'à la faction. Je voulais retourner chez moi, chez les Altruistes, et encore que là-bas existait aussi les secrets. Retourner chez les Audacieux alors que je maudissais cette faction. Elle m'avait tout pris. Lorsque nous arrivâmes sur le toit, Quatre s'arrêta.
- Tu leur fais confiance ? demanda-t-il.
- Oui.
- Ils peuvent se tromper, ils ont pu mentir…
- Je sais que tu es ami avec Éric et je ne te demande pas de prendre parti. Ça ne concerne que moi et je choisis de leur faire confiance.
- Ne va pas confronter Éric.
- Je serai être plus subtile. Pour l'instant je n'ai pas envie de penser à lui. Je veux juste retrouver Zack.
Il hocha la tête en signe de compréhension. Nos chemins se séparèrent dans la Fosse. Je rejoignis Ray qui me fit comprendre que mes absences répétées devaient s'arrêter. Pour le remercier de sa tolérance, j'acceptais de prendre ses nuits de garde pour la semaine qui arrivait. Satisfait il retourna au classement de ses sérums, sans poser de question sur où j'étais allée et pourquoi je faisais cette tête.
La culpabilité de ne rien dire à Zack commençait elle aussi à me ronger. C'était un homme patient qui avait entièrement confiance en moi. Mais je n'avais pas envie qu'il se retrouve confronté entre deux choix, m'être fidèle ou être fidèle à sa faction. Ça ne pouvait rien donner de bon. Portant je mourrais d'envie de tout lui dire. Une fois que sa respiration se fit régulière et que je fus sûre qu'il dormait, je me mis à pleurer silencieusement. J'avais beau considérer le fait que les Sans-faction m'avaient peut-être menti cela ne suffisait pas à faire naître le doute. Mon instinct me criait qu'il n'y avait qu'un seul responsable. J'avais peur que mon antipathie fausse mon jugement. Finalement je pensais qu'avoir la vérité m'aiderait mais ça ne faisait qu'amener d'autres questions. Rester allonger devenait gênant et je me mis à faire les cent pas dans l'appartement.
- Ivy, bâilla Zack. Qu'est-ce que tu fais ?
- Je réfléchis.
Il y avait un peu plus de deux ans de cela un homme avait été tué dans les locaux des Audacieux. Une Audacieuse s'était pendue. Depuis une soldat était morte en mission. Plus toutes les autres morts sans pour autant en avoir beaucoup. Mais ces dernières années je ne retenais que des morts étranges, qui n'auraient pas dû avoir de témoin.
- Ivy, m'appela-t-il. Viens te coucher.
Je lui obéis parce que je commençais à fatiguer. Je m'allongeais sur le côté face à lui et j'emmêlais mes doigts aux siens.
- Raconte-moi ce qui te tracasses, murmura-t-il.
- Comme d'habitude.
- Ta sœur sera toujours l'ombre qui plane au-dessus de nous, soupira-t-il. Je ne comprends pas pourquoi.
- J'ai voué ma vie à veiller sur elle et aujourd'hui j'ai l'impression que ma vie n'a plus de sens.
- Et ton travail ? Et moi ? lança-t-il vexé.
- J'ai toujours été honnête avec toi Zack. Je t'aime mais je t'ai toujours dit que ma sœur passerait avant.
- Mais elle n'est plus là.
- Oui, confirmais-je. Et je dois trouver un autre sens pour vivre et tu m'y aide beaucoup, ajoutais-je avec un sourire.
- Tu as de la chance que je sois fou de toi, je te passe vraiment tout, ricana-t-il.
- Un jour je te raconterai pourquoi j'ai fait certains choix et ce jour-là j'espère que tu comprendras. Et j'espère que tu me pardonneras.
- Toujours mon amour.
Je déposais un léger baiser sur son front et me pelotonnais contre lui. Je n'étais pas aussi persuadée que lui qu'il me pardonnerait. Parce que j'allais tuer Éric et sûrement déserté les Audacieux.
Les choses avancent. Mais ce n'est pas encore la fin. Profitez, profitez… Et retrouvons-nous la semaine prochaine !
