CHAPITRE 32
Blablazone : Amis du jour Bonjour ! Amis du soir Bonsoir ! (j'aime beaucoup cette expression). Bon de quoi je vais bien pouvoir vous parler ? Ah oui ! Ma dernière lecture ! « Phobos » tome 4 de Victor Dixen. Comment ça le monde ne tourne pas autour de divergent ? Oui, oui, c'est bien de se diversifier.
Alors « Phobos » si vous ne connaissez pas, ça n'a aucun rapport avec Divergent. La série se base sur une nouvelle téléréalité qui commence sur Terre et qui se poursuivra sur la planète Mars (l'avenir les amis, l'avenir je vous dis). On suit donc le voyage des 12 prétendants (6 filles, 6 garçons de nationalités toutes différentes) jusqu'à la planète rouge. Et donc durant le voyage, pour passer le temps, parce qu'ils sont quand même filmé H24 et que c'est le speech de l'audition, sont réalisés des séance de Speed Dating. Ces séances serviront à créer des couples qui vivront sur Mars (et qui la coloniseront). En parallèle on a aussi le point de vue de ce qui se passe sur Terre (montée d'un nouveau pouvoir, manipulation, dérèglement climatique, conflits, trahison, romance, mort & vie…). Mais ce n'est pas que ça, y'a quand même 4 tomes ! Par peur de vous spoiler je n'en dirai pas plus.
C'est une série de livre que j'ai vraiment beaucoup aimé, beaucoup, beaucoup, beaucoup, et le final est juste magnifique. Mon résumé n'est pas le meilleur alors n'hésitez pas à aller voir sur Internet (paraît qu'il peut servir à ça aussi), pour vous renseigner. Soyez curieux ! Pour ceux qui connaissent, qu'en pensez-vous ?
Sur ce ! Bonne lecture et à la semaine prochaine !
Réponses review :
Moni : Bonjour ! Je suis d'accord avec toi « loufoque » est un mot trop peu utilisé. Mais il est difficile à placer je trouve. Éric cache quelque chose c'est sûr, quand à ses raisons je ne suis pas sûre qu'elles soient si loufoques que ça. Ivy et Éric, non mais ça va être la grande histoire, ne jamais sous-estimé le côté manipulateur de quelqu'un. Oui c'est vrai, moi aussi je trouve qu'on ne voit plus trop Zack, mais qu'est-ce que j'ai foutu bon sang ! Le pauvre en plus… Avec ce que je lui prévois… (oui je te mets l'esprit à l'envers !). Profite bien de la plage et du rythme encore lent des cours (quoique nous sommes presque en octobre). Je te souhaite une bonne lecture, à la revoyure !
Ps : tu vois à défaut de ne plus trop voir Zack, on va un peu plus voir Quatre. Après est-ce que ça se vaut ? Pas sûr !
CourtneyAckles : Bonjour ! Ne t'inquiète pas Éric ne quitte pas encore cette histoire. Maintenant ça reste la grande question, Ivy a-t-elle raison d'accorder plus de crédit aux sans-faction ? Cette question aura aussi sa réponse. Je te souhaite une bonne lecture, à bientôt !
Le tuer.
C'était mon nouvel objectif. J'étais aveuglée par la vengeance ou une autre chose que je n'identifiais pas. Je n'avais rendu visite qu'à Sevy une seule et unique fois. Je savais à peine à quoi ressemblait l'appartement qu'ils avaient partagé. Et ce fut avec une certaine anxiété que je toquais.
Au début je voulais piquer une arme à l'armurerie et lui tirer une balle dans la tête. Pourtant comme je l'avais dit à Quatre, j'allais être subtile. Il devait avoir mal encore plus que moi. N'obtenant aucune réponse, je retentais mais toujours personne. Cédant à la curiosité je baissais la poignée et la porte s'ouvrit. Une odeur de renfermé, d'alcool et de poussière m'assaillit le visage. J'eus à peine le temps de me décaler qu'une bouteille de bière vide explosa à quelques centimètres de mon visage. Je ne m'étais pas attendue à ça. Éric était allongé, le visage creusé par la fatigue, une barbe de plusieurs jours sur le visage. Le grand Éric, leader Audacieux, était une véritable loque. Et j'étais partagée entre la satisfaction et l'envie de l'aider. J'aimais à penser que ce je voyais c'était le reflet de sa culpabilité. Doucement un plan se forma dans mon esprit. J'allais le relever, en douceur, j'allais lui faire retrouver un peu goût à la vie pour qu'il me considère comme son amie et son alliée et au dernier moment je le détruirai, je le trahirai, je le tuerai.
- Dégage Quatre, grogna-t-il.
- Perdu.
Il se redressa surpris et me regarda longuement. Je n'osais pas bouger, de peur de recevoir une nouvelle bouteille dans la figure.
- Sevy, chuchota-t-il.
Il se leva et s'approcha de moi lentement. Il s'arrêta loin de moi et tendit la main vers mon visage. Sa main glissa lentement le long de ma joue et je me reculais de dégoût. Ma réaction lui provoqua une grimace de douleur.
- Tu te trompes encore, sifflais-je.
Son regard se fit plus dur et il se détourna de moi. Traînant les pieds, il ramassa une bouteille encore pleine et en pris une gorgée.
- Qu'est-ce que tu veux ? râla-t-il.
- Ton comportement est une honte, lâchais-je. Tu crois que Sevy aurait voulu te voir ainsi ? Et je peux savoir depuis combien de temps tu n'as pas pris de douche ?
- Qu'est-ce que ça peut te faire ! Dégage ! Je ne veux pas de toi ici.
Moi je veux que tu souffres, pensais-je.
Sans lui obéir, j'allais ouvrir les fenêtres afin d'amener de l'air et de la lumière. Dans les placards je trouvais un sac poubelle et je commençais à ramasser les cadavres de bouteille. Je sentais son regard sur moi mais tant qu'il tolérait ma présence je resterai. Une fois que j'eus terminée, je jetais le sac devant la porte.
- Va te doucher ! ordonnais-je.
- Tu rêves.
- Va te doucher ! Tu pues.
- Tu n'es pas ma mère alors va te faire voir !
- Éric tu n'es pas un gosse ! Tu es un adulte responsable alors va prendre cette douche !
Je crus à un miracle quand il se leva et qu'il se dirigea vers sa salle de bain. Cependant, même obéissant, il transpirait la colère et je le sentis lorsqu'il claqua la porte faisant résonner toute la pièce. Pendant qu'il se douchait je débarrassais les restes à moitié moisi. Toutes cette nourriture périmée, un vrai gâchis dont les Altruistes auraient fait un meilleur usage. Lorsqu'il sortit j'avais fini de nettoyer la cuisine. Je relevais la tête et me mis à rougir violemment en le voyant nu comme un verre devant moi. Je me retournais avant d'en voir plus.
- Tu ne veux pas t'habiller ! m'écriais-je.
- Justement j'y allais.
Quelques minutes plus tard, il était assis à la table de sa cuisine en train de boire une bière. Je profitais de son silence et de sa léthargie pour m'occuper des draps du lit. L'odeur était infecte. Un nouveau sac s'ajouta devant son entrée. Un brin de ménage plus tard, je m'arrêtais fière de moi. Cet appartement ressemblait enfin à quelque chose. Il devait juste supporter un ivrogne. Mon regard s'arrêta soudain sur une photo, traînant sur une table de chevet. Ma sœur souriait à l'objectif et Éric l'enlaçait par derrière. Son sourire me manquait.
- Tu t'es enfin décidé à faire le ménage ! déclara quelqu'un en entrant. Ce n'est pas trop tôt. Mais… Ivy ?
Je me retournais pour faire face à un Quatre désemparé. Derrière lui, Éric ronflait à moitié, une bouteille de whisky dans la main.
- Bonjour, souriais-je.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je l'aide, déclarais-je.
Quatre plissa des yeux, il ne me croyait pas et il avait raison.
- S'il te plaît ne fais pas de bêtise, chuchota-t-il. Laisse-le tranquille.
- Je te l'ai dit, je l'aide.
Je quittais l'appartement de ma sœur et rejoignait mon lieu de travail. Travailler me permit de me changer les idées. Les combats étaient bientôt terminés mais les initiés continuaient de se blesser. J'allais finir par croire qu'ils le faisaient exprès. Cette nuit j'étais de garde. Zack me rejoignit en début de soirée. Fatiguée, il s'allongea sur l'une des tables et tendit les bras pour que je le rejoigne.
- Mon adorable romantique Audacieux, ris-je. Je dois rester centrée sur mon travail.
- Aller il n'y a personne !
- J'ai été voir Éric aujourd'hui.
- Et alors ? demanda Zack sèchement.
- Il est anéanti.
- Pitié ne me dis pas que tu vas t'occuper de lui. Il est assez grand pour se gérer tout seul.
- Je le fais pour Sevy.
Je ne pouvais me montrer totalement sincère avec lui ou lui mentir entièrement. A la place je lui donnais une demi-vérité. Je n'aimais pas lui mentir mais je sentais que je glissais sur une mauvaise pente.
Éric me facilita la tâche. Lorsque je revins deux jours plus tard, il me demanda de m'en aller puis abandonna. En premier il devait me faire confiance, me voir comme une amie, comme le dernier lien avec ma sœur. La troisième fois, je le trouvais plus méfiant. Je jouais avec son esprit, j'étais là pour le tourmenter.
- Pourquoi ne veux-tu pas me laisser tranquille ? hurla-t-il.
Il me plaquait contre le mur, ses mains autour de mon cou. Je devais choisir les mots justes pour qu'ils ne m'étranglent pas. C'était étrange de voir que dans pareille situation mon cœur ne tambourinait pas furieusement mais au contraire qu'il était serein. Ainsi cela prouvait que je n'avais pas autant peur d'Éric que je le pensais.
- Je n'ai jamais compris pourquoi ma sœur t'aimais autant. Tu es un être de colère au mœurs légères. Mais elle t'aimait. Et c'est pour elle que je fais ça car elle n'aurait jamais voulu que tu finisses comme un ivrogne à cause d'elle. Bien sûr je n'exclue pas ta part de responsabilité. Tu étais son coéquipier et tu devais la protéger, tu as échoué. Maintenant il faut te reprendre et continuer à vivre.
Ma tirade eut le mérite de le toucher puisqu'il me relâcha. Le regard perdu il trouva réconfort auprès d'une énième bouteille. Il eut à peine le temps d'en prendre une gorgée que je la lui arrachais.
- Bordel ! Quelle chieuse !
- Tu peux m'insulter, me moquais-je. Je m'en fou.
- T'es en train de me faire vivre un enfer !
- Pourquoi ? Aller Éric parle ! Avoue-moi pourquoi tu bois autant ! criais-je.
- Pour oublier ! hurla-t-il en retour.
Intérieurement j'étais satisfaite de connaître la réponse. Tout en gardant un visage impassible je m'appliquais à le fusiller du regard. C'était trop facile de se réfugier dans l'alcool pour oublier, pour noyer sa culpabilité. Malheureusement pour lui je serai là pour qu'il n'oublie pas, pour que chaque jour qu'il lui restait, il sache qu'il avait tué celle qu'il aimait. Je serai aussi bien le fantôme de ma sœur que celle qui allait le trahir.
Je terminais de nettoyer et j'emportais toutes les bouteilles d'alcool que je pouvais trouver. Dans quelques minutes Quatre passerait rendre visite à son ami et je n'avais pas envie de le croiser. Jusqu'à ce que je m'en aille Éric jura et m'insulta. J'encaissais de mieux et en mieux et bientôt ce qu'il dirait ne me ferait plus rien.
La patience était une qualité essentielle. Mon plan avançait doucement et bientôt Quatre fut moins suspicieux à mon égard. A ses yeux j'aidais vraiment Éric même s'il se demandait encore pourquoi. Zack ne soupçonnait rien. Je ne lui cachais rien de mes visites à Éric. En ce moment il était pris par les simulations. Tris participait aussi et je me demandais s'il elle trouverait des divergents cette année.
Ma patience fut récompensée.
Au milieu de la nuit quelqu'un frappa à notre porte. Désorientée, je me levais en m'attendant presque à ouvrir la porte et tomber sur une Sevy en larme.
- Quelle habitude de merde ! râla Zack. Je suis sûr que ta sœur s'est arrangée pour que quelqu'un prenne le relais, bougonna-t-il. Laisse cette personne se fatiguer parce que Y'A DES GENS QUI DORMENT !
Et sur ces belles paroles, il rabattit la couette au-dessus de sa tête. Amusée je restais quelques instants à guetter le silence puis les coups reprirent. Cette fois j'étais décidée à me lever. J'ouvris et je me retrouvais nez à nez avec un Éric saoul plus que de raison.
- Bonsoir, le saluais-je sèchement.
Il allait me dire quelque chose mais au dernier moment il vomit à mes pieds. Le regard vitreux, la bouche tordue de dégoût, il s'excusa d'un regard.
- Je crois que j'ai besoin de ton aide.
Et pour cet homme à l'ego surdimensionné c'était un pas comme un autre.
- Les toilettes sont au fond à gauche, je te rejoins.
Il ne se fit pas prier. Avançant dans le noir, il se cogna plusieurs fois, jura et claqua la porte de la salle de bain. A peine quelques secondes après il se remit à vomir. Pour tout avouer je ne m'attendais pas à ça. Les brumes du sommeil m'empêchaient d'y voir clair et de réfléchir. Je réalisais à peine ce qu'il se passait jusqu'à ce que je capte l'odeur. Secouant la tête et me bouchant le nez j'allais remplir un sceau d'eau et de savon, et partait en quête de chiffon. Une petite inspiration pour me donner du courage puis je m'agenouillais pour nettoyer mon entrée. Puis deux mains familières me relevèrent et un baiser fut déposer sur ma nuque.
- Va t'occuper du gêneur qui est en train de refaire la déco de notre salle de bain.
- Tu es sûr ?
- Oui Ivy, dit-il en prenant mon matériel.
- Mais tu dois être en forme pour demain. Je préfèrerai que tu dormes.
- Tu crois que je vais dormir avec Éric dans nos toilettes ? Va t'occuper de lui mon adorable Ivy. Comme ça demain je serai exécrable et ce sont mes initiés qui prendront et Éric me devra une faveur.
- Merci mon adorable Audacieux. Et bonne chance avec l'odeur.
- Il me revaudra ça, marmonna-t-il.
Je l'embrassais une dernière fois et j'allais voir comment se portait l'ivrogne. Blanc comme un cachet d'aspirine, le regard vitreux et une expression encore nauséeuse, Éric était avachi sur le sol, contre le mur. Sa chemise froissée portait des traces de je-sais-quoi et son pantalon était déchiré au niveau du genou d'une façon qui ne faisait pas naturel. Les jointures de ses poings étaient légèrement sanguinolentes.
- Tu t'es battu ? m'étonnais-je.
- Ouais, grimaça-t-il. Ces sales petits cons…
- Tais-toi ! ordonnais-je. Tu vas t'allonger sur le carrelage.
Il s'exécuta non sans me regarder comme si j'étais devenue folle. Du dos de la main, je la posais sur son front pour avoir une idée de sa température. Il n'avait pas l'air d'avoir de fièvre. La fraîcheur du carrelage l'aiderait à reprendre ses esprits. Je jetais un œil à mes toilettes et fut rassurée de voir qu'il n'y aurait pas de nettoyage à faire. Bon l'odeur allait persister plusieurs jours.
- Qu'est-ce qui t'ai arrivé ?
- Je ne sais pas par où commencer.
- Le début, sifflais-je.
- J'étais pas bien et j'en ai eu assez de rester enfermé. Du coup j'ai été au bar, à Vénéneuse je crois. J'ai beaucoup bu. Y'en a bien quelques-uns qui m'ont dit de ralentir mais je les ai pas écouté. Puis on refuse pas de servir à boire à un leader. Après y'a une espèce de furie qui m'a mis dehors parce que ma présence dérangeait soi-disant, ricana-t-il. Là j'ai croisé ces petits cons et j'ai frappé…
Avec un soupir, j'ouvris l'un des placards et en sortait du désinfectant et des compresses. Tandis qu'il restait allongé, je soignais ses mains. Ce n'était que des petites égratignures.
- C'est de ta faute, me dit-il.
- Pourquoi ? m'étonnais-je.
- Tout ton charabia sur Sevy n'aurait pas voulu ça, blablabla, tu dois reprendre ta vie, blablabla, sors un peu…
J'appuyais plus fortement sur l'une de ses petites blessures et il grimaça de douleur. Comme si c'était ma faute s'il avait décidé d'aller boire ailleurs que chez lui. Je ne le laisserai pas m'accuser à tort.
- Toujours nauséeux ?
- Ça va, grimaça-t-il.
- Maintenant douche parce que comme d'habitude tu pues. Je crois même que je vais brûler tes vêtements.
Je me relevais pour lui sortir une serviette puis je lui indiquais le shampooing. Comme il me regardait avec un air demeuré, je me sentis obligée de lui expliquer comment fonctionnait la douche. Je terminais en lui disant que Zack lui prêterait des affaires de rechange. Au moment où je partais, il me retint par le poignet.
- Je ne comprends toujours pas pourquoi tu fais tout ça pour moi. Je me souviens de toi me disant que tu me détestais.
- Tu comprendras.
Je refermais la porte et soupirais longuement. Je n'aurais jamais dû lui répondre. C'était un risque qu'il se pose encore plus de question. Zack venait de terminer, il m'enlaça longuement, son menton sur le sommet de mon crâne. Un instant je crus qu'il dormait.
- Tu lui prêteras des vêtements, chuchotais-je.
- Bien sûr, rit-il jaune. Quelle plaie ! Il a de la chance que tu sois là sinon je l'aurais déjà viré à coup de pied au cul.
- Je sais.
Je laissais Zack lui apporter des vêtements dans la salle de bain tandis que je jetais les vieux vêtements. Je jetais un œil à l'entrée et respirais l'odeur de savon. C'était déjà ça. Tout en bougonnant Zack retourna se coucher.
- Lui je ne le veux pas dans mon lit, sitôt qu'il sort, il dégage !
Après ça, il disparut sous la couette. J'étais d'accord sur le fait que je n'allais pas accueillir Éric dans mon lit. Le supporter chez moi était déjà suffisant. Lorsqu'il sortit de la salle de bain, je lui indiquais le canapé (deux places seulement). Il se laissa tomber et je n'eus même pas le temps de lui apporter un oreiller qu'il dormait déjà. Soudain fatiguée, je fis de même.
- En plus il ronfle, désespéra Zack. La poisse ! La poisse…
Je m'endormis, amusé par la dernière réplique de Zack.
Le lendemain matin, je fus réveillée la première. Alors que les garçons dormaient je préparais du café et un verre d'eau avec une aspirine. J'embrassais Zack sur le front puis sur les lèvres pour qu'il se réveille et je partis prendre une douche en lui disant de réveiller Éric.
- DEBOUT ! entendis-je de l'autre côté de la porte.
Un grognement suivit d'une « bordel, ma tête », lui répondit. C'était là la malchance d'avoir des murs fins, on entendait tout.
- Écoute-moi bien, commença Zack. Sans Ivy tu serais en train de décuver au milieu d'un couloir alors tu vas bouger tes fesses, prendre le cachet d'aspirine qu'elle t'a préparé et te casser d'ici. Je t'ai assez vu.
- Sur un autre ton, je suis ton leader, menaça Éric.
- Leader ou pas, je n'en ai rien à faire. Ma copine s'est occupée de toi, tu as pioncé sur mon canapé et tu vas boire mon café. Moi je n'accueille pas les clodos alors leader ou pas, je te parle comme je veux. Tu as franchi la barrière Éric.
- Quelle barrière ? ricana ce dernier.
- Celle du respect membre-leader. Celle qui dit qu'un leader ne pas gerber chez un des membres de la faction. Si tu penses que les autres ne voient pas ta déchéance, c'est ton problème. Mais à partir du moment où t'as gerbé devant ma porte, tu n'es pas mon leader, tu es un parasite. Repasse cette porte et tu seras à nouveau le leader que je crois respecter.
- Merci pour la leçon de moral Reys, se moqua Éric. Tu me files ce cachet !
- Ah mais quel boulet !
Le silence qui suivit me donna des frissons mais au moins ils n'allaient pas de battre. Profitant ce court intermède, je me glissais sous l'eau. Leur discussion reprit lorsque je sortis.
- Pourquoi tu n'as pas été voir Quatre ? demanda Zack.
- Je n'en sais rien. Chez vous c'était plus près.
- Si tu penses que je vais te croire, ricana méchamment mon petit ami. La vérité c'est quoi ? Soudain Ivy s'occupe de toi et tu as cru quoi ? Qu'elle était ton amie peut-être.
Un silence.
- Alors c'est ça, lâcha Zack. Elle n'est pas ton amie et elle ne le sera jamais. Elle t'aide parce que c'est dans ses gènes d'aider les autres mais elle ne te considèrera jamais comme son ami.
- Qu'est-ce que tu cherches à me dire Reys ?
- Qu'elle fait ça parce qu'elle a pitié de toi.
- La ferme !
Je décidais de ce moment pour sortir. Heureusement car ils étaient tous les deux levés, face à face et prêt à se battre. Zack posa son regard sur moi et s'éloigna d'Éric. Il termina sa tasse de café et vint m'embrasser avant de partir. Je me retrouvais donc seul avec Éric. Il ne me regardait pas mais je le sentais encore furieux.
- Tu as pitié de moi, ricana-t-il. Quel idiot je peux être ! Je n'apprendrais décidément jamais.
- Je ne considère pas qu'aider les autres c'est avoir pitié d'eux. Zack peut penser ce qu'il veut, toi tu peux croire ce que tu veux. En tout cas je ne vais pas cesser de t'aider maintenant même si tu ne veux pas de ma présence.
Mentir devenait tellement simple. Je n'éprouvais aucun remord à agir de la sorte et ça devenait effrayant. Quelque chose avait changé en moi et je n'étais plus l'inoffensive Altruiste qui voulait survivre. Éric finit par partir et moi aussi. D'autres existaient et eux, je désirais réellement les aider.
Les choses avancent. Mais ce n'est pas encore la fin. Profitez, profitez… Et retrouvons-nous la semaine prochaine !
