CHAPITRE 12
Une semaine était passée depuis la libération de Clarke. Contre l'avis de ses généraux qui réclamaient vengeance, Lexa n'avait pas voulu exécuter Roan qui restait enfermé dans une geôle de Polis. Elle avait encore espoir de sauver la paix et pensait que Roan pouvait leur fournir des informations sur ce qui se tramait chez les Azgeda. Malheureusement, malgré des heures de torture, Roan n'avait rien livré, pas plus que les hommes qu'ils avaient capturés.
Seule dans la salle du trône, Lexa attendait la venue d'Octavia qui devait lui apporter des nouvelles d'Arkadia.
— Okteivia kom Skaikru ! annonça le garde en faisant entrer la guerrière brune.
Octavia s'approcha et s'agenouilla.
— Relève-toi. Comment va Clarke ? demanda Lexa sans préambule.
Octavia réprima un petit sourire devant la question directe de Lexa qui trahissait son impatience et son intérêt pour Clarke.
— Elle guérit rapidement, mais...
Octavia s'interrompit, gênée, se demandant si elle pouvait parler franchement à la Commandante dont Indra l'avait prévenue de l'irascibilité quasi permanente depuis le départ de Clarke.
— Mais ? Je t'ai connue plus directe, Octavia. Dis ce que tu as à dire.
— Elle vous en veut. De l'avoir renvoyée à Arkadia sans explications, et de ne pas être allée la voir après ce qu'elle avait subi...
Lexa encaissa les reproches en silence, son regard froid et impassible considérant Octavia. Elle se leva finalement de son trône, et s'approcha de la fenêtre qui donnait sur le balcon, les mains derrière le dos. Octavia comprit que Lexa tentait de cacher ses émotions.
— Tu sais que je n'avais pas le choix, finit par dire Lexa sans se retourner.
Octavia aurait voulu lui dire qu'elle aurait pu lui expliquer, et que Clarke aurait compris, mais elle s'abstint et le silence s'installa entre elles.
— Est-ce que Clarke a pu te dire ce que voulait Roan ? demanda enfin Lexa.
— Oui, et c'est préoccupant. Il voulait savoir combien d'hommes compte votre armée, si vous possédiez des fusils Skaikru et où se trouvent ces fusils à Arkadia.
Lexa fit volte face, ses yeux soudain inquiets.
— Ils préparent une offensive contre nous ! Votre camp est protégé ?
— S'ils veulent venir, nous les attendons de pied ferme, les bombes de Raven ont été placées à des endroits stratégiques, et les fusils supplémentaires sont dans la navette. Néanmoins, nous aurions besoin qu'elle revienne à Arkadia, Heda.
— Tu repartiras avec elle.
— Qu'allez-vous faire de Roan ?
— L'échanger contre la reddition de la reine Nia pour maintenir la paix.
— Et si elle n'accepte pas ?
— Alors ce sera la guerre.
Deux jours plus tard, Lexa avait réuni le Conseil de la Coalition dans la salle du trône. Les prisonniers Azgeda étaient agenouillés et ligotés dans un coin et la Commandante nota l'embarras que n'arrivait pas à dissimuler l'Ambassadeur du peuple des Glaces.
— Ambassadeurs, je n'ai sans doute pas besoin de vous présenter le prince Roan. Il s'est rendu coupable de faits de trahison, en enlevant l'Ambassadrice des Skaikru et la torturant pour obtenir des informations visant à nous attaquer.
Des murmures outragés parcoururent la salle.
— Si nous n'étions pas arrivés à temps, elle serait sans doute morte. Elle se remet de ses blessures et c'est la raison pour laquelle elle n'est pas ici aujourd'hui. Heda Markus kom Skaikru représente son peuple à sa place.
Lexa fit une pause, puis, rassemblant son courage, exposa sa stratégie.
— Si Roan est toujours vivant, c'est parce que je ne souhaite pas la guerre. Je propose d'échanger la vie du prince contre la reddition de la reine Nia.
— C'est inadmissible ! protesta l'Ambassadeur Azgeda. Vous ne savez même pas si la reine Nia est responsable de cet... enlèvement, et si Roan n'a pas agi à sa seule initiative.
— Aucune importance. Roan représente son peuple en tant qu'héritier et il doit répondre de ses actes.
— Et si elle refuse, Heda ? demanda l'Ambassadeur des Floukru.
— Ce sera une déclaration de guerre, et je demande aux onze autres clans de me soutenir en joignant leurs guerriers aux miens. Je vous laisse deux jours pour en parler à chacun de vos clans et revenir me donner votre réponse.
Quand Marcus revint de Polis, il convoqua immédiatement une assemblée. Tous les Skaikru s'étaient réunis pour l'écouter. Il expliqua les manoeuvres des Azgeda responsables de la torture de Clarke et la demande de Lexa qui leur laissait le choix de la suivre dans cette guerre ou de s'abstenir.
— Ce n'est pas notre guerre. Il y a eu suffisamment de morts et de souffrance parmi nous, lança Abby. Lexa aura bien assez de guerriers !
— Je suis d'accord, dit Raven. Le sacrifice de Finn était déjà insupportable. Devons-nous encore perdre les nôtres pour un conflit qui dure depuis des années et qui ne nous concerne pas ?
Les clameurs d'assentiment qui parcouraient la foule révoltaient Clarke et Octavia. Mais ce fut Bellamy qui prit la parole.
— Ce n'est peut-être pas notre guerre. Mais qui a retrouvé et libéré Clarke ? Qui vous a tendu la main pour vous offrir la paix, la nourriture et la protection ? Et quel sorte d'honneur avez-vous ? Vous prêtez allégeance en tant que treizième clan de la Coalition et quand la Commandante a besoin de vous, vous lui tournez le dos ?!
Les paroles de Bellamy refroidirent soudain les protestations.
— Je suis un soldat, continua-t-il. Et un soldat n'abandonne pas son commandant quand il a besoin de lui. Je serai là. Avec Lexa kom Trikru. Pour la paix. Pour qu'elle survive. Pour que nous survivions.
Murphy, Monty, et d'autres jeunes se joignirent à lui, puis des soldats adultes, réaffirmant leur allégeance.
Octavia fit un pas en avant, dégainant une de ses épées, et cria "Kom wor !" Pour la guerre ! "Kom Heda !" Pour la commandante ! et les Trikru restés dans le camp avec elle hurlèrent à l'unisson. La quasi totalité des soldats se rallia au mouvement général, et Clarke ferma les yeux, le coeur serré.
La nuit allait tomber sur Arkadia quand les sentinelles virent s'approcher trois cavaliers au galop. Octavia entendit les chevaux et s'avança vers la porte d'entrée qui s'ouvrit sur deux guerriers Trikru suivis d'un cavalier couvert d'une capuche lui dissimulant le visage. Quand il l'abaissa, Octavia eut un hoquet de surprise.
— Heda !?
— Beja, Okteivia, shof op. Lid ai gon Heda Markus, S'il te plait Octavia, sois discrète. Amène-moi au chancelier Marcus, ordonna Lexa avec un sourire de connivence qui détonnait avec sa froideur des jours précédents.
— Sha, Heda, répondit Octavia en lui rendant son sourire.
Lexa suivit Octavia dans la navette, provoquant des réactions d'étonnement de tous les Skaikru qui la reconnaissait. Au poste de commandement, elles trouvèrent Marcus et Raven en train de discuter.
— Marcus, Heda Leksa kom Trikru nous fait l'honneur de sa visite, annonça Octavia.
— Lexa ! Soyez la bienvenue à Arkadia ! dit Marcus, surpris.
— Je... viens voir si vous êtes suffisamment protégés en cas d'attaque des Azgeda... et si je peux compter sur votre soutien si la guerre est déclarée, expliqua Lexa.
Devant l'invraisemblance du prétexte, Octavia comprit immédiatement que Lexa venait d'improviser la justification de sa présence ici, et que la véritable raison s'appelait Clarke. Plus grave, elle devina que personne n'était au courant qu'elle était partie de Polis. Indra et Titus allaient devenir fous, et Octavia ne put s'empêcher d'en retirer une certaine jubilation.
— Je pensais que... vous attendiez ma réponse demain lors du Conseil... mais il va de soi que nous serons avec vous si on ne peut éviter la guerre avec les Azgeda.
— Très bien, je n'en attendais pas moins de vous, confia Lexa en croisant le regard complice d'Octavia.
— Nous allions manger, fit Marcus. Venez vous joindre à nous.
Marcus mena Lexa dans leur bâtiment de restauration. Les Skaikru prenaient toujours leurs repas ensemble, essayant de maintenir une convivialité et une vie en commun réconfortante. Quand ils entrèrent, le silence se fit au fur et à mesure que les Skaikru remarquaient la présence de la Commandante.
— Levez-vous pour la Commandante ! ordonna Marcus.
Tout le monde obéit et baissa la tête. Lexa fit un signe de tête à Marcus qui l'invita à s'asseoir à la table où se tenaient Abby, Bellamy et Raven. Lexa prit place et les Skaikru firent de même, reprenant leur repas et leurs conversations. Elle perçut certains regards hostiles, celui d'Abby et d'autres qui n'avaient sans doute jamais accepté le sacrifice de Finn. Elle consentit à un verre d'alcool qu'elle but lentement tout en discutant avec Marcus, et commença à se détendre peu à peu.
Et puis Clarke apparut. Elle se dirigea vers leur table et s'arrêta net quand elle aperçut la Commandante, puis rebroussa chemin. Octavia se leva d'un bond et l'intercepta à l'extérieur.
— Clarke ! Elle est venue pour toi !
— Ca m'est égal, je ne veux pas la voir, c'est trop tard.
— Clarke... Demain, ce sera sans doute la guerre... c'est aussi pour ça qu'elle est là... et elle a pris le risque de venir alors que personne ne sait qu'elle est partie de Polis ! Donne-lui une chance de s'expliquer !
Clarke vit Lexa qui était sortie du bâtiment et patientait en silence derrière Octavia, ses deux guerriers surveillant à distance. Elle capitula et fit signe à la guerrière de la suivre en lui jetant un regard presque méprisant. Elle la fit entrer dans sa tente et attendit, bras croisés, dos à la porte.
Pour la première fois, Lexa était intimidée, ne sachant comment affronter et apaiser le regard plein de colère qui la fixait.
— Pourquoi ?! lança finalement Clarke en s'approchant de Lexa.
— Pourquoi m'avoir éloignée sans un mot, sans même un regard ? reprit-elle en marchant vers Lexa, la faisant reculer. Je ne valais même pas la peine que tu m'expliques ? Ou tu me pensais trop stupide pour comprendre ?
Clarke criait chaque mot et dans sa voix presque cassée transparaissaient la rage et la tristesse.
— Pourquoi n'être jamais venue me voir, alors qu'on m'a torturée à cause de toi ! Ou même m'envoyer un message, un signe, n'importe quoi ! cracha Clarke tout en continuant à avancer pas à pas sur Lexa qui finit acculée contre la table au centre de la tente.
— Hodnes nou laik kwelnes. L'amour est une faiblesse, c'est ce qu'on enseigne à tous les Commandants, répondit finalement Lexa, les mains accrochées au rebord de la table, en plongeant ses yeux désolés dans ceux de Clarke dans lesquels commençaient à perler des larmes. C'est comme ça que nous survivons.
— Peut-être que la vie devrait être plus que juste survivre... Comment peut-on vivre comme toi ? Tu ne ressens plus rien pour personne, tu t'enfermes dans ta carapace impassible, tu rejettes tous ceux qui tentent de t'approcher, tu es indifférente à tout le monde !
Si Lexa n'avait pas été si submergée par ses émotions, elle aurait presque pu rire du fait que Clarke se trompait totalement. Leurs corps et leurs visages étaient si près l'un de l'autre que Lexa sentait la chaleur du souffle de Clarke sur ses lèvres, et malgré la tension et l'hostilité de Clarke, un désir absolu et insoutenable grandissait en elle.
— Non. Pas tout le monde... Pas toi... avoua-t-elle finalement en essayant de respirer.
Lexa vit l'étonnement dans les yeux de Clarke, mais elle ne lui laissa pas le temps de protester, et se pencha pour l'embrasser doucement. Clarke ne la repoussa pas. Lexa se releva et essuya une larme qui roulait sur la joue de l'autre femme dont le regard était soudain indéfinissable.
Lexa posa à nouveau ses lèvres sur celles de Clarke et dessina délicatement leurs contours du bout de sa langue, faisant naître la chair de poule sur les bras de l'ambassadrice.
Clarke attira Lexa contre elle, et entrouvrit sa bouche, invitant sa langue à la rejoindre. Leur baiser se fit plus profond, plus intense, leurs lèvres s'étreignant lentement dans une danse envoûtante qui dura de longues minutes, faisant croître un feu irrépressible dans leurs corps.
Puis Clarke décida de rompre le contact et s'agenouilla devant Lexa. Elle déboutonna le pantalon de cuir qu'elle fit glisser juste assez pour embrasser le sexe de la guerrière qui poussa un gémissement quand elle sentit la langue commencer à l'explorer.
Clarke goûtait les fragrances épicées et la douceur de son intimité, se mouvait lentement au rythme des soupirs discrets, ses mains agrippant les jambes qui tremblaient légèrement.
Et quand une main se posa derrière sa tête, elle accéléra progressivement les caresses de sa langue, observant subrepticement Lexa qui avait fermé les yeux, son autre main crispée sur la table pour garder son équilibre alors qu'elle tanguait au fur et à mesure des vagues de son plaisir.
Bientôt, sa respiration changea, se fit plus saccadée, ses gémissements plus sonores, sa main se refermant dans les cheveux de Clarke qui accentua encore son mouvement, encore et encore, jusqu'à ce que le corps de Lexa se cambre, submergé par l'extase, un long cri rauque s'échappant de ses lèvres asséchées.
Quand Clarke se releva, Lexa n'avait pas rouvert les yeux, et elle l'embrassa d'abord doucement, puis emportée par son désir inassouvi et impérieux, plus ardemment, jusqu'à ce que Lexa y réponde, dévorant sa bouche.
Soudain, Lexa souleva Clarke dont les jambes s'enroulèrent naturellement autour de sa taille et la porta jusqu'au lit sur lequel elle la jeta sans ménagement. Debout devant elle, Lexa défit lentement son armure, partie après partie, révélant sa nudité devant les yeux de Clarke, obscurcis par l'envie, qui se redressa et retira à son tour ses vêtements, dévoilant un bandage sur son épaule blessée. Avec un regard empreint de convoitise, Lexa rejoignit Clarke sur le lit et éprouva enfin le contact exaltant de leurs peaux l'une contre l'autre, leurs lèvres se retrouvant dans un baiser passionné, sa main glissant inexorablement entre les cuisses de Clarke, testant la moiteur qui l'accueillit.
Le premier soupir de Clarke se perdit dans l'étreinte violente de leurs lèvres, tandis que les suivants s'exhalèrent à l'oreille de Lexa dont la langue s'attardait sur la gorge de l'autre femme et sombrait dans l'odeur enivrante de sa peau. Les ongles de Clarke s'imprimaient sur le dos de la guerrière à chaque montée de plaisir, ses hanches accompagnant les doigts qui la caressaient, impatientes et insatiables. Lexa intensifia la pression de sa main, épousant le rythme du souffle de plus en plus haletant de Clarke, ignorant la douleur des griffures qui encraient son dos de nouveaux tatouages sanglants.
Et quand Clarke s'abandonna enfin dans un ultime cri de jouissance, leurs regards enfiévrés enchainés l'un à l'autre, plus rien ne comptait, ni la guerre, ni leurs peuples, ni le devoir, plus rien n'avait d'importance que la force de cette volupté immarcescible et fusionnelle qui les réunissait.
Quand Octavia pénétra dans la tente de Clarke plus tard dans la nuit, ce n'est pas de découvrir les deux femmes nues endormies l'une contre l'autre, Clarke collée contre le dos de Lexa, la figure enfouie dans les cheveux de la guerrière, qui la surprit. Ce qui la frappa fut de voir le visage apaisé et rayonnant de la Commandante qui souriait dans son sommeil. Un état de félicité que Lexa n'avait sans doute plus connu depuis la mort de Costia. Ou peut-être même jamais, se demanda Octavia, tant ce qui émanait des deux femmes quand elles étaient ensemble était fort et troublant.
Elle se détestait à l'avance de ce qu'elle devait faire. Elle aurait voulu leur laisser ce moment de répit, cet instant de paix et de bonheur, mais elle avait des ordres, des ordres donnés par celle-là même à qui elle allait arracher son sourire.
— Heda. Taim don kom op, dit-elle sans crier. C'est l'heure.
Lexa ouvrit les yeux. Quand elle reconnut Octavia, un voile de tristesse passa dans son regard et son sourire s'évapora.
— Moba, Heda... Je suis désolée...
— Ai kom op. Gon we. Moshof, Okteivia. J'arrive. Laisse-nous. Merci, Octavia.
Quand Octavia sortit de la tente, Lexa se leva et se rhabilla en silence.
— Tu dois déjà partir ? demanda Clarke, que le bref échange avait réveillé.
— Je dois arriver à Polis avant le Conseil. Et discrètement.
Clarke se leva et plaqua son corps nu dans le dos de la guerrière, l'entourant de ses bras, refaisant naître le désir.
— Je veux venir avec toi.
— Tu ne peux pas. Tu dois rester ici pour aider ton clan.
— Mais s'il y a la guerre, je ne servirai à rien ici !
— S'il y a la guerre, je ne veux surtout pas que tu sois à Polis, tu serais en danger ! s'énerva Lexa en se défaisant de l'étreinte devenant insupportable de tentation.
Tout à coup, Clarke réalisa que c'était peut-être la dernière fois qu'elle voyait Lexa, que si Lexa était venue, c'était aussi parce qu'elle savait la guerre inévitable, et qu'elle mourrait peut-être dans les combats.
— En fait, tu savais déjà que la Reine Nia refuserait... dit-elle, les larmes aux yeux.
— Je dois y aller, Clarke, répondit froidement Lexa, le regard déterminé mais empreint de tristesse.
Clarke savait qu'elle ne la ferait jamais changer d'avis et que sa présence à Polis serait plus perturbante qu'utile. Alors elle se rapprocha à nouveau et elles s'embrassèrent une ultime fois, d'un baiser violent et désespéré, le chagrin et le désir se mêlant au goût des larmes, le corps de Clarke tremblant de froid et de rage.
— Puissions-nous nous retrouver, Clarke, dit Lexa en s'arrachant aux lèvres de la jeune femme.
— Puissions-nous nous retrouver, Lexa...
Et avant que la guerrière ne se détourne et sorte de la tente, Clarke distingua clairement des larmes se former dans ce regard vert et intense qui la bouleversait toujours, ébranlait ses certitudes et la remuait jusqu'au fond de son être.
