CHAPITRE 34

Blablazone : Bonjour tout le monde ! Bienvenue dans ce nouveau chapitre qui j'espère vous plaira. Je vous le poste pendant ma pause déjeuner. En vous souhaitant une bonne journée et une bonne lecture ! A bientôt !

Ps : Merci à MissMalefoy33 pour l'ajout en favoris, merci, merci et à tous les autres aussi qu'ils laissent des review ou non. La bise !

Réponses review :

Moni : Hey ! Même si on n'aime pas Éric, on est content qu'il soit là. Oui, oui, oui ! C'est totalement ce que je voulais transmettre, le dernier cadeau de Sevy à sa sœur (tu as perçu ce que je voulais montrer). Merci d'aimer Zack, tu seras son soutiens (haha !). Bonne lecture et à la semaine prochaine !

CourtneyAckles : Hey ! Je me doutais que le retour d'Éric te plairait. Et oui tu as raison pour Sevy. Bonne lecture et à la semaine prochaine.


Les journées s'écoulaient avec lenteur. Je redoutais le moment où des soldats Audacieux viendraient m'arrêter. Ou alors Tris et Quatre trouveraient le jour miracle où nous fuirions. Je redoutais autant ce jour-là, parce que j'allais abandonner mes amis et Zack. Tout était en train de me couler entre les doigts. J'avais l'impression de vivre perte sur perte. Il était toujours plus facile de se plaindre de son sort et moins de celui des autres. C'étaient ce que promouvaient les Altruistes, se préoccuper du sort des autres, mais cette caractéristique m'était de plus en plus en plus étrangère.

Travailler se révélait un bon moyen pour me changer les idées. Ray ne m'avait pas arrêté lorsque j'avais fait trois fois l'inventaire de notre matériel. Il m'avait laissé les quelques blessés qui avaient passé le seuil de l'infirmerie. Ray me laissait faire et je lui en étais reconnaissante. Si jamais je devais m'enfuir, je ne verrais plus Zack, j'allais l'abandonner et il ne pourrait peut-être pas me pardonner.

- Tu restes ? s'étonna Ray. Ton petit ami ne t'attend pas ?

- J'ai encore des choses à faire, dis-je plongée dans un dossier.

- Je peux rester pour t'aider, proposa-t-il.

- Va-t'en d'ici Ray, va profiter de ta soirée lui souris-je.

Si je m'étais plongée dans le travail lui trépignait depuis ce matin pour rejoindre son rancard de la soirée. Pour l'instant il me cachait le nom de son nouveau prétendant mais je savais que dans quelques jours il m'en parlerait sans jamais s'arrêter. Ray était comme un passionné dès qu'il s'agissait d'amour.

L'infirmerie vide aurait dû me faire peur mais j'appréciais trop cet endroit. Je le trouvais sécurisant, autant que mon appartement. J'aimais voir que tout était parfaitement rangé et qu'assise, là, je ne faisais face qu'au silence. La pièce était perdue dans un renfoncement qui la protégeait de l'agitation des Audacieux. Je vérifiais une énième fois le nouvel arrivage de médicament. Nous renouvelions nos stocks comme chaque fois mais la dernière fois peu avant la mort de Sevy, il manquait la moitié des anti-douleurs dans la livraison. Depuis je vérifiais les arrivages au moins trois fois.

[flaskback]

C'était un soir où j'étais de garde. Zack ne pouvait pas me rejoindre, il avait promis à Archi qu'ils allaient passer la soirée entre mecs. Je l'avais encouragé à y aller. Ce soir-là je m'étais préparée à un moment de solitude qui me semblait rare. Puis Sevy était arrivée avec sa bonne humeur communicative et de quoi manger.

- Bonsoir ! C'est morbide ici, rit-elle. Ça manque de couleur.

- C'est une infirmerie.

- Et alors ? Ça pourrait être un endroit un peu plus gai.

- Tu n'auras qu'à faire part de cette recommandation à Ray. Puis-je t'être d'une quelconque utilité ?

- Regarde !

Elle avait retiré son t-shirt pour que je puisse admirer son nouveau tatouage. Deux petits papillons de couleur rouge et violet sur son flanc gauche. Elle en était si fière (surtout que c'était Sora qui l'avait réalisé) qu'elle m'en parla sans s'arrêter.

- Je t'ennuie.

Son ton était amusé et je me sentis rougir après un nouveau bâillement. Tout en souriant, elle se glissa dans mon dos et posa son menton sur mon épaule.

- Fouineuse ! plaisantais-je.

Elle se mit à rire et m'enlaça tendrement. Elle se mit à souffler dans mes cheveux comme quand nous étions enfants. Sevy savait parfaitement que ça m'énervait. C'était l'une des dernières fois qu'elle m'avait fait un câlin, un vrai, pas juste une étreinte pour dire bonjour.

[fin flashback]

Je pouvais presque sentir ma sœur m'étreindre. Son odeur s'estompait mais en puisant réellement dans mes souvenirs, je pouvais m'en souvenir. Sa voix aussi sonnait comme un faible écho. Je fermais les yeux pour donner plus d'intensité à mes souvenirs. La présence rassurante de ma sœur me manquait. A sa manière elle me donnait un sentiment de sécurité. Je pinçais les lèvres pour ne pas pleurer mais les larmes roulèrent sur mes joues.

- Qu'est-ce que tu m'as fait ?!

Avec un sursaut, j'ouvris les yeux et je me redressais tout en me prenant le coin du bureau. J'essuyais mes yeux pour voir Éric devant moi, en colère. Pour une fois j'étais complètement perdue quant à la raison de sa fureur.

- Bonsoir à toi aussi. Nous fermons le bureau des doléances pour aujourd'hui, la tienne attendra demain. Et puis le message de la dernière fois était clair, plus de contact donc je ne t'ai rien fait.

J'avais tenté de garder un ton ferme. J'étais fatiguée et je n'avais guère envie d'affronter Éric ce soir. Était-ce trop demander de vivre le souvenir de ma sœur avec tranquillité ? Il m'accusait d'une chose que je ne comprenais même pas.

- Je vais me montrer généreuse en te demandant ce que je t'ai fait, dis-je.

Son regard était indéchiffrable, ni colère, ni joie, rien. Si ce n'était qu'une lueur de désespoir.

- Je crois que je suis amoureux de toi, murmura-t-il.

- Pardon ? m'écriais-je.

Je reculais de dégoût. Éric m'aimer ? Impossible. Et même si c'était le cas, je ne répondrais jamais à ses sentiments.

- Tu as bien entendu, s'irrita-t-il.

- Non, non, non, répétais-je en secouant la tête.

- En te demandant de t'éloigner, j'ai cru que ça passerait. Mais tu me manque.

- La ferme ! criais-je.

Mon cœur battait trop vite et la colère emplissait mes veines. Il fallait que je me calme. Prenant une longue inspiration, je relâchais la tension. M'asseoir me donnait envie mais je ne voulais pas céder mon rapport à l'égalité. Éric était déjà plus grand que moi et je n'allais pas le laisser me dominer.

- Tu n'es pas amoureux de moi Éric. Ce que tu aimes chez moi c'est l'image de Sevy que je te renvoie. Toi et moi nous le savons, je ne t'aimerai jamais.

- Tu as peut-être tort.

- Je te déteste ! Sors d'ici !

- Je suis leader, je vais où je veux.

- Très bien !

Je me levais, récupérais ma veste et je partis en claquant la porte. Plus jamais je ne voulais le voir. Comment pouvait-il penser ça ? Être amoureux de moi ? Non, bien sûr que non. J'entrais dans l'appartement comme une furie et je balançais ma veste sur le lit.

- Un problème ?

Je me retournais pour voir Zack, allongé sur le lit, prêt à faire la sieste avant de rejoindre Archi. Son sourire chassa toute ma colère. J'allais me blottir contre lui et inspirais son odeur.

- L'initiation se termine bientôt. Du coup Archi va pouvoir se donner à fond dans sa formation de futur leader.

- Il sera un bon leader.

- Ta confiance est touchante. Maintenant si tu me disais ce qui te tracasses.

- Rien, me renfrognais-je.

Si tu savais Zack, si seulement tu savais. Mais il faudrait que je te raconte l'histoire depuis le début et cela te mettrait en mauvaise position. Et je ne pouvais pas te faire ça, je ne voulais pas te faire ça. Bientôt je ne serai plus là et tu m'en voudras sûrement. Peut-être passeras-tu de l'amour à la haine, ou alors tu m'oublieras.

Cette très mauvaise histoire allait m'obliger à partir. Cette vengeance aussi parce que je ne laisserais pas Éric vieillir encore.

Qu'il soit amoureux de moi était un avantage non-négligeable. J'espérais que mon rejet l'avait blessé dans son ego. Bientôt il se sentirait trahi, encore une fois. Je voulais qu'il souffre et qu'il cède à la colère. Une fureur qui le rendrait aveugle et qui me permettrait d'agir en peu temps. J'étais persuadée qu'il allait se jeter corps et âme dans la rage, avec impulsion et sans réflexion, alors il serait piégé et une balle viendrait lui cueillir le crâne.

L'infirmerie était vide. Littéralement. Et c'était inhabituel car tous les matins quelqu'un attendait pour demander un médicament, des soins ou juste pour venir parler. Même Ray, l'insomniaque, n'était pas présent. Un jeune Audacieux arriva en courant, une pile de papier entre les mains.

- Bonjour, le saluais-je.

- J'en ai plus qu'assez qu'on se serve de moi comme coursier ! râla-t-il. Je devais aller m'entraîner avec Uriah.

- Tu as encore toute la journée devant toi, la rassurais-je.

- Tu parles ! Y'en a bien un qui va me trouver un truc à faire.

Je m'emparais des papiers qui l'entravait et allais les poser sur mon bureau. Le garçon en face de moi devait avoir treize ou quatorze ans, il avait des cheveux blonds un peu trop long qui cachait des yeux bleus clairs. De petite taille, il était pourtant musclé. Il venait de s'asseoir sur l'un des lits et observait autour de lui. Son nom me revint d'un seul coup, Eliott.

- Que fais-tu encore là ? m'étonnais-je. Tu n'as pas un entraînement ?

- Tu ne détestes pas cet endroit ?

- Non.

- Moi il me donne froid dans le dos. Au fait vous échangez souvent avec les Érudits ?

- Comment ?

- Les papiers. Ils annoncent l'arrivée prochaine de nouveau sérum. Il paraît qu'il est plus performant. Je parie que c'est encore une de leur combine pour trouver les divergents. Franchement je pense qu'il y a mieux à faire.

Il posa deux mains sur sa bouche dans un geste précipité, comme s'il avait été trop loin, comme s'il n'avait le droit de penser ces choses. Je le rassurais d'un sourire, il pouvait parler comme il le voulait devant moi.

- Cela ne te concerne pas. Donc tu arrêtes de fouiner dans les papiers, grondais-je doucement.

- Je ne le ferai plu. Jusqu'à la prochaine fois, répliqua-t-il avec malice. Tu sais je ne crois pas que cela soit une bonne chose cet espèce de lien avec les Érudits.

- Eliott, soupirais-je. Tu es bien trop jeune pour prendre parti.

- C'est toi qui ne comprends rien.

Il partit en courant, un peu en colère. J'avais eu très peu de contact avec les enfants que ce soit quand j'en étais moi-même une ou plus tard. J'étais une solitaire.

[flashback]

- Rassure-moi, tu quittes un peu cet endroit morbide parfois ?

Morbide était le mot préféré de ma soeur pour décrire l'endroit où je travaillais, en contrepartie je continuais à traiter ses collègues de merutrier. C'était une petite joute verbale qui révélait plus de la chamaillerie.

Elle avait le chic pour passer me voir lorsque Ray n'était pas là. J'avais l'impression qu'elle ne l'appréciait pas. Je venais de commencer mon travail à l'infirmerie et Sevy revenait d'un entraînement intensif. Elle sentait encore la sueur.

- Je sors, la rassurais-je.

Sevy me sourit et s'assit devant moi, prenant un air plus grave. Ça allait faire presque un an que nous avions sauté d'un toit.

- Éric ne veut pas d'enfant, lâcha-t-elle de but en blanc.

- Il n'est pas un peu tôt pour parler d'avoir un enfant ? Laisses-lui le temps de réfléchir. Toi aussi prend le temps de réfléchir.

- Tout est réfléchi Ivy ! Je veux un enfant, même plusieurs.

- As-tu conscience qu'avec ton travail, ça pourra être compliqué ? As-tu pesé le pour et le contre ? Sevy tu es jeune, pense aux enfants quand tu auras vingt ans minimums voire même des années plus tard.

- Je pensais que tu me soutiendrais, lâcha-t-elle déçue.

- Tu préfères que je te mente ? Que je te dise qu'Éric n'est qu'un idiot trop ambitieux.

- Et toi, tu n'en veux pas ?

Je secouais la tête en signe de négation. Les enfants ça ne m'avaient jamais attiré. Je ne l'imaginais pas parce que je ne serai jamais à ma place dans cette faction, elle n'était pas la mienne. D'un point de vue purement égoïste, je ne voulais pas voir mon enfant partir ailleurs, loin de moi. C'était ça un enfant, on l'aimait tellement qu'il devenait notre vie et lorsqu'il partait, on mourrait un petit peu. Nous n'en avions plus jamais reparlé avec Sevy, elle évitait le sujet. Plusieurs mois plus tard April nous annonça qu'elle était enceinte et ma sœur trouva une oreille attentive à son envie d'enfant. Sauf que pour April rien n'était prévu, c'était juste arrivé, par hasard.

[fin flashback]

Avec un soupir, je me plongeais dans la lecture des rapports. Effectivement les Érudits nous informaient qu'ils venaient de finaliser leur nouveau sérum pour les simulations. Ce dernier se voulait plus performant jusqu'à pousser la réalité de la simulation. Les doses de sérums passaient par l'infirmerie car c'était dans cette pièce qu'elles étaient stockées. Ensuite les instructeurs venaient en prendre une partie lorsque les simulations débutaient. Les factions étaient en corrélation, alors même que nous évitions de nous mélanger. Nous avions besoin du savoir des Érudits pour les sérums, les médicaments, les avancés technologique. Grâce aux Fraternels nous ne mourrions pas de faim. Les Sincères empêchaient que les conflits existants aillent trop loin. Les Audacieux assuraient la protection du système et de ses habitants. Enfin les Altruistes servaient notre cause en se montrant juste. Quand est-ce que tout cela avait fini par se fissurer ? Les Sans-faction désiraient que cela change et je les comprenais. Ils voulaient leur place au lieu d'être vu comme les marginaux du système, les échecs.

- Dis bonjour à tata Ivy !

Je sursautais en voyant April et Adam devant moi. Le petit garçon cacha son visage rond dans le cou de sa mère.

- Je le trouve fiévreux, tu pourrais l'ausculter ? me demanda-t-elle.

- Dépose-le.

Je me penchais vers le petit garçon et commençais l'examen. April était nerveuse, elle tenait la main de son fils tout en mordant dans le pouce de son autre main. Après la naissance d'Adam, April avait changé. Elle était plus attentive et consacrait le plus de son temps à son fils. Devant moi, je n'avais plus une camarade d'initiation mais bel et bien une mère protégeant son petit. Pourquoi pensais-je aux enfants aujourd'hui ? Je n'en désirais toujours pas mais je ne pouvais ignorer qu'ils étaient l'avenir, qu'ils existaient. Eliott deviendrait un Audacieux, un brin rebelle. Adam grandirait parmi des gens forts et le deviendrait peut-être.

- Il n'a rien, rassurais-je April. Un petit coup de chaud à force d'être noyé dans ton étreinte, plaisantais-je.

- Ce n'est pas drôle, sourit-elle.

Elle reprit son fils dans ses bras et ce dernier revint se blottir contre elle.

- Zack te trouve préoccupée, lança-t-elle.

- Il s'inquiète pour rien.

April afficha un air dubitatif. Si Zack m'avait laissé tranquille, elle n'aurait pas la même réaction. Elle plongerait dans la tendance de m'avoir à l'œil tout le temps jusqu'à ce que je craque.

- Éric a dit qu'il m'aimait, avouais-je.

- Aimer dans quel sens ?

- Amoureux.

- Et toi ? me demanda-t-elle.

- Je le déteste toujours autant, répliquais-je. J'aime Zack, pas lui. C'est un tyran. Sans lui Sevy ne serait pas morte.

April eut un regard peiné à mon égard. Elle avait toujours su que je détestais notre leader et que je ne le reconnaissais pas comme tel. Plusieurs fois elle m'avait mis en garde de ne pas trop me trahir. J'avais du mal à croire que toute la faction soit loyale à cet homme. Je ne comprenais pas pourquoi lui avait le monopole alors que Max était de plus en plus déprécié par les membres. Quant aux autres leaders je ne m'y intéressais guère.

- Autre chose ? insista-t-elle.

Je vais bientôt partir parce que je veux survivre. Et venger ma sœur.

Les cris d'Adam me sauvèrent de l'interrogatoire plus poussé. April finit par me laisser. Ray n'était toujours pas arrivé.

Mon collègue et ami n'avait pas mis un seul pied dans l'infirmerie de la journée. Je fermais la porte un peu plus tôt que d'habitude pour partir à sa recherche. Après avoir tourné en rond dans les couloirs, je me décidais à interroger les autres. La plupart ne l'avait pas vu et d'autres ne prenaient même pas la peine de me répondre. Soucieuse, je continuais mes recherches mais bientôt les Audacieux se mirent en mode oiseau de nuit. Ils rentraient chez eux ou rejoignaient Vénéneuse. J'avais même été voir au bar si je le trouvais mais il avait l'air de n'être nulle part. Je rentrais dévorée par l'inquiétude et perdue. Et s'il lui était arrivé quelque chose ?

- Ivy, tu étais où ? me questionna Zack.

- Je cherchais Ray.

Son visage se tordit en une grimace qui me donna des frissons.

- Ray ne reviendra pas Ivy. Ce matin il a été convoqué dans le bureau des leaders pour être arrêté. Puis il a réussi à s'enfuir. Des soldats ont passé la journée à le traquer mais nous n'avons plus aucune nouvelle. Ils ne sont pas très sûr de l'avoir tué, même s'ils ont trouvé du sang…

- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il a fait ?

Ils ont découvert que c'était un traître. Il livrait des informations secrètes aux Sans-faction, ainsi que des médicaments. Je suis désolée Ivy.

- Pas lui. Pas encore quelqu'un que j'appréciais. Lorsque nous avions fouillé dans le bureau d'Éric, je n'avais pas regardé le dossier de Ray. Était-il divergent ? Rebecca ne l'était pas et pourtant elle avait trahi sa faction. Peut-être que Ray aidait juste les Sans-faction.

- Éric veut te voir, déclara Zack.

Je hochais la tête et acceptais l'étreinte qu'il me donnait. Il m'accompagna jusqu'au bureau d'Éric. J'eus soudain peur et les battements de mon cœur m'empêchèrent d'y voir clair. Savait-il ce que j'étais ? Allait-il me tuer ? Était-ce la dernière fois que je voyais Zack ? Que se passerait-il quand il saurait que j'étais une traîtresse ?

Éric m'attendait, assis à son bureau, majestueux, effrayant. Je n'osais même pas m'asseoir. Avec un certain professionnalisme il m'interrogea longuement. Comment était géré les stocks de médicaments ? Comment se passait l'inventaire ? Ray avait-il déjà fait allusion au Sans-faction ? Comment se faisait-il que je ne m'étais rendue compte de rien ?

A peine déclara-t-il qu'il en avait fini que je sortis d'un pas tremblant. Ray était peut-être mort. Ou en vie, me répétais-je. Cette nuit-là fut une nuit d'insomnie. Et bientôt je retomberais dans ce cycle infernal qui me privait de sommeil.


Les choses avancent. Mais ce n'est pas encore la fin. Profitez, profitez… Et retrouvons-nous la semaine prochaine !