CHAPITRE 35

Blablazone : Hello tout le monde ! Ça fait du bien d'approcher de la fin de la semaine et c'est toujours avec une joie certaine que je vous livre un nouveau chapitre. Bon le changement d'environnement est « sec » et sans transition. J'espère qu'il vous plaira et que vous prendrez du plaisir dans votre lecture. A bientôt !

Réponses review :

Moni : Hello ! Une review petite ou grande c'est très bien. Haha ! Oui bon j'ai peut-être un peu poussé pour Éric. Et je me demande aussi pourquoi j'ai fait disparaître Ray, ça va être l'une des décisions que je regrette. Bonne lecture, bonne chance pour les cours !

CortneyAckles : Bonjour ! Je ne suis pas sûre qu'Éric soit du même côté qu'Ivy. Au contraire. Le pauvre Zack ne va pas vivre des jours heureux. Bonne lecture et à bientôt.

MissMalfoy33 : Bonjour, je suis très heureuse que l'histoire te plaise. Éric, oui, à sa place jusqu'à la fin de l'histoire. Contente de ta remarque pour le titre. Bonne lecture et à bientôt.


- Bienvenue chez les Sans-factions !

Quelques heures plus tôt.

Tout avait été si vite. Depuis plusieurs jours je ne dormais plus. Ray me manquait. Si j'avais su ce qu'il faisait, j'aurais pu l'aider, lui éviter cette fuite. Il m'était encore inconcevable qu'il soit mort. Et puis ce nouveau sérum m'inquiétait. Jeanine Matthews persistait dans sa traque aux Divergents. Vivre avec ce secret devenait de plus en plus dangereux. Durant ces quelques jours avant cette fuite précipitée, nous nous étions éloignés avec Zack. Son amour ne suffisait plus à me rassurer et vivre avec lui en continuant de lui mentir m'était insupportable. Quand il se réveillait je n'étais déjà plus là, j'étais présente à l'infirmerie. Maintenant que Ray n'était plus là, je devais aussi assurer les gardes du soir seule, cela me permettait de ne pas rentrer chez moi. Affronter Zack et ses questions, ça devenait de plus en plus impossible. Étant donné que Ray était considéré comme un traître, les autres membres n'en parlaient plus, c'était à peine s'ils prononçaient son nom.

C'était un des soirs où je somnolais dans l'infirmerie. La nuit était déjà bien avancée et le néon m'éblouissait. Fatiguée, je m'étais allongée sur un des lits vides en espérant grappiller quelques minutes de sommeil.

- Ivy !

Je m'étais relevée dans un sursaut tandis que Tris débarquait dans la pièce, essoufflée.

- Nous devons partir. Maintenant.

Voyant que je ne réagissais pas, elle m'avait agrippé le bras et nous avions commencé à courir. Mon cerveau tournait en régime lent et je n'avais rien compris à ce qu'il s'était passé. Nous avions couru longtemps, nous cachant lorsque quelqu'un arrivait en face de nous. Puis nous nous étions retrouvés dehors, sous la pluie. Un petit groupe composé d'Uriah et Quatre, paraissait nous attendre. Là, j'avais compris. J'étais restée debout sous la pluie à regarder la faction Audacieuse. Un jour Quatre avait dit que nous allions partir et même si je pensais m'y être préparée, je ne l'étais pas. Mes amis, le garçon que j'aimais, j'allais les quitter et je n'avais pas pu leur dire au revoir, pas même un mot. Rien.

Armes à la main, nous nous étions enfuis à pied. J'avais refusé le pistolet que Quatre m'avait tendu, je refusais de faire des morts. Si nous y arrivions tant mieux, sinon tant pis. De toute manière cela faisait deux ans que je n'avais pas tiré, alors à quoi bon essayer. La pluie a paru redoublée alors que nous avancions. De plus la noirceur de la nuit ne nous arrangeait pas. Nous avancions en file, nous méfiant des crevasses dans le sol, des racines et des débris. Finalement Quatre jugea que nous étions assez loin des Audacieux pour nous arrêter. Dans ma mémoire, le refuge des Sans-faction ne paraissait pas si loin. Je ne pensais même pas qu'il restait encore un bâtiment effondré que les Sans-faction ne s'était pas approprié. Notre petit groupe était frigorifié, certains encore en train d'émerger du sommeil. Sans nous consulter mais dans un réflexe purement instinctif, nous nous étions assis, les uns collés contre les autres pour nous tenir chaud. Nous étions six. Quatre, Tris, Uriah, Pierce, un garçon que je ne connaissais pas et moi. Les six divergents Audacieux, les six traîtres, les six chassés.

Les autres finirent par s'assoupir. Je me débarrassais de ma blouse mouillée et allais jeter un œil dehors. Il pleuvait toujours autant mais la nuit paraissait moins sombre. Tout c'était passé si vite et pourtant des heures venaient de passer. Je n'osais pas fermer les yeux, de peur de ne pas entendre les soldats Audacieux à notre poursuite. Quatre avait commencé un tour de garde mais il avait cédé au sommeil sans réveiller Uriah. Ne restait donc que moi. Même si j'avais refusé une arme, je devais quand même rester sur mes gardes, j'étais capable de me battre. Tout n'avait pas l'air perdu.

J'eus l'impression que des heures et des heures passèrent avant qu'un groupe arrive vers nous. Tris qui venait d'émerger, se chargea de réveiller tout le monde. Le temps qu'il se lève, le groupe se trouvait à quelques mètres de nous. Il portait un mélange de tenue bleu, noir et rouge. Nico avançait en tête, fusil contre lui. Les Sans-faction étaient venus nous chercher et en plus ils avaient une voiture. Les deux jeunes initiés s'endormirent à nouveau dans le 4x4. Je restais près d'eux en compagnie de Tris. Bientôt nous arrivâmes dans l'antre des Sans-faction. Evelyn, le regard alerte, le visage frais nous accueillit sans pouvoir cacher son sourire :

- Bienvenue chez les Sans-faction !

Nous la suivîmes dans son bureau afin d'avoir un entretien un peu plus privé avec elle. Elle débordait de questions et Quatre s'appliqua à lui répondre du mieux qu'il le pouvait. Nous étions des traîtres à notre faction mais nous devions faire nos preuves chez les Sans-faction, nous ne serions pas acceptés si facilement. Evelyn nous attribua tous un lieu où nous loger. Ainsi Quatre et Tris eurent droit à leur « maison », Uriah dormirait parmi les soldats, Pierce et Alan (l'initié que je ne connaissais pas) seraient logés chez un couple Sans-faction. Quant à moi, Evelyn tenait à ce que je loge avec Sarine et Hervé. Ensuite la chef des Sans-faction, tint à nous voir un par un. Je passais la dernière.

- Comment te sens-tu Ivy ?

Je haussais les épaules. Je ne ressentais rien. Encore à cette minute même, je me trouvais dans ma bulle de protection. J'avais encore du mal à comprendre pourquoi je me retrouvais devant elle.

- Bientôt nous allons nous attaquer aux Érudits afin de les affaiblir. Je voudrais que tu fasses partie de ce plan, tu pourrais nous être d'une grande aide.

- Je ne veux pas faire partie de votre guerre, chuchotais-je.

- N'allons pas si loin en parlant de guerre. Mais si nous arrivions à faire tomber les Érudits de leur piédestal alors les conflits pourraient être éviter. Tu es venue me voir avec une demande, aujourd'hui je te demande de me suivre. Donnant-donnant. Tu as été une bonne altruiste, tu pourras convaincre les autres.

- Convaincre les autres ? Mais de quoi ?

- Convaincre les autres factions que les jougs des Érudits a assez duré. Que les Sans-faction méritent aussi leur place dans le système et que les divergents ne sont pas une menace.

- Le pensez-vous réellement ?

- A quel sujet ?

- Les divergents.

- Oui. Mon fils en est un, toi aussi d'ailleurs. Jusque-là votre seul défaut est celui de correspondre à plusieurs factions, d'avoir du choix. Vous êtes aussi abandonnés que les Sans-faction.

- Nous sommes chassés, répliquais-je. De plus, vous parlez des Érudits dans un terme général mais avez-vous conscience que c'est Jeanine votre ennemie ? Que vous ne pouvez pas condamner une faction entière à cause de son leader.

- Effectivement, je tiens surtout à faire tomber Jeannine, m'avoua-t-elle. M'aideras-tu ?

- Du mieux que je le pourrais.

Participer à la chute de Jeannine n'avait rien de glorifiant, je trouvais que c'était une mauvaise idée. Mais je ne pouvais ignorer qu'elle tuait des innocents. Evelyn me congédia gentiment et se plongea dans ses préparatifs. Je ne rejoignais jamais Sarine et Hervé. A la place, je rejoignais le secteur des mendiants, prenant le risque que les Audacieux me voient. J'attendis que les Altruistes arrivent pour me rapprocher un peu plus. Mon cœur se serra lorsque je vis ma mère arriver. Elle paraissait avoir vieilli, sa chevelure brune était striée de mèches blanches. Je ne pensais jamais la revoir et pourtant elle se trouvait à quelques mètres de moi. Si proche et pourtant si loin.

Je décidais de m'approcher mais à peine fis-je un pas qu'on me tira en arrière. Nico me toisait un regard sévère.

- Ta mère sera plus en sécurité si tu n'entre pas en contact avec elle. Tu ne devrais même pas être là.

- Evelyn prépare sa vendetta, soupirais-je. Cela ne m'intéresse pas.

- Sauf que c'est trop tard, tu es dedans. Tu lui dois plus d'un service.

- Je sais.

Là était tout le problème. J'avais bien compris qu'en acceptant l'aide d'Evelyn, je devais lui rendre en retour. Donnant-donnant, c'était sa politique. Lorsque nous retournâmes au quartier général des Sans-faction, ces derniers s'échauffaient, s'irritaient face à leur situation stagnante. Evelyn en était à leur promettre que tout ça changerait. Qu'avec notre arrivée, les choses allaient devenir plus simple. Tous étaient prêt à se battre. Le système ne tarderait pas à s'effondrer. La leader en avait peut-être conscience mais j'avais plus l'impression que sa haine envers les érudits primait.

Sarine m'accueillit avec son sourire édenté. L'initiation avait laissé des marques sur son visage mais elle paraissait plus épanouie. Dans sa maison, elle virevoltait, ne pouvant rester immobile. Je n'avais pas cette chance, cette insouciance qu'elle avait retrouvée. J'en étais heureuse pour elle. Mais là où elle désirait tout me raconter depuis son échec à l'initiation, moi je ne désirais que solitude. Zack avait dû apprendre ma fuite et on m'avait sûrement déclarée comme traîtresse. April aussi. Comment allaient-ils réagir ? Ils allaient sûrement se demander s'ils n'y avaient pas eu des signes avant-coureurs, peut-être même que mon état préoccupé aurait dû les rendre plus méfiant. La triste vérité était qu'ils me manquaient déjà. J'étais prise de regret et de culpabilité.

Moi qui n'aspirait qu'à entreprendre une journée d'immobilité, allongée, je fus réveillée aux premières lueurs de l'aube. Jamais je n'aurais cru que m'être autant habituée à la présence de Zack à mes côtés. Que devait-il penser de moi ? M'en voulait-il ? C'était de la naïveté pure et dure que de penser que je pourrais me la couler douce chez les Sans-faction. Les Érudits avaient trop profité de leur domination, leur intransigeance et leur mépris avaient échauffés les esprits. Jeanine Matthews en était la principale responsable. Sa quête de supériorité avait porté défaut à sa faction et aujourd'hui le conflit allait bientôt éclater. Evelyn avait décidé que pour rallier les autres factions à sa cause je devais avoir un discours parfait. Je fus donc mise à contribution dès le début de la journée, avec pour aide une ex-Érudit.

Selon Evelyn la faction la plus facile à convaincre serait celle des Altruistes. Victime des brimades des Érudits, ils ne devraient pas hésiter à nous épauler, comme ils avaient l'habitude de le faire depuis toujours. J'avais le cœur serré rien que de penser à ma faction d'origine. J'aimais les miens mais je savais que des personnes comme ma mère, aussi altruistes soient-elles, ne se laisseraient pas convaincre si facilement. Finalement le discours destiné aux Altruistes fut le plus abordable puisque je les connaissais assez bien pour savoir ce qui allait passer et ce qui n'allait pas passer. Nous passâmes la journée à choisir chacun des mots avec soin afin de ne froisser personne. Je ne savais si Evelyn s'en rendait compte mais sa démarche avait quelque de très politique et je lui étais reconnaissante d'éviter le conflit, pour l'instant. Car il ne fallait pas se mentir, Jeanine ne se laisserait pas faire sans réagir. De plus avoir les Audacieux de son côté était un atout majeur. Elle avait des soldats tandis qu'en face se trouverait en majorité des personnes inexpérimentées en combat. Et même si les Sans-faction étaient entraînés par des anciens Audacieux, les Altruistes, les Fraternels et Sincères refuseraient d'apprendre à se battre parce que cela n'entrait pas dans leur code et pour cela je les respectais.

L'ex-Érudite accepta enfin de me relâcher mais le lendemain nous devions nous retrouver pour une dernière lecture et peut-être pour commencer un nouveau discours. En tout, Evelyn voulait rallier les trois autres factions à ses côtés. Comprenait-elle seulement qu'un discours ne suffirait pas ? Les Sincères avec leur vision binaire auraient besoin de preuve et j'étais persuadée que la leadeuse des Sans-faction n'avait rien à leur apporter. Son approche consistait plus à les charmer avec des mots et des promesses. Mais pour l'instant les Érudits agissaient en respectant les codes, leur traque des divergents étaient cachés, leur mépris face aux Altruistes étaient connus mais explosait seulement dans les journaux. Pour résumé les apparences étaient maintenues. Et cela m'étonnerait que les Sincères ou les Fraternels aillent creuser plus profondément.

J'errais chez les Sans-faction sans savoir quoi faire. Je n'avais pas envie de retrouver le foyer chaleureux de Sarine et Hervé, je n'avais pas non plus envie de dormir alors que je sentais mon esprit fatigué. Rester à l'air libre me paraissait une bonne idée pour rester éveillée et profiter de la solitude. La chaleur se raréfiait le soir et personne n'osait mettre le nez dehors sauf les soldats surveillant les alentours.

Cachée sous des décombres, j'observais l'horizon. Le monde était en train de changer et j'en venais à regretter mon ancien quotidien.


Les choses avancent. Mais ce n'est pas encore la fin. Profitez, profitez… Et retrouvons-nous la semaine prochaine !