CHAPITRE 37

Blablazone : Bonjour tout le monde ! Etant donné que vendredi je serai sans ordinateur et trop loin de chez moi, je vous publie le chapitre en avance. Et je me dis que je choisis bien mon nour, JOYEUX HALLOWEEN, que vous le fêtiez ou non ! Je me dis aussi que j'aurais pu faire une chapitre spécial Halloween (comme j'ai pu le faire sur d'autres fanfiction mais j'ai l'impression qu'aujourd'hui ça ne se fait plus trop). Je regrette qu'on ne puisse pas donner quelques effets graphiques sur les chapitres ou son profil sur fanfiction. Jevous offre quand même du drame. J'espère que votre lecture vous plaira, je vous souhaite une bonne journée et profitez bien du jour férié. A bientôt !

Réponses review :

Moni : Hello ! Je suis admirative, moi à 1h du mat' je dors comme une pierre. Je suis contente que tu es de l'empathie pour Ivy. Je te rassure, les parents d'Ivy ne vont pas mourir, promis. Hou là là, les retrouvailles Zack et Ivy, va falloir être patient. Je te souhaite une bonne lecture et je te dis à bientôt.

CourneyAckles : Salut ! C'est une partie que je n'ai pas vraiment développé. Après je comprends ton point de vue. Oui effectivement je n'avais pas fait attention mais le chapitre est court. Je te souhaite une bonne lecture et je te dis à bientôt !


La suite nous mena chez les fraternels. Cette faction pacifiste serait la plus compliquée à convaincre. Les fraternels ne souhaitaient pas prendre de parti dans la guerre qui arrivait. C'était contraire à leurs principes. Et Johanna Reyes ne se laissa pas convaincre par mon discours, aussi bien formulé soit-il. Si chez les altruistes j'avais pu toucher la corde du principe d'aider les autres, je savais que ça ne suffirait pas chez les fraternels. D'ailleurs j'avais beau cherché, je ne savais pas quoi leur proposer.

- Accepteriez-vous que nous revenions vers vous si nous en avions vraiment besoin ? demandais-je.

- C'est-à-dire ? m'interrogea Johanna.

- Imaginons que les érudits fassent un embargo sur la nourriture, que se soient eux qui décident où la nourriture va, sans accorder la portion aux altruistes aux Sans-faction par exemple. Pourrions-nous venir vers vous pour quémander une aide alimentaire pour ne pas mourir de faim. Cela implique que vous iriez à l'encontre des ordres des érudits et ça serait vous mettre en porte-à-faux.

- Les érudits n'auront jamais le contrôle sur la nourriture, jamais je ne le permettrai, me rétorqua Johanna durement.

- Mais dans le cas…

- Dans le cas où vous seriez privés de nourriture, oui nous pourrions envisager de vous aider. Ce n'est pas le genre de la faction fraternel de laisser d'autres mourir.

- J'ai une autre question. Que pensez-vous des divergents ?

Je sentis Quatre se raidir à côté de moi.

- Jusqu'à preuve du contraire je n'ai rien à craindre des divergents, sourit la leadeuse Fraternel.

Je hochais la tête pour lui montrer que je comprenais. Je me tournais ensuite vers Evelyn. Et la suite ? Quelle garantie avions-nous que Johanna n'irait pas prévenir les érudits de notre visite ? Nous n'en avions aucune. Et même si personne ne l'avouait, nous étions tous méfiant quant à la suite. Nous nous levâmes d'un même mouvement prêt à partir. Soudain un fraternel débarqua en trombe dans le bureau de Johanna. Il nous jeta un regard apeuré et annonça d'une voix saccadée :

- Ils…sont…là…

- Qui ? s'étonna Johanna.

- Des Audacieux.

- Vous devez partir et vite ! Passez par la fenêtre.

Tout le groupe Sans-faction courut vers la fenêtre pour l'enjamber. Moi je restais au milieu de la salle. Johanna me souleva avec une force que je ne lui soupçonnais pas et me poussa vers la sortie.

- S'ils vous font du mal, croassais-je. Je ne…

- Ivy North, tu es une bonne personne mais ne me sous-estime pas. Je saurais me défendre. Et s'ils te trouvaient là, ça aggraverait mon cas.

- Ça va aller ? insistais-je.

- Oui. Va-t'en.

J'enjambais la fenêtre mais au dernier moment je me penchais.

- Si l'un des soldats s'appelle Zack Reys, dîtes-lui… Dites-lui de prendre soin de lui. Merci Johanna.

Je courus rejoindre les autres qui m'attendaient à la lisière de la forêt. Evelyn me gronda comme une enfant alors que nous nous éloignions. Elle en avait assez de mon comportement imprévisible. La prochaine fois je resterais consignée chez les Sans-faction et elle trouverait quelqu'un d'autre pour déclamer des discours. L'arrivée des audacieux nous avait donné un coup de pression. S'ajoutait à cela que demain nous devions rencontrer le chef des Sincères. La dernière faction que nous devions convaincre.

La réalité était que nous n'avions personne. Les altruistes nous fourniraient peut-être la moitié d'une aide, les fraternels ne nous aiderait qu'en dernier recours. Evelyn refusait de chercher des alliés chez les audacieux ou les érudits. Sauf que les érudits avaient l'avantage d'avoir des soldats dans leurs alliés.

Je ne dormis pas de la nuit. Et au petit matin, je partis avant que Sarine ou Hervé se lèvent. Finalement depuis que j'étais ici, je voyais peu mes amis. Je ne savais jamais quoi leur dire et pourtant je leur étais reconnaissante. Comme toujours, je quittais le vieux bâtiment pour m'isoler. Aujourd'hui je décidais de m'éloigner un peu plus et je me retrouvais bientôt dans les ruines de la dernière guerre. La végétation avait repris ses droits et des morceaux de mur de béton étaient écrasés par terre. Je trouvais refuge sur un pan de mur encore debout. La mélancolie s'arrêterait-elle un jour ?

- Il nous a parlé de toi dès la première fois.

- Je sursautais en voyant Nico devant moi. Il se laissa tomber à mes côtés et se mit à jouer avec un brin d'herbe.

- Nous avions lancé des paris pour savoir dans quelle faction tu irais. Archi a dit que tu resterais une pète-sec. J'ai pensé que tu changerais mais que tu n'irais pas chez les audacieux. Lui a parié que tu viendrais chez nous et il a tout gagné.

- Imagine qu'on se revoit, il ne me pardonnera pas Nico. Je l'ai trahi lui avant de trahir la faction des audacieux. Parce que je suis divergente.

- Il t'aime trop pour tout rayer.

- Peut-être qu'on ne se reverra jamais. Comment l'as-tu vécu ? Se retrouver seul, sans ses amis d'enfance ?

C'était dur. Quand je suis arrivé chez les Sans-faction, j'étais encore conditionné comme un audacieux. Pour moi les Sans-faction étaient dangereux, soupira-t-il. Mais Evelyn m'a fait changer d'avis. Quoi que tu penses d'elle, c'est quelqu'un de bien.

Jack Kang nous accueillit dans son bureau, un endroit lumineux d'où il pouvait voir sa faction. Il parlait doucement avec calme et je me sentis tout de suite en confiance. Je fus la seule à m'asseoir en face de lui et il fit de même. Les autres, debout, tournaient en rond, je les sentais tendus et cela s'expliquait peut-être par le fait qu'on leur avait pris leurs armes, ils se sentaient démunis, vulnérables. Mon rôle était de convaincre le leader sincère que Jeanine était dangereuse et qu'une guerre se préparait. Le leader Sincère m'écouta sans jamais m'interrompre. Il hochait la tête lorsque je soulevais des points qui l'interpellaient.

- Comprenez-vous mademoiselle North que je ne peux pas vous accorder une totale alliance ? Jeanine n'a pris aucune mesure contre les Sincères. Je ne peux pas lui déclarer la guerre. Cela serait injuste.

- Avez-vous conscience qu'un conflit va bientôt se jouer ? Monsieur Kang, les altruistes acceptent de nous fournir une aide médicale et de s'occuper des réfugiés. Les Fraternels refusent de s'en mêler. Vous êtes notre dernier espoir. Les audacieux sont des soldats et ils sont les alliés des érudits. Nous sommes seuls.

- Ce que vous me demandez est compliqué. Vous me demandez d'engager ma faction de votre côté. Je risque des milliers de vie pour un conflit qui ne pourrait pas avoir lieu.

- Les érudits ne feront qu'une bouchée des Sans-faction. Je ne suis pas là que pour les défendre, je suis aussi là au nom des divergents. Jeanine sait que les divergents trouvent asile chez les Sans-faction, c'est l'une des raisons pour laquelle elle veut abolir les Sans-faction. Et quand les divergents n'auront plus de refuge, ils mourront un par un. Si vous refusez de nous aider, vous acceptez aussi la domination de Jeanine. Une fois qu'elle aura l'avantage, elle étudiera chaque habitant de Chicago jusqu'à tous les débusquer. Est-ce que vous comprenez ? A votre avis, les divergents représentent combien de pourcentage de la population ? A votre avis, ne va-t-il pas y avoir des erreurs ? Combien d'innocent vont mourir ? Combien se battront pour leurs proches divergents ? Nous avons beau respecter les règles, si votre fille était divergente, ne vous battriez-vous pas pour elle ?

- Une semaine pour nous donner une réponse Jack, ajouta Evelyn. Le temps de réfléchir. Nous viendrons nous-même te voir.

- Le même groupe ? demanda-t-il pensif.

- Oui, promit Evelyn.

- Je vais y réfléchir.

C'était un début de victoire pour nous. Néanmoins ce fut avec soulagement que nous quittâmes la faction des sincères. Je m'apprêtais à disparaître à nouveau mais Sarine m'arrêta. Son air n'avait rien d'accueillant et j'étais fière de la voir ainsi, forte. Au fond elle l'avait toujours été. Elle me conduisit jusqu'à chez elle et croisa les bras.

- Qu'est-ce que j'ai fait ? demanda-t-elle.

- Pardon ?

- Depuis que tu es ici, tu me fuis tout le temps. Je croyais qu'on aurait pu se rapprocher, se raconter ces deux ans qui viennent de passer. Mais tu n'es jamais là. Alors je te le demande, qu'est-ce que j'ai fait ? Ou qu'est-ce que je n'ai pas fait ?

- Tu n'as rien fait de mal Sarine, je lui souris. C'est juste que… J'ai l'impression que j'ai tout perdu.

- Et tu crois que tu es la seule ? cria-t-elle. Arrête un peu de t'apitoyer sur ton sort ! Tout le monde a perdu quelque chose Ivy !

- J'ai perdu ma sœur, je murmure.

- Je sais ! C'est une chose terrible mais tu dois franchir cet obstacle. Depuis que Sevy est morte tu t'enlises dans le chagrin et ça ne sert à rien. Ça ne fait que te détruire un peu plus et je doute que Sevy le voudrait. Réveille-toi Ivy ! Regarde et écoute les autres comme la formidable personne que tu es ! Tu verras que Christina manque à Tris, tu verras que Nico parle souvent de Rita, d'Archi et de Zack. Observe les autres et tu comprendras qu'ils ont perdu des proches eux aussi. Tu verras qu'ils ont peur de la suite, qu'ils sont fatigués d'être ainsi dénigré et qu'ils veulent que ça change. Hervé ne m'a jamais abandonné mais je ne reverrai plus jamais mes parents et je les aime. Pourtant je l'ai accepté. A ton tour d'accepter la mort de Sevy.

- Tu m'as manqué.

Sarine avait eu les bons mots. Elle était loin de la douce novice que j'avais connu. Je la pris dans mes bras et la serrais longuement. J'essayais de lui voler un peu de sa force.

- Je serai là pour le dîner, promis-je.

- Très bien, je te garderai une place. Tu as intérêt à être là.

- Promis !

Je quittais la maison de Sarine et je courus vers le bureau d'Evelyn. Il était temps que je tourne la page. J'étais persuadée que nous allions entrer en guerre et il fallait que j'ai toute ma tête pour la suite. Je voulais me battre pour changer les choses. Je ne voulais pas qu'on me craigne parce que j'étais Divergente. Et je voulais rallier mes amis à ma cause. J'étais partie, j'avais aggravé mon cas mais je pouvais encore leur expliquer. Sevy resterait la plus douloureuse des blessures.

Evelyn était seule, je n'osais pas la déranger mais finalement je me raclais la gorge pour lui signifier ma présence. Elle leva vaguement la tête et m'invita à m'asseoir. D'une certaine manière grâce à elle j'avais pu revoir ma mère, grâce à elle j'aurais le moyen de changer les choses, d'agir.

- Je viens pour négocier, déclarais-je.

- Très amusant, pourtant nous sommes du même côté. Enfin il me semble.

- Nous le sommes, la rassurais-je. Evelyn, je veux Éric.

- Quoi ? s'écria-t-elle.

- Je veux tuer Éric moi-même.

- Qu'est-ce que j'obtiens en échange ?

- Jeanine. C'est elle que vous voulez plus que tout. Au fond elle est votre cible principale.

- Et comment comptes-tu me l'amener ?

- Attendons la réponse des altruistes et des sincères. Ensuite pourquoi ne pas envoyer un message personnel à Jeanine pour la défier. Je suis certaine qu'elle enverra des audacieux. Et je suis presque sûre qu'Éric en fera partie. Evoquer les divergents. Éric a dirigé la brigade anti-divergent et ça m'étonnerait qu'il ait arrêté. Surtout que depuis ma défection, il y a des chances qu'il soit encore plus en colère qu'avant. Ensuite, disons que je me livre aux érudits et… Je n'ai pas la suite. C'est vous la meneuse, la stratège. A vous de trouver comment pénétrer chez les érudits pour toucher Jeanine.

- Tu m'intéresses. Je pense qu'il y a quelques points à améliorer mais l'idée n'est pas mauvaise. Laisse-moi y réfléchir et on en reparles.

- Il faut que ça reste entre nous. Un accord entre vous et moi.

- Entendu, sourit Evelyn.

Je m'apprêtais à repartir lorsqu'elle m'arrêta.

- Marcus n'avait pas tort, tu aurais fait une bonne politicienne. Peut-être qu'une place t'attendra dans cette future nouvelle ère.

Je haussais les épaules, n'étant pas sûre d'en vouloir. Peu importe j'allais boucler la boucle. Éric paierait pour la mort de ma sœur, je l'aurais ma vengeance. Une vie pour une vie.

C'était l'une des rares fois où je me mélangeais aux sans-faction pour prendre un repas. C'était aussi animé que chez les audacieux et je me rendais compte seulement maintenant que cette agitation me manquait. Dans la foule, je guettais Sarine. Cette dernière était debout sur sa chaise et me faisait signe. A sa table se trouvait Hervé, Tris, Quatre et Kenny. En le voyant, les larmes me montèrent aux yeux. Je m'approchais et quand j'arrivais il se leva. Nous n'avions pas été des amis proches mais c'était tellement étrange de le revoir. Je le pris dans mes bras, heureuse de voir qu'il allait bien.

- Je t'ai manqué ? ricana-t-il.

- Kenny, tu es bel et bien là.

- En chair et en os. A la base je dors dans la rue mais cette fois Sarine m'a convaincu de la rejoindre pour dîner. Au fait ta mère est une perle.

Il m'embrassa sur la joue et me laissa une place autour de la table. Je commençais à manger la maigre ration que nous avions chacun tout en l'écoutant.

- Et Judy et Anan ? demandais-je.

- Anan travaille pour Evelyn il me semble. Quant à Judy, parfois nous nous croisons mais elle ne parle pas beaucoup. Je crois qu'elle est encore plus muette et méfiante que quand elle était chez les audacieux, me répondit Kenny peiné. Parle-moi des autres, comment vont-ils ?

Pour une fois se fut avec plaisir que je lui parlais d'April et de son fils, de Sora devenue une très bonne tatoueuse. Je lui parlais de Zack, d'Archi, de Ray. Il ne me posa aucune question sur Sevy et je l'en remerciais. Après que nous eûmes terminé notre maigre repas, Kenny voulut me montrer où il résidait. Je le suivis, souriante. Nous parcourûmes un long chemin puis il se mit à grimper le long d'un mur. Je m'y quelques secondes avant de le suivre.

- Tu es rouillée, se moqua-t-il. Courage l'audacieuse ! On ne lâche rien !

- Je ne suis plus audacieuse ! criais-je.

- Bien sûr que si tu l'es ! Grimpe !

J'arrivais en haut quelques minutes après lui. J'étais encore étonnée que ce bâtiment tienne toujours. Kenny se penchait au bord du vide en m'attendant. Il me fit croire plusieurs fois qu'il perdait l'équilibre et à chaque fois je me précipitais vers lui.

- Aller rejoins-moi.

Je me penchais sur le rebord et montais dessus. Je manquais clairement d'équilibre mais avant que je ne tombe il me prit les mains.

- Voici mon fief, rit-il.

Le vent nous soufflait dessus et j'étais effrayée à l'idée de tomber.

- Ne regarde pas en bas, regarde-moi.

Je quittais à regret le bas pour le regarder. Il était le point fixe qui ferait que je ne tomberai pas.

- J'adore cet endroit. Ici je peux crier ma rage, pleurer ma peine, rire ma joie et observer la ville, me confie-t-il. Ici rien ne me retient. Pas besoin de dire la vérité, d'être intelligent, de me soucier de quelqu'un d'autres, d'être heureux ou d'être fort. Ici aucune règle ne m'atteint. C'est une forme de liberté.

- Mais tu ne te sens pas un peu seul ?

- Chaque jour depuis que je me suis installé. Je me sens seul mais je survie Ivy. Et je suis capable de me dire que la vie en vaut la peine. Si tu as quelque chose à crier, vas-y.

- Je ne sais pas.

- Je commence. JE DÉTÈSTE CETTE VILLE !

Le vent emporta son cri au lointain. Je tournais la tête pour repérer si quelqu'un nous avait vu ou entendu. En face de moi Kenny riait sans s'arrêter.

- A toi ! me dit-il. Dis ce que tu veux, n'importe quoi. Ça reste entre toi et moi.

- Je… SEVY... SEVY TU N'AVAIS PAS LE DROIT DE ME LAISSER !

Je hurlais le plus fort possible, jusqu'à faire exploser mes cordes vocales. Ma sœur chérie, je me sentais coupable de t'en vouloir mais je me sentais comme une enfant abandonnée.

- ZACK JE SUIS DÉSOLÉE !

Un jour mon amour je te le dirais en face. Et je te souhaiterai une belle vie, avec ou sans moi.

- C'est bien, m'encouragea Kenny.

Nous nous mîmes à rire en même temps. Le vent se levait de plus en plus et nous tanguions de plus en plus. Je sentais les larmes froides sur mes joues mais je m'en fichais. J'avais besoin de me décharger les épaules. Puis soudain, Kenny me lâcha et je tombais dans le vide. Mon cri se figea dans ma gorge. Quand on tombait ainsi, on n'avait pas le temps de réfléchir. Je me croyais morte mais il me fallut quelques minutes pour me rendre compte que j'avais été retenue par un filet, comme chez les Audacieux. Je me redressais, surprise, et quasiment sûre de voir arriver des soldats. Mais personne ne vint. A part la lumière du jour, je ne voyais rien sous mes pieds. Je basculais par-dessus le filet et tombais sur un sol dur. Au moins il y avait quelque chose. Quelques minutes après Kenny arriva. Il me regarda hilare et me rejoignit. Je le fusillais du regard et sans me contrôler je lui mis mon poing dans la figure.

- Je ne suis pas pour la violence mais là tu as dépassé les bornes, lui lançais-je sèchement.

- Désolé, bougonna-t-il en se tenant le nez.

- Pourquoi t'as fait ça ?

- Je n'ai pas fait exprès et de toute façon je savais. J'habite en dessous, pas sur le toit et j'ai installé ce filet, au cas où.

- Tu t'es inspiré des Audacieux ?

- C'est le même système, assura-t-il. Aller viens et ne me frappe pas.

- Si tu ne me réserves pas d'autres surprises, ça devrait aller, lui dis-je.

Il me guida dans les couloirs noirs et nous arrivâmes dans une sorte de cave. Le seul éclairage était une ampoule au bout d'un fil. Au fond se trouvait un lit et dans la pièce était éparpillé des objets de toutes sortes, des livres et des vivres. Je le vis se laisser tomber dans un fauteuil défoncé et s'enrouler d'une couverture trouée.

- Tu aurais pu te battre avec les autres, je murmure.

- Non, pas envie. Je sais très bien pourquoi je n'ai pas réussi chez les audacieux. Je n'avais pas le mental d'un soldat.

- Moi non plus.

- Oui. Mais toi Ivy, tu avais d'autres raisons de vouloir réussir. Moi non.

- Merci Kenny, je souris. Pour ce moment de légèreté.

- Tu peux revenir autant que tu veux. N'hésite jamais à passer me voir, tu seras toujours la bienvenue.

Je m'approchais de lui et le pris dans mes bras. Mon pauvre Kenny qui souffrait encore de l'échec de l'initiation. Mon camarade, obligé de vivre seul car interdit de rentrer chez lui. Le système devait changer pour ces jeunes abandonnés. Pour ces enfants à la rue qui n'avait nulle part où aller, qui étaient plein de rancunes et qui observaient leur famille de loin.


Les choses avancent. Mais ce n'est pas encore la fin. Profitez, profitez… Et retrouvons-nous la semaine prochaine !