CHAPITRE 38

Blablazone : Bonjour ! Oui, pardon ce chapitre est court mais décisif pour la suite ! Dire qu'à partir d'ici il ne reste plus que dix chapitre, j'ai du mal à m'en rendre compte.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous dis à bientôt !

Réponses review :

Moni : Hey ! Contente que ça t'es plu ! Je me suis dit qu'au lieu d'inventer un nouveau personnage, ça serait intéressant de rappeler les « anciens » en quelque sorte.

Je ne peux malheureusement pas te répondre sur ta question « comment aurait réagi Sevy si Éric avait tué Ivy » et « s'il n'y avait jamais eu d'échange de dossier », ces autres choix/chemins, je ne les ai jamais envisagés. J'écris assez spontanément sans trop réfléchir et je ne me suis jamais posée les questions que tu te poses. Du coup tu me poses une colle. A mes yeux, je n'aurais jamais pu faire mourir Ivy, encore aujourd'hui je considère que c'est impensable.

MAIS. J'ai fait l'effort d'y réfléchir et d'avoir un début de piste. Je ne me suis pas encore positionnée sur ce que pensait Sevy des divergents. Sevy obéit à un système dans lequel elle croit. Si les divergents sont une menacent et que c'est annoncé par des dirigeants alors Sevy leur fait confiance. Ce qui peut expliquer son choix de métier. Cependant elle n'aurait jamais laissé passer la mort de sa sœur. Bien qu'elle ne le montrait pas de la même manière, Ivy était tout pour Sevy. Je pense que Sevy aurait été torturé entre son amour et sa haine pour Éric. En tout cas elle ne serait pas restée en couple avec Éric. Du reste, la mort d'Ivy aurait pu remettre en cause ses principes, ses croyances et ses idées, à peut-être remettre en doute le système et à rejoindre les Sans-faction ou non.

Dans le cas où les dossiers n'auraient jamais été échangé, Éric aurait été face à un doute entre le dire à Sevy et le lui cacher. Finalement il ne lui aurait rien dit et aurait tué Ivy tout de même. Il aurait voulu faire passer la mort d'Ivy pour un accident mais face à Sevy il n'aurait pas pu lui mentir. Alors il se serait montré honnête quitte à perdre celle qu'il aimait.

J'espère que j'ai répondu à tes questions et mes « chemins » aléatoires te plaisent. Je te souhaite une bonne lecture et je te dis à bientôt !

CourtneyAckles : Salut ! Il va y avoir un évènement (ce chapitre) qui va faire que bon nombre de personnes vont soutenir les Sans-faction, notamment les Fraternels et les Sincères. Je te souhaite une bonne lecture et je te dis à bientôt !


Les nouvelles étaient mauvaises et le moral des Sans-faction était en baisse. Les Sincères refusaient d'entamer un conflit qu'ils pensaient inexistants. Les altruistes refusaient toutes implications dans un futur conflit. Marcus Eaton préférait faire profil bas pour garder une main sur le gouvernement et brosser les Érudits dans le bon sens. Au final nous étions seuls. L'emprise de Jeanine était de plus en plus étendue.

Cela eut lieu une semaine après. Evelyn était en train de préparer une attaque pour déstabiliser les Érudits lorsque les écrans furent tous contrôlés à distance et affichèrent le visage de Jeanine. Cette dernière, souriante dans son tailleur bleu, tenait une tablette à la main. La caméra recula et nous permis de voir les bâtiments des altruistes derrière elle. J'abandonnais ce que je faisais et je n'eux d'yeux que pour ces images. Aux côtés de la leadeuse Érudite se trouvait Éric et d'autres audacieux. A leurs pieds, pieds et poings liés se trouvait Marcus Eaton, le visage amoché. Il baissait les yeux et respirait à peine.

- Chers habitants de Chicago, aujourd'hui est un grand jour. Grâce à mes alliés, mes camarades Érudits et Audacieux, j'ai pu découvrir un traître parmi nous. Marcus Eaton l'ex-leader des Altruistes. Il a été mis à jour que ce dernier préparait un coup d'Etat afin de renverser le système et de prendre le pouvoir. Bien entendu Marcus ne tenait pas à partager ce pouvoir.

- Menteuse ! cria un Sans-faction.

Je déplore aussi l'implication d'un groupe de rebelle Sans-faction, qui eux-mêmes cachent des divergents. Voilà comment ces gens nous remercient de les nourrir et de leur permettre de loger dans notre ville.

- Nous logeons dans des ruines sale sorcière ! s'écria quelqu'un d'autre.

C'est ainsi chers habitants, qu'aujourd'hui Marcus Eaton est arrêté pour trahison. Nous comptons bien l'interroger afin d'obtenir le nom des Sans-faction qui veulent nous nuire. Vous-même, si vous avez un doute, n'hésitez pas à vous confier à moi. De plus, en raison de cette trahison, chaque Sans-faction devra s'enregistrer lors du prochain don de nourriture. Les altruistes ne sont plus autorisés à les nourrir sans la surveillance de soldats Audacieux. Chaque don alimentaire se fera une fois par jour. Un couvre-feu a été voté par les autres leader. A partir de neuf heures du soir plus personne n'aura le droit de traîner dans les rues à part les soldats en charge de surveiller la ville. Si vous vous faîtes prendre à désobéir, vous serez conduit dans les locaux Érudits afin d'être interrogé, en compagnie de Sincères. Nous demandons aussi une participation active à la découverte des divergents. Bientôt nous vous présenterons notre nouveau système pour retrouver et désintoxiquer notre ville de ces fléaux. Bonne journée à tous.

La caméra se coupa et des cris de protestations se firent entendre. Depuis quand Jeanine gérait les communications ? Depuis quand les Érudits étaient les juges ? D'où Jeanine tirait sa légitimité ? Et surtout qui nous avait trahi ? Car Marcus n'aurait jamais révélé notre visite. Sans plus réfléchir, j'esquivais les autres pour sortir. Je me mis à courir le plus vite possible vers la faction des altruistes. J'ignorais ce que je ferai une fois là-bas. J'entendis quelqu'un derrière moi. Je me retournais pour voir Quatre et Tris sur mes talons. Ils me firent un léger signe de tête. Je me demandais rapidement si Quatre craignait pour son père. Nous arrivâmes à bout de souffle chez les Altruistes. Apparemment Jeanine et Éric n'avaient pas bougé puisqu'ils interrogeaient Marcus. Là au milieu de la faction Altruiste, juste pour l'humilier, pour montrer sa faiblesse. Il n'y avait pas un seul altruiste dans la rue mais je les voyais à travers les fenêtres. Plus loin, je repérais Andrew Prior maintenu par des soldats Audacieux. Il se débattait.

- Mon père, gronda Tris.

- Ne bouge pas, lui intima Quatre. Ils ne lui feront rien. Ton père n'a rien à se reprocher et Jeanine ne tentera pas d'entacher sa réputation en lui faisant du mal.

- Par contre Marcus, murmurais-je.

Je sursautais en voyant Éric brandir son arme et la pointer sur le front de Marcus. Ce dernier, la bouche en sang releva la tête et planta ses yeux dans ceux du leader Audacieux. Un dernier instant de courage. Éric eut un rictus moqueur et consulta Jeanine du regard. Cette dernière fit un vague signe de tête, puis elle se pencha sur l'écran de sa tablette et s'éloigna. Il tira sans même ciller et le corps de Marcus s'écroula.

- Non !

Je posais la main sur ma bouche pour retenir mon cri et j'espérais ne pas avoir parlé trop fort. Éric ne rangea pas son arme et mon cœur bondit lorsqu'il me regarda. Au début il ne parut pas me voir puis ses yeux glacials s'arrêtèrent sur moi. Il écarquilla les yeux et reprit vite contenance. A nouveau son arme fut brandie vers nous.

- Courrez ! criais-je.

Je me retournais alors qu'une balle me frôlait l'oreille. Quatre attrapa Tris et ils se mirent à courir. Je partis dans la direction opposée, certaine qu'Éric me suivrait. J'hésitais à me retourner lorsqu'une balle résonna à côté de moi. Au moins j'étais fixée. Je redoublais d'effort pour le semer. Un instant j'envisageais que j'avais peut-être une chance de le coincer. Ce fut un risque que je ne courus pas. Evelyn ignorait ce qui se passait et se serait lui livrer le quartier général des Sans-faction sur un plateau. Au contraire il fallait que je l'éloigne, quitte à me piéger moi-même. Je jetais un rapide coup d'œil par-dessus mon épaule et j'eus un frisson. Je n'avais jamais lu autant de haine dans un seul regard. Enfin nous quittions le quartier altruiste pour une partie des ruines. Ces dernières étaient mon environnement à présent. Je dérapais, roulais sur le côté et me cachais derrière un pan de mur. Je n'avais pas d'arme et j'étais mauvais en corps à corps. Il ne ferait qu'une bouchée de moi si je l'affrontais en face à face. J'entendis ses pas qui ralentissaient et je me forçais à baisser ma respiration.

- Je sais que tu es là, traîtresse ! Bon sang dire que tu m'arrives sur un plateau d'argent. Si tu savais depuis combien de temps je rêve de te faire la peau. J'ai imaginé ta punition dans les moindres détails. Tu vas mourir lentement Ivy.

Je frissonnais rien qu'à l'idée de ce qu'il pourrait me faire. Il me faisait peur. Je me déplaçais légèrement en essayant de ne pas faire de bruit. Il fallait que je me relève et que je continue ma course. J'étais une proie en ce moment-même. Et je devais semer mon chasseur. Je m'agenouillais derrière mon mur et osais regarder. Il tournait sur lui-même tout en avançant. Bientôt il serait à mon niveau. Un, deux, trois… Calmer sa respiration. Un, deux… Je me relevais et profitais de l'effet de surprise pour détaler. Je l'entendis jurer et il se remit à me courser. Je voyais la fin des ruines et les prémices d'une nouvelle faction. J'approchais de chez les Audacieux. Très mauvais. Mais je n'avais pas le choix. Je me jetais dans la gueule du loup, slalomant entre les bâtiments. Mes muscles me tiraient, mes poumons brûlaient et je failli trébucher plusieurs fois. Arrivée à un carrefour, je m'arrêtais, perdue. J'étais restée enfermée chez les Audacieux sans prendre la peine de connaitre leur terrain extérieur. Éric n'allait pas tarder. Au moment où je me décidais, deux bras m'attrapèrent et me tirèrent par l'arrière. Je voulus hurler mais une main s'abattit sur ma bouche et j'avais beau me débattre je n'étais pas assez forte. J'entendis une porte claquer et je me retrouvais dans le noir. Le dernier espoir me permit de me débattre encore, je ne voulais pas mourir aujourd'hui.

- Chut ! Il va te trouver.

Mon cœur rata un battement et mon corps devint mou. La personne qui me tenait me relâcha et je me laissais tomber. La main sur ma bouche, je cachais ma toux. Je coupais même ma respiration lorsqu'Éric passa près du bâtiment sans s'arrêter. Son juron m'avait permis de savoir que c'était lui. Je restais un moment encore sans respirer puis je relâchais mon souffle. Mon cœur battait à tout rompre et tandis que je me relevais mes jambes flageolaient.

- Merci.

Je me retournais vers celui qui m'avait aidé et mon cœur s'arrêta une nouvelle fois. Même avec un seul trait de lumière sur le visage je pouvais le reconnaître.

- Zack, soufflais-je.

Je m'approchais de lui mais il recula et détourna le regard. Cela me blessa mais je ne pouvais pas lui en vouloir. Je lui avais fait du mal, je l'avais blessé moi aussi.

- Merci Zack.

Je lui souris mais il ne vit rien. Il restait silencieux et ne me regardait pas. J'avais envie de l'embrasser, de le serrer contre moi. Il me manquait terriblement.

- Tu devrais y aller, murmura-t-il.

- Il a tué Marcus Eaton.

- Va t'en.

- M'as-tu entendu ? Il a tué…

- Tais-toi Ivy !

Ses yeux lancèrent des éclairs et je me tus. Il fallait que je rentre mais je n'étais pas prête à le quitter. Pas sans avoir discuté avec lui, pas sans explication. Pourtant je n'avais pas le choix.

- Je suis désolée. Tellement désolée.

Et sans attendre qu'il me réponde, j'ouvris la porte et je me remis à courir. Je me forçais à ne pas me retourner pour ne pas le voir. Je serai capable de m'arrêter de rester avec lui, quitte à me faire prendre.

J'arrivais chez les Sans-faction à bout de souffle, à bout de vie. A peine fus-je entrée que Tris me tomba dessus.

- Où étais-tu passé ? Tout va bien ?

- Je…

Le souffle coupé je lui fis signe que ça allait et je m'écroulais. Le sol frais me fit un bien fou ainsi allongée j'en profitais pour reprendre mon souffle.

- Ivy ? m'appela Tris.

- Je n'ai jamais autant couru de toute ma vie.

Elle s'agenouilla près de moi et se mit à me caresser les cheveux.

- J'ai bien cru qu'il t'avait eu.

- Et vous ?

- Nous avons eu quelques Audacieux à notre poursuite mais nous avons réussi à les semer. Nico en a même ramené un. Il est en cellule.

- Où est… Quatre ?

- Avec Evelyn.

Je hochais la tête et je fermais les yeux. J'étais prête à m'endormir sur le bitume.

- Ivy, Evelyn veut te voir !

J'ouvris les yeux pour voir Nico, les bras croisés qui me regardaient avec reproche. Je poussais sur mes bras pour me relever. Chancelante je suivis Nico, Tris derrière moi au cas où. Lorsque nous entrâmes, je ne pus m'empêcher de m'asseoir. J'étais réellement à bout de force.

- J'aimerai comprendre ce qui t'es passé par la tête, lança Evelyn. Tu voulais te faire tuer !

- Elle l'a fait exécuter !

- Quatre m'a raconté.

- Evelyn, j'ai été poursuivie par Éric une bonne partie de l'après-midi. J'aurais pu rentrer directement et le mener à vous mais j'ai préféré l'éloigner. Je n'en peux plus, lui dis-je.

J'étais passée à côté de ma vengeance et je voulais qu'elle le comprenne.

- Comment Jeanine a-t-elle pu faire ça ? Les altruistes doivent être effrayés, je rajoutais. Ils ont vu leur leader assassiné pour trahison. Mais qu'est-ce que c'est que cette femme ? criais-je. Elle l'a fait tué !

J'étais prête à tourner encore un moment jusqu'à ce que Tris pose une main rassurante sur mon épaule.

- Va te reposer, nous discuterons demain.

Je la remerciais d'un hochement de tête et sortis. A peine arrivais-je chez Sarine, que je m'écroulais sur un des matelas et que je m'endormis. Je profitais de mon sommeil pour penser à Zack. Mon amour, a quel point t'avais-je détruit ? Tes yeux cernés, ta voix éraillée, j'étais persuadée que tu manquais de sommeil. Toujours aussi fort et pourtant avec une faiblesse cachée. Je voulais te revoir. Il fallait que je te revoie. Bon sang, ça devenait grave comment tu me manquais.


Les choses avancent. Mais ce n'est pas encore la fin. Profitez, profitez… Et retrouvons-nous la semaine prochaine !