CHAPITRE 41

Blablazone : Du vide, du vide, du vide. De l'amour. De l'espoir. Bonne lecture !

Réponse review :

Moni : Salut ! En même temps si Ivy n'y avait pas été il y aurait eu une autre histoire mais moins passionnante que ce que je lui ai réservé. Ce n'est pas encore la fin et qui sait j'aurais peut-être une autre histoire à publier après (ce sera juste de nouveaux personnages). Je te souhaite une bonne lecture et j'attends impatiemment ton arrivée sur FFN. Bye !

CourtneyAckles : Salut ! Haha ! ET non Éric ne sera pas un allié dans cette histoire, désolée mais durant les quelques chapitres qui suivent, il va avoir plus de présence.

Merci encore pour ta review sur l'OS. Par contre pour le reste, ce n'est pas disponible sur FFN mais sur mon ordi (je les publierai peut-être un jour quand elles seront terminées). Il faut que j'aille lire « mon amour, mon ennemi » !

Bonne lecture et à bientôt !


J'ouvris les yeux au premier grincement de porte de ma cellule. Prostrée sur le sol pour garder un peu de chaleur, je fis semblant de dormir. Je retins mon cri lorsqu'une vague d'eau gelée s'abattit sur moi. Je relevais la tête pour toiser mon agresseur. Je savais qu'en me laissant capturer je n'allais pas vivre une partie de plaisir. Mais je me croyais assez forte pour survivre et ne rien révéler. Mon bourreau me souleva sans ménagement et me traîna sur le sol pour me pousser dans une autre cellule. Il prit soin de m'asseoir et de m'attacher à une chaise. Une seule chaise au centre de la pièce et éclairé par une seule ampoule. Soudain je revins des années en arrière lorsque ce pauvre homme en quête d'aide avait été tué d'une balle dans la tête. Si je devais mourir aujourd'hui, je ne mourrais pas la tête baissée. Je relevais les yeux pour les planter dans ceux d'Éric, le seul qui pouvait être mon bourreau. Appuyé contre le mur, il jouait avec un couteau tout en me fixant.

- Tu m'avais promis quelque chose de lent, ricanais-je. Je vais finir par m'ennuyer.

Je ne savais pas d'où me venait cette audace. Depuis quand étais-je capable de tenir tête à ce leader que je haïssais ? Au fond je savais que je n'avais jamais eu peur d'Éric mais j'avais tâché de vivre loin de lui. Sauf dernièrement. J'espérais que sa vendetta contre moi ait été déclenchée à cause de ma trahison, parce qu'il s'était attaché à moi, parce que ça lui faisait du mal et d'une certaine manière ça me prouvait que j'avais réussi à le toucher. Pas au point que je désirais mais c'était déjà un début.

- Tu t'es langui de moi, me moquais-je. Tu n'y croyais pas que j'étais partie. Le leader idiot qui tombe amoureux de la jumelle qui reste.

Un éclat de colère s'alluma dans ses yeux bleus et il lança son couteau. Ce dernier se planta dans mon épaule et je ne pus retenir un cri. J'essayais de dégager mes mains avec pour seul but de retirer l'arme de ma chair. Mais je m'acharnais pour rien. La corde rêche irritait mes poignets et je finis par m'arrêter. Il souriait, triomphant. De sa poche jaillit un second couteau. Soudain je n'étais plus aussi sûre que je finirais chez les Érudits.

- On fait moins la maligne ? susurra-t-il à mon oreille et en promenant son couteau le long de ma gorge. Si tu savais cette envie que j'ai de t'égorger.

- Pourquoi tu ne le fais pas ? croassais-je.

- Parce que ça serait trop rapide pour tout ce que tu m'as fait. Non je veux que tu souffres, que tu cauchemardes sur moi et ensuite je te laisserai au bon vouloir de Jeanine, enfin si tu es toujours en vie d'ici là.

- Pourquoi travailler avec elle ?

- C'est moi qui pose les questions ! cria-t-il en me frappant.

Je me tus et attendis la suite. S'il pensait que j'allais courber l'échine devant lui, il se trompait. J'avais passé des nuits sans sommeil dans cette faction et il n'avait jamais fait parti de mes cauchemars. Il n'en ferait jamais parti parce que je n'allais pas lui donner cette chance.

- Je n'ai pas peur de toi.

Je voulus sourire mais sa main s'abattit une nouvelle fois sur mon visage. Je sentis ma lèvre éclater et le sang couler. Dans un réflexe, je léchais ma lèvre et grimaçais en sentant le goût du sang.

- Ça te fait quoi de me frapper ? Tu n'as pas l'impression de torturer Sevy ?

D'un geste rapide il planta son autre couteau dans ma cuisse et tourna la lame. Je n'étais pas assez forte au point de ne rien ressentir. Je criais plusieurs fois pour évacuer ma frustration et ma douleur. Pourtant j'étais persuadée d'avoir touché une corde sensible. Je devais profiter de notre faiblesse commune qui n'était autre que Sevy. Je m'en voulais d'utiliser ma sœur ainsi mais plus je le pousserai à bout, plus il serait susceptible de faire des erreurs.

La séance de ce jour-là dura toute la journée. Je sus que mon calvaire se terminait lorsqu'il retira les deux lames de mon corps. Sans ménagement il me jeta dans ma cellule. Je grognais de douleur et rampais vers le fond de ma cellule. Je m'appuyais contre le mur pour me redresser. Je n'avais rien pour me soigner mais je pouvais au moins bander mes plaies. J'enlevais ma veste et déchirait plusieurs morceaux que je nouais autour de mes blessures. Ereintée par cet effort, je m'endormis aussitôt.

Je me réveillais et je trouvais un plateau repas devant moi. Je repoussais le plateau et me traînais jusqu'à la grille d'aération.

- Kenny, appelais-je.

- Je suis là. Comment ça va ?

- Ça pourrait être pire.

- Je t'ai entendu crier.

- T'ont-ils fait quelque chose aujourd'hui ?

- Non. J'ai l'impression qu'on m'a oublié.

- C'est mieux ainsi.

Il eut un petit rire et je souris aussi. Ma lèvre me tira et je me souvins que là aussi j'étais blessée.

- Tu as déjà été amoureux ? murmurais-je.

- Oui. Une camarade sincère qui chantait comme un ange. Je crois qu'elle a choisi les fraternels.

- Tu ne lui as jamais dit que tu l'aimais ?

- Non. Je repoussais toujours et le jour où je me suis décidé c'était trop tard, nous devions décider notre avenir.

- Tu penses à elle parfois ?

- Rarement. Mais si nous nous en sortons, je la retrouverai et je lui dirai. Y'a des chances que je lui dise qu'elle s'est trompée en m'ignorant.

Je souris une nouvelle fois et je fermais les yeux. Une nouvelle fois je m'endormis en entendant vaguement Kenny me parler. Cela faisait du bien de ne pas être totalement seule.

Éric ne s'en rendait pas compte mais les séquences de torture me servaient à me repérer dans le temps. Ainsi je savais que ça faisait trois jours que j'étais enfermée. Tous les matins il pensait me réveiller avec un sceau d'eau glacé mais je supportais de mieux en mieux la morsure du froid sur ma peau. Ce qui m'inquiétais c'était mes blessures qui se rouvraient et qui étaient de plus en plus nombreuse. A chaque seconde je risquais l'infection. Dans la cellule à côté, Kenny arrivait à se remettre. Ils lui apportaient à manger tout en le laissant tranquille et j'espérais que ça allait continuer ainsi. Tant qu'Éric serait concentré sur moi, mon ami avait des chances de survivre.

Le cinquième jour, mon bourreau me réserva une belle surprise. Il m'attacha comme toujours sur une chaise. Puis il plaça une table devant moi, ensuite une bassine qu'il remplit d'eau. Mon corps comprit avant mon cerveau. J'eus un mouvement de recul. Encore une fois une de mes peurs allaient devenir réalité. Je posais un regard effrayé sur le leader audacieux, le cœur au bord des lèvres. Il connaissait chacune de mes parades pour fuir cette peur et il n'était pas cet être imaginaire qui me demandait ce que j'étais.

- Où se trouve le groupe rebelle Sans-faction, attaqua-t-il.

Je gardais le silence. Il tournait autour de moi comme un prédateur et soudain sa main s'abattit derrière ma tête et je me retrouvais la tête sous l'eau. En quelques secondes mon esprit céda à la panique. En cherchant à respirer, l'eau s'infiltra en moi et je me débattis. La panique augmenta quand je sentis mes mains attachées et la pression sur ma tête. J'étais incapable de réfléchir et d'avoir les idées claires. Ce fut une réelle libération lorsque je rencontrais à nouveau l'air frais. Je crachais toute l'eau dont j'étais capable et j'aspirais de longue goulée d'air alors que mes poumons s'embrasaient.

- Où se trouve le groupe rebelle Sans-faction ! posa-t-il à nouveau.

Devant mon refus de parler, il me plongea à nouveau sous l'eau. Cette fois encore la panique me prit. Je ne pouvais plus respirer et j'étais persuadée que j'allais mourir. Lorsqu'il me sortit à nouveau, je me mis à pleurer silencieusement. Les larmes se confondirent avec les goutte d'eau. Je profitais de mon temps d'air pour me contrôler et ne pas céder à la panique. Mais pour la troisième fois je crus mourir noyée. Nous passâmes la journée ainsi. Lui à répéter une seule et même question et moi à rester muette. Lorsqu'on me ramena dans ma cellule, je m'effondrais et sombrais aussitôt dans l'inconscience. Je n'avais plus aucune force.

J'ouvris les yeux, ma tête tournait et mon estomac se souleva en voyant la nourriture devant moi. J'étais incapable d'avaler quoi que ce soit. J'eus un haut-le-cœur et un peu de bile coula par terre. Je m'éloignais le plus possible et recroquevillée sur moi-même je pleurais.

- Ivy, m'appela Kenny. Ivy, est-ce que tout va bien ?

J'ouvris la bouche mais aucune réponse n'en sorti à part un autre sanglot.

- Ça va aller Ivy, ils vont venir te chercher. Ils ne vont pas te laisser. Tu es importante. Je suis sûr que certains audacieux ont rejoint Evelyn et les autres. Calme-toi, ça ira bien, me rassura-t-il.

Le chagrin me plongea dans le sommeil.

Il alternait entre les coups, les blessures, les noyade forcées. Je n'avais plus vraiment conscience de ce qu'il se passait lorsque je revenais dans ma cellule. Éric avait utilisé la méthode violente et pour une fois j'étais contente de son choix parce qu'il n'avait pas opté pour la torture psychologique. Il ne m'avait pas brisé, j'avais donc une chance de m'en sortir. Mon corps était en état de douleur constante. Tous les soirs, Kenny me parlait mais je ne lui répondais pas toujours. Il me racontait des futilités et quand je fermais les yeux, j'étais sûre que je n'étais plus une prisonnière. De jour en jour je me sentais plus faible mais c'était un avantage parce que je pouvais à peine parler. Je sentais Éric s'impatienter, il ne savait toujours rien au sujet des Sans-faction et cela le préoccupait. Je n'avais même plus la force de lui parler de Sevy.

J'eus un instant d'espoir lorsqu'une journée passa sans que je le voie. Le lendemain cela se reproduisit. J'en parlais à Kenny qui ne savait pas ce qu'il se passait. Quoi qu'il arrivait, je profitais de mes jours de répit pour reprendre des forces. Je m'autorisais à manger parce que Kenny avait insisté sur le fait que ce n'était pas empoisonné. Ainsi je réussis presque à manger correctement sans vomir mon repas.

Un matin la porte s'ouvrit. Au moment où on renversa le sceau d'eau sur moi je roulais sur le côté et je fus juste éclaboussé. Sans me redresser, je donnais un coup dans le tibia de celui qui avait ouvert la porte. Il poussa un juron et je réussis à me mettre debout. Je ne tenais pas très bien sur mes jambes et je me servis du mur pour rester debout. Au moment où j'allais frapper le canon d'un révolver se pointa sur moi. Éric était de retour et de mauvaise humeur.

- Nous allons pouvoir jouer à nouveau.

Avec violence il me poussa dans une nouvelle cellule et m'attache sur une chaise. Cette fameuse chaise éclaboussée de sang.

- Je te manquais ? ricanais-je.

- Tes cris me manquaient.

- Je suis sûr que tu préférais les cris d'extase de ma sœur, le narguais-je.

Il me balança un coup dans le ventre qui me coupa le souffle quelques secondes.

- Décidément, je te laisse quelques jours et tu redeviens la traînée de toujours.

- Tu as cru l'aimer cette traînée, le défiais-je. Tu te souviens, tu as dit que tu m'aimais comme si le monstre que tu étais, était capable d'aimer.

Il me gifla si fort que j'eus l'impression que ma mâchoire se décrocha.

- Combien sont partis depuis mon cadeau ? fis-je référence à mon message.

- Parce que tu crois que ça a fonctionné, éclata-t-il de rire.

- Je ne te crois pas.

- Peu importe. De toute façon nous allons bientôt être séparé, toi et moi.

- Je vais te regretter, ironisais-je.

- Oh je ne crois pas. Tu ne sais pas ce que te réserves Jeanine après tout.

Je le regardais longuement et je fis tout pour ne pas sourire. Enfin je changeais de mains, enfin j'allais pouvoir continuer chez les Érudits.

- Quel lâche ! Tu ne finis même pas le travail.

Il me donna plusieurs coups qui me laissèrent muette. Mon corps endolori quémandait une pause. Je soupirais de soulagement lorsqu'Éric sortit. Quelques minutes plus tard et il revint avec Kenny, une arme sur sa tête.

- Kenny, lâchais-je.

- Mon ami allait bien à part quelques hématomes et un œil au beurre noire qui se résorbait. Il me souriait mais je voyais bien les tremblements de ses mains. Il se crispa quand Éric lui demanda d'avancer. Bientôt nous nous retrouvâmes à quelques mètres. Lui debout, moi assise.

- Si on se parlait un peu pour notre dernier jeu, tous les trois, jubila Éric. Je suis curieux d'en savoir plus sur les Sans-faction. Allez-y partagez !

Je restais muette et fusillais Éric du regard. Kenny ne dit rien non plus. Il se plia en deux lorsqu'il reçu un coup de crosse dans les côtes mais il ne parla pas.

- Vraiment ? Vous voulez vraiment jouer au jeu du silence ? Très bien.

Éric tira dans le genou de Kenny et ce dernier s'effondra dans un cri. Il maintint ses mains sur sa plaie sanguinolente et devint livide. Je me débattis sur ma chaise, insultant Éric. J'étais impuissante. La rage me dévorait de l'intérieur et s'il avait le malheur de me libérer je le tuerai. Kenny continuait de gémir les mains sur son genou tandis qu'Éric frottait son arme.

- Toujours rien ? demanda-t-il avec innocence.

- Va te faire voir ! criais-je. Salaud ! Raclure !

Une deuxième détonation m'arrêta. Kenny venait de se prendre une balle dans l'épaule. La douleur fut si forte qui était à deux doigt de tomber dans les pommes.

- Le petit joueur, grimaça Éric. Je comprends pourquoi il s'est fait dégagé au premier tour.

- Je suis désolée, murmurais-je à Kenny.

Mais il ne m'entendait pas, il devait à peine comprendre ce qui lui arrivait.

- Toujours rien Ivy ? Tu ne veux pas qu'on parle de Quatre ou de Tris ? Tu sais les divergents, dis-moi où je peux en trouver.

- Non.

- C'est ton dernier mot ? Parce que tu sais que sinon il se prend une nouvelle balle. Alors ?

- Je ne sais pas !

Je retins mon cri quand il tira une nouvelle fois sur Kenny sans le toucher pour le tuer sur le coup. Mon ami gémissait et je me mis à pleurer. C'était de ma faute s'il se faisait torturer ainsi. Mais si je parlais, je n'avais aucune garanti qu'Éric le relâcherait. Kenny souffrait, il ne méritait pas cette lente agonie. Je murmurais plusieurs excuses parce que je ne pouvais rien faire. J'étais loin de l'altruiste que j'avais voulu être. Je ne pouvais pas parler, je ne pouvais rien dire même si c'était pour sauver Kenny. Si je parlais les autres mourraient tous.

- Tic, tac, nous n'avons plus beaucoup de temps Ivy et j'en ai assez, soupira Éric. C'est la dernière balle que je lui accorde, dans la tête, précisa-t-il.

Kenny était en train de se vider de son sang. Je le fixais pour voir à quel point il était lucide.

- Parle pas, gémit-il.

Éric lui donna un coup de pied dans l'estomac.

- Parle pas, répéta Kenny. Toi qui compte.

- Si c'est pas mignon, rit Éric. Il se sacrifie. Je repose une dernière fois la question, où se trouve les Sans-faction et les divergents qu'ils protègent ?

J'étais terrorisée par ce qui allais se passer. Mes pleures redoublèrent. Deux sur quatre. C'était le ratio de mes peurs qui s'étaient réalisés. La mort de ma sœur, la torture avec la tentative de noyade. Aujourd'hui j'avais l'impression de me trouver dans ma dernière peur. J'étais retenue, attachée, impuissante, vulnérable pendant que quelqu'un de proche allait mourir. L'image de Sevy se superposa sur le visage de Kenny et je secouais la tête pour chasser mes larmes. Éric leva son bras, le canon pointé sur la tête de Kenny. Ce dernier ouvrit les yeux et me sourit. Comme ma sœur dans mes peurs. Silencieusement j'articulais ces derniers mots : « je suis désolée ». Le coup de feu partit et Kenny mourut sur le coup. Je fermais les yeux, ravagé par le chagrin.

- Cela en valait-il vraiment la peine ? demanda Éric dans le vide.

- La mort de ma sœur en valait-elle la peine ? répliquais-je furieuse.

La gifle qu'il me donna fut si forte que je basculais sur la chaise et que je m'étalais sur le sol. La chaise craqua à peine. Je me trouvais en face du regard mort de Kenny. J'étais prisonnière, je n'avais aucun moyen de lui offrir un dernier geste d'attention.

- Malheureusement je ne tiens plus ta vie entre mes mains, ricana-t-il. Mais je ne doute pas que Jeanine te traitera bien.

Il m'abandonna dans cette cellule lugubre à côté de mon ami mort. J'essayais de faire bouger la chaise, de dégager mes mains ou de me redresser mais je ne faisais que du sur place. Le dossier de la chaise me rentrait dans le dos et la corde irritait mes poignets. Je pleurais comme une enfant sans pouvoir m'arrêter. J'étais seule. Et j'avais peur de la suite.

Combien de temps suis-je restée avec le cadavre de Kenny avant de voir la porte s'ouvrir ? Max, l'un des leader audacieux, se posta devant moi.

- Ivy North vous êtes coupable d'être divergente et de traîtrise envers votre faction et le système. Vous allez donc être remis aux Erudits afin de servir la bonne cause.

- La bonne cause ? ricanais-je. Qu'est-ce que c'est ?

Un coup me cueillit dans l'estomac.

- Vous n'êtes pas autorisée à parler.

Je me mordis les joues pour ne pas lui répondre le reste. Deux gardes audacieux me soulevèrent du sol. En quelques secondes ils changèrent les cordes par des menottes et me traînèrent dans les couloirs. Éric n'était même pas là, ce lâche ne voulait pas se salir les mains. Contre toute attente, on me fit traverser la faction en passant par la fosse. Là où la majorité des Audacieux se trouveraient. Je compris tout de suite que c'était un geste d'humiliation. Moi l'ex-audacieuse, la traîtresse à la merci d'une faction en colère. Mais je savais aussi voir le bon côté des choses. En me voyant ainsi, faible et blessée, certains se poseraient des questions, certains remettraient en cause l'abus de pouvoir dont faisait preuve les leaders. Et peut être que ma présence en déciderait certains à rejoindre les Sans-faction. Ce fut donc la tête haute que je traversais la fosse, n'hésitant pas à croiser les regards de mes camarades. Dans la foule, je croisais rapidement le regard d'Arthur et je fus soulagée. Il était sauf, Eliott avait donc toujours son père. Je devais avouer que je cherchais aussi Zack des yeux, ou l'un de mes amis. Archi se tenait plus haut, son regard ne fut que mépris envers moi. Comment lui en vouloir ? J'avais blessé son meilleur ami. Archi était-il devenu un leader aujourd'hui ? J'aurais aimé avoir une chance de le convaincre que je n'étais pas une menace. Lorsque nous quittâmes la fosse, je m'autorisais un soupir de soulagement. L'épreuve des regards était terminé. Dehors nous attendait une voiture d'où descendirent deux Erudits. Lunettes sur le nez, tablette à la main, regard dédaigneux comme si je n'étais qu'un insecte de plus à leur collection. On me fit monter à l'arrière avec les deux érudits et un soldat audacieux, Max. A l'avant, deux autre soldats audacieux. Au moins ils n'avaient pas oublié que j'avais eu un entraînement et que même si je n'étais pas violente, je savais me défendre.


Que la suite vous soit favorable !