CHAPITRE 43
Blablazone : Hello ! C'est l'heure du cocooning du vendredi. En route sous le plaid avec un bon pyjama/pull tout doux, une tasse de thé, des gâteaux (enfin du sucré) et un bon chapitre pour passer la soirée. Si vous êtes déprimés, vaut mieux pas lire ce chapitre tout de suite. Je vous souhaite une bonne lecture, Ivy n'a pas fini d'en baver. Et je vous dis à la semaine prochaine.
Réponses review :
Moni : Bonsoir ! Je ne sais pas comment prendre ta dernière review. C'est infâme pourquoi ? Parce que la situation est délicate ? En vrai ta review m'a fait rire. Zack le sauveur, vrai ou faux ? Ivy ne va pas se dégonfler t'inquiète, elle a encore du chemin ! Rah ! Il me fait le tome 2 de « Marquer les ombres » !
Bonne lecture et à bientôt !
CourtneyAckles : Bonsoir ! Justement en théorie ce n'est pas au programme qu'Evelyn aille sauver Ivy mais sait-on jamais, elle va peut-être changer d'avis. Je te souhaite une bonne lecture ! A bientôt !
Pour l'instant je ne faisais pas parti de ceux appelés. Jeanine faisait une erreur en m'ignorant, cela me permettait de reprendre des forces.
Cela faisait une semaine que je me trouvais chez les érudits et mes seuls contacts étaient Greg et Amanda. Les autres ne me faisaient pas confiance ou préféraient m'ignorer. A chaque fois j'espérais que le contact d'Evelyn vienne me voir. Pour l'instant silence radio. Parfois j'avais l'impression que Caleb Prior était de mon côté. Il me fixait quelques secondes de plus par rapport aux autres et je pensais y voir un signe. Soit il jouait bien le jeu, soit je me fourvoyais.
Le chouchou de Jeanine passa une nouvelle fois la porte, tablette en main. Cette fois-ci il était accompagné d'un groupe de personne encadrées par des soldats Audacieux et parmi eux Éric le visage amoché. Je devinais que c'était de nouveaux divergents, la nouvelle prise du grand Éric. Au début il ne me remarqua pas, il se contenta de croiser les bras et d'observer.
- Je te manquais ?
Mon ton était clairement du défi. Il tourna la tête rapidement vers moi et un rictus fleurit sur son visage.
- Je n'en reviens pas qu'il t'ait toujours pas tué, ricana-t-il. Ça ne devrait plus tarder.
- C'est ça qui se passe quand on joue au lâche et qu'on ne finit pas le travail.
- Regarde-toi avant de me parler de lâcheté, s'énerva-t-il.
- J'ai touché une corde sensible, me moquais-je. Alors dis-moi l'Audacieux, tu t'es fait laminer dernièrement ? Très joli cocard à l'œil, qui a failli te tuer ?
Je vis ses poings se serrer et sa main glisser discrètement vers son arme. Du coin de l'œil, je vis aussi Amanda se lever et s'arrêter derrière moi. Certains soldats se retenaient de rire. Éric le remarqua aussitôt et je sus que j'allais passer un sale quart d'heure. Jamais le leader Audacieux ne paraitrait faible devant ses troupes, surtout face une divergente. Pourtant il garda le silence. Il laissa même Caleb annoncer sa liste de candidat. J'eus un sourire triomphant quand mon nom ne fut pas appelé.
- Stop ! déclara Éric. Elle y passe, me désigna-t-il.
- Pas aujourd'hui, soupira Caleb.
- Tu ne discutes pas Prior ! Aujourd'hui Ivy North y passe ! C'est clair ?
Caleb tremblait légèrement. Je compris que je venais de signer mon arrêt de mort. L'érudit allait céder. Sans surprise, il renvoya une femme pour que je la remplace. La femme eut l'air soulagé et je me sentis bien qu'elle soit épargnée aujourd'hui. Cela allait lui accorder un peu plus de temps. Ma cellule s'ouvrit et je sortis avant même qu'un garde entre. Je me tiens de l'autre côté de la porte, je jetais à peine un regard à Amanda ou Greg. D'ailleurs ces derniers ne parlèrent pas. Éric s'approcha de moi avec son immense sourire de sadique et me lança une gifle qui fit partir ma tête sur le côté. Je commençais à m'habituer à sa violence et je ne me gênais pas pour me replacer face à lui, sans sourire. En quelques secondes il pointa son arme sur mon front mais je ne tressaillais même pas. Puis son regard s'illumina d'une idée nouvelle. Il rangea son arme, m'infligea un coup dans l'estomac qui me fit me plier en deux puis il sortit son couteau. Il me frappa une nouvelle fois au visage et je sentis ma lèvre s'ouvrir à nouveau. Le pied sur mes côtes il se pencha vers moi.
- On fait moins la maligne.
- Je n'ai pas peur de toi, murmurais-je.
- Peu importe. Voici mon dernier cadeau pour toi.
Il appuya un peu plus sur mes côtes et releva mon t-shirt. Je le repoussais mais deux gardes vinrent me retenir. La panique commençait doucement à s'insinuer en moi. Je me débattais tout en sachant que je n'avais aucune chance. Quand Éric s'approcha de moi j'essayais de lui donner des coups de pieds mais ça ne servit à rien. Il souleva à nouveau mon t-shirt et fit courir la lame sur la peau de mon ventre. Malheureusement mon imagination était florissante et je savais ce qui allait m'arriver. Il trouva un morceau tendre, sous mes côtes du côté droit et il enfonça son couteau un peu plus fort. Je ne retins pas mes cris lorsque la lame taillada ma chair. Je criais tout mon désespoir, ma tristesse et ma douleur, je me mis même à pleurer. La souffrance était telle que je n'entendais pas Amanda m'appeler, que je ne vis pas Caleb Prior détourner le regard, dégoûté. Je ne sentais plus que la lame dans ma peau, la brûlure de ma peau, le sang qui s'écoulait. Quand il eut terminé, je pleurais en gémissant. J'étais si pathétique.
- IN_32, ton numéro de cobaye, me chuch0ta-t-il. Le voilà ce tatouage que tu ne voulais pas. Sevy parlait beaucoup de toi.
J'aurais voulu le provoquer une fois encore pour lui faire regretter d'évoquer ma sœur, il n'en avait plus le droit mais quand j'ouvris la bouche rien n'en sortit. Je n'arrivais pas à me concentrer sur autre chose à part le fait qu'il venait de me marquer comme un animal. La suite fut un peu floue, il me souhaita une bonne mort et partit et tandis qu'on m'éloignait des cellules, je perdis connaissance.
Même en reprenant conscience je gardais les yeux fermés. Je sentais les attaches autour de mes poignets et j'entendais vaguement quelqu'un se déplacer. Après quelques minutes j'ouvris les yeux et mon cœur se mit à battre plus fort. Un garçon était près de moi un scalpel dans les mains et dirigé vers mon poignet. Un garçon portant encore les rondeurs de l'enfance, la peau un peu boutonneuse à cause des hormones de l'adolescence. Il avait de très beaux yeux bleus et des cheveux châtain très clair. Son regard s'écarquilla en croisant le mien et ses joues se mirent à rougir.
- Bonjour Ivy, chuchota-t-il en regardant par-dessus son épaule.
- Tu es si jeune, soufflais-je.
- Toi aussi.
- Non, secouais-je la tête. Tu n'es qu'un enfant.
- Toi aussi.
- Plus depuis longtemps, souris-je amèrement. Qu'est-ce que tu veux ?
Il posa son doigt à l'endroit où se trouvait la puce. Mon étonnement ne fit que grandir un peu plus.
- Qui es-tu ?
- Moins tu en seras mieux se sera. Il faut faire vite. Laisse-toi faire.
Facile à dire. Je hochais la tête et serrait les dents. Les larmes me montèrent aux yeux quand la lame s'enfonça dans ma chair. C'était la deuxième fois en une seule journée que mon corps se faisait mutiler. Il retira la puce en quelques secondes et je fus soulagée que le calvaire prenne fin. En quelques minutes il pansa ma petite plaie et cacha la puce dans son pantalon.
- Je voudrais pouvoir t'aider, murmura-t-il.
- Ce n'est pas ton rôle, le rassurais-je. Je devais livrer, tu dois t'occuper du message.
- Essaie de rester en vie, au moins le temps que les Sans-faction agissent.
- Ça ne sera pas de tout repos.
- Je suis…
La porte s'ouvrit et le garçon sursauta. Il s'éloigna rapidement de moi tandis que Caleb Prior entrait dans la pièce.
- Dex qu'est-ce que tu fais ici ? s'étonna ce dernier.
- Maman m'a dit que je pouvais venir, pour m'entraîner à lire des analyses.
- Très bien. Ce n'est plus l'heure, sourit Caleb. Du balai.
Le garçon afficha une mine boudeuse et sortit sans demander son reste. Ensuite Caleb Prior reprit son masque d'impassibilité, bien qu'il le maîtrisait moins bien que son mentor. Il ne fit même pas attention au pansement autour de mon poignet. Tandis qu'il tournait autour de moi, j'observais chacun de ses gestes. J'étais curieuse de savoir ce qui allait m'arriver maintenant que je faisais partie des appelés.
- Je connais ta sœur, brisais-je le silence.
Il eut beau être dos à moi, je le vis réagir.
- C'est une traîtresse.
- Tu la juges bien vite.
- Je sais qu'elle a fait les mauvais choix.
- Les altruistes aussi alors ? Tes parents ? Ils ont assisté à la mort de leur leader.
- La mort de Marcus Eaton était nécessaire, se retourna-t-il. Et puis les altruistes n'ont qu'à obéir. De toute manière je ne suis plus un altruiste.
- Il reste tes parents.
- Tu te trompes. Les érudits sont ma famille. L'une des tes erreurs a été celle-ci Ivy North, tu es restée fidèle à ta famille et pas à ta faction.
- Je ne te permets pas de parler à ma place de choses que tu ignores !
Je devais être rouge de fureur. Comment osait-il ? Lui qui reniait sa famille, qui parlait de sa sœur comme si elle ne comptait pas à ses yeux. Jeanine lui avait-elle fait un lavage de cerveau pour qu'il soit aussi aveugle ?
- Ne lui parle pas.
La voix venait de derrière moi et je la reconnus comme étant celle de Jeanine. Bientôt la leader érudite fut à côté de moi, une seringue à la main.
- IN_32 cherche à te déstabiliser, prononça-t-elle d'une voix monocorde.
- Je m'appelle Ivy North ! répliquais-je.
- Ce n'était qu'une identité sous laquelle tu te cachais, rétorqua Jeanine. Maintenant ta personne sert la science et notre système.
- Vous êtes un monstre.
- Non. Je vais faire avancer les choses.
Ils placèrent des capteurs sur mes tempes et près de mon cœur.
- Qu'est-ce que vous allez me faire ? demandais-je inquiète.
Aucun des deux ne me répondit. Une fois que tout fut installé, Jeanine Matthews m'enfonça la seringue dans le bras. Je voulus la repousser mais ça ne servit à rien, c'était se battre pour rien. Alors je restais accroché à ses yeux sentant le sommeil arriver. En quelques papillonnement de paupière je me retrouvais dans le noir. Quand j'ouvris les yeux, je me trouvais sur une corde en équilibre, au-dessus du vide. En bas il n'y avait rien d'autre que des débris de béton. Quand je pris conscience d'où j'étais, je tanguais sur la corde et tombais. Ce fut in extremis que je me rattrapais à la corde. Pendant dans le vide, j'essayais d'analyser la situation. Je n'étais plus au siège des érudits et ce que je ressentais m'étais familier. C'était comme une vieille sensation qui se réveillait. Mon cœur battait bien trop vite, il résonnait dans ma tête. J'étais sûre de connaître cette sensation.
Soudain l'illumination se fit. Je me trouvais en simulation.
Une simulation dans laquelle je n'avais pas à me cacher, dans laquelle ma divergence pouvait me permettre de m'en sortir. Je me concentrais pour faire apparaître une deuxième corde et je me mis à avancer pour trouver un endroit où retrouver un sol plat. J'eus l'impression que cela dura des heures. La simulation était telle que je sentais la sueur couler dans mon cou. Un bruit se fit entendre et il me fallut quelques secondes pour comprendre que la première corde venait de lâcher. Trop tard, je fus déséquilibrée. Me balançant dans le vide, j'essayais de reprendre la corde à deux mains mais mon corps endolori ne m'obéissait plus. Je retins mon souffle lorsque la seconde corde céda et que je dégringolais dans le vide. D'habitude, à ce moment-là, la simulation changeait mais pas cette fois. Mon corps s'écrasa par terre et j'eus l'impression d'entendre tous mes os se briser. Une longue plainte m'échappa.
Les simulations s'enchaînèrent avec la même fin. A chaque fois, j'échouais à m'en sortir. Je fus transpercé par des barres en fer, un arbre me tomba dessus, des serpents d'eau m'étouffèrent sous l'eau.
Quand je repris conscience dans le monde réel, mon corps tremblait et j'avais envie de vomir. J'ignorais le nombre de simulation que je venais de vivre mais à côté les simulations de peurs étaient une partie de plaisir. Mes yeux mirent quelques secondes avant de s'habituer à la luminosité. Je sentais qu'on me redressait et je me retrouvais face à un écran.
- Sais-tu ce que c'est ?
La voix de Jeanine m'apparut comme si j'avais du coton dans les oreilles. Je scrutais l'écran ne comprenait pas ce qu'elle me montrait.
- Ceci est ton code génétique, me dit-elle. Chaque chromosome qui compose ton être. Et si je zoome sur celui-ci par exemple, tu vois ces rayures, ce sont des allèles, des parties du chromosome.
- Je ne comprends pas, chuchotais-je. Pourquoi me montrez-vous ça ?
- Parce que dans l'une de tes allèles se cachent celui de la divergence. Notre algorithme est en ce moment même en train d'analyser ton code génétique afin de le trouver.
- Les simulations ?
- Pour stimuler ta divergence. Après des études poussées, nous savons que le gène de la divergence n'apparaît que quand il est stimulé. Nous avons trouvé que les simulations en était le meilleur moyen.
- Pourquoi prendre la peine de m'expliquer ?
- Tu as demandé ce qu'on allait te faire, me répondit-elle froidement.
Je fermais les yeux, éreintés. Ces simulations étaient de la torture. J'imaginais très bien l'épreuve que cela représentait pour des enfants innocents ou encore pour ceux qui ne venait pas des audacieux. Pour une fois je me sentis chanceuse d'avoir été chez les audacieux, on m'avait appris à réagir dans les simulations, à ne pas me laisser avoir par mon cerveau qui me disait que c'était la réalité. Mais si j'avais été une altruiste, je crois que je n'aurais pas survécu, je serai surement devenue folle après une seule session. Je compris que la suite n'allait pas être de tout repos. On m'abandonna sur le lit, toujours attaché où je finis tout de même par m'endormir.
A bientôt !
